CD, coffret événement. BERLIOZ Enregistrements inoubliables / unforgettable recordings : Monteux, Münch, Beecham, Scherchen, Martinon… (11 cd CASCAVELLE)

BERLIOZ-cascavelle-enregistrements-inoubliables-unforgettable-recordings-munch-monteux-cluytens-cd-11-cd-critique-classiquenewsCD, coffret événement. BERLIOZ Enregistrements inoubliables / unforgettable recordings : Monteux, Münch, Beecham, Scherchen, Martinon… (11 cd CASCAVELLE). Sortie fin mai 2019 sous le label Cascavelle, la compilation regroupe plusieurs incontournables de l’enregistrement berliozien, en un coffret indispensable pour l’année BERLIOZ 2019. Y figurent les gestes mémorables de grands chefs berlioziens : Pierre Monteux et Charles Münch, complétés par les lectures de André Cluytens, Hermann Scherchen, Karajan (Invitation à la valse : Weber / Berlioz).

Au cÅ“ur de la sélection de bandes, le travail du chef Charles Münch, alors directeur musical du Boston Symphony orchestra dès 1949, et jusqu’en 1962. L’œuvre du pionnier, « osant » graver les grandes pages symphoniques et vocales de Berlioz (Requiem, Damnation de Faust, Harold en Italie, etc..) s’y précise. Fleuron de ses Å“uvres fétiches, la Symphonie Fantastique qu’il joue et enregistre en 1967, quand il crée l’Orchestre de Paris. Le coffret Cascavelle présente la version de la Fantastique enregistrée en concert à Tokyo, en 1960 (à comparer évidemment avec l’urgence de la version Monteux de deux années postérieure (lire ci après, Live Vienne 1962). Autre indispensable du coffret : Roméo et Juliette, électriques, en un live Radio France avec l’Orchestre National dont il est chef principal dès 1962 (avec la soprano grecque Irma Kolassi).

Avant Munch, Pierre Monteux est l’autre grand berliozien du XXè, précurseur des britanniques tels Davis et Gardiner). Créateur légendaire du Sacre du Printemps de Stravinsky en 1913 (TCE), Monteux affirme un nerf tout autant précis et galvanisant que Munch chez Berlioz. Fervent militant de la cause berliozienne, comprenant l’ampleur et les audaces inouïes de l’écriture symphonique, il crée en 1910 l’Orchestre Berlioz au Casino de Paris ; puis en 1930, pilotant l’Orchestre Symphonique de Paris il grave sa première version de la Symphonie Fantastique. Cascavelle réédite une lecture plus récente en concert à Vienne en 1962 à la tête de l’Orchestre de Concertgebouw d’ Amsterdam – orchestre dirigé dès 1924 et dont il devient co-directeur avec Mengelberg.
Chef symphonique, Monteux reste un immense chef lyrique, comme le souligne l’enregistrement de 1962 (Londres), pilotant le LSO London Symphony Orchestra, dans La Damnation de Faust avec l’inoubliable soprano française, à l’articulation exemplaire Régine Crespin (en Marguerite).

CLIC D'OR macaron 200A écouter également, l’Enfance du Christ par Cluytens ; les lectures de Thomas Beecham et le Royal Philharmonic Orchestra (Harold en Italie avec Primrose ; Te Deum) ; de Scherchen (Requiem avec Giraudeau, extraits des Troyens à Carthage)… Sans omettre parmi les ouvertures ici sélectionnées, le geste non moins essentiel chez Berlioz d’un autre français incontournable : Jean Martinon. Coffret événement. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrée 2019.

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CD, coffret événement. BERLIOZ Enregistrements inoubliables / unforgettable recordings : Monteux, Münch, Beecham, Scherchen, Martinon… (11 cd CASCAVELLE).

CD, coffret : Un siècle de musique française (25 cd Sony classical)

un siecle de musique francaise berlioz saint saens sony classical 25 cd coffret review preview account of critique cd CLASSIQUENEWSCD, coffret, compte rendu critique : Un siècle de musique française (25 cd Sony classical). Sony classical réédite sous une thématique déjà passionnante plusieurs de ses bandes magiques… Attention bain de symphonisme français romantique et moderne : soit un condensé d’histoire musicale française en 10 cd, chacun dédié à un compositeur majeur, plus un recueil triple thématisé “escales symphoniques” : Berlioz, Saint-Saëns, Fauré, Debussy, Ravel, Poulenc (maître de la musique par Eric Lesage et partenaires), Satie (le seul ici à offrir son legs non orchestral mais pianistique sous les doigts de Philippe Entremont, Daniel Varsano, Gaby et Robert Casadesus…), Dutilleux, Boulez, Messiaen (Turangalila Symphonie par Y. Loriod et Seiji Ozawa). L’attrait du coffret de 25 cd rétablit de puissantes personnalités servies par des chefs de première qualité par leur engagement et leur somptueuse sensibilité, chacun dans le répertoire qu’il aima défendre : Munch, Ozawa, Boulez, Hans Graf (chez Dutilleux)… les baguettes sont prestigieuses et leur écoute confirme de saisissantes compréhensions de la musique française.

