Ernani de Verdi avec Ramon Vargas, Ludovic TĂ©zier

france3 logo 2014France 3. Verdi : Ernani. Mercredi 19 novembre 2014, 23h50. 2 ans après le succès de Nabucco Ă  la Scala de Milan (mars 1842) Verdi est acclamĂ© de mĂŞme par les vĂ©nitiens heureux d’applaudir le nouveau drame lyrique Ernani, Ă©crit pour La Fenice (mars 1844), premier opus destinĂ© Ă  la scène lagunaire : le compositeur composa ensuite La Traviata au retentissement nettement moins fracassant. Avec Ernani, inspirĂ© de la pièce de Hugo de 1830, drame spectaculaire et historique comme scrupuleux et efficace, le jeune Verdi amorce une sĂ©rie d’ouvrages nerveux, aux rĂ©fĂ©rences clairement patriotes dont l’ardeur juvĂ©nile adaptĂ©e au sujet de conquĂŞte et d’amours Ă©prouvĂ©s galvanise l’enthousiasme des spectateurs. Ce sont ses fameuses annĂ©es de galère, apportant succès et aussi travail  forcenĂ© en particulier avec le librettiste Francesco Maria Piave, complice pour une dizaine d’opus lyriques. verdi, gĂ©nie de la mĂ©lodie partage avec Piave un sens très affĂ»tĂ© du drame : il recherche avant tout des situations habilement brossĂ©es qui approfondit toujours la psychologie de ses personnages.

Horreur tragique d’après Hugo…

xl_image1019Au centre de l’intrigue, Elvira est le sujet du dĂ©sir de trois hommes : Ernani (tĂ©nor), le Roi d’Espagne Carlo (baryton), son oncle Silva (basse), vieillard abusif (prĂ©figuration de Luna du Trouvère amoureux de la jeune Leonora. D’ailleurs Ă  partir du trio Elvira, Ernani, Silva soit la trinitĂ© verdienne soprano tĂ©nor baryton/basse, se prĂ©cise peu Ă  peu une typologie dramatique que le compositeur affinera peu Ă  peu Ă  travers ses opĂ©ras suivants : toujours la soprano et le tĂ©nor sont Ă©troitement attirĂ©s l’un par l’autre, une fusion remise / contrariĂ© par la prĂ©sence du baryton, soit que ce dernier soit le tuteur ou le père de la jeune femme (Rigoletto, Bocanegra, AĂŻda, La Traviata…) soit qu’il soit comme ici le rival grisonnant du jeune tĂ©nor (Le Trouvère, Don Carlo…).

Au XVIè (1519), en Espagne, le rebelle Ernani (ex Don Juan d’Aragon) est pourchassĂ© par le Roi de Castille Charles (le futur empereur Charles Quint) qui aime la mĂŞme femme, Elvira laquelle doit Ă©pouser son oncle, le vieux Silva. Alors que le Roi a emmenĂ© Elvira avec sa suite, Silva et Ernani signent un pacte pour sauver la jeune femme (fin du II) : au son du cor que fait retentir Silva, Ernani se donnera la mort pour sauver celle qu’il aime. Mais Devenu Empereur, Carlo se dĂ©die et pardonne en souverain clĂ©ment : Ernani et Elvira peuvent se marier (acte III)… le soir des noces, le cor de Silva retentit : hĂ©ros naĂŻvement loyal, Ernani se poignarde (acte IV). La fin d’Ernani a des accents  tragiques exacerbĂ©s, permettant que se rĂ©alise dans la scène finale, la terrible vengeance – une trame proche de celle du Trouvère d’ailleurs (opĂ©ra qui se passe Ă©galement en Espagne).

france3 logo 2014France 3. Verdi : Ernani. Mercredi 19 novembre 2014, 23h50.  Production enregistrĂ©e en avril 2014 Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo. avec Ramon Vargas (Ernani), Ludovic TĂ©zier (Carlo), Svelta Vassilieva. Daniele Callegari, direction. Jean-Louis Grinda, mise en scène.