CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon)

ode an die freiheit bernstein in berlin leonard bernstein 2 cd dg deutsche grammophon 1989 30 ans mur de berlin cd review critique cd classiquenews 4837441CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon). Pour commĂ©morer les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, DG rĂ©Ă©dite une très belle lecture de la 9è de Beethoven, devenue hymne de l’Europe progressiste, dĂ©sormais indissociable des grandes heures et cĂ©lĂ©brations de l’histoire europĂ©enne. Evidemment contexte oblige, les interprètes venus cĂ©lĂ©brer la fin de l’Allemagne divisĂ©e, dĂ©sunie en chantant l’ode fraternelle conçue par Beethoven comme l’appel Ă  changer de monde, sont hautement inspirĂ©s par l’urgence et la joie collective de la Chute du mur. D’autant que la direction organique, instinctive, très investie du chef d’origine juive, Leonard Bernstein restitue toute la profondeur et l’humanitĂ© de la partition et du contexte dans lequel elle est ainsi rĂ©alisĂ©e en dĂ©cembre 1989. L’annĂ©e est celle de la mort de Karajan, le plus grand chef d’alors ; Bernstein lui aussi chez DG, Deutsche Grammophon, fait figure de dernier gĂ©ant d’un monde porteur d’un nouveau, renouvelĂ© comme plein d’espoirs.

RÉÉDITION HISTORIQUE
Plateau de grande classe dont la diva bellinienne June Anderson, orchestre bavarois auquel se sont joints divers super solistes de différents orchestres (Dresde, Leningrad, Londres, New York, Paris… il faut bien défendre l’idée d’une phalange concrètement européenne); choeurs multiples également pour l’occasion (Dresde, Munich, Berlin GDR)… ce live du 25 décembre 1989 au Schauspielhaus de Berlin est de fait, fédérateur, historique. Donc incontournable. La fièvre de l’histoire rejoint l’oeuvre fraternelle et humaniste du plus génial des symphonistes de l’histoire européenne. Tout un symbole. L’occasion insuffle une tension unique à la partition de Beethoven. La sensibilité communicative du chef choisi fait le reste.

CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon).

Ode an die Freiheit – Ode to Freedom
Beethoven: Symphony No. 9
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks
Chor des Bayerischen Rundfunks
Chor der Staatskapelle Dresden
Kirov Orchestra, St Petersburg
Orchestre de Paris
London Symphony Orchestra
New York Philharmonic
Leonard Bernstein, direction
Live from Berlin 25 December/bre 1989

Parution : 27 Sept. 2019
2 CD Deutsche Grammophon – 0289 483 7441 0

CD, coffret événement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon)

bernstein collection part two review presentation account of classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS 1507-1CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon). Avant le centenaire Bernstein (2018), Deutsche Grammophon publie un somptueux coffret grand format (format d’un ancien vinyle), en rĂ©alitĂ© le second (le volume I Ă©tait paru en 2014), cette fois dĂ©diĂ© au legs surtout symphonique (mais pas que…) du chef amĂ©ricain, rĂ©putĂ© pour l’engagement de sa direction, sa facultĂ© Ă  emporter le collectif qu’il dirige au delĂ  d’une simple rĂ©alisation : la transe, le dĂ©passement, l’ivresse sont souvent les offrandes habituelles d’une sensibilitĂ© irrĂ©sistible capable d’Ă©lectriser les musiciens avec lesquels il a su cultiver un lien particulier. Le coffret rĂ©unit les enregistrements Decca de 1953, reliĂ©s Ă  sa profonde affection pĂ©dagogique, destinĂ©s Ă  diffuser les grands cycles symphoniques pour le plus grand nombre (Eroica de Beethoven, PathĂ©tique de Tchaikovski, Nouveau Monde de Dvorak… autant de dĂ©fis pour tous les chefs symphonistes).

