CHRIST EST RESSUSCITÉ ! (Pâques en musique)

bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730CHRIST est ressuscité ! Jean-Sébastien Bach : Oratorio de Pâques BWV 249. Comme à l’accoutumée, s’agissant de Jean-Sébastien Bach, l’Oratorio de Pâques tel que nous le connaissons actuellement, et tel qu’il est joué par les ensembles les plus informés, regroupe plusieurs partitions sur le thème pascal qui remonte à plusieurs époques, certains opus étant réécrits, modifiés selon l’idéal esthétique du compositeur, selon aussi les effectifs à sa disposition au moment de la commande. La première version remonte à 1725 pour les célébrations pascales, en particulier pour le Dimanche de Pâques. Bach recycle une cantate de voeux (donc originellement profane) de février 1725 dédié à l’anniversaire de son patron, le Duc Christian de Saxe-Weissenfels (Entfliet verschwindet, entweichet ihr Sorgen, BWV 249a). Puis il en déduit une nouvelle célébration, d’essence sacrée: Kommt, eilet und laufet, ihr flüchtigen Füsse … (BWV 249), cantate célébrant la dévotion de la feria I de Pâques au 1er avril 1725.

 

 

Christ est ressuscité !Puis dans un nouveau texte de Picander, la même cantate sert une nouvelle célébration profane en août 1726 pour l’anniversaire de son autre mécène le Comte Joachim Freidrich von Flemming (BWV 249b). Pour livrer une nouvelle musique pascale, Bach recycle entre 1732 et 1735, les partitions déjà écrites et intitule le nouveau cycle “oratorium”. Comme pour la Messe en si mineur, il s’agit grâce au génie synthétique dont il est capable, de combiner des éléments épars en une totalité dont la cohérence et l’architecture nous stupéfient. Soucieux d’unité, le compositeur reprend encore son ouvrage après 1740, et fixe désormais ce que nous connaissons sous le nom d’Oratorio de Pâques.

 

 

 

 

 

Christ est ressuscité !

 

 

 

 

 

 

Oratorio en 11 numéros

Plan en 10 numéros/épisodes

 

Véritable opéra sacré, l’Oratorio de Pâques de JS Bach saisit par la maîtrise des contrastes, l’absolu génie des réemplois et aussi, le raffinement d’une grande culture musicale qui utilise selon un plan dramaturgique éblouissant, les styles italiens et français.

N°1 à 3. Au début, les 3 premiers numéros (Sinfonia avec flûtes et hautbois d’amour, Adagio, Chorus) composent un triptyque d’ouverture selon le schéma d’un concerto italien (vif, lent, vif), avec une même tonalité de ré majeur) pour unifier le cycle pour les volets 1 et 3. Dans ce dernier épisode, le texte convoque les fidèles qui pressent le pas vers la sépulture de Jésus.
Le n°4 fait paraître les 4 solistes, sombres et graves, qui se retrouvent près du tombeau : Maria Jacobi (soprano), Maria Magdalena (alto), Petrus (ténor), Johannes (basse). Se détache surtout l’aria adagio en si mineur (avec traverso) de Maria Magdalena dans laquelle la chanteuse invite à renoncer aux parfums et onguents de l’embaumement pour choisir les lauriers, annonciateurs de la victoire du Christ ressuscité (n°5).
CHRIST-endormi-programmes-brava-hd-noel-2015-582-390N°6-7 : surviennent Petrus et Johannes qui découvrent la tombe vide et la pierre déplacée. Maria Magdalena précise alors qu’un ange est venu annoncer la Résurrection du Sauveur. Ainsi Petrus (ténor, en sol majeur) adopte le calme serein d’une bourrée pour exprimer avec les flûtes à bec, la profonde certitude de la paix intérieure, après la proclamation du Miracle christique. N°8 à 10 : les airs des deux Marie basculent dans l’arioso, portés par l’impatience de revoir Jésus : tendre et compatissante, Maria Magadalena se demande où le Christ lui apparaîtra (air en la majeur, avec hautbois d’amour sur rythme de gavotte). Tandis que Johannes invite chacun à se réjouir. Jean-Sébastien Bach conclut par un chœur de réjouissance (n°11) où l’éclat des trompettes dit la réalisation de la transfiguration finale. Le dernier épisode suit un plan en deux parties : format et esprit français et d’une élégance haendélienne tout d’abord ; puis gigue fuguée d’une ivresse collective irrésistible.

 

 

 

Tizian, Verklaerung Christi - Titian / Transfig.of Christ / c.1560 - Titien / Transfiguration du Christ

Résurrection du CHRIST par Fra Angelico et Tiziano (DR)

COMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, le 28 fév 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « Résurrection ». Orch National de Lille / Alexandre Bloch.

cycle-mahlerCOMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, Nouveau Siècle, le 28 février 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « Résurrection ». Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch. La première Symphonie Titan marquait déjà l’ampleur d’une écriture très inspirée. Premier essai, premier coup de génie (1). Dans la 2è Symphonie, l’architecture s’élève encore : du tumulte initial, l’énergie gravit peu à peu la montagne, jusqu’à édifier une cathédrale… spirituelle et mystique. Alexandre Bloch nous conduit dans ce cheminement qui fait de la Symphonie n°2 une symphonie de compassion, de délivrance, une formidable machine cathartique et salvatrice.

 
 
 

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Le premier mouvement marque d’emblée l’échelle du cadre symphonique : colossale voire abyssale. Le souffle, la dimension n’ont jamais été à ce point aussi grandioses, – les contrastes enchaînés, aussi vertigineux… dans la pensée, autant que dans les nouvelles sonorités et trouvailles esthétiques requises pour en exprimer l’énergie. Au début, le chant âpre des contrebasses mène la danse (comme le début de la Walkyrie de Wagner en une sorte de chevauchée nocturne, ivre, panique), puis c’est la prière des hautbois à l’élégance toute racée ; ainsi s’affirme le balancement jamais résolu entre désarroi dépressif et viscérale espérance d’un Mahler accablé par le destin. Les cuivres clament cette prise de conscience supérieure qui se fait onctueuse douceur aux cordes, clarinettes et cors.
Alexandre Bloch fait surgir comme un matrice bouillonnante le mouvement des forces contraires et pourtant concomitantes, avec une franchise de ton et la volonté d’en découdre après avoir exposé toutes les cartes d’un jeu trouble à son début. Fureur contre l’adversité, impuissance face aux éléments contraires et dépression profonde (marche des harpes), et pourtant, toujours, indéfectible foi… Tout est là, à la fois d’une clarté lugubre et d’une tendresse terrorisée mais tenace. C’est d’ailleurs cette résistance coûte que coûte, et cette opiniâtreté qui cimentent toute la construction comme elle inspire la formidable énergie du chef.

