LIVRE Ă©vĂ©nement. TrĂ©sors de la musique classique / Partitions manuscrites : XVII – XXXIè (BNF, Textuel, 2018)

tresors-de-la-musique-classique-BNF-TEXTUEL-catalogue-LIVRE-evenement-par-classiquenews-CLIC-de-classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement. TrĂ©sors de la musique classique / Partitions manuscrites : XVII – XXXIè (BNF, Textuel, 2018). Rien ne remplace la consultation directe d’un manuscrit autographe, en l’occurrence celle d’une partition destinĂ©e Ă  sa sa crĂ©ation… les ratures, les traits marquĂ©s Ă  grands coups de plume et de crayon de couleur, … sont autant de signes des repentirs, des corrections, et aussi des coupures rĂ©alisĂ©s par l’auteur, ou d’autres mains dont il faut retrouver les motivations et l’identitĂ©. La BNF Bibliothèque Nationale de France conserve un corpus unique au monde de partitions originales dont celles d’œuvres majeures de l’histoire de la musique. Les Baroques (Rameau et Charpentier, Bach et Vivaldi), les classiques viennois dont Haydn et Mozart (le manuscrit de l’opĂ©ra Don Giovanni quand mĂŞme, don de la cantatrice Pauline Viardot !), les Romantiques dont Beethoven, Chopin, Liszt, Schumann, … avec un chapĂ®tre dĂ©diĂ© Ă  l’opĂ©ra (Rossini, Gounod, Verdi, Wagner, Bizet, Offenbach, Massenet et Saint-SaĂ«ns, Franck, FaurĂ©, Dukas…), …

 
 
 

PARTITIONS AUTOGRAPHES

 
 
 

les premiers rĂ©volutionnaires au dĂ©but du XXè (Debussy, Stravinksy, Boulanger, Ravel, Satie, Poulenc…), puis trĂ©sor effectivement, Une Symphonie Alpestre de Richard Strauss – entre autres-, dont le manuscrit a Ă©tĂ© lĂ©guĂ© par le compositeur lui-mĂŞme comme un signe de rĂ©conciliation entre France et Allemagne, et aussi pour remercier les autoritĂ©s françaises pour la conservation de son propre fonds de manuscrits saisis pendant la guerre… Au XXIè, se distinguent aussi les documents et leur graphie de Dutilleux et Boulez…
Voici donc en grand format et 272 pages, les plus impressionnants des manuscrits de musique conservés à la BNF. Le présent ouvrage a le mérite d’éditorialiser le propos, c’est à dire pour chaque partition, développer un texte de présentation et de synthèse qui rappelle le contexte de sa production dans la vie du compositeur, et indique précisément ce qui constitue la valeur du document. La qualité (et le format) permettent de comprendre cette « fabrique » d’où émergent et se précisent à partir de l’inspiration du cerveau musical, l’écriture des mélodies, le tissu harmonique, les principes de construction et de sonorité des œuvres ainsi dévoilées dans la coulisse de leur conception. Le plus : le volume comprend 100 pages de reproductions des partitions manuscrites (aux côtés des 90 illustrations évoquant le fond social, historique, personnel des compositeurs évoqués…). Parution annoncée le 24 octobre 2018. Prochaine critique complète dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com / avec un focus sur les partitions les plus impressionnantes… à suivre.

 
 
 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement. TrĂ©sors de la musique classique / Partitions manuscrites : XVII – XXXIè (BNF, Textuel, 2018) – co Ă©dition BNF Ă©ditions / Textuel. Sous la direction de Mathias Auclair. 271 pages, 55 € (prix indicatif) – CLIC de CLASSIQUENEWS de l’automne 2018.
 
