Musiques de Napoléon à Fontainebleau

salle-de-bal-fontainebleau-concert-renaissance-thomas-hengelbrock-classiquenewsFONTAINEBLEAU, Musiques de NAPOLÉON, 25, 26 septembre 2021. 2 concerts ce jour, samedi 25 sept Ă  15h puis 19h30, puis dimanche 26 sept Ă  15h : le chef d’orchestre Thomas Hengelbrock et les ensembles Balthasar Neumann retrouvent la salle de Bal du chĂąteau de Fontainebleau pour y jouer les compositeurs apprĂ©ciĂ©s par NapolĂ©on Ier , en particulier Cherubini, Beethoven et HĂ©rold, soit les acteurs du renouveau romantique en France. Les concerts complĂštent une sĂ©rie de cĂ©lĂ©brations Ă  l’occasion du bicentenaire de la mort du souverain dont l’exposition : “ Un Palais pour l’Empereur. Napoleon Ier Ă  Fontainebleau “, jusqu’au 3 janvier 2022. Les concerts programmĂ©s offrent l’opportunitĂ© de complĂ©ter sa visite du domaine et de ses collections : les grands appartements, le musĂ©e NapolĂ©on Ier


 

 

 

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RÉSERVATIONS ici
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https://www.chateaudefontainebleau.fr

 

 

 

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programme des concerts

Samedi 25 septembre Ă  15h puis 19h30
Luigi Cherubini – Ouverture de MĂ©dĂ©e
Ferdinand HĂ©rold – Symphonie No. 2 en RĂ© majeur
L.v. Beethoven – Symphonie No. 5 en Do mineur

Dimanche 26 septembre Ă  15h
Antonín Dvoƙák – Terzetto op. 74
Martin-Joseph Mengal – Quintette (Arrangement de la Sonate K. 304 de Mozart)
L.v. Beethoven – Septuor op. 20

AccĂšs aux concerts et au chĂąteau : Pass sanitaire obligatoire

Dossier SAINT-SAËNS : centenaire 2021 (entre libertĂ© et classicisme)

SAINT-SAENS-camille-portrait-centenaire-mort-de-camille-saint-saens2021 marque le centenaire de la mort de Camille Saint-SaĂ«ns : esprit libre, Ă©lectron gĂ©nial, dĂ©fenseur de la musique française (contre l’hĂ©gĂ©monie des Allemands et de Wagner). Le musicien fut pianiste et compositeur, d’une rare culture, voyageur rĂ©gulier, solitaire polĂ©miste dont l’acuitĂ© de l’esprit inspire toujours. Ayant connu Berlioz, tĂ©moin des Ɠuvres de Debussy et Ravel, Saint-SaĂ«ns traverse le XIXĂš avec Ă©clat par ses audaces formelles, son goĂ»t du thĂ©Ăątre oĂč se dĂ©ploie la passion des anciens. C’est un Baroqueux avant l’heure : passionnĂ© par Lully et Marc Antoine Charpentier, Rameau et Gluck (comme Berlioz)… Voici quelques thĂ©matiques clĂ©s pour mieux approcher la diversitĂ© d’un gĂ©nie romantique difficile Ă  classer.

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SAINT-SAËNS ET LE MILIEU PARISIEN. S’il est populaire, sa musique jouĂ©e et apprĂ©ciĂ©e, connue et cĂ©lĂ©brĂ©e en Province comme Ă  Paris, Saint-SaĂ«ns est « boudé » par les autoritĂ©s parisiennes qui font et dĂ©font la gloire des artistes. En rĂ©alitĂ©, son gĂ©nie l’a propulsĂ© naturellement au devant de l’estrade jusqu’à devenir le compositeur officiel de la IIIĂš RĂ©publique. Pianiste et organiste virtuose, Saint-SaĂ«ns a composĂ© dans tous les genres, innovant souvent en crĂ©ateur sans entraves et douĂ© d’une imagination fĂ©conde : Danse Macabre, IIIĂšme symphonie pour orgue (dĂ©diĂ©e Ă  la mĂ©moire de Liszt). Ses opĂ©ras sont Ă  redĂ©couvrir, saisissant tous par leur originalitĂ© et leur parure d’un raffinement inouĂŻ : orientalisme (Samson), historicisme (Ascanio, Henry VIII, 
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2021, annĂ©e d’une rĂ©habilitation espĂ©rĂ©e…

Camille SAINT-SAËNS :
le plus grand génie romantique français
aprĂšs BERLIOZ ?

 

 

 

Voyageur régulier, ambassadeur du goût français

Mobile, actif, Saint-SaĂ«ns voyage beaucoup ; aimant passionnĂ©ment l’Orient, surtout l’Afrique : il meurt Ă  Alger. Partout, il joue ses Ɠuvres, exporte ainsi le goĂ»t et l’élĂ©gance française. Encore en 1915, pour l’exposition musicale de San Francisco, il est prĂ©sent, pourtant octogĂ©naire, incarnant l’excellence française tel un envoyĂ© officiel.

 

 

 

Saint-Saëns écrivain

PersonnalitĂ© publique et polĂ©miste, Saint-SaĂ«ns comme Berlioz sait Ă©crire et il est publiĂ© dans les medias d’alors, moins la presse grand public que spĂ©cialisĂ©e ; il prend la parole, participe au dĂ©bat, n’hĂ©site pas Ă  affronter et rĂ©pondre, en dĂ©fenseur du bon goĂ»t. Ce qui lui a collĂ© Ă  la peau, surtout Ă  la fin de sa carriĂšre oĂč il paraissait conservateur et obtus, Ă©tranger Ă  la modernitĂ© naissante (PellĂ©as de Debussy). Mais il s’obstine contre la critique parisienne, arrogante et cassante car il a pour lui, l’adhĂ©sion populaire, et comme sa musique, un style ardent, clair et construit.

En 1890, l’écrivain qui se fixe Ă  Dieppe, se fait aussi poĂšte et dramaturge : il Ă©crit un recueil de poĂšme (Rimes familiĂšres) et la comĂ©die « La Crampe des Ă©crivains », soulignant son humour, trait toujours gommĂ© chez les biographes, et qui le rapproche d’un Rossini ; suivra encoreLe Roi Apepi, crĂ©Ă© Ă  BĂ©ziers en 1903.

La correspondance privĂ©e commence Ă  rĂ©vĂ©ler ses trĂ©sors, soit plus de 18 000 lettres dont celles avec son Ă©diteur Auguste Durand, bien documentĂ©e de 1835 Ă  sa mort. Entre les affaires d’édition et le travail musical, le compositeur dĂ©voile l’homme : un esprit curieux, esthĂšte, universaliste qui attend toujours une biographie fidĂšle et plus nuancĂ©e. L’aisance Ă©pistolaire et la vitalitĂ© de son style Ă©crit paraissent au grand jour grĂące Ă  deux ouvrages Ă©ditĂ© par Actes Sud : Correspondance avec FaurĂ© et Saint-SaĂ«ns globe trotter.