 
 
 
 
 
 

Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille réalisent la prodigieuse métamorphose à l’œuvre dans la 2è Symphonie de Mahler…

SAUVAGERIE, COMPASSION, RESURRECTION

 
 
 
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Critiqué vertement par son modèle, Hans von Bulow (le créateur de Tristan) et grand défenseur alors de Richard Strauss, Mahler qui lui avait fait écouté l’esquisse de la 2è (en son premier mouvement dénommé Totenfeier, « fête des morts », mouvement indépendant achevé dès 1888), ne se laisse pas décourager. Bien au contraire. Chevillé au corps, l’exercice de composition est une nécessité vitale.
Ce combat pour s’affirmer, cette clairvoyance pleinement assumée se précisent dans la magma de la 2è, dès son premier mouvement initial (Allegro maestoso), véritable cathédrale sonore où s’affrontent toutes les forces en présence, apparentes puissances contradictoires, en fait pilier d’un monde symphonique nouveau où Mahler dans les faits, fusionne et Wagner, et Bruckner, et toutes les narrations symphoniques connues jusque là, organisant peu à peu le chaos du début, récapitulant, architecturant son grand œuvre en devenir… afin d’éclairer l’orchestre par sa propre voix.

C’est dans ce bain primordial, cet élan en structuration que nous convie Alexandre Bloch, exploitant toutes les riches alliances de timbres, les frottements de sonorités d’une page blanche, dont l’essence est expérimentale. Le chef aime piloter les instrumentistes jusque dans leurs retranchements sonores ultimes : caresses des cordes, à l’ivresse éperdue dont les cors amoureux se font l’écho…
La palette est infinie et suscite bien des climats contrastés, dont l’apparente insouciance (tapisserie miroitante de l’harmonie des vents et des bois) n’écarte jamais un soubresaut d’angoisse sourde, souterraine (carillon des harpes). Ici règnent l’abandon espéré et le sentiment d’une terreur présente, profonde, non encore clairement élucidée. Voilà qui est posé, franchement, dans ce premier mouvement où tout est dit, condensé, en une flamboyante sauvagerie.

Le second mouvement (Andante moderato) débute après une pause marquée selon le voeu de Mahler lui-même (à 32mn44), comme pour mieux absorber la charge terrible du premier mouvement (mouvement indépendant en soi, du fait de l’histoire de sa genèse). L’allant flexible et chantant de cette nouvelle séquence est plus calme (flûte et harpe), mais n’écarte pas non plus l’accent à peine canalisé de nouvelles menaces. Mais ici règne le miel réconfortant d’une grande guitare (pizz des cordes, soulignés par la flûte), source d’un réconfort imprévu (glissandi amoureux des cordes).

Le 3è, Scherzo (43mn31) est ciselé comme un balancement hypnotique d’une souplesse qui se convulse et est prête à déraper. Un déséquilibre prêt à rompre le fil et l’équilibre : le héros reprend son chemin, comme enivré par son propre enthousiasme (rondeur souple des clarinettes, vivacité des flûtes, à laquelle répond la joie des hautbois…). Le promeneur fanfaronne et l’orchestre s’éveille à la grandeur du paysage et des cimes qui se précisent : comme saisi et surpris par l’ampleur du paysage qui l’environne soudain, le marcheur contemple la démesure des forces auxquelles il doit se confronter. Ce vertige, Alexandre Bloch nous le fait ressentir avec des décharges millimétrées, une attention spécifique aux petits détails de l’orchestration, toujours savoureuse.
D’un oeil cinématographique, jouant sur les échelles, le chef demeure à l’affût de la moindre inflexion contenue dans la partition, et qui dévoile le relief du paysage. Ses parts d’ombre, ses contours annonces de la vie céleste…

Puis à 53mn57, est enchainé l’Urlicht : texte entonné par la mezzo (Christianne Stotijn) dont le cuivre vocal répond à la fanfare lointaine qui redessine un paysage assagi, claire référence à un choral d’apaisement. La soliste répand ce baume qui efface toute douleur, toute détresse, laissant envisager ce qui était jusque là refusé : l’ascension vers le ciel (élévation des corps exprimé par le hautbois qui s’enlace à la voix). Ici surgit l’extase mystique d’un Mahler spirituel : « De dieu je viens et veux retourner à Dieu ».

Alexandre Bloch fait entendre alors le tumulte du cosmos, déchirure, déflagration qui sonne comme une porte qui s’ouvre (à la façon de la scène de révélation de la Femme sans ombre de Richard Strauss)… De fait, nous ne sommes pas loin de l’opéra ; du moins dans cette scène, aux jalons mystiques d’une intensité irrésistible, Mahler écrit son oratorio le plus inspiré. A 1h01mn18 : les cuivres expriment enfin l’échelle du céleste qui rejoint la terre et lui permet de gravir la passerelle vers l’éternité (marches énoncées par la harpe)…

Les 30 dernières minutes de ce Finale grandiose, apothéose ultime de l’architecture ascensionnelle décrivent la cité idéale qui paraît alors au pèlerin, les plaintes de ce dernier, sa prière face au Créateur ; la perte de l’espoir, et le vertige de l’abandon… (1h05mn puis 1h09m50).

