Symphonie n°1 de Sibelius (1899)

arte_logo_2013ARTE, jeudi 11 avril 2019, 5h. SIBELIUS : Symphonie n°1. Concert symphonique enregistré en 2015, l’année des 150 ans de Jean Sibelius (1865-1957), le plus grand compositeur symphonique en Europe, dans la première moitié du XXè, avec Ravel et Debussy, R Strauss et Mahler.
sibelius-jeune-portrait-classiquenewsL’opus 39 de Sibelius est l’oeuvre d’un jeune compositeur de 34 ans qui achève son premier opus symphonique début 1899, suscitant une admiration telle qu’il obtient une rente de l’état finnois à vie. Heureux créateur, reconnu pour son talent… Déjà dans la forme classique de ce premier coup de génie, s’affirment des ruptures de ton, des éclairs romantiques fulgurants qui bousculent l’écoulement tranquille. L’Adagio initial (premier volet du mouvement I, précédant l’Allegro energico) fait valoir de superbes effets de timbres, emblèmes d’une orchestration raffinée et puissante. L’Andante qui suit, exprime une mélodie particulièrement orginale et mélancolique, avec dans l’alliance frémissante des cors et des cordes, une claire référence à la forêt magique de Wagner (Siegfried : murmures de la forêt), même si Sibelius s’est toujours précautionneusement écarté du compositeur germanique. L’Allegro est un scherzo où triomphe et s’embrase la volupté du trio central (pour les vents). A la façon d’une rhapsodie (« quasi una fantasia »), le Finale en mi mineur cumule les contrastes de rythmes et de caractères avec une irrépressible énergie, celle d’une conclusion enfin énoncée qui délivre sa vérité comme la clé d’un rébus enfin résolu. Toute l’oeuvre de Sibelius tend à quesitonner la forme et le développement symphonique ; comment (orchestration / couleurs), vers où ? (sens, architecture)… Sibelius cherche la clé d’un déroulement essentiel et organiquement cohérent. C’est pourquoi, dès ce premier essai de 1899, il ouvre des perspectives aussi personnelles qu’un Mahler. Mais à l’inverse de ce dernier, et par tempérament, Sibelius se replie de plus en plus vers un schéma serré, court, synthétique, au point que sa dernière symphonie, enchaînant les mouvements (créée en 1923 à Helsinki), totalise moins de 30 mn…

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arte_logo_2013LIRE aussi notre critique de la Symphonie n°1 de Jean Sibelius, récemment enregistrée par Santtu-Maias ROUVALI :
http://www.classiquenews.com/cd-critique-sibelius-symphonie-n1-en-saga-gothenburg-symphony-santtu-matias-rouvali-1-cd-alpha-2018/