LIVRE, événement, annonce.”LE FANTÔME DE L’OPÉRA », Légendes et mystères au Palais Garnier par Gérard FONTAINE (LES ÉDITIONS DU PATRIMOINE).

LIVRE, événement, annonce.”LE FANTÔME DE L’OPÉRA », Légendes et mystères au Palais Garnier par Gérard FONTAINE (LES ÉDITIONS DU PATRIMOINE). Gérard FONTAINE publie un texte richement illustré qui récapitule le mythe du fantôme de l’opéra : depuis le roman originel de l’écrivain et enquêteur Gaston Leroux (1910) qui cumule les références propres à la littérature fantastique… jusqu’à la comédie musicale toujours jouée à Londres et à Broadway, musique de Andrew Loyd Weber (1986).

fantome-de-l-opera-fontaine-gerard-legendes-et-mysteres-palais-garnier-livre-annonce-critique-classiquenewsDu roman fameux, à la comédie musicale des années 1980, l’auteur mène sa propre enquête ; confronte les extraits forts du texte de Leroux à la réalité du Palais construit par Charles Garnier. De la fiction romanesque à la réalité de l’architecture, le texte fouille ce qui fonde le mythe : description du fantôme, bestiaire et réserve décorative de l’opéra inauguré en 1875… On y découvre combien l’Opéra Garnier est un monde à part, propice au délire poétique et à l’imaginaire. Dans la vision de Leroux puis les extrapolations qui ont suivi, le fantôme de l’Opéra fusionne avec le masque de la mort rouge fixé par Poe, et réalisé par Leroux dans la fameuse scène du bal masqué à l’opéra… Peu à peu grâce aux premiers illustrateurs pour le roman de Leroux, grâce aux films et photos du palais Garnier, les personnages du roman prennent vie. Oy détecte comment de filtres en fantasmes, le fantôme originel prend une tout autre face et allure que celle conçue par Leroux (qu’est devenu son masque de soie noire ?) ; on y comprend mieux le rôle des directeurs de l’opéra, de Christine, de Raoul… des danseuses et des musiciens, des décorateurs et des machinistes qui composent le premier plan et l’arrière scène, le contexte social et humain du roman de Leroux ; chaque élément du roman est confronté à la réalité du Palais Garnier tel que nous le connaissons. Mais plutôt que de mesurer de quelle façon Leroux a respecté la configuration réelle de l’Opéra de Charles Garnier, Georges Fontaine interroge le mythe, ses avatars, et aussi la formidable architecture de Garnier, laboratoire à produire du merveilleux et de l’illusion, technologiquement avancé ; autant de performances qui inspirent en réalité le texte de Leroux.

Ainsi sont dévoilées entre autres les techniques révolutionnaires de Garnier, détournées par Gaston Leroux : cuve à double coque, colonnes creuses, fondations à l’épreuve des marécages… Et quand est-il du lac souterrain ? Où vivait réellement le Fantôme ? Grande critique à venir le jour de la parution du livre, le 31 octobre 2019.

 

 

 

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Présentation du Fantôme de l’Opéra par Gérard Fontaine
par les éditions du Patrimoine :

« Le fantôme de l’Opéra est une légende qui hante l’imaginaire collectif depuis plus d’un siècle et a été le sujet de nombreux films, sans compter les ballets ou les comédies musicales dont la principale tient l’affiche à Londres ou à Broadway depuis 1986. Mais sait-on qui se cache derrière cette histoire ?
Journaliste et romancier génial, Gaston Leroux est aussi l’auteur du Mystère de la chambre jaune ou du Parfum de la dame en noir. Fasciné par l’extraordinaire bâtiment inventé par Charles Garnier quelques décennies plus tôt, il y trouve l’inépuisable source qui a donné naissance à son Fantôme de l’Opéra. L’édifice regorge d’innovations techniques, relevant presque, pour l’époque, de la magie. La beauté du lieu, son atmosphère et les oeuvres qu’il abrite sont autant de points d’ancrage pour sa création.