 
 
 

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Alors s’exprime la promesse de la Résurrection pour celui qui a cheminé aussi durement. C’est la rémission tant espérée (1h06mn19) qui se profile (rébus et résolution de l’énigme aux trombones / bassons majestueux)
L’immense clameur d’espérance surgit et se renforce , puis la paix se profile (1h16mn), l’éternité répond (fanfare à 1h17mn43)…

Enfin le chœur (1h20mn04) murmurant énonce la délivrance et la béatitude espérée… Par la voix de la soprano (Kate Royal à 1h21mn49) -, enfin tout est exaucé, pardonné, permis : « Tu ressusciteras mon corps »
Ce à quoi Mahler répond par la voix de la mezzo (1h26mn57), dans un texte qui est de lui : « Ce à quoi tu as aspiré, est à toi / A toi ce que tu as aimé, ce que tu as conquis », sublime émancipation, ultime courage contre l’adversité… et réconfort pour les êtres doués d’une volonté supérieure (« Ce que tu as enduré te portera vers Dieu »). L’œuvre de compassion se réalise enfin par le cri du chœur qui droit aux côtés des deux anges intercesseurs, élève le pêcheur terrassé.

Le Paradis est donc au bout du chemin. Mais avant, … quelles épreuves et quel découragement, quelles angoisses et quelles paniques faut-il éprouver. Le grand bain orchestral, forge et matrice exutoires nous le font entendre, dans un fracas expressif que la direction d’Alexandre Bloch enveloppe d’une tension toute humaine, et même dans sa résolution progressive (au sein du Finale bouleversant), fraternelle et si naturellement familière.

 
 
 

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Solistes au verbe incarné, chœur déchirant, machine orchestrale en métamorphose, chef soucieux des équilibres, et surtout de l’intelligibilité du texte final… l’expérience aux dimensions colossales a passé et révélé sa couleur et sa vibration humaine. Jusqu’au carillon ultime, de délivrance et de lévitation d’un magnétisme inoubliable. C’est peu dire que Mahler fait partie des gènes de l’Orchestre lillois. Cette session nous le montre encore. Alexandre Bloch s’inscrit dans la lignée du mahlérien Jean-Claude Casadesus dont classiquenews avait distingué l’enregistrement de la 2è (Lire notre critique : Mahler : Symphonie n°2 (Jean-Claude Casadesus, Orchestre national de Lille, novembre 2015, 1 cd évidence classics) : http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-symphonie-n2-jean-claude-casadesus-orchestre-national-de-lille-novembre-2015-1-cd-evidence-classics/

Belle continuité entre les deux chefs et pour Alexandre Bloch la confirmation d’une sensibilité naturelle, convaincante qui annonce la suite de son cycle Mahler sous les meilleurs auspices…

Aucun doute, l’intégrale des 9 symphonies mahlériennes est bien l’événement orchestral de cette année. A suivre à Lille. Prochaine session, la 3è Symphonie, le 3 avril 2019 (programme intitulé « l’éveil du printemps ») : http://www.classiquenews.com/lille-onl-lintegrale-mahler-2019/

 
 
 

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Les indications de timing renvoient au direct live diffusé sur la chaîne YOU TUBE de l’ONL :
https://www.youtube.com/watch?v=guPAE1FX2Ds

 
 
 

VOIR la Symphonie n°2 de Mahler ” Résurrection “

https://youtu.be/guPAE1FX2Ds

 
 
   
 
 

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Symphonie n°2, « Résurrection » / Symphony No. 2, « Auferstehung » : Gustav Mahler

Direction : Alexandre Bloch
Soprano : Kate Royal
Mezzo-soprano : Christianne Stotijn
Chœur : Philharmonia Chorus
Chef de chœur : Gavin Carr

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

I. [Todtenfeier] Allegro maestoso. Mit durchaus ernstem und feierlichem Ausdruck [D’un bout à l’autre avec une expression grave et solennelle]
II. Andante moderato. Sehr gemächlich [Très modéré]
III. [Scherzo] In ruhig fliessender Bewegung [En un mouvement tranquille et coulant] – attacca
IV. « Urlicht » [Lumière originelle]. Sehr feierlich, aber schlicht [Très solennel, mais modeste]
V. Im Tempo des Scherzo. Wild herausfahrend [Dans le tempo du scherzo. Explosion sauvage]

Enregistré à l’Auditorium du Nouveau Siècle de Lille / France – 28 février 2019

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Plus d’images de la Résurrection par l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH sur le site
https://www.flickr.com/photos/onlille/sets/72157676883219187
Toutes les photos © Ugo PONTE ONL fev 2019

 
 
   
 
 

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(1) LIRE notre compte rendu critique de la Symphonie n°1 TITAN de Gustav Mahler, le 2 février 2018 par l’Orchestre national de Lille et Alexandre BLOCH, lancement de l’intégrale des 9 symphonies de Mahler à Lille 2019 – 2010 :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-nouveau-siecle-le-2-fevv-2019-mahler-symphonie-n1-titan-orch-national-de-lille-a-bloch/

 
 
   
 
   
 
 

LILLE, Orchestre National : La Résurrection de Gustav Mahler

LILLE : Alexandre Bloch poursuit son cycle Gustav MAHLER ! LILLE, demain, jeudi 28 fév 2019, 20h : La Résurrection vous est promise. Et si la Symphonie n°2 de Mahler, dite « Résurrection » était certes une odyssée orchestrale mais surtout une épopée spirituelle, dont le texte dit par les solistes et le chœurs jalonne le cheminement vers la lumière ?  C’est ce que nous révélera le chef ALEXANDRE BLOCH et l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, demain soir à LILLE (Auditorium du Nouveau Siècle) et en direct sur la chaine YOUTUBE de l’ONL Orchestre National de Lille. Concert événement.

