DVD. Stephen Sondheim : Follies (Toulon 2013, 1 dvd Bel Air classiques)

DVD. Stephen Sondheim : Follies (Toulon 2013, 1 dvd Bel Air classiques). En 1971 pour Broadway sous couvert d’un théâtre qui va fermer,  Sondheim ressuscite l’esprit revue : en une immersion nostalgique pleine de tendresse les anciennes girls reprennent le chemin des planches pour une dernière. .. dont Nicole Croisille qui nous fait aussi son solo sad mais digne,  velours et tĂ©nacitĂ© de celle qui aurait connu Gandhi et Ă  survĂ©cu Ă  Shirley Temple ! Un blues magnifiquement orchestrĂ©.

Ex girl des Follies

Le blues orchestral de Nicole Crosille

follies-sondiem-dvd-bel-air-classiques-classiquenews-compte-rendu-critique-opera-toulonSally Durant ex girl elle aussi, Solange le travesti et sa gouaille parisienne,   un couple de danseurs clone de Fred Astaire et Ginger Rogers, Phillys la bourgeoise alcoolique mariĂ© Ă  Ben l’ex politique cavaleur. .. Ă©maillent chacun Ă  sa façon et selon ses souvenirs d’une Ă©poque rĂ©volue, les sĂ©quences d’une grande sĂ©ance de remĂ©moration collective.
Sur scène, il y a double action : le prĂ©sent des acteurs chanteurs de la revue passĂ©e,  abonnĂ©s au souvenir,  et plus haut sur une passerelle les artistes de l’Ă©poque qui surgissent du passĂ©. Sondheim travaille sur ce croisement fertile en pĂ©ripĂ©ties scĂ©niques : prĂ©sent et passĂ©.  Chacun se remĂ©more ce qu’il Ă©tait et avec qui il a fricotĂ© 30 ans auparavant.
C’est un peu la rĂ©union des anciens avec toute l’inventivitĂ© que permet le Musical dans l’alternance du parlĂ© et du chantĂ©. Tous les artifices – subtils-, du genre tend Ă  ressusciter un temps d’avant. Chacun se souvient,  l’arme Ă  l’oeil, et entone sa chanson, rĂ©sumĂ© de toute une vie comptant ses premières illusions,  ses dĂ©sirs, ses attentes frustrĂ©es… et toujours chevillĂ©e au corps/coeur,  la passion de Broadway, l’ivresse des planches comme un baume. Le temps de la reprĂ©sentation, passĂ© et prĂ©sent fusionnent. .. quand les chanteurs se confessent,  Ă©voquent un passĂ© d’insouciance trĂ©pidant, Ă©puisant, ils donnent la matière de la soirĂ©e proprement dite. D’anciennes amours sont avouĂ©es, ressurgissent (ainsi Sally et Ben), mais Sally ne regrette en rien sa vie prĂ©sente parce que son Buddy est lĂ . Pourtant cela bascule aussi dans la thĂ©rapie des couples en crise. Peu Ă  peu, l’action tourne au vinaigre domestique et les femmes règlent leur compte avec leur mari narcissique… il faut toute la magie de Loveland, au II pour comprendre que l’amour est un vaste mensonge, et qu’enfin l’esprit revue est la forme la mieux aboutie pour exprimer cette amère dĂ©sillusion. Au terme de l’expĂ©rience, chacun doit assumer les choix du passĂ©. Ni plus ni moins.

CLIC D'OR macaron 200Chef enjoué,   instrumentistes sensuels,   chanteurs suggestifs. .. tous jouent la carte de la suggestion fine. Pas de fautes de distribution dans cette succession de réitérations attendrie où surgissent aussi des séquences délirantes plus caractérisées. .. avec point fort les 7 girls ex de la revue des Follies qui nous refont le grand numéro chanté dansé du miroir. .. Qui est cette femme qui rit tout en ravalant se larmes ?

