Elizabeth Sombart joue les 2 Concertos pour piano de Chopin

SOMBART_NB_260_clavier_elisabeth_sombartParis, salle Cortot. Récital Chopin. Elizabeth Sombart, le 15 novembre 2015, 17h30. Pianiste engagée, soucieuse de transmettre et de rendre accessible au plus grand nombre, la musique classique, Elizabeth Sombart aborde à Paris, un compositeur qu’elle sert avec passion et profondeur, Frédéric Chopin.  Etre légendaire, d’une tendresse mozartienne qui ouvrit des perspectives inédites, crépusculaires et intimes, alors à l’époque où Liszt enflammait par son brio virtuose voire pétaradant, les audiences européennes, Chopin a néanmoins traité la forme concertante d’une virtuosité cependant introspective et même passionnée. En témoignent ses deux Concertos de jeunesse, composés en Pologne avant sa départ pour Vienne et la France. D’une subtilité allusive dont elle a le secret, la pianiste Elizabeth Sombart, créatrice de la Fondation Résonance depuis 1998, ne cesse de s’impliquer dans l’explicitation généreuse et limpide du pianisme chopinien. Concentré et inspiré, son jeu témoigne d’une quête permanente, exigente et sincère, que stimule une sensibilité étonnante aux champs intérieurs. Son Chopin toujours fraternel et hypnotique ne laisse pas de nous captiver. Le 15 novembre, l’interprète s’intéresse à nous offrir sa propre version des deux Concertos pour piano de Chopin, avec la complicité de musiciens qui partagent avec elle, cet amour du jeu et du don collectif. Concert à Paris, Salle Cortot, incontournable. La version défendue est d’autant plus marquante que jouée dans une transcription pour piano et quatuor à cordes, il s’agit d’en souligner les nuances intimes, la trame délicatement concertante, expressivement plus intense et caractérisée en format “réduit”.

 

 

 

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Le Concerto pour piano n°1 est dédié au prodige Kalkbrenner qui le créée à Varsovie le 11 octobre 1830. Chopin y signe sa dernière offrande encore juvénile mais très inspirée (comme le souligne Ravel contre les détracteurs qui le tiennent pour une maladresse, fruit de l’inexpérience…), avant son départ pour Vienne puis Paris, où ne rejoignant jamais Londres comme il en avait fait le projet, il meurt précocément en 1849 (à l’âge de 30 ans). Plan : Allegro maestoso, Romance (larghetto), Rondo vivace. La Romance centrale est celle qui dévoile déjà le mieux ce qu’est le caractère intime et profond de Chopin : elle annonce ses futurs Nocturnes, inscrits voire ensevelis dans plis et replis d’une vie intérieure secrète mais riche et active.

chopin_frederic portrait chopin classiquenewsLe Concert pour piano n°2 est créé à Varsovie lui aussi mais avant le n°1, c’est à dire le 17 mars 1830 à Varsovie, en hommage à la Comtesse Potocka. Il est plus contrasté voire impétueux que le Concerto n°1. Plan : Maestoso. Larghetto puis Allegro vivace. Le larghetto est en fait une longue cantilène à l’italienne : allusivement dédiée à une femme aimée, Konstanze Gladowska, la pièce suit les méandres d’une douce déclaration amoureuse à peine masquée dont Chopin aime cultiver la ligne suspendue, étirée. Son impact se ressent jusqu’à Schumann et Liszt qui s’en souviendront dans leurs Concertos respectifs (en mi bémol majeur pour le second). Loin d’être ses esquisses maladroites voire inabouties, qu’on a bien voulu écrire et répandre, les deux Concertos polonais de Chopin expriment au plus près, l’âme ardente, éprise du Mozart romantique, né pour faire chanter le piano et exprimer l’indicible de l’âme.
Elizabeth Sombart en révèle à Paris, la tendresse éperdue, juvénile, ardente, dans une version chambriste pour piano et instruments à cordes. D’autant plus passionnante qu’elle est rarement jouée et pourtant mieux révélatrice du tissu émotionnel sous jacent à chaque mouvement.

 

 

 

Concertos de Chopin (version pour quatuor)
Concerto n°1 en mi mineur, op. 11
Concerto n°2 en fa mineur, op. 21

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et le Quatuor Résonance
Fabienne Stadelman, alto
Lucie Bessière, violon
Nathanaëlle Marie, violon
Christophe Beau, violoncelliste

 

 

boutonreservationEn concert à la Salle Cortot
Le 15 novembre 2015 à 17h30
78, rue Cardinet – 75017 Paris
Tarifs: de 16 à 25 euros
Location: 01 43 37 60 71