 
 

Duni, Philidor, … Musiques et Franc-Maconnerie par Almazis

yakovos pappasPARIS. Concerts Ă  la BNF : Duni, Philidor, … musique et Franc-maçonnerie. Jeudi 9 juin 2016, 18h30. Avec l’impertinence/pertinence que nous lui connaissons Ă  prĂ©sent, le plus dĂ©fricheur des clavecinistes baroques, Yakovos Pappas a choisi une collection de joyaux lyriques et dramatiques parmi les fonds oubliĂ©s de la Bibliothèque nationale de France… La BNF explore ses trĂ©sors musicaux, sĂ©lectionne les partitions mĂ©connues parmi ses archives et les dĂ©voile en concert : ce sont “les inĂ©dits de la BnF”. Car toutes les partitions avant cette première passionnantes Ă©taient oubliĂ©es, mĂ©sestimĂ©es, en tout cas jamais Ă©coutĂ©es jusque lĂ  depuis leur composition.

Musique maçonnique ou d’inspiration maçonnique. La musique est au coeur de la maçonnerie dès le XVIIIe siècle, composante centrale des rites avec la “colonne d’harmonie” ; elle est aussi, une discipline propice aux Ă©changes Ă©clairĂ©s de nombreux crĂ©ateurs engagĂ©s dans les loges de rĂ©flexion : favorisant la rĂ©flexion et l’esprit de progrès social, la Franc-maçonnerie encourage l’effort des intellectuels et des philosophes pour construire une nouvelle sociĂ©tĂ© celle des Lumières. On connaĂ®t l’engagement du claveciniste et chef d’orchestre Yakovos Pappas pour le rĂ©pertoire français baroque, surtout son intuition hors normes et hors convention, pour dĂ©nicher, explorer les partitions les plus raffinĂ©es et les moins convenues. Les perles de la BnF profitent de son talent dĂ©fricheur : Tous les auteurs ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s sortent de l’ombre dans laquelle les tenait notre indiffĂ©rence, Ă  torts, tant la pertinence/impertinence des textes, l’intelligence de l’Ă©criture musicale justifient amplement cette collection de redĂ©couvertes lyriques et dramatiques, de surcroĂ®t servis par une cohorte de jeunes interprètes inspirĂ©s prometteurs, dont l’excellent tĂ©nor Martin Candela dont nous suivons les pas et les avancĂ©es chez Opera Fuoco ou dans ce nouveau programme des plus rĂ©jouissants. Yakovos Pappas vient de publier en mars 2016 un superbe cd dĂ©diĂ© aux fables de La Fontaine, travail ciselĂ© sur le verbe français du XVIIè, mis en musique au siècle suivant par ClĂ©rambault…

 

 

 

PROGRAMME

Egidio Duni (1709-1775)
Ouverture des Moissonneurs (1768)

Jacques Christophe Naudot (1690?-1762)
Marche des Francs Maçons, Unissons nous mes frères

Louis François Lemaire (1676-1749)
Les Francs-Maçons, Cantate nouvelle pour une Basse-Taille (1744)

André-Ernest-Modest Grétry (1741-1813)
Lucille (1769)

François-André Danican Philidor (1726-1795)
Le Bûcheron ou les trois souhaits (1763),
Ernelinde, princesse de Norvège (1767)

François Giroust (1738-1799),
Le Déluge, Rituel funèbre

Ensemble Almazis
Stéphanie VARNERIN et Elizabeth FERNANDEZ, sopranos
Martin CANDELLA, ténor
Guillaume DURAND, basse-taille
Vlad CROSMAN, basse
Iakovos PAPPAS, direction et clavecin.