  

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LILLE, Nouveau Siècle : La 2ème Symphonie de Mahler, le 28 février 2019. Et aussi en direct sur Youtube. 2è volet de l’épopée orchestrale majeure, portée par l’ONL Orchestre National de Lille… Après une Symphonie n°1, « Titan », mémorable, voici le déjà 2ème volet : la Symphonie n°2 dite « Résurrection » qui sollicite en plus de l’orchestre, le concours du chœur (adultes et enfants), deus voix féminines – alto et soprano, afin que se réalise cette ascension spirituelle du FInale où le salut est enfin promis au héros (et donc à l’auditeur). Pas facile de se confronter à une œuvre aussi colossale et dont le sens engage toutes les forces physiques autant que émotionnelles des interprètes.  
mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsUN CYCLE MAHLER événement… Du 29 janvier 2019 au 17 janvier 2020, Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille s’engagent pour une intégrale qui fera date, les 9 symphonies de Gustav Mahler. Odyssée autobiographique, cycle poétique et spirituel d’une exceptionnelle tension et expressivité… les 9 symphonies de Mahler renouvellent après Beethoven, le genre symphonique, empruntant aux mondes de l’opéra pour les opus qui sollicitent choeurs et solistes (Symphonies n°2 « Résurrection », n°4, n°8 des « Mille »). Directeur musical de l’ONL Orchestre, Alexandre Bloch nous offre un nouveau jalon de son intégrale mahlérienne, ce jeudi 28 février 2019

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CONCERT au Nouveau Siècle de LILLE
Et EN DIRECT SUR YOU TUBE

LILLE, Nouveau Siècle
Jeudi 28 février 2019, 20h

Orchestre National de Lille
Alexandre Bloch, direction
Gustav Mahler : 2ème symphonie « Résurrection ».

 RESERVEZ VOTRE PLACE

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En direct sur la chaîne YOUTUBE de l’Orchestre National de Lille / ONL
à partir de 20h
https://bit.ly/2Sjlo6M

Et pendant tout le cycle, jusqu’au 30 avril 2020, l’intégralité des 9 symphonies sera accessible la chaîne You Tube ONLille:
https://bit.ly/2Sjlo6M

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LIRE aussi notre annonce du concert SYMPHONIE n°2 de MAHLER
par l’Orchestre National de Lille – jeudi 28 février 2019
http://www.classiquenews.com/lille-lorchestre-national-joue-la-resurrection-de-mahler/

 
 
   

APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre présentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

 
 
 

VIDEO : présentation vidéo de la Symphonie n°2 Résurrection par Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw 

https://www.youtube.com/watch?v=ACFvSpBDXV0&feature=youtu.be

 

 

 

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Illustration : © Ugo Ponte / ONL – Orchestre National de Lille 2019

 

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9ème Symphonie de Gustav Mahler à l'Opéra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (été 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprète la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonorités étranges et familières, à la fois autobiographiques donc intérieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spécifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche très attendue des textures et étagements malhériens. A Saintes, lieu de résidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se réalise sur une partition majeure du … XXème siècle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immédiatement, ainsi au diapason d’une subjectivité à l’échelle du cosmos, établissent de nouvelles règles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son … en route pour la modernité complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXème siècle ! Concert incontournable. Grand reportage vidéo CLASSIQUENEWS.COM

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LILLE : l’Orchestre National joue la Symphonie Résurrection de Mahler

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, ONL. 28 fév 2019 : MAHLER : Résurrection. La Symphonie n°2 de Gustav Mahler est un prolongement naturel de la 9è de Beethoven : pour solistes et choeur, l’arche orchestrale exprime la vie restaurée, une rémission espérée, attendue ardemment par un compositeur qui nous invite à en parcourir tout le cheminement, de jalon en jalon, – à travers les 5 mouvements, explicités par le texte (écrit par Mahler lui-même) qui un hymne éperdu à la grâce divine, réconfortant le pèlerin, perdu, éprouvé sur la route de l’existence.
La partition est achevé en juin 1895 : Mahler l’a affinée comme chaque été, dans sa cabane de Steinbach, son fameux « Hauschen » (la cabane), le spectacle de la miraculeuse nature lui insufflant les germes de l’inspiration, comme le cri de 2 corneilles lui ont soufflé la mélodie du Finale : on ne saurait imaginer plus étroite connivence entre le créateur et la nature, les oiseaux.

 

 

 

BERLIN, 1895 : Symphonie de l’élévation
L’ivresse des hauteurs après l’Apocalypse

 

 

 

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsC’est l’époque où Mahler rencontre Brahms puis à Bayreuth à l’invitation de Cosima, assiste au représentation de Parsifal, Lohengrin, Tannhäuser (sous la direction de Richard Strauss). L’orchestration du Finale de la Symphonie Résurrection est réalisée dans ce contexte musical. L’ouvrage est créé à ses frais et dans son intégralité à Berlin le 13 décembre 1895. Pour se faire il choisit lui-même la cloche qui doit résonner dans le dernier mouvement, celui de libération et d’apothéose dans la lumière. Le public boude le concert et il a fallu distribuer des billets gratuitement pour remplir la salle. Musiciens et élèves du conservatoire assistent médusés au Finale, le chant de l’oiseau de la mort qui plane, puis les premiers murmures du chœur final en sa sublime prière ultime, vraie élévation, de la terre au paradis. Ainsi les épreuves passées sont le tremplin au salut, le passage vers l’éternité bienheureuse.
Si les spectateurs sont touchés, les critiques fustigent en général une écriture pompeuse, grandoliquente qui manque de personnalité, empruntant trop aux anciens Meyerbeer et Wagner en tête. Les contrastes « durs », les vertiges spectaculaires déconcertent et même agacent une bonne partie des soit disants spécialistes…lesquels ne détectent pas la modernité d’une écriture dont ils dénoncent la « fausse nouveauté ». Rare, Humperdinck, que Mahler avait invité, adresse au compositeur, une lettre admirative.

Itinéraire de la Symphonie n°2 « Résurrection »
Mahler a laissé un texte qui explique le sens de sa symphonie de 1895. On peut y retrouver les élans et passions qui ont inspiré sa symphonie n°1 Titan. Le premier mouvement évoque les funérailles du héros qui s’est battu – il évoque son bonheur terrestre (2è mouvement), mais aussi l’incrédulité et l’esprit de négation qui l’ont saisi jusqu’à douter de tout même de Dieu (Scherzo). Mais l’espoir revient (4è mouvement). Et le Finale (5è et dernier mouvement) décide de son sort car il évoque avec terreur et vertige l’Apocalypse, les déchus et les damnés qui hurlent, la chute de tous les hommes trop corrompus et lâches… (fracas et cri des cuivres) ; puis dans le silence, se précise le chant de l’oiseau (le rossignol porteur de la vie terrestre) et le chœur des anges qui chante l’ivresse salvatrice de la résurrection (« tu ressusciteras! ») : l’amour submerge le cœur des élus et des méritants ; le bonheur éternel apparaît comme une porte céleste attendue, espérée.

