COMPTE-RENDU, opéra. BEAUNE, le 28 juil 2019. PURCELL : King Arthur. Cale, Pierce, 
 / McCreesh.

Purcell-portraitCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. BEAUNE, le 28 juillet 2019. PURCELL, King Arthur. Cale, Pierce, Shaw, Budd, Way, Farnsworth, Riches, Paul McCreesh. Pour clĂŽturer sa 37Ăšme Ă©dition, le Festival international d’opĂ©ra baroque de Beaune a choisi de confier Ă  Paul McCreesh et son Gabrieli Consort la production de King Arthur de Purcell. Les interprĂštes en sont les mĂȘmes que ceux de la veille (The Fairy Queen), Ă  ceci prĂšs qu’une jeune soprano, Rowan Pierce, s’est ajoutĂ©e Ă  la distribution. C’est elle qui chantera, entre autres, Cupid, dans la scĂšne du froid, particuliĂšrement attendue, avec une sĂ»retĂ© de moyens et une aisance remarquables.

 

 

King Arthur, Z628
Ne cherchez pas Arthur !

 

PURCELL-KING-ARTHUR-mc-creesh-critique-concert-critique-opera-classiquenews-beaune-juillet-2019

 

 

L’histoire est connue de ce Roi Arthur, que nous n’entendrons jamais, puisque ses interventions se limitent Ă  un rĂŽle parlĂ© dans la piĂšce de Dryden. Le masque Ă©crit par Purcell Ă  cet effet est l’un des plus complexes et variĂ©s parmi ses ouvrages. Populaire dĂšs sa crĂ©ation, en 1691, nombre d’airs, de chƓurs et de piĂšces instrumentales lui ont survĂ©cu jusqu’à sa renaissance, Ă  la faveur de ce qu’on peut appeler la rĂ©volution baroque, tant ses consĂ©quences auront Ă©tĂ© aussi importantes qu’imprĂ©visibles. SecondĂ© par Merlin et Philidel, le roi dĂ©fend son pays contre les Saxons, conduits par son rival en amour, Osmond, qui compte sur la magie de Grimbald pour l’emporter. C’est l’occasion de batailles, de scĂšnes oĂč la magie seconde les protagonistes (ainsi la scĂšne du froid, celle des sirĂšnes tentatrices, celle oĂč Arthur abat l’arbre enchanté ), de l’enlĂšvement de la bien-aimĂ©e d’Arthur, que Merlin guĂ©rira de sa cĂ©citĂ©, et, happy end oblige, d’un divertissement introduit par VĂ©nus, Ă  la gloire de la nation rĂ©unie et de l’amour.

mc-creesh-paul-direction-maestro-purcell-opera-critique-concert-critique-classiquenewsComme il l’avait fait la veille, Paul McCreesh dirige de tout son corps, avec souplesse et fermetĂ©, et insuffle une Ă©nergie, un Ă©lan extraordinaires Ă  la partition. Ses chanteurs incarnent tel ou tel comme s’ils jouaient, costumĂ©s, dans un dĂ©cor de thĂ©Ăątre. Leur gestuelle, leur expression est toujours juste, appropriĂ©e aux scĂšnes variĂ©es qui nous sont offertes. The Frost scene, oĂč Cupidon va affronter Osmond pour sortir de son engourdissement le peuple du froid, est exemplaire, scĂ©niquement comme musicalement. L’orchestre, trĂšs retenu, est un vĂ©ritable Ă©crin pour le chant des solistes et du chƓur. Au dernier acte, Comus et les paysans, dans une langue imagĂ©e Ă  souhait, nous valent un moment comique avant que la conclusion, ouverte par son air de trompette, salue la naissance du Royaume-Uni et le triomphe de l’Amour. « Old England, old England », « Fairest Isle » et « Saint George, the patron of our Isle » ont traversĂ© les siĂšcles et sont encore dans la mĂ©moire de tous nos amis britanniques. Cette tirade nationaliste, quelque peu chauvine et datĂ©e, se mue ce soir en une vibrante et dĂ©bridĂ©e manifestation pro-europĂ©enne, introduite par quelques mots oĂč Paul McCresh redit son attachement au continent. Le public rit de bon cƓur et ses longues acclamations seront rĂ©compensĂ©es par la cĂ©lĂšbre chaconne conclusive.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. BEAUNE, le 28 juillet 2019. PURCELL, King Arthur. Cale, Pierce, Shaw, Budd, Way, Farnsworth, Riches, Paul McCreesh. CrĂ©dit photographique © Jean-Claude Cottier – Festival de Beaune

LIRE aussi COMPTE-RENDU, opéra. BEAUNE, le 27 juillet 2019. PURCELL, The fairy Queen, Z629. Keith, Cale, Shaw, Budd, Daniels, Way, Farnsworth, Riches, Paul McCreesh.