CRITIQUE, cd événement. Benoît BABEL : Les deux Couperin. Louis Couperin (1626 – 1661), François Couperin (1668 – 1733) – (1 cd PARATY records)

babel-benoit-cd-louis-francois-couperin-cd-paraty-critique-review-cd-classiquenews-clic-de-classiquenewsCRITIQUE, cd événement. Benoît BABEL : Les deux Couperin. Louis Couperin (1626 – 1661), François Couperin (1668 – 1733) – (1 cd PARATY records)   -   Décédé à 35 ans (en 1661), Louis est une comète qui marque le XVIIè par sa fulgurance ici magnifiquement solennelle, enflammée, douloureuse : le jeu tout en profondeur, articulation, retenue mais grande intensité de Benoît Babel restitue de Louis, sa prodigieuse invention ; sa couleur éloquente et mystérieuse ; lui que Louis XIV reconnut comme virtuose maniant… l’archet (pardessus de viole de la Chambre) ; ses œuvres dont ici enchaînées, les 6 Pièces en la et les 5 pièces en ré, n’on jamais été publiées ; il était plus que légitime de les jouer en en mesurant toutes les facettes contradictoires du génie poétique.
A la gravitas de Louis, sa poésie soyeuse et sombre (superbe Prélude initial « à l’imitation de M. Froberger ») répond celle plus enjouée, donc XVIIIè, profuse et virtuose de François né en 1668 ; avant Rameau, réactulisant la vivacité critique de l’observateur Saint-Simon mais avec l’esprit pointu voire pointilleux, François Couperin aime brosser le portrait de ses contemporains avec une facétie parfois insolente voire parodique ; le jeu distingue tous les détails et ornements, nuances et effets émaillant les manuscrits autographes d’un auteur hanté par l’exactitude. « Sans augmentation ni diminution », chaque pièce doit être strictement respectueuse des annotations (innombrables) du compositeur : un défi pour l’interprète que le piège de la stricte révérence agogique pourrait assécher, mécaniser, technologiser.

clavecin-benoit-babel-louis-francois-couperin-cd-paraty-critique-entretien-classiquenews-clic-de-classiquenews-critique-cd-reviewPour donner de l’âme à une musique abordée soit comme trop brillante soit comme exclusivement métronomique, Benoît Babel choisit un clavecin copie de 2006 d’un original datée de 1667 (et conservé à Boston) : « cordage en laiton et accents italiens qui en résultent ». Son caractère ainsi identifié contraste derechef avec un énième franco-flamand du XVIIIè : le choix s’avère pertinent ; il renforce la couleur « française » de celui qui incarne idéalement les goûts réunis, tout en soulignant l’étonnante continuité de Louis à François, dans le sens du tempérament poétique et de l’invention juste et sincère. La clarté polyphonique sert admirablement le discours de Louis comme la volubilité de François, toujours habile portraitiste, évocateur pertinent.

 

 

Louis & François
Les Couperin sublimés par Benoît Babel

 

 

Chez Louis le raffinement harmonique comme l’éloquence articulée, presque linguistique du clavier imprime aux Pièces structurées en suite de danses, un panache, un mordant dans l’élégance qui convainc : noblesse de l’Allemande ; franchise de La Piémontaise (aux harmonies improbables) ; chant nostalgique et tout à fait tranquille des deux Sarabandes (Pièces en la) ; caractère des Canaries ; rondeur suspendue, enchantée des deux Chaconnes, la seconde énoncée comme un questionnement intime (Pièces en ré).
François rayonne par une imagination qui atteint le prodige, tant la variété des couleurs, le nuancier millimétré des accents, l’euphorie rythmique (tendresse féerique, enivrante de « tic-toc-choc ») aussi témoignent d’une acuité suggestive hors normes ; un tel raffinement exprime la sensibilité du second Couperin, orfèvre des moindres inflexions sonores ; de « La Zénobie », aux « Grâces naturelles », de « L’Arlequine » à la sophistication ornementée de « La Verneuil », sans omettre la vitalité bavarde du « Turbulent »… ou la pudeur presque doloriste de « L’attendrissante » ; c’est une galerie de portraits d’une finesse inédite ; un labyrinthe aux connotations cachées aussi qui se dérobe sous la vivacité virtuose ou …la charge facétieuse voire délirante (« les vieleux et CLIC D'OR macaron 200les gueux », « Les invalides »…) ; l’enchaînement est pertinent ; il souligne indirectement la parenté du « Dodo ou l’amour au berceau » avec « Les barricades mystérieuses » ; le jeu est aussi analytique que souple et naturel, permettant à tous les champs harmoniques et mélodiques de se déployer dans un jeu contrapuntique des mieux articulés, d’une justesse de ton superlative. Superbe réalisation.

