SCEAUX, La Schubertiade de Sceaux 2019 : 6 concerts, 12 oct 2019 – 25 avril 2020.

sceaux-schubertiade-pave-19-20SCEAUX, La Schubertiade de Sceaux 2019 : 12 oct 2019 – 25 avril 2020. La Ville de Sceaux reprend sa superbe sĂ©rie de musique de chambre, la bien nommĂ©e « Schubertiade de Sceaux » grĂące Ă  l’initiative d’Elisabeth Atanassov et du pianiste Pierre-Kaloyann Atanassov qui assure la direction artistique du cycle musical. Pour la nouvelle saison 2019 – 2020, 6 concerts sont annoncĂ©s, selon le rituel dĂ©sormais identifiĂ© par les trĂšs nombreux spectateurs : chaque samedi, Ă  17h30, Ă  l’HĂŽtel de Ville de Sceaux. Heureuse initiative oĂč le concert classique fait partie des meubles du cadre municipal. VoilĂ  un cas exemplaire de culture intĂ©grĂ©e, l’emblĂšme d’une gestion rĂ©ussie qui place l’art et la musique au cƓur de la vie citoyenne, pour l’éducation et la sensibilitĂ©, l’esthĂ©tique et le partage des citoyens.

sceaux la schubertiade de sceaux hotel de ville saison sur classiquenewsD’octobre 2019 Ă  avril 2020, l’art de la conversation en musique prend des formes diverses mais avec en fil rouge, toujours dans le respect de la Schubertiade, une partition au moins de Franz Schubert dans chaque programme
 cette saison, Schubert est mis en regard avec la musique française, de Chausson, Bizet, Saint-SaĂ«ns, Franck Ă  Ravel, Boulanger, Satie
 Souhaitons que la nouvelle affiche nous rĂ©serve d’aussi superbes surprises et rĂ©vĂ©lations que celles de l’an dernier (saison 1) avec entre autres, l’accomplissement du jeune Quatuor Elmire, remarquable phalange alliant Ă©loquence, finesse, intĂ©rioritĂ©.

La nouvelle saison met Ă  l’honneur le rĂ©cital solo (piano, avec Muza RubackytĂ©), l’engagement des formations en quatuor (HermĂšs et Taurus), et bien sĂ»r le jeu collectif, gage d’écoute et de partage (entre les musiciens, avec le public). Parrain du Festival, FrĂ©dĂ©ric LodĂ©on prĂ©sentera le concert du 7 dĂ©cembre 2019 (RĂ©cital du Trio Atanassov), un Ă©vĂ©nement au sein de la nouvelle programmation car les 3 instrumentistes du Trio Atanassov y prĂ©senteront leur nouveau disque “Chic Ă  la française” (Ă©ditĂ© Ă  l’automne 2019 par le label PARATY / Debussy, Hersant, Ravel). NouveautĂ© : double programme le 18 janvier 2020 : Ă  17h30, concert habituel ; et Ă  15h, « Bout’Schub », spectacle musical pour les enfants et leurs parents, inspirĂ© des contes de Ma MĂšre l’Oye de Maurice Ravel, sommet d’élĂ©gance et de raffinement poĂ©tique (ici jouĂ© Ă  2 pianos)


 

 

 
 

 

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saison 2019 – 2020
La Schubertiade de Sceaux
6 concerts

 

 

 

Samedi 12 octobre 2019
Stéphanie-Marie Degand (violon) et Christie Julien (piano)
Made in Franz (1)
Schubert : Fantaisie en ut D. 934
Saint-Saëns : Introduction et rondo capriccioso
Franck : Sonate
Ravel : Tzigane

 

 

 

Samedi 16 novembre 2019
Muza Rubackyté, piano
Les deux Franz : Schubert / Liszt
Schubert : Impromptu op. 90 n°3 ; Schubert/Liszt : SoirĂ©es de Vienne Valse Caprice n°6, sept Lieder ; Liszt : PremiĂšre annĂ©e de pĂšlerinage (Suisse) 

 

 

Samedi 7 décembre 2019
Présentation Frédéric Lodéon
Trio Atanassov, Manuel Vioque-Judde‹et BenoĂźt Levesque – ‹Made in Franz (2)
Perceval Gilles (violon), Sarah Sultan (violoncelle), Pierre-Kaloyann Atanassov (piano), Manuel Vioque-Judde (alto) et BenoĂźt Levesque (contrebasse)
Debussy : trio
Ernest Chausson : piĂšce op. 39 pour violoncelle et piano
Lili Boulanger : D’un matin de printemps
Schubert : quintette La truite D. 667

PrĂ©sentation du nouveau CD “Chic Ă  la française” par le Trio Atanassov (1 cd PARATY, parution annoncĂ©e : automne 2019).