 

 

 

Saint-SaĂ«ns et l’opĂ©ra

C’est Ă  l’égal de Vivaldi, un chantier encore vierge tant les ouvrages sont nombreux et pourtant mĂ©connus. Aux cĂŽtĂ©s du cĂ©lĂšbre Samson et Dalila, Ă  juste titre jouĂ© rĂ©guliĂšrement (et qui fut crĂ©Ă© grĂące Ă  l’aide de son ami Liszt Ă  Weimar), il faut absolument rĂ©Ă©couter et rĂ©Ă©valuer FrĂ©dĂ©gonde, La Princesse jaune, Les noces de PromĂ©thĂ©e, PhrynĂ©, Etienne Marcel
 ou Proserpine, Les Barbares, Le Timbre d’argent, surtout Ascanio rĂ©cemment enregistrĂ©s. La reconnaissance du Saint-SaĂ«ns lyrique a souffert du fait que le trop jeune musicien (16 ans) n’obtint pas le Prix de Rome (tremplin pour le genre), mĂȘme s’il fut l’élĂšve lumineux d’HalĂ©vy (l’auteur vĂ©nĂ©rĂ© de La Juive). Une seconde tentative pour Rome Ă  28 ans se solde lĂ  encore par un Ă©chec (pas assez inexpĂ©rimentĂ©, selon une formule attribuĂ©e Ă  Berlioz ou Ă  Gounod). On comprend que Saint-SaĂ«ns ait dĂšs lors choisi de suivre son propre chemin.

Avec Samson et Dalila, Saint-SaĂ«ns offre avant Carmen, une figure fĂ©minine vĂ©nĂ©neuse et toxique, amoureuse libre et passionnĂ©e et voix de contralto (Pauline Viardot) ; un portrait qui ne colle pas avec la France post 1870, puritaine et patriote, d’autant que soutenu par Liszt, Saint-SaĂ«ns est considĂ©rĂ© comme germanique.

 

 

Saint-Saëns et les sujets lyriques

Pour l’exposition universelle de 1867, il compose la cantate Les noces de PromĂ©thĂ©e (1er Prix dĂ©cernĂ© par le jury qui rĂ©unit alors Verdi, Gounod, Rossini, Auber, Berlioz !). PromĂ©thĂ©e est crĂ©Ă© aussi Ă  Weimar en mai 1870 grĂące Ă  Liszt qui encourage Saint-SaĂ«ns dans l’élaboration de Samson. Outre son affection pour la Renaissance, source historique et française qui offre une belle alternative au wagnĂ©risme ambiant, le compositeur, amateur des anciens, de Lully Ă  Rameau, affectionne particuliĂšrement les sujets mythologiques : en tĂ©moignent Les Noces de PromĂ©thĂ©e (1867), Proserpine (1887), PhrynĂ© (1893), DĂ©janire (1898, crĂ©Ă© au thĂ©Ăątre des ArĂšnes de BĂ©zier pour refonder localement une tradition musicale et lyrique) ; puis les Barbares (1901 : relecture nĂ©o antique de l’histoire romaine auquel l’auteur apporte sa lecture du conflit franco-prussien : Rome est assiĂ©gĂ© par les teutons) ; les musiques de scĂšne pour Andromaque de Racine (1903) ; HĂ©lĂšne (1904)
 Sur le plan symphonique aussi les 4 poĂšmes symphoniques : Le Rouet d’Omphale (1871), PhaĂ©ton (1873), La Danse macabre (1874), La Jeunesse d’Hercule (1877), offre fĂ©conde certainement inspirĂ© par le crĂ©ateur du genre Liszt, son ami de toujours. Outre son opĂ©ra biblique, dĂ©sormais cĂ©lĂšbre, Samson et Dalila (1877), Saint-SaĂ«ns laisse un important corpus inspirĂ© par la Renaissance française : Etienne Marcel (1879), Henry VIII (1883), Ascanio (1890), 


 

 

 

Saint-Saëns mélodiste

Le compositeur cultivĂ©, esthĂšte qui avait le goĂ»t des textes et de la poĂ©sie a laissĂ© environ 160 mĂ©lodies, dont le cycle La cendre rouge, Ă©crit pendant la premiĂšre guerre mondiale
 des perles qui elles aussi, comme ses opĂ©ras, sont Ă  redĂ©couvrir. C’est un chantier pourtant essentiel comptant des chefs d’oeuvres aussi marquants que les Ɠuvres de Gounod, FaurĂ© (l’élĂšve de Saint-SaĂ«ns) et Massenet.

 

 

 

Ardent défenseur de la musique française

Patriote, Saint-SaĂ«ns s’engage trĂšs tĂŽt pour la redĂ©couverte des auteurs anciens ; inaugurant mĂȘme le mouvement baroque avant l’heure ; s’il crĂ©e la SociĂ©tĂ© Nationale le 25 fĂ©vrier 1871, favorisant les compositeurs français contemporains, Camille collectionne les partitions anciennes et organise leur Ă©dition critique moderne : ainsi les rĂ©Ă©ditions de Gluck (Ă  la suite de Berlioz), Charpentier et de Rameau. Mais aussi Lully dont il rĂ©orchestre Armide pour les ArĂšnes de BĂ©ziers en 1904. Il s’intĂ©resse dĂ©jĂ  aux notions d’ornementation, d’organologie (prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© des instruments anciens), prĂ©figurant le souci actuel de restitution sonore historique. Il s’interroge sur l’interprĂ©tation des oeuvres de Leclair et Mondonville, comme celles de Corelli et Bach. Rameau est une source rĂ©guliĂšre pour l’interprĂšte comme le compositeur : Saint-SaĂ«ns pianiste a jouĂ© du Rameau dans ses rĂ©citals ; comme compositeur, il a Ă©crit Ă  la maniĂšre Baroque, plusieurs ballets « historiques », nĂ©o baroques et aussi nĂ©o Renaissance, pour Henry VIII et pour son chef d’oeuvre Ă  redĂ©couvrir, Ascanio (page des plus raffinĂ©es). Enfin, Marc-Antoine Charpentier lui doit sa premiĂšre rĂ©surrection, comme gĂ©nie mĂ©connu, « contemporain de lully », enfin redĂ©couvert grĂące entre autres Ă  son enthousiasme pour MĂ©dĂ©e dont il souligne l’écriture « impeccable » 

 

 

SAINT-SAËNS et WAGNER

Camille-Saint-Saens DRJusqu’en 1885, lors d’une tournĂ©e en Allemagne, Saint-SaĂ«ns alors reconnu comme l’ambassadeur du bon goĂ»t français, se rebiffe dĂ©finitivement contre le wagnĂ©risme et surtout contre les wagnĂ©riens.  Quand Carvalho, directeur de l’OpĂ©ra-Comique lui propose de reprendre Lohengrin, l’auteur de Samson et Dalila s’oppose nettement. Depuis la dĂ©faite de 1870 de la France face Ă  la Prusse, Wagner ne cesse d’ĂȘtre instrumentalisĂ© comme emblĂšme de la supĂ©rioritĂ© du gĂ©nie germanique vis Ă  vis des autres cultures, dont Ă©videmment la culture et la musique française. Un revers mal vĂ©cu par Saint-SaĂ«ns qui soldat rejoint le 4Ăš bataillon de la garde nationale ; il sera alors trĂšs affectĂ© par le mort de son ami, le peintre orientaliste et chanteur Henri Regnault (la Marche hĂ©roĂŻque lui est dĂ©diĂ©e).

