COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, l’ EmpĂ©ri, le 31 juil 2019. MOZART, BOTTESINI, CHAMINADE / E.PAHUD. P.MEYER


COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri , le 31 Juillet 2019. W.A. MOZART. G. BOTTESINI. L.V. BEETHOVEN. C.CHAMINADE. C. REINECKE.  E.PAHUD. P.MEYER. F. MEYER. A.PASCAL. F. NOACK. Le Quatuor pour flĂ»te en rĂ© majeur de Mozart a une forme de perfection oscillant entre style « Sturm und Drang” et Ă©lĂ©gance. Le bouillonnant premier mouvement, le dĂ©licat Adagio qui dĂ©ploie sa mĂ©lancolie sur un tapis de pizzicati, puis le final virevoltant sont la musique du bonheur et de la libertĂ© gagnĂ©e par le jeune Mozart. Emmanuel Pahud dans un son concentrĂ©, un souffle immense et des couleurs chaudes a phrasĂ© sa partie avec le grand art que nous lui connaissons. D’humeur mutine, le grand flĂ»tiste n’a pas cachĂ© son immense joie. Ses compĂšres un peu moins libres, trĂšs concentrĂ©s ont Ă©tĂ© aux petits soins, n’atteignant pas cependant la facilitĂ© dĂ©concertante et si charmante du flĂ»tiste inspirĂ©.

 

 

La flûte de Pahud irradie dans le soir

 

 

Salon de provence emperi emmanuel bagud critique concert classiquenews festival critique opera critique classiquenews IMG_20190731_222857

 

 

Plus tard dans la soirĂ©e avec le jeune pianiste Florian Noack, Emmanuel Pahud a offert une interprĂ©tation parfaite du concertino de CĂ©cile Chaminade. La question de l’effroyable virtuositĂ© de cette oeuvre ne semble mĂȘme pas se poser : tout est musique, charme ravageur avec Emmanuel Pahud et la longueur du souffle permet des phrasĂ©s semblant infinis. VoilĂ  le grand art de la flĂ»te française Ă  son sommet, dans une composition trĂšs aboutie de CĂ©cile Chaminade. Dans le rĂ©duction au piano de la partie d’orchestre, le jeune pianiste Florian Noack a semblĂ© respectueux de son ainĂ© et prudent, ne jouant pas Ă  faire sonner l’orchestre assez fermement. Pourtant les moyens pianistiques sont lĂ  ; un peu plus d’audace aurait mieux Ă©quilibrĂ© musicalement le duo qui lĂ  Ă©tait plus un accompagnement de super soliste.
C’est dans le final du concert, l’Octuor de Carl Reinecke, que l’équilibre a Ă©tĂ© atteint avec un Emmanuel Pahud Ă  Ă©galitĂ© avec ses compagnons des vents. Le dialogue avec le hautbois de Gabriel Pidoux a Ă©tĂ© savoureux ; la prĂ©sence des bassons, incroyablement vive ; les cors nobles ou taquins, magnifiques et les clarinettes, trĂšs en verve. L’Octuor de Reinecke s’apparente Ă  celui plus connu de Mozart ou encore Beethoven, mais ne leur cĂšde en rien sur le plan du charme comme de l’invention. Ainsi l’association des timbres est plus riche avec une flĂ»te au lieu de deux hautbois.
Le sextuor de Beethoven, aprĂšs celui de Mozart la veille, retrouvait la complicitĂ©, la fusion et l’humour des six musiciens, avec le plaisir de voir le jeune clarinettiste Carlos Ferreira prendre ses marques et sembler trouver sa place dans ce beau monde, sous les yeux bienveillants de ses ainĂ©s.

Olivier-Thiery contrebasse concert critique classiquenews 09_rec-800x966LA CONTREBASSE CHEZ BOTTESINI
 Mais je ne voudrais pas oublier le moment de surprise incroyable de la soirĂ©e avec le contrebassiste de charme tout Ă  fait inoubliable : Olivier Thiery. Ce musicien est extraordinairement touchant, capable de faire chanter avec son court archet sa contrebasse comme on ne le croyait pas possible. Le duo concertant avec la clarinette de Giovanni Bottesini le met en valeur car ce que fait la clarinette, malgrĂ© la virtuositĂ© de Paul Meyer, semble trop facile ! Le soutient de Florian Noack est prĂ©cis et lĂ  encore
 trop modeste. C’est vraiment la contrebasse qui sera inoubliable grĂące Ă  l’art tout Ă  fait subtil d’Olivier Thiery que nous nous rĂ©jouissons de retrouver dans la Truite de Schubert bientĂŽt.
La musique de Giovanni Bottesini est trĂšs belle, admirablement Ă©quilibrĂ©e entre virtuositĂ© et Ă©motion. Et quelle habiletĂ© Ă  mettre en valeur la contrebasse ! La courte rĂȘverie a Ă©tĂ© un moment quasi surnaturel tant le chant de la contrebasse Ă©tait beau et Ă©mouvant en profondeur. Plus que le concerto de CĂ©cile Chaminade, qui a une belle notoriĂ©tĂ© chez les flĂ»tistes, c’est la dĂ©couverte de la musique de Giovanni Bottesini et son amour pour la contrebasse qui nous a Ă©tonnĂ© ce soir. Un grand merci aux directeurs artistiques, Emmanuel Pahud, Paul Meyer et Eric Le Sage, pour ce programme trĂšs original offrant une beautĂ© constamment renouvelĂ©e.

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 31 Juillet 2019.; Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756-1791) : Quatuor pour flĂ»te en rĂ© majeurK.285 ; Giovanni Bottesini (1821-1889) : RĂȘverie ; Grand duo concertant. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Sextuor pour vents en mi bĂ©mol majeur Op.71. CĂ©cile Chaminade (1857-1944) : Concertino en rĂ© majeur Op.107. Carl Reinecke (1824-1910) : Octuor pour vents Op.216. Emmanuel Pahud, flĂ»te ; Maja Avramovic, violon ; Joaquin Riquelme Garcia, alto ; Aurelien Pascal, violoncelle ; Olivier Thiery, contrebasse; Gabriel Pidoux, hautbois ; Paul Meyer, Carlos Ferreira, clarinettes ; Gilbert Audin, Marie Boicharde, bassons ; David Guerrier, Benoit de Barsony, cors ; Florian Noack, piano. Illustrations : Octuor de Reinecken © Hubert Stoecklon 2019. Olivier Thiery, contrebasse (DR)