 

 

 

Samedi 18 janvier 2020

15h
Bout’Schub
Spectacle musical Les contes de Ma mùre l’Oye
Ă  destination des enfants (dĂšs 6 ans).
En 1910, Maurice Ravel Ă©crit cette suite enfantine pour les enfants de ses amis. Elle tĂ©moigne du goĂ»t du musicien pour une thĂ©matique enfantine que l’on retrouvera plus tard dans L’Enfant et les SortilĂšges. Les contes qui l’ont inspirĂ© seront lus par un jeune lecteur scĂ©en. Un goĂ»ter sera proposĂ© en fin de spectacle.
Par Pierre-Kaloyann Atanassov et François Pinel,
piano à quatre mains, durée 45 minutes.

17h30
Made in Franz (3)
Alain PlanĂšs (piano) et ses anciens Ă©lĂšves du CNSM de Paris
Natacha Kudritskaya, Simon Zaoui, François Pinel et Pierre-Kaloyann Atanassov
Schubert : Variations D. 813 et D. 624, Rondo D. 951
Bizet : jeux d’enfants (extraits)
Fauré : Dolly (extraits)
Ravel : Rapsodie espagnole
Satie : morceaux en forme de poire

 

 

 

Samedi 29 février 2020
Quatuor HermĂšs
Omer Bouchez (violon), Elise Liu (violon), Yung-Hsin Lou Chang (alto) et Anthony Kondo (violoncelle)
Haydn : quatuor op. 20 n°4 ; Janáček : quatuor n°2 “lettres intimes” ; Schubert : quatuor “la jeune fille et la mort”

Samedi 25 avril 2020
Quatuor Taurus et Ronald Van Spaendonck
Wietse Beels (violon), Liesbeth Baelus (violon), Vincent Hepp (alto), Martijn Vink (violoncelle) et Ronald Van Spaendonck (clarinette)
Beethoven : Quatuor n°12 op. 127 ; Brahms : quintette avec clarinette
 

 

  

 

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RESERVATIONS et INFOS
sur le site de La Schubertiade de Sceaux

Tarifs pour un concert
Tarif plein : 31 euros (1Úre catégorie) / 28 euros (placement libre)
Tarif réduit * : 20 euros (placement libre)
Tarif enfant (de 7 Ă  14 ans) : 10 euros
Pass six concerts
- Tarif plein : 138 euros (soit 23 euros par concert)
- Tarif réduit * : 90 euros (soit 15 euros par concert)
- Tarif enfant : 30 euros (soit 5 euros par concert)

* Ă©tudiants de moins de 25 ans, handicapĂ©s, demandeurs d’emploi, Ă©lĂšves des conservatoires de musique
 
Bout’Schub
- Enfants et adultes accompagnants : 5 euros – Adultes sans enfant : 10 euros

La SCHUBERTIADE DE SCEAUX
60 rue des ChĂ©neaux – 92330 Sceaux
Renseignements : 06 72 83 41 86
schubertiadesceaux@orange.fr
RĂ©servations : schubertiadesceaux.fr
Point de vente Ă  Sceaux : Artelia Imprimerie
8 avenue de la gare – 01 41 13 74 44 (face Ă  la gare RER Robinson)
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CD. Onslow : 3 Quatuors opus 8 et 10. Quatuor Ruggieri (1 cd Aparté)