WAGNER : le Ring Jordan sur France MusiquePourtant, presque 10 ans auparavant, dĂšs 1876, Saint-SaĂ«ns fait le pĂšlerinage Ă  Bayreuth, assistant au festival inaugural ; tĂ©moignant son enthousiasme pour l’opĂ©ra wagnĂ©rien : il est peut remerciĂ© en retour ; Wagner reconnaissant surtout l’excellent pianiste, moins le faiseur d’opĂ©ras ! Peu Ă  peu, Saint-SaĂ«ns que la reconnaissance du patrimoine musical français prĂ©occupe, mĂšne un combat de plus en plus aigu contre la wagnĂ©rite qui s’empare de la France dans les dĂ©cades 1880 et 1890. Autre manifestation du « combat » antiwagnĂ©rien de Saint-SaĂ«ns : la crĂ©ation du conservatoire amĂ©ricain de Fontainebleau (dans l’aile Louis XV du chĂąteau), en 1921, destinĂ© Ă  rompre l’habitude des jeunes musiciens amĂ©ricains Ă  se former en Europe Ă  Berlin ou Leipzig, citĂ© musicale internationale oĂč Bach, Mendelssohn, et tant d’autres ont Ă©bloui le monde. AprĂšs 1918, les Français souhaitent imposer le leadership culturel et musical d’autant plus face Ă  l’Allemagne affaiblie.

 

 

 

Longévité florissante

saint saens camille portrait pour classiquenews camille-saint-sans-1Saint-SaĂ«ns nĂ© l’annĂ©e de la crĂ©ation au ThĂ©Ăątre Italien des Puritains de Bellini (1835), compose encore l’annĂ©e de sa mort, 1921. Le 16 dĂ©cembre 2021 marque donc le centenaire de sa mort. Une longĂ©vitĂ© impressionnante pour ce reptile tenace et combattif qui aura vĂ©cu 86 ans, connu tous les rĂ©gimes, les genres, les styles, les Ă©poques et aussi Rossini, Berlioz, Meyerbeer, Debussy, Ravel. C’est le dernier des classiques romantiques, qui assure le pont entre Berlioz et Ravel. La mĂ©moire incarnĂ©e de la musique française au XIXĂš jusqu’à la rĂ©volution symboliste et impressionniste du dĂ©but du XXĂš.

Un malade chronique

De santĂ© fragile, tuberculeux depuis la naissance, Camille cultive un rapport singulier avec la faucheuse ; d’autant qu’il a perdu ses deux fils en bas Ăąge (1878). Conscient de sa faiblesse constitutive, mais toujours combatif ; prĂ©fĂ©rant le vertige des ocĂ©ans Ă  celui de la maladie ; ses voyages (en AlgĂ©rie et en Egypte surtout oĂč il sĂ©journe presque 20 fois, d’oĂč le Concerto pour piano n°5 dit « l’égyptien ») entretiennent une rĂ©sistance Ă  toutes Ă©preuves : Ă  80 ans, il embarque pour l’AmĂ©rique latine ; celui qui a vu tous ses amis partir, meurt sur le mĂ©tier, au travail, Ă  Alger, le 16 dĂ©cembre 1921, orchestrant alors la Valse nonchalante.

 

 

 

Saint-Saëns et la célébrité

Voyageur permanent, Camille a toujours su se prĂ©server des paparazzi et autres demandeurs en tout genre ; l’identitĂ© inventĂ©e de « Charles Sanois » lui garantit ainsi un anonymat primordial Ă  la bonne rĂ©alisation de ses sĂ©jours. Loin du milieu parisien, il compose en tranquillitĂ©.

De mars Ă  avril 1890, sa supposĂ©e disparition, en terre lointaine, est montĂ©e de toute piĂšces et alimentĂ©e par la presse Ă  sensation, toujours apte Ă  brĂ»ler ses idoles pourvu qu’elle vende des milliers d’exemplaires (dont le quotidien Le Matin). Dans les faits, le compositeur est aux Canaries, isolĂ©, protĂ©gĂ©, aprĂšs le dĂ©cĂšs de sa mĂšre (1888) et aussi le report de la crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra de Paris de son opĂ©ra Ascanio. Revenu en 1890 Ă  Dieppe oĂč en son honneur un musĂ©e lui est dĂ©diĂ© ; mais il repart aussitĂŽt pour Ceylan. On ne change pas un esprit qui a le goĂ»t des voyages. Tout Saint-SaĂ«ns est lĂ , dans ce mouvement perpĂ©tuel ; celui d’un pur esprit mobile, libre, jamais convenu ni prĂ©visible ; toujours original et pertinent : en 1908, il compose la premiĂšre musique de film pour le cinĂ©ma, tout en servant son goĂ»t pour la Renaissance française : L’assassinat du duc de Guise. Un moderne sous couvert d’élĂ©gance classique. Saint-SaĂ«ns est comme Berlioz qui rĂ©formateur, adepte de Gluck, se disait « classique ».

 

 

 

 

 

 

Approfondir

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Société Camille Saint-Saëns

Exposition « Saint-SaĂ«ns : un esprit libre » / BnF et l‘OpĂ©ra national de Paris, au Palais Garnier, Ă  partir du 5 mars 2021 – jalon fĂ©dĂ©rateur des cĂ©lĂ©brations pour le centenaire de la disparition du musicien en 1921. Jusqu’au 20 juin 2021. PARIS, BibliothĂšque-musĂ©e de l’OpĂ©ra de Paris, Palais Garnier : tous les jours 10h-17h.

 

 

 

A redécouvrir

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ASCANIO critique cd annonce review par classiquenews St-Saens-ASCANIO-parution
CD, Ă©vĂ©nement, critique. SAINT-SAËNS : Ascanio, 1890 (Tourniaire, 2017, 3 cd B records)
. Le label B-records crĂ©e l’évĂ©nement en octobre 2018 en dĂ©diant une Ă©dition luxueuse Ă  l’opĂ©ra oubliĂ© de Saint-SaĂ«ns, Ascanio, crĂ©Ă© en mars 1890 Ă  l’OpĂ©ra de Paris. C’est aprĂšs le grand opĂ©ra romantique fixĂ© par Meyerbeer au milieu du siĂšcle, l’offrande de Saint-SaĂ«ns au genre historique, et comme les Huguenots de son prĂ©dĂ©cesseur (actuellement Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille), un ouvrage qui s’inscrit Ă  l’époque de la Renaissance française sous la rĂšgne de François Ier, quand le sculpteur et orfĂšvre Benvenuto Cellini travaillait pour la Cour de France. Saint-SaĂ«ns sait traiter la fresque lyrique avec un sens maĂźtrisĂ© de la couleur et de la mĂ©lodie : d’autant que, au moment oĂč il fait reprĂ©senter Ascanio, le genre, objet de critiques de plus en plus sĂ©vĂšres, se cherche une nouvelle forme, capable de prĂ©senter une vĂ©ritable alternative au wagnĂ©risme ambiant. AprĂšs Etienne Marcel (1879), Henri VIII ( 1883), Ascanio revitalise un sujet français et historique, tout en prenant rĂ©fĂ©rence au Benvenuto Cellini de Berlioz qui a prĂ©cĂ©dĂ© et dont lui aussi, la carriĂšre Ă  l’OpĂ©ra sera brĂšve.