Mahler, Sibelius, Tchaikovsky… by Leonard Bernstein

Testament symphonique de Lenny

L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler avec le Wiener Symphoniker (qui dans les annĂ©es 1970 ne connaissait absolument pas l’Ă©criture symphonique de celui qui avait pourtant dirigĂ© l’OpĂ©ra de Vienne…), plusieurs Symphonies de Mozart (Linz, Haffner, les 3 dernières…), de Tchaikovski, l’immense testament Sibelius (chapitre majeur de son propre parcours : symphonies 1, 2, 5 et 7), et tout un volet Stravinsky complètent avantageusement le recueil, sans omettre l’Ĺ“uvre du Bernstein compositeur grâce aux extraits du ballet Fancy Free et la comĂ©die musicale On the town qui en a dĂ©coulĂ©… Bernstein pianiste est aussi Ă©voquĂ© dans le Concerto pour piano en sol majeur de Ravel, jouĂ©/dirigĂ© avec les Wiener Symphoniker.

 

 

 

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Dans un article passionnant recueillant certaines confessions intimes du chef compositeur, le profil et la quĂŞte de sens de celui qui avait le goĂ»t des autres parce qu’il dĂ©testait la solitude, se prĂ©cise. Il y est aussi question de son identitĂ© juive, capable d’oubli et de pardon, en dirigeant une phalange qui Ă©tait composĂ©e d’anciens nazis et de SS repentis… que Solti, autre chef juif a bien connu (c’est d’ailleurs lui qui encourage Bernstein Ă  ne pas abandonnĂ© le travail dĂ©diĂ© aux symphonies de Mahler avec la Philharmonie de Vienne ; tout un symbole…).

CLIC_macaron_2014Enfin Deutsche Grammophon ajoute deux opĂ©ras intĂ©gralement dĂ©voilĂ©s : La Bohème de Puccini et Tristan und Isolde de Wagner (1981), oĂą la force du chant orchestral se montre lĂ  encore, fruit d’un travail d’approfondissement poĂ©tique, passionnant.

 

 

Critique complète et développée du coffret LEONARD BERNSTEIN COLLECTION II à venir dans le mag cd, dvd livres de classiquenews.com

CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon). CLIC de classiquenews d’avril 2016.

ANALYSE du contenu du coffret LEONARD BERNSTEIN Collection II :

Le coffret offre le legs symphonique de Leonard Bernard en 4 lots : 

  • le premier lot regroupe l’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler rĂ©alisĂ©e entre 1974 et 1988, avec 4 orchestres : le Berliner Philharmoniker (n°9, 1979), le Concertgebouw d’Amsterdam (n°1 et n°4, 1987 ; n°9, 1985) ; le New York Philharmonic (n°2, 3 et 7, 1985 et 1987); enfin les Wiener Philharmoniker (n°5, 1987 ; n°6, 1988 ; n°8, live de Salzbourg 1975 et n°10, 1974).
  • le lot 2, complète le cycle mahlĂ©rien avec Das lied von der Erde, 1966 ; Das Knaben wunderhorn, 1987 ; Kindertotenlieder, RĂĽckert-lieder 1988 ; ajoute les Mendelssohn (Symphonies n°3, 4, et 5 avec le Philharmonique d’Israel, 1978, 1979), et tout un cycle Mozart avec 2 orchestres : Wiener Philharmoniker (Symphonies 25, 29, 35, 36, 38, 39, 40 et 41, 1981-1987 ; Concerto pour piano K 450, 1966), orchestre de la Radio Bavaroise (Grande Messe en ut KV 427, 1990 ; Requiem, 1988); sans omettre, l’opĂ©ra intĂ©gral LA BOHEME de Puccini (Rome, Accademia Santa Cecilia, juin 1987).
  • le lot 3 Ă©voque l’extension du rĂ©pertoire symphonique explorĂ© par le chef amĂ©ricain. Ses Schubert (Symphonies 5,8, 9 avec le Concertgebouw Amsterdam, 1987) ; Schumann (Symphonies 2, 3 et 4, Concerto pour violoncelle avec Masha Maisky, avec les Wiener Philharmoniker, 1984-1985) ; Shostakovitch (Symphonies 1, 7 « Leningrad », 1988 avec le Chicago Symph. Orchestra ; Symphonies 6 et 9, Wiener Phil. 1985) ; Sibelius (magistrales Symphonies 1, 2, 5 et 7, Wiener Philh. 1986, 1987, 1990, cycle DG qui complète avantageusement les bandes SIBELIUS / Sony (de 1960-1966 avec le Philharmonic de New York, remastĂ©risĂ©es) rĂ©cemment publiĂ©es sous la forme d’un coffret lui aussi Ă©vĂ©nement) ; la seule coopĂ©ration enregistrĂ©e avec le National de France en mai 1987 (Richard Strauss : extraits de SalomĂ© avec Montserrat CaballĂ©) ; enfin le cycle Stravinsky avec le Philhamronique d’IsraĂ«l : L’oiseau de feu, la suite Pulcinella, 1984 ; PĂ©trouchka, scènes de ballet (1982) ; Le Sacre du printemps (1982) ; Symphonies (1982-1984), complĂ©tĂ©s par Les Noces et la Messe (English Bach Festival, mars 1977).

