Concerto pour violoncelle d’Edward ELGAR

ELGAR-edawrd-critique-cd-concert-opera-classiquenews-portrait-focus-classiquenews-edward-elgar-1-1551094201ARTE, Dim 1er mars 2020, 18h55. ELGAR : Concerto pour violoncelle. Daniel MĂŒller-Schott interprĂšte le “Concerto pour violoncelle et orchestre op.85″ d’Edward Elgar (1919)  -  Le violoncelliste Daniel MĂŒller-Schott interprĂšte le Concerto pour violoncelle d’Edward Elgar avec l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, dirigĂ© par le chef d’orchestre britannique sir Mark Elder. Chef-d’Ɠuvre postromantique au XXĂš, la partition compte parmi les Ɠuvres emblĂ©matiques du “premier moderniste anglais”, comme le qualifiait son contemporain Richard Strauss. Nostalgie et douleur de la sĂ©paration s’y expriment puissamment, suivies d’un sursaut combatif, que le violoncelliste fait rĂ©sonner dans toute son Ă©loquente introspection. Aucune complexitĂ© ici mais la vibration d’une profondeur qui sait aussi externaliser avec un style propre au compositeur officiel de lĂšre victorienne. Le concert a lieu dans le musĂ©e Lenbachhaus de Munich : musique et art graphique ; le concert Ă©tait aussi une performance incluant la rĂ©alisation d’un graffiti, Ă©laborĂ© par Daniel MĂŒller-Schott et l’un de ses amis, le street artist Daniel Man.

RĂ©cemment le violoncelliste nouvelle gĂ©nĂ©ration SHEKU a enregistrĂ© pour DECCA, une version trĂšs convaincante du mĂȘme concerto pour violoncelle d’ELGAR, vĂ©ritable pilier du rĂ©pertoire des violoncellistes actuels. LIRE ici notre CD, critique. SHEKU : ELGAR : Concerto pour violoncelle (LSO, Rattle – 1 cd DECCA 2019).
sheku-violoncelle-review-critique-cd-classiquenews-decca-clic-de-classiquenews-ELGAR-london-symph-orchestraLe Concerto d’Elgar (opus 85) est dense, entiĂšrement dĂ©volu au chant solo du violoncelle, ce dĂšs l’Adagio d’ouverture. L’écriture est serrĂ©e, faire valoir de l’expressivitĂ© parfois Ăąpre de l’orchestre ; un peu trop Ă©pais dans la lecture de Rattle avec le LSO (London Symph Orchestra). L’agilitĂ© et la prĂ©cision du soliste exprime son jeu Ă©loquent et habitĂ©, qui contraste souvent avec le bloc, dur et « pompier » de l’orchestre ; distinguons de fait, l’agilitĂ© aĂ©rienne et pleine de subtilitĂ© qui rĂ©vĂšle chez Sheku, un talent pour une volubilitĂ© arachnĂ©enne.

 

 

 

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arte_logo_2013ARTE, Dim 1er mars 2020, 18h55. ELGAR : Concerto pour violoncelle. Daniel MĂŒller-Schott interprĂšte le “Concerto pour violoncelle et orchestre op.85″ d’Edward Elgar (1919)

 

 

 

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VIDÉOS

 

VOIR un extrait du concert « Sir Edward Elgar & Graffiti »
https://www.arte.tv/fr/videos/068381-000-A/sir-edward-elgar-graffiti/

 

 

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PERLE DU NET : Jacqueline Du PrĂ© joue le Concerto pour violoncelle d’ELGAR, sous la direction de son Ă©poux Daniel Barenboim

 

 

 

 

