SAINTES: Chambrisme incandescent dans Brahms et Beethoven

Beethoven_Hornemann-500-carreSAINTES, Abbaye aux Dames, le 9 octobre 2016. Quintette de l’Orch des Champs -ElysĂ©es. Dimanche hautement chambriste Ă  l’abbaye aux dames, la citĂ© musicale, Saintes. Les habituĂ©s savent combien l’Abbaye aux Dames tout au long de l(annĂ©e et pas seulement au moment du festival estival, accueille, cultive, respire l’esprit de crĂ©ation musicale. C’est aussi depuis les nombreuses sessions du Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA, anciennement Jeune Orchestre Atlantique), un foyer trĂšs actif dĂ©diĂ© Ă  la professionnalisation des meilleurs instrumentistes, passionnĂ©s par la pratique des instruments d’époque et tout autant animĂ© par le dĂ©sir de renouveler le jeu et approfondir la connaissance des sources. Inspirant cette riche expĂ©rience organologie et interprĂ©tative, les musiciens professionnels de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es. Dimanche 9 octobre 2016, 15h30, plusieurs solistes de la phalange crĂ©Ă©e par Philippe Herreweghe, et de venue nous savons raison, l’orchestre modĂšle en France, sur instruments d’époque, joueront le Quintette de Brahms pour cordes n°1 opus 88, et une transcription d’époque de la Symphonie n°7 de Beethoven (photo ci dessus), hymne ardent, Ă©nergique, dansant pour un effectif rĂ©duit mais d’avant plus engagĂ©. La rĂ©alisation promet d’ĂȘtre passionnante car l’effectif invitĂ© Ă  Saintes regroupe les chefs de pupitres de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, soit la crĂȘme des instrumentistes français, chacun dans leur spĂ©cialitĂ©. L’approche toute en finesse, oĂč prĂ©cision, Ă©coute, complicitĂ© sont essentielles, montrera de toute Ă©vidence, combien mĂȘme en effectif rĂ©duit, la puissance poĂ©tique des deux Ɠuvres, sans l’ampleur de l’orchestre Ă  son complet, peut toucher, frapper, convaincre et suggĂ©rer. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

 

SAINTES, Auditorium de l’Abbaye aux Dames
Dimanche 9 octobre 2016, 15h30
Quintette des solistes de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es

J. Brahms
Quintette à cordes n°1 en fa majeur opus 88

L.V. Beethoven
Transcription d’époque de la symphonie n°7

Solistes de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es :
Alessandro Moccia, Ilaria Cusano, violons
Catherine Puig, Jean-Philippe Vasseur, altos
Ageet Zweistra, violoncelle

 

 

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Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site de l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Saintes

 

 

 

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Séjour à Saintes, Abbaye aux Dames, la cité musicale

saintes_porte_abbayeTout au long de l’annĂ©e, sĂ©journez Ă  Saintes Ă  l’occasion d’un concert dans l’Abbaye. Les chambres sont amĂ©nagĂ©es dans les anciennes cellules des moniales. Petit dĂ©jeuner sur place possible. Pour toute location d’une chambre dans l’Abbaye, rĂ©duction de 5% Ă  la boutique de l’Abbaye (l’Abboutique : cd, livres, produits rĂ©gionaux
), rĂ©duction sur la visite du site, tarif adhĂ©rent pour l’achat d’une place de concert. TĂ©lĂ©phone rĂ©servation chambres : 05 46 97 48 33 (classement Ă©tablissement hĂŽtelier : catĂ©gorie 1 Ă©toile). Standard gĂ©nĂ©ral de l’Abbaye aux Dames Ă  Saintes : 05 46 97 48 48. Offre spĂ©ciale Saint-Valentin 2014 : le concert et la chambre Ă  Saintes, les 14 ou 15 fĂ©vrier 2014 : 100 euros (pour 2 personnes) : rĂ©servations au 05 46 97 48 48.

Consultez le site de l’Abbaye aux dames et dĂ©couvrez les chambres de l’Abbaye aux dames

Se rendre à l’Abbaye
Abbaye aux Dames, ‹la citĂ© musicale, Saintes
11, place de l’Abbaye‹CS 30125‹17104 SAINTES CEDEX
- Accùs par la rue Geoffroy Martel‹(Parking gratuit)
- CoordonĂ©es GPS :‹Lat : 45.743681‹Long : -0.624375

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SAINTES, les solistes de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es jouent Brahms et Beethoven

Beethoven_Hornemann-500-carreSAINTES, Abbaye aux Dames, le 9 octobre 2016. Quintette de l’Orch des Champs -ElysĂ©es. Dimanche hautement chambriste Ă  l’abbaye aux dames, la citĂ© musicale, Saintes. Les habituĂ©s savent combien l’Abbaye aux Dames tout au long de l(annĂ©e et pas seulement au moment du festival estival, accueille, cultive, respire l’esprit de crĂ©ation musicale. C’est aussi depuis les nombreuses sessions du Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA, anciennement Jeune Orchestre Atlantique), un foyer trĂšs actif dĂ©diĂ© Ă  la professionnalisation des meilleurs instrumentistes, passionnĂ©s par la pratique des instruments d’époque et tout autant animĂ© par le dĂ©sir de renouveler le jeu et approfondir la connaissance des sources. Inspirant cette riche expĂ©rience organologie et interprĂ©tative, les musiciens professionnels de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es. Dimanche 9 octobre 2016, 15h30, plusieurs solistes de la phalange crĂ©Ă©e par Philippe Herreweghe, et de venue nous savons raison, l’orchestre modĂšle en France, sur instruments d’époque, joueront le Quintette de Brahms pour cordes n°1 opus 88, et une transcription d’époque de la Symphonie n°7 de Beethoven (photo ci dessus), hymne ardent, Ă©nergique, dansant pour un effectif rĂ©duit mais d’avant plus engagĂ©. La rĂ©alisation promet d’ĂȘtre passionnante car l’effectif invitĂ© Ă  Saintes regroupe les chefs de pupitres de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, soit la crĂȘme des instrumentistes français, chacun dans leur spĂ©cialitĂ©. L’approche toute en finesse, oĂč prĂ©cision, Ă©coute, complicitĂ© sont essentielles, montrera de toute Ă©vidence, combien mĂȘme en effectif rĂ©duit, la puissance poĂ©tique des deux Ɠuvres, sans l’ampleur de l’orchestre Ă  son complet, peut toucher, frapper, convaincre et suggĂ©rer. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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Dimanche 9 octobre 2016, 15h30
Quintette des solistes de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es

J. Brahms
Quintette à cordes n°1 en fa majeur opus 88

L.V. Beethoven
Transcription d’époque de la symphonie n°7

Solistes de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es :
Alessandro Moccia, Ilaria Cusano, violons
Catherine Puig, Jean-Philippe Vasseur, altos
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SAINTES. RĂ©cital d’Ivan Ilic, samedi 9 juillet 2016, 22h

ilic-ivan-piano-cage-satie-debussy-vignette-carre-280Saintes. RĂ©cital du pianiste Ivan Ilic, samedi 9 juillet 2016, 22h. Dans l’église abbatiale de Saintes (Abbaye aux Dames), le pianiste Ivan Ilic propose un programme idĂ©alement adaptĂ© Ă  l’esprit et Ă  l’acoustique du lieu. C’est un programme intimiste, qui s’inscrit au dĂ©but de la nuit d’étĂ©, retraçant de passionnantes filiations et correspondances entre Scriabine et Debussy, Satie et Cage
 Une secrĂšte et permanente influence française que son programme originel enregistrĂ© sous le titre The Transcendentalist (CLIC de CLASSIQUENEWS, mai 2014) avait Ă  peine exprimer de façon explicite. Or l’originalitĂ© de Satie est bien prĂ©sente, indiscutable et stimulante pour nombre de compositeurs et crĂ©ateurs qui l’ont ou non directement approché 

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Satie & friends …

In a Landscape et Dream de John Cage date de la fin de la premiĂšre pĂ©riode de sa production, soit 1948. Cage Ă©tait alors obsĂ©dĂ© par Erik Satie, assez mĂ©connu en AmĂ©rique Ă  l’époque. Pendant l’étĂ© 1948 Cage a organisĂ© 25 concerts de la musique d’Erik Satie, et il donne une confĂ©rence qui marque l’histoire de la musique, intitulĂ©e “DĂ©fense de Satie” dans laquelle il oppose Satie Ă  Beethoven, et donne raison Ă  Satie. « Cage a Ă©tudiĂ© les carnets de brouillons de Satie, dans lesquels il trouve la structure rythmique de piĂšces Ă  venir. Il comprend ainsi que Satie « compose » le rythme en premier, puis « remplit » les cellules de notes, pour composer ses morceaux, et cette idĂ©e fascine Cage, qui a rĂ©alisĂ© depuis ses Ă©tudes avec Schoenberg qu’il n’avait pas de don pour l’harmonie. Cage y trouve une sortie de son impasse esthĂ©tique, et il explore cette mĂȘme idĂ©e dans ses cĂ©lĂšbres Sonates et Interludes pour piano prĂ©parĂ©, qui date la mĂȘme Ă©poque. Associer les piĂšces mythiques de Satie avec ces piĂšces de Cage est donc une Ă©vidence.», prĂ©cise Ivan Ilic. Outre Cage et Satie, voici tout autant Claude Debussy
 un Debussy certes adulĂ© et cĂ©lĂ©brĂ© mais finalement jaloux du statut particulier, atypique d’un Satie puissant et original, dĂ©finitivement inclassable.

« Debussy admirait toujours le statut de “outsider” de Satie, son indĂ©pendance du milieu musical parisien. Avec leur ambiguĂŻtĂ© expressive, certains prĂ©ludes de Debussy sont proche de l’esprit des miniatures Satie, bien que plus riches sur le plan harmonique, et plus proche de la musique russe (Stravinsky, Scriabine) qui poussait de plus en plus loin une utilisation chromatique de la tonalité » complĂšte Ivan Ilic. A Satie et Debussy, maĂźtres des tonalitĂ©s suspendues, irrĂ©solues et des formes inĂ©dites dans le sillon des GymnopĂ©dies, Ivan Ilic associe aussi Alexandre Scriabine, le compositeur pianiste au mysticisme parfois superfĂ©tatoire dont il offre les derniĂšres pages pour le piano : « On y trouve un mĂ©lange d’extase et de calme spirituel, comme s’il savait qu’il fallait tout donner dans la derniĂšre annĂ©e de vie, qui s’avĂšre trĂšs productive, par ailleurs ».

Le programme d’Ivan Ilic Ă  Saintes rĂ©sonne tel un parcours intĂ©rieur, singulier et original : « On passe d’une musique modale (Cage) Ă  une musique entiĂšrement dĂ©nouĂ©e de drame (Satie) Ă  une harmonie plus complexe et suggestive (Debussy) Ă  l’abstraction de Scriabine, avec un tourbillon d’émotion dans Vers la flamme qui ne cesse de monter et de donner Ă  l’auditeur l’impression de monter vers l’extase », conclut le pianiste.

boutonreservationRĂ©cital du pianiste Ivan Ilic Ă  Saintes
Abbaye aux Dames de Saintes
Samedi 9 juillet 2016, 22h

 

 

ENTRETIEN AVEC IVAN ILIC…  question complĂ©mentaire Ă  Ivan Ilic pour mieux comprendre les enjeux esthĂ©tiques de son rĂ©cital Ă  Saintes 2016.

CLASSIQUENEWS : En quoi le programme diffĂšre t il / reprend t-il le programme et l’esprit des piĂšces du cd de 2014 ?
Transcendance irrĂ©sistible d'Ivan IlicIvan Ilic : Ce programme est Ă©troitement liĂ© Ă  mon disque Le Transcendantaliste / The Transcendentalist (CD Ă©lu CLIC de CLASSIQUENEWS en 2014), qui reliait Scriabine avec Cage et Morton Feldman, notamment. Le journaliste de Forbes, aux Etats-Unis a su identifier que le « saint patron du disque aurait pu ĂȘtre Satie », remarque trĂšs juste, car les oeuvres de Scriabine que j’avais choisies, sont presque sans tension, d’un lyrisme pure, ce qui est relativement atypique dans l’Ɠuvre de Scriabine, qui a plus tendance a exprimĂ© le cĂŽtĂ© tourmentĂ© de l’existence. Le programme du disque Ă©tait donc uniquement russe et amĂ©ricain, mais avec des influences françaises suggĂ©rĂ©es çà et lĂ .
Dans mon programme pour Saintes, le lien avec la musique française devient explicite. En Ă©coutant les piĂšces cĂŽte Ă  cĂŽte, on rĂ©alise les correspondances fortes, notamment entre Cage et Satie d’une part, et le Debussy et le Scriabine, tardifs, de l’autre. Le mot transcendantaliste implique une dĂ©marche intuitive de la composition, sans systĂšmes, et tous les quatre compositeurs tombent dans cette catĂ©gorie.

Je me sens particuliĂšrement proche de cette idĂ©e, car mĂȘme si j’ai fait des Ă©tudes de mathĂ©matiques, et je me considĂšre quelqu’un de plutĂŽt rationnel dans mon quotidien, j’accepte depuis quelques annĂ©es que la vie comporte une grande part de mystĂšre, et que le vrai pouvoir de la musique est justement son cĂŽtĂ© mystĂ©rieux, insaisissable, Ă©phĂ©mĂšre, inexplicable. Le fait de ne pas comprendre ne nous empĂȘche pas de faire ; au contraire, faire en ignorant le pourquoi me semble un acte essentiel, un geste qui tend vers l’infini”.

 

Propos recueillis en juin 2016.

Illustrations : Portrait du pianiste Ivan Ilic (© B Maire)

LIRE aussi notre critique complĂšte du cd The Transcendentalist d’Ivan Ilic, CLIC de CLASSIQUENEWS (Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman), Ă©ditĂ© en mai 2014

Reportage. L’ensemble NEVERMIND en rĂ©sidence Ă  Saintes (fĂ©vrier 2016)

logoSaintes_A3_noirReportage. L’ensemble NEVERMIND en rĂ©sidence Ă  Saintes (fĂ©vrier 2016) — Le quatuor de solistes sur instruments d’Ă©poque  (formation originale Ă  quatre voix Ă©gales : traverso, violo,, viole de gamme et clavecin) NEVERMIND est en rĂ©sidence Ă  l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Ă  Saintes. Approche intensive du rĂ©pertoire baroque, en particulier les Quatuors parisiens de Telemann, cycle emblĂ©matique dans la constitution du groupe, travail collectif Ă  Saintes, relation aux publics, projets futurs et programmes pour le festival estival de Saintes… — rĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM — © studio CLASSIQUENEWS.COM 2016

Compte-rendu, concert. Saintes, Auditorium, le 10 fĂ©vrier 2016. Rameau, Couperin, Telemann… Ensemble Nevermind

Compte rendu, concert. Saintes, Auditorium. Le 10 fĂ©vrier 2016. Ensemble Nevermind : Couperin, Rameau, Telemann… Acteurs d’une rĂ©sidence Ă  l’Abbaye aux Dames de Saintes, le jeune ensemble Nevermind (sur instruments d’Ă©poque) affirme l’entente musicale de quatre instrumentistes dont la complicitĂ© et le plaisir partagĂ© scellent une nouvelle sonoritĂ© concertante. AprĂšs tout, les quatuors baroque ne sont pas lĂ©gions et les quatre tempĂ©raments ainsi accordĂ©s (flĂ»te, violon, clavecin, viole de gambe) mĂ©ritent bien une scĂšne spĂ©cifique, qui rĂ©sidence oblige, prĂ©sente en ce soir du 10 fĂ©vrier, dans l’Auditorium de Saintes, les fruits de leur travail rĂ©alisĂ© sur quatre journĂ©es. Un travail de prĂ©cision comme une mĂ©canique subtile engage chaque instrumentiste pour la rĂ©alisation de cette conversation musicale oĂč le jeu concertant est l’expression d’un Ă©quilibre collectif qui recherche l’Ă©loquence harmonieuse des partis associĂ©s. Les instruments se chauffent et s’accordent dans le Marais d’ouverture (qui est certes sur le canevas d’un trio: en l’occurrence, un extrait du Trio n°5 des PiĂšces pour le coucher du Roi ; puis c’est surtout les 3 PiĂšces de clavecin en concert, celles sublimes du Concert V de Rameau, oĂč le tissu si subtile cette fois Ă  quatre voix Ă©gales, permet concrĂštement de rĂ©aliser ce jeu collectif oĂč la somme des parties sĂ©parĂ©es engendre cet enchantement d’une ineffable poĂ©sie : La Cupis fait entendre pour la voix de dessus, le trĂšs beau son du violon de Louis Crea’ch, ex Ă©lĂšve de l’orchestre maison, Jeune Orchestre de l’Abbaye (Ă  l’Ă©poque de sa formation et de son apprentissage : “Jeune Orchestre Atlantique”) : la maĂźtrise des intentions, l’intelligence des phrasĂ©s, le style d’une pudeur fine et tendre Ă  la fois, affirment nettement la sensibilitĂ© de l’instrumentiste ; un artiste d’une rare comprĂ©hension et d’une plĂ©nitude  stylistique manifeste dont l’Abbaye aux Dames peut ĂȘtre fiĂšre d’avoir ainsi favorisĂ© l’Ă©closion et la maturation. D’une mĂȘme sĂ»retĂ© de ton, carrure preste et technicitĂ© coulante, le clavecin de Jean Rondeau (que l’on ne prĂ©sente plus car l’intĂ©ressĂ© mĂšne parallĂšlement une carriĂšre de claveciniste remarquĂ© – son dernier cd dĂ©diĂ© Ă  Rameau et surtout Royer affirme comme un nouveau jalon, cohĂ©rence et maturitĂ© de ses convictions artistiques).

 

 

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C’est surtout aprĂšs le Couperin d’une grande finesse (superbes passages harmoniques, extraits de La PiĂ©montaise des Nations), l’intensitĂ© dramatique et les somptueuses couleurs du Telemann moins connu (extraits du 6Ăšme opus des Quatuors Parisiens : idĂ©alement destinĂ©s pour la formation instrumentale en quatuor, les partitions de Telemann frappent par leur grand raffinement, leur caractĂšre noble et Ă©videmment italien, quand leur architecture puissante cultive aussi de superbes atmosphĂšres dĂ©jĂ  presque nĂ©oclassiques (or nous ne sommes que dans les annĂ©es 1730…). A l’Ă©poque oĂč Rameau fait sa rĂ©volution lyrique, le chant instrumental, cosmopolite et raffinĂ© de Telemann n’a rien Ă  lui envier. Et les solistes de Nevermind lui dĂ©dient leur travail d’horlogerie, prĂ©cision et souffle expressif combinĂ©s. Un rĂ©el accomplissement qui confĂšre au groupe sa lĂ©gitimitĂ© instrumentale ; c’est d’ailleurs autour des Quatuors parisiens de Telemann que les quatre solistes se sont reconnus, accordĂ©s, combinĂ©s avec la rĂ©ussite qui ce soir se rĂ©vĂšle souvent irrĂ©sistible.

Fruit de la rĂ©sidence Ă  Saintes, ce Telemann prometteur laisse entrevoir un prochain enregistrement de la totalitĂ© des Quatuors parisiens ; mais il a su aussi nourrir un tout autre travail sur le jeu quasi improvisĂ© (au prix de quelle maĂźtrise, en particulier sur le souffle et l’exactitude rythmique) d’un traditionnel irlandais (Port na bPĂșcaĂ­), “un air de trĂšs ancienne mĂ©moire” prĂ©cise la flĂ»tiste Anna Besson visiblement trĂšs inspirĂ© par ce dĂ©fi : le traverso emporte l’enthousiasme par ses sonoritĂ©s intĂ©rieures et mĂ©ditatives, en total accord avec le clavecin Ă©nigmatique de Jean Rondeau. On en redemande.

 

SAINTES, PEPINIERE DES JEUNES TEMPERAMENTS. Saintes jalonne ainsi sa saison musicale dans l’annĂ©e par des rendez vous dĂ©sormais incontournables : cette rĂ©sidence Nevermind et l’offrande de ce concert du 10 fĂ©vrier, composent les Ă©lĂ©ments d’un tremplin offert aux jeunes tempĂ©raments, prometteurs et dĂ©fricheurs. Les spectateurs peuvent retrouver les interprĂštes au moment du festival estival, dont le programme prolonge un cheminement artistique Ă©laborĂ© sur la durĂ©e. Cet Ă©tĂ©, en juillet 2016, les festivaliers pourront dĂ©couvrir comme l’Ă©tape suivante de leur parcours musical Ă  Saintes, ce travail spĂ©cifique sur le jeu concertant, fruit de l’Ă©coute, de la complicitĂ© et du plaisir, composantes toujours irrĂ©sistible d’une nouvelle fraternitĂ© musicale qui s’Ă©crit dĂ©sormais de concert en concert. Jeune ensemble Ă  suivre.

 

 

Vitalité concertante : Nevermind à Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 fĂ©vrier 2016. C’est un nouvel ensemble Ă  quatre voix Ă©gales qui sait dĂ©ployer une pĂ©tulante vitalitĂ© sur instruments d’Ă©poque : flĂ»te ou plutĂŽt traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 fĂ©vrier est le prolongement finalisĂ© et abouti d’une rĂ©sidence de prĂšs de 4 jours, dans l’Ă©crin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en rĂ©sidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en crĂ©ation dĂ©diĂ© Ă  Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidĂ©o sur le travail de De Caelis Ă  Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent Ă  Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifiĂ© au diapason de l’Ă©nergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempĂ©raments innovent, surprennent, osent par un jeu concertĂ©, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clartĂ© expressive qui rend chaque interprĂ©tation captivante, par la prĂ©cision rythmique et le souci de l’Ă©coute partagĂ©e. De la fougue, une sensibilitĂ© ciselĂ©e, partagĂ©e par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si dĂ©licat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand SiĂšcle (Marais) et du XVIIIĂš (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrĂ©s du XVIIIĂš germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

boutonreservationEnsemble Nevermind
Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’Ă©criture instrumentale Ă  l’Ăąge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilitĂ©s expressives du cadre concertant oĂč 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumiĂšre la partie Ă©clatante et continue de la basse continue (continuo), assurĂ©e par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumiĂšre les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La PiĂ©montoise, tirĂ©e du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo dĂ©ploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus dĂ©concertant encore, la place que Rameau sait dĂ©dier au clavecin dĂšs lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses PiĂšces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hĂ©site pas Ă  dĂ©fier la virtuositĂ© du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre dĂ©fend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un dĂ©fi pour l’interprĂšte.
Jean-SĂ©bastien Bach innove encore en associant deux flĂ»tes, ou en dĂ©diant sa partition uniquement Ă  la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands gĂ©nies europĂ©ens de l’Ă©poque baroque, Telemann – plus cĂ©lĂšbre encore de son vivant que Bach, publie Ă  Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et lĂ  encore, sujet de dĂ©fis concertants permanents : flĂ»te, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.

Les 4 Nevermind : jubilation instrumentale Ă  Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 fĂ©vrier 2016. C’est un nouvel ensemble Ă  quatre voix Ă©gales qui sait dĂ©ployer une pĂ©tulante vitalitĂ© sur instruments d’Ă©poque : flĂ»te ou plutĂŽt traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 fĂ©vrier est le prolongement finalisĂ© et abouti d’une rĂ©sidence de prĂšs de 4 jours, dans l’Ă©crin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en rĂ©sidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en crĂ©ation dĂ©diĂ© Ă  Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidĂ©o sur le travail de De Caelis Ă  Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent Ă  Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifiĂ© au diapason de l’Ă©nergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempĂ©raments innovent, surprennent, osent par un jeu concertĂ©, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clartĂ© expressive qui rend chaque interprĂ©tation captivante, par la prĂ©cision rythmique et le souci de l’Ă©coute partagĂ©e. De la fougue, une sensibilitĂ© ciselĂ©e, partagĂ©e par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si dĂ©licat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand SiĂšcle (Marais) et du XVIIIĂš (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrĂ©s du XVIIIĂš germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

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Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

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Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’Ă©criture instrumentale Ă  l’Ăąge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilitĂ©s expressives du cadre concertant oĂč 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumiĂšre la partie Ă©clatante et continue de la basse continue (continuo), assurĂ©e par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumiĂšre les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La PiĂ©montoise, tirĂ©e du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo dĂ©ploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus dĂ©concertant encore, la place que Rameau sait dĂ©dier au clavecin dĂšs lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses PiĂšces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hĂ©site pas Ă  dĂ©fier la virtuositĂ© du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre dĂ©fend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un dĂ©fi pour l’interprĂšte.
Jean-SĂ©bastien Bach innove encore en associant deux flĂ»tes, ou en dĂ©diant sa partition uniquement Ă  la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands gĂ©nies europĂ©ens de l’Ă©poque baroque, Telemann – plus cĂ©lĂšbre encore de son vivant que Bach, publie Ă  Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et lĂ  encore, sujet de dĂ©fis concertants permanents : flĂ»te, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.