Portés par le cycle des 9 symphonies de Mahler, amorcé au début de ce mois de février par la Symphonie n°1 Titan (LIRE notre critique / concert du 1er février 2019), Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille relisent avec une rare ardeur, l’écriture de Mahler, génie symphonique du XXè. Cet unique concert le dernier soir de février 2019 s’annonce comme un nouveau jalon majeur du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch. 2è volet du cycle Mahler à Lille, incontournable.

LILLE, Nouveau Siècleboutonreservation
Jeudi 28 février 2019, 20h

MAHLER : Symphonie n°2 « Résurection »
Miah Persson, soprano / Christianna Stotijn, mezzo-soprano
Orchestre National de Lille
Philharmonia Chorus
Alexandre Bloch, direction

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/

A 18h45, rencontre mahlérienne insolite
entrée libre muni du billet du concert de 20h

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LIRE AUSSI notre présentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9ème Symphonie de Gustav Mahler à l'Opéra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (été 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprète la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonorités étranges et familières, à la fois autobiographiques donc intérieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spécifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche très attendue des textures et étagements malhériens. A Saintes, lieu de résidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se réalise sur une partition majeure du … XXème siècle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immédiatement, ainsi au diapason d’une subjectivité à l’échelle du cosmos, établissent de nouvelles règles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son … en route pour la modernité complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXème siècle ! Concert incontournable. Grand reportage vidéo CLASSIQUENEWS.COM

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LILLE, ONL. 28 fév 2019 : MAHLER : Résurrection. Suite du cycle Mahler par l’ONL : La Symphonie n°2 de Gustav Mahler@CLASSIQUENEWS

LILLE : l’Orchestre National joue la Résurrection de Mahler

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, ONL. 28 fév 2019 : MAHLER : Résurrection. La Symphonie n°2 de Gustav Mahler est un prolongement naturel de la 9è de Beethoven : pour solistes et choeur, l’arche orchestrale exprime la vie restaurée, une rémission espérée, attendue ardemment par un compositeur qui nous invite à en parcourir tout le cheminement, de jalon en jalon, – à travers les 5 mouvements, explicités par le texte (écrit par Mahler lui-même) qui un hymne éperdu à la grâce divine, réconfortant le pèlerin, perdu, éprouvé sur la route de l’existence.
La partition est achevé en juin 1895 : Mahler l’a affinée comme chaque été, dans sa cabane de Steinbach, son fameux « Hauschen » (la cabane), le spectacle de la miraculeuse nature lui insufflant les germes de l’inspiration, comme le cri de 2 corneilles lui ont soufflé la mélodie du Finale : on ne saurait imaginer plus étroite connivence entre le créateur et la nature, les oiseaux.

BERLIN, 1895 : Symphonie de l’élévation
L’ivresse des hauteurs après l’Apocalypse

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsC’est l’époque où Mahler rencontre Brahms puis à Bayreuth à l’invitation de Cosima, assiste au représentation de Parsifal, Lohengrin, Tannhäuser (sous la direction de Richard Strauss). L’orchestration du Finale de la Symphonie Résurrection est réalisée dans ce contexte musical. L’ouvrage est créé à ses frais et dans son intégralité à Berlin le 13 décembre 1895. Pour se faire il choisit lui-même la cloche qui doit résonner dans le dernier mouvement, celui de libération et d’apothéose dans la lumière. Le public boude le concert et il a fallu distribuer des billets gratuitement pour remplir la salle. Musiciens et élèves du conservatoire assistent médusés au Finale, le chant de l’oiseau de la mort qui plane, puis les premiers murmures du chœur final en sa sublime prière ultime, vraie élévation, de la terre au paradis. Ainsi les épreuves passées sont le tremplin au salut, le passage vers l’éternité bienheureuse.
Si les spectateurs sont touchés, les critiques fustigent en général une écriture pompeuse, grandoliquente qui manque de personnalité, empruntant trop aux anciens Meyerbeer et Wagner en tête. Les contrastes « durs », les vertiges spectaculaires déconcertent et même agacent une bonne partie des soit disants spécialistes…lesquels ne détectent pas la modernité d’une écriture dont ils dénoncent la « fausse nouveauté ». Rare, Humperdinck, que Mahler avait invité, adresse au compositeur, une lettre admirative.

Itinéraire de la Symphonie n°2 « Résurrection »
Mahler a laissé un texte qui explique le sens de sa symphonie de 1895. On peut y retrouver les élans et passions qui ont inspiré sa symphonie n°1 Titan. Le premier mouvement évoque les funérailles du héros qui s’est battu – il évoque son bonheur terrestre (2è mouvement), mais aussi l’incrédulité et l’esprit de négation qui l’ont saisi jusqu’à douter de tout même de Dieu (Scherzo). Mais l’espoir revient (4è mouvement). Et le Finale (5è et dernier mouvement) décide de son sort car il évoque avec terreur et vertige l’Apocalypse, les déchus et les damnés qui hurlent, la chute de tous les hommes trop corrompus et lâches… (fracas et cri des cuivres) ; puis dans le silence, se précise le chant de l’oiseau (le rossignol porteur de la vie terrestre) et le chœur des anges qui chante l’ivresse salvatrice de la résurrection (« tu ressusciteras! ») : l’amour submerge le cœur des élus et des méritants ; le bonheur éternel apparaît comme une porte céleste attendue, espérée.

Portés par le cycle des 9 symphonies de Mahler, amorcé au début de ce mois de février par la Symphonie n°1 Titan (LIRE notre critique / concert du 1er février 2019), Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille relisent avec une rare ardeur, l’écriture de Mahler, génie symphonique du XXè. Cet unique concert le dernier soir de février 2019 s’annonce comme un nouveau jalon majeur du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch. 2è volet du cycle Mahler à Lille, incontournable.