 

  

 

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CRITIQUE, cd événement. Benoît BABEL : Les deux Couperin. Louis Couperin (1626 – 1661), François Couperin (1668 – 1733) – (1 cd PARATY records) – enregistré en avril 2021 (Nièvre). CLIC de CLASSIQUENEWS été 2022.

 

  

  

 

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LIRE notre entretien avec Benoit BABEL à propos de son cd Louis et François COUPERIN (1 cd PARATY records)   -

Louis-François-Couperin-300x300GRAND ENTRETIEN : BENOIT BABEL joue Louis et François Couperin (nouveau cd Paraty, printemps 2022). Pour PARATY, le claveciniste Benoît BABEL qui nous avait tant convaincu à la tête de son ensemble Zaïs dans un premier disque très original, dédié à Rameau et Haendel, sort en juin 2022, un nouvel enregistrement, seul, comme claveciniste. Jouant son propre instrument, Benoît Babel explore les mondes imaginaires des Couperin, oncle et neveu. 2 tempéraments baroques dont l’intensité et l’expressivité inspirent un programme abouti, personnel, particulièrement saisissant. Louis c’est le feu, l’impatience à peine développée à cause d’une vie fauchée trop tôt ; François son neveu exalte comme personne avant lui, les vertus des « Goûts Réunis » ; les deux sont inspirés par un sens de l’économie, de la poésie, de la danse aussi, surtout… Entretien exclusif avec Benoît Babel à propos de Louis et de François Couperin.

 

  

  

 

GRAND ENTRETIEN : BENOIT BABEL joue Louis et François Couperin (nouveau cd Paraty, printemps 2022)

Louis-François-Couperin-300x300GRAND ENTRETIEN : BENOIT BABEL joue Louis et François Couperin (nouveau cd Paraty, printemps 2022). Pour PARATY, le claveciniste Benoît BABEL qui nous avait tant convaincu à la tête de son ensemble Zaïs dans un premier disque très original, dédié à Rameau et Haendel, sort en juin 2022, un nouvel enregistrement, seul, comme claveciniste. Jouant son propre instrument, Benoît Babel explore les mondes imaginaires des Couperin, oncle et neveu. 2 tempéraments baroques dont l’intensité et l’expressivité inspirent un programme abouti, personnel, particulièrement saisissant. Louis c’est le feu, l’impatience à peine développée à cause d’une vie fauchée trop tôt ; François son neveu exalte comme personne avant lui, les vertus des « Goûts Réunis » ; les deux sont inspirés par un sens de l’économie, de la poésie, de la danse aussi, surtout… Entretien exclusif avec Benoît Babel à propos de Louis et de François Couperin.

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CLASSIQUENEWS : Le fait de jouer en un même programme les œuvres des deux Couperin dévoile-t-il les caractères distinctifs ou les éléments communs entre Louis et François ? Lesquels justement.