 

  • bernstein collection part two review presentation account of classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS 1507-1Enfin le lot 4 parachève le corpus (cd 49-64) : soulignant l’ouverture du chef symphoniste, pĂ©dagogue et passeur auprès du plus grand nombre ; ainsi en tĂ©moignent les 4 bandes enregistrĂ©es avec le Stadium concerts Symphony orchestra (avec analyses du maestro lui-mĂŞme) : enregistrements de 1953, analyses Ă©ditĂ©es ensuite en 1956 et 1957, Ă  savoir : les sommets du romantisme symphonique capables de sĂ©duire le très grand public, Symphonie n°2 de Schumann, Symphonie n°3 Eroica de Beethoven, Symphonie n°4 de Brahms, Symphonie n°5 de Dvorak « Du Nouveau Monde », enfin la 6ème de Tchaikovski « PathĂ©tique ». Le cycle de 4 est d’autant plus marquant que l’époque est alors aux prises stĂ©rĂ©o particulièrement sĂ©ductrices et attractives (cd 59-63). Le lot 4 comprend aussi, le cycle TCHAIKOVSKI de Bernstein rĂ©alisĂ© avec deux orchestres : le New York Philh (Symphonies 4,5, 6, 1986-1989), le Philharmonique d’IsraĂ«l (Romeo et Juliette / Francesca da Rimini, 1978 ; Hamlet, Capriccio italien, Ouverture de 1812, 1984) ; le dernier recueil discographique comprend aussi le Concerto pour violoncelle de Dvorak toujours avec Misha Maisky, juin 1988) ; enfin le cycle ajoute la 2ème intĂ©grale lyrique de la Collection II : Tristan und Isolde de Wagner (Peter Hofmann / Hildegard Behrens, Hans Sotin… avec l’Orchestre de la Radio Bavaroise, live rĂ©alisĂ© Ă  Munich en 1981). Sans omettre, l’autre apport, l’un des plus anciens du lot discographique, les bandes live de 1944 et 1945, alors en pleine fin de guerre, d’après Fancy Free et On the town (extraits, sĂ©lections) dont parmi le cast Billy Holiday… Un must absolu qui s’inscrit aussi dans l’esthĂ©tique de l’AmĂ©rique au moment de la libĂ©ration.

 

 

 

CD. Coffret événement, compte rendu critique. Sibelius : the Symphonies, remastered edition (Leonard Bernstein, 1960-1966, 7 cd Sony classical.

Bernstein sibelius  remasterised edition the symphonies 7 cd sony classical compte rendu critique cd classiquenews juin 2015 sony88875026142CD. Coffret Ă©vĂ©nement. Sibelius : the Symphonies, remastered edition (Leonard Bernstein, 1960-1966, 7 cd Sony classical. Leonard Bernstein, – comme c’est le cas de Mahler, est le premier chef Ă  s’intĂ©resser spĂ©cifiquement aux Symphonies de Sibelius : voici rĂ©Ă©ditĂ© en version remastĂ©risĂ©e, le cycle des 7 Symphonies du compositeur finnois, première intĂ©grale enregistrĂ©e au disque par le maestro quadragĂ©naire (Bernstein est nĂ© en 1918). Depuis Anthony Collins dans les annĂ©es 1950, et surtout Serge Koussevitsky pionnier et crĂ©ateur pour Sibelius, il n’existait pas de cycles symphoniques dĂ©diĂ©s aux Symphonies de Sibelius, en particulier de corpus spĂ©cifiquement enregistrĂ©. L’épopĂ©e visionnaire et fondatrice de Leonard Bernstein pour l’intĂ©grale des Symphonies de Sibelius, en complicitĂ© avec le Philharmonic de New York, remonte Ă  mars 1960 (7ème) et jusqu’à mai 1967 (6ème). C’est la première intĂ©grale de l’histoire du disque.