onslow quatuors par les ruggeri quatuors 8 et 10 AP105-cover-1024x1015CD, compte rendu critique. Onslow : Quatuors. Quatuor Ruggieri (1 cd ApartĂ©). Ils n’ont pas chĂŽmĂ© les Ruggieri (tous instrumentistes transfuges des Talens Lyriques) : enregistrĂ©s en janvier 2015 Ă  Paris, voici quelques mois plus tard, l’enregistrement des 3 Quatuors de George Onslow, le “Beethoven français” : en vĂ©ritĂ© le Français rĂ©alise une trĂšs habile synthĂšse entre les Viennois : Mozart, Haydn, Beethoven et aussi des Ă©lĂ©ments proprement français. Les Quatuors opus 8 (n°1 et 3, le Quatuor opus 10 n°3 appartiennent encore Ă  la premiĂšre pĂ©riode du compositeur, emblĂšmes de son gĂ©nie de jeune autodidacte. L’Ă©lĂ©gance, la nervositĂ©, l’Ă©locution sombre et recueillie, parfois grave (l’Opus 8 n°1 en ut mineur) semble prolonger Haydn et Mozart, et dĂ©jĂ  par l’assise et le jeu entre tension et dĂ©tente, Beethoven en effet. Contrairement Ă  ce qui est dit et dĂ©veloppĂ© ici et lĂ  et jusque dans la notice du cd, Onslow s’inscrit d’emblĂ©e dans le romantisme. A torts on s’obstine Ă  le placer entre deux esthĂ©tiques : classique ou romantique ? Il EST romantique : ne serait-ce que pour deux raisons Ă©videntes : n’a-t-il pas inventer le scherzo romantique fiĂ©vreux et passionnel (avant Beethoven) ? N’a-t-il pas dĂ©montrer cette intention expressive liĂ©e Ă  un accident de vie personnelle dans le fameux Quintette de la balle, aprĂšs son accident de chasse qui faillit lui coĂ»ter le vie et prĂ©cipiter aussi la carriĂšre d’un auteur français majeur ?

 

 

 

Admirateur des Viennois, inventeur du Scherzo romantique

Onslow le romantique

Festivals Onslow Ă  Venise et Ă  Paris (avril, mai et juin 2015)NĂ© en 1784, alors Ă  l’Ă©poque de l’Ăąge d’or musical et lyrique sous le rĂšgne de Marie-Antoinette, Onslow produit ses premiĂšres piĂšces de musique de chambre dont il est une gĂ©nie Ă  redĂ©couvrir, sous l’influence direct des germaniques, Beethoven et aussi Schubert dont on retrouve le goĂ»t pour cette intĂ©rioritĂ© chantante qui fait jaillir l’Ă©loquence intacte de mĂ©lodies populaires (Ă©coutez comment l’auvergnat – par sa mĂšre- intĂšgre dans l’Opus 10, l’air de danse des montagnes d’Auvergne – Minuetto allegro, plage 7). Ce savant colorĂ© de candeur rustique fonde la singularitĂ© d’un compositeur plus introspectif que dĂ©monstratif, en cela vrai “frĂšre” de Franz (subtil et suggestif, si pudique adagio de l’ut mineur). Il faut absolument prĂ©senter Onslow tel un romantique (contemporain de Berlioz et Paganini et non ce maillon secondaire, perdu entre deux eaux (de fait intituler l’un des paragraphes du livret “vous avez dit classique ou romantique?” continue d’alimenter une vaine et inexacte polĂ©mique). Le programme le dĂ©montre clairement. La franchise et la profondeur remarquablement exprimĂ©es attestent de la maturitĂ© d’un maĂźtre compositeur.
D’autant que ce disque est dĂ©jĂ  le second dĂ©diĂ© Ă  Onslow. Le dĂ©but de l’Opus 10 n°3 fait entendre tout ce dont la prodigieuse science et le goĂ»t d’Onslow sont capable : une subtilitĂ© de ton et de passage entre le grave lugubre – Largo-, auquel rĂ©pond enchaĂźnĂ© un allegro des plus Ă©lĂ©gants, recyclant l’esprit viennois d’un Haydn (la facĂ©tie rythmique) et de Mozart (la structure harmonique) : cette profondeur et cette grĂące ne s’entendent que chez les plus grands : c’est pourquoi nous trouvons Onslow non pas tant BeethovĂ©nien que schubertien. Voici donc ce jalon essentiel chez les Français : Ă  ceux qui pensait que la France fut incapable de musique de chambre romantique durant la premiĂšre moitiĂ© du XIXĂš, rĂ©pondez Onslow ! Vous avez dĂ©sormais votre champion, auteur de prĂšs de 70 Quatuors et Quintettes Ă  cordes… enfin presque rĂ©habilitĂ©. La qualitĂ© des 3 Quatuors ici rĂ©vĂ©lĂ©s appellent urgement la redĂ©couverte de ses Symphonies. Pour autant Onslow demeure un compositeur qui se cache et que l’on joue avec parcimonie : alors qu’elle est publiĂ©e dĂšs 1807, sa musique n’est vraiment jouĂ©e Ă  Paris qu’en 1830, alors que l’Allemagne la goĂ»te et la savoure depuis les annĂ©es 1820. La France toujours retardataire Ă  reconnaĂźtre le talents de ses enfants.