 

 

 

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LILLE, Nouveau Siècleboutonreservation
Jeudi 28 février 2019, 20h

MAHLER : Symphonie n°2 « Résurection »
Kate Royal, soprano / Christianna Stotijn, mezzo-soprano
Orchestre National de Lille
Philharmonia Chorus
Alexandre Bloch, direction

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/

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A 18h45, rencontre mahlérienne insolite
entrée libre muni du billet du concert de 20h

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APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre présentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9ème Symphonie de Gustav Mahler à l'Opéra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (été 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprète la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonorités étranges et familières, à la fois autobiographiques donc intérieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spécifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche très attendue des textures et étagements malhériens. A Saintes, lieu de résidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se réalise sur une partition majeure du … XXème siècle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immédiatement, ainsi au diapason d’une subjectivité à l’échelle du cosmos, établissent de nouvelles règles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son … en route pour la modernité complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXème siècle ! Concert incontournable. Grand reportage vidéo CLASSIQUENEWS.COM

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La Résurrection de NEUKOMM, Le Couronnement de MOZART

COURONNEMENT et RÉSURRECTION à TOURCOING et VERSAILLESTOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme réjouissant, célébratif, et d’une rare élégance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumière et d’une certitude à toute épreuve : composée en 1779, elle fait partie des partitions sacrées avec le Requiem (lui inachevé) que Mozart nous laisse en héritage, – emblèmes de son étonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la Résurrection de Neukomm qui fut le grand défenseur de Mozart après sa mort (en 1791donc), et le créateur de nombre de ses œuvres dans le Nouveau Monde et jusqu’au Brésil.  Son oratorio prolonge le raffinement et le dramatisme de Mozart jusque dans la premier tiers du XIXè romantique …

 

 



MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriLa Messe du couronnement célèbre la consécration politique de l’empereur du Saint Empire Germanique Leopold II comme roi de Bohème, qui eut lieu à Prague en 1791. Pourtant Mozart l’écrit 12 ans plus tôt en 1779. La partition est choisie par Salieri, alors maître de chapelle de la Cour, qui la dirige pour cette occasion royale. La Messe témoigne de la maturité de Wolfgang au début des années 1780 – ampleur de la conception esthétique et orchestrale : le cadre classique et formel y implose par le souffle nouveau dévolu à l’orchestre ; Mozart est passé par Mannheim, et ses formidables symphonistes.  Dans l’Agnus Dei, le début du solo de soprano préfigure déjà la mélancolie ineffable de la Comtesse (« Dove sono i bei momenti ») de l’opéra Les Noces de Figaro, écrit 7 ans plus tard.

 

 

neukomm-sigismond-compositeur-portrait-par-classiquenewsLa Résurrection de Sigismund Neukomm est une création mondiale car jamais jouée en France. Elle a été créée à Londres en 1828, et jouée une seule fois avec 3 solistes, un chœur, suivant le même plan que l’oratorio de Haendel, La Resurrezione (écrit en 1708). Avant Tourcoing et Versailles en janvier 2019, la partition oubliée de Neukomm, a été créée au Québec (LIRE ici notre critique du concert MOZART et NEUKOMM, au festival CLASSICA de Saint-Lambert, en juin 2018) ; l’opus déploie une imagination entre Mozart et Weber, mêlant raffinement instrumental et souffle de l’orchestre, tout en citant en plusieurs séquences l’opéra romantique allemand à l’époque de Neukomm.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit ainsi le travail du regretté Jean Claude Malgoire qui s’est efforcé il y a longtemps déjà, de raviver la mémoire de Neukomm, français d’adoption né à Salzbourg, élève de Michael et Joseph Haydn, compositeur de près de 2000 œuvres pour la plupart conservées à la Bibliothèque Nationale de France… C’est d’ailleurs à la BNF que JC Malgoire le défricheur, jamais en reste d’une pépite oubliée, a découvert la partition de La Résurrection.

Le concert répond à la demande du Château de Versailles qui est  demeuré sous le charme de Sigismund Neukomm depuis que la Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI a été donnée à la Chapelle Royale. Dans La Résurrection, même prééminence dévolue au chœur, qui commente ce qui est évoqué par les chanteurs solistes. Voici l’un des chef-d’œuvres de Neukomm. Révélation à suivre.

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CONCERT MOZART / NEUKOMM
Messe du couronnement / La Résurrection

 

 

Vendredi 11 janvier 2019  à 20hboutonreservation
TOURCOING Théâtre Municipal R. Devos

 

 

Dimanche 13 janvier 2019 à 16h
VERSAILLES Chapelle Royaleboutonreservation

 

 

dès 8 ans – 1h30
LATIN/ALLEMAND

 

 

MESSE DU COURONNEMENT
Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
en ut majeur KV 317
créée le 23 mars 1779

LA RESURRECTION
Sigismund Neukomm(1778-1858)
oratorio – achevé d’écrire à Paris le 29 décembre 1828

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Laetitia Grimaldi, soprano
Pauline Sabatier, mezzo (Mozart)
Antoine Bélanger, ténor
Marc Boucher, baryton

Chœur de Chambre de Namur
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Leonardo Garcia Alarcon
Coproduction Festival Classica (Saint Lambert, Canada)

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LIRE aussi notre critique du concert MOZART / NEUKOMM donné à Boucherville, Québec, le 5 juin 2018 :

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (Québec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La Résurection, récréation). Temps fort de la 8è édition du Festival CLASSICA au Québec, le concert « fermé », dans l’église très élégante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait être dirigé par le chef Jean-Claude Malgoire, décédé brutalement en avril dernier, si grand artiste passionné par le défrichement et qui continue de marquer la redécouverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait déjà la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevée par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermétique aux excès expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutôt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au Brésil (lors d’un fameux séjour transatlantique réalisé de 1816 à 1821 : la célèbre mission française au Brésil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut élève de Michael Haydn, avant de servir à Vienne, son frère Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son métier, partageant avec le concepteur de la Création (1799), ce goût pour le travail élégant, mesuré, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven révolutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goût et l’esprit des Lumières avec un équilibre aristocratique. LIRE la critique du concert dans son intégralité

