Nocturne #50 – Théâtre Louis Aragon – une soirée versatile ou l’énergie et l’esprit de la danse sont valorisés. La soirée se divise en trois créations chorégraphiques : Sawata, une création contemporaine de Nadéeya Gk ; La Breva, une création contemporaine de Dafne Bianchi, interprétée par Dafne Bianchi et Anaïs Mauri ; et Get Deep, du club à la scène, une création de Didier Firmin.
Par notre envoyée spéciale Amalia Procopio-Valentin.
La première chose qui frappe d’emblée dans cette soirée, c’est la fluidité collective présente dans les trois chorégraphies de la soirée. Bien que ce soient des créations différentes, on sent comme une énergie et une joie de danser commune. Le premier spectacle de la soirée, Sawata, est une création contemporaine de Nadia Gabrieli Kalati, dite Nadéeya Gk, avec la compagnie aKôT. Il s’agit d’un solo de house dance qui ne semble pas raconter d’intrigue. La pièce repose plutôt sur une gestuelle à la fois fluide et saccadée, évoquant les mouvements de l’eau. Une mise en scène très sobre accompagne la danse : les costumes, légers et flottants, subliment les mouvements de la danseuse et accentuent l’impression de fluidité, tandis que l’espace est mis en valeur par des déplacements circulaires récurrents, et par un ancrage fort dans le sol. Cela montre la présence physique et scénique de l‘artiste. La bande sonore, construite sur un beat rythmé ponctué de murmures, reste dans cet imaginaire aquatique, pendant que le chant et la parole viennent enrichir la performance. Ce qui fonctionne particulièrement, c’est la cohérence entre les mouvements, les costume, les sons et l’énergie, ainsi que la capacité de l’interprète à mélanger tous ces aspects. C’est cela qui donne son originalité à la pièce. Sawata laisse ainsi une impression poétique, et invite à ressentir une certaine fluidité.
Le deuxième spectacle de la soirée, La Breva, est une création contemporaine de Dafne Bianchi pour la compagnie Néphélé, interprétée par Dafne Bianchi et Anaïs Mauri. La pièce ne s‘appuie pas sur une intrigue mais sur une alchimie forte entre les deux femmes sur scène, comme un lien sororal. La mise en scène repose sur une écriture chorégraphique très vivante, d’influences contemporaines, jazz et hip-hop, avec des mouvements rapides, fluides ou saccadés qui traduisent aussi bien l’élan que la retenue. Le travail de la lumière, qui découpe l’espace en différentes zones, structure efficacement le plateau et accompagne la circulation des danseuses. L’univers sonore, constitué de pulsations, de bruits, paroles et chants, soutient cette dynamique et renforce l’impression d’un dialogue non verbal. Ce qui marque surtout, c’est la qualité de l’interprétation : les deux danseuses rendent très lisible la transmission des émotions d’une personne à l’autre, non seulement par la danse, mais aussi par les regards, les visages et leur présence scénique. La Breva touche ainsi par les émotions transmisses à travers un dialogue non verbal et ce lien très fort exprimé par la danse.
Get Deep, du club à la danse, de Didier Firmin pour la compagnie Atmosphère, se construit comme une création contemporaine qui fait passer la danse de club à la scène, en conservant l’énergie, la liberté et une forme d’expression propres aux cultures urbaines. La mise en scène repose sur une chorégraphique nourrie de jazz, de hip-hop, de house et de gestes fluides, avec un rythme constamment renouvelé par les variations de dynamique entre solos, duos, trios et ensembles. Le travail de lumière joue un rôle essentiel en mettant tour à tour un danseur en avant, ce qui structure le regard et crée une structure vivante. L’univers sonore, mêlant musique jazz et hip-hop, mais aussi chant, slam, discours et poème, enrichit la proposition et lui donne une dimension à la fois touchante et engagée. Ce qui fonctionne particulièrement, c’est la présence des interprètes et la manière dont chacun semble affirmer une individualité tout en participant à une énergie collective. L’originalité du spectacle tient justement à cette capacité à mettre ne cohésion plusieurs langages, chorégraphiques, musicaux et vocaux. Ce qui marque surtout, c’est cette célébration de la liberté, de l’expression de soi et de l’énergie de la danse. Get Deep, du club à la scène, « impacte » ainsi par la force de son énergie, la liberté revendiquée et son l’énergie saisissante dégagée par les danseurs.
Partage et transmission
Accessible à tous, le spectacle trouve sa place au Théâtre Louis Aragon, un lieu de partage et de convivialité autour de l’art. À travers des soirées danse comme Nocturnes Danse #50, le Théâtre Louis Aragon affirme son engagement en faveur de la création chorégraphique. En programmant plusieurs chorégraphies au cours d’une même soirée, le théâtre offre la possibilité de découvrir différents styles et langages chorégraphiques en un seul moment. De plus, le fait d’ouvrir également ses portes à de nombreuses écoles de danse, afin que les élèves puissent assister à ces spectacles, donne à cette démarche une portée plus importante. Il ne s’agit pas seulement de diffuser des œuvres, mais aussi de créer un espace d’ouverture culturelle, de découverte et de transmission. Une telle initiative permet aux jeunes danseurs et danseuses de redécouvrir l’art et la scène, de nourrir leur curiosité et de développer leur sensibilité artistique. En ce sens, le Théâtre Louis Aragon occupe une place importante dans la valorisation de la culture, en faisant du spectacle vivant un lieu d’apprentissage, d’inspiration et d’élargissement des horizons. La soirée et ses spectacles remplissent donc leurs objectifs.
Nocturnes Danse #50 au Théâtre Louis Aragon réunit trois créations chorégraphiques aux écritures distinctes mais remplies d’une même énergie, et affirme, dans un esprit de partage et d’ouverture culturelle, la vitalité et l’esprit de la danse. Une expérience enrichissante, à voir.
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CRITIQUE, danse. TREMBLAY-EN-FRANCE (93), Théâtre L Aragon, le 10 avril 2026. Nocturne Danse #50 : Nadéeya Gk, Dafne Bianchi, Didier Firmin