 

 

 

Entre savant élégant et populaire rustique, Onslow trouve une voie idéale

Versatilité virtuose

 

CLICK_classiquenews_dec13L’Ă©nergie mordante et mĂȘme Ăąpre de l’Opus 8 n°3 se colore trĂšs vite d’une douceur enivrĂ©e, redevable elle aussi de cette bascule permanente entre gravitĂ© et insouciance, Ă  laquelle Onslow ajoute cette virtuositĂ© recherchĂ©e tant prisĂ©e par l’audience et qui fait aussi une particularitĂ© parisienne (virtuositĂ© des Quatuors concertants hĂ©ritĂ©s de Gossec.
Ces Quatuors de jeunesse (Opus 8,9,10) Ă©taient de toute Ă©vidence Ă  ressusciter. L’amateur compositeur, qui nĂ© aristocrate n’eut jamais Ă  travailler pour gagner et assurer sa pitance, put Ă©crire en toute libertĂ© : sa libertĂ© se lit ici dans la volubilitĂ© parfois imprĂ©visible et dĂ©routante aussi de la modalitĂ© et de l’itinĂ©raire tonal. Onslow nous donne sa singularitĂ© qui prĂ©pare au romantisme fantastique de Berlioz (1830 : Symphonie fantastique), telle une offrande originale et inclassable Ă  mĂ©diter. Ne serait-ce que parce qu’il fait Ă©voluer le scherzo d’un simple mouvement contrepointant le menuet chez Beethoven, vers une forme fiĂ©vreuse et trĂšs vive telle que nous le connaissons aujourd’hui, Onslow affirme son irrĂ©sistible tempĂ©rament de dĂ©fricheur et d’expĂ©rimentateur. GrĂące Ă  lui, la musique de chambre romantique peut se prĂ©valoir d’un niveau encore mĂ©connu, pourtant digne Ă©quivalent des Viennois et de Beethoven. MĂȘme s’il s’agit ici de la premiĂšre pĂ©riode du compositeur (opus 8, 9 et 10), les 3 Quatuors rĂ©unis et exhumĂ©s dans ce programme rĂ©vĂ©lateur, confirme la puissance d’une inspiration supĂ©rieure, d’une profondeur sincĂšre. Les Quatuors de l’Opus, marquent les dĂ©buts des cycles de musique de chambre Ă  Paris (1814) par le violoniste et ami Pierre Baillot auquel ils sont dĂ©diĂ©s. Cette alliance du rustique et de l’Ă©rudition atteste d’un grand maĂźtre dont il faudrait enregistrer les autres Quatuors de l’Opus 10 dont chaque partition intĂšgre avec gĂ©nie, un thĂšme populaire auvergnat. Cette attache provinciale n’attĂ©nue pas la qualitĂ© et la noblesse de l’inspiration : il l’enrichit de façon originale. La sensibilitĂ© frĂ©missante comme trĂšs caractĂ©risĂ©e des interprĂštes suscite le meilleur accueil : c’est donc un CLIC de classiquenews d’avril 2015.

 

 

Onslow : Quatuors (Opus 8, Opus 10). Quatuor Ruggieri (1 cd Aparté)Durée : 1h02mn.