CD, critique. SHEKU : ELGAR : Concerto pour violoncelle (LSO, Rattle – 1 cd DECCA 2019)

sheku-violoncelle-review-critique-cd-classiquenews-decca-clic-de-classiquenews-ELGAR-london-symph-orchestraCD, critique. SHEKU : ELGAR : Concerto pour violoncelle (LSO, Rattle – 1 cd DECCA 2019). DECCA a bien raison de dĂ©velopper un marketing de personnalitĂ©, s’agissant du violoncelliste Sheku (Kanneh-Mason, de son nom en dĂ©veloppĂ©), le concept est direct et immĂ©diatement porteur : SHEKU, cinq lettres qui composent une trĂšs forte individualitĂ© dont on apprĂ©cie le sens de la mesure comme de la finesse. Rattle parle mĂȘme d’un « poĂšte »  on aimerait bue le chef suive ici le soliste sur les ailes nuancĂ©es de la musique
 Car le violoncelliste britannique est bien une sensibilitĂ© affirmĂ©e, au chant intĂ©rieur indiscutable. Cela s’entend d’emblĂ©e Ă  travers les 10 piĂšces de ce programme plutĂŽt variĂ© et consistant, et parfois singuliĂšrement intimes. Le Concerto d’Elgar (opus 85) est dense, entiĂšrement dĂ©volu au chant solo du violoncelle, ce dĂšs l’Adagio d’ouverture. L’écriture est serrĂ©e, faire valoir de l’expressivitĂ© parfois Ăąpre de l’orchestre ; un peu trop Ă©pais dans la lecture de Rattle avec le LSO (London Symph Orchestra). L’agilitĂ© et la prĂ©cision du soliste exprime son jeu Ă©loquent et habitĂ©, qui contraste souvent avec le bloc, dur et « pompier » de l’orchestre ; distinguons de fait, l’agilitĂ© aĂ©rienne et pleine de subtilitĂ© qui rĂ©vĂšle chez Sheku, un talent pour une volubilitĂ© arachnĂ©enne.

Ayant jouĂ© par le royal wedding en 2018 (le mariage de Harry et Meghan), Sheku a gagnĂ© en peu de temps un surcroĂźt de cĂ©lĂ©britĂ©, comme en son temps une certaine soprano australienne Kiri te Kanawa pour le mariage de Lady Diana. Le jeune violoncelliste britannique nĂ© en avril 1999, Ă  peine ĂągĂ© de 20 ans donc, fait montre d’une troublante maturitĂ© qui s’affirme dans la profondeur d’un jeu discret, direct, volubile et trĂšs articulĂ©, sans fard ni effets. Cet Ă©quilibre et cet esprit de la mesure intĂ©riorisĂ©e, ce son enfin, souverain par sa sincĂ©ritĂ©, se dĂ©ploient vĂ©ritablement dans l’Adagio d’Elgar, dont les qualitĂ©s sont mĂ©lodiques et introspectives. Le tact, la pudeur Ă©cartent – trĂšs heureusement -, tout affĂšterie, ailleurs souvent automatique, soulignant chez Elgar sa solennitĂ© plutĂŽt que ses brĂ»lures mĂ©ditatives (dĂ©veloppĂ©es jusqu’à la fin du dernier mouvement Allegro, presque bavard oĂč l’on sent chez le violoncelle l’envie d’en dĂ©coudre sans conclure vraiment). Sheku se montre souple, fin, et presque racĂ©, d’une sonoritĂ© de fait filigranĂ©e, Ă©largie qui semble Ă©tendre et dĂ©tendre le temps avec une clartĂ© dans le geste, captivante.

CLIC D'OR macaron 200L’interprĂšte sait varier son jeu : tout en souplesse, rondeur, vibration, introspection dans la Romance de ce volet majeur Elgar. MĂȘme souplesse et finesse de son vibrato, douĂ© de phrasĂ©s intĂ©rieurs dans Nimrod des Enigma varations d’ELGAR : la pudeur du geste, l’éloquence rentrĂ©e et pourtant trĂšs intense font mouche. Sheku convainc, car Elgar lui va comme un gant sur une main preste.

 

 

 

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VIDEO PEOPLE / SHEKU joue au mariage royal de 2018 (Harry & Meghan) :

 

 

 

Commentaire : The footage was taken from St George’s Chapel, Windsor for the wedding of the Duke and Duchess of Sussex. Sheku Kanneh-Mason performs von Paradis’ ‘Sicilienne in E Flat Major’, FaurĂ©’s ‘AprĂšs Un RĂȘve’ and Schubert’s ‘Ave Maria’.