fantome-de-l-opera-georges-fontaine-opera-palais-garnier-charles-garnier-critique-editions-du-patrimoine-classiquenewsAprès une parution en feuilleton dans le journal Le Gaulois, Leroux publie son roman en 1910. Auteur de nombreux ouvrages sur le Palais Garnier, Gérard Fontaine utilise ce prétexte pour nous entraîner à la découverte du mythe du fantôme et des personnages de Leroux, à travers les couloirs, avec les mystères de l’Opéra en filigrane, nous donnant les clés des trucs et astuces de Leroux. Il démêle pour nous le vrai du faux et instaure un dialogue à trois entre l’architecte talentueux, l’écrivain prolixe et le narrateur. Au fil d’une visite du bâtiment — qui parcourt notamment le bureau des directeurs, la salle, la fameuse loge n°5 du fantôme, la loge de Christine, les dessous de l’édifice, jusqu’à la demeure du lac où se tapit le fantôme pour écrire son « Opéra des opéras »…–, l’auteur nous invite à plonger au coeur d’une époque et du Palais Garnier.
Une mise en page brillante ressuscite l’art lyrique, la danse et tous les arts pour nous faire vibrer, avec le Paris 1900 en arrière-plan. »

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE événement, annonce. Le Fantôme de l’Opéra : Légendes et mystères au Palais Garnier par Gérard Fontaine Parution : 31 octobre 2018 / Editions du Patrimoine – Prix : 35 € – 25 . 32 cm – 192 pages – 180 illustrations / Relié – EAN 9782757706831 – En vente en librairie

 

 

 

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Sommaire

LA VÉRITÉ DES APPARENCES,
MASQUES ET VISAGE DU FANTÔME
Les « Rats », rêves et réalités — Petits secrets du cabinet directorial — La Sorelli

LE DON JUAN TRIOMPHANT
La Loge truquée de Christine

LE SECRET DE LA PREMIÈRE LOGE N° 5
La vraie-vraie loge du directeur de l’Opéra en 1881

LA CHUTE DU LUSTRE DU PALAIS GARNIER COMME VOUS AURIEZ PU Y ÊTRE
Comment peut-on être Persan?

LA DEMEURE ET SON LAC
Ponts et merveilles

LE BAL MASQUÉ DE L’OPÉRA
Masques et mascarades — Travestissements et travestis

SIGNÉ LEROUX
Épilogue
Filmographie

 

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L’auteur
Docteur en philosophie, administrateur culturel, Gérard Fontaine est un spécialiste réputé de l’opéra auquel il a rendu maintes fois hommage, notamment avec Décor d’opéra : un rêve éveillé (Flammarion, 1996), Palais Garnier, le fantasme de l’opéra (Agnès Viénot Éditions, 1999). Il a publié aux Éditions du patrimoine, en partenariat avec l’Opéra national de Paris : L’Opéra de Charles Garnier, architecture et décor extérieur (2000) ; Palais Garnier, Opéra national de Paris, collection « Itinéraires » (2001) ; Visages de marbres et d’airain, la collection des bustes du Palais Garnier, collection «Thématiques» (2003), L’Opéra de Charles Garnier, architecture et décor intérieur (2004), L’Opéra de Charles Garnier, collection « Monographies d’édifices » (2018).

Livres, compte rendu critique. Timothée Picard : La Civilisation de l’Opéra (Sur les traces d’un fantôme (Éditions Fayard, février 2016)

