CD. compte rendu critique. Dubois : Aben Hamet (Malgoire, 2 CD ALT, mars 2014

aben-hamet-dubois-cd-jean-claude-malgoire-theodore-dubois-guillaume-andrieux-cd-CLIC-de-classiquenewsCD. compte rendu critique. Dubois : Aben Hamet (Malgoire, 2 CD ALT -  mars 2014). Il y a un an, Jean-Claude Malgoire dans l’esprit de troupe qui l’anime à la tête de l’Atelier Lyrique de Tourcoing osait reconstituer Aben Hamet d’après les Abencérages de Chateaubriand : un opéra orientaliste qui ne pouvait guère être monté car la partition orchestre était perdue (elle sera retrouvée à la BNF par un heureux hasard de circonstance, juste après les représentations de Tourcoing) : pas démonté, Jean-Claude Malgoire en proposait alors sa propre version orchestrale s’appuyant sur un solide travail d’orchestration d’après la partition connue chant et piano et d’après les traités d’orchestration de l’époque comme la manière contemporaine de Gounod, Massenet, Bizet…. Le fondateur de l’Atelier lyrique de Tourcoing s’inspirait aussi de son écoute attentive des autres partitions de Théodore Dubois mieux connues et éditorialement complètes (Symphonies, l’oratorio Le Paradis perdu…).
En découle une instrumentation colorée et parfois miroitante (comme peu l’être un tableau de l’excellent peintre Gérôme, lui aussi “institution” comme le fut Dubois), où règnent évidemment la harpe, les cors, et le saxo, – alors instrument nouveau presque incontournable-, et les accents proprement orientalisants aux percussions tels que clochettes, castagnettes, tambour de basque…

Dans un esprit de troupe, Jean-Claude Malgoire restitue l’opéra orientaliste de Dubois : Aben Hamet

Fatalité des guerres affrontées…

CLIC_macaron_2014Classiquenews avait souligné la réalisation de cette restitution lyrique, finement menée, bénéficiant comme toujours à Tourcoing d’une distribution solide qui combinait des tempéraments scrupuleusement caractérisés. Dans les rôles des amants maudits que leur religion respective écarte définitivement (leur duo à l’église au III scelle cette impossibilité tragique), Aben et Bianca, Guillaume Andrieux et Ruth Rosique incarnent avec ardeur deux profils éperdus rattrapés par la fatalité des religions affrontées.
Le dernier Abencérage soulève vainement les Maures de Grenade, contre les Espagnols, certainement sous la pression d’une mère (Zuléma), rien que revancharde et haineuse : Aben y sacrifie toute vie amoureuse avec la catholique Bianca (fille du Duc de Santa Fe, elle même descendante du Cid, vainqueur des Maures au XIè) : il y perd aussi la vie puisque l’action s’achève avec la mort du guerrier dérisoire dans les bras de Bianca… L’amour est impossible entre deux jeunes gens de religions opposées, ainsi que Chateaubriand le dit aussi dans son roman Atala. C’est aussi la folie des haines séculaires et transgénérationnelles que les parents transmettent à leurs enfants. Une sorte d’endoctrinement familial, stupide et destructeur. On voit bien que la partition ainsi n’est pas que décorative ni séduisante.

Le chef défend avec conviction l’une des partitions les plus habiles de Dubois l’académique (version rééquilibrée de 1888 conçue par l’auteur après la création de 1884), qui malgré les volontés ici et là de le réhabiliter, peine à être enfin reconnu : l’histoire dira si mon Å“uvre sera appréciée à sa juste valeur… on connaît l’adage. Persistent une réticence et le poids d’un soupçon tenace vis à vis des Académiques du XIXème, suspectés (à torts) de conformité crasse. D’autant que Dubois fut membre de l’Institut, Professeur et directeur du Conservatoire, auteur d’un traité d’harmonie…

