CD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon).

ABBADO claudio rediscovered schubert 5 et 8 symphonies par classiquenews cd review critique cd classiquenewsCD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voici un live de 1971 enregistrĂ© sur le vif par Claudio Abbado, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie symphonique du jeune SCHUBERT, beethovĂ©nien et surtout mozartien dans l’ñme
 Ce sont moins les deux mouvements de la Symphonie n°8 inachevĂ©e, grandiose, sombre et parfois emplombĂ©e mais avec une sĂ©duction incroyable, que la sublime symphonie n°5 Ă  laquelle Abbado en 1971 Ă  Vienne, restitue son incroyable Ă©lĂ©gance mozartienne, ce dĂšs le premier mouvement « Allegro », oĂč rayonnent la tendresse, la grĂące, une vitalitĂ© presque pastorale qui contraste Ă©videmment avec la sidĂ©ration lugubre de la 8Ăš, en son diptyque en si mineur inabouti.
VoilĂ  qui Ă©claire la participation de Franz – ailleurs relĂ©guĂ© aux seuls lieder et Ă  la musique pour piano et pour quatuor, au genre ambitieux par excellence, l’orchestre. D’aprĂšs les sources, Schubert composa ses opus symphoniques dĂšs 15 ans, l’adolescent occupant la fonction de premier violon au sein de l’orchestre universitaire du Stadtkonvikt de Vienne, livrant ses propres opus pour enrichir le rĂ©pertoire du collectif. Cette 5Ăš Ă©blouit par ses accents par le prolongement qu’il sait apporter Ă  Mozart (amour fraternel du 2Ăš mouvement Andante con moto, dans l’esprit de la FlĂ»te enchantĂ©e) et Ă  Haydn, jalon dĂ©sormais majeur de cette Ă©lĂ©gance viennoise qui mĂšne vers Schumann. C’est dire combien cette lecture abbadienne est avec le temps et le recul, vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation, par sa justesse artistique et le focus qui rĂ©vĂšle en pleine lumiĂšre, un opus symphonique essentiel pour le romantisme germanique.
CLIC_macaron_20dec13Le chef d’oeuvre de 1816, tient du gĂ©nie mozartien (sans les clarinettes cependant), et dans un effectif caressant, Ă  la sonoritĂ© fraternelle (sans timbales ni trompettes). La transparence sonore, et la grande Ă©lasticitĂ© de la palette instrumentale, parfaitement dĂ©taillĂ©e, comme le sens de l’architecture globale attestent de la maĂźtrise incroyable de Claudio Abbado, en pleine complicitĂ© avec les musiciens des Wiener Philharmoniker.
L’élĂ©gance expressive du Menuetto, Ă  la fois vif et souple convainc tout autant. Sa parentĂ© avec la Symphonie en sol de Mozart saisit lĂ  encore : Mozart / Schubert, qui aurait cru Ă  leur filiation ? C’est pourtant ce que nous apprend un Abaddo inspirĂ©, d’un humanisme direct, franc, d’une absolue douceur profonde. Ce Schubert sonne comme un Mozart romantisĂ©. Et si la 5Ăš de Schubert Ă©tait tout bonnement la 42Ăš symphonie de Wolfgang ?
Qui depuis le chef italien a compris et mesurĂ© cette maĂźtrise et cette sincĂ©ritĂ© de la pĂąte symphonique d’un Schubert adolescent saisi, portĂ©, transfigurĂ© par la grĂące ? CD superlatif, un modĂšle et l’un des meilleurs accomplissement d’Abbado avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

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CD critique. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Parution : le 16 novembre 2018 / RĂ©f. DG 1 cd 0289 483 5620 1 – CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