Munch-Charles-8Ici règne la nervosité orfèvre de Charles Munch, directeur musical du Boston Symphony (1949-192), ici d’une vivacité fauve et d’une motricité analytique irrésistible, capable de fièvre et d’incandescente folie : remarquable interprète de la musique française romantique (ses Berlioz – premier cd de la collection, sa Fantastique, si chère à son cÅ“ur, devient transe époustouflante de tension incisive), mais aussi du premier XXè : Milhaud, Honegger, surtout l’ivresse échevelée, organique et sensuelle de son Roussel (Suite 2 de Bacchus et Ariane, un coup d’essai captivant hélas trop court : que n’a t il enregistré l’intégrale du ballet!), sans omettre des incontournables, au chapitre romantisme français dont la trop rare Symphonie sur un chant montagnar de D’Indy, Escales d’Ibert, la Symphonie n°3 avec orgue de Saint-Saëns, et L’Apprenti sorcier de Dukas…

Pierre_BoulezDEBUSSY et RAVEL bouléziens, de référence. C’est aussi un fabuleux legs Pierre Boulez comme chef, interprète génial autant analytique que précis et dramatique, avec également des orchestres américains : New York Philharmonic et surtout Cleveland orchestra pour deux recueils, joyaux incontournables :  Ravel, Debussy (3 cd pour chacun) dont les Å“uvres essentielles sont ainsi révélées sous un filtre d’une exigence sonore irrésistible (Attention le coffret ne comprend pas, hélas, l’intégrale du ballet Daphnis et Chloé de Ravel mais heureusement Shéhérazade, Rapsodie Espagnole, Valses nobles et sentimentales, Ma mère l’Oye, Alborada del Gracioso, les Concertos pour la main gauche et en sol majeur par Philippe Entremont, piano,… sans omettre l’excellent Quatuor par les Juilliard). Vous l’aurez compris, nous tenons là la quasi intégrale du Ravel symphonique par Boulez. C’est dire.

Même ivresse “intellectuelle”, la maîtrise est de mise sous la baguette boulézienne-, mais quelle transparence millimétrée chez Debussy : Dans Prélude à l’après-midi d’un faune, l’enchantement s’invite ; Jeux est une extase façonnée telle un scintillement permanent, un miroitement à la fois introspectif et aérien ; Images pour orchestre affirme la précision analytique d’un chef qui conçoit tout en une succession organiquement enchaînée d’admirables séquences instrumentales d’un fini époustouflant (ivresse lascive d’Ibéria).Chaque épisode comme chez Ravel cultivant son propre univers. Les Danses sont des rituels d’une exquise nostalgie. Ces 2 coffrets Debussy et Ravel sont incontournables.

Ailleurs, l’amateur de raretés comme de plénitude orchestrale, à la française trouvera son compte dans les volumes : celui sur Saint-Saëns comporte ainsi les trois Concertos pour piano 2,4 et 5 (l’Egyptien), avec Philippe Entremont sous la direction de Michel Plasson. Tout autant intéressant le triple volume dédié à Fauré, comprenant en particulier le Requiem par Ozawa (Boston Symphony, Barbara Bonney, Hakan Hagegard, et le choeur du Festival de Tanglewood)…

La présence du violoncelliste Jean-Guilhen Queyras pour Tout un monde lointain fait la haute valeur du volume simple dédié à Dutilleux ; et coupe étant appréciée quand elle est dosée, le recueil dévolu au compositeur Pierre Boulez, – 1 seul cd, regroupe Le Marteau sans maître avec Yvonne Minton (au français bien peu intelligible sous la direction de Diego Masson), et plus intéressant, Livre pour cordes par Boulez le chef.

Notons l’habile programmation du triple volume intitulé “Escales symphoniques françaises” qui révèle sous le feu vif argent et d’une fantaisie jubilatoire de Charles Munch, l’éclectisme de la Symphonie sur un chant montagnard de D’Indy (25mn d’écriture concertante où le piano discute avec l’orchestre en une forme libre entre Concerto et Symphonie), sans omettre le Rouet d’Omphale de Saint-Saëns, superbe poème symphonique d’une pensée libre et fluide (précédé par le poème symphonique pour chÅ“ur et soprano La nuit, où le diamant un rien précieux de la jeune Natalie Dessay dialogue avec la flûte… Orchestre nat. d’ÃŽle de France, Jacques Mercier).

CLIC_macaron_2014Le coffret forme un cycle incontournable pour amoureux de musique symphonique et concertante française, de Berlioz à Boulez et Messiaen. Par sa diversité, l’intelligence et la cohérence des volumes réunis par compositeur ou thème, la figure d’excellents chefs – de Munch à Boulez, Ozawa et Ormandy (Danse macabre de Saint-Saëns), sans omettre les pianistes Philippe Entremont (Ravel, Saint-Saëns), Michel Dalberto (Debussy), JM Luisada (Fauré)… , l’édition Sony classical constitue une excellente entrée en matière ou l’enrichissement d’un fonds déjà existant. 25 cd à posséder en urgence pour étayer sa discographie de base, au registre musique française. Le volume Poulenc vient astucieusement compléter la collection en regroupant les fondamentaux de sa musique de chambre (Sonates, Concertos où s’affirme le tempérament en affinité du pianiste Eric Lesage et ses nombreux partenaires)…  Seule réserve : l’éditeur omet de mentionner pour chaque bande la date d’enregistrement, nous privant une juste appréciation de l’époque concernée et de l’esthétique atteinte (malgré l’absence pour le répertoire romantique, des instruments d’époque : or ni Boulez, ni Munch, malgré l’apport des orchestres et des chefs “historiquement informés”, ne se montrent défaillants, bien au contraire. Leur baguette enchanteresse montre aussi que la réussite d’une lecture ne dépend pas exclusivement du choix des instruments…

CD, coffret : Un siècle de musique française (25 cd Sony classical)

CLIC de classiquenews d’avril 2016.