(toutes les pièces jouées sont inédites et issues des collections de la BnF) :

INFOS, RESERVATIONS
Visitez le site des Inédits de la BnF

Livres. Catalogue Rameau et la scène (BnF, Opéra de Paris)

RAMEAU 2014 : sĂ©lection cdLivres. Catalogue “Rameau et la scène ” (BnF). En complĂ©ment Ă  l’exposition Rameau qui s’ouvre aujourd’hui au Palais Garnier (galerie de la Bibliothèque-musĂ©e de l’OpĂ©ra jusqu’au 8 mars 2015), la BnF et l’OpĂ©ra national de Paris Ă©ditent un catalogue remarquable qui comme l’intitulĂ© et le contenu du parcours musĂ©ographique, illustre et explicite ” Rameau et la scène “. L’inspiration de Rameau ne s’est jamais mieux rĂ©vĂ©lĂ©e que dans sa confrontation Ă  l’espace théâtral, aux exigences du dĂ©ploiement scĂ©nique : l’opĂ©ra et les formes diverses qu’il autorise en France ont  particulièrement bien inspirĂ© le Dijonais.  

Au dĂ©but, 3 portraits de Rameau marquent l’esprit : le violioniste sans archet avec son pourpoint rouge d’après Aved ; l’extraordinaire buste en terre cuite de Caffieri de 1760 (la finesse et la vivacitĂ© des traits distinguent ici le modèle ; ils en distinguent l’intelligence de la figure) ; enfin le compositeur travaillant plume Ă  la main et perruque et costume mondain, aux traits Ă©tonnamment plus Ă©pais et ronds d’après Van Loo, vers 1770). Cette diversitĂ© de figuration renseigne sur la prodigalitĂ© et la gĂ©nĂ©rositĂ© d’un compositeur pluriel, aux multiples talents…

 

 

 

catalogue de l’exposition “Rameau et la scène”

Rameau : le génie retrouvé

 

 

rameau-et-la-scene_catalogue bnf expositionEnfin il y a l’extraordinaire portrait de profil composant face au clavecin fermĂ©, une admirable aquarelle gouache de Carmontelle oĂą Rameau paraĂ®t comme “voltairisĂ©” : homme des lumières qui effectivement collabora avec Voltaire (livrets de Samson, Le Temple de la gloire, La Princesse de Navarre… ces deux dernières Ĺ“uvres heureusement Ă©coutĂ©es Ă  Versailles en octobre et novembre 2014), pure silhouette nerveuse presque maigre mais au sourire lui aussi sagace et astucieux (la flamme et l’activitĂ© de l’inspiration ?)…  Plus qu’un suiveur du lĂ©gendaire et fondateur Lully, Rameau n’est pas qu’un harmoniste habile et un encyclopĂ©diste prolifique, c’est un sensuel prodigieux qui sait aussi rĂ©former le genre tragique. Ce sont tous ces paramètres d’un auteur inclassable, audacieux, critique aussi qui suscitent l’admiration au dĂ©but du XXè d’un D’Indy ou d’un Debussy pionniers de la redĂ©couverte de Rameau au XXè, et ardents dĂ©fenseurs d’une cĂ©lĂ©bration nationale de l’art français. Avec Rameau, le pathĂ©tique des passions et le merveilleux de la fable dont le fantastique des enfers ou le spectaculaire de la nature s’y mĂŞlent en grâce et en continuitĂ© avec les chĹ“urs et la danse particulièrement dĂ©veloppĂ©es : Rameau est un gĂ©nie dont la mesure se rĂ©vèle quand il est confrontĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© de la scène. Et pour le XVIIIè, Ă  son Ă©poque, les planches concernent concrètement les enjeux et les possibilitĂ©s du genre lyrique ; les dĂ©cors, costumes et mises en scène ; le profil et les ressources propres des interprètes sur la scène : chanteurs et danseurs… le catalogue suit cette constellation qui rĂ©alise in fine, l’unitĂ© et la richesse du théâtre lyrique français des Lumières. Une totalitĂ© – avant Wagner -, qui milite par sa profonde cohĂ©rence et son exubĂ©rance formelle pour le gĂ©nie de Rameau.

