Le compositeur Berlinois Oliver Gruhn questionne le dernier cycle orchestral et vocal de Richard Strauss (« Vier letzte Lieder »), un corpus envoûtant et crépusculaire bâti, pour les 3 premiers lieder, à partir des poèmes de Hermann Hesse (« Frühling / Printemps », « September / Septembre », « Beim Schlafengehen / L’heure du sommeil ». En réalité un montage fabriqué de toute pièce par l’éditeur Eugen Roth. On sait à présent que les « 4 derniers lieder » ne sont pas 4 mais 5, depuis la redécouverte tardive du véritable dernier lied composé par Strauss en 1948, soit 1 an avant la mort de l’auteur en 1949 à 85 ans : « Malven » / Les Mauves.
Les 7 derniers lieder de Strauss
un nouveau cycle redécouvert, rétabli, homogène
OLIVER GRUHN va même plus loin : il réorganise l’enchaînement des lieder et propose un nouvel ordre poétique… en ajoutant 3 autres lieder : « Ruhe, meine Seele », « Nacht » dont il complète l’orchestration, enfin, conclusion du nouveau cycle en 7 stations, « Malven » déjà cité. L’intégration dans cet ordre est justifié par les sources : après l’achèvement de « Im Abendrot », Richard Strauss a d’abord orchestré « Ruhe, meine Seele« , avant de poursuivre avec « Frühling » et « Beim Schlafengehen« . En parallèle, il esquisse « Nacht », mélodie parvenue en fragments. La composition de September a suivi, et enfin en 1948 Strauss écrivit « Malven » la dernière mélodie avérée.
Pour Oliver Gruhn, il ne s’agit pas uniquement de recomposer l’ordre des derniers lieder mis en musique par Strauss avant de mourir ; il s’agit surtout de rétablir la juste chronologie des dernières poèmes mis en musique par Strauss, et d’en déduire ainsi une nouvelle signification poétique. C’est aussi un vrai défi sur le plan orchestral, chacune des 7 séquences devant s’unir dans une nouvelle totalité cohérente que renforce aussi l’orchestration complète qu’il propose pour « Nacht ».
L’apport ne manque pas d’arguments comme de séduction ; et le nouveau cycle permet de
mesurer désormais la puissance poétique du dernier Strauss, particulièrement inspiré par les textes tout autant denses et riches d‘Hermann Hesse (1877 – 1962) : leur essence panthéiste, initiatique, profondément nourri d’un humanisme spirituel. L’ensemble vient à propos célébrer le 150ème anniversaire du poète allemand, Prix Nobel de littérature en 1946. Enregistrement CLIC de CLASSIQUENEWS – prochaine critique complète sur CLASSIQUENEWS.
nouvelle succession des 7 derniers lieder de Richard Strauss
proposée par Oliver Gruhn :
1. Im Abendrot
2. Ruhe, meine Seele
3. Frühling
4. Beim Schlafengehen
5. Nacht
6. September
7. Malven
VIDÉO : « NACHT » le dernier lied de Richard STRAUSS, orchestré par Oliver GRUHN
Diana Schnürpel chante « Nacht », complété par Oliver Gruhn
NACHT – Richard Strauss (AV303) d’après un poème de Hermann Hesse – complété par Oliver Gruhn / Diana Schnürpel – Sopran, Symphoniker Hamburg, Sebastian Lang-Lessing, direction / Oliver Gruhn, compositeur
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critique
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