Carmen, Violetta, Mimi… 3 visages de l’Ă©ternel fĂ©minin au XIXè

puccini-giacomo-portrait-operas-classiquenews-dossier-special-HOMEPAGE-classiquenewsARTE, Dim 7 juillet 2019. CARMEN, VIOLETTA, MIMI, ROMANTIQUES ET FATALES
« Mimi, Carmen, Violetta » compose un triptyque lyrique pour un film choral consacré aux héroïnes des trois opéras romantiques les plus joués dans le monde aujourd’hui : Carmen, La Traviata et La Bohême. Mais alors Mozart n’existe pas dans cette (pseudo) statistique ? Et Don Giovanni, et La Flûte enchantée ? Et Elvira, Anna, Zerlina, Pamina ? Quelle omission.
Selon la présentation de l’éditeur, voici donc « Trois grandes figures d’émancipation féminine : Carmen, cet obscur objet de désir, qui paie de sa vie son indomptable liberté… Violetta, la courtisane adulée qui, en sacrifiant son amour, devient une sorte de sainte laïque… Et enfin la douce et pauvre Mimi, la petite brodeuse dont la jeunesse est fauchée par la tuberculose ». Mais alors que dire de Mimi, digne et misérable, fauchée avant d’avoir pu cultiver et affirmer son maour (pour Rodolfo le poète). On peut rêver mieux comme modèle d’émancipation féminine. Mimi est quand même une victime de la Bohème parisienne, entre pauvreté, misère, indigence…
Qui sont-elles ? Et d’où viennent-elles ? A travers un montage d’archives baigné de musique et « aussi savant que sensible », le film part en quête des personnages, qui apparaissent à Paris, quasiment en même temps, au milieu du 19ème siècle, sous la plume de 3 écrivains (Alexandre Dumas Fils, Prosper Mérimée, Henry Murger). Des écrivains qui font évoluer la littérature en puisant dans leur propre vie la matière de leurs histoires.
A l’origine des mythes, on découvre avant tout 3 femmes de chair et de sang : muse, amante ou héroïne de fait divers, … comme la matière de Madame Bovary : elles viennent de la réalité, en rien de l’histoire antique ou de la fable héroïque.
Tout le mérite revient aux compositeurs d’avoir su enrichir leur psychologie jusqu’à parvenir à des personnages devenus des archétypes, des symboles, autant de visages de l’éternel féminin…

En suivant leur parcours, c’est aussi tout le 19ème siècle, romantique, réaliste, naturaliste, qui est suggéré : ses modes, sa littérature, sa musique, l’essor bourgeois né de la révolution industrielle… La musique baigne entièrement le film qui permet de faire entendre les pages les plus célèbres des 3 opéras de Giuseppe Verdi, Georges Bizet, Giacomo Puccini.

arte_logo_2013ARTE, Dim 7 juillet 2019, 18h15 CARMEN, VIOLETTA, MIMI, ROMANTIQUES ET FATALES. Auteurs : Cyril Leuthy et Rachel Kahn / RĂ©alisation : Cyril Leuthy – Coproduction : ARTE France/ ET LA SUITE PRODUCTIONS / INA avec la participation de France TĂ©lĂ©visions (2018-52mn) / illustration

Reprise de La Traviata Ă  Tours

verdi La TraviataTours, OpĂ©ra. Verdi : La Traviata. Les 20,22,24,26 mai 2015. InspirĂ©e de La Dame aux CamĂ©lias (Alexandre Dumas Fils), La Traviata est avant tout une histoire d’amour bouleversante et rĂ©aliste, dans laquelle le rĂ´le principal, -focus scandaleux-, est rĂ©servĂ©, pour la première fois, Ă  une courtisane. Elle est jeune, jolie, surtout malade donc condamnĂ©e. Dumas fils doit faire mourir son hĂ©roĂŻne pour qu’elle expie ses fautes commises par irrĂ©vĂ©rence des convenances, au mĂ©pris de la morale bourgeoise…
Sobre et essentiellement intimiste, c’est Ă  dire huit clos Ă  3 personnages : la soprano amoureuse, le tĂ©nor “trahi”, le baryton (père la morale) -, La Traviata (la fourvoyĂ©e en italien), bouleverse par le sacrifice consenti par la pècheresse, soucieuse de se sacrifier pour sauver l’honneur de la famille Germont, le fils qu’elle a aimĂ©, et le père qui le lui demande.