 

Requiem, dédié à la mémoire de son mécÚne Albert Libon (qui lui avait fait avant de mourir un don de 100 000 francs en 1877)

 

 

 

 

 

CATALOGUE

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5 concertos pour piano,
5 symphonies dont une avec orgue,
4 poĂšmes symphoniques (dont Danse macabre),

Opéras

Samson et Dalila (1877)
Le Timbre d’argent (1877)
Henry VIII (1883)
Proserpine (1887)
Ascanio (1890)
Les Barbares (Opéra de Paris, 1901)

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 LIVRES

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LIVRE Ă©vĂ©nement, compte-rendu critique. StĂ©phane LeteurĂ© : Camille Saint-SaĂ«ns, le compositeur globe-trotter (1857 – 1921), Actes Sud. MUSIQUE et POLITIQUE.  Voici l’étendue des dĂ©placements et un premier portrait du Saint-SaĂ«ns voyageur, en Europe (Allemagne, Angleterre, Italie), dans cet Orient « africain » qu’avant lui Delacroix ou FĂ©licien David ont parcouru (AlgĂ©rie et Egypte), mais aussi en USA. L’auteur entend nous dĂ©voiler Ă  travers l’expĂ©rience du compositeur romantique français, une premiĂšre analyse inĂ©dite celle dĂ©veloppĂ©e sous le prisme d’une « gĂ©opolitique musicale ». A l’heure de la mondialisation artistique, et aux projets esthĂ©tiques qui s’expatriant en atteignant une internationalisation standardisĂ©e, le cas Saint-SaĂ«ns confrontĂ© aux convulsions politiques de son Ă©poque, met a contrario en avant l’obligation pour l’artiste crĂ©ateur de prendre parti, selon le mouvement des nationalismes affrontĂ©s (en particulier entre France et Allemagne), selon les postures de la diplomatie dont, dans ses propres dĂ©placements, il ne peut Ă©carter les implications. IntĂ©ressant d’interroger ainsi la conscience politique d’un compositeur au hasard de ses dĂ©placements
 Surtout Ă  notre Ă©poque oĂč bien peu (trop peu) de musiciens, artistes ou compositeurs, prennent parti pour tel ou tel combat : ce n’est pourtant pas les causes qui manquent dans notre monde dĂ©rĂ©glĂ©, perverti, corrompu. Bref. Ici, le monde de Saint-SaĂ«ns ne connaĂźt pas l’horreur de nos temps prĂ©sents.

Actes sud, camille saint saens globe trotter politique et musique CLIC de classiquenews, review critique presentation livres de CLASSIQUENEWS 9782330077464La mission « volontaire » et assumĂ©e de Saint-SaĂ«ns favorise le rayonnement de la culture française Ă  travers la diffusion de sa musique, c’est bien ainsi que l’auteur entend privilĂ©gier cette prĂ©fĂ©rence nationale, cette volontĂ© de suprĂ©matie dans le goĂ»t international, surtout Ă  partir de 1905, quand il rejoint les membres du Conseil supĂ©rieur des Beaux-Arts. D’autant que les deux AmĂ©riques, vers cet Ouest « futuriste et rĂ©solument moderniste » sont par exemples estimĂ©es tels de nouveaux eldorados, – opportunes issues aux compositeurs français qui peinent Ă  se faire entendre et jouer dans leur propre pays. D’ailleurs l’axe France-USA se cristallise encore aprĂšs la premiĂšre guerre avec la crĂ©ation du Conservatoire amĂ©ricain de Fontainebleau.
Dans ce concert des nations oĂč Saint-SaĂ«ns veut jouer sa propre partition, l’auteur montre par exemple s’agissant des relations avec l’Allemagne, comment le Français renforce peu Ă  peu un combat direct contre le wagnĂ©risme, s’insurgeant contre la divinisation du maĂźtre de Bayreuth dont il a Ă©tĂ© l’un des premiers festivaliers. AprĂšs la mort de Wagner, en 1882, et avec l’essor du wagnĂ©risme, Saint-SaĂ«ns s’affirme en dĂ©fenseur de l’art français, oeuvrant pour la crĂ©ation d’un rĂ©seau francophile international oĂč des chefs sensibilisĂ©s / alliĂ©s sont nommĂ©s Ă  des postes clĂ©s pour favoriser la musique romantique hexagonale, la soutenir, l’encourager, la faire jouer. Comment alors ne pas justement considĂ©rĂ© ce goĂ»t pour l’orient comme la rĂ©ponse du Français, au wagnĂ©risme envahissant de son Ă©poque ?

 

saint-saens et rouche la correspondance 1913-1921 presentation par Marie-Gabrielle Soret compte rendu critique de CLASSIQUENEWS editions ACTES SUD livre evenement clic de classiquenews 9782330065812LIVRES, compte rendu critique. Camille Saint-SaĂ«ns et Jacques RouchĂ© : correspondance de 1913 Ă  1921. Actes Sud enrichit sa collection dĂ©diĂ©e aux tĂ©moignages et correspondances d’un romantisme tardif, dĂ©jĂ  Ă©bloui par l’impressionnisme de Debussy, et la syncope frĂ©nĂ©tique d’un Stravinsky (qu’en bon pĂšre conservateur St-SaĂ«ns dĂ©testait en le faisant savoir). Les deux hommes de lettres : RouchĂ© / Saint-SaĂ«ns qui Ă©changent, croisent idĂ©es et projets, sont chacun dans une pĂ©riode trĂšs active de leur existence. Le Quinqua Jacques RouchĂ© (1862-1957) est le rĂ©cent directeur de l’OpĂ©ra de Paris ; il s’adresse ici Ă  un Saint-SaĂ«ns, vieux (presque octogĂ©naire) maĂźtre des excellences romantiques, douĂ© d’une invention et d’un classicisme « moderne » qui n’a plus rien Ă  prouver. Face au germanisme wagnĂ©rien croissant (lui qui fut nĂ©anmoins un adepte de Bayreuth dĂšs les premiĂšres heures du Festival allemand), Saint-SaĂ«ns se dresse en dĂ©fenseur de l’art musical français. En esprit curieux et fĂ©dĂ©rateur, RouchĂ© accepte de (re)crĂ©er nombre d’ouvrages de Saint-SaĂ«ns sur la scĂšne de l’opĂ©ra de Paris qui ne compte alors que Samson et Dalila : ainsi grĂące au jeune directeur, sont montĂ©s : Les Barbares (1914), Etienne Marcel (extraits en 1915 et 1916), Henry VIII (1917), HĂ©lĂšne (1919), Ascanio (1921)
 autant d’ouvrages qui suscitent Ă©videmment de constantes coopĂ©rations, oĂč le cher monsieur de 1013 est devenu « mon cher directeur », Saint-SaĂ«ns signant en « ….

 

 

 

leteure stĂ©phane saint saens croquer saint saens critique classiquenews livres actes sudCOMPTE-RENDU, livre Ă©vĂ©nement. StĂ©phane LeteurĂ© : Croquer Saint-SaĂ«ns: Une histoire de la reprĂ©sentation du musicien par la caricature (Actes Sud). Le centenaire Saint-SaĂ«ns commence au mieux. LIRE ici notre dossier spĂ©cial CENTENAIRE CAMILLE SAINT-SAËNS 2021. Actes Sud fait paraĂźtre ainsi en fĂ©vrier un opuscule original qui aborde l’image et la reprĂ©sentation de Saint-SaĂ«ns Ă  son Ă©poque. Le compositeur pianiste Ă©tant cĂ©lĂšbre voire trĂšs cĂ©lĂšbre, fut le sujet de caricatures diverses Ă©pinglant certains traits apparemment emblĂ©matiques (comme son nez disproportionné ), son piano Ă©videmment, sa culture classique, -poussiĂ©reuse forcĂ©ment- qui puise dans l’AntiquitĂ© et la Renaissance
 Le dĂ©lire graphique des dessinateurs et des caricaturistes ne connaĂźt pas de limite et Saint-SaĂ«ns fait les frais de leur imagination impertinente, Ă©lectrisĂ©e avec d’autant plus d’acuitĂ© que le pianiste-compositeur passe pour un pilier de l’art français, l’ambassadeur de la IIIĂš RĂ©publique : un compositeur incontournable, incarnant le bon goĂ»t, le sĂ©rieux, le classicisme le plus Ă©lĂ©gant. Massenet avait sa moustache gauloise … EN LIRE PLUS ici