 

  

  

 

TOURCOING. La Résurrection de Neukomm, le Couronnement de Mozart

COURONNEMENT et RÉSURRECTION à TOURCOING et VERSAILLESTOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme réjouissant, célébratif, et d’une rare élégance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumière et d’une certitude à toute épreuve : composée en 1779, elle fait partie des partitions sacrées avec le Requiem (lui inachevé) que Mozart nous laisse en héritage, – emblèmes de son étonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la Résurrection de Neukomm qui fut le grand défenseur de Mozart après sa mort (en 1791donc), et le créateur de nombre de ses œuvres dans le Nouveau Monde et jusqu’au Brésil.  Son oratorio prolonge le raffinement et le dramatisme de Mozart jusque dans la premier tiers du XIXè romantique …

 

 



MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriLa Messe du couronnement célèbre la consécration politique de l’empereur du Saint Empire Germanique Leopold II comme roi de Bohème, qui eut lieu à Prague en 1791. Pourtant Mozart l’écrit 12 ans plus tôt en 1779. La partition est choisie par Salieri, alors maître de chapelle de la Cour, qui la dirige pour cette occasion royale. La Messe témoigne de la maturité de Wolfgang au début des années 1780 – ampleur de la conception esthétique et orchestrale : le cadre classique et formel y implose par le souffle nouveau dévolu à l’orchestre ; Mozart est passé par Mannheim, et ses formidables symphonistes.  Dans l’Agnus Dei, le début du solo de soprano préfigure déjà la mélancolie ineffable de la Comtesse (« Dove sono i bei momenti ») de l’opéra Les Noces de Figaro, écrit 7 ans plus tard.

neukomm-sigismond-compositeur-portrait-par-classiquenewsLa Résurrection de Sigismund Neukomm est une création mondiale car jamais jouée en France. Elle a été créée à Londres en 1828, et jouée une seule fois avec 3 solistes, un chœur, suivant le même plan que l’oratorio de Haendel, La Resurrezione (écrit en 1708). Avant Tourcoing et Versailles en janvier 2019, la partition oubliée de Neukomm, a été créée au Québec (LIRE ici notre critique du concert MOZART et NEUKOMM, au festival CLASSICA de Saint-Lambert, en juin 2018) ; l’opus déploie une imagination entre Mozart et Weber, mêlant raffinement instrumental et souffle de l’orchestre, tout en citant en plusieurs séquences l’opéra romantique allemand à l’époque de Neukomm.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit ainsi le travail du regretté Jean Claude Malgoire qui s’est efforcé il y a longtemps déjà, de raviver la mémoire de Neukomm, français d’adoption né à Salzbourg, élève de Michael et Joseph Haydn, compositeur de près de 2000 œuvres pour la plupart conservées à la Bibliothèque Nationale de France… C’est d’ailleurs à la BNF que JC Malgoire le défricheur, jamais en reste d’une pépite oubliée, a découvert la partition de La Résurrection.

Le concert répond à la demande du Château de Versailles qui est  demeuré sous le charme de Sigismund Neukomm depuis que la Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI a été donnée à la Chapelle Royale. Dans La Résurrection, même prééminence dévolue au chœur, qui commente ce qui est évoqué par les chanteurs solistes. Voici l’un des chef-d’œuvres de Neukomm. Révélation à suivre.

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CONCERT MOZART / NEUKOMM
Messe du couronnement / La Résurrection

Vendredi 11 janvier 2019  à 20hboutonreservation
TOURCOING Théâtre Municipal R. Devos

 

 

Dimanche 13 janvier 2019 à 16h
VERSAILLES Chapelle Royaleboutonreservation

 

 

dès 8 ans – 1h30
LATIN/ALLEMAND

 

 

MESSE DU COURONNEMENT
Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
en ut majeur KV 317
créée le 23 mars 1779

LA RESURRECTION
Sigismund Neukomm(1778-1858)
oratorio – achevé d’écrire à Paris le 29 décembre 1828

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Laetitia Grimaldi, soprano
Pauline Sabatier, mezzo (Mozart)
Antoine Bélanger, ténor
Marc Boucher, baryton

Chœur de Chambre de Namur
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Leonardo Garcia Alarcon
Coproduction Festival Classica (Saint Lambert, Canada)

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LIRE aussi notre critique du concert MOZART / NEUKOMM donné à Boucherville, Québec, le 5 juin 2018 :

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (Québec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La Résurection, récréation). Temps fort de la 8è édition du Festival CLASSICA au Québec, le concert « fermé », dans l’église très élégante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait être dirigé par le chef Jean-Claude Malgoire, décédé brutalement en avril dernier, si grand artiste passionné par le défrichement et qui continue de marquer la redécouverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait déjà la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevée par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermétique aux excès expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutôt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au Brésil (lors d’un fameux séjour transatlantique réalisé de 1816 à 1821 : la célèbre mission française au Brésil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut élève de Michael Haydn, avant de servir à Vienne, son frère Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son métier, partageant avec le concepteur de la Création (1799), ce goût pour le travail élégant, mesuré, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven révolutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goût et l’esprit des Lumières avec un équilibre aristocratique. LIRE la critique du concert dans son intégralité

Oratorio de Pâques de Jean Sébastien Bach (BWV 249)

bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Jean-Sébastien Bach : Oratorio de Pâques BWV 249. Comme à l’accoutumée, s’agissant de Bach, l’Oratorio de Pâques tel que nous le connaissons actuellement, et tel qu’il est joué par les ensembles les plus informés, regroupe plusieurs partitions sur le thème pascal qui remonte à plusieurs époques, certains opus étant réécrits, modifiés selon l’idéal esthétique du compositeur, selon aussi les effectifs à sa disposition au moment de la commande. La première version remonte à 1725 pour les célébrations pascales, en particulier pour le Dimanche de Pâques. Bach recycle une cantate de voeux (donc originellement profane) de février 1725 dédié à l’anniversaire de son patron, le Duc Christian de Saxe-Weissenfels (Entfliet verschwindet, entweichet ihr Sorgen, BWV 249a). Puis il en déduit une nouvelle célébration, d’essence sacrée: Kommt, eilet und laufet, ihr flüchtigen Füsse … (BWV 249), cantate célébrant la dévotion de la feria I de Pâques au 1er avril 1725.