Leonard-bernstein-1960En vĂ©ritĂ©, la connaissance de Bernstein et son amour pour le Finnois remontent Ă  beaucoup plus loin. Assistant Ă  Tanglewood du mĂŞme Koussevitzky, le jeune Bernstein des annĂ©es 1940 apprend auprès de son maĂ®tre, une maĂ®trise orchestrale inĂ©dite et aussi un goĂ»t spĂ©cifique pour les symphonistes du XXè. Ecartant Richard Strauss, il s’engage logiquement pour Gustav Mahler (prolongeant l’oeuvre de Bruno Walter) et surtout se passionne avec un zèle d’une juvĂ©nile ardeur pour le catalogue sibĂ©lien. Les 7 Symphonies de ce coffret en tĂ©moignent, de surcroĂ®t dans une prise de son remastĂ©risĂ©e qui dĂ©voile tout ce travail sur l’équilibrage des pupitres et le choix des tempo, d’un mouvement Ă  l’autre, d’une symphonie Ă  l’autre. Dès 1960, dans la 7ème, Bernstein opte pour une vision Ă©lastique et versatile des tempo selon les mouvements : ralentissant volontiers pour mieux accuser la profondeur poĂ©tique des atmosphères (comme dans l’Adagio Ă©tirĂ© de la 2ème ; introspection Ă©tale – trop?-, dans le Finale de la 4ème de 1909), tout en assurant la continuitĂ© et le jeu des correspondances organiques d’une sĂ©quence Ă  l’autre. Bernstein assure la vision de l’architecte tout en ciselant des dĂ©tails d’ornementation ou d’orchestration saisissant de finesse.
Cette 7ème, synthèse de toute la pensée symphonique et musicale de Sibelius, reste le testament le mieux affiné de Bernstein, plus proche des tempo -lents- de son mentor Koussevitzky-, rompant avec la rapidité voulue par Sibelius et que respecte Beecham par exemple.

Bernstein : le legs Sibelius remastériséPlus instinctive et sentimentale, moins intellectuelle et analytique (comme cela peut être le cas d’un Rattle), la passion de Bernstein pour Sibelius révèle des trésors d’invention instrumentale, d’autant plus passionnants que le traitement remastérisé des bandes de 1960 à 1967 nettoyées (restituées dans leur prise originelle soit 24 bit / 96 khz), souligne ce travail particulier sur les combinaisons de timbres, couleurs, caractères et climats enchaînés (les bois clarinettes, bassons et hautbois, le tapis des cordes, les cuivres aussi… gagnent en particulier un relief particulier) qui nous placent au cœur du fourneau orchestral, comme si nous étions au cœur du cyclone, dans la matrice à la fois euphorique et palpitante de la matière sonore (expression du fatum dans l’ample Andante de la IIè, ou questionnement perpétuel du Finale de la 6ème, à la fois accomplissement et ouverture baignées de mystère : la clé des symphonies de Sibelius ne serait-elle pas dans leurs dernières mesures, toutes énoncés comme des énigmes?).