timothee picard la civilisation de l opera critique compte rendu classiquenews fevrier 2016 classiquenewsLivres, compte rendu critique. Timothée Picard : La Civilisation de l’Opéra (Sur les traces d’un fantôme (Éditions Fayard, février 2016). Le titre de cet essai global, emprunte à Nietzsche une posture partisane, celle où le philosophe encore ami de Wagner, défendait dans son propre essai, “La Naissance de la tragédie grecque”, l’opéra germanique seul héritier digne depuis l’opéra italien de Monteverdi, et comme lui véritable prolongement critique et évolutif sur la forme chant/théâtre. L’auteur se saisit d’un autre penseur critique, Walter Benjamin, qui déclare vis à vis du roman de Gaston Leroux (paru en 1910), journaliste devenu écrivain et précurseur du cinéma Pathé, que Le Fantôme de l’opéra est bien “l’un des grands romans sur le XIXème siècle”.
Aujourd’hui, ceux qui ont lu le livre ou sont capables d’en citer quelques chapitres, tout au moins retracer la construction de certains passages, sont bien peu nombreux (ormis peut-être la scène où le Fantôme monstrueux, Erik, paraît au Bal, masqué sous les traits de la Mort Rouge en allusion à la nouvelle macabre, terrifiante de Poe-), tant l’histoire du Fantôme de l’Opéra, ayant survécu à son origine littéraire et romanesque, inspire chanteurs, auteurs de séries télévisuelles, surtout comédies musicales dont celle signée Lloyd Webber, dépasse tous les succès l’ayant précédé. Génie romanesque doué d’une construction astucieuse (Le Mystère de la chambre jaune, premier chef d’Å“uvre de 1908), Leroux défie les lois habituelles du genre, aimant principalement fusionner les registres poétiques : onirique, fantastique, terrifiant, spectaculaire. Avant d’être cinématographique, son écriture est opératique. Consciente des effets visuels et imaginaires qu’elle produit, et géniale dans sa façon de les amener comme de les agencer. Mais le texte interroge moins les clés de l’écriture du dramaturge que la fascination exercée par son sujet, ce que signifie à chaque époque de réception, le choix du thème opéra et comment la perception et l’esthétique de Leroux a enrichi considérablement le mythe…
D’où vient cet attrait pour le roman français ? Ne serait-ce pas plutôt au fond, ses personnages (dignes du trio opératique romantique : un ténor, un baryton méchant – soit le monstre, et entre les deux, une soprano indécise ?), ou mieux : son sujet, l’Opéra, comme lieu et comme genre ?

 

 

 

Le mythe de l’opéra à travers les avatars du Fantôme de l’Opéra…

Fantômes et mythe de l’Opéra

 