L’engouement pour son style précis, souvent raffiné, et ici fidèle aux enjeux humanistes du sujet illustré avant lui par Chateaubriant, reste timide. Il revient à Jean-Claude Malgoire, chef toujours surprenant par ses choix et visionnaire, le mérite de ne jamais se tromper et servir des Å“uvres qui méritent absolument d’être révélées au grand public. Le coffret de 2 cd souligne les bénéfices d’un travail unique en France qui allie l’original raffiné et l’esprit de troupe dont la cohérence et l’énergie collective font si souvent défaut ailleurs.

aben-hamet-dubois-cd-jean-claude-malgoire-theodore-dubois-guillaume-andrieux-cd-CLIC-de-classiquenewsCD. Dubois : Aben Hamet (version 1888). Avec Guillaume Andrieux, Ruth Rosique, Nora Sourouzian, Hasnaa Bennani, Marc Boucher… Atelier lyrique de Tourcoing, La Grande Ecurie et la chambre du Roy. Jean-Claude Malgoire, direction. Enregistré à Tourcoing en mars 2014. 2 cd Atelier Lyrique de Tourcoing. LIRE aussi notre annonce de la parution du cd Aben Hamet de Dubois par Jean-Claude Malgoire...

CD, annonce. Aben Hamet (1884), l’opéra orientaliste de Théodre Dubois ressuscité par Jean-Claude Malgoire

CD, annonce. Aben Hamet (1884), l’opéra orientaliste de Théodre Dubois ressuscité par Jean-CLaude Malgoire. Représenté en version scénique en mars 2014, Aben Hamet créait l’événement au printemps dernier : d’après les Aventures du dernier Abencérages de Chateaubriand, l’ouvrage évoque l’ambition avortée d’Aben Hamet, dernier héritier parti de Carthage pour Grenade avec l’espoir de lever les Maures d’Espagne pour reconquérir la Péninsule au nom d’Allah. Mais le musulman tombe amoureux de la chrétienne Bianca : malgré leur désir réciproque, aucun ne souhaite abjurer sa foi. Et Aben mourra sous le coup des épées espagnoles. Que peut la sincérité des cœurs contre la guerre des religions ?

Aben et Bianca pourront-ils s’aimer ?

 

aben-hamet-dubois-cd-jean-claude-malgoire-theodore-dubois-guillaume-andrieux-cd-CLIC-de-classiquenewsFidèle à son intuition souvent visionnaire, Jean-Claude Malgoire révèle une partition éloquente et colorée composée par Théodore Dubois, fameux pour son traité d’harmonie comme l’orthodoxie musicale classique qu’il a professé au Conservatoire. A partir de la partition piano et chant, le chef fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing imagine la version pour orchestre, en soignant particulièrement le raffinement instrumental, la lisibilité du contrepoint, la suavité très pudique qui fonde la sensualité orientalisante d’un Dubois, assimilateur de Gounod et de Massenet. A partir des partitions du Paradis Perdu (récemment ressuscité), des Symphonies également, Jean-Claude Malgoire propose une immersion complète dans l’imaginaire instrumental de Dubois où comme pour ses contemporains et comme l’attestent les traités d’orchestration d’époque, priment la harpe, le saxophone et aussi l’ophicléide (basse de cuivre) entre autres… C’est une peinture très complète du motif espagnol arabisant, à la façon des tableaux contemporain de l’excellent Gérôme : Jean-Claude Malgoire a surtout puisé dans la seconde version d’Aben Hamet, celle que Dubois a préparé dès 1888 : plus courte, plus équilibrée dramatiquement; l’impossibilité des deux coeurs de religion différente de s’unir, y gagne en force, comme le montraient déjà Atala et René de Chateaubriand. C’est le poids des guerres aveugles et répétitives, mais aussi la folie des ascendants pris dans l’enfer de la fatalité guerrière qui sont particulièrement épinglés ici : la propre mère d’Aben, Zuléma ne cesse d’exhorter son fils à la conquête armée, pour venger son père Boabdil, reconquérir Grenade signifie effacer l’outrage du Cid, ce chrétien irrésistible, vainqueur des Maures au XIème siècle.  Que peuvent deux jeunes amoureux contre la guerre et la haine qui opposent leurs familles respectives ? Le thème renvoie aussi à la légende de Roméo et Juliette.

