dimanche 4 octobre 2026

CRITIQUE, opéra. PARIS, Palais Garnier, le 18 novembre 2025. MOZART : Les Noces de Figaro. G. Bintner, S. Devieilhe, C. Gerhaher, H-E. Müller, L. Desandre… Netia Jones / Antonello Manacorda

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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On a beau être habitué, pénétrer dans le Palais Garnier est toujours une fête, une cérémonie, un éblouissement d’or, de marbres et de velours. A l’occasion des deux cents ans de la naissance de Charles Garnier, le 6 novembre 1825, son palais semble plus beau que jamais pour lui rendre gloire.

 

Qu’y célèbre-t-on ? Pas un anniversaire mais des Noces – celles de Figaro. L’Opéra de Paris a repris le spectacle mis en scène il y a trois ans par Netia Jones, suscitant un concert de louanges – un concert auquel nous ne prendrons pas part. La metteuse en scène anglaise ne nous convie pas à l’opéra de Mozart mais… à ses coulisses, à la… préparation du spectacle des « Noces de Figaro ». Et, pour tout dire, on aurait préféré assister au spectacle plutôt qu’à sa préparation !… On voit courir les personnages dans les loges, dans les couloirs, dans la salle de costumes ou dans le foyer de la danse : Suzanne en habilleuse, Figaro en perruquier, Basile en chef de chant, Barberine en danseuse, Bartolo et Marceline apparaissent en régisseurs du spectacle, le comte et la comtesse en vedettes. Sur un écran se bousculent des chiffres projetés en vidéo : des numéros de loges, de mesures en mètres de tous ordres, des chronométrages en secondes dixièmes de secondes. Où se retrouve dans ce défilé de chiffres la grâce divine, l’infinie magie, la tendre subtilité de la musique de Mozart ? On se le demande. Mrs Jones enrichit sa mise en scène d’un message salutaire contre la violence faite aux femmes. Cela c’est bien ! Dans ses « Noces de Figaro », Beaumarchais avait déjà dénoncé l’arrogante supériorité masculine mais Da Ponte et Mozart avaient dû la gommer pour ne pas être censurés à Vienne.

 

 

La distribution vocale est dominée par Sabine Devieilhe. Ah, la ravissante Suzanne ! (Rappelons nous que c’était le rôle préféré de Mozart, confié à la cantatrice Nancy Storace, dont il était amoureux…). Le Chérubin de Lea Desandre est un véritable régal. Christian Gerhaher, Comte de haute stature, s’impose avec autant d’intensité que de musicalité. On est moins séduit par le Figaro de Gordon Bintner, dont la voix manque de ce poids un peu terrien que nécessite le personnage. Hanna-Elisabeth Müller, plutôt distante dans son « Porgi amor », retrouve une émotion certaine dans son « Dove sono ». James Creswell, voix de bronze, campe un beau Bartolo, tandis que le ténor italien Leonardo Cortellazzi donne du caractère à son Don Basile. Dans le reste de la distribution nous avons particulièrement remarqué la touchante Barberina d’Ilanah Lobei-Torres.

Le chef italien Antonello Manacorda mène bien son monde. On aurait parfois aimé sa baguette plus légère. Ces « Noces », au demeurant fort applaudies, nous laissent sur notre faim à titre personnel !…

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Palais Garnier, le 18 novembre 2025. MOZART : Les Noces de Figaro. G. Bintner, S. Devieilhe, C. Gerhaher, H-E. Müller, L. Desandre… Netia Jones / Antonello Manacorda. Crédit photo (c) Franck Ferville

 

 

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