L’ensemble Nevermind Ă  Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 fĂ©vrier 2016. C’est un nouvel ensemble Ă  quatre voix Ă©gales qui sait dĂ©ployer une pĂ©tulante vitalitĂ© sur instruments d’Ă©poque : flĂ»te ou plutĂŽt traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 fĂ©vrier est le prolongement finalisĂ© et abouti d’une rĂ©sidence de prĂšs de 4 jours, dans l’Ă©crin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en rĂ©sidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en crĂ©ation dĂ©diĂ© Ă  Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidĂ©o sur le travail de De Caelis Ă  Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent Ă  Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifiĂ© au diapason de l’Ă©nergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempĂ©raments innovent, surprennent, osent par un jeu concertĂ©, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clartĂ© expressive qui rend chaque interprĂ©tation captivante, par la prĂ©cision rythmique et le souci de l’Ă©coute partagĂ©e. De la fougue, une sensibilitĂ© ciselĂ©e, partagĂ©e par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si dĂ©licat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand SiĂšcle (Marais) et du XVIIIĂš (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrĂ©s du XVIIIĂš germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

boutonreservationEnsemble Nevermind
Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’Ă©criture instrumentale Ă  l’Ăąge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilitĂ©s expressives du cadre concertant oĂč 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumiĂšre la partie Ă©clatante et continue de la basse continue (continuo), assurĂ©e par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumiĂšre les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La PiĂ©montoise, tirĂ©e du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo dĂ©ploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus dĂ©concertant encore, la place que Rameau sait dĂ©dier au clavecin dĂšs lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses PiĂšces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hĂ©site pas Ă  dĂ©fier la virtuositĂ© du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre dĂ©fend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un dĂ©fi pour l’interprĂšte.
Jean-SĂ©bastien Bach innove encore en associant deux flĂ»tes, ou en dĂ©diant sa partition uniquement Ă  la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands gĂ©nies europĂ©ens de l’Ă©poque baroque, Telemann – plus cĂ©lĂšbre encore de son vivant que Bach, publie Ă  Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et lĂ  encore, sujet de dĂ©fis concertants permanents : flĂ»te, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.

Concert de Noël à Saintes

Saintes cite musicale, abaye aux dames annonce concert classiquenews abbatiale-facade-724x521Saintes. Abbaye aux Dames, jeudi 17 dĂ©cembre 2015. Orchestre Poitou Charentes : Rossini, Saint-SaĂ«ns, Delibes
 Concert subtil (duo concertant violon et violoncelle de Saint-SaĂ«ns) et facĂ©tieux (irrĂ©sistible Rossini et son ouverture de L’Echelle de soie, La Scala di Seta) Ă  l’affiche de l’Abbaye aux Dames de Saintes pour ce mois de fĂȘtes de fin d‘annĂ©e : l’Orchestre Poitou Charentes sous la direction d’Adrien Perruchon interprĂšte plusieurs joyaux romantiques dans le registre de la finesse et de la subtilitĂ©. L’opĂ©ra-comique et l’opĂ©rette s’y dĂ©ploient accordant virtuositĂ©, justesse, profondeur grĂące aux solistes conviĂ©s pour l’occasion : chanteurs et instrumentistes, interprĂštes engagĂ©s de Rossini, Saint-SaĂ«ns mais aussi Delibes, Gounod, Lopez
 « Bonne humeur, lĂ©gĂšretĂ©, voire dĂ©calage », la prĂ©sentation du concert sur le site de l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Saintes affiche une joie partagĂ©e dĂ©complexĂ©e. L’Orchestre Poitou-Charentes y dĂ©fend un panorama de l’opĂ©ra-comique, de l’opĂ©rette, particuliĂšrement prometteur, – c’est Ă  dire un florilĂšge de mĂ©lodies et tableaux qui ont fait chanter et danser la France et l’Europe, de l’Ă©poque romantique jusqu’à la moitiĂ© du XXe siĂšcle.

perruchon-adrien-chef-maestro-review-critique-annonce-concert-CLASSIQUENEWS-582-390

 

 

Le jeune maestro Adrien Perruchon, relĂšve les dĂ©fis multiples de ce programme qui associe virtuositĂ© vocale, saillies et dĂ©lires dramatiques, dĂ©fis instrumentaux. Les chanteurs invitĂ©s interprĂštent airs cĂ©lĂšbres de LakmĂ© (les clochettes) de Delibes, de l’opĂ©ra La Traviata de Verdi, Le Chanteur de Mexico de Francis Lopez (Rossignol de mes amours)
, l’ivresse amoureuse du jeune Nemorino (L’elisir d’amore de Donizetti), l’hystĂ©rie fĂ©minine qu’incarne la CunĂ©gonde de Bernstein dans son opĂ©ra Candide (air pour soprano : “Glitter and be gay”), sans omettre le dĂ©sopilant duo de la mouche extrait d’OrphĂ©e aux enfers, parodie mythologique et dĂ©jantĂ©e d’Offenbach, oĂč Jupiter transformĂ© en mouche sĂ©duit Eurydice… Le programme prĂ©sentĂ© Ă  Saintes est dirigĂ© par un jeune maestro rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© quand il remplaçait pour un mĂȘme concert Ă  Radio France, Mikko Franck et Lionel Bringuier initialement annoncĂ©s. Timbalier au Philhar de Radio France, Adrien Perruchon a montrĂ© une trempe exemplaire, un vrai tempĂ©rament particuliĂšrement convaincant. Qu’en sera-t-il Ă  Saintes ? C’est sans doute une nouvelle baguette Ă  suivre et qui fait donc l’évĂ©nement ce 17 dĂ©cembre sous la voĂ»te de l’Abbatiale de Saintes.

 

 

boutonreservationAdrien Perruchon dirige l’Orchestre Poitou Charentes
Opéra comique, opérette

Jeudi 17 décembre 2015, 20h30

Gioachino Rossini
L’échelle de soie, ouverture
Camille Saint-Saëns
La Muse et le PoĂšte pour violon et violoncelle opus 132
LĂ©o Delibes, Charles Gounod, Francis Lopez


François-Marie Drieux, violon
Jean-Marie Trotereau, violoncelle
Blaise Rantoanina, ténor
Isabelle Philippe, soprano colorature

Orchestre Poitou-Charentes
Adrien Perruchon, direction

Durée: 1h30
Tarifs: de 8 à 25€

Programme détaillé du Concert de Noël :

Gioachino ROSSINI
(1792-1868)
L’Echelle de soie, ouverture en ut majeur
Una Voce Poco Fa (Le barbier de SĂ©ville)

Gaetano DONIZETTI
(1797-1848)
Una furtiva lagrima (Elixir d’amour)

Camille SAINT-SAËNS
(1835-1921)
La Muse et le PoĂšte pour violon
et violoncelle opus 132

Entracte

Emmanuel CHABRIER
(1841-1894)
FĂȘte Polonaise (Le Roi malgrĂ© lui)

Leonard BERNSTEIN
(1918-1990)
Glitter and be Gay (Candide)
Happy We (Candide)

Francis LOPEZ
(1916-1995)
Rossignol de mes amours
(Le Chanteur de Mexico)

LĂ©o DELIBES
(1836-1891)
Air des clochettes (Lakmé)

Jacques OFFENBACH
(1819-1880)
Duo de la mouche (Orphée aux enfers)

DurĂ©e du concert : 1 h 30

Vin chaud offert à l’Abboutique à l’issue du concert.

 

Concert repris au TAP de Poitiers, Dimanche 20 décembre 2015, 15h

Saintes : le concert de Noël

Saintes cite musicale, abaye aux dames annonce concert classiquenews abbatiale-facade-724x521Saintes. Abbaye aux Dames, jeudi 17 dĂ©cembre 2015. Orchestre Poitou Charentes : Rossini, Saint-SaĂ«ns, Delibes
 Concert subtil (duo concertant violon et violoncelle de Saint-SaĂ«ns) et facĂ©tieux (irrĂ©sistible Rossini et son ouverture de L’Echelle de soie, La Scala di Seta) Ă  l’affiche de l’Abbaye aux Dames de Saintes pour ce mois de fĂȘtes de fin d‘annĂ©e : l’Orchestre Poitou Charentes sous la direction d’Adrien Perruchon interprĂšte plusieurs joyaux romantiques dans le registre de la finesse et de la subtilitĂ©. L’opĂ©ra-comique et l’opĂ©rette s’y dĂ©ploient accordant virtuositĂ©, justesse, profondeur grĂące aux solistes conviĂ©s pour l’occasion : chanteurs et instrumentistes, interprĂštes engagĂ©s de Rossini, Saint-SaĂ«ns mais aussi Delibes, Gounod, Lopez
 « Bonne humeur, lĂ©gĂšretĂ©, voire dĂ©calage », la prĂ©sentation du concert sur le site de l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Saintes affiche une joie partagĂ©e dĂ©complexĂ©e. L’Orchestre Poitou-Charentes y dĂ©fend un panorama de l’opĂ©ra-comique, de l’opĂ©rette, particuliĂšrement prometteur, – c’est Ă  dire un florilĂšge de mĂ©lodies et tableaux qui ont fait chanter et danser la France et l’Europe, de l’Ă©poque romantique jusqu’à la moitiĂ© du XXe siĂšcle.

perruchon-adrien-chef-maestro-review-critique-annonce-concert-CLASSIQUENEWS-582-390

 

 

Le jeune maestro Adrien Perruchon, relĂšve les dĂ©fis multiples de ce programme qui associe virtuositĂ© vocale, saillies et dĂ©lires dramatiques, dĂ©fis instrumentaux. Les chanteurs invitĂ©s interprĂštent airs cĂ©lĂšbres de LakmĂ© (les clochettes) de Delibes, de l’opĂ©ra La Traviata de Verdi, Le Chanteur de Mexico de Francis Lopez (Rossignol de mes amours)
, l’ivresse amoureuse du jeune Nemorino (L’elisir d’amore de Donizetti), l’hystĂ©rie fĂ©minine qu’incarne la CunĂ©gonde de Bernstein dans son opĂ©ra Candide (air pour soprano : “Glitter and be gay”), sans omettre le dĂ©sopilant duo de la mouche extrait d’OrphĂ©e aux enfers, parodie mythologique et dĂ©jantĂ©e d’Offenbach, oĂč Jupiter transformĂ© en mouche sĂ©duit Eurydice… Le programme prĂ©sentĂ© Ă  Saintes est dirigĂ© par un jeune maestro rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© quand il remplaçait pour un mĂȘme concert Ă  Radio France, Mikko Franck et Lionel Bringuier initialement annoncĂ©s. Timbalier au Philhar de Radio France, Adrien Perruchon a montrĂ© une trempe exemplaire, un vrai tempĂ©rament particuliĂšrement convaincant. Qu’en sera-t-il Ă  Saintes ? C’est sans doute une nouvelle baguette Ă  suivre et qui fait donc l’évĂ©nement ce 17 dĂ©cembre sous la voĂ»te de l’Abbatiale de Saintes.

 

 

boutonreservationAdrien Perruchon dirige l’Orchestre Poitou Charentes
Opéra comique, opérette

Jeudi 17 décembre 2015, 20h30

Gioachino Rossini
L’échelle de soie, ouverture
Camille Saint-Saëns
La Muse et le PoĂšte pour violon et violoncelle opus 132
LĂ©o Delibes, Charles Gounod, Francis Lopez


François-Marie Drieux, violon
Jean-Marie Trotereau, violoncelle
Blaise Rantoanina, ténor
Isabelle Philippe, soprano colorature

Orchestre Poitou-Charentes
Adrien Perruchon, direction

Durée: 1h30
Tarifs: de 8 à 25€

Programme détaillé du Concert de Noël :

Gioachino ROSSINI
(1792-1868)
L’Echelle de soie, ouverture en ut majeur
Una Voce Poco Fa (Le barbier de SĂ©ville)

Gaetano DONIZETTI
(1797-1848)
Una furtiva lagrima (Elixir d’amour)

Camille SAINT-SAËNS
(1835-1921)
La Muse et le PoĂšte pour violon
et violoncelle opus 132

Entracte

Emmanuel CHABRIER
(1841-1894)
FĂȘte Polonaise (Le Roi malgrĂ© lui)

Leonard BERNSTEIN
(1918-1990)
Glitter and be Gay (Candide)
Happy We (Candide)

Francis LOPEZ
(1916-1995)
Rossignol de mes amours
(Le Chanteur de Mexico)

LĂ©o DELIBES
(1836-1891)
Air des clochettes (Lakmé)

Jacques OFFENBACH
(1819-1880)
Duo de la mouche (Orphée aux enfers)

DurĂ©e du concert : 1 h 30

Vin chaud offert à l’Abboutique à l’issue du concert.

 

Concert repris au TAP de Poitiers, Dimanche 20 décembre 2015, 15h

SAINTES. Adrien Perruchon dirige l’Orchestre Poitou Charentes OpĂ©ra comique, opĂ©rette


Saintes cite musicale, abaye aux dames annonce concert classiquenews abbatiale-facade-724x521Saintes. Abbaye aux Dames, jeudi 17 dĂ©cembre 2015. Orchestre Poitou Charentes : Rossini, Saint-SaĂ«ns, Delibes
 Concert subtil (duo concertant violon et violoncelle de Saint-SaĂ«ns) et facĂ©tieux (irrĂ©sistible Rossini et son ouverture de L’Echelle de soie, La Scala di Seta) Ă  l’affiche de l’Abbaye aux Dames de Saintes pour ce mois de fĂȘtes de fin d‘annĂ©e : l’Orchestre Poitou Charentes sous la direction d’Adrien Perruchon interprĂšte plusieurs joyaux romantiques dans le registre de la finesse et de la subtilitĂ©. L’opĂ©ra-comique et l’opĂ©rette s’y dĂ©ploient accordant virtuositĂ©, justesse, profondeur grĂące aux solistes conviĂ©s pour l’occasion : chanteurs et instrumentistes, interprĂštes engagĂ©s de Rossini, Saint-SaĂ«ns mais aussi Delibes, Gounod, Lopez
 « Bonne humeur, lĂ©gĂšretĂ©, voire dĂ©calage », la prĂ©sentation du concert sur le site de l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Saintes affiche une joie partagĂ©e dĂ©complexĂ©e. L’Orchestre Poitou-Charentes y dĂ©fend un panorama de l’opĂ©ra-comique, de l’opĂ©rette, particuliĂšrement prometteur, - c’est Ă  dire un florilĂšge de mĂ©lodies et tableaux qui ont fait chanter et danser la France et l’Europe, de l’Ă©poque romantique jusqu’à la moitié du XXe siĂšcle.

perruchon-adrien-chef-maestro-review-critique-annonce-concert-CLASSIQUENEWS-582-390

 

 

Le jeune maestro Adrien Perruchon, relĂšve les dĂ©fis multiples de ce programme qui associe virtuositĂ© vocale, saillies et dĂ©lires dramatiques, dĂ©fis instrumentaux. Les chanteurs invitĂ©s interprĂštent airs cĂ©lĂšbres de Lakmé (les clochettes) de Delibes, de l’opĂ©ra La Traviata de Verdi, Le Chanteur de Mexico de Francis Lopez (Rossignol de mes amours)
, l’ivresse amoureuse du jeune Nemorino (L’elisir d’amore de Donizetti), l’hystĂ©rie fĂ©minine qu’incarne la CunĂ©gonde de Bernstein dans son opĂ©ra Candide (air pour soprano : “Glitter and be gay”), sans omettre le dĂ©sopilant duo de la mouche extrait d’OrphĂ©e aux enfers, parodie mythologique et dĂ©jantĂ©e d’Offenbach, oĂč Jupiter transformĂ© en mouche sĂ©duit Eurydice… Le programme prĂ©sentĂ© Ă  Saintes est dirigĂ© par un jeune maestro rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© quand il remplaçait pour un mĂȘme concert Ă  Radio France, Mikko Franck et Lionel Bringuier initialement annoncĂ©s. Timbalier au Philhar de Radio France, Adrien Perruchon a montrĂ© une trempe exemplaire, un vrai tempĂ©rament particuliĂšrement convaincant. Qu’en sera-t-il Ă  Saintes ? C’est sans doute une nouvelle baguette Ă  suivre et qui fait donc l’évĂ©nement ce 17 dĂ©cembre sous la voĂ»te de l’Abbatiale de Saintes.

 

 

boutonreservationAdrien Perruchon dirige l’Orchestre Poitou Charentes
Opéra comique, opérette

Jeudi 17 décembre 2015, 20h30

Gioachino Rossini
L’échelle de soie, ouverture
Camille Saint-Saëns
La Muse et le PoÚte pour violon et violoncelle opus 132
LĂ©o Delibes, Charles Gounod, Francis Lopez


François-Marie Drieux, violon
Jean-Marie Trotereau, violoncelle
Blaise Rantoanina, ténor
Isabelle Philippe, soprano colorature

Orchestre Poitou-Charentes
Adrien Perruchon, direction

Durée: 1h30
Tarifs: de 8 à 25€

Programme détaillé du Concert de Noël :

Gioachino ROSSINI
(1792-1868)
L’Echelle de soie, ouverture en ut majeur
Una Voce Poco Fa (Le barbier de SĂ©ville)

Gaetano DONIZETTI
(1797-1848)
Una furtiva lagrima (Elixir d’amour)

Camille SAINT-SAËNS
(1835-1921)
La Muse et le PoĂšte pour violon
et violoncelle opus 132

Entracte

Emmanuel CHABRIER
(1841-1894)
FĂȘte Polonaise (Le Roi malgrĂ© lui)

Leonard BERNSTEIN
(1918-1990)
Glitter and be Gay (Candide)
Happy We (Candide)

Francis LOPEZ
(1916-1995)
Rossignol de mes amours
(Le Chanteur de Mexico)

LĂ©o DELIBES
(1836-1891)
Air des clochettes (Lakmé)

Jacques OFFENBACH
(1819-1880)
Duo de la mouche (Orphée aux enfers)

DurĂ©e du concert : 1 h 30

Vin chaud offert à l’Abboutique à l’issue du concert.

Quatuors Kadenza et Talich Ă  Saintes

Kadenza quatuor saintes QUATUOR_marie-monteiro-300-DPI-V2-400x211Saintes. Quatuors Kadenza et Talich, le 30 novembre 2015, 20h30. Bruch, Chostakovitch, Raillat, Mendelssohn forment ici le terreau fertile oĂč s’expriment en miroir et en complicitĂ©, deux Quatuors, Kadenza et Talich. NĂ© en 2004, le Quatuor Kadenza exerce l’art dĂ©licat de la conversation chambriste, avec d’autant plus de finesse que ses quatre instrumentistes ont reçu l’enseignement et les conseils d’Alessandro Moccia (premier violon de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es), d’Hato BayerlĂ© (membre fondateur du Quatuor Alban Berg), d’autant plus de pertinence pour ce concert Ă  Saintes de la fin novembre qu’ils ont aussi Ă©tĂ© formĂ©s par les membres du Quatuor Talich lors d’une masterclass rĂ©alisĂ©e en 2010 par le festival Quatuors Ă  cordes en Pays de Fayence.

 

 

 

En une soirĂ©e exceptionnelle, Saintes devient foyer d’un ardent chambrisme

Talich, Kadenza… Quatuors enchanteurs Ă  Saintes

 

A l’issue de cette rencontre, les deux Quatuors se rĂ©unissent en un concert commun (Octuor de Mendelssohn). L’expĂ©rience partagĂ©e se renouvelle ainsi Ă  Saintes, ce 30 novembre 2015 : associĂ©es, les deux Quatuor jouent Ă  nouveau l’Octuor de Mendelssohn. RĂ©cemment distinguĂ©s pour leur interprĂ©tation de Dvorak, les Kadenza poursuivent un parcours d’exception marquĂ© par une Ă©tonnante maturitĂ©, une profonde sensibilitĂ© qui Ă©clairent le sens des partitions choisies. C’est donc une sorte de concert Ă  deux voix, portĂ©es par deux formations en Ă©troite complicitĂ© que les spectateurs du Gallia ThĂ©Ăątre Ă  Saintes applaudiront. Le Quatuor Talich, fondĂ© en 1964, ensemble lĂ©gendaire de Prague qui a tant marquĂ© entre autres l’interprĂ©tation des grands romantiques tchĂšques dont Smetana, Janacek, mais aussi Mendelssohn…, transmet au sein de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de ses membres (rĂ©unis autour de son premier violon, Jan Talich Jr., fils de Jan le fondateur), une leçon de subtilitĂ© et d’engagement. Les Kadenza en retour, leur offre une implication sans faille. Perle de ce programme Ă  2 Quatuors, l’Octuor du jeune Mendelssohn, composĂ© en octobre 1825, – crĂ©Ă© en publique Ă  Paris par Baillot en mars 1832 : c’est un sommet des possibilitĂ©s du jeune Mendelssohn, louĂ© par Schumann lui-mĂȘme sidĂ©rĂ© par tant de prodiges rĂ©alisĂ©s malgrĂ© le jeune Ăąge de son auteur (16 ans).

Cime inatteignable parmi les 4 mouvements, l’Andante en ut mineur, illuminĂ© par une tendresse innocente oĂč passe un souffle de rĂȘverie intime d’une indicible douceur ; cependant que le Scherzo en sol mineur est inspirĂ© des vers de Goethe : tout le fantastique de Faust y paraĂźt, convoquant la terreur des esprits agiles prĂȘts Ă  emporter chaque auditeur… Le surnaturel fĂ©erique s’y dĂ©ploie avec une intensitĂ© juvĂ©nile qui portera de nouveaux fruits sublimes dans l’Ouverture du Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© composĂ© un an aprĂšs l’Octuor.

Mendelssohn inaugure le genre, à tout juste seize ans, avec son extraordinaire opus 20. Max Bruch dans sa rĂ©sonance, finira lui son oeuvre posthume quelque six mois avant sa mort. Avant les deux piĂšces Ă©crites par Chostakovitch, Ă  l’ñge de vingt ans, les deux quatuors nous proposent une crĂ©ation originale de Jean-Pierre Raillat, compositeur associĂ© du Quatuor Kadenza.

 

 

DurĂ©e : 1h30 / Tarifs : de 8 Ă  25€

Acheter vos billets sur la page billetterie de l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Saintes

 

 

 

Max Bruch
Octuor opus posthume en si bémol majeur

Dmitri Chostakovitch
Prélude et scherzo opus 11

Jean-Pierre Raillat
Les visages de la mort, création mondiale

Felix Mendelssohn
Octuor opus 20 en mi bémol majeur

boutonreservationAbbaye aux Dames
la cité musicale, Saintes
Lundi 30 novembre 2015, 20h30
Saintes, Gallia Théùtre

 

 

Quatuor Kadenza

Arnaud Chataigner, violon
Jean-Nicolas Richard, violoncelle
Mathias Guerry, violon
Béatrice Daigre-Hurteaud, alto

Quatuor Talich

Jan Talich, violon
Roman Patočka, violon
Vladimír Bukac, alto
Petr Prause, violoncelle

Hervé Niquet : portrait & entretien. Défrichement et pédagogie

PORTRAIT et entretien. HervĂ© Niquet : La renaissance du Concert Spirituel, dĂ©frichement et pĂ©dagogie. A l’occasion de son passage Ă  l’Abbaye aux Dames de Saintes oĂč il dirige un concert du Jeune Orchestre de l’Abbaye, HervĂ© Niquet a acceptĂ© de nous recevoir pour Ă©voquer son parcours avec le Concert Spirituel, l’orchestre qu’il a fondĂ© en 1987, ses projets mais aussi son travail avec le JOA, cet orchestre constituĂ© de jeunes instrumentistes fraĂźchement diplĂŽmĂ©s venus du monde entier afin de travailler avec des chefs de renommĂ©e internationale dans la maĂźtrise des instruments anciens.