Benoit-Babel-300x200Benoît BABEL : La première raison qui m’a fait choisir de jouer ces deux compositeurs est très simple : j’aime leur musique. Je n’ai pas souhaité dans ce programme démontrer une filiation, une continuité de style, pour la simple raison qu’il n’en existe pas. Louis et François Couperin n’appartiennent pas à la même époque. S’ils ne portaient pas le même nom, ces deux compositeurs seraient étrangers l’un à l’autre à nos yeux d’aujourd’hui. Néanmoins, outre leur lien du sang, ils ont en commun de symboliser une forme d’idéal dans leur genre, deux personnalités musicales suffisamment fortes et innovantes pour marquer de leur talent une étape dans la composition et la manière de faire sonner un instrument. Tous deux étaient à mes yeux des esprits curieux, arrivant à capter le meilleur de leur temps et des autres compositeurs pour se l’approprier dans leur langage musical.

Chez Louis Couperin, la danse et le mouvement sont dans son ADN. Il maîtrise également parfaitement les règles de la polyphonie, du contrepoint et de l’écriture en imitation. On retrouve également dans son œuvre un élément fondamental de la période baroque : le plaisir du son, des couleurs et des contrastes. J’imagine un jeune homme brillant et modeste qui ne tombe jamais dans la facilité et qui a une approche intuitive de la composition. Ses pièces les plus simples “chantent” toujours. Il sait jouer des enchaînements harmoniques, être méditatif ou plein de fougue.

François Couperin, dont la vie fut plus longue que celle de son oncle (Louis mourut à 35 ans, son neveu à l’âge de 65 ans), eut le temps de pousser plus loin son esprit curieux et précis. Son temps était celui de la diffusion des savoirs, ses responsabilités à la Cour lui permirent d’acquérir une solide réputation d’interprète, de compositeur et de pédagogue. Sa musique fait indéniablement preuve d’une inventivité remarquable et de toute évidence, d’un sens du détail inégalé. François Couperin se donna bien des peines pour éditer ses compositions et les écrire suffisamment précisément pour qu’elles soient jouées avec fidélité par le public. Chez François aussi, la danse et la mise en musique du mouvement sont un élément essentiel de son langage musical. À cela s’ajoute une recherche poussée de la technique de jeu du clavier (palette d’articulations et d’ornements, virtuosité, style luthé, etc…)
J’ai sélectionné les pièces de ces deux compositeurs de manière à tracer un chemin musical d’une heure, qui doit idéalement s’écouter d’une seule traite.

 

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CLASSIQUENEWS : Pour chacun, quelle œuvre vous paraît-elle particulièrement représentative ? Pour quelles raisons ?

BENOIT BABEL : Question difficile car exclusive, les deux Couperin nous ont laissé des pièces si contrastées !

Pour Louis Couperin, je sélectionnerais la première piste de l’album, le “prélude à l’imitation de Monsieur Froberger”. Ce prélude dit “non-mesuré” est en trois parties : une partie justement “non-mesurée”, une partie centrale bien mesurée, sorte de fugue dansante, et une troisième partie “non-mesurée”. Cette longue pièce introductive est une citation d’une toccata d’un grand maître du 17ème siècle : Johann Jacob Froberger (1616-1667). Ces parties “non-mesurées” sont belles à voir sur une partition : seules des rondes sont notées, plus ou moins espacées ou regroupées, sans barre de mesure, sans rythme. Seules quelques lignes ou liaisons plus ou moins approximatives nous indiquent parfois qu’il faut tenir certaines notes ou les regrouper. L’intention est évidente : tenter de traduire sur le papier une improvisation, un jeu spontané, un exercice de style libre où l’on explore les harmonies, les formules, l’étendue du clavier. C’est typiquement le genre de pièce que l’on joue pour laisser son oreille se porter sur le son, le timbre d’un instrument et l’explorer.

