CD, coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978)

karajan-the-complete-decca-recordings-wiener-philh-review-cd-critique-opera-concert-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978) – Voici un coffret miraculeux qui tĂ©moigne du travail de Herbert Von Karajan (HVK) de la fin des annĂ©es 1950 (1959 quand il devient directeur de l’OpĂ©ra de Vienne) jusqu’à 1978 (enregistrement des Nozze di Figaro en mai 1978 avec un plateau rĂ©jouissant : Krause, Cotrubas, Van Dam, Von Stade… on reste plus rĂ©servĂ© sur la Comtesse de Tomowa-Sintov). Ainsi est rĂ©capitulĂ©e deux dĂ©cennies de direction artistique oĂą Karajan peaufine la sonoritĂ© orchestrale idĂ©ale, entre tension et dĂ©tail, architecture et Ă©loquence expressive. Toutes les rĂ©alisations orchestrales concernent ici les Wiener Philharmoniker, idoines, si naturels chez Strauss (Richard et Johann dont la version de Die Fledermaus de 1960, est avec celle de Kleiber, anthologique, jubilatoire, vrai joyau comique et théâtral, avec cerise sur le gâteau, le fameux gala oĂą vĂ©ritable rĂ©cital lyrique dans l’opĂ©ra, les invitĂ©s du prince Orlowsky / Resnik, en son salon, se succèdent, offrant une synthèse des belles voix des sixties : Tebaldi, un rien fatiguĂ©e ; Corena en français ; Nilsson ; del Monaco ; Berganza, Sutherland, Björling, Price, Simionato… excusez du peu, autant de solistes que l’on retrouve par ailleurs dans les productions lyriques intĂ©grales qui composent aussi le coffrer). Il est vrai que Karajan autour de la cinquantaine, est le chef Ă©mergeant, surtout avec le dĂ©cès des maestros Klemperer, Böhm, Fricsay… en très peu de temps, le chef salzbourgeois impose sa pâte Ă  la fois hĂ©doniste quand aux Ă©quilibres sonores, et toujours en quĂŞte de profondeur, ce supplĂ©ment d’âme dont a parlĂ© Pavarotti (dans La Bohème avec la Mimi lĂ©gendaire de Mirella Freni, seul enregistrement du coffret rĂ©alisĂ© avec les « autres » instrumentistes choisis par HVK : les Berliner Philharmoniker, en 1972).

CLIC D'OR macaron 200Il est vrai que l’époque est celle des enregistrements mythiques de Decca en studio, spatialisé, avec un nombre suffisant de micros pour créer l’illusion des déplacements et des situations (une conception poussée encore plus loin, pour les enregistrements simultanés de Solti en particulier chez Wagner : premier Ring stéréo, réalisé aussi à Vienne dès 1958 et jusqu’en 1964)… Pour se faire Karajan a trouvé son producteur / ingénieur idéal en la personne de John Culshaw, partenaire d’une sensibilité musicale au moins égale à celle du chef : le duo produira des chefs d’oeuvres studio aussi bien lyriques que symphoniques… dont témoignent le présent coffret : Aida de 1959 avec Tebaldi, Bergonzi, Simoniato… Les Planètes de Holst, Peer Gynt de Grieg (1961, cd7) ; remarquable KARAJAN-1960Bundesarchiv_Bild_183-S47421,_Herbert_von_Karajan-classiquenews-critique-cd-concerts-opera-classiquenewsd’articulation et de vitalité aérée, Giselle d’Adam (sept 1961, 10) ; Otello de Verdi (Tebadlo, Del Monaco… mai 1961) ; Tosca (Price, Di Stefano, Taddei (sept 1962) ; enfin Carmen (Price, Corelli, Freni, Merrill…, nov 1963) ; les dernières productions à partir des années 1970 ne concernent plus Culshaw (Boris, 1970 ; La Bohème déjà citée de 1972 ; Butterfly avec Freni, Pavarotti, Ludwig Kerns, 1974 ; enfin les Nozze de 1978). L’apport est majeur, et déjà connu car il a été intégré dans de précédentes intégrales Karajan (éditées par DG). La quintessence du son Karajan se dévoile ici dans son sens du détail, de l’intériorité ; dans la caractérisation psychologique de sa conception des rôles à l’opéra ; dans la plénitude sonore, ronde et ciselée que seul les Wiener Philharmoniker ont su lui proposer. Coffret événement. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

