Le danseur et chorégraphe François Mauduit présente une saison
2025 – 2026 d’autant plus flamboyante qu’elle marque les 20 ans de sa compagnie. Temps fort de ce cycle anniversaire, le ballet « Dancer(s) », qui est l’objet d’une tournée impressionnante dont 2 dates à Paris (les 9 et 10 décembre prochains, Théâtre du 13è Art). François Mauduit évoque le contexte et le sujet d’une chorégraphie emblématique de son travail, dont le langage qui emprunte à toutes les formes de l’écriture classique, immerge dans la vie du danseur, ses rêves, ses défis, les épreuves, l’entrainement du corps, la réalité de la scène et les éléments qui continuent d’entretenir la flamme de la passion… « Pourquoi danser ? », pour qui, comment ? François Mauduit expose ses éléments de réponses.
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Photo : portrait de François Mauduit DR
CLASSIQUENEWS : Quel serait le sujet principal de votre ballet « dancer(s) » ?
François Mauduit : La vie du danseur / de la danseuse. Depuis ses débuts jusqu’à la fin de sa carrière, et durant ce long parcours, le rapport à la réalité et aux rêves. J’évoque tout ce qui porte et inspire un danseur et aussi tout ce qui l’entrave dans son métier : la réalité du corps, l’épreuve de la scène. Comment le corps évolue avec les années… comment aussi malgré les défis et les obstacles, chacun de nous conserve la passion et la flamme, le désir et le plaisir de toujours danser. Je pose la question : « pourquoi on danse ? » Le rêve peut s’évanouir, mais le désir résiste et demeure. J’ai conçu le ballet comme une parabole de la vie. Il y a de la dérision, de l’humour aussi, et j’espère de la poésie…. jusqu’au tableau final, que j’ai souhaité lumineux.
CLASSIQUENEWS : Quel en est le langage chorégraphique ?
François Mauduit : Je m’inscris dans la veine classique et chacun de mes ballets cherchent à en explorer toutes les possibilités. En réalité, le ballet néo classique emprunte au ballet académique et même à la création contemporaine. J’aime mettre en avant la richesse du vocabulaire classique avec une dimension théâtrale, ainsi que je l’ai appris en étant danseur chez Maurice Béjart. J’aime développer la théâtralité, l’engagement du corps dans un jeu d’acteur ; il est important de créer sur scène, une galerie de personnages et pas seulement des corps qui dansent. Dans « Dancer(s) », j’utilise toutes les facettes du langage chorégraphique, tout ce que j’ai expérimenté dans les ballets précédents. J’aime mettre en avant cette diversité qui croise aussi la grande pluralité des musiques choisies.
CLASSIQUENEWS : Comment ce ballet s’inscrit-il vis à vis des précédents ? De quelle façon est-il emblématique de votre travail personnel ?
François Mauduit : Le ballet a été créé juste après l’épidémie de covid. C’était une période difficile, car sans public, sans spectacles, il fallait coûte que coûte continuer à danser, ne pas rompre l’activité ni la pratique, surtout conserver la motivation. Dans ce contexte, je me suis interroger profondément sur la vie du danseur : qu’est ce qui nous motive ? Pourquoi danser ?
En réalité le ballet arrive au bon moment, pour fêter d’une certaine façon les 20 ans de notre Compagnie. J’y ai intégré bon nombre d’éléments déjà présents dans mes ballets précédents ; j’ai picoré en quelque sorte dans mes réalisations antérieures. Evidemment, pendant 1h30, s’agissant d’évoquer la vie d’un danseur, le ballet reprend des sujets qui sont liés aux influences que j’ai reçues en tant que danseur et comme chorégraphe aussi. C’est une sorte de rétrospective, une synthèse, très représentative de mon travail.
Si je devais distinguer à ce titre deux tableaux significatifs, j’isolerai le premier où dans un essoufflement collectif, la danse classique va très loin, au bout des limites physiques et expressives des danseurs ; ces 20 premières minutes exigent énormément des interprètes ; il s’y dépensent jusqu’à leurs dernières limites, dans une sorte d’épreuve qui les libère aussi.
Ensuite, je citerai le dernier tableau où cette part d’enfance qui porte le danseur, malgré les péripéties multiples qui se sont imposées à lui, s’affirme comme une force préservée.
CLASSIQUENEWS : Avez-vous noté des évolutions de la part des spectateurs, des directeurs de salles ?
François Mauduit : Le public est très demandeur de nouveaux spectacles. Les programmateurs sont moins ouverts. Il est difficile de démontrer que s’agissant de danse classique, il existe d’autres écritures possibles que les grands ballets célèbres comme Le lac des cygnes, … que j’adore, ce n’est pas la question. Il est important de montrer qu’en matière de ballet classique, il est possible d’inventer toujours des langages et des formes très riches, ce aux côtés du hip hop ou de la danse contemporaine.
Je dois à Maurice Béjart d’avoir mesurer combien le danseur ne peut pas être un fonctionnaire, car il s’agit surtout de passion. Danser, c’est une question qui engage.
Maurice Béjart avait ce don de renouveler toujours son propre langage en se souciant du rapport au public, de ce que le danseur sur la scène suscite auprès des spectateurs. Il avait le sens du timing et savait très précisément à quel moment, déployer tel geste ou telle attitude pour que le public entre dans l’action et tombe immédiatement amoureux des situations et des danseurs. J’ai appris à ses côtés comme danseur et comme chorégraphe, l’importance du mouvement, du théâtre, du jeu, mais aussi des musiques choisies. Béjart était aussi très cultivé ; il a su faire évoluer la danse anecdotique vers une célébration spirituelle, tout cela en communion avec le spectateur.
Propos recueillis en décembre 2025
TEASER VIDÉO
agenda
Le Ballet « DANCER(S) » est à l’affiche du Théâtre du 13è art, les 9 et 10 décembre 2025 – Plus d’infos :
www.le13emeart.com
www.francoismauduit.fr
présentation / annonce
LIRE aussi notre annonce du ballet événement « DANCER(S) » de François Mauduit / les 9 et 10 décembre 2025 : https://www.classiquenews.com/paris-13e-art-ballet-the-dancers-compagnie-francois-mauduit-les-9-et-10-decembre-2025/
la vraie vie d’un.e danseur.euse
À l’occasion des 20 ans de sa compagnie, le danseur François Mauduit, ex soliste de Maurice Béjart, questionne la danse et les danseurs ; il évoque ses souvenirs de danse avec passion, tendresse, férocité parfois et même folie… Du petit rat de l’Opéra son travail de soliste au sein de la compagnie de Maurice Béjart, ses premiers professeurs, ses rencontres avec de grandes personnalités, … de nombreux souvenirs se mélangent aux douces illusions d’une enfance totalement dévouée à la danse. Portrait François Mauduit (DR).
VOIR aussi l’entretien vidéo de François Mauduit à propos de » Dancer(s) » : https://www.instagram.com/reel/DRhvr5BDH3g/
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