Chat, alors ! On se rend en la somptueuse Salle Garnier de Monaco – là où résonnent d’habitude les opéras de Verdi et de Puccini – voilà que nous explose au visage, dans la plus parfaite des productions de Broadway, la comédie musicale Cats. Un tourbillon de danses, de lumières, de chansons, de cabrioles, de rythmes, de swing ! Et, soudain, la chanson mythique « Memory » qui s’élève et nous fait frissonner…
Cats vient d’illuminer pendant presqu’un mois les fêtes monégasques. On peut vous l’affirmer : chat valait le coup ! L’histoire ? Une nuit. Une décharge urbaine. Une tribu de chats se rassemble pour faire la fête et élire celui qui accédera au Heaviside Layer, le paradis félin. L’élu – ou plutôt l’élue » – est Grizabella, ancienne gloire fanée, bannie, qui revient à la vie. Il y a de la morale dans cette histoire.
Dans cette nuit-là, les chats ne sont pas tous gris ! La scène déborde de couleurs, les costumes animaliers sont éblouissants de même que les maquillages. On imagine le temps que les artistes ont dû passer devant leur miroir avant d’entrer en scène !
La troupe incarne ce que la comédie musicale américaine sait produire de mieux : des artistes complets, entraînés à la danse, à l’acrobatie, aux claquettes, au chant. Oui, ici, les chats chantent – et chantent juste ! La troupe évolue d’un seul élan. Un seul frisson la parcourt, un seul souffle la porte, un même courant l’électrise. Dans cette affaire, il y en a un qui n’a pas donné sa langue au chat : c’est le metteur en scène ! Il savait ce qu’il voulait. Tout – chaque entrée, chaque sortie, chaque déhanchement, chaque mouvement d’épaule – est réglé au millimètre. Pas une hésitation dans les mouvements, les pas de danse, les cabrioles, les ensembles !… Les acteurs glissent avec une souplesse de félin… jusque dans la salle. Et avant même que la pièce ne s’ouvre à la fin sur le paradis des chats, le public est déjà aux anges.
Au début du spectacle est faite une annonce : l’orchestre joue en direct. L’info est d’importance, car les musiciens sont cachés. Et, vu la perfection de ce qu’on entend, et la synchronisation avec les chanteurs, on aurait pu croire à un enregistrement. Non, Ladies and Gentlemen, c’est du live. Et du beau !
Monaco n’est pas près d’oublier ces Cats. Chat valait vraiment le déplacement !
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CRITIQUE, comédie musicale. MONACO, Salle Garnier, le 31 décembre. ANDREW LLOYD WEBER : « Cats ». Mise en scène : Trevor Nunn ; Chorégraphie : Gillian Lynne ; Direction musicale : Daniel McLaughlin. Crédit photo (c) Opéra de Monte-Carlo