Clin d’oeil nostalgique aux revues de Broadway, Follies n’est peut ĂŞtre pas le drame le plus haletant de Sondheim mais son charme nostalgique opère incontestablement.

DVD. Stephen Sondheim : Follies, comĂ©die musicale en deux actes (1971). Livret de James Goldman, paroles et musique de Stephen Sondheim. Graham Bickley, Liz Robertson, JĂ©rĂ´me Pradon, Charlotte Page, Nicole Croisille, Sarah Ingram, Denis d’Archangelo… Orchestre et chĹ“ur de l’OpĂ©ra de Toulon. David Charles Abell, direction. Olivier BĂ©nĂ©zech, mise en scène. EnregistrĂ© Ă  Toulon en mars  2013, 1 dvd Bel Air classiques.

Sondheim : Sunday in the park with George

sondheim Sunday in the park with georgefrance2-logo_2013TĂ©lĂ©, France 2. Jeudi 10 avril 2014, 00h10. Sondheim : Sunday in the park with George. Le Châtelet Ă  Paris poursuivait en avril 2013 son cycle Ă©vĂ©nement dĂ©diĂ© aux opĂ©ras de l’amĂ©ricain Stephen Sondheim. InspirĂ© du tableau de Georges Seurat ” Un dimanche après midi Ă  l’Ă®le de la Grande Jatte”, qui revisite et les classiques acadĂ©miques et prolonge l’expĂ©rience chromatique des fauves et des pointillistes, l’ouvrage est une comĂ©die musicale en trois actes qui dĂ©voile les tourments et les doutes de son crĂ©ateur.

Voici le commentaire critique de notre rédacteur Nicolas Grienenberger, témoin des représentations au Châtelet en avril 2013 :

Une œuvre musicale qui apporte une réflexion sur l’art pictural, voilà qui est peu courant, si on met de côté Mathis der Maler de Hindemith. Stephen Sondheim, heureusement fêté depuis quelques années à Paris, grâce au Châtelet et à son directeur Jean-Luc Choplin, a pris comme source d’inspiration le tableau de Georges Seurat « Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte » pour créer en 1984 Sunday in the Park with George. Une pièce moins spectaculaire que son précédent opus, le sanglant Sweeney Todd, mais d’un grand raffinement, faisant irrésistiblement penser à Britten et Ravel pour la recherche sur les timbres et l’esprit chambriste, sinon pointilliste, centré sur des formules de quelques notes, qui convient parfaitement à son sujet. Regrettons alors que la nouvelle orchestration commandée à Michael Starobin pour l’occasion fasse gagner en luxuriance – notamment le final du premier acte, grandiose – ce qu’on perd inévitablement en subtilité musicale.

Quand la musique donne à réfléchir sur la peinture…

Et la sonorisation, trop peu spatialisée, n’arrange rien, perdant le spectateur durant les grandes scènes de groupe, les paroles se révélant alors bien difficiles à attribuer à leurs propriétaires.
Néanmoins, on reste admiratif devant la mise en scène époustouflante imaginée par Lee Blakeley,dans un esprit si différent de Sweeney Todd. Cette scène tournante aux décors mouvants, ce travail sur la vidéo, tout concourt à représenter sous nos yeux une réalisation grandeur nature du tableau de Seurat.
Avouons un coup de cœur pour l’intermède qui sépare les deux actes, où, comprimés dans leur cadre, les personnages de la toile se plaignent entre eux de leur condition éternellement figée.
Les deux parties du spectacle abordent deux facettes de la peinture : la première se concentre sur la figure du peintre et met à nu ses doutes, ses angoisses, jusqu’à son éloignement du reste du monde pour achever son œuvre, dans une atmosphère automnale et mélancolique. La seconde, en totale rupture, critique avec une ironie grinçante, la creuse vanité dont peut se servir l’art contemporain, en utilisant un arrière petit-fils imaginaire de Seurat ; ou comment représenter tout haut ce qui se murmure souvent tout bas.
Une fois encore, la distribution réunie sur le plateau se révèle de haute volée.
Tous les rôles sont admirablement distribués et caractérisés, chaque personnage – et donc figure du tableau – ayant sa personnalité propre et son caractère.
Mention spéciale aux deux Celeste, notamment la toujours piquante Rebecca Bottone, et au couple allemand formé par Damian Thantrey et Christine Buffle, par ailleurs impayable en impitoyable critique dans la seconde partie.