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CD

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ASCANIO critique cd annonce review par classiquenews St-Saens-ASCANIO-parution
CD, Ă©vĂ©nement, critique. SAINT-SAËNS : Ascanio, 1890 (Tourniaire, 2017, 3 cd B records)
. Le label B-records crĂ©e l’évĂ©nement en octobre 2018 en dĂ©diant une Ă©dition luxueuse Ă  l’opĂ©ra oubliĂ© de Saint-SaĂ«ns, Ascanio, crĂ©Ă© en mars 1890 Ă  l’OpĂ©ra de Paris. C’est aprĂšs le grand opĂ©ra romantique fixĂ© par Meyerbeer au milieu du siĂšcle, l’offrande de Saint-SaĂ«ns au genre historique, et comme les Huguenots de son prĂ©dĂ©cesseur (actuellement Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille), un ouvrage qui s’inscrit Ă  l’époque de la Renaissance française sous la rĂšgne de François Ier, quand le sculpteur et orfĂšvre Benvenuto Cellini travaillait pour la Cour de France. Saint-SaĂ«ns sait traiter la fresque lyrique avec un sens maĂźtrisĂ© de la couleur et de la mĂ©lodie : d’autant que, au moment oĂč il fait reprĂ©senter Ascanio, le genre, objet de critiques de plus en plus sĂ©vĂšres, se cherche une nouvelle forme, capable de prĂ©senter une vĂ©ritable alternative au wagnĂ©risme ambiant. AprĂšs Etienne Marcel (1879), Henri VIII ( 1883), Ascanio revitalise un sujet français et historique, tout en prenant rĂ©fĂ©rence au Benvenuto Cellini de Berlioz qui a prĂ©cĂ©dĂ© et dont lui aussi, la carriĂšre Ă  l’OpĂ©ra sera brĂšve.

 

 

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saint-saens-timbre-argent-roth-cd-critique-opera-review-opera-classiquenews-les-siecles-FX-RothCD, opĂ©ra, Ă©vĂ©nement. SAINT-SAËNS: Le timbre d’argent (Roth, 2 cd P. Bru Zane, 2017). Perle lyrique du Romantisme français : premier opĂ©ra de Camille Saint-SaĂ«ns, Ă©crit en 1864-65, Le Timbre d’argent renaĂźt ainsi par le disque et mĂ©rite la timbale d’or. Tout le mĂ©rite en revient au chef et Ă  son orchestre sur timbres d’époque : François-Xavier Roth et ses « SiĂšcles ». Venu tard Ă  l’opĂ©ra, Camille compose la mĂȘme annĂ©e, Samson et Dalila, son plus grand succĂšs encore actuel, et Le Timbre d’argent, totalement oubliĂ© depuis 1914. Entre romantisme et fantastique, l’action relĂšve de Faust et de Pygmalion Ă  l’époque du wagnĂ©risme triomphant. Pourtant Saint-SaĂ«ns rĂ©invente l’opĂ©ra romantique français avec une verve et un imaginaire inĂ©dit, qui se moque des conventions et apporte une alternative exemplaire aux contraintes du temps. Le compositeur use de collages, multiplie les clichĂ©s dĂ©calĂ©s, en orfĂšvre Ă©rudit.

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Saint saens proserpine critique compte rendu sur classiquenews opera veronique gens frederic antoun edicionessingulareses1027CD, critique. SAINT-SAËNS : PROSERPINE (1887). VĂ©ronique Gens, FrĂ©dĂ©ric Antoun, Andrew Foster-Williams
 Ulf Schirmer, direction (2 cd ediciones singulares / Pal. Bru Zane, 2016). En couverture du livre cd, le corset de la courtisane Proserpine, et son prĂ©nom en lettres d’or, inspirant un drame tragique qui crĂ©Ă© en 1887, sans trop de succĂšs malgrĂ© l’estime que lui portait Saint-SaĂ«ns (qui le tenait pour son meilleur opĂ©ra, ou l’un de ses meilleurs), offre un rĂŽle fĂ©minin d’une ampleur aussi accomplie que celle des hĂ©roĂŻnes de Massenet. D’ailleurs, le style parfois ampoulĂ© et souvent pompier du compositeur, se rapproche de l’auteur de Manon (1884) ou de ThaĂŻs (autre pĂȘcheresse repentie magnifique, crĂ©Ă© en 1894)
 voire la rare Esclarmonde (OpĂ©ra-Comique Ă©galement, crĂ©Ă© en 1889). RĂȘvant son hĂ©roĂŻne comme Bizet avait conçu Carmen, Saint-SaĂ«ns souhaitait une voix large, puissante, dramatique, 
 Ă  la Falcon. Mais la rĂ©alitĂ© fut plus sournoise et l’auteur dut faire avec les interprĂštes Ă  sa disposition ; il sopranisa le rĂŽle. D’emblĂ©e l’intonation et le style de VĂ©ronique Gens (au français impeccable qui affirme toujours la diseuse / cf ses rĂ©cents albums de mĂ©lodies françaises romantiques, dont l’excellent “NĂ©Ăšre”), son style altier voire aristocratique (elle n’a pas chantĂ© toutes les hĂ©roĂŻnes mythologiques de Gluck, ou presque, pour rien), la finesse de l’incarnation permettent de facto d’exprimer l’épaisseur du personnage : une courtisane vĂ©nĂ©rĂ©e comme VĂ©nus, qui tombant amoureuse d’un jeune homme, Sabatino…

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SAINT SAENS opus33 damien Ventula violoncelle klarthe cd critique cd review classiquenews ravel Huillet CLIC de classiquenewsCLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. SAINT-SAËNS, HUILLET : Concertos. Damien Ventula, violoncelle (1 cd Klarthe records, 2020) – Belle vitalitĂ© de l’orchestre de cordes, Ă©loquence contrastĂ©e, vivace du soliste toulousain
 le rare Concerto pour violoncelle opus 33 de Saint-SaĂ«ns (arrangĂ© ici par le chef Gilles Colliard) s’impose par sa carrure Ă©nergique voire Ă©chevelĂ©e, ce dĂšs le premier Allegro (non troppo) ; une volontĂ© conquĂ©rante que compense l’Allegretto central, conçu comme un menuet oĂč brille la tendresse plus intĂ©riorisĂ©e du violoncelle (ici un somptueux Antoine MĂ©dard de 
 1675); orfĂšvre d’un jeu tout en accents et fluiditĂ©, Damien Ventula affronte dĂ©fis et points extrĂȘmes d’une Ă©criture virtuose mais trĂšs Ă©quilibrĂ©e, oĂč partout rayonne un absolu sens de l’équilibre (n’est pas Saint-SaĂ«ns qui veut). CLIC DE CLASSIQUENEWS de janvier 2021 

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ACTES SUD : Camille Saint-Saëns, compositeur globe-trotter

 

 

 Approfondir 

LIRE notre dossier biographique thĂ©matisĂ© Dossier Camille SAINT-SAËNS : centenaire SAINT-SAËNS 2021 : entre libertĂ© et classicisme, patriotisme et Ă©clectisme…

 

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Dossier rĂ©guliĂšrement actualisĂ© pendant l’annĂ©e SAINT-SAËNS 2021.