Niquet herveLe Concert Spirituel. Le premier Concert Spirituel est nĂ© en 1725 et a disparu en 1793, pendant la RĂ©volution française. HervĂ© Niquet qui nous reçoit Ă  l’Abbaye aux Dames, alors qu’il s’apprĂȘte Ă  diriger les jeunes instrumentistes du collectif local, le Jeune Orchestre de l’Abbaye, prĂ©cise : «Je souhaitais fonder mon propre ensemble. AprĂšs de multiples recherches, le principe de cet orchestre, spĂ©cialisĂ© dans la musique française, m’a interpellĂ©.» Et d’ajouter : «La musique française, Ă  commencer par les grands motets, est largement dĂ©laissĂ©e par de nombreux musiciens. Il est vrai aussi que monter les grands motets demande un important travail aussi exigeant que la prĂ©paration d’un opĂ©ra». Le chef conclut : «Il y a un grand nombre d’oeuvres, surtout dans le rĂ©pertoire baroque français, Ă  dĂ©couvrir ou Ă  redĂ©couvrir». Depuis 1987, le Concert Spirituel est devenu un ensemble de premier plan dĂ©frichant, sous la direction de son chef et fondateur, le rĂ©pertoire français du XVIIe siĂšcle au XIXe siĂšcle.

Les projets. AprĂšs la sortie du CD Herculanum, opĂ©ra oubliĂ© de FĂ©licien David (1810-1876) et du Gloria d’Antonio Vivaldi (1678-1741) HervĂ© Niquet ajoute Don Quichotte chez la duchesse opĂ©ra bouffon sorti en DVD le 17 novembre; cela permettra de voir ou de revoir la mise en scĂšne de Shirley et Dino». Il ajoute: «J’irai peut-ĂȘtre en Grande Bretagne pour diriger Herculanum; aprĂšs l’important travail de recherche critique, musicologique et scientifique que cela reprĂ©sente, je suis ravi qu’il soit reconnu. Je regrette cependant que cela soit d’abord en Grande Bretagne et pas en France ». Et concernant le succĂšs public et critique d’Herculanum : «Cela est gratifiant pour nous tous bien sĂ»r» souligne-t-il, avec un bref sourire.

France Musique. TrĂšs actif, HervĂ© Niquet a aussi un chronique dans la Matinale de France Musique. «Je n’y suis que cinq minutes par semaine.». Il poursuit : «Cela demande un travail de rĂ©flexion et d’Ă©criture; mais cela permet aussi de faire partager, mĂȘme briĂšvement un peu de notre vie d’artistes; une vie difficile certes mais choisie».

Saintes : Le Jeune Orchestre de l'Abbaye se rĂ©vĂšle en 2 concertsLe Jeune Orchestre de l’Abbaye. Pour HervĂ© Niquet ce n’est pas une premiĂšre : «Je suis dĂ©jĂ  venu il y a quatre ans. C’est une expĂ©rience que je renouvelle avec plaisir. Le JOA regroupe de jeunes professionnels encore mallĂ©ables; pour eux travailler avec des chefs diffĂ©rents Ă  chaque fois leur permet d’acquĂ©rir une expĂ©rience nĂ©cessaire pour plus tard, lorsqu’ils intĂ©greront d’autres orchestres.». Et d’ajouter : «Cela me permet aussi de faire «mon marché» pour le Concert Spirituel». HervĂ© Niquet conclue : «J’attends un haut niveau professionnel et qualitatif de leur part». Et en effet, lors du raccord qui suit notre entretien, le chef travaille et retravaille les passages des trois Ɠuvres au programme du concert (Gossec, HĂ©rold, Mozart), en particulier les passages qui posent le plus de problĂšmes. Si HervĂ© Niquet reprend ses musiciens avec humour, il n’en reste pas moins intransigeant, remettant sur le mĂ©tier, et jusqu’Ă  la derniĂšre minute, cette musique française qu’il aime tant ciseler, avec une implacable rigueur.

herold-ferdinand-louis-portrait-620Le programme du concert. Les trois compositeurs programmĂ©s sont tous emblĂ©matiques du XVIIIĂš, mais aussi du premier romantisme symphonique qui reste Ă  redĂ©couvrir en particulier en France. En ce qui concerne François-Joseph Gossec (1734-1829), HervĂ© Niquet explique : «Gossec est le plus ĂągĂ© des trois compositeurs du concert de ce soir. D’origine belge, il s’est installĂ© en France qui est rapidement devenue sa patrie. Sa musique, qui s’est intĂ©grĂ©e facilement au rĂ©pertoire français est certes complexe mais aussi trĂšs audacieuse.». A propos de Louis Ferdinand HĂ©rold (1791-1833) : «HĂ©rold est un concentrĂ© de tout ce qui a prĂ©cĂ©dĂ©. Il y a, dans sa musique, un mĂ©lange des techniques de composition hĂ©ritĂ©es de Mozart, Beethoven, Haydn ou Gossec; mais, mĂȘme s’il est Ă  la croisĂ©e des chemins, il innove et sa musique, plaisante, apparemment simple, est complexe, variĂ©e, bouillonnant de thĂšmes et donc trĂšs difficile Ă  jouer. A sa maniĂšre HĂ©rold prĂ©figure ce que sera Wagner quelques dĂ©cennies plus tard.». En ce qui concerne Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) il ajoute : «Mozart, lui, il ne s’inspire de personne. Il Ă©coute, rencontre du monde et ingurgite sans efforts. Il a rencontrĂ© Gossec lors de son sĂ©jour Ă  Paris; ils sont devenus amis lors de ce sĂ©jour en France.».

HervĂ© Niquet, grand dĂ©fricheur de chefs d’oeuvres oubliĂ©s devant l’Eternel contribue depuis de longues annĂ©es Ă  la renaissance de tout un pan de la musique française depuis la pĂ©riode baroque jusqu’au dĂ©but du XXe siĂšcle. L’excellent musicien se dĂ©voile Ă  Saintes, fin pĂ©dagogue et chef exigeant ; en pilote loquace, argumentĂ©, perfectionniste, il pousse ses jeunes musiciens dans leurs ultimes retranchements pour les amener Ă  s’Ă©panouir et Ă  hausser un peu plus haut leur niveau. A ĂȘtre rĂ©actifs, efficaces, concentrĂ©s, participatifs. Il le dit d’ailleurs trĂšs clairement : «Ce sont de jeunes professionnels qui auront Ă  faire Ă  des chefs exigeants quant Ă  la qualitĂ©. Ils devront ĂȘtre au niveau tout de suite». L’excellence instrumentale et interprĂ©tative des jeunes musiciens passe par Saintes. Sous la direction d’HervĂ© Niquet, les jeunes Ă©lĂšves auront atteint une nouvelle marche dans le long apprentissage qui mĂšne parfois Ă  la perfection musicale.

CD : les derniers cd d’HervĂ© Niquet

LIRE notre compte rendu critique d’Herculanum (avec le Brussels Philhamronic, oĂč brille le diamant vocal de l’excellent Nicolas Courjal)

LIRE notre compte rendu du Gloria de Vivaldi (CLIC de classiquenews de novembre 2015). Les chanteuses du Concert Spirituel renouvellent notre connaissance de la ferveur vénitienne vivaldienne avec un ton saisissant de sincérité collective


Quatuors Kadenza et Talich Ă  Saintes

Kadenza quatuor saintes QUATUOR_marie-monteiro-300-DPI-V2-400x211Saintes. Quatuors Kadenza et Talich, le 30 novembre 2015, 20h30. Bruch, Chostakovitch, Raillat, Mendelssohn forment ici le terreau fertile oĂč s’expriment en miroir et en complicitĂ©, deux Quatuors, Kadenza et Talich. NĂ© en 2004, le Quatuor Kadenza exerce l’art dĂ©licat de la conversation chambriste, avec d’autant plus de finesse que ses quatre instrumentistes ont reçu l’enseignement et les conseils d’Alessandro Moccia (premier violon de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es), d’Hato BayerlĂ© (membre fondateur du Quatuor Alban Berg), d’autant plus de pertinence pour ce concert Ă  Saintes de la fin novembre qu’ils ont aussi Ă©tĂ© formĂ©s par les membres du Quatuor Talich lors d’une masterclass rĂ©alisĂ©e en 2010 par le festival Quatuors Ă  cordes en Pays de Fayence.

 

 

 

En une soirĂ©e exceptionnelle, Saintes devient foyer d’un ardent chambrisme

Talich, Kadenza… Quatuors enchanteurs Ă  Saintes

 

A l’issue de cette rencontre, les deux Quatuors se rĂ©unissent en un concert commun (Octuor de Mendelssohn). L’expĂ©rience partagĂ©e se renouvelle ainsi Ă  Saintes, ce 30 novembre 2015 : associĂ©es, les deux Quatuor jouent Ă  nouveau l’Octuor de Mendelssohn. RĂ©cemment distinguĂ©s pour leur interprĂ©tation de Dvorak, les Kadenza poursuivent un parcours d’exception marquĂ© par une Ă©tonnante maturitĂ©, une profonde sensibilitĂ© qui Ă©clairent le sens des partitions choisies. C’est donc une sorte de concert Ă  deux voix, portĂ©es par deux formations en Ă©troite complicitĂ© que les spectateurs du Gallia ThĂ©Ăątre Ă  Saintes applaudiront. Le Quatuor Talich, fondĂ© en 1964, ensemble lĂ©gendaire de Prague qui a tant marquĂ© entre autres l’interprĂ©tation des grands romantiques tchĂšques dont Smetana, Janacek, mais aussi Mendelssohn…, transmet au sein de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de ses membres (rĂ©unis autour de son premier violon, Jan Talich Jr., fils de Jan le fondateur), une leçon de subtilitĂ© et d’engagement. Les Kadenza en retour, leur offre une implication sans faille. Perle de ce programme Ă  2 Quatuors, l’Octuor du jeune Mendelssohn, composĂ© en octobre 1825, – crĂ©Ă© en publique Ă  Paris par Baillot en mars 1832 : c’est un sommet des possibilitĂ©s du jeune Mendelssohn, louĂ© par Schumann lui-mĂȘme sidĂ©rĂ© par tant de prodiges rĂ©alisĂ©s malgrĂ© le jeune Ăąge de son auteur (16 ans).

Cime inatteignable parmi les 4 mouvements, l’Andante en ut mineur, illuminĂ© par une tendresse innocente oĂč passe un souffle de rĂȘverie intime d’une indicible douceur ; cependant que le Scherzo en sol mineur est inspirĂ© des vers de Goethe : tout le fantastique de Faust y paraĂźt, convoquant la terreur des esprits agiles prĂȘts Ă  emporter chaque auditeur… Le surnaturel fĂ©erique s’y dĂ©ploie avec une intensitĂ© juvĂ©nile qui portera de nouveaux fruits sublimes dans l’Ouverture du Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© composĂ© un an aprĂšs l’Octuor.

Mendelssohn inaugure le genre, à tout juste seize ans, avec son extraordinaire opus 20. Max Bruch dans sa rĂ©sonance, finira lui son oeuvre posthume quelque six mois avant sa mort. Avant les deux piĂšces Ă©crites par Chostakovitch, Ă  l’ñge de vingt ans, les deux quatuors nous proposent une crĂ©ation originale de Jean-Pierre Raillat, compositeur associĂ© du Quatuor Kadenza.

 

 

DurĂ©e : 1h30 / Tarifs : de 8 Ă  25€

Acheter vos billets sur la page billetterie de l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Saintes

 

 

 

Max Bruch
Octuor opus posthume en si bémol majeur

Dmitri Chostakovitch
Prélude et scherzo opus 11

Jean-Pierre Raillat
Les visages de la mort, création mondiale

Felix Mendelssohn
Octuor opus 20 en mi bémol majeur

boutonreservationAbbaye aux Dames
la cité musicale, Saintes
Lundi 30 novembre 2015, 20h30
Saintes, Gallia Théùtre

 

 

Quatuor Kadenza

Arnaud Chataigner, violon
Jean-Nicolas Richard, violoncelle
Mathias Guerry, violon
Béatrice Daigre-Hurteaud, alto

Quatuor Talich

Jan Talich, violon
Roman Patočka, violon
Vladimír Bukac, alto
Petr Prause, violoncelle

Compte rendu concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 5 novembre 2015. HĂ©rold, Gossec, Mozart. Jeune Orchestre de l’Abbaye. HervĂ© Niquet, direction.

concert-joa saintes JOAEn ce dĂ©but novembre 2015, le Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA) a prĂ©sentĂ© les fruits de sa premiĂšre session de travail pour la saison 2015/2016. Dans ce concert, les responsables de la CitĂ© musicale, Saintes ont invitĂ© le chef HervĂ© Niquet, directeur musical et fondateur du Concert Spirituel. Fin pĂ©dagogue, Niquet, qui a programmĂ© deux symphonies de compositeurs français, – son rĂ©pertoire de prĂ©dilection-, a fait travailler les jeunes instrumentistes jusqu’Ă  la derniĂšre minute. Et, lors du concert de jeudi soir, le rĂ©sultat a dĂ©passĂ© ses espĂ©rances.

JOA jeune orchestre de l abbaye saintes classiquenews concertHervĂ© Niquet qui, de par son parcours avec Le Concert Spirituel, dĂ©fend le rĂ©pertoire français avec une constance bienvenue, a programmĂ© les symphonies de deux compositeurs français du XVIIIe et du XIXe siĂšcle. La soirĂ©e dĂ©bute avec François Joseph Gossec (1734-1829) : sa Symphonie opus VIII n°2 en fa majeur, composĂ©e en 1774. ProtĂ©gĂ© de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Gossec fait partie des pionniers de la musique symphonique suivant en cela l’exemple de Joseph Haydn (1732-1809), l’inventeur du genre; et c’est d’ailleurs Gossec qui a converti la France au genre symphonique. La Symphonie est allante, dynamique, clair foyer bouillonnant de thĂšmes et de rythmes dansants. Le chef, trĂšs inspirĂ© dirige ses musiciens avec clartĂ© et fermetĂ©; cela ne l’empĂȘche pas de faire preuve d’humour et d’arpenter la scĂšne comme s’il s’agissait d’une promenade de santĂ©. Cependant ne nous fions pas aux apparences, chef et musiciens n’oublient pas une seconde la musique ; ils cisĂšlent chaque note, chaque section de la partition de Gossec avec une prĂ©cision millimĂ©trĂ©e. Le public rĂ©serve aux instrumentistes fĂ©licitĂ©s audiblement par le maestro Ă  la fin de l’oeuvre, un accueil chaleureux trĂšs mĂ©ritĂ©. Pendant l’annĂ©e, les sessions du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye ponctue un parcours d’approfondissement dans l’interprĂ©tation unique en Europe ; la pratique sur instruments anciens appliquĂ©e Ă  la (re)dĂ©couverte comme ce soir de partitions oubliĂ©es pourtant majeure, rĂ©serve Ă  Saintes, des soirĂ©es d’accomplissements symphoniques mĂ©morables. VoilĂ  un volet qui renforce la forte activitĂ© de Saintes comme citĂ© musicale, une activitĂ© qui rend lĂ©gitime son intitulĂ©.

AprĂšs une session de travail classique / romantique, le JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye offre un concert mĂ©morable dĂ©diĂ© Ă  Gossec, HĂ©rold, Mozart

Saintes, le geste symphonique

JOA 700La soirĂ©e se poursuit avec la symphonie n°2 en rĂ© majeur (1812) de Louis Ferdinand HĂ©rold (1791-1833). NĂ© l’annĂ©e mĂȘme de la disparition de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), HĂ©rold se trouve Ă  la croisĂ©e des chemins. Utilisant sans complexes les techniques de compositions hĂ©ritĂ©es de Haydn, Gossec, Mozart ou Beethoven, entre autres, HĂ©rold innove aussi composant une musique «apparemment simple, mais complexe et difficile Ă  jouer» nous dit HervĂ© Niquet avant le concert. Sa Symphonie n°2 en rĂ© majeur dans laquelle apparaissent des rythmes de valses est l’exemple mĂȘme de cette complexitĂ© interprĂ©tative dont nous parlait le chef dans l’aprĂšs midi. Cependant il dirige avec la rigueur et l’humour qui sont sa marque de fabrique, obtenant de l’orchestre des sons et des couleurs brillant de mille feux sous la voĂ»te de l’Abbaye aux Dames. Les jeunes instrumentistes qui jouent en ce jeudi soir suivent leur chef avec une prĂ©cision enflammĂ©e ; les cinq jours de travail intense qui ont prĂ©cĂ©dĂ© ce concert, ont portĂ© leurs fruits et le rĂ©sultat est, lĂ  aussi, Ă  la hauteur des exigences et des attentes du chef.

Jeune orchestre de l abbaye saintes video_JOA_saintes_david_sternAprĂšs une courte pause, le Jeune Orchestre de l’Abbaye et son chef d’un soir reviennent pour jouer l’ultime Ɠuvre de la soirĂ©e : la Symphonie en mi bĂ©mol majeur KV 543 de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Toujours aussi survoltĂ©, HervĂ© Niquet prend cette 39Ăšme Symphonie a bras le corps; Ɠuvre de la maturitĂ© du compositeur salzbourgeois (elle a Ă©tĂ© composĂ©e en 1788), elle complĂšte Ă  merveille un programme exigeant un niveau d’excellence et une concentration constante. Le chef qui ne manque pas d’idĂ©es pour surprendre ses musiciens cesse de diriger pendant une bonne minute donnant les dĂ©parts d’un simple regard; cependant si HervĂ© Niquet ne manque pas d’humour poussant ses musiciens dans leurs retranchements, il garde la tĂȘte froide et sa battue reste claire et prĂ©cise, limpide. Ce Mozart jouĂ©s prĂšs les premiers romantiques, encore classiques (Gossec), sonne Ă©tonnamment « moderne », une source viennoise qui tout en marquant le genre symphonique alors en plein essor, prĂ©lude dĂ©jĂ  Ă  l’avĂšnement du sentiment et de la passion Ă  peine masquĂ©e. Entre classicisme et premier romantisme, le choix des instruments d’époque s’affirme dans une saveur dĂ©lectable qui permet de suivre ce jeu de timbres, ces effets de rĂ©ponses, le contraste entre les sĂ©quences, l’équilibre dialoguĂ© des pupitres. Pour les jeunes instrumentistes en perfectionnement, les dĂ©fis sont multiples et permanents ; pour le public, l’expĂ©rience est passionnante.

JOA jeune orchestre de l abbaye saintes classiquenews IMG_4030-BD©-SĂ©bastien-Laval-400x267Le Jeune Orchestre de l’Abbaye, survoltĂ© par un chef exigeant, fin pĂ©dagogue et ardent dĂ©fenseur d’un rĂ©pertoire qu’il aime Ă©perdument, donne le meilleur de lui-mĂȘme pendant une soirĂ©e d’anthologie. Le public conquis, leur rĂ©serve un accueil enthousiaste. HervĂ© Niquet, farceur et trĂšs en forme mĂȘme aprĂšs une heure dix de musique, annonce un bis tirĂ© de l’oeuvre d’Hector Berlioz; ledit bis qui ne tient qu’en un seul accord prend tout le monde de court clĂŽturant ainsi un concert d’une qualitĂ© exceptionnelle.

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 5 novembre 2015. Louis Ferdinand HĂ©rold (1791-1833) : Symphonie n°2 en rĂ© majeur. François Joseph Gossec (1734-1829) : Symphonie opus VIII n°2 en fa majeur. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : 39Ăšme Symphonie en mi bĂ©mol majeur KV 543. Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA). HervĂ© Niquet, direction.

Symphonisme de Gossec et HĂ©rold Ă  Saintes

JOA jeune orchestre de l abbaye saintes classiquenews IMG_4030-BD©-SĂ©bastien-Laval-400x267Saintes, Abbaye aux dames. Concert Mozart,HĂ©rold,Gossec. Le 5 novembre 2015,HervĂ© Niquet. C’est l’un des jeunes orchestres les plus dynamiques et formateur de l’Hexagone. Le JOA ex Jeune Orchestre Atlantique, aujourd’hui rebaptisĂ© Jeune Orchestre de l’Abbaye (celle des Dames de Saintes), rĂ©unit Ă  chacune de ses sessions de travail, la crĂšme des jeunes instrumentistes sur instruments d’époque. Pour chaque nouveau programme, un compositeur soit romantique soit classique : prĂ©texte dĂ©cisif pour s’immerger dans la pratique et l’esthĂ©tique des XVIIIĂš ou XIXĂš siĂšcle. On se souvient de formidables rĂ©pĂ©titions prĂ©paratoires pour la Symphonie de Cherubini, jalon essentiel du romantisme français naissant
 sous la fĂ©rule d’un chef affĂ»tĂ© exigeant, David Stern (l’actuel directeur de la troupe lyrique Opera fuoco).

Niquet herveEn novembre 2015, c’est au tour d’HervĂ© Niquet de jouer les pĂ©dagogues communicatifs et charismatiques pour l’interprĂ©tation d’oeuvres majeures du symphonisme premier en France, signĂ© HĂ©rold (le Beethoven français) et Gossec (qui invente littĂ©ralement la symphonie en France Ă  l’époque de Haydn et de Mozart). Elegance, mesure, mais aussi Ă©loquence instrumentalement dĂ©taillĂ©e et couleurs nouvelles composent un cocktail Ă©minemment français qui au carrefour des XVIIIĂš/XIXĂš, façonne les ferments du romantisme Ă  la française. Aux cĂŽtĂ©s de la Symphonie n°39 de Mozart (un jalon important qui fait la synthĂšse des avancĂ©es orchestrales au XVIIIĂš), les Symphonies de Gossec (opus VIII n°2 en fa majeur) et HĂ©rold (n°2 en rĂ© majeur) sont les nouveaux dĂ©fis des jeunes instrumentistes rĂ©unis Ă  Saintes, lors de rĂ©pĂ©titions puis d’un concert (ce jeudi 5 novembre 2015 Ă  20h) qui promettent d’ĂȘtre captivants. Le symphonisme historiquement informĂ© s’apprend Ă  Saintes et y apportent ses fruits exaltants, et nul par ailleurs. Concerts Ă©vĂ©nement.

 

 

 

Wolfgang Amadeus Mozart
Symphonie n° 39 en mi bémol majeur, KV 543

Ferdinand HĂ©rold
Symphonie n°2 en ré majeur

François-Joseph Gossec
Symphonie opus VIII n°2 en Fa Majeur

 

Jeune Orchestre de l’Abbaye
Hervé Niquet, direction

 

 

 

 

 

boutonreservationSaintes, La Cité musicale
Abbaye aux Dames, Jeudi 5 novembre 2015, 20h
DurĂ©e : 1h30 / Tarifs de 8 Ă  25€

 

 

 

 

APPROFONDIR : Mozart, Gossec, HĂ©rold : le Symphonisme europĂ©en entre classicisme et prĂ©romantisme : lire notre prĂ©sentation spĂ©ciale : “symphoniste Ă  Gossec et HĂ©rold Ă  Saintes “

herold-ferdinand-herold-le-pre-aux-clercs-portrait-symphonie-n2-classiquenewsAu moment oĂč Joseph Haydn (1732-1809) Ă©labore puis perfectionne la forme de la symphonie classique viennoise, son contemporain, nĂ© deux ans aprĂšs lui en 1734, François-Joseph Gossec (1734-1829), propose Ă©galement un modĂšle symphonique oĂč s’affirme le caractĂšre de l’orchestre tel que nous le connaĂźtrons bientĂŽt. L’activitĂ© de Gossec Ă  Paris est essentielle dans la capitale française : il y impose peu Ă  peu le nouveau genre (symphonique), suscitant un rĂ©el engouement du public, … En lire +

 

 

 

 

 

Saintes. HĂ©rold et Gossec par le JOA

JOA jeune orchestre de l abbaye saintes classiquenews IMG_4030-BD©-SĂ©bastien-Laval-400x267Saintes, Abbaye aux dames. Concert Mozart,HĂ©rold,Gossec. Le 5 novembre 2015,HervĂ© Niquet. C’est l’un des jeunes orchestres les plus dynamiques et formateur de l’Hexagone. Le JOA ex Jeune Orchestre Atlantique, aujourd’hui rebaptisĂ© Jeune Orchestre de l’Abbaye (celle des Dames de Saintes), rĂ©unit Ă  chacune de ses sessions de travail, la crĂšme des jeunes instrumentistes sur instruments d’époque. Pour chaque nouveau programme, un compositeur soit romantique soit classique : prĂ©texte dĂ©cisif pour s’immerger dans la pratique et l’esthĂ©tique des XVIIIĂš ou XIXĂš siĂšcle. On se souvient de formidables rĂ©pĂ©titions prĂ©paratoires pour la Symphonie de Cherubini, jalon essentiel du romantisme français naissant
 sous la fĂ©rule d’un chef affĂ»tĂ© exigeant, David Stern (l’actuel directeur de la troupe lyrique Opera fuoco).

