Compte rendu, opéra. Aix, le 9 juillet 2014. Mozart : La Flûte enchantée. Pablo Heras-Casado, direction. Simon McBurney (mes)

FlĂ»te enchantĂ©e dĂ©senchantĂ©e. Ce n’est assurĂ©ment pas un Ă©vĂ©nement lyrique comme nous l’avons lu et relu : dĂ©jĂ  vue Ă  Amsterdam en 2012 puis Londres en 2013, la FlĂ»te enchantĂ©e (1791) signĂ©e Simon McBurney accumule des idĂ©es et des astuces gadgets (les papiers pliĂ©s animĂ©s par des figurants en surnombre pour Ă©voquer la nuĂ©e d’oiseaux dans le sillage de papageno l’oiseleur ; la bruiteuse dans sa boĂźte de verre Ă  cour ; le plateau central qui mobile s’élĂšve, ou bascule selon les situations), mais aussi quelques images spectaculaires (les Ă©preuves eau, feu et air accomplies par le couple Pamina / Tamino, qui transforment la scĂšne en boĂźte merveilleuse Ă  grands renforts de projections vidĂ©o : les transformations Ă  vue ont toujours fait leur effet)
 HĂ©las, sans vision poĂ©tique forte (comme la mise en scĂšne de Carsen rĂ©cemment dĂ©veloppĂ©e Ă  Bastille, centrĂ©e sur le sens de la vie et la mort, son issue finale), le spectacle du britannique McBurney ressemble Ă  une performance thĂ©Ăątrale vĂ©cue dans un hangar, avec une sonorisation qui dĂ©truit l’équilibre naturel chanteurs et orchestre. Visuellement et scĂ©nogaphiquement, l’enchantement ne sont pas de la partie. C’est noir, anecdotique et sans souffle. Ni esthĂ©tisme ni trait thĂ©Ăątral foudroyant.

 

 

 

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Heureusement chanteurs, chefs et orchestres sauvent le spectacle. Le plus convaincants restent les deux protagonistes Tamino (Stanislas de Barbeyrac) et Pamina (Mari Eriksmoen) : juvĂ©nilitĂ©, finesse, naturel et surtout musicalitĂ©, leur caractĂ©risation rĂ©tablit Ă  l’opĂ©ra sa dimension humaine et poĂ©tique (a contrario de la Reine de la nuit figĂ©e, rĂ©duite en hystĂ©rique boiteuse ou dans son fauteuil ; a contrario aussi des 3 garçons dont le metteur en scĂšne fait 3 vieillards hideux). MĂȘme facilitĂ© et intensitĂ© dramatique pour la Reine de la nuit ce soir du 9 juillet (Kathryn Lewek, idĂ©alement manipulatrice vis Ă  vis du prince Tamino). Le chef Pablo Heras-Casado dĂ©fend scrupules et dĂ©tails pour une vision vive et souple que permettent la volubilitĂ© et le mordant superlatif des instruments anciens du superbe Freiburger Barokorchester. Diffusion sur France Musique, le 25 juillet 2014 Ă  20h.