sondheim stephen 2En vieille femme, mère de Georges, Rebecca de Pont Davies marque une nouvelle fois les esprits par son beau timbre charnu et sa grande présence scénique.
Dot délicieusement écervelée, Sophie-Louise Dann emporte l’adhésion dès son premier air, avec sa diction parfaite et sa couleur vocale si particulière. Et elle surprend d’autant plus en incarnant ensuite la vieille Marie plongée dans ses souvenirs, très émouvante.
Dans le double rôle de Georges et George, Julian Ovenden réussit une admirable performance, tant scénique que vocale, aussi crédible dans la solitude névrotique de Seurat que dans le clinquant forcené du jeune George.

Excellente prestation également que celle du Chœur du Châtelet, qui confirme son niveau d’excellence. Et l’Orchestre Philharmonique de Radio-France déploie de superbes couleurs sous la baguette de David Charles Abell – mais cet ouvrage délicat avait-il besoin d’un tel symphonisme ? Là demeure la question –. Une belle soirée, qui invite à réfléchir, où on rit néanmoins souvent franchement, et c’est conquis qu’on sort de la salle, avec l’envie de se replonger dans les toiles de Seurat.

france2-logo_2013Paris. Théâtre du Châtelet, 15 avril 2013. Stephen Sondheim : Sunday in the Park with George. Livret de James Lapine. Avec Georges / George : Julian Ovenden ; Dot / Marie : Sophie-Louise Dann ; Jules / Bob Greenberg : Nickolas Grace ; An Old Lady / Elaine : Rebecca de Pont Davies ; Her Nurse / Harriet Pawling : Jessica Walker ; A Soldier / Charles Redmond : David Curry ; Celeste 1 / Betty : Rebecca Bottone ; Celeste 2 / Billy Webster : Francesca Jackson ; Yvonne / Blair Daniels : Beverly Klein ; A Boatman / Dennis : Nicholas Garrett ; Franz / Lee Randolph : Damian Thantrey ; Frieda / Naomi Eisen : Christine Buffle ; Louis / Man / Alex : Jonathan Gunthorpe ; Louise : Laura Gravier-Britten ; Mr : Scott Emerson ; Mrs : Elisa Doughty. Chœur du Châtelet. Orchestre Philharmonique de Radio-France. Direction musicale : David Charles Abell. Mise en scène : Lee Blakeley ; Décors et vidéos : William Dudley ; Costumes : Adrian Linford ; Lumières : Olivier Fenwick ; Animation des images : Matthew O’Neill ; Chorégraphie : Lorena Randi ; Orchestration : Michael Starobin ; Chef de chœur et assistant du chef d’orchestre : Stephen Betteridge ; Chef de chant : Stephen Higgins.

France 2, Jeudi 10 avril 2014, 00h10. 2h22mn, RĂ©alisation : Denis CaĂŻozzi.