malgoire_jean_claudeLa distribution réunie par Jean-Claude Malgoire est l’autre argument en faveur de cette recréation majeure aujourd’hui édité par l’Atelier Lyrique de Tourcoing (et donc disponible sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing) : Guillaume Andrieu, baryton chante Aben aux côtés de Ruth Rosique, Hasnaa Bennani, Marc Boucher et Nora Sourouzian… Prochaine grande critique du cd Aben Hamet par Jean-Claude Malgoire et l’Atelier Lyrique de Tourcoing dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com. Lors de la création française de la production d’aben Hamet à Tourcoing, les équipes vidéo du studio classiquenews.com étaient présentes et ont réalisé un reportage vidéo exclusif : VOIR le reportage vidéo Aben Hamet recréé à Tourcoing en mars 2014

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VIDEO, reportage. Théodore Dubois : Aben Hamet, recréation par l’Atelier Lyrique de Tourcoing

ABEN-hamet-theodore-dubois-575-jean-claude-malgoireVIDEO, reportage. Aben Hamet de Théodore Dubois. Jean-Claude Malgoire implique ses troupes de l’Atelier Lyrique de Tourcoing pour la recréation en version scénique de l’opéra oublié de Théodore Dubois : ABEN HAMET d’après Le dernier Abencérage de Chateaubriand. Après la Reconquista, Aben Hamet tente de reconquérir depuis Grenade, l’ancien Califat de ses ancêtres, poussé par sa mère Zulema… Mais accostant en Espagne chrétienne, il tombre amoreux de la fille du Conte de Santa Fe, Bianca. Il est musulman, elle est chrétienne : les rivalités religieuses auront elles raison de leur amour ? Grand reportage vidéo de la recréation réalisée à Tourcoing par Jean-Claude Malgoire qui a réorchestré la partition en s’inspirant minutieusement des autres partitions autographes de Dubois… Grand reportage video CLASSIQUENEWS.COM, entretiens avec Jean-Claude Malgoire, Alita Baldi (mise en scène) et les chanteurs : Guillaume Andrieux (Aben Hamet), Marc Boucher (le duc de Santa Fe)…

Compte rendu, opéra. Tourcoing. Atelier Lyrique, le 16 mars 2014. Théodore Dubois : Aben Hamet. Guillaume Andrieux, Ruth Rosique, Nora Sourouzian, Hasnaa Bennani. Jean-Claude Malgoire, direction musicale. Alita Baldi, mise en scène

TOURCOING: Aben Hamet (1884) de Théodore Dubois, ressuscité!Initiative courageuse de la part de l’Atelier Lyrique de Tourcoing que de redonner vie au rarissime Aben Hamet de Theodore Dubois. Créé dans la langue de Dante au Théâtre Italien de Paris le 16 décembre 1884, avec dans le rôle-titre le légendaire Victor Maurel, créateur pour Verdi des rôles de Iago et Falstaff, et à ses côtés rien moins qu’Edouard de Reszké et Emma Calvé, cet ouvrage lyrique s’inspire du Dernier des Abencérages écrit par Châteaubriand. L’intrigue nous raconte comment Aben Hamet, fils du roi Boabdil, part vers Grenade pour soulever les musulmans demeurés en Espagne et reprendre le pouvoir. Suivi en secret par sa mère Zulema et sa promise Alfaïma, le jeune homme rencontre la belle Bianca, fille du Duc de Santa-Fe, dont il tombe instantanément amoureux. Mais elle est catholique alors qu’il est musulman, et leur amour demeure impossible, la barrière de la religion séparant leurs cœurs.

