Musique et franc-maçonnerie

Initiation Ceremony in a Viennese Masonic Lodge During the Reign of Joseph II, with Mozart Seated on the Extreme Left by Ignaz UnterbergerArte. Les francs-maçons et la musique, le 24 août 2014, 00h15. De Mozart à Duke Ellington, voici une riche histoire des relations entre la franc-maçonnerie et la musique. Quel est le point commun entre Jean Sibelius, Franz Liszt, Wolfgang Amadeus Mozart, Duke Ellington, Count Basie, Lionel Hampton ou Louis Armstrong, sans omettre Schiller, Goethe, Beethoven et sa fameuse ode à la joie concluant sa dernière symphonie ? Tous ont été francs-maçons ou ont été influencés par l’idéal fraternel de la franc-maçonnerie ! Voilà qui explique pourquoi les idéaux qui animaient les loges (sagesse, force, beauté) ont inspiré les oeuvres les plus variées – chansons populaires, opéras, cantates, morceaux de jazz… L’opéra La flûte enchantée de Mozart, par exemple, comporte de nombreuses références maçonniques : son déroulement dramatique emprunte aux rituels maçonnique que Mozart connaissant très bien pour être membre avec Shikaneder, – le poète librettiste de La Flûte, de la loge à Vienne : « du nouvel espoir couronné ». C’est aussi le cas des symphonies parisiennes de Joseph Haydn, commandées par la loge “Olympique” et de la Fantasia quasi Sonata de Franz Liszt (le compositeur avait été reçu en 1841 au sein de la loge “Zur Einigkeit”, à Francfort). Mais l’histoire des relations entre la francmaçonnerie et la musique ne se limite pas à l’Europe des Lumières. MOZART_Opera_portrait_profilDe nombreuses loges afro-américaines sont nées aux États-Unis. Dans la première moitié du XXe siècle, elles accueillent Duke Ellington, Count Basie, Lionel Hampton, Louis Armstrong… Et Lafayette lui-même, franc maçon, membre de la loge de Provence, écrivit la Déclaration universelle des Droits de l’homme qui reste encore un idéal fraternel et social inégalé. Les symboles franc-maçons sont fixés au XVIIIème, à l’époque des Lumières. Ils puisent dans l’abondante iconographie crées au Moyen Age, à l’époque des cathédrales gothiques quand tailleurs de pierre et architectes se représentent avec leurs outils, comme les concepteurs des églises et de leurs riches décors. L’édification des cathédrales exigent adresse, compétence, savoir, mais aussi entente fraternelle entre ouvriers et concepteurs. Le documentaire très illustré met en scène les valeurs de fraternité des franc-maçons : en témoignent Sibelius, Albert Lortzing (auteur de l’opéra le Tsar et le charpentier dont les mélodies ont toutes été d’abord conçu pour la loge à laquelle appartenait le compositeur). De tous les musiciens, c’est Mozart qui se distingue nettement : sa musique n’a jamais été égalée tant elle exprime toutes les valeurs franc-maçonne : sa Trauermusik, aux côtés de La Flûte Enchantée, illustre de façon poétique et subtile, toutes les thématiques qui tiraillent le cœur de l’apprenti, devenu Frère : la mort, le travail sur la pierre brute, sur le moi profond, la vérité de l’être et sa place et son action sur le monde et dans la société. La question n’a jamais été autant actuelle,  vive et pertinente. En défendant des valeurs morales hautement humanistes, la franc maçonnerie reste par son idéal d’humanité fraternelle, une source d’inspiration à laquelle bon nombre de musiciens et non des moindres, se sont abreuvés.

arte_logo_2013Arte. Les francs-maçons et la musique, le 24 août 2014, 00h15. Tous les hommes deviennent frères. Documentaire de Michael Meert (Allemagne, 2012, 52mn)