Illustrations : Stephen Sondheim DR

 

Into the woods de Sondheim au Châtelet

Into The Woods_sondheim lapine chateletParis, Châtelet. Sondheim : Into the woods 1er > 12 avril 2014. Conte musical. Du petit chaperon rouge, et de cent autres drames imaginés par les frères Grimm, pour beaucoup historiettes sans épaisseur voire simplement et strictement anecdotiques, le compositeur Stephen Sondheim et son librettiste James Lapine font plutôt une légende éclectique captivante qui sur les traces du livre de Bruno Bettelheim (Psychanalyse des contes de fées), dévoile la psyché souterraine des êtres, alliant merveilleux, humour et burlesque.
Quatrième volet du cycle Stephen Sondheim au Châtelet, Into the woods plonge dans l’océan des mythes infantiles : le compositeur réinvente les interactions et réécrit l’histoire de Cendrillon, du Petit Chaperon rouge donc, des Trois petits cochon, de Blanche Neige en un méli-mélo truculent, picaresque, tragique. Il ne s’agit pas tant de souligner l’issue heureuse de tous les contes (ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants), mais de souligner les intrigues malhonnêtes pour y parvenir ; et pour beaucoup, l’universalité de scénarios que toutes les cultures partagent.

Pour agglomérer le terreau narratif de ce labyrinthe éclectique, Sondheim et Lapine imaginent un couple certes implanté dans le bois, un boulanger et son épouse, mais dont les préoccupations demeurent urbaines : avoir un enfant, mené et défendre coûte que coûte leur petit bonheur de petits bourgeois. Ils croisent le Petit Rouge ( le fameux Chaperon) qui se fait manger par un loup avant d’en renaître; Cendrillon qui devient princesse ; Raiponce qui est sauvé par un prince… et Jack (celui du haricot magique) par lequel la catastrophe arrive (il a tué le géant dont l’épouse ne tarde pas à réclamer vengeance). Si tout pouvait se conclure sur un happy end à la fin du I, le II est un jeu d’actions mêlées qui fait éclater le cadre des histoires classiques : chacun doit aider l’autre ou s’en détourner. C’est un manège à la magie décalée qui aurait perdu le fil de son déroulement dès son commencement. Le Châtelet s’intéresse à la comédie musicale de Sondheim avant la sortie du film prévu début 2015 (de Rob Marshall avec Meryl Streep et Johnny Depp). Délirant, poétique, enchanteur : Into the woods est créé en France au Châtelet dès le 1er avril 2014. Jusqu’au 12 avril 2014.

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Livres. Renaud Machart : Stephen Sondheim (Actes Sud)

Renaud Machart : Stephen Sondheim. Editions Actes Sud… NĂ© en 1930, Stephen Sondheim a soulignĂ© quelle part il devait Ă  son mentor et protecteur : l’immense Oscar Hammerstein. Il doit Ă  son ainĂ© de l’avoir soutenu dans l’art musical dès son adolescence et dans la maĂ®trise progressive des lyrics dont le jeune homme a très tĂ´t fait une spĂ©cialitĂ© … Ainsi comme songwriter affĂ»tĂ© (auteur compositeur), Sondheim participe en 1955  Ă  la conception puis Ă  la rĂ©ussite de West side story auprès de Bernstein et de Laurents…