Le maure oublié

Elève de François Bazin et Ambroise Thomas, Théodore Dubois a développé dans cette œuvre un vrai talent de mélodiste, puisant dans la grande tradition française, où l’on reconnait parfois l’ombre de Gounod, l’air d’entrée d’Aben Hamet rappelant irrésistiblement Le Roi de Lahore de Massenet.
Quant à l’orchestration, demeurée perdue – du moins jusqu’à quelques jours avant la première représentation, la BNF annonçant qu’elle renfermait peut-être l’instrumentation originale –, elle a fait l’objet de toute l’imagination de Jean-Claude Malgoire et Vincent Boyer, tous deux ayant puisé dans les traits d’harmonie de l’époque de Dubois, afin d’en restituer les couleurs de la façon la plus plausible. Un travail de titan qui se doit d’être salué, tant le résultat se révèle probant, faisant la part belle aux cordes, ainsi qu’au saxophone et aux percussions orientales.
Après une version de concert de l’autre côté de l’Atlantique, à Saint-Lambert (Canada) en juin 2013, il était temps d’offrir un écrin scénique à cette redécouverte, utilisant la traduction française de l’original italien.
Alita Bladi fait de nécessité vertu, imaginant un cadre simple, délicatement orientalisant sans excès, laissant à la musique une place prépondérante.
Dans le rôle-titre, Guillaume Andrieux fait de son mieux, et met son baryton léger, presque ténorisant parfois, au service d’une vocalité qui, à notre sens, appelle un instrument plus large et plus vaillant – l’enregistrement qu’en a fait Jean Noté dans les années 1910 en donne un aperçu convainquant –, mais le jeune artiste se jette dans la bataille avec un enthousiasme communicatif et un beau sens musical.
Ruth Rosique incarne une sensible Bianca, le charnu et délicat soprano de la chanteuse espagnole convenant parfaitement à la vocalité du personnage, sensible sans mièvrerie.
En mère autoritaire, Nora Sourouzian fait fulminer son mezzo corsé et donne un beau relief à Zulema, notamment dans son arioso du premier acte, tandis que la douce Alfaïma apparaît sous les traits charmants et la vocalité pure de la jeune Hasnaa Bennani, dont nous suivons toujours de loin la carrière.
Aux côtés du Duc de Sante-Fe parfaitement à sa place de Marc Boucher, les chœurs participent avec passion à ce moment important pour l’Atelier Lyrique de Tourcoing.
Toujours seul maître à bord, Jean-Claude Malgoire galvanise les musiciens de sa Grande Ecurie et la Chambre du Roy, chacun mesurant l’enjeu de ce projet ambitieux.
Une redécouverte courageuse, qui donne envie d’entendre l’œuvre à nouveau, cette fois avec l’orchestration originale de Dubois et les formats vocaux pressentis, le rôle du Maure ne pouvant qu’intéresser les barytons de notre époque, ainsi que – pourquoi pas ? – dans la version initiale en italien.

Tourcoing. Atelier Lyrique, 16 mars 2014. Théodore Dubois : Aben Hamet. Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières. Avec Aben Hamet : Guillaume Andrieux ; Bianca : Ruth Rosique ; Zulema : Nora Sourouzian ; Alfaïma : Hasnaa Bennani ; Le Duc de Sante-Fe : Marc Boucher. Ensemble Vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing. La Grande Ecurie et la Chambre du Roy. Jean-Claude Malgoire, direction musicale. Mise en scène : Alita Baldi ; Scénographie : Alain Lagarde ; Costumes : Christine Rabot-Pinson ; Lumières : Enrico Bagnoli ; Orchestration : Jean-Claude Malgoire et Vincent Boyer ; Chef de chant : Martin Surot

VIDEO. TOURCOING: Jean-Claude Malgoire ressuscite Aben Hamet de Théodore Dubois (clip vidéo)

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirTourcoing: Théodore Dubois, Aben Hamet, 1884.Les 14,16,18 mars 2014. CLIP VIDEO. D’après Chateaubriand (Le dernier Abencérage), l’académicien Théodore Dubois et ses librettistes abordent la passion amoureuse sur fond d’inquisition et de guerres religieuses. Aben Hamet poussé par sa mère Zuléma tente de reconquérir pour la foi de ses ancêtres l’Espagne depuis Grenade : restaurer l’ancien Califat dont son père était le roi. Chrétiens et musulmans s’affrontent mais le maure Aben tombe amoureux de la belle chrétienne Bianca : défiant la fatalité des antagonismes héréditaires, leur amour foudroyant sera cependant vaincu par l’opposition des religions.