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LIRE aussi le RING de WAGNER par Solti et John Culshaw (1958-1964)
https://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-wagner-der-ring-des-nibelungen-georg-solti-1958-1964-cd-decca/

HOMMAGE Ă  MIRELLA FRENI

freni-mirella-soprano-mort-dead-classiquenews-opera-reviewFRANCE MUSIQUE, les 9, 10 mars 2020. MIRELLA FRENI : hommage. Lundi 9 et mardi 10 mars, 23h-00h. Suite à la disparition le 9 février dernier de la soprano italienne Mirella Freni, célèbre pour son rôle de Mimi dans La Bohème, France Musique rediffuse l’entretien qu’elle avait donné à Sergio Segalini en 1994 ainsi que des airs d’opéras italiens qu’elle avait interprétés avec Pavarotti avec l’Orchestre Philharmonique de l’ORTF en 1965.

Lundi 9 mars 2020, 23h : entretien de Mirella Freni par Sergio Segalini.
« Après la première de La Bohème, Karajan est venu sur le plateau, il a pleuré, il m’a embrassé et m’a dit : « Mirella, c’est la deuxième fois que je pleure, tu m’as fait pleurer. La première fois, c’était à la mort de ma mère… ». A partir de là, on a travaillé ensemble toute notre vie… »
En janvier 1994, alors qu’elle faisait son grand retour à Paris sur la scène de l’opéra Bastille dans Adrienne Lecouvreur de Cilea, la soprano Mirella Freni s’était confiée au micro de Sergio Segalini dans son émission « Le Rideau écarlate » sur l’antenne de France Musique. La chanteuse évoquait, en français, ses grands rôles, et les personnalités marquantes de sa carrière, comme celle du chef d’orchestre Herbert von Karajan, dont elle racontait la première rencontre en 1963, à la Scala de Milan.

Mardi 10 mars 2020, 23h : airs d’opĂ©ras italiens chantĂ©s par Mirella Freni et Luciano Pavarotti avec l’Orchestre Philharmonique de l’ORTF, dir. Nello Santi (Salle Pleyel, 1965). Au programme, des extraits de Turandot et La Bohème de Puccini, et de Rigoletto, La Traviata, Luisa Miller et Otello de Verdi.

 

  

 

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VIDÉO 

 
Mirella Freni chante Madama Butterfly (Cio-Cio-San), ici en 1974 aux cĂ´tĂ©s de Placido Domingo, Christa Ludwig, Robert Kerns, Michel SĂ©nĂ©chal, Giorgio Stendoro, Marius Rintzler (Jean-Pierre Ponnelle, mise en scène / Philharmonique de Vienne / Herbert von Karajan, direction) – version opĂ©ra filmĂ©, pour le cinĂ©ma. Comme irradiĂ©e par la direction dĂ©taillĂ©e, viscĂ©rale de Karajan, Mirella Freni exprime l’intensitĂ© d’une jeune âme ardente, cyniquement sacrifiĂ©e, dans un jeu de dupes sentimental. Comme sa Mimi, sa Cio Cio San rayonne d’un angĂ©lisme Ă©blouissant grâce Ă  un chant d’une rare subtilitĂ© qui reste de façon continue proche du texte… Sa loyautĂ© brĂ»le, sa conscience progressive de la mort bouleverse (1h21mn24 : A ma scordata… ). En particulier quand comprenant qu’on lui a pris le seul enfant qui lui Ă©tait cher, elle dĂ©cide de se tuer (2h08mn08) : inoubliable candeur assassinĂ©e… Mirella Freni est pour nous l’Ă©ternelle Butterfly dont nous rĂŞvions… une immense et dĂ©chirante tragĂ©dienne…

 

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=10&v=Xh6EgYzMXIk&feature=emb_logo