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VIDEO

 

 

 

Music video by Sheku Kanneh-Mason performing Traditional: Blow The Wind Southerly (Arr. Kanneh-Mason). © 2020 Decca Music Group Limited

 

 

 

 

Marc Coppey joue le Concerto pour violoncelle de Schumann au TAP Poitiers

schumann_2441248bPoitiers, TAP. Concert symphonique : Mendelssohn, Beethoven. Mardi 25 novembre 2014, 19h30.  AprĂšs l’Orchestre national de Bordeaux Aquitaine (programme Rachmaninov du 16 novembre 2014), voici un nouveau jalon symphonique lui aussi de la saison musicale 2014-2015 au TAP de Poitiers : place Ă  l’orchestre en rĂ©sidence in Loco : Orchestre Poitou-Charentes sous la direction de son chef et directeur musical, Jean-François Heisser. Programme romantique s’il en est comptant Mendelssohn, Schumann et Beethoven dont l’admirable Concerto pour violoncelle de Schumann opus 129. Le Songe d’une nuit d’étĂ© de Shakespeare a suscitĂ© au moins trois chefs-d’Ɠuvre de nature diffĂ©rente. La Fairy Queen de Purcell et l’opĂ©ra de Benjamin Britten, Ă©crits des siĂšcles plus tard, durent s’adapter aux conventions dramatiques de leurs Ă©poques respectives. Mendelssohn Ă©crivit, lui, une musique de scĂšne pour Ă©mailler la piĂšce de moments absolument fĂ©Ă©riques. ComposĂ© Ă  peine plus tard, le Concerto pour violoncelle de Schumann est une Ɠuvre tourmentĂ©e, passionnĂ©e, dont Marc Coppey a souvent dĂ©fendu les sombres mĂ©andres. Avec la 7e Symphonie, voici un Beethoven rayonnant et optimiste. L’énergie qui dĂ©borde de cette piĂšce ne se laisse jamais freiner, pas mĂȘme par le cĂ©lĂ©brissime Allegretto du deuxiĂšme mouvement. Pour la crĂ©ation en 1813, Beethoven Ă©tait Ă  la baguette et parmi les musiciens de l’orchestre figuraient les compositeurs Meyerbeer, Salieri, Hummel et Spohr !

 

 

Concerto pour violoncelle de Schumann

LIVRES. Nouvel essai biographique sur Robert SchumannA l’invitation de l’Orchestre Poitou Charentes et du TAP, le soliste Marc Coppey joue le Concerto pour violoncelle de Schumann. Le Concerto en la mineur est composĂ© en octobre 1850, juste avant la Symphonie n°3 RhĂ©nane, dans une sĂ©quence d’exaltation et de pleine conscience dont le destin gratifia cependant Schumann (alors ĂągĂ© de 40 ans) pourtant trĂšs affectĂ© par des crises psychiques Ă  rĂ©pĂ©tition. Les 3 parties du Concerto se succĂšdent sans pause aucune, en une continuitĂ© organique exaltante : l’ivresse qui porte le dĂ©veloppement du premier mouvement Allegro alterne sĂ©rĂ©nitĂ© et Ă©nergie syncopĂ©e ; puis c’est la pleine introspection distanciĂ©e mais tendre et sincĂšre de l’adagio indiquĂ© langsam, construit comme un lied (cantabile ample du violoncelle). Le Finale, Vivace synthĂ©tise la construction globale du doute et de l’ombre vers l’éblouissante lumiĂšre, du rĂ© mineur au la mineur. Jamais Schumann ne fut aussi franc dans cette oeuvre irrĂ©sistible qui porte en elle la clĂ© de sa nature double, frappĂ© par l’humoresque spĂ©cifiquement germanique et la tragĂ©die lentement destructrice car il est rongĂ© de l’intĂ©rieur par un mal qui l’emportera en 1856 : optimisme Ă  tout craint mais aussi sa face tĂ©nĂ©breuse, aspiration Ă  la mort et anĂ©antissement irrĂ©versible.

 

 

 

CONCERT au TAP de Poitiers

Mendelssohn, Schumann, Beethoven
Orchestre Poitou-Charentes
Jean-François Heisser, direction
Marc Coppey, violoncelle

> Felix Mendelssohn : Le Songe d’une nuit d’étĂ© (Extraits)

> Robert Schumann : Concerto pour violoncelle en la mineur op. 129

> Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 7 en la majeur op. 92