Niquet herveEn novembre 2015, c’est au tour d’HervĂ© Niquet de jouer les pĂ©dagogues communicatifs et charismatiques pour l’interprĂ©tation d’oeuvres majeures du symphonisme premier en France, signĂ© HĂ©rold (le Beethoven français) et Gossec (qui invente littĂ©ralement la symphonie en France Ă  l’époque de Haydn et de Mozart). Elegance, mesure, mais aussi Ă©loquence instrumentalement dĂ©taillĂ©e et couleurs nouvelles composent un cocktail Ă©minemment français qui au carrefour des XVIIIĂš/XIXĂš, façonne les ferments du romantisme Ă  la française. Aux cĂŽtĂ©s de la Symphonie n°39 de Mozart (un jalon important qui fait la synthĂšse des avancĂ©es orchestrales au XVIIIĂš), les Symphonies de Gossec (opus VIII n°2 en fa majeur) et HĂ©rold (n°2 en rĂ© majeur) sont les nouveaux dĂ©fis des jeunes instrumentistes rĂ©unis Ă  Saintes, lors de rĂ©pĂ©titions puis d’un concert (ce jeudi 5 novembre 2015 Ă  20h) qui promettent d’ĂȘtre captivants. Le symphonisme historiquement informĂ© s’apprend Ă  Saintes et y apportent ses fruits exaltants, et nul par ailleurs. Concerts Ă©vĂ©nement.

 

 

 

Wolfgang Amadeus Mozart
Symphonie n° 39 en mi bémol majeur, KV 543

Ferdinand HĂ©rold
Symphonie n°2 en ré majeur

François-Joseph Gossec
Symphonie opus VIII n°2 en Fa Majeur

 

Jeune Orchestre de l’Abbaye
Hervé Niquet, direction

 

 

 

 

 

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Abbaye aux Dames, Jeudi 5 novembre 2015, 20h
DurĂ©e : 1h30 / Tarifs de 8 Ă  25€

 

 

 

 

APPROFONDIR : Mozart, Gossec, Hérold : le Symphonisme européen entre classicisme et préromantisme

herold-ferdinand-herold-le-pre-aux-clercs-portrait-symphonie-n2-classiquenewsAu moment oĂč Joseph Haydn (1732-1809) Ă©labore puis perfectionne la forme de la symphonie classique viennoise, son contemporain, nĂ© deux ans aprĂšs lui en 1734, François-Joseph Gossec (1734-1829), propose Ă©galement un modĂšle symphonique oĂč s’affirme le caractĂšre de l’orchestre tel que nous le connaĂźtrons bientĂŽt. L’activitĂ© de Gossec Ă  Paris est essentielle dans la capitale française : il y impose peu Ă  peu le nouveau genre (symphonique), suscitant un rĂ©el engouement du public, au Conservatoire et au Concert Spirituel entre autres. L’ouverture que joue HervĂ© Niquet et le Jeune Orchestre de l’abbaye (JOA) tĂ©moigne de cette Ă©criture visionnaire, dĂ©jĂ  trĂšs Ă©laborĂ©e qui place Gossec aux cĂŽtĂ©s de Haydn, comme l’inventeur du genre.
Vienne s’impose nĂ©anmoins comme la capitale de la Symphonie grĂące Ă  un autre gĂ©nie musical, Mozart qui grand connaisseur et admirateur de Haydn, contribue lui aussi Ă  faire Ă©voluer le genre : ses 3 derniĂšres symphonies, – n°39,40 et 41-, composĂ©es Ă  la fin des annĂ©es 1780, constituent en rĂ©alitĂ© un triptyque unitaire (que Nikolaus Harnoncourt rĂ©cemment a abordĂ© en y relevant les jalons d’un testament musical, qu’il appelle “oratorio instrumental”…). LIRE notre critique du coffret cd Mozart : les 3 derniĂšres Symphonies de Mozart, un oratorio instrumental).
 

 

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La premiĂšre, pleine d’Ă©lan et de libertĂ© audacieuse est un vrai dĂ©fi pour l’orchestre et le prĂ©lude Ă  cette aventure orchestrale unique dans l’histoire de la musique. MĂ©connu mais rĂ©cemment redĂ©couvert, le romantique français HĂ©rold (comme Onslow) affirme un tempĂ©rament Ă©gal qui, chronologie oblige (il est nĂ© en 1791, l’annĂ©e mĂȘme de la mort de Mozart) fait Ă©voluer comme Beethoven, le dĂ©veloppement symphonique, des LumiĂšres vers le Romantisme naissant. AprĂšs ses aĂźnĂ©s, pionniers fondateur du genre, – Gossec, Haydn, Mozart, – HĂ©rold, Ă©lĂšve de Kreutzer et de Catel, affirme une nouvelle esthĂ©tique dans sa Symphonie n°2 en rĂ© majeur : celle du premier romantisme français : une claire assimilation du style de Beethoven acclimatĂ©e au goĂ»t du public parisien pour la virtuositĂ©. ComposĂ©e en 1814, sans trompettes ni timbales, la Symphonie n°2 est crĂ©Ă©e avec un grand succĂšs en Italie : d’aprĂšs ce que le compositeur Ă©crit Ă  sa mĂšre, l’Andante et le Rondo (- tous deux hommages explicites Ă  Haydn) ont particuliĂšrement marquĂ© les esprits. L’introduction lente du premier mouvement, audacieuse dans ses richerches harmoniques (HĂ©rold se montre ici un digne suiveur de MĂ©hul dont il fut aussi l’Ă©lĂšve) ; dans le troisiĂšme mouvement, allegro molto, HĂ©rold glisse un subtil mouvement de valse, rythme alors trĂšs Ă  la mode, dĂ©fendu par les violons. vĂ©ritable synthĂšse du genre symphonique sous l’Empire, la Symphonie d’HĂ©rold a aussi la subtilitĂ© de rĂ©fĂ©rences maĂźtrisĂ©es : l’humour et l’Ă©lĂ©gance sont Ă©videmment des emprunts au caractĂšre de la symphonie viennoise fixĂ©e par Haydn (et qu’il a encore magnifiĂ© dans ses fameuses Symphonies londoniennes, ses plus tardives).
Complet, associant styles classique viennois et premiers feux du romantisme français, le programme dĂ©fendu  Ă  Saintes par les jeunes instrumentistes du JOA, s’annonce prometteur : rĂ©vĂ©lant des Ă©critures aussi diverses qu’intensĂ©ment caractĂ©risĂ©es,  d’autant plus expressives qu’elles sont ici jouĂ©es sur instruments anciens.

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 15 juillet 2015. Brahms; Schumann; Schubert. Wagner; Isaac. Emmanuel Ceysson, harpe; Anneke Scott, Joe Walters, Olivier Picon, Chris Larkin, cors. Ensemble Pygmalion; Raphaël Pichon, direction.

L’Ă©dition 2015 du festival de Saintes Ă©tant centrĂ©e sur les jeunes talents, de nombreux artistes prometteurs ou dĂ©jĂ  reconnus se croisent dans l’Ă©glise abbatiale de Saintes. Nous avons dit dans une autre chronique tout le bien que nous pensions de Jean Rondeau, claveciniste et pianiste de haut vol, de Bach au Jazz; le 15 juillet au soir, c’est RaphaĂ«l Pichon et l’ensemble Pygmalion, dont il est le directeur musical et fondateur, qui se sont installĂ©s Ă  l’Abbaye aux Dames. Le jeune chef, il n’a que 31 ans, a, dĂšs 2005, centrĂ© le rĂ©pertoire de Pygmalion sur la musique de Johann Sebastian Bach (1685-1750) et Jean Philippe Rameau (1683-1764). Ceci ne l’empĂȘche pas de visiter avec talent d’autres contrĂ©es musicales, du XVIIIe siĂšcle Ă  nos jours. Et le concert de ce mercredi soir dĂ©montre Ă  quel point Pichon transforme en or tout ce qu’il touche, tant le rĂ©pertoire visitĂ©, est radicalement aussi convaincant que diffĂ©rent de celui qu’il dĂ©fend habituellement.

Pygmalion explore le canon romantique

raphael_pichonLe programme, consacrĂ© aux romantiques allemands, alterne musique instrumentale transcrite pour cors ou pour cors et harpe par le compositeur Vincent Manac’h, et musique vocale, a cappella ou en complicitĂ© avec un ou plusieurs des cinq musiciens prĂ©sents. Le challenge est d’autant plus rĂ©ussi que nombre d’oeuvres sont totalement mĂ©connues du public : canons pour voix de femmes a cappella de Johannes Brahms (1833-1897), Robert Schumann (1810-1846) ou Franz Schubert (1797-1828). Le pari est risquĂ© mais rĂ©ussi au delĂ  de toutes nos attentes : prĂ©cision, rigueur, justesse, diction excellente et direction claire, nette, prĂ©cise. Il n’y a aucune faiblesse dans les canons a cappella ni dans dans les oeuvres avec accompagnement instrumental comme le chant des filles du Rhin, tirĂ© du CrĂ©puscule des Dieux de Richard Wagner (1813-1883). Quant aux arrangements pour cors ou cors et harpes des oeuvres de Heinrich Isaac (1450-1517), de Schumann ou de Brahms par Vincent Manac’h, ils sont interprĂ©tĂ©s avec une maĂźtrise quasi parfaite de leurs instruments par les cinq musiciens invitĂ©s. Notons Ă©galement les dĂ©placements du choeur, tant sur la scĂšne que dans le choeur arriĂšre, qui ajoute une petite touche scĂ©nographiĂ©e, sympathique et attachante Ă  l’ensemble de la soirĂ©e. De la premiĂšre Ă  la derniĂšre note, le public est subjuguĂ© au point que les applaudissements, plutĂŽt timides et Ă  rebours en cours de soirĂ©e fusent en fin de concert; l’accueil chaleureux qui est rĂ©servĂ© aux artistes de ce mercredi soir est grandement mĂ©ritĂ© au vu de la superbe performance artistique rĂ©alisĂ©e.

C’est donc un concert quasi parfait que RaphaĂ«l Pichon et l’ensemble Pygmalion ont prĂ©sentĂ© mercredi soir Ă  un public plutĂŽt nombreux. D’autant plus idĂ©al que le jeune chef ressort de l’ombre, un certain nombre d’oeuvres vocales, restĂ©es mĂ©connues, de grands compositeurs romantiques allemands; et nous tenons Ă  saluer l’audace payante de Pichon qui rĂ©ussit un coup de maĂźtre digne des plus grands. En amont la prĂ©paration rigoureuse de l’ensemble vocal contribue aussi pour beaucoup au grand succĂšs de la soirĂ©e. EspĂ©rons que ce coup de projecteur sera suivi d’une publication au CD.

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 15 juillet 2015. Johannes Brahms (1833-1897) : Ich swing mein horn (pour cor), Göttlicher Morpheus, Wille, wille, will, der mann ist kommen, grausam erweiseit sich amor an mir, Einförmig ist der liebe gram, quatre chants pour voix de femmes, cors et harpe op 17 ; Robert Schumann (1810-1846) : Wiegenlied (arrangement Vincent Manac’h), In meeres Mitten; Meerfay, Die capelle, Sonnerie pour deux cors; Franz Schubert (1797-1828) : Psaume XXIII Gott ist mein hirt, StĂ€ndchen, Lacrimosa son io, Coronach; Richard Wagner (1813-1883) : Le crĂ©puscule des Dieux (sonnerie des filles du Rhin, chant des filles du Rhin); Heinrich Isaac (1450-1517) : innsbruck ich muss dich (transcription Vincent Manac’h). Emmanuel Ceysson, harpe; Anneke Scott, Joe Walters, Olivier Picon, Chris Larkin, cors. Ensemble Pygmalion; RaphaĂ«l Pichon, direction.

Festival de Saintes 2015

SAINTES festival 2015 visuel-festival-BD-400x559Festival de Saintes : 10-18 juillet 2015. ImaginĂ© en 1972 pour donner une nouvelle vocation (musicale) au site afin d’assurer sa prĂ©servation, le meilleur festival en Poitou-Charentes en juillet sait chaque annĂ©e renouveler son offre : ni territoire des Ayatollah du Baroque, ni terre rĂ©servĂ©e des passionnĂ©s des sonoritĂ©s romantiques, mais un goĂ»t spĂ©cifique et Ă©largi pour la sincĂ©ritĂ© et l’authenticitĂ© des dĂ©marches artistiques, un tremplin de personnalitĂ©s Ă©clectiques finalement, qui osent, rĂ©gĂ©nĂšrent, questionnent. Sous la voĂ»te grandiose de l’église abbatiale, les grands concerts savent proposer de grandes formes : symphoniques, chorales, sacrĂ©es ou profanes, et cette annĂ©e ce sont des gĂ©nĂ©rations de nouveaux musiciens, instrumentistes et chanteurs qui fourmillent d’idĂ©es et de saine sensibilitĂ© pour que l’idĂ©e du festival se conjugue avec dĂ©couverte et aussi surprise voire dĂ©frichement. Allez Ă  Saintes cet Ă©tĂ© pour les jeunes artistes communicatifs (lire ci aprĂšs tous les noms des phalanges cultivĂ©es ici comme les pousses d’une stimulante pĂ©piniĂšre) et aussi, surtout, ce Wagner sur instruments d’époque (Parsifal quand mĂȘme) par Philippe Herreweghe et son orchestre maison : des Champs ElysĂ©es (Ă©vĂ©nement symphonique le 18 juillet Ă  19h30 : dernier grand concert de l’édition 2015).

 

 

Temps forts du Sainte 2015

Wagner sur instruments d’Ă©poque : un nouveau dĂ©fi gagnant ?

herreweghe philippeNe manquez pas cette annĂ©e : D’abord, le Wagner sur instruments d’Ă©poque (depuis le temps que nous en rĂȘvons!), comme nous l’avons signalĂ© prĂ©cĂ©demment, puis : le Rameau pastoral mĂ©connu d’Amarillis et le tĂ©nor Mathias Vidal, le 13 juillet, 13h ; le Borodine du clarinettiste RaphaĂ«l SĂ©vĂšre, mĂȘme date mais Ă  11h ; le Satie et John Cage d’AlexeĂŻ Lubimov ; Fux avec Vox Luminis, le 12 juillet Ă  19h30 ; la facĂ©tieuse et virtuose Petite Messe de Rossini par le chƓur Aedes (le 17 juillet Ă  19h30), et surtout le dernier Wagner (Parsifal) et Strauss (Mort et transfiguration) par l’Orchestre des Champs ElysĂ©es et Philippe Herreweghe (temps fort pour les curieux de Wagner sur instruments d’époque : le 18 juillet Ă  19h30 ; au programme pour les amateurs de Wagner : PrĂ©ludes du I, III en Enchantement du Vendredi Saint : soit les instants les plus hautement spirituels de la partition ; de quoi transformer la voĂ»te de l’Abbatiale en nouveau temple bayreuthien ? Superbe idĂ©e en tout cas !). Les vertus du symphonisme sur instruments d’époque ne sont plus Ă  prouver et Saintes, rĂ©sidence et lieu de travail des jeunes instrumentistes de l’Orchestre maison, Jeune orchestre de l’Abbaye (ex JOA Jeune Orchestre Atlantique)-, « ose » Ă©galement nous enchanter par un programme prometteur qui ressuscite le Beethoven français, Onslow (impĂ©tuositĂ©, Ă©nergie, vitalitĂ© et raffinement instrumental, le 11 juillet Ă  17h).
Sans omettre, le premier concert concertant avec orchestre de la claveciniste Maude Gratton (le 13 juillet, 19h30), les transcriptions du violon ou du luth par  Jean Rondeau (clavecin) et une myriade exaltĂ©e (enchanteresse?) de jeunes ensembles qui foulent pour la premiĂšre fois le sol de l’Abbaye (Quatuor Cambini : le 11 juillet Ă  22h dans Mozart et Haydn ; Gli Angeli : le 11 juillet dans Biber, RosenmĂŒller
 ; La Main Harmonique dans les Madrigaux de Monteverdi, le 16 juillet, 22h ; Faenza : le 13 juillet, 22h, « Conversation ou dialogue de l’esprit et des sens » ).
Le 14 juillet temps fort Ă  19h30 dans l’Abbatiale : Messe en si de Bach par Philippe Herreweghe et le Collegium vocale Gent.  Et puis annĂ©e Louis XIV oblige, le festival offre aussi la restitution musicale des fastes du mariage de Louis XIV avec l’Infante Marie-ThĂ©rĂšse d’Espagne.

 

 

 

SAINTES festival 2015 visuel-festival-BD-400x559Le Festival de Saintes se structure dans et autour du lieu qui l’accueille, un ensemble minĂ©ral superbement prĂ©servĂ© que le festivalier parcourt en empruntant ses alentours comme un manĂšge enchantĂ© : la cour extĂ©rieure, l’église, les vastes salles des communs de l’Abbaye aux Dames, oĂč les concerts ont lieu Ă  13h, 17h30, 19h30, 22h
 un menu qui permet chaque jour de choisir, selon son goĂ»t et son humeur, auquel s’ajoutent de nombreuses animations : confĂ©rences, visites guidĂ©es (locales et hors les murs)
 JournĂ©e diffusĂ©e sur Radio Classique, le 14 juillet 2015.

 

 

Toutes les infos sur le site du Festival de Saintes 2015

 

 

CD. GEMME, le nouvel album de De Caelis (1 cd l’empreinte digitale, le 1er avril 2015)

couverture GEMMEVIDEO. CD. Gemme, le nouvel album de De Caelis… Le  1er avril 2015, l’Ensemble De Caelis Ă©dite leur nouvel album : GEMME (1 cd l’empreinte digitale) : flamboiement sonore et miroitement vocal d’une puissance esthĂ©tique et poĂ©tique bouleversantes grĂące au travail du compositeur Zad Moultaka lui-mĂȘme inspirĂ© des textes et compositions de l’abbesse Hildegard von Bingen. La rencontre et l’enregistrement qui en dĂ©coulent n’ont pu ĂȘtre possibles que grĂące Ă  la rĂ©sidence de De Caelis Ă  l’Abbaye aux Dame de Saintes : un Ă©crin exceptionnel qui stimule l’inspiration et favorise l’engagement des interprĂštes. DĂ©flagration et implosion disent ce temps de libĂ©ration nĂ©cessaire pour que naisse un nouvel ordre du monde… CLASSIQUENEWS Ă©tait prĂ©sent lors de l’enregistrement de GEMME Ă  Saintes en septembre 2014: premiĂšres images avant le reportage complet… © CLASSIQUENEWS.COM 2015

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 25 janvier 2015. Mozart; Schubert. AnaĂŻs Constant, soprano; Pauline Leroy, mezzo soprano; Enguerrand de Hy, tĂ©nor; Virgile Ancely, baryton. Jeune choeur de Paris; Jeune Orchestre de l’Abbaye; Laurence Équilbey, direction.

Le Jeune Orchestre de l’Abbaye rend justice Ă  Mozart et Schubert. Depuis sa crĂ©ation, le Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA) a accueilli nombre de jeunes musiciens professionnels ou en fin de parcours universitaire. DirigĂ© depuis ses dĂ©buts par de grands chefs français ou Ă©trangers, le Jeune Orchestre de l’abbaye se nourrit ainsi d’expĂ©riences diverses, qui font des musiciens apprentis des artistes prĂȘts Ă  affronter toutes les situations. Avec Laurence Équilbey, la chef et fondatrice de l’ensemble Accentus et d’Insula orchestra, l’orchestre ne faillit pas Ă  la tradition d’apprentissage et de partage, d’adaptabilitĂ© et de curiositĂ©, qui fait depuis ses dĂ©buts, sa spĂ©cificitĂ©.

Equilbey laurence JOA SaintesAu programme du concert, deux compositeurs : Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) et Franz Schubert (1797-1828). C’est l’ouverture de Die zauberflĂŽte qui ouvre l’aprĂšs midi; si quelques fausses notes s’entĂȘtent du cĂŽtĂ© des cuivres Laurence Équilbey recadre rapidement les intĂ©ressĂ©s (c’est le lot du jeu sur instruments d’époque) ; la chef dirige avec Ă©lĂ©gance l’un des ultimes chef d’oeuvre de Mozart. La Messe du Couronnement qui suit, permet au jeune choeur de Paris, fondĂ© par Laurence Équilbey dans le cadre du DĂ©partement SupĂ©rieur pour Jeunes Chanteurs du Conservatoire Ă  Rayonnement RĂ©gional de Paris, de s’installer avec les jeunes solistes invitĂ©s pour l’occasion. TrĂšs sollicitĂ©, le Jeune choeur de Paris se sort avec honneur d’une partition difficile propre au gĂ©nie Mozartien; quant au quatuor de solistes, il chante alternativement seul et avec le choeur. AnaĂŻs Constant, Pauline Leroy et Enguerrand de Hy ont des voix solides, quoique encore un peu vertes Ă©tant donnĂ© leur jeunesse ; Virgile Ancely, lui a bien du mal Ă  passer le mur du son. Et de la tribune oĂč nous Ă©tions installĂ©s, la voix du jeune baryton nous parvenait Ă  peine. Le Jeune Orchestre de l’Abbaye accompagne le choeur et les solistes avec subtilitĂ© sous la direction vigilante et ferme de Laurence Équilbey. Le chef d’oeuvre de Mozart, composĂ© Ă  la demande du prince-archevĂȘque de Salzbourg Hyeronimus Von Colloredo pour le couronnement de la Vierge, n’en est pas moins fort joliment interprĂ©tĂ© malgrĂ© les imperfections diluĂ©es ici et lĂ .

AprĂšs l’entracte, le Jeune Orchestre de l’Abbaye interprĂšte la symphonie n°4 en ut mineur de Franz Schubert (1797-1828). La baguette reste ferme et dynamique; les musiciens suivent d’ailleurs leur chef avec une prĂ©cision remarquable comme si la musique de Schubert les inspirait plus que La FlĂ»te EnchantĂ©e. La Symphonie n°4 de Schubert n’est pas particuliĂšrement longue, Ă  peine trente minutes, mais elle exige des interprĂštes; et Laurence Équilbey, en fine musicienne, relĂšve le gant avec panache. Quant Ă  l’orchestre bien prĂ©parĂ© tant par ses formateurs que par sa chef, il donne au chef d’oeuvre de Schubert de  superbes intonations : mordantes, expressives, d’une intĂ©rioritĂ© parfois pĂ©nĂ©trante. La profondeur n’attend pas l’ñge des annĂ©es ; et les jeunes musiciens ont, canalisĂ©s sous la tutelle de leur pilote, des richesses intĂ©rieures Ă  revendre.

La venue de Laurence Équilbey Ă  l’Abbaye aux dames est d’autant plus remarquable qu’elle est l’une des rares femmes chef d’orchestre Ă  avoir percĂ© dans un milieu majoritairement masculin. Elle a pris le Jeune Orchestre de l’abbaye en main avec maestria, lui permettant d’atteindre de trĂšs belles sonoritĂ©s tant dans la Messe du couronnement de Mozart que dans la Symphonie de Schubert. Et le public, venu nombreux, a rĂ©servĂ© Ă  l’ensembles des artistes un accueil trĂšs chaleureux, lĂ©gitime.

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 25 janvier 2015. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die zauberflöte, ouverture; messe du couronnement K317 en UT majeur. Franz Schubert (1797-1828) : symphonie N°4 en UT mineur. AnaĂŻs Constant, soprano; Pauline Leroy, mezzo soprano; Enguerrand de Hy, tĂ©nor; Virgile Ancely, baryton. Jeune choeur de Paris, Jeune Orchestre de l’Abbaye; Laurence Équilbey, direction.