Pour François Couperin, je choisirais le Turbulent, pièce en fa majeur du Troisième Livre. C’est pour moi une pièce pleine d’esprit et d’humour. Pour le dire familièrement, elle porte bien son nom. La battue est à 2/4 dans la première partie et à 6/8 dans la seconde. J’imagine sans peine un enfant qui ne tient pas en place, qui va à droite, à gauche, qui court et qui s’arrête, qu’on a du mal à saisir et à faire tenir en place. C’est une pièce assez virtuose pour la précision d’exécution qu’elle demande et qui nécessite en même temps un détachement et une légèreté dans l’interprétation. Cet alliage de précision et de détachement est pour moi la difficulté principale de la musique de Couperin. À vouloir trop bien faire et avec minutie les détails de cette musique, on peut parfois en perdre la ligne, le souffle, le caractère. Je dis souvent à mes élèves de ne pas hésiter à enlever un ornement qui les entrave et pour lequel on ne trouve pas de solution technique. Après tout, si un ornement n’orne plus, autant l’enlever et retrouver la fraîcheur d’une phrase musicale ! Mais rassurez-vous, ma version est urtext ; et tous les ornements de Couperin sont bien présents de mon album.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : En quoi l’instrument que vous avez choisi permet-il cette confrontation / ce dialogue entre les deux compositeurs / entre leurs deux univers ?

BENOIT BABEL : C’est un instrument vraiment particulier que j’ai la chance de posséder depuis plus de dix ans. J’avais eu un coup de foudre pour ce petit clavecin plein de caractère que j’avais entendu sous les doigts d’Olivier Baumont et de Laurent Stewart. Il devait même être joué par Gustav Leonhardt mais hélas ce concert fut annulé… Mais il ne sonne plus comme au début ! Bien-sûr, il a “mûri” à force d’être joué. Puis nous avons changé le diapason, les cordes, l’harmonisation … et il a enfin reçu sa peinture intérieure de couvercle en 2020, travail remarquable de Florence Humeau. Tout était donc prêt, il ne manquait plus qu’à l’enregistrer. Je me permets d’inviter les lecteurs à aller consulter le livret du CD, dans lequel le facteur, Guillaume Rebinguet Sudre, donne de nombreuses informations sur les détails de la structure de cet instrument et ces spécificités. À ma connaissance, il n’y a pas d’autre copie de cet instrument en France, et très peu dans le monde. L’original daté de 1667, se trouve actuellement à Boston.

C’est un instrument qui réunit plusieurs esthétiques, françaises, italiennes et flamandes. Il a des aigus chantants et des basses précises. Son médium est bien présent également, ce qui permet d’obtenir une grande clarté pour les pièces polyphoniques. Son timbre convient aussi bien à Frescobaldi qu’à Byrd. En somme, tout le répertoire 17ème sonne sur cet instrument.
Il m’a semblé intéressant de jouer quelques pièces de François Couperin sur ce clavecin pour proposer une esthétique sonore un peu différente de celle que l’on entend habituellement pour ce répertoire. En effet, on a coutume de jouer François Couperin sur des clavecins plus gros, comme ceux de Blanchet, Taskin, ou des instruments du 17ème qui ont subi un agrandissement au 18ème siècle, que l’on nomme “ravalement”. Hors François Couperin étant né en 1668, il a connu, joué, entendu dans sa jeunesse des instruments similaires à celui que je joue ici. L’esthétique d’un compositeur étant plutôt la somme des timbres qu’il a pu entendre toute sa vie, il m’a semblé intéressant de faire entendre cette musique sur un instrument qui peut sembler un peu “archaïque” pour ce répertoire, mais qui je trouve, est très convaincant ; avec en plus le tempérament très inégal que nous avons réalisé.

 

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CLASSIQUENEWS : Sur le plan technique quels sont les défis majeurs pour jouer les deux compositeurs ?

BENOIT BABEL : Pour être très pragmatique, il y a beaucoup, beaucoup d’ornements. Comme François Couperin est très précis dans ses indications, il faut porter une attention particulière au texte. Le toucher doit être précis et souple. Le choix des tempi est important aussi, il faut donner du mouvement sans précipitation mais sans immobilisme non plus. On est toujours un peu sur le fil dans ce répertoire. Tel un funambule on doit jongler entre la détente, la vigueur, le mouvement, la vocalité. S’approprier les caractères si contrastés des pièces demande un investissement total et une présence musicale constante. On ne peut pas jouer cette musique en “pilotage automatique”, sinon, quel ennui !
Comme les pièces sont généralement courtes, on n’a pas le temps de profiter du développement de la musique pour trouver le caractère. Il faut le donner tout de suite, dès la première note.

