mercredi 14 octobre 2026

ENTRETIEN avec Bruno MANTOVANI, directeur artistique du Printemps des Arts de Monte-Carlo, à propos de l’édition 2026…

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ENTRETIEN avec BRUNO MANTOVANI, directeur artistique du Printemps des Arts de Monte-Carlo, à propos de l’édition 2026… Nouveau cycle « Utopies », mise en avant des partitions et des interprètes, recherche constante du « sens », continuité et renouvellement, Bruno Mantovani précise en quoi le Festival défend une singularité saisissante, complémentaire aux autres institutions musicales à Monaco.

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Photo : Bruno Mantovani DR

 

CLASSIQUENEWS : Comment s’inscrit cette nouvelle édition par rapport aux précédentes ?

Bruno Mantovani : Elle reprend à la fois certains principes des éditions passées comme les cartes blanches à des solistes ou groupes de musique de chambre, et une forte thématisation mais ouvre un  cycle que j’ai intitulé « Utopies ». C’est donc un nouveau chapitre du festival qui débute avec cette programmation axée sur les principaux enjeux compositionnels que nous déclinerons pendant plusieurs années.

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir choisi de mettre en lumière l’instrument ? Qu’avez-vous souhaité exprimer et partager ? De quelle façon s’invitent aussi la place et l’activité de l’interprète ?

Bruno Mantovani : L’évolution de l’organologie accompagne celle des langages. Si Maurice Ravel avait disposé uniquement du piano de Beethoven, il n’aurait jamais pu écrire certaines oeuvres. Si les violonistes jouaient exclusivement des cordes en boyaux, ils ne pourraient pas atteindre la puissance sonore nécessaire pour la musique contemporaine par exemple. Le tout est de proposer les bons interprètes pour les bons répertoires et les instruments les plus adéquats dans une volonté de placer les oeuvres au centre de la réflexion générale.

 

CLASSIQUENEWS : Quels parcours sonores, quelles expériences pour le festivalier s’annoncent à travers entre autres, les concerts du pianiste J.F. Neuberger ou des Ambassadeurs ?

Bruno Mantovani : Jean-Frédéric Neuburger va nous permettre d’explorer différents types de virtuosité à travers un très large répertoire et nous réfléchirons avec lui à la notion d’étude. Les Ambassadeurs, eux, présenteront plusieurs concertos pour claviers qui nous feront mieux comprendre le passage du clavecin au piano à la fin du 18ème siècle. Il y aura, je suis sûr, énormément de découvertes pour notre public.

 

CLASSIQUENEWS : Qu’apporte votre expérience de chef, de compositeur, dans la direction du Festival ?

Bruno Mantovani : Pour moi, le programmateur, le compositeur, le chef d‘orchestre, le directeur d’institutions se nourrissent mutuellement. C’est la notion de rhétorique qui est au centre de ma vie, elle s’exprime de façons multiples selon que j’écrive ou que je mette en relation des oeuvres d’époques différentes. Mais j’aime ce qui a du sens.

 

CLASSIQUENEWS : La diversité des formes, des effectifs, des sensibilités invitées chaque année, enrichit chaque édition du Printemps des Arts. De quelle façon ce fourmillement prolonge-t-il l’histoire et l’identité du Festival ?

Bruno Mantovani : La mission du Printemps des arts est de proposer de l’inédit, de l’inouï. Il y a déjà de magnifiques institutions musicales en Principauté avec notamment l’Opéra ou l’Orchestre Philharmonique…, le festival est là pour faire entendre encore autre chose. Il est aussi un laboratoire.

 

les œuvres sont
les héroïnes de cette programmation

 

CLASSIQUENEWS : Dans quelle direction un festival dans l’époque qui est la nôtre, doit-il s’orienter ?

Bruno Mantovani : Le Printemps des arts est une institution qui se pose la question du sens et qui résiste au star-system actuel qui touche trop souvent la musique savante occidentale. Ce sont les oeuvres qui sont les héroïnes de cette programmation.

 

CLASSIQUENEWS : Une anecdote ou un souvenir emblématique de la pérode où vous avez préparé et conçu la programmation 2026 ?

Bruno Mantovani : Elaborer une programmation est aussi une aventure humaine. Parmi les anecdotes, j’ai croisé Jean-Frédéric Neuburger l’été dernier dans un festival où je dirigeais la musique de Pierre Boulez. Il est venu me dire qu’il n’avait pas réalisé combien nos projets monégasques étaient d’une densité extrême et relevaient plus d’une suite de marathons que d’un paisible voyage musical ! Mais c’est un homme de défi et je pense qu’au fond, il est très heureux de le relever !

 

Propos recueillis en février 2026

 

 

 

 

présentation

LIRE aussi notre présentation de la 42ème édition du Printemps des Arts de Monte-Carlo 2026 : https://www.classiquenews.com/42eme-festival-printemps-des-arts-de-monte-carlo-11-mars-19-avril-2026-utopies-opus-1-80-oeuvres-50-compositeurs-12-creations-mondiales/

Intitulée « Utopies – opus 1 », la 42ème édition du Printemps des Arts de Monte-Carlo propose plus 80 œuvres de 50 compositeurs différents, interprétées par plus de 260 artistes. 12 créations mondiales seront présentées au public. Le Festival 2026 promet bien des (re)découvertes en questionnant en particulier les instruments. Le Festival 2026 inscrit davantage dans la programmation, cette quête du sens si rare de nos jours ; il amorce un nouveau cycle  » Utopies  » (qui engage un questionnement sur les enjeux de la composition), tout en promettant surprises, découvertes, partages…

 

 

 

42ème Printemps des Arts de Monte-Carlo : 11 mars – 19 avril 2026. « UTOPIES – opus 1 » : 80 œuvres, 50 compositeurs, 12 créations mondiales…

 

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