Renaud Machart : Stephen Sondheim. Editions Actes Sud

Sondheim, le prodige de Broadway

Machart : Stephen Sondheim_actes_sudPassionnĂ© par les jeux de sociĂ©tĂ©, cultivĂ© apprĂ©ciant autant Rachmaninov que les Français du XXème siècle (Ravel, Ibert, Françaix…), Stephen Sondheim Ă©lève la comĂ©die musicale amĂ©ricaine au delĂ  des standards habituels ; sa quĂŞte d’une vĂ©ritable construction dramatique favorise encore l’essor sous sa plume d’un théâtre moderne et contemporain d’une indĂ©niable perfection formelle et d’une grande force expressive.
Son travail interroge de façon sensible le rapport du savant au populaire pour qu’Ă©merge in fine, une scène plus vivante que la vie…
En 16 chapitres Ă  la narration finalement chronologique, l’auteur analyse le milieu familial aisĂ© mais dĂ©cousu du futur compositeur dont il aime Ă  souligner l’expertise de Lyricist (virtuose dans l’art du lyrics ou paroles des comĂ©dies musicales anglo-saxones); le soutien du clan Hammerstein puis sa formation musicale avec Milton Babbitt qui lui enseigne l’art de l’Ă©conomie et de l’essentiel, Ă  partir d’un fugue de Bach entre autres… SurdouĂ© Ă  Broadway, Sondheim suscite un intĂ©rĂŞt immĂ©diat autant des critiques qui mesurent le raffinement voire la sophistication dĂ©calĂ©e (par rapport au genre du musical) apportĂ©s Ă  la scène, que du public qui, s’il boude parfois l’ensemble d’un ouvrage, sait en retenir les chansons et mĂ©lodies les plus fortes. Le japonisme et le minimalisme, les Ă©critures d’avant garde et le souci constant d’une exigence théâtrale voire scĂ©nique traversent et inspirent une oeuvre très aboutie comme viscĂ©ralement personnelle, ” transgenres “, dont l’histoire s’Ă©crit encore en 2013 avec la crĂ©ation Ă  Paris de Sunday in the Park with George (1983) dans une nouvelle orchestration… c’est la troisième production prĂ©sentĂ©e par le Châtelet après A little Night music (2010) et Sweeny Todd (2011).

Le rapport avec le cinĂ©ma (Sondheim est un cinĂ©phile avisĂ©, amateur de films français dont Ă©videmment Alain Resnais pour lequel il compose la musique de L’Affaire Stavisky avec Belmondo), de Saturday Night jusqu’Ă  Passion (” nouveau chef d’Ĺ“uvre “), l’Ĺ“uvre patiemment construite,toujours très mĂ©ditĂ©e, se prĂ©cise ici avec une gĂ©nĂ©rositĂ© de commentaires et de digressions synthĂ©tiques sur l’histoire du Musical Ă  Broadway, totalement passionnante. Il est mĂŞme fait mention du dernier chantier en cours avec le dramaturge David Ives (nĂ© en 1950), nouveau musical concis, resserrĂ© dont l’idĂ©e musicale pourrait revĂŞtir la forme d’une figure brillante et juvĂ©nile comme il en fut question des compositeurs anciens âgĂ©s, du type Falstaff pour Verdi… En complĂ©ment, un bref glossaire de termes propres au Musical amĂ©ricain Ă©claire les nuances du genre. Il ne manque qu’une chose Ă  cette première bio française de Sondheim : la liste de ses oeuvres avec dates et lieu de crĂ©ation. La prĂ©sentation en aurait Ă©tĂ© complète.  Et notre comprĂ©hension, stimulĂ©e.

Renaud Machart : Stephen Sondheim. Editions Actes Sud. Parution :  Mai, 2013 / 10 x 19 / 288 pages. ISBN 978-2-330-01621-0. prix indicatif : 18,50€

Radio.Stephen Sondheim:Sunday in the park with George, le 25 avril 2013,20h

En direct du Châtelet, France Musique diffuse Sunday in the Park with George de Sondheim, 1983.



Sunday in the park with George
est la nouvelle production créée au Châtelet au printemps 2013, après A little Night music (2010) et Sweeny Todd (2011) du même auteur américain: Stephen Sondheim. En quelques années, le Châtelet est devenu le lieu des événements parisiens en terme de musicals et de comédie musicale; une sorte de Broadway à la française où le public retrouve depuis 3 années à présent, les délices scéniques et vocaux du compositeur outre-Atlantique, né en 1930.
Sondheim_sunday_in_the_park_george_une_448InspirĂ© du tableau du peintre Seurat, Un après midi sur l’Ă®le de la Grande jatte (1885), l’ouvrage de Sondheim regarde du cĂ´tĂ© de Britten pour le chambrisme ciselĂ© de son orchestration (rĂ©Ă©crite spĂ©cialement pour les reprĂ©sentations parisiennes de 2013) ; vers Ravel pour la science des timbres auxquels il ajoute aussi ce goĂ»t dĂ©licat et extrĂŞmement maĂ®trisĂ© de l’harmonie et  du contrepoint. Il est clair que celui qui fut parolier et approcha jeune, Oscar Hammerstein, ne conçoit pas le théâtre musical sans un raffinement extrĂŞme qui fonde la rĂ©putation lĂ©gitime de son Ĺ“uvre.