 

 

 

George Onslow (1784-1853)
Quatuor Ruggieri

Quatuor à cordes op. 8 n° 1 en ut mineur / String Quartet in C minor

1. Largo / Allegro agitato
2. Adagio
3. Minuetto allegretto
4. Finale presto

Quatuor op. 10 n° 3 en mi bemol majeur / String Quartet in E-flat major‹(World Premiere)
5. Largo / Allegro con brio
6. Andantino sostenuto
7. Minuetto allegro (air de danse des montagnes d’Auvergne)
8. Allegro vivace

Quatuor op. 8 n° 3 en la majeur / String Quartet in A major (World Premiere)
9. Allegro
10. Andante non troppo lento
11. Minuetto allegro
12. Finale vivace

Quatuor Ruggieri
Gilone Gaubert-Jacques, violon/violin
Charlotte Grattard, violon/violin
Delphine Grimbert, alto/viola
Emmanuel Jacques, violoncelle/cello

 

 

 

Festivals Onslow Ă  Venise et Ă  Paris

onslow-george-france-romantismeVenise, festival George Onslow, du 11 avril au 21 mai 2015. A l’heure de l’essor lyrique, oĂč tous les compositeurs se vouent Ă  l’opĂ©ra pour y ĂȘtre reconnus, George Onslow (1784-1853) l’auvergnat (il est nĂ© et meurt Ă  Clermont-Ferrand), d’ascendance Ă©cossaise par sa mĂšre, se voue comme Beethoven, son modĂšle, Ă  la Symphonie et surtout la musique de chambre : prophĂšte du chambrisme, ses Quatuors et Quintettes Ă©clairent la France du premier romantisme Ă  une Ă©poque oĂč le feu romantique s’embrase avec la Symphonie fantastique de Berlioz. Onslow est un gĂ©nie instrumental et orchestral d’un tempĂ©rament unique Ă  son Ă©poque, et certainement le plus grand inventeur de formes en France Ă  l’époque romantique. Quatuor, Quintette, et donc Symphonie (Symphonie n°1 crĂ©Ă©e en 1830 au moment de la Fantastique de Berlioz), le Beethoven français aura tout rĂ©ussi.

Formation. George Onslow est formĂ© Ă  Hambourg (classe de piano de Dussek) ; le choc Ă©prouvĂ© face Ă  l’ouverture de Stratonice de MĂ©hul (1801), l’incite Ă  retrouver Paris pour ĂȘtre compositeur. Comme Berlioz (qui reconnaĂźt son gĂ©nie harmonique), Onslow est Ă©lĂšve de Reicha. Violoncelliste Ă  ses heures, il compose quatuors et quintettes dont la renommĂ©e est immĂ©diate en Europe. MĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© unanimement dans les salons distinguĂ©s et les salles de concerts, il ne cesse de dĂ©velopper Ă  Clermont Ferrand, l’activitĂ© musicale, surtout philharmonique : il y est prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© Philharmonique. L’un des mĂ©daillons ornant le foyer de l’OpĂ©ra de Clermont et qui offre un portrait du compositeur natif, vient d’ĂȘtre retrouvĂ© : nettoyĂ©, il sera bientĂŽt rĂ©intĂ©grĂ© au dĂ©cor du thĂ©Ăątre.
Contexte. Français, Onslow dĂ©tecte la modernitĂ© symphonique et harmonique des Germaniques. Sous NapolĂ©on, l’heure est aux querelles entre mĂ©lodistes (Gretry, Gossec) et chromatismes (MĂ©hul, HĂ©rold). Harmoniste exigeant, mozartien de coeur, Catel quant Ă  lui prĂŽne un germanisme modĂ©rĂ© dont il expose les principes dans son TraitĂ©. Jadin et Jean-Louis Adam participent Ă  l’évolution harmonique française. Onslow cultive un Beethovenisme lui aussi modĂ©rĂ© (il ne comprend guĂšre l’évolution ultime du maĂźtre de Bonn) : sa passion mesurĂ©e pour les Allemands annonce Gouvy, lui aussi symphoniste douĂ© (admirateur de Mendelssohn et de Schumann). Les opĂ©ras de Onslow, (3 quand mĂȘme dont son premier ouvrage L’Alcade de la Vega date de 1824) sont trop complexes pour une audience plus conforme, plus habituĂ©e Ă  l’éclectisme sĂ©duisant de Meyerbeer dont la synthĂšse entre Italie, France et Allemagne, demeure surtout rassurante et aimable.