D’un point de vue de l’écriture musicale, la musique des Couperin, particulièrement François, est un assemblage de cellules, petites phrases, formules inventives. Cela donne l’impression d’une juxtaposition d’effets, tout le contraire des grands développements de phrase que l’on connaît chez J. S. Bach. Le piège, il me semble est de tomber dans une sorte de maniérisme de jeu. J’ai tâché d’interpréter comme je le ressens, sans rubato maniéré ou effets exagérés.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : A travers les œuvres choisies, quelle image vous faîtes-vous de Louis et de François Couperin ?

BENOIT BABEL : J’imagine que François Couperin était un travailleur, un homme exigeant, conscient de ses qualités et de son talent. Il ne rechignait probablement pas à la reconnaissance et à la lumière. Mais sans illusion, il reste lucide et philosophe à l’approche de la mort, puisqu’il écrit dans la préface de son Quatrième Livre de pièces de clavecin : ” j’espère que ma famille trouvera dans mes portefeuilles de quoi me faire regretter, si les regrets servent à quelque chose après la vie ; mais il faut du moins avoir cette idée pour tâcher de mériter une immortalité chimérique où presque tous les hommes aspirent”. On le sait, il était également soucieux de la transmission de son savoir dans un esprit didactique et pédagogique. Ce n’était pas un artiste de clan, de chapelle, qui s’imaginait faire tout mieux que tout le monde. Il est mort trop tôt pour assister à la querelle des bouffons des années 1750, mais il n’a eu de cesse de conjuguer l’esprit et le style des grands maîtres français et italiens en construisant l’union des nations musicales grâce à son concept des “Gouts-réunis” et des Apothéoses de Lully (le plus italien des grands maîtres français) et de Corelli.

Louis-François-Couperin-300x300De Louis Couperin, nous n’avons que peu de documents nous permettant de retracer son parcours et de dresser un portrait fidèle du personnage. Ce qui m’a toujours interpelé dans sa musique c’est l’intensité, la force du discours musical. Il y a un feu qui brûle, presque une impatience. De manière tout à fait subjective, j’imagine un jeune homme brillant, sensible, modeste et désireux d’apprendre de ses maîtres, à la recherche du meilleur sans jamais tomber dans la flatterie de l’auditeur. Si son existence ne fut pas si brève, il aurait pu devenir le grand musicien français du 17ème siècle français. Il est de ces musiciens dont les œuvres qui ont survécu, font fantasmer celles qu’il n’a jamais écrites ou publiées.

Propos recueillis en juin 2022
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CLIC D'OR macaron 200CD événement : Louis et François COUPERIN : Benoît BABEL,babel-benoit-cd-louis-francois-couperin-cd-paraty-critique-review-cd-classiquenews-clic-de-classiquenews clavecin (1 cd PARATY) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps été 2022 – LIRE notre critique complète dans le mag cd dvd livres de classiquenews / lien direct vers la critique ici : http://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-benoit-babel-les-deux-couperin-louis-couperin-1626-1661-francois-couperin-1668-1733-1-cd-paraty-records/… “François rayonne par une imagination qui atteint le prodige, tant la variété des couleurs, le nuancier millimétré des accents, l’euphorie rythmique (tendresse féerique, enivrante de « tic-toc-choc ») aussi témoignent d’une acuité suggestive hors normes ; un tel raffinement exprime la sensibilité du second Couperin, orfèvre des moindres inflexions sonores”…

 

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VISITEZ le site de Benoît BABEL
https://www.benoitbabel.com/

 

 

TEASER vidéo : Benoit Babel joue Louis et François COUPERIN

 

 

 

 

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VOIR aussi ENSEMBLE ZAÏS / Benoît Babel : La Forqueray – Rameau
Journées musicales d’Automne, Souvigny, France

https://www.youtube.com/watch?v=NfsW15BbVq8

 

 

 

 