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU critique, concert. FONTAINEBLEAU, salle de bal, dim 18 oct 2020. RĂ©sidence Thomas Hengelbrock I : de Monteverdi Ă  Chardavoine


salle-de-bal-fontainebleau-concert-renaissance-thomas-hengelbrock-classiquenewsCOMPTE-RENDU critique, concert. FONTAINEBLEAU, salle de bal, dim 18 oct 2020. RĂ©sidence Thomas Hengelbrock I : de Monteverdi Ă  Chardavoine
 Fontainebleau, capitale musicale Ă  l’époque des Valois. Si Versailles demeure le foyer du goĂ»t des rois Bourbons (le roi soleil en est l’astre Ă©tincelant), Fontainebleau avait dĂ©jĂ  favorisĂ© dĂšs le XVIĂš, l’art de cour et l’essor des divertissements sous le rĂšgne des Valois, François Ier et Henri II particuliĂšrement. voilĂ  donc un concert riche en symbole et aussi en promesses 

Comme premiĂšre Ă©tape de sa rĂ©sidence bellifontaine, le chef allemand Thomas Hengelbrock dirige son ensemble Balthasar Neumann, ici en formation de chambre : il se consacre exclusivement aux Ă©critures de la Renaissance et du premier Baroque, alternant cycle d’Ɠuvres italiennes et françaises.
Le spectateur Ă  Fontainebleau, heureux dĂ©tenteur d’une place de concert, traverse de somptueux appartements avant de rejoindre la salle de bal oĂč l’attendent les musiciens. C’est un voyage unique dans le temps dont les jalons remarquables sont l’enfilade des appartements royaux (ceux d’Anne d’Autriche et de Louis XIII qui est nĂ© in loco) ; puis, la fameuse galerie François Ier, l’étonnant Ă©crin maniĂ©riste (comptant fresques et stucs Ă©rotiques) de la Chambre de la Duchesse d’Etampes, enfin la salle de bal proprement dite, vĂ©ritable « Vatican français » (selon Ingres lui-mĂȘme). De fait les impressionnantes fresques par Niccolo del‘Abbate sous la direction du Primatice, mĂȘme situĂ© Ă  bonne hauteur composent un ensemble unique au monde ; le rythme des allĂ©gories, des figures et nombre de Dianes lunaires et chasseresses forment le meilleur Ă©cho aux Ɠuvres choisies : tout un monde poĂ©tique et raffinĂ© que les musiciens ressuscitent. Au Monteverdi souterrain, d’abord murmurĂ©, presque fantastique (sublime « Hor che ciel ») rĂ©pondent les chansonniers Sermisy, Costeley, Lassus et surtout Guedron dont on aime retrouver l’exaltation du verbe, cet allant hĂ©doniste que les 6 chanteurs dĂ©fendent avec ardeur (« ça donnons Ă  tous nos sens »). La fantasia de Purcell puis la Sonate de Castello fait passer des brumes de la Tamise, – dans leur texture Ă©tirĂ©e, en rĂ©alitĂ© trĂšs françaises, au soleil virtuose italien, grĂące Ă  la vĂ©locitĂ© chantante du premier violon Daniel Spec. Parmi les Français, se distingue d’aprĂšs Ronsard : « Mignonne, allons voir si la rose » mis en musique par Jehan Chardavoine, bien Ă©noncĂ©e par l’alto Christian Rohrbach (voix petite mais trĂšs musicale). Thomas Hengelbrock Ă©voque la figure de Marguerite de Navarre, la Reine Margot (fille d’Henri II et derniĂšre Valois), rĂ©sidente ici mĂȘme, dont le souvenir est incarnĂ© grĂące Ă  l’Hymne que compose Claude Goudimel pour sa mort (1615).

La derniĂšre partition du programme est dĂ©jĂ  en soi un jalon exemplaire, en particulier dans le volume de la salle de bal (photo ci dessus) ; on imagine aisĂ©ment comment l’Orfeo de Monteverdi Ă  sa crĂ©ation au palais ducal de Mantoue (1607) a pu s’accorder au volume d’un Ă©crin palatial, dans une acoustique moins rĂ©sonante qu’une Ă©glise. L’expĂ©rience Ă  Fontainebleau est trĂšs convaincante : la scĂšne sĂ©lectionnĂ©e permet Ă  chaque chanteur d’affirmer un vrai tempĂ©rament dramatique, car ici les 6 chanteurs sont solistes, assurant son personnage comme sa partie au sein du chƓur (extrait « Rosa del Ciel »). La vitalitĂ© souple du continuo oĂč brillent sur le tapis aĂ©rien des violons, les timbres plus scintillants de la harpe et du thĂ©orbe, ajoute Ă  l’expressivitĂ© de la direction : Hengelbrock maĂźtrise l’élan et le souffle lyrique, la libertĂ© dansante des rythmes d’un opĂ©ra Ă  la fois madrigalesque et baroque ; veillant aux Ă©quilibres entre voix, chƓur et instruments. En cela l’ultime piĂšce donnĂ©e (en bis), le bouleversant Lamento della Ninfa, chef d’oeuvre languissant de Monteverdi, saisit par la sincĂ©ritĂ© et la musicalitĂ© des interprĂštes : aux 3 hommes tragiques et dĂ©clamatoires rĂ©pond la priĂšre ciselĂ©e et naturelle de la soprano requise (Bobbie Blommesteijn), sobre, humaine, au chant Ă©perdue et sensible. Divine Ninfa pour un programme idĂ©alement Ă©quilibrĂ©. On attend la suite de la rĂ©sidence de Thomas Hengelbrock Ă  Fontainebleau, en particulier en 2021, pour le bicentenaire NapolĂ©on Ier, Israel en Egypte de Haendel qui Ă©voque la campagne de Bonaparte en Egypte (8 et 9 mai 2021). A suivre.
http://www.classiquenews.com/fontainebleau-salle-de-bal-concert-renaissance/

FONTAINEBLEAU, salle de Bal : Concert RENAISSANCE

hengelborock-thomas-musique-renaissance-bonaparte-fontainebleauFONTAINEBLEAU, dim 18 oct : Concert RENAISSANCE par Thomas Hengelbrock, Ens Balthasar Neumann. Le chef allemand, spĂ©cialiste des interprĂ©tations historiquement informĂ©es, inaugure sa rĂ©sidence artistique Ă  Fontainebleau par un cycle de premiers concerts. Ce Dim 18 oct, rv incontournable dans la SALLE DE BAL du ChĂąteau Ă  11h puis 15h30 : madrigaux, ballets et scĂšnes d’opĂ©ra de la Renaissance jouĂ©s, notamment lors des fĂȘtes donnĂ©es Ă  la cour des Valois. Programme : madrigaux de Gesualdo et du 8e Livre de Monteverdi, chansons de compositeurs ayant Ă©crit pour Fontainebleau dont le cĂ©lĂšbre « Chant des oiseaux » de ClĂ©ment Janequin ou des chants sur le thĂšme de l’amour comme « Mignonne, allons voir si la rose » de Guillaume Costeley ou « Languir me fais » de Claude de Sermisy
 Fontenaibleau ressuscite enfin grĂące Ă  l’essor nouveau de son rayonnement musical.