CD, critique compte rendu. Schubert : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011)

abbado-schubert-the-great-la-grande-symphony-9-cd-critique-compte-rendu-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-juin-2015CD, critique compte rendu. Schuebrt : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011). AprĂšs une Symphonie n°9 de Bruckner (Lucerne, 2013) sublime par ses Ă©lans et vertiges spirituels malgrĂ© la massivitĂ© de l’effectif, Ă©galement Ă©ditĂ©e par Deutsche Grammophon (CLIC de classiquenews de juillet 2014), voici une autre gravure de septembre 2011 Ă  Bologne oĂč le maestro avait depuis 2004 fondĂ© l’Orchestre Mozart, famille d’instrumentistes mĂȘlant talents chevronnĂ©s et jeunes apprentis dĂ©jĂ  trĂšs expĂ©rimentĂ©s : de cette Ă©quipe Ă  double profil, si complĂ©mentaire (les vertus de la transmission transgĂ©nĂ©rationnelle), Abbado fait une Ă©quipe lumineuse animĂ©e par une cohĂ©rence exceptionnelle, d’une Ă©nergie mesurĂ©e et nuancĂ©e qui fait littĂ©ralement merveille dans une vision attendrie, palpitante, instrumentalement et architecturalement … totalement superlative : malgrĂ© l’ampleur lĂ  aussi de l’orchestre, Abbado sait distiller une claire Ă©lectricitĂ© des cordes, ce fruitĂ© langoureux et nostalgique, sachant constamment balancer entre Ă©nergie, noblesse, gravitĂ© et dĂ©tachement tendre, voire jaillissement poĂ©tique entre le rĂȘve inespĂ©rĂ© et l’innocence recouvrĂ© (par la voix de la clarinette et du hautbois dans l’Andante con moto.

 

 

 

En septembre 2011 Ă  Bologne, Claudio Ababdo retrouve son Orchestra Mozart

Le Schubert Ă©tincelant du dernier Abbado

 

 

Le chef (qui devait s’Ă©teindre 3 annĂ©es aprĂšs ce concert le 20 janvier 2014 des suites d’un cancer) apporte sa profonde connaissance du massif symphonique composĂ© par Schubert entre 1825, et qui rĂ©alise un chef d’oeuvre dans l’art du romantisme symphonique immĂ©diatement aprĂšs Beethoven. L’urgence qu’il imprime au dernier mouvement, allegro, se fait danse subtilement mesurĂ©e, avec un soin pour les dĂ©tails dans la combinaison des timbres, une intelligence de la clartĂ© et de la transparence entre les pupitres qui s’avĂšrent bĂ©nĂ©fiques. Le feu jamais Ă©pais, son Ă©nergie d’un raffinement inouĂŻ, font les dĂ©lices de cette rĂ©alisation de surcroĂźt un live oĂč c’est le geste complice, amoureux, et si perfectionniste du chef qui rayonne aprĂšs sa mort. L’Ɠuvre est un poncif dans son catalogue : il l’a abordĂ© tĂŽt dans sa carriĂšre, dĂšs 1966 Ă  La Haye, et affinitĂ© secrĂšte et continuelle avec Franz, le jeune Claudio avait remportĂ© le Concours Koussevitsky (le grand chef crĂ©ateur et dĂ©fenseur des Symphonies de Sibelius) en 1958 avec une autre Symphonie schubertienne, la troublante et Ă©nigmatique “InachevĂ©e”. Ici, avec la mĂȘme finesse poĂ©tique, Abbado dĂ©voile dans une version complĂšte comprenant toutes les reprises (soit un peu plus d’une heure en durĂ©e), la versatilitĂ© structurelle de Schubert entre l’allant inextinguible et le recul introspectif, d’une tendresse infinie. L’Ă©cart aurait paru acrobatique ailleurs : ici il est gĂ©nĂ©rateur d’accomplissement et de jaillissement constant. Une fĂȘte savoureuse, des timbres en accord, un chef au sommet de la connivence. Magistral. CLIC de classiquenews.

 

 

CD, critique compte rendu. Schuebrt : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011 – RĂ©f.: 00289 479 4652).