 

 

 

Reprise de La Traviata Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Violetta, mythe sacrificiel

 

Vague verdienne en juin 2014Verdi construit le drame par Ă©tape, chacune accablant davantage la prostituĂ©e qui entretient son jeune amant Alfredo. L’acte I est toute ivresse, Ă  Paris, dans les salons dorĂ©s de la vie nocturne : c’est lĂ  que Violetta se laisse sĂ©duire par le jeune homme ; au II, le père surgit pour rĂ©tablir les biensĂ©ances : souhaitant marier sa jeune fille, le dĂ©shonneur accable sa famille : Violetta doit rompre avec Alfredo le fils insouciant. A Paris, les deux amants qui ont rompu se retrouvent et le jeune homme humilie publiquement celle qu’il ne voit que comme une courtisane (il lui jette Ă  la figure l’argent qu’il vient de gagner au jeu) ; enfin au III, mourante, au moment du Carnaval, retrouve Alfredo mais trop tard : leur rĂ©conciliation finale scelle le salut et peut-ĂŞtre la rĂ©demption de cette Madeleine romantique.
En Ă©pinglant l’hypocrisie de la morale bourgeoise, Verdi règle ses comptes avec la lâchetĂ© sociale, celle qu’il eut Ă  combattre alors qu’il vivait en concubinage avec la cantatrice Giuseppina Strepponi : quand on les croisait dans la rue, personne ne voulait saluer la compagne scandaleuse. La conception de l’opĂ©ra suit la dĂ©couverte Ă  Paris de la pièce de Dumas en mai 1852. L’intrigue qui devrait se dĂ©rouler dans la France baroque de Mazarin, porte au devant de la scène une femme de petite vertu mais d’une grandeur hĂ©roĂŻque bouleversante. Figure sacrificielle, Violetta est aussi une valeureuse qui accomplit son destin dans l’autodĂ©termination : son sacrifice la rend admirable. Le compositeur rĂ©invente la langue lyrique : sobre, Ă©conome, directe, et pourtant juste et intense. La grandeur de Violetta vient de sa quĂŞte d’absolu, l’impossibilitĂ© d’un amour Ă©prouvĂ©, interdit. Patti, Melba, Callas, Caballe, Ileana Cotrubas, Gheorghiu, Fleming, rĂ©cemment Annick Massis ont chantĂ© les visages progressifs de la femme accablĂ©e mais rayonnante par sa solitude digne. L’addio del passato au II, qui dresse la sacrifiĂ©e contre l’ordre moral, est le point culminant de ce portrait de femme Ă  l’opĂ©ra. Un portrait inoubliable dans son parcours, aussi universel que demeure pour le genre : MĂ©dĂ©e, et avant elle Armide et Alceste, puis Norma.

 

 

 

boutonreservationLa Traviata de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Nadine Duffaut, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction

Reprise d’une production reprĂ©sentĂ©e Ă  Avignon en 2002

Mercredi 20 mai 2015 – 20h
Vendredi 22 mai 2015 – 20h
Dimanche 24 mai 2015 – 15h
Mardi 26 mai 2015 – 20h

Opéra en quatre parties
Livret de Francesco Maria Piave, d’après Alexandre Dumas Fils
Création le 6 mars 1853 à Venise
Editions Salabert-Ricordi (Ă©dition critique)

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Nadine Duffaut

Violetta Valéry : Eleonore Marguerre *
Flora Bervoix : Pauline Sabatier
Annina : Blandine Folio Peres *
Alfredo Germont : SĂ©bastien Droy
Giorgio Germont : Enrico Marrucci
Baron Douphol : Ronan NĂ©delec
Docteur Grenvil : Guillaume Antoine *
Gastone : Yvan Rebeyrol
Le Marquis : François Bazola

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

*débuts à l’Opéra de Tours