 

 

ABEN-hamet-theodore-dubois-575-jean-claude-malgoire

 

 

 

CLIC_macaron_2014Audace et raffinement harmoniques, subtilité mélodique avec un usage très subtil des leitmotiv, pureté stylistique et suprême élégance, l’opéra Aben Hamet (créé en 1884) nous est restitué dans une nouvelle orchestration, réalisée par Jean-Claude Malgoire d’après la version chant / piano originale. C’est l’occasion de savourer cet orientalisme français d’une irrésistible séduction (où rayonne le timbre de la harpe, du saxophone…) : Aben Hamet poursuit la claire et lumineuse vision de Carmen de Bizet. Mais Dubois y ajoute aussi sa parfaite connaissance de l’opéra hérité de Gounod, Fauré, Saint-Saëns, Massenet. Sa sensualité et sa finesse annoncent même Debussy. C’est dire l’importance de cette résurrection. A Tourcoing, Jean-Claude Malgoire  réunit une distribution convaincante où rayonne le timbre clair et juvénile du baryton Guillaume Andrieux dans le rôle-titre : à Grenade, le jeune prince découvre l’amour mais doit affronter l’extrémisme : il mourra sur le champ de bataille. Dans une mise en scène épurée, à la fois suggestive et abstraite (signée Alita Baldi), l’action lyrique suit son cours, sans faiblir jusqu’à la superbe scène finale d’un romantisme préservé. Production événement, Tourcoing les 14, 16 et 18 mars 2014. CLIC de CLASSIQUENEWS.COM

 

Lire notre présentation de l’opéra ABEN HAMET de Théodore Dubois (1884)

Toutes les infos sur le site de L’Atelier Lyrique de Tourcoing 

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
création mondiale
version réorchestrée (JC Malgoire)
livret en français

 

boutonreservation

 

Vendredi 14 mars 2014 à 20h
Dimanche 16 mars 2014 à 15h30
Mardi 18 mars 2014 à 20h
Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos

Billetterie / 03 20 70 66 66

Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières d’après la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier Abencèrage. Opéra créé au Théâtre Italien à Paris le 16 décembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scène
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumières
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
Alfaïma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy

 

TOURCOING. Théodore Dubois : Aben Hamet ressuscité

ABEN-HAMET_dubois_malgoire_atelier_lyrique-de-Torucoing_affiche-petite-246Tourcoing: Aben Hamet de Dubois, recréation. Les 14,16,18 mars 2014. Création mondiale en version scénique. Après en avoir proposé la version de concert au Canada (en juin 2013 à Saint-Lambert), Jean-Claude Malgoire et sa fidèle équipe (Atelier lyrique de Tourcoing, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy) proposent en 3 soirées la création en français et mise en scène de l’opéra Aben Hamet du compositeur classique académique Théodore Dubois. Le chant des amants contre la guerre religieuse. Le sujet brosse le portrait du dernier Abencérage (Aben Hamet, lui-même fils du dernier roi des Maures, Boabdil); prêt en accostant à Grenade a reconquérir l’Espagne (malgré la défaite des Maures depuis 1492). Sur fond historique, exhalant parfums, couleurs et décors orientalisants à la manière du peintre Gérôme (lui-même pompier et académique, ami proche de Dubois), le compositeur imagine vertiges et épreuves d’un amour impossible, celui du musulman Aben Hamet passionnément épris de la belle chrétienne Bianca, fille du gouverneur de Grenade… tout les sépare et pourtant ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. La loi des cÅ“urs contre la fatalité des conflits séculaires… En mars 2014, Jean-Claude Malgoire ressuscite un opéra créé en 1884 qui eut un immense retentissement et dont le sujet polémique (le chant de deux coeurs amoureux contre les antagonismes politiques et la barbarie de la guerre) explique qu’il fut scrupuleusement écarté et mis dans l’ombre très vite. Le chef en propose sa version personnelle d’après un long travail de recherche et de mise en forme respectueuse de l’esprit de l’oeuvre. L’opéra créé en italien est ici chanté en français. Et la partition d’orchestre a été totalement réécrite à partir d’une version chant piano, seule manuscrit parvenu, transmis par l’arrière-petit fils du compositeur.