Le Jeune Orchestre de l’Abbaye joue Mozart et Schubert

JOA 700La Rochelle, Saintes. JOA : concert Mozart, Schubert. Les 24,25,26 janvier 2015. Messe du couronnement de Mozart et Symphonie n°4 de Schubert. Les jeunes musiciens du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye de Saintes, auxquels se joignent solistes et choristes interprĂštent un superbe programme Mozart et Schubert sous la baguette de Laurence Equilbey ; oeuvres de jeunesse et d’un raffinement juvĂ©nile Ă©clatant, ambitieux pour Schubert (19 ans), profond, dĂ©chirant pour Mozart (qui compose Ă  23 ans sa sublime Messe du Couronnement). Les 3 concerts sont l’aboutissement d’un travail (stage prĂ©alable) rĂ©alisĂ© par les jeunes apprentis musiciens, immergĂ©s pendant 10 jours dans la comprĂ©hension, l’interprĂ©tation, l’approfondissement de chaque partition ;  il ne s’agit pas seulement de maĂźtriser le jeu sur cordes en boyaux (entre autres pour les violonistes, altistes, violoncellistes), il surtout exprimer de la plus claire et simple maniĂšre, le sens et le caractĂšre du texte musical. Comme pour chaque session proposĂ©e par le JOA, les musiciens apprennent leur futur mĂ©tier, se perfectionnent en janvier, entre classicisme et romantisme ; leur approche sur instruments anciens, selon les techniques et le style le plus adaptĂ©s, indique une expĂ©rience particuliĂšrement formatrice dont ils savent partager les fruits avec le public. 3 dates Ă©vĂ©nements. (LIRE aussi notre compte rendu du dernier concert du JOA Ă  Paris aux Invalides en novembre 2014 : programme Haydn et Beethoven : la 8Ăšme Symphonie sous la direction d’Alessandro Mocia, premier violon de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es).

 

 

 

La Rochelle, La Coursive
Samedi 24 janvier 2015, 20h30

Saintes, Abbatiale
Dimanche 25 janvier 2015, 15h30

La Rochelle, La Coursive
Lundi 26 janvier 2015, 20h30

Wolfgang Amadeus Mozart :
0uverture de La Flûte enchantée
Messe du Couronnement

Franz Schubert :
Symphonie n°4

Rencontre avec Laurence Equilbey, chef d’orchestre
dimanche 25 janvier / Gallia ThĂ©Ăątre – CinĂ©ma Saintes / 11h
entrée libre

 

 

 

Messe du couronnement de Mozart, 1779

EQUILBEY laurence-equilbey-400x266La « Messe du Couronnement de Mozart (KV 317) en Ut majeur est Ă©crite par Mozart pour quatre solistes, chƓur mixte, 2 hautbois, 2 cors, 3 trombones, timbales, cordes et orgue. A 23 ans, Mozart doit honorer la commande passĂ©e par l’archevĂȘque de Salzbourg, l’ignoble Coloredo qui ne mĂ©riterait pas d’ĂȘtre citĂ© dans chacune des biographie de Mozart Ă  Salzbourgn tant le jeune compositeur dĂ©testait son employeur (qui Ă©tait aussi celui de son pĂšre) et qui prenait soin de lui rappeler son rang infĂ©rieur, celui d’un musicien serviteur. On sait avec quel courage et quel tempĂ©rament le jeune gĂ©nie claqua la porte, devenant le premier compositeur libre de l’histoire !

mozart_portrait-300Sur le plan personnel, la pĂ©riode est grave voire dĂ©pressive : Ă  Paris oĂč il sĂ©journait avec sa mĂšre, celle ci meurt ; sa liaison avec la belle Aloysia Weber tourne court (il Ă©pousera la sƓur d’Aloysia, Constance). Janvier 1779, Mozart doit rentrer Ă  Salzbourg : la France ne l’a jamais compris ni apprĂ©ciĂ© : ses sĂ©jours sont tous des Ă©chec. AprĂšs la Misa brebis (comprenant un superbe solo d’orgue), le jeune Konzertmeister (responsable de la musique religieuse Ă  la Cour de l’archevĂȘque), Mozart compose donc une nouvelle partition sacrĂ©e de grande envergure, recueillant ses expĂ©riences rĂ©centes. la « Krönungsmesse » est datĂ©e du 23 mars 1779 : le couronnement est celui de Marie, divinitĂ© protectrice et apaisante, ainsi Ă  l’honneur au moment de sa crĂ©ation, pour la PĂąques de 1779. Par la suite, l’oeuvre vĂ©ritable hymne dĂ©chirant en l’honneur de Marie, est jouĂ©e Ă  nouveau pour le couronnement de LĂ©opold II, Roi de BohĂȘme Ă  Prague, le 6 septembre 1791, en prĂ©sence de Mozart ; de François II de BohĂȘme, en 1792, futur François Ier d’Autriche. Mozart prend avec lui le manuscrit Ă  Prague. Haydn toujours trĂšs admiratif du style de son cadet, dirige la messe du couronnement pour l’épouse du prince EsterhĂĄzy, laquelle la connaissait pour l’avoir entendue lors du couronnement de LĂ©opold en 1791.

jeune orchestre de l abbaye saintes JOA-janv-©-SĂ©bastien-Laval-400x266D’un tendresse affectueuse Ă©gale au grand air nostalgique de Rosine, La Comptesse des Noces (qui alors se souvient d’un temps perdu, miraculeux oĂč jeune fille elle croyait encore Ă  l’amour
), l’Agnus Dei, dans la Messe du Couronnement rappelant le « Dove Sono », reste le sommet de la partition sacrĂ©e. Tout au long de la Messe, le raffinement de l’orchestration s’apparente Ă  un opĂ©ra
 sans les costumes et les situations thĂ©Ăątrales. La ferveur,l’intensitĂ©, la profondeur et la sincĂ©ritĂ© de l’écriture de Mozart accomplissent un premier chef d’oeuvre sacrĂ© qui montre l’étonnante maturitĂ©, l’exceptionnelle sensibilitĂ© du jeune compositeur pourtant incompris, et souvent dĂ©valorisĂ© Ă  Salbzourg.

Compte rendu, concert. Paris. Invalides, salle Turenne, le 23 novembre 2014. Haydn : Symphonie L’Horloge n°101. Beethoven : Romance pour violon et orchestre. Symphonie n°8. Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames (Saintes). Alessandro Moccia, premier violon et direction.

JOA jeune orchestre de l abbaye aux dames saintes concert invalides 2014Au sein du fonctionnement pĂ©dagogique du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames, le premier violon dirigeant cette nouvelle session, est un musicien accompli : il sait aussi ĂȘtre, le temps de cette expĂ©rience orchestrale qui rĂ©alise l’interprĂ©tation du redoutable programme Haydn / Beethoven, un maestro convaincant : tout en jouant son rĂŽle de supersoliste, Alessandro Moccia (par ailleurs, premier violon de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es) a Ă  cƓur de transmettre sa furie intĂ©rieure,  une maĂźtrise du jeu collectif qui s’appuie sur une trĂšs solide sĂ»retĂ© de l’archet. Classique et romantique, l’esthĂ©tique des oeuvres, dont le spectre Ă©tend une ligne cohĂ©rente de 1793 Ă  1811 (si l’on considĂšre les dates de composition des deux oeuvres principales), permet Ă  nouveau une immersion complĂšte dans la lecture de deux Viennois dĂ©concertants d’idĂ©es, de construction, de gĂ©nie dans l’orchestration.

InitiĂ©e en Autriche en 1793, la Symphonie “L’Horloge” n°101, appartient au cycle des Londoniennes : Haydn la termine Ă  Londres en 1794 pour la 4Ăš saison des concerts Salomon : Ă©crite pour flĂ»tes, hautbois, clarinettes, bassons, cors et trompettes par deux, son luxe instrumental fait merveille dans l’effectif rĂ©uni par Alessandro Moccia : les vents et les bois Ă  la fĂȘte portent trĂšs haut cet esprit facĂ©tieux et aussi trĂšs Ă©nergique qui traverse tout le cycle symphonique. La Symphonie L’Horloge relĂšve d’une maturitĂ© rayonnante, riche en humour : si l’entrĂ©e frappe par son mystĂšre diffus et comme suspendu aux cordes seules, une entrĂ©e en matiĂšre Ă  laquelle les jeunes instrumentistes du Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames offre une Ă©paisseur immĂ©diate et une franchise de ton propres aux instruments d’Ă©poque, la suite est pleine de rebondissements, d’idĂ©es, de contrastes desquels surgit surtout l’Andante : avec son mouvement de balancier (tout en finesse rythmique) l’oeuvre gagne un titre non usurpĂ©. Le sol majeur accentue le caractĂšre pittoresque du mouvement dont l’Ă©nergie annonce l’HĂ©roĂŻque de Beethoven : une filiation naturelle que renforce encore la perspective du concert qui comprend en fin de programme, la sublime et incandescente 8Ăšme de Beethoven.
Tout est dit dans le final piano et comme murmurĂ© du mouvement : les musiciens savent exprimer le souffle d’une mĂ©canique filigranĂ©e dans son Ă©noncĂ© primordial, puis machinerie rugissante dans son dĂ©veloppement, enfin horlogerie fine en sa rĂ©solution finale. Il faut infiniment de sĂ»retĂ© rythmique, de richesse dynamique, une cohĂ©sion collective pour rĂ©ussir ce morceau d’humour et de partage instrumental. Le menuet est l’un des mieux conçus par Haydn et des plus dĂ©veloppĂ©s, annonçant lĂ  encore l’ambitieuse HĂ©roĂŻque de Beethoven. Rien ne semble arrĂȘter la prodigieuse Ă©nergie ni la plĂ©nitude sonore des jeunes musiciens dans le final Vivace avec entre autres son fugato piano (pour les cordes seules) si subtilement Ă©crit : une prouesse d’inspiration qui montre Ă  nouveau le gĂ©nie de Haydn dans l’Ă©criture symphonique Ă  l’extrĂ©mitĂ© du XVIIIĂšme.

Moccia Alessandro_Moccia_0.previewExcellent pont entre classicisme et romantisme, l’ancrage esthĂ©tique de la session de travail dont le concert dĂ©coule, prolonge les fruits classiques de Haydn par l’Ă©nergie conquĂ©rante du Beethoven le mieux inspirĂ©… On ne saurait concevoir de succession plus cohĂ©rente : un apprentissage magnifiquement Ă©laborĂ© et l’expĂ©rience d’un passage particuliĂšrement formateur pour les jeunes instrumentistes.  La HuitiĂšme Symphonie de Beethoven opus 93 en fa majeur est un sommet de trĂ©pidation rythmique (superbe carrure de l’Allegretto scherzando ou second mouvement dont le sautillant mĂ©canique n’est pas sans rappeler, clin d’oeil dĂ©lectable, l’allure de balancier distinguĂ© de L’Horloge qui a prĂ©cĂ©dĂ©) ; c’est un massif irrĂ©sistible de concision, d’Ă©nergie lui aussi, calibrĂ©e dans un cadre chorĂ©graphique qui affirme le tempĂ©rament impĂ©tueux de Ludwig. Ecrite Ă  l’Ă©tĂ© 1811, la partition est crĂ©Ă©e en 1814 : son caractĂšre souriant, lumineux, d’une respiration positive doit beaucoup Ă  la rencontre entre Beethoven et la cantatrice berlinoise AmĂ©lie Sebald dont le charme et la prĂ©sence profitent manifestement Ă  l’inspiration du compositeur. Les jeunes instrumentistes portĂ©s par la conviction continue et la dĂ©termination de plus en plus explicite de leur chef et premier violon, emportent la vivacitĂ© et le charme de la “petite ” symphonie de Beethoven, en particulier dans le dernier mouvement dont la durĂ©e Ă©gale la somme des trois prĂ©cĂ©dents.

violon moccia alessandro mocciaL’intensitĂ© Ă©lectrisante et immĂ©diate des tutti, si finement projetĂ©e par le collectif des instruments anciens, la verve sans limite, le feu d’un ensemble trĂšs engagĂ©, les couleurs des timbres particuliĂšrement maĂźtrisĂ©s (flĂ»tes, hautbois, bassons), la fine arĂȘte des cuivres (cors et trompettes) accomplissent ici l’Ă©lan facĂ©tieux d’un Haydn dĂ©jĂ  ambitieux et imprĂ©visible. L’arc tendu et viril d’un Beethoven conquĂ©rant et amoureux n’en gagne que plus de tonicitĂ© communicative. Superbe programme dĂ©fendu par un collectif enthousiasmant. Le JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye aux dames (ex Jeune Orchestre Atlantique) poursuit Ă  travers ses sessions d’orchestre, son cycle d’accomplissements exemplaires. Le concert apporte davantage qu’une formation dĂ©jĂ  gratifiante, c’est aussi une passerelle habilement conçue et partagĂ©e pour le dĂ©passement de chacun au sein du groupe.

Compte rendu, concert. Paris. Invalides, salle Turenne, le 23 novembre 2014. Haydn : Symphonie L’Horloge n°101. Beethoven : Romance pour violon et orchestre. Symphonie n°8. Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames (Saintes). Alessandro Moccia, premier violon et direction.

JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames, Saintes. Stage estival 2014. Reportage vidĂ©o

concert-joa saintes JOAA l’Ă©tĂ© 2014, dans le cadre du Festival estival de Saintes, le JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames Ă  Saintes, travaille et propose sous la voĂ»te de l’Abbaye, un nouveau programme, d’autant plus formateur qu’il rĂ©unit Grande Fugue de Beethoven, Concerto en rĂ© de Stravinsky, Concerto pour violon de Robert Schumann… un dĂ©fi sur instruments d’Ă©poque qui nĂ©cessite outre une technique particuliĂšre sur les cordes, de changer d’archets, sous la conduite du chef et violoniste Alexander Janiczek, Ă  la fougue rare et communicante… grand reportage vidĂ©o © CLASSIQUENEWS.COM 2014

Nouvelle tournĂ©e du Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames en novembre 2014 :

 

Moccia-alessandro-violon-Orchestre-des-champs-elysees-saintes-JOA-jeune-orchestre-de-l--abbayeHaydn, Beethoven :
le JOA Ă  l’épreuve symphonique
Nouvelle tournée du JOA
Du 17 au 23 novembre 2014
3 concerts publiques, les 21, 22 et 23 novembre 2014

Concert au lycée Bellevue à Saintes le 21 novembre
(dans le cadre des actions de médiations, rencontre avec les élÚves, véritable échange avec les musiciens : les jeunes instrumentistes rencontrent les élÚves internes pour discuter avec eux de musique classique)

Concert Ă  Saintes, Abbatiale le 22 novembre, 20h30

Concert Ă  Paris, HĂŽtel des Invalides, le 23 novembre 2014
3Ăšme concert de ce type Ă  Paris

 

 

VIDEO : voir le JOA sous la direction de Philippe Herreweghe interprĂ©ter la Symphonie N°1 “Titan” de Gustav Mahler (Abbatiale de Saintes, festival de Saintes, juillet 2013)

Nouvelle tournée du JOA : Haydn, Beethoven

JOA-jene-orchestre-abbaye-saintes-philipe-herreweghe-concert-repetition-rehearsalJOA, nouvelle tournĂ©e : les 21,22 et 23 novembre 2014. Saintes et Paris. VoilĂ  18 ans que le JOA offre un terrain stimulant aux volontĂ©s instrumentales les plus ardentes et juvĂ©niles… Chaque nouvelle tournĂ©e du JOA (jeune Orchestre de l’Abbaye qui a sa rĂ©sidence Ă  Saintes) est la promesse d’un travail approfondi sur le rĂ©pertoire abordĂ©, sujet de sĂ©ances acharnĂ©es d’autant plus formatrices pour les jeunes instrumentistes. En novembre 2014, le Jeune Orchestre de l’Abbaye travaille avec Alessandro Moccia Ă  la direction et au premier violon : leur pĂ©dagogue est aussi le premier violon de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es avec lequel le JOA cultive des relations proches et familiales, le premier Ă©tant en quelque sorte le gĂ©niteur et le mentor du second. Feu en partage, mordant ciselĂ© des instruments d’Ă©poque font jaillir Ă  travers l’engagement et la ferveur de plus jeunes, une nouvelle sonoritĂ© chez Haydn et Beethoven. Aux amateurs de concert symphonique et d’approche fouillĂ©e, prĂ©parĂ©e, retravaillĂ©e : cette nouvelle sĂ©rie de 3 concerts est un must.

 

 

 

Jeune Orchestre de l’Abbaye

 

JOA-jeune-orchestre-abbaye-sainte-session-haydn-beethoven-2014ConfrontĂ©s aux dĂ©fis multiples du jeu sur instruments d’Ă©poque, ils abordent durant un stage d’orchestre la PremiĂšre Romance de Beethoven et l’Horloge d’Haydn. Deux Ɠuvres virtuoses et redoutables sur le plan expressif qui les conduira Ă  offrir le meilleur d’eux mĂȘmes lors des 3 concerts, aboutissements de cette nouvelle session d’apprentissage intensif. RV les 21, 22 et 23 novembre 2014 Les Jeunes du JOA abordent deux sommets de l’Ă©criture symphonique, de l’Ăąge des LumiĂšres avec le pĂšre de la Symphonie, Haydn soi-mĂȘme, … au romantisme le plus fougueux et exaltĂ© d’un Beethoven mĂ»r, soit de l’extrĂȘme fin du XVIIIĂš au temps de la Vienne impĂ©riale Ă©ternelle, capitale de l’Ă©lĂ©gance facĂ©tieuse (1794) Ă  la quĂȘte d’une arche musicale sans Ă©quivalent Ă  son Ă©poque dĂ©fendue par le grand Ludwig, conquĂ©rant d’un nouveau langage pour un nouveau monde, en 1812, celui qui va bientĂŽt composer la 9Ăšme. En jouant les deux partitions sur instruments d’Ă©poque, les jeunes musiciens professionnels apprennent aussi en plus de la technique instrumentale, les valeurs et la sensibilitĂ© de chaque esthĂ©tique. Du classicisme au romantisme : une pĂ©riode clĂ© de l’art musical et symphonique Ă  Vienne.

Lire la prĂ©sentation des Ɠuvres au programme de la nouvelle tournĂ©e Haydn et Beethoven du JOA en novembre 2014 

 

Moccia-alessandro-violon-Orchestre-des-champs-elysees-saintes-JOA-jeune-orchestre-de-l--abbayeHaydn, Beethoven :
le JOA Ă  l’Ă©preuve symphonique
Nouvelle tournée du JOA
Du 17 au 23 novembre 2014
3 concerts publiques, les 21, 22 et 23 novembre 2014

Concert au lycée Bellevue à Saintes le 21 novembre
(dans le cadre des actions de médiations, rencontre avec les élÚves, véritable échange avec les musiciens : les jeunes instrumentistes rencontrent les élÚves internes pour discuter avec eux de musique classique)

Concert Ă  Saintes, Abbatiale le 22 novembre, 20h30

Concert Ă  Paris, HĂŽtel des Invalides, le 23 novembre 2014
3Ăšme concert de ce type Ă  Paris, Salle Turenne Ă  17h

 

 

VIDEO : voir le JOA sous la direction de Philippe Herreweghe interprĂ©ter la Symphonie N°1 “Titan” de Gustav Mahler (Abbatiale de Saintes, festival de Saintes, juillet 2013)

Nouvelle tournée Haydn, Beethoven par le JOA

JOA-jene-orchestre-abbaye-saintes-philipe-herreweghe-concert-repetition-rehearsalJOA, nouvelle tournĂ©e : les 21,22 et 23 novembre 2014. Saintes et Paris. VoilĂ  18 ans que le JOA offre un terrain stimulant aux volontĂ©s instrumentales les plus ardentes et juvĂ©niles… Chaque nouvelle tournĂ©e du JOA (jeune Orchestre de l’Abbaye qui a sa rĂ©sidence Ă  Saintes) est la promesse d’un travail approfondi sur le rĂ©pertoire abordĂ©, sujet de sĂ©ances acharnĂ©es d’autant plus formatrices pour les jeunes instrumentistes. En novembre 2014, le Jeune Orchestre de l’Abbaye travaille avec Alessandro Moccia Ă  la direction et au premier violon : leur pĂ©dagogue est aussi le premier violon de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es avec lequel le JOA cultive des relations familiales, le premier Ă©tant en quelque sorte le gĂ©niteur et le mentor du second.

 

 

 

Jeune Orchestre de l’Abbaye

 

JOA-jeune-orchestre-abbaye-sainte-session-haydn-beethoven-2014ConfrontĂ©s aux dĂ©fis multiples du jeu sur instruments d’Ă©poque, ils abordent durant un stage d’orchestre la PremiĂšre Romance de Beethoven et l’Horloge d’Haydn. Deux Ɠuvres virtuoses et redoutables sur le plan expressif qui les conduira Ă  offrir le meilleur d’eux mĂȘmes lors des 3 concerts, aboutissements de cette nouvelle session d’apprentissage intensif. RV les 21, 22 et 23 novembre 2014 Les Jeunes du JOA abordent deux sommets de l’Ă©criture symphonique, de l’Ăąge des LumiĂšres avec le pĂšre de la Symphonie, Haydn soi-mĂȘme, … au romantisme le plus fougueux et exaltĂ© d’un Beethoven mĂ»r, soit de l’extrĂȘme fin du XVIIIĂš au temps de la Vienne impĂ©riale Ă©ternelle, capitale de l’Ă©lĂ©gance facĂ©tieuse (1794) Ă  la quĂȘte d’une arche musicale sans Ă©quivalent Ă  son Ă©poque dĂ©fendue par le grand Ludwig, conquĂ©rant d’un nouveau langage pour un nouveau monde, en 1812, celui qui va bientĂŽt composer la 9Ăšme. En jouant les deux partitions sur instruments d’Ă©poque, les jeunes musiciens professionnels apprennent aussi en plus de la technique instrumentale, les valeurs et la sensibilitĂ© de chaque esthĂ©tique. Du classicisme au romantisme : une pĂ©riode clĂ© de l’art musical et symphonique Ă  Vienne.

Haydn : Symphonie L’Horloge
haydn-joseph-portrait-perruqueL’opus 101 de Haydn est en rĂ© majeur : crĂ©Ă©e Ă  Londres en 1794, lors des fameux Haydn-Salomon concerts, unanimement applaudis par la bonne sociĂ©tĂ© londonienne, la 101 dĂ©bute par un prĂ©lude misterioso avant que n’Ă©clate le bondissant Presto. Alors au sommet de sa carriĂšre, Haydn aime cultiver de saisissants contrastes pour mieux surprendre et dĂ©router l’auditeur. L’Andante en sol majeur donne son titre Ă  la symphonie : son rythme entĂȘtant et continu de balancier entonnĂ© tout au long de l’Ă©pisode offre une base Ă  un air d’une vitalitĂ© rayonnante, prĂ©figuration trĂšs intense de la marche funĂšbre de l’Eroica de Beethoven Ă  venir. Haydn y peaufine une travail exaltant entre mĂ©lodie et rythme d’une tenue imbriquĂ©e fascinante. D’autant que l’amplification croissante de l’effectif fait passer d’une mĂ©canique lĂ©gĂšre Ă  une puissante machinerie en fin de sĂ©quence. Le Menuet est l’un des plus dĂ©veloppĂ©s de Haydn et ne sera guĂšre dĂ©passĂ© par son prolongement dans l’Eroica de Beethoven. Architecte virtuose, Haydn surenchĂ©rit en facĂ©tie et effets comiques : orchestre du trio jouant faux, entrĂ©e prĂ©coce des cors, effets de viĂšles… L’intelligence du Vivace final dĂ©montre toute la magie inventive et synthĂ©tique de Haydn qui a chaque symphonie, semble perfectionner encore et toujours ses prodigieux dons d’Ă©criture : humour, complexitĂ© contrapuntique, enchaĂźnement imprĂ©vu des sections en une arche expressive continĂ»ment dramatique. C’est un dĂ©fi permanent pour le chef et les musiciens sur le plan des dynamiques.

Beethoven : Symphonie n°8
Fidelio de BeethovenAchevĂ©e en octobre 1812, soit (5 mois Ă  peine aprĂšs la 7Ăšme), la Symphonie n°8 porte l’hommage amoureux de Beethoven comme sĂ©duit et insouciant par la frĂ©quentation aimable d’AmĂ©lie Sebald, jeune femme spirituelle et cultivĂ©e dont il recherche alors la compagnie et peut-ĂȘtre plus. A sa crĂ©ation Ă  Vienne (Redoutesaal, fĂ©vrier 1814), la 8Ăšme suscite un accueil mitigĂ©. AprĂšs l’ample 7Ăšme, la 8Ăšme fait office de “petite”, appellation validĂ©e par Beethoven lui-mĂȘme, mais il ne faut pour autant en attĂ©nuer la valeur. MarquĂ©e par une grĂące lumineuse et dansante, la 8Ăšme est pourtant un chef d’Ɠuvre d’enchaĂźnements rĂ©ussis : l’Ă©nergie de l’Allegro vivace e con brio initial, la rythmique palpitante et tonique de l’Allegretto scherzando qui suit, – son allure mĂ©canique, de nature sautillante, aĂ©rienne voire facĂ©tieuse-, prolonge indiscutablement la Symphonie l’Horloge de Haydn- ; puis le menuet – clair hommage aux Viennois Haydn et Mozart (en place du scherzo traditionnel) ; enfin, le final en forme de rondo dĂ©veloppe son flux aussi ample que les 3 mouvements prĂ©cĂ©dents rĂ©unis, affirmant le clair espoir radieux du fa majeur.