Festivals Onslow Ă  Venise et Ă  Paris (avril, mai et juin 2015)Les Quautors de monsieur Onslow. FĂ©cond, gĂ©nĂ©reux, inspirĂ©, Onslow laisse un nombre impressionnant de Quatuors et de Quintettes (pour deux altos, avec piano rĂ©orchestrĂ© en symphonie
 etc) : cerveau qui pense la musique comme peu, Onslow est un architecte, soucieux de structure qui conçoit dans un second temps, le choix de la mise en forme et de l’orchestration. Son gĂ©nie : rĂ©aliser et rĂ©ussir une synthĂšse Ă©blouissante des 3 Viennois : facĂ©tie raffinĂ©e et princiĂšre de Haydn, profondeur et grĂące mozartienne, efficacitĂ© et virilitĂ© frĂ©nĂ©tique de Beethoven. Mais Onslow, Ă  l’époque de la Monarchie de Juillet, habituĂ©e aux dĂ©lices virtuoses de Liszt et Pagannini, sait aussi charmer et plaire. La complexitĂ© sĂ©duisante de ses oeuvres suscite l’admiration de Cherubini ; handicapĂ© par un accident de chasse en 1829, Onslow alitĂ© Ă©crit une oeuvre  spectaculaire et mĂ©morable : son Quintette avec deux violoncelles ou deux altos en ut mineur opus 38 dont le programme allait passionner l’audience des annĂ©es 1850 : il est appelĂ© non sans justesse : Quintette de la balle ou L’accident de chasse. Le plan suffit en Ă  dĂ©duire le contenu autobiographique, comme l’ont fait les peintres : Douleur (presto, menuet), FiĂšvre et dĂ©lire (trio central), convalescence (adagio), guĂ©rison (finale) rĂ©capitule un moment douloureux pour le compositeur qui sublime ses pĂ©ripĂ©ties, par la crĂ©ation poĂ©tique. Le dĂ©but (16 notes plaquĂ©s par le quintette entier) Ă©voque le coup de fusil qui aurait pu lui ĂȘtre fatal.

onslow-george-france-romantismeMaĂźtre de la musique de chambre, le gĂ©nie d’Onslow relĂšve d’un gĂ©omĂštre maĂźtre de ses effets : son harmonie frisant l’atonalitĂ© captive les auditeurs : vers oĂč tend t elle ? Les passages sont imprĂ©visibles et l’invention du compositeur, d’une libertĂ© inouĂŻe. Interrogeant la forme, visionnaire en bien des points, capable de cheminements improbables, Onslow prĂ©figure Brahms, Franck, Liszt. Il anticiperait mĂȘme le chromatisme de Wagner. Un gĂ©nie musical attend dans l’ombre son heure
 La vague de concerts et surtout de disques qui en dĂ©couleront, devraient grandement aider Ă  sa rĂ©habilitation. ExpĂ©rimentateur, Onslow est aussi un inventeur : dans le mĂȘme Quintette de la balle, il invente le scherzo instrumental français : il ne s’agit pas comme chez Beethoven dĂšs 1801, de se diffĂ©rencier du menuet, mais de dĂ©velopper une piĂšce de caractĂšre  oĂč rĂšgnent la convulsion expressive des passions intĂ©rieures : un bain bouillonnant de sentiments hautement romantiques. Chaque scherzo d’Onslow dans quatuors et quintettes illustre cette innovation remarquable, jusque lĂ  passĂ©e inaperçue.

Festival Onslow Ă  Venise, les 11, 12, 21, 24, 28 avril, 5, 9, 14, 21 mai 2015. Palazzetto Bru Zane

Festival Onslow à Paris, du 29 mai au 5 juin 2015, Théùtre des Bouffes du nord.