CLIC_macaron_2014Aujourd’hui le geste de Bernstein à la tête du Philharmonic de New York outre qu’il montre la souplesse transparente dont est capable la phalange américaine, insiste sur la problématique clé de l’oeuvre sibélien : le rapport du développement de la forme rapporté à son expressivité. Adepte de la synthèse voire de la litote, Sibelius n’a cessé d’interroger le sens même du développement symphonique : que dire et dans quel discours, dans quel « programme », de quelle façon, selon quel « plan » ? A la fois musique pure et aussi climats musicaux que l’on ne saurait détacher d’un évident panthéisme, chaque Symphonie de Sibelius recueille et prolonge l’enseignement des grands maîtres qui l’ont précédé, Tchaikovski, Mahler, Brahms… C’est un laboratoire qui renouvelle totalement les choix du vocabulaire instrumental et l’architecture structurelle de chacune des pièces symphoniques. Des classiques premières à la suprême synthèse : cette 7ème aux mouvements fondus, enchaînés, en un flux permanent de moins de …23 mn précisément (sous sa baguette).
L’ivresse dionysiaque que Bernstein est le seul à épanouir chez Sibelius, avec cette acuité et cette sensualité débridée, étonne toujours aujourd’hui. C’est le fruit manifeste d’une complicité évidente entre un chef et son orchestre, entre un interprète et un monde sonore, en totale affinité. Une identification du chef au compositeur que l’on retrouve par exemple chez Karajan, s’agissant des Symphonies de Beethoven ou de Tchaikovski. Le legs discographique de Bernstein chez Sibelius est d’autant plus précieux que Karajan n’eut jamais le désir ni l’inspiration d’enregistrer les Symphonies de Sibelius (à l’exception de Finlandia, le cygne de Tuonela, la Valse triste et Tapiola, en février 1984 avec le Berliner Phil. : LIRE notre critique du coffret Karajan, les années 1980 chez Deutsche Grammophon).

bernstein-350-539-home-mag-cd-symphonies-de-sibelius-Le coffret Sony classical 2015 comprend outre les 7 Symphonies, le Concert pour violon avec le violoniste français Zino Francescati (New York, 1963), ou d’autres morceaux indémodables nés du génie de Sibelius : La Valse triste, Le Cygne de Tuonela, Finlandia, La Fille de Pohjola, Luonnotar (soprano soliste : Phyllis Curtin), et proche du monde sibélien, l’univers onirique / épique de son confrère norvégien, Grieg (Suites de Peer Gynt).
Il faut absolument écouter lcomme un choix prioritaire le cd 5, réunissant comme en un écart récapitulatif les 6ème de 1967, et 7ème de 1960. La clarté scintillante qui éblouit le flux continu de la 6ème, la ré mineur (la plus autobiographique probablement, comme l’est aussi celle de Mahler) dès son amorce allegro, d’un épanouissement sonore rarement exprimé avec autant de plénitude, semé d’éclairs dramatiques, captive : le final du premier mouvement s’achève comme une question sans réponse. L’hédonisme sensuel, la vitalité et l’hypersensibilité de la direction font merveille dans une symphonie qui est l’expression même de l’âme et de la sensibilité. Enchaînée avec le 7ème et pourtant distante de 7 années, la 7ème touche par son économie, l’incandescence de sa matière sonore portée à la fusion : Bernstein nous offre un métal d’une pureté absolue, faisant couler la riche texture sibélienne gorgée de ce soleil éblouissant dont il a le secret dans cette gravure mythique de 1960 : l’amorce de son cycle discographique où préservant la fine cohérence structurelle de la Symphonie en un seul mouvement, la versatilité rythmique, le raffinement agogique, saisissent du début à la fin. Un must absolu.

Plurielle et généreuse, d’un fini instrumental exceptionnel admirablement servi par la nouvelle prise de son nettoyée dans cette réédition 2015, la vision de Bernstein sort régénérée, bouillonnante et dansante, d’une ivresse atmosphérique, souvent irrésistible. Chez Sibelius, Bernstein fait chanter les plus profondes aspirations de l’âme.

CD, coffret, compte rendu critique. Bernstein : Sibelius. Remastered edition, The Symphonies. 7 cd Sony classical. CLIC de classiquenews.
LIRE aussi notre grand dossier Sibelius 2015.

Track listing / programme du coffret Sibelius par Bernstein 2015 :

Bruch: Violin Concerto No. 1 in G minor, Op. 26
Grieg: Peer Gynt Suite No. 1, Op. 46, Peer Gynt Suite No. 2, Op. 55
Sibelius: intégrale des Symphonies n°1 à 7.
Violin Concerto in D minor, Op. 47
Zino Francescatti (violin)
Valse Triste, Op. 44 No. 1
Lemminkäinen Suite, Op. 22: The Swan of Tuonela (No. 2)
Finlandia, Op. 26. Luonnotar, Op. 70 (Text: Kalevala)
Phyllis Curtin (soprano)