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LIRE aussi notre annonce de la mort de MIRELLA FRENI, le 9 février 2020
http://www.classiquenews.com/opera-deces-mort-de-mirella-freni/

 


  

 

La-diva-Mirella-Freni-a-rejoint-les-etoiles-portrait-diva-classiquenews-mort-de-mirella-freni-critique-opera-review-opera-classiquenews

 

 

 

MIRELLA FRENI

27 Feb 1935 – 9 Feb 2020

 

  

 

Opéra, décès. MORT DE MIRELLA FRENI

FRENI Mirella chante tatiana mort de freni soprano classiquenewsOpéra, décès. MORT DE MIRELLA FRENI. La soprano italienne Mirella Freni s’est éteinte ce dimanche 9 février 2020 à son domicile Modène «  des suites d’une longue maladie » : née en 1935, elle avait 84 ans. Timbre étincelant, puissance et finesse, Mirella Freni fut une verdienne et puccinienne célébrée à juste titre (La Traviata et Desdemona dans Otello chez Verdi, Mimi dans La Bohème et Cio-Cio-San dans Madama Butterfly de Puccini…), partenaire privilégiée du ténor légendaire Luciano Pavarotti avec lequel elle partage la même cité natale, Modène et la même…nourrice. Les français l’on bien connue, entre autres dans le rôle de Micaella (Carmen de Bizet, porté sur le grand écran). Karajan l’a choisi pour nombre de ses opéras italiens (« sa plus grande Desdémone ») jusqu’à ce qu’elle refuse de chanter l’Everest des opéras de Puccini : Turandot. En artiste avisée et clairvoyante, la diva a su préserver son instrument.

 

 

Mimi, Desdemona, Tatiana, Adriana…

Incandescente MIRELLA FRENI

freni-mirella-soprano-mort-dead-classiquenews-opera-reviewPour nous, la verdienne, diseuse et capable d’un chant intense comme brĂ»lĂ©, demeure Adrienne Lecouvreur de Cilea, une prise de rĂ´le que le dvd a fixĂ© : en plus d’un chant hallucinĂ©, en transe, Freni Ă©tait aussi une actrice de premier plan, renouvelant la leçon de Callas. Mirella Freni aura marquĂ© l’histoire du chant lyrique pendant les annĂ©es 1960, 1970, 1980 et jusqu’à la fin des annĂ©es 1990. Epouse de la basse bulgare Nicolai Ghiaurov, la diva qui a fait ses adieux en 2005 (Washington, Ă  70 ans), se lança aussi dans le rĂ©pertoire russe, incarnant Tatiana dans Eugène OnĂ©guine, dĂ©ployant les trois qualitĂ©s qui lui sont dĂ©sormais emblĂ©matiques : sensibilitĂ©, puissance, sobriĂ©tĂ©.
Depuis la disparition de Luciano Pavarotti (sept 2007), Mirella Freni incarnait l’âge d’or du chant verdien après Callas et Tebaldi.

 

 

 

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Mirella Freni, en 1991, pour le Gala des 25 ans du MET au Lincoln Center  (DR)

 

 

 

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VIDEO. MIRELLA FRENI chante Adrienne Lecouvreur
PARIS, Opéra Bastille, 1993
Freni exprime la toute puissance du chant comparĂ© Ă  la dĂ©clamation d’une tragĂ©dienne au théâtre car elle incarne la grande actrice du XVIIIè, Adrienne Lecouvreur (Ă©couter Ă  8’26 : « troppo » / Je respire Ă  peine…Je suis l’humble servante du gĂ©nie crĂ©ateur / Io son l’umile ancella… je m’appelle FedeltĂ  / FidĂ©lité ». L’intĂ©rĂŞt de la version vient de sa performance qui allie candeur Ă©blouissante et puretĂ© de la ligne d’une rare puissance.

https://www.youtube.com/watch?v=RHH33GfkNHM

 

 

 

VIDEO : MIRELLA FRENI & LUCIANO PAVAROTTI

O soave fanciulla / Mimi / Rodolfo – La Bohème de PUCCINI
avec Luciano Pavarotti – 1964
https://www.youtube.com/watch?v=5O3mqk9jyPw