Livres. Joseph Haydn par Frédéric Gonin (Actes Sud)

actes sud joseph haydn biographieLivres. Joseph Haydn par FrĂ©dĂ©ric Gonin (Actes Sud). Le bon papa Haydn, Ă  Vienne : jovial, poli, diplomate, mesurĂ©, Ă©quilibrĂ© en tout, surtout dans son caractĂšre et naturellement dans sa musique fut comme le dĂ©voile cette biographie bien trempĂ©e, une personnalitĂ© affirmĂ©e, sĂ»re de son mĂ©tier et de ses compĂ©tences, d’une audace et d’un humour portĂ©s par une Ă©ducation parfaite qui rendait son commerce et sa compagnie, totalement dĂ©lectables. Inventeur du quatuor Ă  cordes, au point de placer Vienne au sommet des villes europĂ©ennes les plus Ă©lĂ©gantes et les mieux productives, approfondissant comme nul autre avant Beethoven, le genre symphonique et la musique de chambre, Haydn prend ici une stature de pionnier, de visionnaire, de dĂ©fricheur voire de dĂ©fenseur de sa corporation, n’hĂ©sitant pas Ă  revendiquer le maintien d’avantages liĂ©s Ă  sa charge pour lui et ses confrĂšres de l’orchestre, auprĂšs du prince Esterhazy, son employeur dans la pĂ©riphĂ©rie de Vienne…

 

 

 

Joseph Haydn :

conservateur mais hyperactif et visionnaire

 

haydn_joseph_aristoDommage cependant que l’auteur lyrique ne soit pas plus Ă©voquĂ©, expliquĂ©, explicitĂ© car Haydn avant Mozart, justement pour la Cour des Esterhazy et le thĂ©Ăątre du palais d’Esterhaza, fut fĂ©cond en matiĂšre d’opĂ©ras italiens, en particulier dans le genre buffa et comique : c’est lĂ  le pan de la recherche Ă  approfondir et la source de futures dĂ©couvertes (qui rend d’ailleurs inestimables le legs discographique que signa Antal Dorati, pilote passionnant d’une intĂ©grale lyrique chez Decca). C’est une veine poĂ©tique d’une infinie subtilitĂ© que Haydn prit soin de cultiver tout en sachant qu’il ne pouvait pas concurrencer le gĂ©nie de Mozart dans ce domaine… Plus significatif, les commentaires sur la musique vocale sacrĂ©e comprenant Ă©videmment le genre de l’oratorio (trĂšs tĂŽt abordĂ©) et surtout ses messes et cantates, particuliĂšrement destinĂ©es Ă  la ferveur de sa patronne Ă  Esterhaza toujours, et qui tĂ©moignent d’un gĂ©nie toujours mĂ©sestimĂ©, car encore ici, Haydn souffre d’une supĂ©rioritĂ© concurrente, non plus celle de Mozart (quoique) mais de son propre frĂšre Michael Haydn, alors maĂźtre de chapelle trĂšs actif pour la Cour du Prince-ArchevĂšque de Salzbourg. La personnalitĂ© complexe du faux conservateur Haydn transparaĂźt avec finesse et nuances. De quoi rĂ©habiliter la stature d’un Haydn rĂ©formateur et concepteur de premier plan, Ă  l’Ă©gal de Mozart et de Beethoven Ă  venir,  dont la force d’invention explique qu’il reste l’une des personnalitĂ©s musicales les plus cĂ©lĂ©brĂ©es (Ă  juste titre) de son vivant.

 

CLIC D'OR macaron 200La lecture est d’autant plus aisĂ©e, et l’apport synthĂ©tique, Ă©loquent… que l’approche a Ă©tĂ© remarquablement conçue ; thĂ©matisĂ©e, elle est complĂ©mentaire et exhaustive charpentĂ©e en quatre grandes parties : 1) La vie tout d’abord (premiĂšres annĂ©es, au service du prince Esterhazy, un homme libre) ; 2) la personnalitĂ© (le conservateur, l’homme simple et modeste…  ; enfin 3) le style (une constante volontĂ© de renouvellement, le style galant, la notion de classicisme, les Ă©lĂ©ments du style haydnien ; puis, 4) l’Ɠuvre (la musique symphonique, la musique de chambre, l’ouvre pour clavier, la musique vocale profane et sacrĂ©e …). ComplĂ©tĂ© par une chronologie et une sĂ©lection bibliographique et discographique, voici l’un des meilleurs textes de la collection ” classica “  Ă©ditĂ©e par Actes Sud.