 

 

 

Moccia-alessandro-violon-Orchestre-des-champs-elysees-saintes-JOA-jeune-orchestre-de-l--abbayeHaydn, Beethoven :
le JOA Ă  l’Ă©preuve symphonique
Nouvelle tournée du JOA
Du 17 au 23 novembre 2014
3 concerts publiques, les 21, 22 et 23 novembre 2014

Concert au lycée Bellevue à Saintes le 21 novembre
(dans le cadre des actions de médiations, rencontre avec les élÚves, véritable échange avec les musiciens : les jeunes instrumentistes rencontrent les élÚves internes pour discuter avec eux de musique classique)

Concert Ă  Saintes, Abbatiale le 22 novembre, 20h30

Concert Ă  Paris, HĂŽtel des Invalides, le 23 novembre 2014, Ă  17h
(3Ăšme concert de ce type Ă  Paris)

 

 

VIDEO : voir le JOA sous la direction de Philippe Herreweghe interprĂ©ter la Symphonie N°1 “Titan” de Gustav Mahler (Abbatiale de Saintes, festival de Saintes, juillet 2013)

Concert, annonce. Saintes, Abbatiale. Sibelius, Dvorak. Tedi Papavrami, le 12 octobre 2014, 15h30

ONPL-400x266Saintes, Abbatiale. Concert Sibelius, Dvorak. Tedi Papavrami, le 12 octobre 2014, 15h30. Saintes : nouvelle expĂ©rience symphonique ? Peu Ă  peu, au fil d’une programmation musicale qui investit le lieu tout au long de l’annĂ©e, l’Abbatiale de l’Abbaye aux Dames Ă  Saintes confirme son rayonnement comme place symphonique : la voĂ»te sacrĂ©e se fait temple de l’expĂ©rience orchestrale ; quand il ne s’agit pas des formations sur instruments d’Ă©poque (Symphonies des LumiĂšres, Orchestre des Champs ElysĂ©es…), la CitĂ© musicale accueille aussi des orchestres reconnus pour leur approche approfondie du rĂ©pertoire. En tĂ©moigne ce nouveau rv dimanche 12 octobre 2014 Ă  15h30, dĂ©diĂ© Ă  Smetana, Sibelius et Dvorak, intitulĂ© “Symphonie Slave”, bien que Sibelius incarne tel un pur joyau nordique, la vitalitĂ© de l’Ă©criture finnoise en matiĂšre de symphonisme ardent, original, irrĂ©sistible : son Concerto pour violon, chef d’oeuvre du genre par son introspection expressive et sa puretĂ© d’inspiration (qui confine Ă  l’Ă©pure) est ici dĂ©fendu par l’excellent violoniste Tedi Papavrami. Il est accompagnĂ© par l’Orchestre national des Pays de la Loire qui fait sa premiĂšre entrĂ©e sous la voĂ»te de l’Abbaye aux Dames.

L’ouverture de La FiancĂ©e vendue de Smetana est un vrai dĂ©fi pour l’interprĂšte ; on se souvient avec quel souci de l’expressivitĂ© raffinĂ©e et trĂ©pidante, un Karel Ancerl ou un Carlos Kleiber dirigeaient ce morceau symphonique aussi riche que tout un opĂ©ra, dĂ©voilant chacun des trĂ©sors d’invention suggestive. CrĂ©Ă© en mai 1886 Ă  Prague, l’opĂ©ra confirme le tempĂ©rament lyrique de l’auteur ; annonçant l’esprit lĂ©ger d’une comĂ©die irrĂ©sistible, l’ouverture, dĂ©veloppĂ©e dans l’esprit d’une vĂ©ritable kermesse tchĂšque, redouble de nervositĂ© villageoise, fourmille en accents et surenchĂšre rythmique qui en font un morceau de choix pour tout orchestre. Ce n’est pas un lever de rideau mais bien un poĂšme symphonique d’une profondeur inouĂŻe, rĂ©clamant de tous les musiciens, une maĂźtrise absolue des dynamiques comme de la vitalitĂ© rythmique. Nerf, Ă©lĂ©gance et profondeur : le cocktail requis n’est pas Ă©vident ; il rĂ©vĂšle de toute Ă©vidence les qualitĂ©s (ou les limites) de toute formation…

Le Concerto pour violon de Sibelius
Sibelius_portraitEn rĂ© majeur, le Concerto pour violon de Jean Sibelius est assurĂ©ment son oeuvre phare. Etant devenu l’un des sommets de l’écriture violonistique, retenu par les plus grands concertistes, il s’est imposĂ© naturellement auprĂšs du public. L’opus 46 en rĂ© majeur fut composĂ© en 1903 et, aprĂšs rĂ©vision, crĂ©Ă© sous la direction de Richard Strauss en 1905 Ă  Berlin. L’oeuvre est contemporaine de l’installation du compositeur dans la villa “AĂŻnola”, Ă  Jarvenpaa, en pleine forĂȘt, Ă  30km d’Helsinki. FidĂšle Ă  son Ă©crtiure et son inspiration de plus en plus exigeante, Sibeliu s’y laisse pĂ©nĂ©trĂ© par le mystĂšre de la Nature, sublimĂ© en une rĂ©flexion perpĂ©tuelle sur la forme. Longtemps minimisĂ© en raison d’une apparente et “creuse” rigueur, le Concerto s’imposa nĂ©anmoins en raison des difficultĂ©s techniques qu’il exige du soliste. Mais en plus de sa virtuositĂ© exigente, le Concert de Sibelius demande tout autant, concentration, intĂ©rioritĂ©, Ă©conomie, justesse de la ligne musicale. Autant de qualitĂ©s qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©es grĂące Ă  la lecture des plus grands violonistes dont il est devenu le cheval de bataille. D’une incontestable inspiration lyrique nĂ©o-romantique, la partition dĂ©veloppe une forme libre, rhapsodique, mĂȘme si elle respecte la traditionnelle tripartition classique en trois mouvements: allegro moderato, adagio di molto, finale. MĂȘme si l’inspiration naturelle, panthĂ©iste, du compositeur s’exprime avec clartĂ©, en particulier d’aprĂšs le motif naturel des forĂȘts de sa Finlande natale, les souvenirs enrichissent aussi une imagination personnelle et intime. A ce titre, le deuxiĂšme mouvement pourrait convoquer les impressions mĂ©diterranĂ©ennes vĂ©cues pendant son sĂ©jour en Italie. A la sublime sensation du motif forestier, Sibelius ajoute la chaleur parfois brĂ»lante du clair soleil mĂ©diterranĂ©en.

Saintes, Abbatiale
dimanche 12 octobre 2014, 15h30

Bedrich Smetana‹ : Ouverture de La fiancĂ©e vendue
Jean Sibelius : ‹Concerto pour violon
Anton Dvoƙak : ‹Symphonie n°7

Tedi Papavrami, violon (Stradivarius Le Reynier)
Orchestre national des Pays de la Loire
Vassilis Christopoulos, direction

Tarifs : de 8 à 32 €
Durée du concert : 1h15

Informations et achat en ligne

 

saintes clocher

Saintes, nouvelle saison 2014-2015 de l’Abbaye aux Dames

saintes-saison-14-15-vignetteSaintes, nouvelle saison 2014-2015 de l’Abbaye aux Dames. Le nouveau visuel en fait foi : une jeune flĂ»tiste anime un extĂ©rieur printanier marquĂ© au second plan par le fameux clocher de l’Abbatiale, casque pointu qui cible les hauteurs et semble griser les ambitions artistiques vers des sommets toujours plus Ă©levĂ©s… La nouvelle saison musicale Ă  la citĂ© musicale de Saintes dont le temple de la musique est l’Abbatiale nous promet jusqu’en juin 2015, dĂ©couvertes voire rĂ©vĂ©lations sous le signe de la “crĂ©ation au fĂ©minin”, des nouveaux talents et de la curiositĂ©. Outre la forme habituelle des concerts et public assis, ce sont aussi d’autres rendez vous, surtout conviviaux Ă  destination de tous les publics, conformĂ©ment au projet artistique et pĂ©dagogique de la citĂ© musicale (laquelle abrite aussi le Conservatoire de la ville de Saintes). Toutes les infos, dĂ©couvrez l’ensemble de la saison musicale de l’Abbaye aux Dames de saintes sur le site de la citĂ© musicale, Saintes … Voici notre sĂ©lection des Ă©vĂ©nements incontournables de la nouvelle saison 2014 2015 Ă  Saintes : point d’orgue cette annĂ©e l’Orchestre maison sur instruments anciens (JOA pour Jeune Orchestre de l’Abbaye) fidĂšle Ă  son fonctionnement en rĂ©sidence Ă  Saintes reprend du service sous la direction de Laurence Equilbey dans un programme classique et romantique, associant sous la voĂ»te de l’Abbatiale, le feu sacrĂ© de Mozart et le symphoniste singulier de Schubert (dimanche 25 janvier 2014)… N’oubliez pas non plus la rencontre publique avec danseurs et instrumentistes d’un projet en rĂ©sidence “ La Cavale et Hip4tet “, le 20 fĂ©vrier 2015…

 

 

 

Votre séjour à Saintes

 

 

 

 

 

8 Ă©vĂ©nements d’une saison Ă©clectique sous le signe de la curiositĂ©

 

Dimanche 12 octobre 2014, 15h30
saintes-saison-14-15-vignetteAbbatiale. Premiers pas de l’Orchestre national des Pays de la Loire dans un programme associant traversĂ©es finnoises et slaves, de Smetana (La FiancĂ©e vendue, ouverture), Ă  Sibelius (sublime Concerto pour violon) et Dvorak (Symphonie n°7). Aux cĂŽtĂ©s du soliste Tedi Papavrami pour le Concert de Sibelius, l’Orchestre bordelais aborde un programme trĂšs amibitieux au symphonisme icnadescent, ardent voire echevelĂ© (dĂšs l’ouverture de La FiancĂ©e vendue de Smetana)… une offre instrumentale et musicale qui met en appĂ©tit car Ă  Saintes, rĂ©sidence habituel du Jeune orchestre de l’Abbaye comme lieu favori de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, les amateurs de vertiges orchestraux sont nombreux et… exigeants. LIRE notre prĂ©sentation du concert Smetana, Sibelius, Dvorak Ă  Saintes avec Tedi Papavrami

 

 

 

Samedi 22 novembre 2014, 20h30
saintes-saison-14-15-vignetteAbbatiale. PremiĂšre session de travail des jeunes instrumentistes apprentis du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye : sur instruments anciens, les musiciens apprennent le style et l’esprit des partitions classiques et romantiques. En novembre, le cadre de l’apprentissage est toujours assurĂ© par les grands Viennois, symphonistes aguerris et vĂ©nĂ©rĂ©s lĂ©gitimement pour leurs qualitĂ©s : Haydn (Symphonie n°101 L’Horloge) et Romance puis Symphonie n°8 de Beethoven. Un bain de puissante Ă©nergie refondatrice (Beethoven) associĂ© Ă  l’esprit de l’Ă©lĂ©gance voire de la facĂ©tie viennoise classique (Haydn). Le premier violon Alessandro Moccia assure la direction de cet atelier dont les fruits seront passionnants Ă  suivre lors du concert du 22 novembre 2014.
Le programme est ensuite repris en tournée : le 21 novembre, Lycée Bellevue, séance scolaire. Le 23 novemre, 17h à Paris, Salle Turenne des Invalides. Durée : 1h10mn.

 

 

 

Mardi 9 décembre 2014, 19h
Auditorium. Les enfants de la malle. Le PoĂšme Harmonique, Vincent Dumestre. Avec le comĂ©dien Stefano Amori et Maroun Mankar-Bennis, clavecin portatif. La malle est pour le comĂ©dien de la Commedia dell’Arte de l’Ă©poque baroque (XVIIIĂšme) : sa valise, sa maison, son dĂ©cor : un Ă©lĂ©ment central de sa vie d’itinĂ©rance… SĂ©ance scolaire Ă  14h30. GoĂ»ter autour de la Commedia dell’arte Ă  15h30.

 

 

 

Saintes festival lieu convivial toute l année

 

 

 

Dimanche 25 janvier 2015, 15h30
saintes-saison-14-15-vignetteconcert-joa saintes JOAAbbatiale. Laurence Equilbey prend la succession de David Stern ou Christophe Coin sans omettre Philippe Herreweghe pour cette nouvelle session du JOA, associant un compositeur classique et un autre romantique. Avec le jeune choeur de Paris, la chef d’orchestre dirige Ă  Saintes pour ce concert Ă©vĂ©nement : l’ouverture de la FlĂ»te EnchantĂ©e, puis la Messe du couronnement, enfin la Symphonie n°4 de Schubert. Programme repris ensuite Ă  La Rochelle, La Coursive, lundi 26 janvier 2014, 20h30.

 

 

 

Jeudi 12 février 2015, 20h30
Auditorium. Musique de chambre romantique : Michel Dalberto (piano) et Dan Zhu (violon) jouent la 9Ăšme Sonate opus 47 “Ă  Kreutzer” et la Sonate de Franck aux rĂ©miniscences proustiennes… DurĂ©e : 1h10mn

 

 

 

Vendredi 20 février 2015, 19h
saintes-saison-14-15-vignetteAuditorium. La Cavale et Hip4tet : musique et danse. 5 danseurs contemporains dialoguent avec 5 instrumentistes et proposent le fruit de leur rencontre et session de travail aprĂšs 5 jours de concertation et d’Ă©change. C’est selon le jargon pro, une premiĂšre restitution de rĂ©sidence au cours de laquelle, face au public, les artistes et interprĂštes prĂ©sentent les premiers aboutissements de leur rencontre, avant l’oeuvre complĂšte qui sera prĂ©sentĂ©e en crĂ©ation quelques semaines plus tard… EntrĂ©e libre.

 

 

 

Festival Piano en Saintonge, les 13 et 14 mars 2015, 20h30
saintes-saison-14-15-vignetteAuditorium. Avec les pianistes :  Guillaume Masson, Kazuya Salto, Selim Mazari, Aude-Liesse Michel, Antoine de GrolĂ©e, Marie Vermeulin… Deux soirĂ©es, six pianistes,  une ambiance familiale  et chaleureuse et la possibilitĂ© de dĂ©couvrir les futurs « pointures » du piano. Cette annĂ©e, quatre jeunes musiciens se produiront  sous le parrainage de deux
« anciens » : Antoine de GrolĂ©e et Marie Vermeulin.  Tarifs : de 8 € Ă  27 €. Autour du concert : DĂ©gustation-dĂ©couverte,  ” autour du piano ” le dimanche 15 mars Ă  11h Ă  l’Abboutique

 

 

 

Jeudi 2 avril 2015, 20h30
saintes-saison-14-15-vignetteAuditorium. Session de musique de chambre du Jeune Orchestre Atlantique JOA. Pendant 5 jours de travail par pupitres, les jeunes musiciens apprentis de l’Orchestre jouent les Ɠuvres qu’ils ont choisis et qui leur apportent une nouvelle expĂ©rience. Concert en accĂšs libre. DurĂ©e : 1h30.

 

 

 

Samedi 18 avril 2015, 17h30
Abbatiale. 8Ăšme Ă©dition de la Rencontre rĂ©gionale de choeur d’enfants, cette annĂ©e autour de la crĂ©ation contemporaine, avec le compositeur Antoine Bernard. 150 choristes issus de la RĂ©gion Poitou-Charentes investissent l’abbaye le temps d’une journĂ©e d’échange et d’émulation. À 17 h 30, ils prĂ©sentent le rĂ©sultat de cette journĂ©e : fraĂźcheur,
enthousiasme et allégresse au rendez-vous ! Concert en accÚs libre. Durée du concert : 1h 30

 

 

 

Mardi 21, mercredi 22, jeudi 23 avril 2015, 19h30
saintes-saison-14-15-vignetteHall Mendes France. Opera Buffa d’aprĂšs Don Giovanni de Mozart. “Dramma giocoso”.. c’est l’intitulĂ© de la partition autographe de Mozart. Certes, l’opĂ©ra des opĂ©ras est un conte cynique et noir, mais aussi dans de nombreux Ă©pisodes, un chef d’oeuvre de contrastes comiques, de coups de thĂ©Ăątres fantastiques ou oniriques, taillĂ©s sur un rythme trĂ©pidant… Mozart rangeait son Don Giovanni parmi les Opera Buffa : une piĂšce lyrique de ton lĂ©ger, faite pour divertir. De plus, l’action tourne autour de banquets et autres moments culinaires. Il n’en fallait pas plus pour dĂ©cider Peter de Bie Ă  s’emparer de Don Giovanni, avec la complicitĂ© de Muziektheater Transparant, pour redĂ©finir la notion d’OpĂ©ra Bouffe ! En jouant des genres, le spectacle est d’abord un moment thĂ©Ăątral irrĂ©sistible, conçu Ă  partir des meilleurs moments de la partition mozartienne. Au cours du spectacle, mets et plats de choix sont servis, tout droit sortis des cuisines de Don Giovanni… Tarifs : de 8 € Ă  35 €. DurĂ©e : 1h40mn.

 

 

 

Samedi 2 et dimanche 3 mai 2015, dĂšs 10h. Week end d’Ă©coute : La passion selon Saint-Jean. Avec HĂ©lĂšne DĂ©cis-Lartigau, musicologue. Autour de la Passion selon Saint-Jean de Jean-SĂ©bastien Bach. Le temps d’un week end, dĂ©couvrez l’oratorio composĂ© par le compositeur baroque, fresque musicale, ample monument sonore, rĂ©vĂ©latrice d’une maĂźtrise admirable…

 

 

Samedi 9 mai 2015, 19h.

saintes-saison-14-15-vignetteGallia ThĂ©Ăątre. Kirana, opĂ©ra pour les enfants. Avec les enfants issus du Conservatoire de Saintes. Rube Zahra, musique. Kirana est un opĂ©ra contemporain conçu pour les enfants. L’histoire s’inspire de la crĂ©ation des mythes dans les diffĂ©rentes civilisations :  Chine, Inde, Babylone et MĂ©sopotamie. AccompagnĂ©s par un piano et un percussionniste,  les enfants participent Ă©galement au rĂ©cit en suivant leurs propres rythmes, mouvements, improvisations musicales, paroles et projections de leurs crĂ©ations artistiques.  Un spectacle total oĂč les enfants deviennent acteurs : ils s’expriment Ă  travers diffĂ©rents mĂ©dias : light painting (peinture lumineuse), percussions, animations digitales. Tarif unique : 8 €. DurĂ©e du concert : 50 min.

 

 

 

Toute la saison 2014 – 2015 sur le site de l’Abbaye aux dames de Saintes

et aussi :
saison.abbayeauxdames.org
05 46 97 48 48

 

 

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Votre séjour à Saintes

 

Séjour à Saintes, Abbaye aux Dames, la cité musicale

 

saintes_porte_abbayeTout au long de l’annĂ©e, sĂ©journez Ă  Saintes Ă  l’occasion d’un concert dans l’Abbaye. Les chambres sont amĂ©nagĂ©es dans les anciennes cellules des moniales. Petit dĂ©jeuner sur place possible. Pour toute location d’une chambre dans l’Abbaye, rĂ©duction de 5% Ă  la boutique de l’Abbaye (l’Abboutique : cd, livres, produits rĂ©gionaux…), rĂ©duction sur la visite du site, tarif adhĂ©rent pour l’achat d’une place de concert. TĂ©lĂ©phone rĂ©servation chambres : 05 46 97 48 33 (classement Ă©tablissement hĂŽtelier : catĂ©gorie 1 Ă©toile). Standard gĂ©nĂ©ral de l’Abbaye aux Dames Ă  Saintes : 05 46 97 48 48. Offre spĂ©ciale Saint-Valentin 2014 : le concert et la chambre Ă  Saintes, les 14 ou 15 fĂ©vrier 2014 : 100 euros (pour 2 personnes) : rĂ©servations au 05 46 97 48 48.

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Abbaye aux Dames, ‹la citĂ© musicale, Saintes
11, place de l’Abbaye‹CS 30125‹17104 SAINTES CEDEX
- Accùs par la rue Geoffroy Martel‹(Parking gratuit)
- CoordonĂ©es GPS :‹Lat : 45.743681‹Long : -0.624375

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Saintes, Abbatiale. Concert Sibelius, Dvorak. Tedi Papavrami, le 12 octobre 2014, 15h30.

ONPL-400x266Saintes, Abbatiale. Concert Sibelius, Dvorak. Tedi Papavrami, le 12 octobre 2014, 15h30. Saintes : nouvelle expĂ©rience symphonique ? Peu Ă  peu, au fil d’une programmation musicale qui investit le lieu tout au long de l’annĂ©e, l’Abbatiale de l’Abbaye aux Dames Ă  Saintes confirme son rayonnement comme place symphonique : la voĂ»te sacrĂ©e se fait temple de l’expĂ©rience orchestrale ; quand il ne s’agit pas des formations sur instruments d’Ă©poque (Symphonies des LumiĂšres, Orchestre des Champs ElysĂ©es…), la CitĂ© musicale accueille aussi des orchestres reconnus pour leur approche approfondie du rĂ©pertoire. En tĂ©moigne ce nouveau rv dimanche 12 octobre 2014 Ă  15h30, dĂ©diĂ© Ă  Smetana, Sibelius et Dvorak, intitulĂ© “Symphonie Slave”, bien que Sibelius incarne tel un pur joyau nordique, la vitalitĂ© de l’Ă©criture finnoise en matiĂšre de symphonisme ardent, original, irrĂ©sistible : son Concerto pour violon, chef d’oeuvre du genre par son introspection expressive et sa puretĂ© d’inspiration (qui confine Ă  l’Ă©pure) est ici dĂ©fendu par l’excellent violoniste Tedi Papavrami. Il est accompagnĂ© par l’Orchestre national des Pays de la Loire qui fait sa premiĂšre entrĂ©e sous la voĂ»te de l’Abbaye aux Dames.

L’ouverture de La FiancĂ©e vendue de Smetana est un vrai dĂ©fi pour l’interprĂšte ; on se souvient avec quel souci de l’expressivitĂ© raffinĂ©e et trĂ©pidante, un Karel Ancerl ou un Carlos Kleiber dirigeaient ce morceau symphonique aussi riche que tout un opĂ©ra, dĂ©voilant chacun des trĂ©sors d’invention suggestive. CrĂ©Ă© en mai 1886 Ă  Prague, l’opĂ©ra confirme le tempĂ©rament lyrique de l’auteur ; annonçant l’esprit lĂ©ger d’une comĂ©die irrĂ©sistible, l’ouverture, dĂ©veloppĂ©e dans l’esprit d’une vĂ©ritable kermesse tchĂšque, redouble de nervositĂ© villageoise, fourmille en accents et surenchĂšre rythmique qui en font un morceau de choix pour tout orchestre. Ce n’est pas un lever de rideau mais bien un poĂšme symphonique d’une profondeur inouĂŻe, rĂ©clamant de tous les musiciens, une maĂźtrise absolue des dynamiques comme de la vitalitĂ© rythmique. Nerf, Ă©lĂ©gance et profondeur : le cocktail requis n’est pas Ă©vident ; il rĂ©vĂšle de toute Ă©vidence les qualitĂ©s (ou les limites) de toute formation…

Le Concerto pour violon de Sibelius
Sibelius_portraitEn rĂ© majeur, le Concerto pour violon de Jean Sibelius est assurĂ©ment son oeuvre phare. Etant devenu l’un des sommets de l’écriture violonistique, retenu par les plus grands concertistes, il s’est imposĂ© naturellement auprĂšs du public. L’opus 46 en rĂ© majeur fut composĂ© en 1903 et, aprĂšs rĂ©vision, crĂ©Ă© sous la direction de Richard Strauss en 1905 Ă  Berlin. L’oeuvre est contemporaine de l’installation du compositeur dans la villa “AĂŻnola”, Ă  Jarvenpaa, en pleine forĂȘt, Ă  30km d’Helsinki. FidĂšle Ă  son Ă©crtiure et son inspiration de plus en plus exigeante, Sibeliu s’y laisse pĂ©nĂ©trĂ© par le mystĂšre de la Nature, sublimĂ© en une rĂ©flexion perpĂ©tuelle sur la forme. Longtemps minimisĂ© en raison d’une apparente et “creuse” rigueur, le Concerto s’imposa nĂ©anmoins en raison des difficultĂ©s techniques qu’il exige du soliste. Mais en plus de sa virtuositĂ© exigente, le Concert de Sibelius demande tout autant, concentration, intĂ©rioritĂ©, Ă©conomie, justesse de la ligne musicale. Autant de qualitĂ©s qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©es grĂące Ă  la lecture des plus grands violonistes dont il est devenu le cheval de bataille. D’une incontestable inspiration lyrique nĂ©o-romantique, la partition dĂ©veloppe une forme libre, rhapsodique, mĂȘme si elle respecte la traditionnelle tripartition classique en trois mouvements: allegro moderato, adagio di molto, finale. MĂȘme si l’inspiration naturelle, panthĂ©iste, du compositeur s’exprime avec clartĂ©, en particulier d’aprĂšs le motif naturel des forĂȘts de sa Finlande natale, les souvenirs enrichissent aussi une imagination personnelle et intime. A ce titre, le deuxiĂšme mouvement pourrait convoquer les impressions mĂ©diterranĂ©ennes vĂ©cues pendant son sĂ©jour en Italie. A la sublime sensation du motif forestier, Sibelius ajoute la chaleur parfois brĂ»lante du clair soleil mĂ©diterranĂ©en.