 
 
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 Salle de bal – ChĂąteau de Fontainebleau (DR)

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Informations et réservation sur : chùteaudefontainebleau.fr
https://www.chateaudefontainebleau.fr/

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fontainbleau-escalier-chateau-classiquenews-concerts-musiqueProchains concerts : les sam 8 et dim 9 mai 2021 pour le bicentenaire de la mort de NapolĂ©on 1er : Bonaparte et l’Egypte. IsraĂ«l en Egypte de Georg Friedrich Haendel / Lorsque Bonaparte se lance en 1789 dans la campagne d’Égypte, son objectif est de renforcer l’influence de la France ; de faire de l’Égypte une province française. L’entreprise se heurte Ă  la rĂ©sistance militaire de la Grande-Bretagne (Nelson) et finit par Ă©chouer. Mais il reste un engouement pour l’Egypte jamais dĂ©menti depuis
 L’oratorio pour chƓur « IsraĂ«l en Égypte » d’Haendel est antĂ©rieur Ă  cet Ă©pisode mais Ă©voque dans le paysage Ă©gyptien, la fuite du peuple d’IsraĂ«l de sa captivitĂ© en Égypte. Le souffle dramatique de Haendel est complĂ©tĂ© par des textes relatant l’expĂ©dition d’Égypte de NapolĂ©on.

 
 
 

FONTAINEBLEAU : Festival Fresques Musicales 2016

fontainebleau fresques musicales aout 2016 presentation review compte rendu classiquenews selection evenement classiquenewsFONTAINEBLEAU, ChĂąteau. Festival Fresques musicales, les 27 et 28 aoĂ»t 2016 : le goĂ»t de Louis XV. Le concept qui fusionne Ă©troitement beautĂ© patrimoniale et concerts de musique classique rĂ©alise un bel accomplissement, bien qu’encore jeune (crĂ©Ă© en 2015) dans les lieux le plus spectaculaires du chĂąteau de Fontainebleau (Seine et Marne). En particulier accueillie dans la Chapelle et la Salle de Bal, Ă©difiĂ©es sous Henri II, dans le pur style Renaissance, la programmation sur 2 journĂ©es entend ressusciter ce goĂ»t musical spĂ©cifique des souverains français pour la musique dans leur chĂąteau
 rĂ©sidence de chasse certes, rĂ©fĂ©rence explicite au raffinement italien, mais aussi cĂ©lĂ©bration en musique des Ă©vĂ©nements dynastiques.

 
 

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Festival estival 2016 à Fontainebleau

Le goût de Louis XV

 

En 2016, le festival Fresques musicales (rĂ©fĂ©rence au dĂ©cor de la Salle de Bal, par Le Primatice et Niccolo dell ‘Abbate, – stucs de Scibec de Carpi, vĂ©ritable Sixtine Ă  la française) Ă©voque cet Ă©tĂ©, le goĂ»t de Louis XV, l’esprit et l’esthĂ©tique du XVIIIĂšme siĂšcle, ceux des LumiĂšres car Fontainebleau fut aussi sa rĂ©sidence prĂ©fĂ©rĂ©e. Le temps du dernier week end du mois d’aoĂ»t, samedi 27 et dimanche 28 aoĂ»t prochains, les Fresques musicales proposent 7 programmes inĂ©dits, respectueux de la thĂ©matique 2016, dont (nos 5 coups de coeur) :

 

 

 

Nos 5 coups de coeur

 

1- Une Ă©vocation des Reines et Favorites du Roi (oeuvres de Blamont, Destouches, Francoeur et Rebel, Rousseau
 Les Ombres — Salle de Bal, le 27 aoĂ»t, 15h15, durĂ©e: 1h)

2- La mort du Dauphin/Stabat Mater (crĂ©ation) par le Concert de La Loge et Julien Chauvin (violon et direction), Ɠuvres de Haendel et Boccherini — Chapelle de TrinitĂ©, le 27 aoĂ»t, 16h45 (durĂ©e : 1h)

3- LumiĂšre, rĂ©cital du pianiste Francesco Tristano, musique classique et Ă©lectronique / Carte blanche — Salle de Bal, le 27 aoĂ»t Ă  20h30 (durĂ©e : 1h15mn)

4- Une JournĂ©e avec Louis XV Ă  Fontainebleau : rĂ©cital de la claveciniste CĂ©line Frisch (Couperin, Rameau, Royer, Daquin
) — Chapelle de la TrinitĂ©, le 28 aoĂ»t Ă  16h45

5- Amour et Ferveur au temps des LumiĂšres : Campra, Teleman, Forqueray, Rameau et Gluck par le Ricercar Consort, Philippe Pierlot — Chapelle de la TrinitĂ©, dimanche 28 aoĂ»t 2016, 18h15

 

 

 

Tous les concerts durent 1h et ont lieu dans les sites emblématiques de la musique à Fontainebleau : Salle de Bal, Chapelle de La Trinité. Visites conférences, animations vous attendent aussi au moment de votre séjour à Fontainebleau

Programmation complÚte, réservations, renseignements pratiques sur le site du chùteau de Fontainbelau
http://www.chateaudefontainebleau.fr/LES-FRESQUES-MUSICALES-DE,1266

 

 

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TARIFS :
RĂ©servation en ligne en cliquant : http://chateaudefontainebleau.tickeasy.com/fr-FR/accueil
Plein tarif : 25€ Tarif rĂ©duit (de 12 Ă  25 ans) : 15 € ; 7€ pour les moins de 12 ans.
Pass journĂ©e 3 concerts : 60 € (Disponible uniquement en caisse)
Les billets des concerts donnent accĂšs au chĂąteau

Festival Fresques Musicales, les 27 et 28 août 2016
ChĂąteau de Fontainebleau
Place Charles-de-Gaulle
77300 Fontainebleau
Tel : 01 60 71 50 70

 

 

 

Fresques musicales Ă  Fontainbleau

fontainebleau fresques musiclaes presentation review compte rendu critique classiquenews 2015 Affiche-Fresques-musicales-362x513Fontainebleau, Fresques Musicales, samedi 29 aoĂ»t 2015, de 14h Ă  22h, 1Ăšre Ă©dition au ChĂąteau de Fontainebleau. Sur le modĂšle de Versailles, le chĂąteau de Fontainebleau fait retentir comme jamais la musique dans ses salles historiques. Le chĂąteau bĂąti par François Ier, prend prĂ©texte de l’actualitĂ© François Ier en 2015 (cĂ©lĂ©bration de la victoire de Marignan et accession au trĂŽne du jeune souverain conquĂ©rant) pour inaugurer dans la Chapelle et dans la salle de Bal, un cycle de programmation musicale en continu de 14h Ă  22h, soit quatre ensemble de musique de la Renaissance, une occasion rare de vivre la musique dans l’Ă©crin des salles historiques oĂč s’affirment le goĂ»t et la personnalitĂ© des souverains qui pendant 8 siĂšcles, ont fait de Fontainebleau, l’un des chĂąteaux royaux les plus impressionnants de France. Concerts, confĂ©rence (17h), visites (11h puis 15h45), ateliers polyphoniques, et animations jeune public s’offrent aux visiteurs le temps de cette journĂ©e exceptionnelle (samedi 29 aoĂ»t 2015, de 14h Ă  22h). A ne pas manquer le concert en crĂ©ation de l’Ensemble Jannequin dirigĂ© par Dominique Visse, Ă  20h30, dĂ©diĂ© Ă  la figure du roi François guerrier, conquĂ©rant volontaire, acteur malheureux des guerres d’Italie. LIRE aussi notre dossier spĂ©cial Les musiques de François Ier en 2015, tournĂ©e et disque de l’ensemble Doulce MĂ©moire (Denis Raisin Dadre, direction).