Au registre des interprètes, on y comprend pourquoi le choc suscitĂ© par les tragĂ©dies et les ballets de Rameau eurent tant de succès Ă  leur Ă©poque : le gĂ©nie musicien a pu bĂ©nĂ©ficiĂ© d’interprètes virtuoses qui ont incarnĂ© un âge d’or des arts du spectacles en France, qu’ils soient chanteurs (Marie PĂ©lissier, la haute-contre lĂ©gendaire JĂ©lyotte, Marie Fel…) ou danseuses (Marie SallĂ©, La Camargo…). Au pinacle des interprètes ramĂ©lliens, Pierre de JĂ©lyotte, devient le tĂ©nor favori de Rameau Ă  partir de Dardanus en 1739. C’est lui qui lui permet de rĂ©aliser tous ces dĂ©fis inimaginables avant lui, dont Ă©videmment le personnage dĂ©lirant de la nymphe des Marais PlatĂ©e (1745). Le tĂ©nor magnifiqueparaĂ®t en plusieurs occasions : en Dardanus Ă©videmment (couverture de l’ouvrage, encre et aquarelle de Boquet, pour la reprise Ă  Fontainebleau en 1763), en Pygmalion du mĂŞme Boquet (1748 : superbe crayon rehaussĂ© dont la ligne vive et le pinceau vaporeux semble dialoguer avec le feu sensuel et Ă©clatant de la musique du sujet)…

En complĂ©ment aux trois articles majeurs de l’ouvrage, un “catalogue” des Ĺ“uvres prĂ©sente 7 ouvrages parmi les plus significatifs du gĂ©nie de Rameau, frappant par leur justesse expressive ou leur originalitĂ© formelle (chaque ouvrage est prĂ©sentĂ© sous la forme d’un mini dossier rĂ©capitulant date et production de la crĂ©ation, auxquels se joignent les archives visuelles des reprises connues) : Hippolyte et Aricie, Les Indes Galantes, Castor et Pollux, Dardanus, PlatĂ©e, Abaris ou les BorĂ©ades, sans omettre sous la forme d’un dernier article, Acante et ZĂ©phise, Zoroastre, La Princesse de Navarre (richement illustrĂ©e par Cochin) et surtout les trop Ă©cartĂ©s ou passĂ©s sous silence opĂ©ras comiques dĂ©veloppĂ©s Ă  la Foire (de L’Endriague de 1723 au Procureur dupe de 1758…) : Rameau fut certes un flamboyant tragique, il reste tout au long de sa vie un fieffĂ© comique, dĂ©lirant, plus bouffon et poète que les Italiens (voyez son inclassable PlatĂ©e, prĂ©figuration dès le XVIIIè de la comĂ©die musicale…), un crĂ©ateur d’un juvĂ©nilitĂ© intacte, jusqu’Ă sa mort en 1764. Aucun doute, le gĂ©nie ramĂ©llien demeure bouleversant par sa complexitĂ© enivrante, les enjeux qu’il fait naĂ®tre quand il est confrontĂ© aux impĂ©ratifs de la scène. Pour les 250 ans de sa mort, Rameau mĂ©ritait indiscutablement cette exposition : le catalogue qui l’accompagne restera un outil prĂ©cieux pour en comprendre sens et valeur, profondeur et dĂ©mesure.

 

 

Soulignons particulièrement la beautĂ© des illustrations rĂ©unis (dont les planches de Cochin entre autres) et l’intĂ©rĂŞt de deux articles : les propos recueillis de Jean-Marie VillĂ©gier sur le théâtre chez Rameau ; l’esthĂ©tique de l’opĂ©ra du XVIIIè au XXIème … (par Mathias Auclair).

Rameau et la scène, par Mathias Auclair et E. Giuliani, co Ă©dition BnF, OpĂ©ra de Paris. 216 pages. 39 €. Parution : dĂ©cembre 2014. Catalogue de l’exposition : ” Rameau et la scène “. Paris, Palais Garnier, Bibliothèque-MusĂ©e, jusqu’au 8 mars 2015. LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’exposition Rameau et la scène au Palais Garnier Ă  Paris