Christ est ressuscité !Puis dans un nouveau texte de Picander, la même cantate sert une nouvelle célébration profane en août 1726 pour l’anniversaire de son autre mécène le Comte Joachim Freidrich von Flemming (BWV 249b). Pour livrer une nouvelle musique pascale, Bach recycle entre 1732 et 1735, les partitions déjà écrites et intitule le nouveau cycle “oratorium”. Comme pour la Messe en si mineur, il s’agit grâce au génie synthétique dont il est capable, de combiner des éléments épars en une totalité dont la cohérence et l’architecture nous stupéfient. Soucieux d’unité, le compositeur reprend encore son ouvrage après 1740, et fixe désormais ce que nous connaissons sous le nom d’Oratorio de Pâques.

Oratorio en 11 numéros

Plan en 10 numéros/épisodes
Véritable opéra sacré, l’Oratorio de Pâques de JS Bach saisit par la maîtrise des contrastes, l’absolu génie des réemplois et aussi, le raffinement d’une grande culture musicale qui utilise selon un plan dramaturgique éblouissant, les styles italiens et français.

N°1 à 3. Au début, les 3 premiers numéros (Sinfonia avec flûtes et hautbois d’amour, Adagio, Chorus) composent un triptyque d’ouverture selon le schéma d’un concerto italien (vif, lent, vif), avec une même tonalité de ré majeur) pour unifier le cycle pour les volets 1 et 3. Dans ce dernier épisode, le texte convoque les fidèles qui pressent le pas vers la sépulture de Jésus.
Le n°4 fait paraître les 4 solistes, sombres et graves, qui se retrouvent près du tombeau : Maria Jacobi (soprano), Maria Magdalena (alto), Petrus (ténor), Johannes (basse). Se détache surtout l’aria adagio en si mineur (avec traverso) de Maria Magdalena dans laquelle la chanteuse invite à renoncer aux parfums et onguents de l’embaumement pour choisir les lauriers, annonciateurs de la victoire du Christ ressuscité (n°5).
CHRIST-endormi-programmes-brava-hd-noel-2015-582-390N°6-7 : surviennent Petrus et Johannes qui découvrent la tombe vide et la pierre déplacée. Maria Magdalena précise alors qu’un ange est venu annoncer la Résurrection du Sauveur. Ainsi Petrus (ténor, en sol majeur) adopte le calme serein d’une bourrée pour exprimer avec les flûtes à bec, la profonde certitude de la paix intérieure, après la proclamation du Miracle christique. N°8 à 10 : les airs des deux Marie basculent dans l’arioso, portés par l’impatience de revoir Jésus : tendre et compatissante, Maria Magadalena se demande où le Christ lui apparaîtra (air en la majeur, avec hautbois d’amour sur rythme de gavotte). Tandis que Johannes invite chacun à se réjouir. Jean-Sébastien Bach conclut par un chœur de réjouissance (n°11) où l’éclat des trompettes dit la réalisation de la transfiguration finale. Le dernier épisode suit un plan en deux parties : format et esprit français et d’une élégance haendélienne tout d’abord ; puis gigue fuguée d’une ivresse collective irrésistible.

Gustav Mahler : Symphonie n°2 ” Résurrection ” (Kubelik)

mahler_profilCréée en 1895, la seconde symphonie de Mahler, aura demandé pas moins de six années pour être affinée et mise au propre. L’activité du compositeur est réduite à mesure que les responsabilités du musicien comme chef principal de l’Opéra de Leipzig lui demandent travail et concentration.
Au terme d’une gestation difficile et allongée, la Deuxième est un pélerinage vécu par le croyant, au préalable soumis à des forces titanesques qui le dépassent totalement. L’expérience des souffrances l’amène à un effondrement des forces vitales, ce qu’exprime le premier mouvement. Aucune issue n’est possible. Une solitude errante (hautbois), et même meurtrie. Mais l’homme se relève dans l’Andante qui fait suite : pause, regain de vitalité, et aussi, reprise du souffle. Le vrai combat n’est peut-être pas tant dans l’apparente représentation spectaculaire d’un vaste paysage à la démesure cosmique que bel et bien dans l’esprit du héros, en proie à mille pensées contradictoires, amères et suicidaires. C’est pourtant de la résolution d’un conflit personnel, du compositeur face à lui-même que jaillit la révélation de la fin : la carrière vécue comme une tragédie suscite ses propres sources de régénération grâce à une ferveur quasi mystique qui se dévoile pleinement dans les paysages célestes du dernier mouvement.

Fidèle à lui même, Kubelik s’impose par son recul et cette distanciation épique, un souffle grandiose et tragique dont il enveloppe en un geste précis et élégant, les développements de l’orchestre symphonique de la Radio Bavaroise, et aussi du choeur de la Radio Bavaroise dans le final. Cependant, la somptuosité des couleurs, surtout l’oxygénation qu’il trouve aux moments justes, en particulier dans l’Andante et plus encore dans l’activité dansée et nerveuse du Scherzo, qui est ce moment de pause et de repli, celui d’une conscience retrouvée, d’autant plus significatifs après le premier mouvement tendus par le ressentiment tragique, annule tout effet de pesanteur et de grandiloquence.
Les cordes fouillent les accents amers, relancent aussi les grimaces aigres que le héros ne parvient pas à écarter totalement.
Mais la Symphonie Résurrection, porte en elle cette aspiration à la sérénité et aussi à la plénitude. C’est bien au final du côté d’un accomplissement que la baguette du chef indique la direction.
L’Ulricht de Brigitte Fassbaender recueille toutes les souffrances vécues, assumées. La voix exprime et les épreuves passées et les attentes à l’oeuvre. Enfin, l’ultime et cinquième mouvement laisse s’épanouir en une déflagration cosmique la manifestation du ciel. Le croyant n’aura ni souffert ni vécu en vain : les paradis éthérés lui sont désormais ouverts.