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirRéorchester Aben. A partir des traités d’orchestration de Gounod et de Massenet, Jean-Claude Malgoire a rétabli une pâte sonore aux évocations orientales de Dubois ; le chef a aussi consulté la matière disponible aujourd’hui, c’est à dire les partitions des oratorios de Dubois : Le Paradis Perdu récemment ressuscité, Les Sept paroles du Christ en croix, de ses symphonies dont la Symphonie française. Théodore Dubois était alors plus connu comme compositeur à l’église qu’auteur lyrique. Autant de sources permettant aujourd’hui de mieux connaître l’orchestrateur élégant, sensible, raffiné et transparent que fut Dubois : une personnalité musicale du milieu parisien très estimée. Dans la fosse d’opéra, à l’époque de Dubois se distinguent les cordes (dont la harpe inévitable alors), mais aussi l’importance du pupitre des vents (saxophone) et des cuivres (ophicléide) sans omettre la richesse des percussions aux couleurs nettement orientalisantes (clochettes, castagnettes, tambour de basque …).

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirL’amour ou le devoir. Jean-Claude Malgoire a resserré le livret français tout en adaptant les mots et les références religieuses selon notre propre sensibilité ; s’agissant d’un terrain toujours polémique, les choix linguistiques et lexicaux ont été particulièrement soignés afin d’inscrire le sujet et l’action de l’oeuvre de Dubois dans notre actualité. Pour se faire, la seconde version validée par l’auteur en 1888, – pour d’éventuelles reprises, après la création de 1884, a été adoptée, dont les tailles dans l’acte III, mais aussi l’ajout d’une scène ultime où la mère d’Aben, Zuléma, voix de la fatalité guerrière et de la vengeance suicidaire, exhorte son fils à réaliser par devoir, son destin politique : venger l’âme de son père en conquérant Grenade : or comment pourrait-il honorer son père le roi Boabdil s’il épouse une chrétienne ? La violence du sujet vient du choix que fait Dubois : montrer l’impossibilité des deux amants de vivre leur amour face à l’antagonisme religieux et politique hérité de leurs aînés.

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
création mondiale
version réorchestrée (JC Malgoire)
livret en français

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Vendredi 14 mars 2014 à 20h
Dimanche 16 mars 2014 à 15h30
Mardi 18 mars 2014 à 20h
Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos

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Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières d’après la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier Abencèrage. Opéra créé au Théâtre Italien à Paris le 16 décembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scène
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumières
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
Alfaïma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy

Théodore Dubois : Aben Hamet ressuscité

ABEN-HAMET_dubois_malgoire_atelier_lyrique-de-Torucoing_affiche-petite-246Tourcoing: Aben Hamet de Dubois, recréation. Les 14,16,18 mars 2014. Création mondiale en version scénique. Après en avoir proposé la version de concert au Canada (en juin 2013 à Saint-Lambert), Jean-Claude Malgoire et sa fidèle équipe (Atelier lyrique de Tourcoing, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy) proposent en 3 soirées la création en français et mise en scène de l’opéra Aben Hamet du compositeur classique académique Théodore Dubois. Le chant des amants contre la guerre religieuse. Le sujet brosse le portrait du dernier Abencérage (Aben Hamet, lui-même fils du dernier roi des Maures, Boabdil); prêt en accostant à Grenade a reconquérir l’Espagne (malgré la défaite des Maures depuis 1492). Sur fond historique, exhalant parfums, couleurs et décors orientalisants à la manière du peintre Gérôme (lui-même pompier et académique, ami proche de Dubois), le compositeur imagine vertiges et épreuves d’un amour impossible, celui du musulman Aben Hamet passionnément épris de la belle chrétienne Bianca, fille du gouverneur de Grenade… tout les sépare et pourtant ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. La loi des cÅ“urs contre la fatalité des conflits séculaires… En mars 2014, Jean-Claude Malgoire ressuscite un opéra créé en 1884 qui eut un immense retentissement et dont le sujet polémique (le chant de deux coeurs amoureux contre les antagonismes politiques et la barbarie de la guerre) explique qu’il fut scrupuleusement écarté et mis dans l’ombre très vite. Le chef en propose sa version personnelle d’après un long travail de recherche et de mise en forme respectueuse de l’esprit de l’oeuvre. L’opéra créé en italien est ici chanté en français. Et la partition d’orchestre a été totalement réécrite à partir d’une version chant piano, seule manuscrit parvenu, transmis par l’arrière-petit fils du compositeur.