 

 

 

 

AUDIO. MIRELLA FRENI chante Adriana Lecouvreur

 

https://www.youtube.com/watch?v=aGL0SQTbiB8

 

 

 

 

 

 

 

L’HOMMAGE EN VIDÉO

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ALBUM photographique de ses rĂ´les, avec Luciano, dernières images de la diva de Modène qui nous a quittĂ©… Air de Suzel : Son Pochi fiori (L’Amico FRITZ de Mascagni)

MIRELLA FRENI chante Adriana Lecouvreur : je suis l’humble servante de la musique…
Gala du MET, New York 1991 – 25è Anniversaire du Metropolitan Opera at Lincoln Center


 

 

 

 

 

L’hommage de son agent Jack Mastroianni

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Au moment de l’annonce de son décès, son agent chez IMG, Jack Mastroianni, a rédigé un communiqué hommage que nous publions dans son intégralité, illustré par une photo de Mirella Freni, réalisée lors de son gala au MET en 2005 pour les 50 ans de ses débuts sur la scène new yorkaise.

 

 

 

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MIRELLA FRENI

 

27 Feb 1935 – 9 Feb 2020

Obituary

 

The passing of beloved Italian soprano Mirella Freni (aged 84) on 9 February after a long degenerative illness and a series of strokes was announced with profound sadness by Jack Mastroianni, her longtime manager at IMG Artists Management.  One of the great international artists of the last third of the twentieth century, Miss Freni passed away peacefully at her home in Modena, Italy surrounded by family — her daughter Micaela Magiera, grandchildren Gaia and Mattia Previdi, son-in-law Matteo Cuoghi, sister Marta, and longtime friend Fausta Mantovani. Originally married to Maestro Leoni Magiera, Freni had been married a second time for more than 30 years to the renowned Bulgarian bass Nicolai Ghiaurov who predeceased her in 2004.

Born in Modena on 27 February 1935, Miss Freni made her debut as Bizet’s Micaela on 3 March 1955. From the beginning of her career her vocal allure and spirited personality in the Mozart and bel canto repertory won favor with audiences and colleagues alike. It was serendipitous that La Scala brought Freni together with Herbert von Karajan for the 1963 premiere of the legendary Zeffirelli production of La Bohėme. In Freni, Karajan found his ideal “Mimi” as well as a kindred artistic spirit. Thus began a fruitful collaboration of more than twenty years during which period the Artist began to judiciously assume a heavier repertory, e.g. Verdi’s Otello, Requiem, Don Carlo, Boccanegra, Puccini’s Manon Lescaut as well as Tchaikovsky’s Onegin and Cilea’s Adriana. At the same time, “Mimi” remained her “signature role”.

Mirella Freni was ever known for her vocal discipline as well as her ability to say “no” rather than take a vocal risk — as when she declined Karajan’s invitation to sing the title role of Puccini’s Turandot.  As a result, Freni arrived to the fifth and last decade of her career fresh and eager to expand her repertory with Russian and verismo operas, such as Tchaikovsky’s Pique Dame and Maid of Orleans as well as Giordano’s Fedora. 

Freni had the good fortune to perform on many occasions with tenors Plácido Domingo and Luciano Pavarotti and conductors Claudio Abbado, Carlos Kleiber, James Levine, Riccardo Muti, Seiji Ozawa, Giuseppe Sinopoli and Herbert von Karajan – among others.  A rich legacy of CDs and DVDs testifies to her artistry.

The Metropolitan Opera honored Mirella Freni with a Gala on May 15, 2005 celebrating her 40 years with the Company and 50 years since her operatic debut. The occasion served as Freni’s “unannounced farewell” to the stage.

In her final years Freni enjoyed teaching until her advancing illness precluded continuous activities.

 

 

Jack Mastroianni / IMG Artists Management,

9 February 2020

 

 

 

Mirella Freni at 2005 Metropolitan Opera Gala / Mirella FRENI © Ken Howard

 

 

 

 

Mirella FRENI chante CIO CIO SAN (Madama Butterfly de Puccini / Karajan, 1974)

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