Dvorak : Symphonie n°7
En rĂ© mineur comme la 4Ăšme, mais d’un tout autre format, – d’oĂč son appellation de “grande symphonie en rĂ©”, la 7Ăšme de Dvorak est le fruit d’une promesse du compositeur faite Ă  la Royal Philharmonic Society de Londres au moment oĂč il en avait Ă©tĂ© nommĂ© membre d’honneur. Ecrite en 4 mois Ă  partir de dĂ©cembre 1884, la 7Ăšme affirme le gĂ©nie du symphoniste alors trĂšs influencĂ© par Wagner et par son ami Brahms dont la 3Ăšme Symphonie venait d’ĂȘtre triomphalement crĂ©Ă©e. C’est Hans von Bulow qui en assura l’interprĂ©tation la plus convaincante, enthousiasmant Dvorak au comble de la satisfaction : il Ă©crit sur le manuscrit un hommage sensible Ă  l’adresse du chef d’orchestre : “Gloire! Tu as donnĂ© vie Ă  cette Ɠuvre”. De fait avant la fameuse 8ĂšĂče Nouveau Monde”, la 7Ăšme impose l’ampleur et la maturitĂ© du gĂ©nie symphonique de Dvorak en particulier dans la succession des deux premiers mouvements.

dvorak antoninDĂšs l’Allegro maestoso d’ouverture, l’auditeur y retrouve tout ce qui fonde l’intense expressivitĂ© de l’Ă©criture dvorakienne : lugubre et profonde introduction (qui valut Ă  l’auteur plusieurs rĂ©Ă©critures) puis fougue irrĂ©sistible : la vitalitĂ© de Dvorak s’exprime aussi par une Ă©tonnante et saisissante fluiditĂ© entre les mĂ©lodies exposĂ©es dont celle introduite par flĂ»tes et clarinettes, citation Ă  peine voilĂ©e de Brahms (Concerto pour piano n°2). Le 2Ăš mouvement (Poco Adagio) est le sommet de la partition par son Ă©lĂ©vation spirituelle (choral d’ouverture exposĂ© par les bois), son recueillement et ses langueurs suggestives trĂšs proches cette fois de l’esprit tristanesque dĂ©fendu par Wagner. Dvorak mĂȘle trĂšs habilement rĂ©fĂ©rences brahmsiennes et wagnĂ©riennes.

Saintes, Abbatiale
dimanche 12 octobre 2014, 15h30

Bedrich Smetana‹ : Ouverture de La fiancĂ©e vendue
Jean Sibelius : ‹Concerto pour violon
Anton Dvoƙak : ‹Symphonie n°7

Tedi Papavrami, violon (Stradivarius Le Reynier)
Orchestre national des Pays de la Loire
Vassilis Christopoulos, direction

Tarifs : de 8 à 32 €
Durée du concert : 1h15

Informations et achat en ligne

 

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Compte rendu critique, concert.Saintes. Abbaye aux dames, le 19 juillet 2014. Rameau; Armelle KhourdoĂŻan, dessus (soprano); AndrĂ©a Soare, dessus (soprano); Élodie Hache bas-dessus (mezzo soprano); Joao Pedro Cabral, haute contre (tĂ©nor); Tiago Matos, basse-taille (baryton); Andriy Gnatiuk, basse. Les Folies Francoises; Patrick CohĂ«n-Akenine, violon et direction.

Dans une chronique prĂ©cĂ©dente,  nous avons rendu hommage au compositeur espagnol Juan Hidalgo, nĂ© il y a quatre cents ans. Mais 2014 est aussi l’annĂ©e du deux cent cinquiĂšme anniversaire du dĂ©cĂšs de Jean Philippe Rameau (1683-1764). D’abord connu comme compositeur de musique religieuse (cantates, grands motets 
) et instrumentale (musique pour orgue essentiellement) et comme thĂ©oricien (il est l’auteur d’un TraitĂ© d’harmonie qui fait alors autoritĂ©), Rameau a cinquante ans lorsqu’il compose son premier opĂ©ra : Hippolyte et Aricie (1733). Il faut moins de vingt-quatre heures pour que s’allume la querelle des Lullystes et des ramistes tant ce nouvel opĂ©ra est musicalement novateur. Pour ce concert, le dernier de la tournĂ©e entamĂ©e quelques semaines plus tĂŽt, Patrick CohĂ«n-Akenine, chef et fondateur des Folies Francoises, a programmĂ©, outre Hippolyte et Aricie, Les surprises de l’amour (commande de madame de Pompadour) et Les Indes Galantes. Les Folies Francoises accompagnent six chanteurs de l’Atelier lyrique de l’OpĂ©ra de Paris.

Les Folies Françoises rendent hommage à Jean Philippe Rameau

AnnĂ©e Rameau 2014 : nos temps fort (opĂ©ras, concerts, ballets...)C’est avec Les surprises de l’amour, composĂ©es et crĂ©Ă©es en 1748 sur commande de madame de Pompadour qui cherchait constamment Ă  amuser Louis XV, que dĂ©bute le concert. La premiĂšre entrĂ©e, La lyre enchantĂ©e ouvre le programme; les voix d’Armelle KhourdoĂŻan (Uranie), Andrea Soare (Amour) et Tiago Matos (Linus) sont bien assorties et les trois jeunes gens utilisent judicieusement l’espace Ă  leur disposition. La soprano Armelle KhourdoĂŻan fait sien le grand air d’Uranie et ses hĂ©sitations, sa crainte de succomber Ă  l’amour de Linus et Ă  ses propres sentiments. Dans l’entrĂ©e des incas du PĂ©rou tirĂ©e des Indes Galantes (1735), c’est la basse ukrainienne Andryi Gnatiuk (Huascar) qui est Ă  l’honneur en compagnie d’Armelle KhourdoĂŻan (Phani) et de Joao Pedro Cabra (Carlos). Le couple Cabra/KhourdoĂŻan est juvĂ©nile et bien en voix mais c’est Andryi Gnatiuk qui sĂ©duit et Ă©tonne par une diction remarquable. Cependant la part belle est faite Ă  Hippolyte et Aricie, premier opĂ©ra de Rameau, avec des extraits tirĂ©s de chacun des cinq actes de l’oeuvre; il est un peu regrettable cependant que les choeurs aient Ă©tĂ© supprimĂ©s, ĂŽtant une part d’autoritĂ© Ă  PhĂšdre notamment dans le premier acte lorsqu’elle tente de contraindre Aricie Ă  devenir prĂȘtresse de Diane. La mezzo soprano Élodie Hache est une PhĂšdre tourmentĂ©e Ă  souhait; la voix est limpide, large, claire mais peut-ĂȘtre un peu puissante pour un rĂŽle, certes court mais intense.

Les Folies Francoises et les six chanteurs de l’Atelier lyrique de l’OpĂ©ra de Paris donnent un fort beau concert, vivant, plein d’allĂ©gresse, trĂšs en voix. Saluons l’engagement de chacun des chanteurs dont la diction est excellente et la direction idĂ©ale de Patrick CohĂ«n-Akenine qui aussi joue la partie de premier violon avec un plaisir Ă©vident.

Saintes. Abbaye aux dames, le 19 juillet 2014. Jean Philippe Rameau (1683-1764) : Les surprises de l’amour, premiĂšre entrĂ©e : La lyre enchantĂ©e; Les indes Galantes, deuxiĂšme entrĂ©e : Les incas du PĂ©rou, troisiĂšme entrĂ©e : Le bon sauvage (bis : Danse des sauvages : forĂȘts paisibles); Hippolyte et Aricie, extraits ; Armelle KhourdoĂŻan, dessus (soprano); AndrĂ©a Soare, dessus (soprano); Élodie Hache bas-dessus (mezzo soprano); Joao Pedro Cabral, haute contre (tĂ©nor); Tiago Matos, basse-taille (baryton); Andriy Gnatiuk, basse. Les Folies Francoises; Patrick CohĂ«n-Akenine, violon et direction.

Compte rendu critique, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 17 juillet 2014. Couperin; Charpentier; Delalande. Le Concert Spirituel. Hervé Niquet, direction.

La religion catholique romaine aux XVIIe et XVIIIe siĂšcles Ă©tait le pilier de la vie en France. Les fĂȘtes religieuses rythmaient le quotidien des français d’alors et les compositeurs Ă©taient trĂšs sollicitĂ©s pour produire des oeuvres nouvelles et toujours diffĂ©rentes des prĂ©cĂ©dentes; Francois Couperin (1668-1733), Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) et Richard Delalande (1657-1726) ne font pas exception Ă  la rĂšgle en vigueur alors. Couperin composa neuf Leçons des tĂ©nĂšbres pour les jeudis, vendredis et samedis saints. En ce jeudi soir, HervĂ© Niquet, chef et fondateur du Concert Spirituel, donnait les trois premiĂšres d’entre elles couplĂ©es avec les Repons composĂ©es par Marc-Antoine Charpentier. Pour ce concert, le chef a sĂ©lectionnĂ© un groupe de six chanteuses, comme il l’avait fait auparavant pour d’autres occasions.

Le Concert Spirituel moins spirituel qu’il n’y parait

Niquet herveHervĂ© Niquet qui dirige depuis son orgue a travaillĂ© avec ses chanteuses et ses musiciens avec une rigueur et une prĂ©cision implacables. Si nous ne pouvons d’ailleurs que saluer la technique inĂ©nagalable et la musicalitĂ© exceptionnelle qui Ă©manent du Concert Spirituel, nous regrettons que les Leçons des tĂ©nĂšbres de Couperin alternant avec les Repons de Charpentier soient donnĂ©es de façon si peu chaleureuse. Les chefs d’oeuvres des deux compositeurs français, contemporains l’un de l’autre, rĂ©sonnent dans l’abbatiale avec une sĂ©cheresse peu habituelle donnant la fĂącheuse impression d’ĂȘtres inhabitĂ©es; elles sont comme vidĂ©s de toute vie; et ce n’est pas la prononciation du latin “Ă  la française”, rĂ©frigĂ©rante et rĂ©dhibitoire qui aide Ă  comprendre et Ă  apprĂ©cier Leçons et Repons. Le Miserere de Delalande qui suit est tout aussi glacial, sans Ăąme et peu touchant tant le Concert Spirituel poursuit comme il avait commencĂ© : technique et musicalitĂ© impeccables et diction “Ă  la française” rĂ©frigĂ©rante globalement peu agrĂ©able Ă  l’oreille. Si la volontĂ© de prĂ©senter un programme de musique baroque française, fut elle tirĂ©e du rĂ©pertoire religieux, est tout Ă  fait louable, quel dommage que le rĂ©sultat soit trĂšs en deçà de ce qui avait Ă©tĂ© proposĂ© quelques jours auparavant par La Grande Chapelle et La Cappella Mediterranea. HervĂ© Niquet qui est pourtant reconnu comme un excellent musicien, donne Ă  Saintes un coup d’Ă©pĂ©e dans l’eau en privilĂ©giant une interprĂ©tation sans Ăąme, une diction totalement rĂ©pulsive et rĂ©dhibitoire. Le chef est ses musiciens reçoivent d’ailleurs un accueil de courtoisie sous l’apparente chaleur d’un public partagĂ© entre enthousiasme et dĂ©ception.

Saintes. Abbaye aux dames, le 17 juillet 2014. Francois Couperin (1668-1733) : premiÚre leçon à une voix, deuxiÚme leçon à une voix, troisiÚme leçon à deux voix; Marc Antoine Charpentier (1643-1704) : repons, repons, repons; M.R Delalande (1657-1726) : Miserere. Le Concert Spirituel. Hervé Niquet, direction.

Compte rendu, concert JOA. Saintes. Abbaye aux dames, le 12 juillet 2014. Haydn, Beethoven; Jeune Orchestre de l’Abbaye, Philippe Herreweghe, direction.

JOA 700Si depuis sa fondation le Jeune Orchestre de l’Abbaye travaille avec des chefs de renommĂ©e nationale et/ou internationale, il collabore rĂ©guliĂšrement avec Philippe Herreweghe, le chef fondateur de la phalange saintoise. Pour son premier concert de l’Ă©dition 2014 du festival de Saintes, le JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye donne deux symphonies assez proches l’une de l’autre : la symphonie N°102 en si bĂ©mol majeur de Joseph Haydn (1732-1809) qu’il composa en 1796 lors de son second sĂ©jour Ă  Londres et la symphonie N°4 en si bĂ©mol majeur de Ludwig Van Beethoven (1770-1827) qui date de 1807 alors que le compositeur allemand Ă©tait devenu totalement sourd au dĂ©but des annĂ©es 1800.

Le Jeune Orchestre de l’Abbaye triomphe Ă  l’abbaye aux Dames

Le Jeune Orchestre de l’Abbaye entame son premier concert estival avec la symphonie N°102 en si bĂ©mol majeur de Joseph Haydn. Dans l’imposant corpus symphonique de Haydn, la 102 est la dixiĂšme des douze symphonies londoniennes. Philippe Herreweghe trĂšs inspirĂ© en ce samedi soir dirige les jeunes musiciens avec un plaisir Ă©vident, comme dopĂ© par le dynamisme, l’enthousiasme et le professionnalisme des jeunes instrumentistes qui constituent la phalange pour le festival 2014. PassĂ©es les premiĂšres mesures de la symphonie N°102, l’oeuvre explose en un feu d’artifices de couleurs, de thĂšmes, de rythmes vifs et rapides. Herreweghe dĂ©roule chaque mouvement avec une prĂ©cision diabolique faisant ressortir les thĂšmes musicaux avec un Ă©clat rare et permettant Ă  chaque pupitre de se mettre en valeur sans jamais prendre le pas sur les autres.

herreweghe philippeAprĂšs une courte pause, le Jeune Orchestre Atlantique entame la symphonie N°4 en si bĂ©mol majeur de Ludwig Van Beethoven. Lorsqu’il compose cette symphonie, dans le mĂȘme ton que celle de Haydn, Beethoven est dĂ©jĂ  frappĂ© par le mal qui le rend sourd inĂ©luctable. Si Beethoven utilise les techniques de composition Ă  sa disposition et reprend le schĂ©ma mis au point par son illustre ainĂ©, il innove dans chacune de ses oeuvres en ajoutant des techniques de composition nouvelles qui ont parfois choquĂ© le public de l’Ă©poque. Sa quatriĂšme symphonie foisonne de thĂšmes vifs et joyeux alors que les premiĂšres mesures, tout comme dans la 102 de Haydn, sont de sombre couleur transcrivant le mal-ĂȘtre de Beethoven qui est, en 1807, lentement s’enfonce dans la surditĂ©. LĂ  encore l’orchestre et son chef se dĂ©lectent Ă  jouer le chef d’oeuvre du compositeur allemand qu’ils interprĂštent avec entrain.

La complicitĂ© qui lie le Jeune Orchestre Atlantique et Philippe Herreweghe, son chef fondateur est un moteur qui leur permet de maintenir un niveau Ă©levĂ©. En fin de concert, l’hommage du chef belge Ă  ses musiciens est d’autant plus apprĂ©ciĂ© des musiciens et du public que la session estivale est d’un niveau exceptionnel; pour remercier le public l’orchestre rejoue un court passage de la symphonie de Haydn. Une trĂšs belle soirĂ©e qui ouvre un festival dont le cru promet par ailleurs d’ĂȘtre trĂšs Ă©levĂ©.

Saintes. Abbaye aux dames, le 12 juillet 2014. Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie N°102 en si bĂ©mol majeur;  Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : symphonie N°4 en si bĂ©mol majeur; Jeune Orchestre de l’Abbaye, Philippe Herreweghe, direction.

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2014. Hidalgo; La Grande Chapelle, Albert Recasens, direction.

Albert Recasens, directeur de La Grande ChapelleSi en cette annĂ©e 2014 nous fĂȘtons le deux cent cinquantiĂšme anniversaire de la mort de Jean Philippe Rameau (nous y reviendrons dans une autre chronique) nous oublions, comme de coutume, de cĂ©lĂ©brer la naissance de nombreux autres compositeurs, plus ou moins oubliĂ©s. Le compositeur espagnol Juan Hidalgo (1614-1685) est de ceux ci. ArrivĂ© en France dans la suite de l’infante Marie ThĂ©rĂšse, venue Ă©pouser Louis XIV, il a composĂ© nombres de partitions Ă  l’occasion des noces royales cĂ©lĂ©brĂ©es en grande pompe Ă  St Jean de Luz puis Ă  Paris. Jamais rejouĂ©es depuis 1660, les oeuvres d’Hidalgo sont rapidement tombĂ©es dans l’oubli et il a fallu Ă  Albert Recasens, chef et co-fondateur, avec son pĂšre, de La Grande Chapelle, un long et patient travail de recherches musicales et musicologiques pour parvenir Ă  les retrouver et Ă  les rassembler en un programme cohĂ©rent.

La Grande Chapelle fĂȘte royalement le quadricentenaire Hidalgo

Musicalement moins reconnue que l’Italie, la France et l’Allemagne, l’Espagne a pourtant donnĂ© le jour Ă  nombre de compositeurs prolifiques dont fait partie Juan Hidalgo. Ses motets et les villancicos constituent une partie non nĂ©gligeable de son oeuvre. Des copies ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es tant en Europe (Espagne, France, Allemagne) qu’en AmĂ©rique du nord (États Unis) et en AmĂ©rique latine (Guatemala, Mexique 
) dĂ©montrant ainsi la popularitĂ© de Juan Hidalgo de son vivant. Au programme de ce concert, ce sont des villancicos vocaux ou instrumentaux et des motets vifs et joyeux qui sont chantĂ©s alternativement en solo, en duo, Ă  trois ou Ă  quatre.

Les quatre chanteurs de La Grande Chapelle sont dotĂ©s de fort belles voix qui se complĂštent remarquablement; saluons par ailleurs l’excellente diction des quatre solistes qui sont soudĂ©s par une Ă©vidente complicitĂ© et des liens musicaux trĂšs forts. Albert Recasens dirige avec sobriĂ©tĂ© et talent les villancicos et motets Ă  trois et quatre voix dont le ton est Ă  la fois recueilli et allĂšgre. Les deux solistes, respectivement soprano et tĂ©nor, brillent particulietement en solo ou en duo, ces deux formes occupant un grand tiers du concert. Pour donner un peu de rĂ©pit aux chanteurs les musiciens jouent deux villancicos instrumentaux assez courts mais sĂ©duisants qui leur permettent de se mettre en valeur avec simplicitĂ©.

La Grande Chapelle et son chef reçoivent un accueil trĂšs chaleureux d’autant plus qu’avec un programme de musique baroque espagnole le pari Ă©tait loin d’ĂȘtre gagnĂ©. Cependant le talent et la proximitĂ© d’Albert Recasens tant avec ses musiciens qu’avec le public lui permet de dĂ©voiler avec aisance un programme de toute beautĂ© composĂ© d’oeuvres oubliĂ©es depuis trop longtemps. Saluons le long et patient travail de recherche musicologique, remarquable defendu par La Grande Chapelle car il permet d’exhumer des oeuvres injustement oubliĂ©es ; souhaitons que linkyiat8ve du chef donnera lieu Ă  la parution d’un CD d’ici Ă  quelques mois.

Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2014. Juan Hidalgo (1614-1685) : Venid querubines alados, Mas ay piedad, Oh admirable Sacamento, Rompa el aire en suspiros, Pajarillo que cantas alegre, Escuchad mi voz (instrumental), Anarda divina, Cuando el alba aplaude; Suprema deida que miro, Antorcha brillante; Ay corazon amante, Luceros y flores arded y lucid, Cielos que florece el ampo (instrumental), Aunque en el pan del cielo, Oigan en ecos y esdrujulos, Escuchad atended; La Grande Chapelle, Albert Recasens, direction.

Compte rendu, concert, oratorio. Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2014. Falvetti : Il diluvio universale. Mariana Flores, Rad; Fernando Guimaraes, No; Matteo Bellotto, Dio; Fabian Schoffrin, La Morte; Evelyn Ramirez Munoz, La Giustizia Divina; Magali Arnault Stanczak, L’acqua; Caroline Weynants, La Natura Humana; Keyvan Chemirani, percussion; choeur de chambre de Namur; Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon, direction.

saintes diluvio universale Alarcon SaintesNombre de compositeurs connus et reconnus de leur vivant tombent ensuite dans l’oubli parfois pendant plusieurs dĂ©cennies voire pendant plusieurs siĂšcles. Tel est le cas de Michelangelo Falvetti (1642-1692) maĂźtre de chapelle de la cathĂ©drale de Messine, ville oĂč il s’Ă©tait installĂ© aprĂšs y avoir fait ses Ă©tudes. C’est Ă   Messine, en 1682, qu’a Ă©té crĂ©Ă© son oratorio Il diluvio universale. Falvetti qui connait l’histoire de la ville, punie par le roi d’Espagne aprĂšs s’ĂȘtre rĂ©voltĂ© contre lui, s’est inspirĂ© de ce tragique Ă©vĂ©nement. Le compositeur messinois a fait appel au librettiste Vincenzo Giattini pour Ă©crire un livret tirĂ© d’un Ă©pisode de l’ancien testament : le dĂ©luge qui dura quarante jours et quarante nuits. Dieu ayant dĂ©cidĂ© de punir le genre humain qui Ă©tait tombĂ© dans une dĂ©bauche, une nĂ©gation de l’existence de Dieu, et une arrogance telles que le chĂątiment fut exemplaire. Seuls NoĂ©, sa famille et un couple de chaque espĂšce animale vivant sur terre qui s’Ă©taient, selon le commandement Divin, rĂ©fugiĂ©s sur une arche pouvant les accueillir tous, furent sauvĂ©s du chĂątiment divin.

 

 

Falvetti : Il Diluvio Universale à Saintes

La Capella Mediterranea offre un concert de premiĂšre classe

 

TombĂ© dans l’oubli peu aprĂšs sa crĂ©ation, ce n’est que trois siĂšcles plus tard que I’oratorio il diluvio Universale renait de ses cendres. Leonardo Garcia Alarcon a brillamment ressuscitĂ© le chef d’oeuvre de Falvetti qu’il a dĂ©fendu avec fougue et brio au cours d’une tournĂ©e dĂ©butĂ©e Ă   Ambronay et qui s’achĂšve Ă   Saintes en ce jour de fĂȘte nationale 2014. Pour  dĂ©fendre le chef d’oeuvre de Falvetti Leonardo Garcia Alarcon a invitĂ© des artistes jeunes, talentueux et prometteurs. Par ailleurs le chef et ses musiciens, liĂ©s par une complicitĂ© et une amitiĂ© solides qui se sont renforcĂ©es pendant la tournĂ©e, investissent l’abbatiale avec entrain et gourmandise entrant qui par les nefs latĂ©rales, qui par le choeur, qui par la nef centrale.

Parmi les solistes, les courtes interventions de Evelyn Ramirez Munoz (La Giustizia Divina) et de Magali Arnault Stanczak (L’Acqua) sont marquantes; les deux jeunes femmes ont des voix rondes, larges, chaleureuses et lancent un feu d’artifices Ă©blouissant.