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirRéorchester Aben. A partir des traités d’orchestration de Gounod et de Massenet, Jean-Claude Malgoire a rétabli une pâte sonore aux évocations orientales de Dubois ; le chef a aussi consulté la matière disponible aujourd’hui, c’est à dire les partitions des oratorios de Dubois : Le Paradis Perdu récemment ressuscité, Les Sept paroles du Christ en croix, de ses symphonies dont la Symphonie française. Théodore Dubois était alors plus connu comme compositeur à l’église qu’auteur lyrique. Autant de sources permettant aujourd’hui de mieux connaître l’orchestrateur élégant, sensible, raffiné et transparent que fut Dubois : une personnalité musicale du milieu parisien très estimée. Dans la fosse d’opéra, à l’époque de Dubois se distinguent les cordes (dont la harpe inévitable alors), mais aussi l’importance du pupitre des vents (saxophone) et des cuivres (ophicléide) sans omettre la richesse des percussions aux couleurs nettement orientalisantes (clochettes, castagnettes, tambour de basque …).

 

ABEN-HAMET_dubois_vignette_fond-noirL’amour ou le devoir. Jean-Claude Malgoire a resserré le livret français tout en adaptant les mots et les références religieuses selon notre propre sensibilité ; s’agissant d’un terrain toujours polémique, les choix linguistiques et lexicaux ont été particulièrement soignés afin d’inscrire le sujet et l’action de l’oeuvre de Dubois dans notre actualité. Pour se faire, la seconde version validée par l’auteur en 1888, – pour d’éventuelles reprises, après la création de 1884, a été adoptée, dont les tailles dans l’acte III, mais aussi l’ajout d’une scène ultime où la mère d’Aben, Zuléma, voix de la fatalité guerrière et de la vengeance suicidaire, exhorte son fils à réaliser par devoir, son destin politique : venger l’âme de son père en conquérant Grenade : or comment pourrait-il honorer son père le roi Boabdil s’il épouse une chrétienne ? La violence du sujet vient du choix que fait Dubois : montrer l’impossibilité des deux amants de vivre leur amour face à l’antagonisme religieux et politique hérité de leurs aînés.

 

 

Théodore Dubois (1837-1924)
Aben Hamet, 1884
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Vendredi 14 mars 2014 à 20h
Dimanche 16 mars 2014 à 15h30
Mardi 18 mars 2014 à 20h
Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos

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Livret de Léonce Détroyat et Achille de Lauzières d’après la nouvelle de Chateaubriand : Les Aventures du dernier Abencèrage. Opéra créé au Théâtre Italien à Paris le 16 décembre 1884

Jean Claude Malgoire et Vincent Boyer, orchestration
Jean Claude Malgoire, direction musicale
Alita Baldi, mise en scène
Alain Lagarde, scénographie
Enrico Bagnoli, lumières
Christine Rabot-Pinson, costumes

Aben Hamet : Guillaume Andrieux, baryton
Bianca : Ruth Rosique, soprano
Alfaïma : Hasnaa Bennani, soprano
Zuléma : Nora Sourouzian, mezzo-soprano
Le Duc de Santa-Fe : Marc Boucher, baryton-basse

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy