Compte-rendu, Opéra. Paris, Théâtre des Champs Elysées, le 14 décembre 2015. Vincenzo Bellini : Norma. Avec Maria Agresta (Norma), Sonia Ganassi (Adalgisa), Marco Berti (Pollione), Riccardo Zanellato (Oroveso), Sophie Van de Woestyne (Clotilde), Marc Larcher (Flavio). Stéphane Braunschweig (mise en scène. Riccardo Frizza (direction musicale).

Bellini_vincenzo_belliniDéception relative pour cette production de Norma qui ne restera pas dans les annales du Théâtre des Champs-Elysées, où le chef d’Å“uvre de Vincenzo Bellini est donné pour cinq soirées. En cause, la mise en scène de Stéphane Braunschweig – actuellement directeur du Théâtre National de la Colline, et fraîchement nommé à celui de l’Odéon – qui paraît peu inspirée, dans une scénographie d’une incroyable laideur (toute l’histoire se déroule dans un bunker en béton) et des costumes d’une tristesse et d’un misérabilisme sans nom. Avec sa volonté d’épure et de minimalisme – on ne voit rien d’autre sur scène qu’un Bonzaï, un lit et un gong – la proposition scénique de Braunschweig lasse très vite, d’autant que la direction d’acteur n’est guère intéressante, et il n’y a guère que les lumières conçues par Marion Hewlett qui suscitent un tant soit peu d’intérêt.

Agresta : marquante Norma

NormaCôté distribution, commençons par oublier le Pollione de Marco Berti, que rien ne prédispose à chanter du belcanto (voire le reste du répertoire), ses carences techniques paraissant insurmontables : c’est une leçon de malcanto absolu que délivre, entre deux fausses notes, le ténor italien. C’est une prestation aux antipodes qu’offre – dans le rôle-titre – Maria Agresta. La magnifique soprano italienne – ovationnée par le public aux saluts – chante d’emblée un « Casta Diva » mémorable : pas seulement un moment de beau chant mais aussi une réflexion de l’héroïne sur sa condition. Au II, Agresta trouve le juste équilibre entre ligne et expression, legato et émotion, en jouant avec maestria sur l’alternance des couleurs. Au dernier tableau enfin, elle surprend par l’extrême intensité des accents, et bouleverse. Sonia Ganassi, grande habituée du rôle d’Adalgisa, fait preuve d’un chant sûr, orgueilleux et fier, voire nuancé, accordant cependant la primauté à la rondeur du son et à l’arrogance du timbre – qui se marie au demeurant fort bien avec celui de sa compatriote. Remarquable, enfin, l’Oroveso plein d’autorité et de prestance de Riccardo Zanellato, aux côtés de la belle Clotilde de Sophie Van de Woestyne et du Flavio plus que correct de Marc Larcher.
En fosse, Riccardo Frizza – à la tête d’un Orchestre de Chambre de Paris qu’on n’attendait pas aussi exemplaire dans un répertoire auquel il est peu rompu – prend très au sérieux l’instrumentation de Bellini et dirige avec une précision qui n’exclut nullement la flexibilité du rythme ou la richesse de l’expression. Une mention, pour terminer, pour le ChÅ“ur de Radio France, qui conjugue noblesse d’accent et précision dans les attaques.

Compte-rendu, Opéra. Paris, Théâtre des Champs Elysées, le 14 décembre 2015. Vincenzo Bellini : Norma. Avec Maria Agresta (Norma), Sonia Ganassi (Adalgisa), Marco Berti (Pollione), Riccardo Zanellato (Oroveso), Sophie Van de Woestyne (Clotilde), Marc Larcher (Flavio). Stéphane Braunschweig (mise en scène. Riccardo Frizza (direction musicale).