Alarcon_portrait_oblique_250Le couple Mariana Flores (Rad) et Fernando Guimaraes (No) est totalement assorti tant par sa jeunesse fougueuse que par deux voix fraĂźches et complĂ©mentaires qui font des rĂ©citatifs et des duos de purs joyaux dramatiques. C’est cependant le contre-tĂ©nor argentin Fabian Schoffrin (La Morte) qui se taille la part du lion en faisant une entrĂ©e trĂšs remarquĂ©e grimĂ© et maquillĂ© en “grande faucheuse” dĂ©terminĂ©e  tout rafler sur son passage; si son dialogue avec Caroline Weynants (La Natura Humana) est l’un des grands moments de l’oratorio, c’est sa seconde entrĂ©e, un tambourin  à la main qui se rĂ©vĂšle ĂȘtre un moment d’anthologie. Shoffrin prend un malin plaisir à chanter et  danser tout en maniant son instrument avec dĂ©lice. Si les interventions de Matteo Bellotto (Dio) sont lĂ©gĂšrement moins convaincantes elles marquent avec force le mĂ©contentement Divin face  la dĂ©bauche des hommes, leur impiĂ©tĂ©, leur arrogance. DĂ©fauts et pĂ©chĂ©s majeurs qui leur valent une punition exemplaire Ă   laquelle, malgrĂ© tous leurs efforts, ils n’Ă©chappent pas. Et d’ailleurs le choeur de chambre de Namur fait des merveilles dans l’oratorio jouant parfaitement la terreur, la tristesse  la joie du pardon final.

La brillante interprĂ©tation de Il diluvio universale par La Capella MĂ©diterranea lui vaut la seule ovation debout du festival tant le public a Ă©tĂ© sĂ©duit. L’enthousiasme est tel que Leonardo Garcia Alarcon concĂ©de trois bis, rejoignant  ses chanteuses avec une spontanĂ©itĂ© plaisante lors du second bis. Totalement dĂ©chaĂźnĂ©, Fabian Schoffrin entraĂźne le public pour l’accompagner dans un bis endiablĂ©. Il diluvio universale a trouvĂ© en La Capella Mditerranea le meilleur des avocats; espĂ©rons que ce trĂšs bel oratorio continuera encore sa carriĂšre avortĂ©e en 1682. Tel est bien le palmarĂšs dĂ©jĂ  mĂ©ritant d’une partition parmi les plus convaincantes rĂ©cemment reexhumĂ©e.

 

 

Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2014. Michelangelo Falvetti (1642-1692) : Il diluvio universale. Mariana Flores, Rad; Fernando Guimaraes, No; Matteo Bellotto, Dio; Fabian Schoffrin, La Morte; Evelyn Ramirez Munoz, La Giustizia Divina; Magali Arnault Stanczak, L’acqua; Caroline Weynants, La Natura Humana; Keyvan Chemirani, percussion; choeur de chambre de Namur; Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon, direction.

 

 

Festival de Saintes 2014 : c’est parti !

saintes festival 2014Saintes, Festival. 11>19 juillet 2014. Jusqu’au 19 juillet, le festival de Saintes 2014 bat son plein : jusqu’Ă  4 concerts dans la journĂ©e, mĂȘlant les formes (vocales, chorales, symphoniques ou chambriste) et les styles, Saintes 2014 est le premier des festivals d’Ă©tĂ©, pour nous, incontournables… La citĂ© musicale dans l’ample enceinte de l’Abbaye aux Dames retrouvent pour son festival estival les fondamentaux qui font sa rĂ©ussite et souvent la magie de programmes passionnants : crĂ©ations, dĂ©frichements, expĂ©riences instrumentales sur instruments d’époque, et bien sĂ»r vertiges choraux
  Saintes n’est pas exclusivement un festival de musique ancienne et baroque ; le festival sait se renouveler, proposant une offre musicale d’un rare Ă©quilibre, associant diversitĂ© et programmes nouveaux. L’évĂ©nement cette annĂ©e est double De Caelis et le JOA, Jeune Orchestre de l’Abbaye.

 

 

DE CAELIS ©GuyVivien2-724x481C’est d’abord, la crĂ©ation de JARDIN CLOS programme planant et apocalyptique qui croise et fait dialoguer l’extase vocale de Hildegard von Bingen dĂ©fendue par les 5 voix fĂ©minines de De Caelis, et les suspensions hypnotiques de Zad Moultaka (crĂ©ation le 13 juillet 2014,  CathĂ©drale Saint-Pierre de Saintes, Ă  19h30 : lire notre compte rendu critique des prĂ©mices de Jardin clos et voir aussi notre reportage vidĂ©o sur le travail prĂ©alable pour Jardin clos).

 

 

Saintes : Le Jeune Orchestre de l'Abbaye se rĂ©vĂšle en 2 concertsC’est aussi, la nouvelle session de l’orchestre de jeunes musiciens JOA (Jeune Orchestre de l’Abbaye) : pĂ©piniĂšre de talents frĂ©nĂ©tiques et audacieux au service des oeuvres orchestrales sous la direction cette annĂ©e encore de Philippe Herreweghe (programme romantique : Symphonies n°2 de Haydn, n°4 de Beethoven, le 12 juillet, Abbaye aux Dames, 19h30) ; puis sous la direction non moins vibrante et ciselĂ©e du violoniste Alexander Janiczek, le 18 juillet Ă  17h (lire ici notre prĂ©sentation complĂšte et nos 4 coups de cƓur du festival de Saintes 2014)…

 

 

Ne manquer pas non plus les 4 autres concerts suivants :

Hidalgo, musique pour le roi PlanĂšte par La Grande Chapelle, un ensemble que classiquenews suit depuis longtemps : originaire de Madrid, Albert Recasens, directeur de l’ensemble interprĂšte avec finesse et expressivitĂ© les polyphonies et l’art monodique du XVIĂš au XVIIIĂš : lundi 14 juillet 2014, 13h 

 

RĂ©cital du claveciniste Jean Rondeau : Domenico Scarlatti, Soler, mardi 15 juillet, 13h

RĂ©cital de la pianiste Beatrice Rana ; Chopin, Schumann, jeudi 17 juillet, 22h

Récital chambriste : Quatuors de Haydn, Janacek, Beethoven  par les musiciennes du Quatuor Zaïde, vendredi 18 juillet 2014, 22h

 

 

 

Votre séjour à Saintes

 

 

 

logoSaintes_A3_noirLE BLOG du festival 2014. L’info en continue Ă  propos du festival de Saintes pendant l’Ă©dition 2014 : suivez l’actualitĂ© des concerts, Ă©vĂ©nements, rencontres, animations, confĂ©rences en photos, commentaires, focus imprĂ©vus et complĂ©mentaires sur le BLOG du festival de Saintes 2014, rĂ©guliĂšrement alimentĂ© et actualisĂ© tout au long du mois de juillet 2014

 

 

 

 

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Reportage vidéo : Le JOA Jeune Orchestre Atlantique interprÚte la Titan de Mahler sous la direction de Philippe Herreweghe (juillet 2013)

JOA_jeune_orchestre_atlantiqueReportage vidĂ©o: Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’Ă©poque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du … XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’Ă©chelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son … en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye : 2 concerts Ă  Saintes

JOA_orchestre_violonisteSaintes, Jeune Orchestre de l’Abbaye, JOA. Concerts les 12 et 18 juillet 2014. Depuis ses premiĂšres sessions Ă  l’Abbaye aux Dames de Saintes, le JOA Jeune Orchestre Atlantique – rebaptisĂ© au moment oĂč l’Abbaye aux Dames devenait CitĂ© musicale (2014) : Jeune Orchestre de l’Abbaye, ne cesse de porter toujours plus loin les apports bĂ©nĂ©fiques des instruments d’époque dans l’interprĂ©tation des partitions classiques et romantiques; rien n’égale en Europe la formation ainsi proposĂ©e aux jeunes instrumentistes venus du monde entier pour y suivre les conseils de l’équipe pĂ©dagogique (en particulier les instrumentistes professionnels de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es), de façonner et perfectionner leur propre jeu sous la conduite des chefs aujourd’hui reconnus : rĂ©cemment David Stern, Louis LangrĂ©e ou Christophe Coin, et rĂ©guliĂšrement, Philippe Herreweghe soi-mĂȘme.
L’obtention d’un Master “recherche et pratiques d’ensemble” valide aujourd’hui ce que tout jeune instrumentiste soucieux de technicitĂ© et de style souhaite maĂźtriser. En plus d’une discipline collective, les jeunes musiciens du JOA apprennent l’Ă©coute, recueillent l’expĂ©rience des aĂźnĂ©s spĂ©cialistes de l’interprĂ©tation symphonique “historiquement informĂ©e”.

 

 

 

 

Jeune Orchestre défricheur

 

Ainsi, Ă  l’Ă©tĂ© 2013, volet toujours trĂšs attendu du festival estival, le JOA ose aller plus loin encore ; il repousse le cadre chronologique des pĂ©riodes classiques et romantiques 
 jusqu’à la Symphonie n°1 Titan de Gustav Mahler (1889) 
 un nouveau dĂ©fi post romantique se dresse face Ă  l’énergie et Ă  la curiositĂ© des apprentis musiciens, pour lequel s’engage aussi le chef flamand Philippe Herreweghe qui depuis sa crĂ©ation, suit les avancĂ©es et l’évolution de l’orchestre. Captation intĂ©grale de la Symphonie n°1 Titan, week end inaugural du festival de Saintes 2013
A l’Ă©tĂ© 2014, la phalange de jeunes instrumentistes tout en demeurant fidĂšle aux Viennois classiques et romantiques, soit Haydn et Beethoven, – deux compositeurs qui forment le noyau de leur rĂ©pertoire-, poursuit son exploration des auteurs du XXĂšme avec Stravinsky, une occasion prometteuse qui apporte ses fruits au contact d’un auteur cĂ©lĂ©brĂ© pour son Ă©nergie rythmique et sa science de l’orchestration. PrĂ©cision, Ă©coute, phrasĂ©s, Ă©quilibre et richesse dynamique sont de rigueur pour cette nouvelle sĂ©rie de 2 concerts Ă©vĂ©nements.

 

 

 

samedi 12 juillet 2014,
Abbaye aux Dames, 19h30
Haydn, Beethoven (Philippe Herreweghe, direction)

JOA_jeune_orchestre_atlantiqueEn quelques jours, circonstances propices Ă  l’adaptabilitĂ© des jeunes instrumentistes sur instruments d’Ă©poque, l’Orchestre aborde deux programmes diffĂ©rents. Avant Stravinsky (du 18 juillet), le 12 juillet met en avant la classicisme viennois, avec la Symphonie de Joseph Haydn n°102, et surtout, la Symphonie n°4 de Beethoven (en si bĂ©mol majeur opus 60). Ecrite Ă  l’Ă©tĂ© 1806, quand Beethoven Ă©tait Ă©pris de la Comtesse ThĂ©rĂšse von Brunswick, la 4Ăšme exulte sur un registre plus enlevĂ©   (mais pas superficiel) l’Ă©clat et les innovations trĂ©pidantes de l’Eroica. Berlioz a louĂ© la voluptĂ© insurpassable de son Adagio…

 

 

vendredi 18 juillet 2014,
Abbaye aux Dames, 17h
Stravinsky, Mendelssohn, Beethoven (Alexandre Janiczek, direction)

JOA_jeune_orchestre_atlantiqueLe 18 juillet, place Ă  Stravinsky (Concerto en rĂ©), Mendelssohn (Concerto pour violon), Beethoven (Grande Fugue opus 133) : un incroyable programme d’une difficultĂ© prometteuse oĂč se croisent le jeu concertant,tendre et lumineux de Mendelssohn, couplĂ© au jeu formel de haute virtuositĂ© signĂ© Stravinsky, sans omettre en apothĂ©ose finale, l’architecture contrapuntique si redoutable composĂ©e par Beethoven dans sa grande Fugue opus 133. Les seuls pupitres des cordes y sont portĂ©s, encadrĂ©s, chauffĂ©s par l’excellent violoniste et chef Alexander Janiczek dont on se rappelle la fougue et l’implication totale comme premier violon pour la Symphonie Titan de Mahler, crĂ©Ă© l’annĂ©e derniĂšre (en ouverture du festival estival 2013), ici mĂȘme Ă  Saintes (voir le reportage vidĂ©o ci dessous). Le Concerto en rĂ© de Stravinsky composĂ© en 1946 est la premiĂšre Ɠuvre qui marque le retour du compositeur sur le sol europĂ©en (aprĂšs son Ă©migration aux States en 1939).  Trois parties (Vivace, Arioso, Rondo) composent une Ɠuvre d’une versatilitĂ© fugace, frĂ©missante, voire frĂ©nĂ©tique (le staccato “ben articolato” en doubles croches du Rondo final). Comme celui de Stravinsky, le Concerto pour violon de Mendelssohn est en rĂ©… mais mineur, Ă©crit en 1822, Ɠuvre printaniĂšre, de jeunesse (Mendelssohn n’a que 13 ans) qui semble prolonger JS Bach, son grand modĂšle. DĂ©jĂ , le final, (rondo sur motif de gavotte) manifeste le gĂ©nie mendelsohnien pour l’Ă©lan chorĂ©graphique et la vitalitĂ© Ă©chevelĂ©e.

 

 

Le JOA en vidéo
Gustav Mahler : Symphonie n°1 Titan, 4Úme mouvement
(13 juillet 2013)

Gustav Mahler : Symphonie n°1 Titan. Grand reportage, entretien avec les musiciens et Philippe Herreweghe (13 juillet 2013)
Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’Ă©poque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du … XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’Ă©chelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son … en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle !

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Saintes 2014. RĂ©cital Chopin, Schumann par Beatrice Rana, piano

Rana Beatrice Rana pianoSaintes. RĂ©cital Beatrice Rana, piano. Chopin, Schumann, le 17 juillet 2014, 22h. Schumann dĂ©miurge. Chopin Ă©tait roi de l’intime suscitant une nouvelle approche dans l’écoute et la rĂ©ceptivitĂ© du concert, Schumann fut celui de l’introspection libre, d’une versatilitĂ© protĂ©iforme fascinante. Celui qui souhaitait ĂȘtre le Paganini du piano explore et trouve les nouvelles expressions d’un clavier libĂ©rĂ©, prolongement de sa pensĂ©e musicale si riche et bouillonnante. Car ici, l’éclatement de la forme selon les tentations de l’humeur n’empĂȘche pas un dĂ©veloppement prĂ©cis, cohĂ©rent d’une irrĂ©pressible logique interne. SchizophrĂšne impuissant, incapable de dĂ©veloppement comme d’accomplissement abouti, rien de tel pour Schumann. Son caractĂšre double, Janus fĂ©cond-, Robert revendique une double, voire une triple sensibilitĂ© aux facettes plus complĂ©mentaires que contradictoires. Schumann prend et relĂšve le dĂ©fi de chanter ce qui ne peut ĂȘtre dit. Une claque Ă  la dĂ©mence. Un Ă©lan irrĂ©pressible que l‘on retrouve, vivace, lumineux dans ses Symphonies Ă  venir.  Qu’il soit EusĂ©bius (instrospectif et sombre) ou Florestan (vif, solaire, conquĂ©rant), saturnien ou appolonien, Schumann exprime par le piano un jaillissement unique de la pensĂ©e et de l’esprit d’une fraĂźcheur et d’une vitalitĂ© exceptionnelle.

 

 

schumann_robertEclairs et murmures du piano romantique. Les Ă©tudes symphoniques (1834-1852) rĂ©alisĂ©es sous la forme de 12 variations Ă  partir d’un thĂšme originel de 16 mesures reflĂštent cet Ă©quilibre souverainement romantique oĂč le feu de l’inspiration remodĂšle Ă  mesure qu’il se dĂ©ploie, les canevas formels les plus classiques. A mesure qu’il exprime, se dĂ©voile, Schumann rĂ©invente, expĂ©rimente. Le motif lui aurait Ă©tĂ© fourni par le pĂšre de sa fiancĂ©e d’alors, Ernestine von Fricken (l’Estrella du Carnaval Ă  laquelle il Ă©tait fiancĂ© – avant Clara, en 1834), une marche funĂšbre dĂ©pouillĂ©e d’une beautĂ© franche, immĂ©diate. Relisant, affinant encore ses chĂšres Etudes, miroir musical de ses intimes aspirations- Ă©ditĂ©es finalement en 1852, Schumann nous laisse l’une des ses partitions les plus personnelles.
Le doucereux Chopin se rĂ©vĂšle aussi dans l’écriture musicale : ses Scherzos sont d’une ĂąpretĂ© imprĂ©vue, la rĂ©vĂ©lation d’un tempĂ©rament plus passionnĂ©s et rĂ©voltĂ© qu’on l’a dit souvent. Le dĂ©sĂ©quilibre, les forces dĂ©pressives, l’attraction du lugubre et de l’anĂ©antissement sont aussi inscrits dans le terreau de la fertile pensĂ©e chopinienne. Ce rĂ©cital romantique en fait foi. MĂȘme la forme plus classique de la Sonate a sĂ©duit le Chopin tĂ©nĂ©breux et rageur : la 2Ăšme Sonate fait souffler un vent de libertĂ© oĂč l’émotion sait plier les contraintes d’un canevas strict. C’est le gĂ©nie des grands compositeurs que de rĂ©inventer toujours
 N’écoutez que le contraste qui naĂźt de la chevauchĂ©e haletante du Scherzo auquel succĂšde le gouffre lugubre de la cĂ©lĂšbre marche funĂšbre : des visions fulgurantes, pourtant d’une simplicitĂ© et d’une Ă©conomie de moyens, saisissantes. Grand rĂ©cital romantique sous la voĂ»te de l’église abbatiale de Saintes.

Illustrations : B Rana © Ralph Lauer/The Cliburn

 

 

Jeudi 17 juillet, 22h
Abbaye aux Dames
Beatrice Rana, piano
concert n°26

Frédéric Chopin
(1810-1849)
Scherzo n°3 opus 39
Sonate n°2 opus 35 en si bémol mineur
grave – doppio movimento scherzo
marche funĂšbre : lento finale : presto

Robert  Schumann
(1810-1856)
Études symphoniques opus 13

 

 

Jean Rondeau, clavecin Ă  Saintes

Rondeau jeanSaintes. RĂ©cital Jean Rondeau, clavecin. D. Scarlatti. Le 15 juillet 2014, 13h. Clavecin mĂ©ridional. RĂ©cital de  clavecin mĂ©ridional avec son ambassadeur le plus rayonnant et virtuose: Domenico Scarlatti (1685-1757). A la fougue de son tempĂ©rament hautement napolitain dĂ©jĂ  riche en audacieuse crĂ©ativitĂ© (hĂ©ritage du pĂšre Alessandro), Domenico sait assimiler le dĂ©lire picaresque,  la flamboyante caractĂ©risation propres aux caractĂšres de son pays d’adoption: l’Espagne. Son oeuvre et son style sont si impressionnant (550 Sonates) que les virtuoses antĂ©rieurs sont tous minimisĂ©s sauf peut ĂȘtre le pĂšre pour tous S’agissant du clavecin ibĂ©rique : Antonio Soler (1729-1783).
Telles les jalons d’une pensĂ©e musicale qui recherche et expĂ©rimente sans se fixer de limites, les Sonates de Domenico outrepassent les rĂšgles dĂ©volues au clavier faisant de l’instrument avant les compositeurs romantiques,  le vecteur privilĂ©giĂ© de sa quĂȘte intarissable : un instrument expĂ©rimental de premier ordre qui suit les humeurs et les audaces de l’auteur.  De fait il nous laisse une littĂ©rature inĂ©dite dont l’esprit dynamique renouvelle totalement la forme musicale,  jusqu’au rapport Ă  l’instrument. Ce Scriabine du  clavecin aura subjuguĂ© bien des interprĂštes excitĂ©s par les dĂ©fis multiples d’oeuvres atypiques. Au premier rang desquels Scott Ross. Ralf Kirkpatrick musicologue que la question de Scarlatti n’a cessĂ© d’interroger, a tentĂ© de rĂ©tablir la chronologie d’un catalogue qui porte encore son nom et classe ainsi de façon critique une centaine de Sonates scarlatiennes.
Esprit nerveux,  Domenico affirme une Ă©criture vive qui se joue des modulations passant sans annonce ni prĂ©ambule du mineur au majeur. Les sonates baroques sont parfois trĂšs courtes en un seul mouvement,  dĂ©veloppant un seul thĂšme ou combinant plusieurs. Toujours le style est flamboyant,  imprĂ©visible,  d’une libĂ©rĂ© et d’un feu dĂ©jĂ  mozartiens. Un vrai dĂ©fi pour un jeune claveciniste prĂȘt Ă  relever tous les paris pour dĂ©voiler son propre tempĂ©rament : c’est assurĂ©ment le cas de Jean Rondeau, Ă©lĂšve de l’ineffable et subtile Blandine Verlet-, dont l’engagement pour le clavecin Ă©gale son art de l’improvisation qu’il cultive au piano au sein d’un ensemble de jazz. Volubile, curieux, mais aussi disciplinĂ©, Jean Rondeau crĂ©e l’évĂ©nement Ă  Saintes ce 15 juillet sous la voĂ»te de l’Abbatiale.

Mardi 15 juillet 2014
Abbaye aux dames, 13h

Jean Rondeau, clavecin

Domenico Scarlatti (1685-1757)

Sonate k.215 en Mi Majeur, andante
Sonate k.175 en la Mineur, allegro
Sonate k.208 en la Majeur, adagio e cantabile
Sonate k.119 en do Majeur, allegro
Sonate k.213 en ré Mineur, andante
Sonate k.141 en ré Mineur, allegro
Sonate k.30 en Sol Mineur « la Fugue du Chat », moderato
Sonate k.132 en do Majeur, cantabile
Sonata k.84 en do Mineur, allegro
Sonata k.481 en do Mineur, andante cantabile

Padre Antonio Soler (1729-1783)

Fandango r.143 en ré Mineur

Illustration : Jean Rondeau (DR)

Approfondir : consultez notre présentation complÚte du festival de Saintes 2014

 

Saintes abbayeLe festival de Saintes c’est aussi de nombreux jeunes talents dĂ©jĂ  remarquĂ©s Ă  Saintes ou nouveaux tempĂ©raments Ă  suivre dĂ©sormais et rĂ©vĂ©lĂ©s dans le cadre de l’Abbaye aux Dames : entre autres, Quatuor HermĂšs (Haydn, Beethoven, Schubert, le 13 juillet, 22h), Jean Rondeau, clavecin (le 15 juillet, 13h), RĂ©cital de l’excellente soprano CĂ©line Scheen (L’Amante segreto, le 16 juillet, 13h), Quatuor Hip4tet (Quatuors de FĂ©licien David et Mendelssohn, les 17 et 19 juillet, 17h), 


 

 

 

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Festival de Saintes 2014. De Caelis, Zad Moultaka rĂ©alisent “Jardin clos” (crĂ©ation)

Jardin clos, la nouvelle crĂ©ation de De Caelis Ă  SaintesSaintes, Festival 2014. De Caelis, Zad Moultaka:Jardin clos, le 13 juillet 2014. Ensemble en rĂ©sidence Ă  l’Abbaye aux Dames de Saintes, De Caelis croise l’Ă©criture du compositeur contemporain Zad Moultaka pour enfanter un nouveau programme : “Jardin clos”. Des visions et chants mystiques mĂ©diĂ©vaux d’Hildegard Von Bingen aux vertiges suspendus irradiants de Zad Moultaka, le concert fait l’Ă©vĂ©nement du prochain festival de Saintes 2014 (crĂ©ation mondiale le 13 juillet 2014 Ă  la CathĂ©drale Saint-Pierre de Saintes). Pour le compositeur contemporain d’origine libanaise, l’extase expressive de Bingen fait jaillir des lignes de forces proches des dĂ©flagrations de notre Ă©poque. En portant un regard fraternel sur l’Ɠuvre de l’Abbesse, Zad Moultaka en partant du jardin clos, souhaite faire Ă©clater les murs, fondre l’Ă©difice en s’abimant dans les tĂ©nĂšbres, puis rĂ©tablir la libertĂ© de pensĂ©e et l’espĂ©rance d’un monde apaisĂ©… De Caelis le suit dans cette traversĂ©e vocale qui au moment du concert devrait apporter aux festivaliers de Saintes, une expĂ©rience mĂ©morable. Reportage vidĂ©o exclusif : travail et rencontre des 5 chanteuses de De Caelis avec Zad Moultaka (© CLASSIQUENEWS.TV 2014)