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Autre CD de Benoît Babel : Rameau & Handel / Zaïs (Paraty, oct 2014) – CLIC de CLASSIQUENEWS :
PARATY rameau handel babel benoit zais concertos pieces pour clavecin et orgueD’abord au service du premier Concerto pour orgue de Haendel (HWV 309), la gravité (couleurs sombres d’un lugubre solennel grâce aux bassons vrombissants) de l’Adagio & organo ad libitum captive dès le début ; la précision mordante, -pulsionnellement pertinente de l’Allegro qui suit montre à quel point la musicalité rayonnante de l’ensemble Zaïs (Benoît Babel, direction) sait s’affirmer avec une exceptionnelle volupté assurée, complice à chaque mesure de l’orgue bordelais, royal, et même impérial dans sa démesure réellement impressionnante.

https://www.classiquenews.com/cd-rameau-handel-concertos-pour-orgue-pieces-pour-clavecin-zais-paul-goussot-paraty-2013/

 

 

 

 

Entretien avec Benoît Babel, directeur musical de Zaïs. Jouer Rameau et Haendel.

babel-benoit-zais-rameau-handel-ENTRETIEN avec Benoît Babel, directeur musical de Zaïs. Jouer Rameau et Haendel. Avec son ensemble sur instruments d’époque, baptisé Zaïs en hommage au génie raméllien, le claveciniste Benoît Babel vient de publier chez Paraty, un programme discographique réjouissant : enchaînant Concertos pour orgue de Handel et transpositions d’après Rameau. La vitalité exquise, le sens du drame, le festival des saveurs instrumentales servies comme un buffet de combinaisons rares font les délices d’une réalisation superlative, d’autant plus bienvenue pour l’année Rameau 2014. Mais mettre en regard Haendel et Rameau, deux génies contemporains de la musique baroque n’est pas si anodin que cela. Explications. Entretien avec Benoît Babel, directeur musical de Zaïs.

 

 

En jouant les deux compositeurs qu’avez vous souhaité exprimer comme singularités respectives ? 

Ce qui est curieux avec Handel et Rameau, c’est que leur musique différente de prime abord se complète parfaitement. Handel a cette spontanéité, ce naturel et cette fluidité qui font penser à l’Italie. Rameau a pour lui la légèreté, ce côté spirituel, humoristique mais jamais naïf. Mais ces deux génies ont en commun une incroyable maîtrise de leur art.
Avec Paul Goussot, titulaire de l’orgue de Ste-Croix, nous avons souhaité composer un programme le plus vivant possible. Nous avons pour cela utilisé deux « disciplines » que Rameau et Handel eux même ont beaucoup pratiquées : l’improvisation et la ré-écriture.
Handel, dans ses concertos, laisse à l’organiste d’immenses possibilités de création par des mentions « ad libitum ». Notre enregistrement compte au moins quatre grandes parties improvisées : trois au sein des concertos et également une ouverture en trois mouvements, ce qui est assez rare au disque. C’est d’ailleurs une joie immense pour l’ensemble Zaïs de découvrir chaque fois que nous donnons ce programme les nouvelles trouvailles de Paul. C’est très inspirant pour nous.
babel-bonit-zais-582-concert-maestro-rameau-handelLa démarche de ré-écriture et elle aussi très historique. Tous les opéras de Rameau contiennent des pièces ré-écrites, adaptées pour l’occasion. Paul Goussot a passé des mois entiers à inventer des parties de violon, alto, hautbois, bassons … à partir de la version en trio de Rameau. Il a ainsi créé une conversation constante entre l’orgue et les parties d’orchestre. Un immense travail ! C’était notre manière à nous de célébrer l’année Rameau en montrant que la pratique de la musique ancienne passe aussi par des expériences et que l’on peut de cette façon continuer à faire vivre ce répertoire et à le renouveler.

 

 

 

Réécriture, improvisation…

 

A propos de Rameau, que diriez vous en quelques mots pour définir son génie particulier au regard des oeuvres jouées ?