 

 

Livres. Joseph Haydn par Frédéric Gonin (Actes Sud). ISBN 978-2-330-03405-4. Parution : septembre 2014.

 

 

Livres. Panorama du quatuor Ă  cordes par Bernard Fournier (Fayard)

Livres. Bernard Fournier : Panorama du quatuor Ă  cordes (Fayard). Voici un livre incontournable qui prenant acte des trois volumes prĂ©cĂ©dents constituant cette Histoire du quatuor Ă  cordes que rĂ©digea le mĂȘme auteur, chez le mĂȘme Ă©diteur, dans un style accessible et un regard large et structurĂ©. Legs des LumiĂšres et terreau dĂ©jĂ  propice Ă  l’Ă©closion du sentiment romantique, le Quatuor mĂ©ritait bien une Histoire en 3 volumes, mais exauçant notre attente, une introduction lumineuse qui donne envie d’en apprendre davantage tout en rĂ©alisant le dĂ©fi de l’exhaustivitĂ©.

le quatuor de A Ă  Z en 317 pages

quatuor_bernard_fournier_panorama_du-quatuor_cordes_fayardLe livre est donc une synthĂšse en 317 pages qui couvre les heures essentielles de l’histoire du Quatuor, ses caractĂšres formels, et pour complĂ©ter la lecture, bĂ©nĂ©ficie en fin d’ouvrage d’un glossaire sur les termes de la technique musicale.
L’auteur avec la clartĂ© et la pĂ©dagogie qui l’animent aborde donc les ” spĂ©cificitĂ©s ” du quatuor (Ă©criture quadripartite, sonoritĂ© / homogĂ©nĂ©itĂ©, esthĂ©tique, acteurs…) ; puis suivant la chronologie, la pĂ©riode classique, premier Ăąge d’or du genre (quatuors de Haydn et de Mozart, magistralement prĂ©sentĂ©s, commentĂ©s, contextualisĂ©s) ; l’apogĂ©e avec Beethoven (les trois maniĂšres, formes et matĂ©riau, Ă©vĂ©nements et violence, expressivitĂ©, survol des 16 Quatuors beethovĂ©niens) ; puis essor du Quatuor Ă  l’age romantique : Schubert (l’homme immobile), Mendelssohn (l’homme pressĂ©), Schumann (l’homme fiĂ©vreux), Brahms (l’homme nostalgique…). Le lecteur accompagne ainsi les Ă©volutions mĂ©tamorphoses d’un genre jamais Ă©dulcorĂ©, vrai dĂ©fi Ă  l’inspiration de chaque compositeur : les TchĂšques inspirĂ©s par le Folklore (Smetana, Dvorak…) amorcent un renouveau du quatuor qui se rĂ©alise et s’accomplit vĂ©ritablement au dĂ©but du XXĂš avec le dĂ©ni de Stravinski, les acteurs de l’Ecole de Vienne (Schönberg, Webern, Berg, mais aussi Bartok (continuateur de Beethoven au XXĂšme), mais aussi Janacek qui accomplit ce qu’avaient amorcĂ© ses prĂ©dĂ©cesseurs Smetana et Dvorak. De la pĂ©riode 1900-1940, surgissent quelques grands phares d’un renouveau qui se prĂ©cise. Enfin dans la pĂ©riode contemporaine, l’auteur repĂšre et identifie certaines tendances : narrativitĂ©, thĂ©Ăątralisation (Carter), hasard, technique et technologie sonore (Manoury) ; et quelques acteurs remarquables (Amy, Lenot, Dutilleux…  mais aussi Feldman, Nono, ), avec un Ă©clairage spĂ©cifique sur les ” modernes classiques ” : Chostakovitch, Britten, Henze… Panorama d’un apport bĂ©nĂ©fique. Publication indispensable.

Livres. Bernard Fournier : Panorama du quatuor à cordes (Fayard). Parution : janvier 2014. 330 pages. EAN : 9782213677224. Format : 135 x 215 mm. Prix public TTC: 22.00 €