Stephan Sondheim

Sunday in the park with George, 1983

création française


France Musique
Jeudi 25 avril 2013, 20h

Sondheim_Stephen-Sondheim-001Stephen Sondheim a soulignĂ© quelle part il devait Ă  son mentor et protecteur : l’immense Oscar Hammerstein. Il doit Ă  son ainĂ© de l’avoir soutenu dans l’art musical dès son adolescence et dans la maĂ®trise progressive des lyrics dont le jeune homme a très tĂ´t fait une spĂ©cialitĂ© … bientĂ´t recherchĂ©e. Ainsi comme songwriter affĂ»tĂ©, Sondheim participe en 1955  Ă  la conception puis Ă  la rĂ©ussite de West side story auprès de Bernstein et de Laurents… CultivĂ© apprĂ©ciant autant Rachmaninov que les Français du XXème siècle, Stephen Sondheim Ă©lève la comĂ©die musicale amĂ©ricaine au delĂ  de standards habituels ; sa quĂŞte d’une vĂ©ritable construction dramatique favorise encore l’essor sous sa plume d’un théâtre moderne et contemporain d’une indĂ©niable perfection formelle et d’une grande force expressive. CinĂ©phile avisĂ© exigeant, Sondheim qui a rĂ©alisĂ© la musique de L’Affaire Stavisky d’Alain Resnais, n’apprĂ©cie pas beaucoup les opĂ©ras de façon gĂ©nĂ©rale: trop longs, trop peu dramatiques. C’est dans le souci du sens et de l’architecture que l’AmĂ©ricain retravaille avec minutie le dĂ©coupage de ses propres partitions. La France a tardĂ© Ă  lui reconnaĂ®tre son immense talent : voilĂ  chose faite grâce Ă  la programmation du Châtelet dont les spectateurs applaudissent ce grand retour d’un genre qui fut pourtant florissant avant la dernière guerre et dont le style de Sondheim apporte dans l’esprit de Jacques Ibert entre autres, un nouveau lustre non usurpĂ©.


logo_francemusiqueStephen Sondheim
Sunday in the Park with George

en direct du Théâtre du Châtelet à Paris

Musical, en deux actes. Musique et paroles de Stephen Sondheim. Livret de James Lapine.
 InspirĂ© d’Un dimanche après-midi Ă  l’île de la Grande Jatte’ de Georges Seurat


Orchestration par Michael Starobin : création mondiale

Sophie-Louise Dann, Dot / Marie

Rebecca de Pont Davies, Mezzo-soprano, Old Lady / Elaine

Jessica Walker, Nurse / Harriet

Nickolas Grace, Jules / Greenberg

David Curry, ténor, Soldier / Redmond

Rebecca Bottone, Soprano, Celeste 1 / Betty

Francesca Jackson, Celeste 2 / Billy
Beverley Klein, Yvonne / Blair
Nicholas Garrett, Boatman / Dennis

Damian Thantrey, baryton, Franz / Randolph

Jonathan Gunthorpe, Louis / Homme / Alex

Christine Buffle, Frieda / Noémie
Elisabeth Baranes / Laura Gravier-Britten, Louise
Jonathan Gunthorpe, Louis / Homme / Alex

Elisa Doughty, Mrs

Scott Emerson, Mr

Lee Blakeley, metteur en scène

Choeur du Châtelet

Orchestre Philharmonique de Radio France

David Charles Abell, directionIllustrations: Un après midi sur l’Ă®le de la Grande jatte, Stephan Sondheim (DR)