Rameau est pour moi le meilleur ambassadeur de la musique française du XVIIIème siècle et de l’esprit des Lumières. Bien que sa musique soit souvent intellectuellement complexe et virtuose, jamais elle ne contraint l’auditeur à une concentration extrême pour se laisser toucher par les affects. C’est ce que Rameau lui même appelait « cacher l’art par l’art ». Sa musique mérite d’être jouée et défendue. Je crois que, comme pour tout notre répertoire de musique ancienne, même après des siècles, cette musique parle directement à l’auditeur du XXIème siècle. C’est une musique sincère, honnête, dans le sens où elle invite directement l’auditeur à entrer dans son jeu, dans ses émotions. Pas besoin de distance, elle est faite pour que chacun la vive en soit.

Quels sont les caractères distinctifs de votre ensemble Zaïs et en quoi ce programme met il en avant ses qualités propres ? 

Tous les musiciens se sont énormément investis dans ce projet. Ils m’ont fait confiance et chacun a apporté le meilleur de ce qu’il pouvait faire. Je leur en suis extrêmement reconnaissant. Beaucoup ne me connaissaient pas ou n’avaient encore jamais joué avec moi. C’est une réussite collective. Pourtant les obstacles ne manquaient pas. Jouer avec un grand orgue, se fondre dans sa justesse et donner vie à ces transcriptions de Rameau … tout cela constituait des défis énormes ! Je pense que nous proposons dans ce CD quelque chose de vraiment original et singulier. Chacun pourra juger, mais nous sommes fiers de ce que nous proposons. Beaucoup de travail nous attend encore, l’aventure ne fait que commencer ! Propos recueillis par Alexandre Pham. Illustrations : ©ecliptique/Laurent Thion.

 

 

LIRE aussi notre critique complète du cd Rameau & Handel par l’ensemble Zaïs et Benoît Babel : CLIC de classiquenews de septembre 2014.

 

 

DOM BEDOS Rameau handel orgue PARATY visuel_cd_handelrameau_reelCD. Rameau, Handel : Concertos pour orgue, Pièces pour clavecin… (Zaïs, Paul Goussot, Paraty, 2013). Attention, programme remarquablement audacieux. Et sur le plan interprétatif : quelle fulgurance dans un jeu à la fois noble, généreux et aussi percutant voire d’une mordante énergie ! Sans réserve, voici le cd que nous attendions pour l’année Rameau 2014 : d’une plénitude enthousiasmante et par le choix de son programme, dans les œuvres retenues et transcrites, l’expression la plus sincère et la plus directe de cette furie musicale, doublée d’élégance propre au génie raméllien : l’affinité des interprètes (instrumentises de l’ensemble Zaïs et organiste) avec le compositeur est totale et aussi d’une inventive audace comme l’atteste l’intelligence des transcriptions proposée s’agissant des Pièces de Rameau, originellement pour clavecin et transférées ici à l’orgue.

CLIC D'OR macaron 200D’abord au service du premier Concerto pour orgue de Haendel (HWV 309), la gravité (couleurs sombres d’un lugubre solennel grâce aux bassons vrombissants) de l’Adagio & organo ad libitum captive dès le début ; la précision mordante, -pulsionnellement  pertinente de l’Allegro qui suit montre à quel point la musicalité rayonnante de l’ensemble Zaïs (Benoît Babel, direction) sait s’affirmer avec une exceptionnelle volupté assurée, complice à chaque mesure de l’orgue bordelais, royal, et même impérial dans sa démesure réellement impressionnante. De ce fait, la cohérence et l’équilibre dans la prise de son, résolvant l’ampleur réverbérante de l’orgue avec le relief des instrumentistes est exceptionnellement réussie. Outre sa justesse artistique convaincante, le programme satisfait donc aussi sur le plan de sa réalisation technique, préservant une balance idéale malgré la disparité des instruments en jeu. Un exemple même de naturel et de prise de son vivante. Bravo aux ingénieurs du son!

ECOUTER quelques extraits de l’ensemble Zaïs en concert