LEROUX gaston G._LEROUXL’essai prend à bras le corps toutes les péripéties et les avatars nés depuis le roman de Leroux, engage un questionnement philosophique sur la question de l’opéra lui-même : miroir, emblème, “métonymie”, symptôme de la société, et donc par extension et références, “signe” de la civilisation elle-même, en particulier celle du XIXè, qui a produit le sommet de cette évolution qui fusionne opéra et société, le Palais Garnier. Le vaisseau créé par Garnier (admirateur de Théophile Gautier et de Dumas) en 1875, prend son origine au Second Empire, luxueux et décadent, et s’impose à l’imaginaire des bons bourgeois de la IIIè République, arrogants, prétentieux, parfaitement parisiens c’est à dire, fastueusement vaniteux. C’est le lieu où on écoute autant qu’il fait s’y faire entendre ; observer autant qu’il faut s’y faire voir… L’escalier monumental suffit à rappeler que ses abords sont d’abord des espaces publics, au caractère mondain et social. En somme si Stendhal a écrit la chronique de l’opéra aristocratique depuis la Scala (au tout début du XIXè), Leroux au début du siècle (suivant), à l’époque post industrielle et impressionniste, reconstruit le mythe de l’Opéra de Paris, qui reste encore la capitale du XIXème siècle et concentre les caractères les plus marquants de la France des Grands Magasins, des Boulevards, des gares, des chemins de fer.
Tout en restituant les nombreuses sources littéraires comme les hommages de Leroux, l’auteur inventorie ce que le roman intègre, n’écartant pas le contexte des Å“uvres contemporaines (Zola, Verne…), ni l’analyse objective de sa construction dramatique comme ses personnages : Christine se laisse mélancoliquement portée au bras de Raoul dans le dédale du Palais Garnier, à la fois grotte minérale et Atlantide en son lac, mais aussi se voit subjuguée d’abord par le monstre mystérieux, alors conquérant sublimé, avant de le considérer pour ce qu’il est (et pour ce qu’il ambitionne petitement): un petit bourgeois (plutôt qu’un véritable héros d’opéra), ayant creusé son appartement cossu, d’un kitsch inepte, pour y séquestrer sa future épouse : mari étriqué et confort poussiéreux, l’idéal et la figure héroïque démoniaque perdent ainsi de leur lustre.
Plutôt qu’un motif, décor interchangeable-, l’opéra atteint grâce au roman de Leroux, le statut d’un mythe, aux confluents des genres, entre industriel, criminel et fantastique. La Londres du XIXè a produit Jack l’Eventreur ; le Paris post hausmannien, celui de Garnier, recueillant le décadent Second Empire, et aussi l’idéal républicain de la IIIè République, engendre un nouveau métissage, le terrifiant pathétique (dans la mouvance d’Elephant man) et du surnaturel artistique : le monstre et la diva composent un duo éclectique, promis à bien des légendes et des fantasmagories en séries. La performance “monstrueuse” de la cantatrice, comme l’aspect hideux du fou masqué, s’exaltent l’une l’autre.
opera fantome de l opera de gaston leroux 220px-Gaston_Leroux_-_Le_Fantome_de_l'OpéraA travers toutes ses adaptations variées, c’est le mythe de l’Opéra, ses connotations fantastiques et dramatiques, tragiques et pathétiques qui se manifestent sans s’épuiser. Confronté au miroir social qu’il suscite, l’opéra pose clairement la question au centre de l’essai : qui sont les véritables monstres et où sont-ils ? ou plutôt s’il y a un monstre donc un mystère, je vais aimer. L’opéra après tout ne serait pas aussi, aimer se faire peur, soit la grand théâtre de l’effroi ? A l’heure des séries de plus en plus inventives sur le plan des scénarios (voyez l’excellente Penny Dreadfull, sommet des registres mêlés mais ici exclusivement britannique : onirisme, romantisme gothique, surnaturel satanique, fantastique et terrifiant spectaculaire où sont mêlés très habilement Wilde, Shelley, Frankenstein et le loup garou, jusqu’au Dracula de Stocker), le roman de Leroux s’affirme comme un modèle dramatique. En traitant le mythe de l’opéra, il en exposé toutes les composantes d’attraction.
Porteur d’une interrogation salvatrice, l’opéra en quête de lui-même, même au cÅ“ur de la culture mondialisée, standardisée, n’a jamais mieux attiré, cristalisant même toutes les attentes dans le genre du spectaculaire et du fantastique. A l’opéra, j’aime avoir peur (comme au cinéma) mais avec ce surcroît de réalité que diffuse les planches, l’orchestre en fosse, le chef qui s’agite, et les chanteurs qui jouent leur voix sur la scène. A celui dont on disait qu’il était un genre élitiste et mort, l’auteur consacre donc une manière d’hommage, face à son pouvoir inusable, tant de fois décrié (car soit disant poussiéreux, codifié, ridicule), mais toujours étonnamment vivace, captivant. Le roman de Leroux a su saisir l’essence de l’opéra à travers les âges : son indéfectible pouvoir d’attraction. L’auteur en démêle les multiples clés d’accès et de compréhension. Lecture indispensable.

CLIC D'OR macaron 200Livres, compte rendu critique. Timothée Picard : La Civilisation de l’Opéra (Sur les traces d’un fantôme (Éditions Fayard, février 2016). EAN13: 9782213681825. 760 pages. Prix indicatif :35 €. CLIC de CLASSIQUENEWS de Février et mars 2016.
Le Théâtre Mogador à Paris reprend Le Fantôme de l’Opéra, version Andrew Lloyd Webber, à partir du 13 octobre 2016 (30ème anniversaire de la création du spectacle, chanté en français). Et dans son livre, l’auteur annonce de nombreuses nouvelles adaptations du Fantôme de l’Opéra de Leroux en séries et au cinéma…