 

 

La musique à Fontainebleau2015 : l'année François Ier par Doulce Mémoire
Le rÚgne de François Ier
Samedi 29 août 2015 de 14h à 22h
Chapelle de la Trinité et salle de Bal

Merci de prendre en compte un temps de parcours d’environ 10 minutes pour accĂ©der au lieu de rendez-vous quelques minutes avant le dĂ©but de la reprĂ©sentation

Plein tarif : 25€
Tarif rĂ©duit : 15 €
Tarif « enfants » : 7 €
Pass « 3 concerts » : 60 € Non disponible Ă  la vente sur Internet – Vente directement Ă  l’office de tourisme de Fontainebleau. 4 rue Royale 77 303 Fontainebleau cedex – 01 60 74 99 99

Les billets des concerts donnent accĂšs au chĂąteau le 29 aĂŽut 2015
RĂ©servez ici
ATTENTION : la salle de Bal Ă©tant situĂ©e Ă  15 minutes Ă  pied des espaces d’accueil du chĂąteau, il est important de vous prĂ©senter 15 minutes avant le dĂ©but du concert.

Toutes les infos et les modalitĂ©s pratiques d’accĂšs et de rĂ©servation sur le site du chĂąteau de Fontainebleau

 

 

 

programme musical
Quatre ensembles se succÚdent, de 14h à 22h, dans la chapelle de la Trinité et la salle de Bal du chùteau.

14h
Le roi galant et le roi mĂ©cĂšne – RĂȘver d’amour et d’Italie
Salle de Bal – 14h
Durée : 1 heure
La Main Harmonique (direction FrĂ©dĂ©ric BĂ©tous) 7 voix et luth Madrigaux, chansons et mĂ©lodies amoureuses de la Renaissance – Rore, Willaert, Palestrina, Certon, Sandrin, Sermisy, de Rippe, da Milano


15h45
Le roi conquĂ©rant – François Ier et Charles Quint
Salle de Bal – 15h45
Durée : 1 heure
Ensemble ClĂ©ment Janequin (direction Dominique Visse) 5 voix, orgue et Ă©pinette Concert accessible au jeune public Ă  partir de 10 ans Mise en perspective des chefs-d’Ɠuvre profanes des compositeurs les plus populaires des cours de France et d’Espagne – Janequin, Josquin, Flecha, Vasquez


18h30
Le roi chrĂ©tien – La RĂ©forme musicale
Chapelle de la TrinitĂ© – 18h30
Durée : 1 heure
Ensemble William Byrd (direction Graham O’Reilly) 6 voix, harpe et orgue FlorilĂšge d’Ɠuvres sacrĂ©es de la RĂ©forme calviniste et anglicane – Goudimel, Le Jeune, L’Estocart, Lassus, Taverner, Tallis, Byrd


20h30 : création mondiale
Le roi chevalier – François Ier et les guerres d’Italie, de la victoire de Marignan Ă  la dĂ©faite de Pavie (CREATION)
Chapelle de la TrinitĂ© – 20h30
Durée : 1 heure 15
Ensemble ClĂ©ment Janequin (direction Dominique Visse) / Les Sacqueboutiers (direction Jean-Pierre Canihac et Daniel Lassalle). 5 voix, cornet Ă  bouquin, chalemie, sacqueboute, doulciane et orgue. Chronique musicale constituĂ©e des Ɠuvres inspirĂ©es par deux des plus cĂ©lĂšbres batailles d’Italie aux maĂźtres de la polyphonie – Josquin Desprez, Mouton, Janequin, Festa, Gombert

« L’intelligence de la musicalitĂ©, la beautĂ© sous bien des formes et la spiritualitĂ© sensible se sont donnĂ© rendez-vous. » – Classiquenews

 

 

 

les plus

conférence à 17h : La part de légende dans le souvenir de François I
Salle de bal – 17h
Didier Le Fur, historien
AccĂšs sur prĂ©sentation d’un billet de concert dans la limite des places disponibles.

visites guidées à 11h et 15h15

 

 

LIRE AUSSI notre dossier spĂ©cial Les musiques de François Ier en 2015, tournĂ©e et disque de l’ensemble Doulce MĂ©moire (Denis Raisin Dadre, direction).

francois-Ier-clouet-1515-2015-doulce-memoireDoulce MĂ©moire fĂȘte le centenaire de l’avĂšnement de François Ier. 1515-2015 : François Ier en majestĂ© par Doulce mĂ©moire. En 2015, centenaire de l’annĂ©e oĂč le Souverain portraiturĂ© par Clouet prend ses fonctions (Ă  21 ans), l’ensemble fondĂ© par Denis Raisin Dadre fĂȘte le roi de France François Ier, figure marquante de la Renaissance europĂ©enne : il est sacrĂ© Ă  Reims le 25 janvier 1515 et rĂšgnera 32 ans. La victoire de Marignan obtenue dĂšs le dĂ©but de son rĂšgne lui apporte l’autoritĂ© et le prestige qui en fait l’égal des plus grands : Charles Quint et Henry VIII. Du haut de ses 2 m, François Ier a le goĂ»t du faste, de la solennitĂ© : sous son rĂšgne, la France devient un Ă©tat puissant et artistiquement mĂ»r, c’est Ă  dire Ă©mancipĂ© du modĂšle italien. La Renaissance française gagne ses lettres de noblesses : les chĂąteaux du Val de Loire en tĂ©moignent aujourd’hui. François Ier n’a pas qu’imposĂ© sa puissance et l’image forte de l’état français, il a su cultiver un art de vivre et un esthĂ©tisme original qui favorise l’art et la culture français. Fontainebleau et Chambord sont ses chefs d’Ɠuvre (sans omettre la transformation du Louvre Ă  Paris), Leonard de Vinci devient son ami et la collection des peintures de François Ier du gĂ©nie italien, constitue le noyau des collections nationales de peinture (aujourd’hui au MusĂ©e du Louvre). Roi bĂątisseur et bon vivant, voyageur, esthĂšte, François Ier est une personnalitĂ© fascinante.  On lui doit le dĂ©pĂŽt lĂ©gal des livre, l’état civil, l’usage gĂ©nĂ©ralisĂ© du français
 Pour cĂ©lĂ©brer ce patron des arts, vrai modĂšle en ce sens avant Louis XIV, les musiciens de Doulce MĂ©moire sont d’autant plus lĂ©gitimes qu’ils se sont spĂ©cialisĂ©s dans l’interprĂ©tation de la musique Ă  l’époque de François Ier dont il porte le nom d’une chanson : Doulce MĂ©moire. Trois productions nouvelles sont Ă  l’affiche d’une annĂ©e riche en dĂ©couvertes et accomplissements pour le collectif qui a soufflĂ© ses 25 ans en 2014 : Magnificences Ă  la Cour de François Ier (associant musique et danseurs), et deux concerts de musique profane : Musiques pour la Chambre de François Ier, Musiques pour le Chambre et l’Ecurie de François Ier (VOIR notre reportage vidĂ©o Ă  l’occasion des 25 ans de Doulce MĂ©moire). C’est l’occasion pour l’ensemble Doulce MĂ©moire de rĂ©aliser une vaste tournĂ©e internationale qui met en avant le raffinement et l’élĂ©gance de la Cour de France sous le rĂšgne de François Ier.

 

francois-Ier-clouet-1515-2015-doulce-memoireCD. Lire aussi notre critique compte rendu complet du livre cd François Ier, musiques d’un rĂšgnes par Doulce MĂ©moire et Denis Raisin Dadre (“Vertiges anglais, solennitĂ© suaves des Français / Divins meslanges profanes de Serton”), CLIC de classiquenews d’avril 2015