CD événement, critique. XIII : Crumb, Schubert. Quatuor Ardeo (1 cd Klarthe records)

quatuor-ARDEO-XIII-cd-sept-2020-klarthe-annonce-critique-cd-Klarthe-recordsCD événement, critique. XIII : Crumb, Schubert. Quatuor Ardeo (1 cd Klarthe records). L’auditeur est conduit dans l’errance de terres grises, lugubres, aux résonances d’anéantissement, de territoires oubliés et propices en éblouissements : aux origines, de Monteverdi, le court madrigal « Hor che’l ciel e la terra » étend sa désespérance totale et définitive. C’est une entrée en matière viscéralement inscrite dans la mémoire, et qui confère à ce qui suit, une coloration plus profonde encore, en pleine conscience… Ainsi Schubert explore les mêmes couleurs mais avec une éloquence ciselée, une articulation détachée et sereine qui foudroie, nette et précise : l’emblème des Ardeo aujourd’hui. Le Quatuor Ardeo révèle une maîtrise rare dans l’art des enchaînements, c’est à dire dans la conception d’un programme. Chacun y verra une réflexion sur la mort. Certes. Mais les 4 instrumentistes ajoutent le surréalisme d’images et de thèmes saisissants qui croisent ici l’extinction à l’opération du diable : regard à la fois lucide et fantastique sur la Faucheuse, dans le cycle moderne qu’imagine George Crumb en 1970 : « Black Angels » (en 13 sections d’où le titre de l’album). Pour anges noirs de la mort et de la destruction, celles opérée au Viet-Nam dont le compositeur témoigne des atrocités barbares (comme Goya à l’époque des méfaits napoléoniens en Espagne). Il en résulte une palette expressive qui racle, mord, s’agite en convulsions, et cris… de libération comme de révolte. La Nuit de Crumb est celle des égyptiens, voyage dans le trouble et l’angoisse terrifiante où s’appuie la figure démoniaque, préfigurée par le grouillement annonciateur des insectes qui fourmillent. Electrifiées les cordes réinventent le vocabulaire et la grammaire des instruments du quatuor : pour autant la langue musicale sert une trame dramatique très précise. C’est un théâtre percussif  (lingual comme instrumental) de bruits et de sons inédits dont le Quatuor Ardeo amplifie subtilement chaque éclat et nuance. En résonance à Crumb et comme pour mieux souligner sa couleur sombre et grave voire lugubre, les Ardeo choisissent non pas le 14è Quatuor de Schubert « la jeune fille et la mort » (pourtant cité chez Crumb au CLIC D'OR macaron 200début de la 2è partie) mais son 13è Quatuor « Rosamunde ». La rêverie inquiète, l’errance terrifiée dans un climat instable, l’allant coûte que coûte en un cheminement intranquille expriment au fond le regard de Schubert puis de Crumb : leur angoisse légitime devant la mort. Seule le miracle de la musique et l’expérience qu’elle produit, permettent de réaliser le renoncement, l’acceptation, la sérénité philosophe dans lesquels s’achèvent les deux œuvres phares du programme. Monteverdi, Purcell et deux autres lieder de Schubert (transcrits pour le quatuor) complètent cette constellation musicale où le thème de la mort est déjoué par un jeu subtil de correspondances et de citations cachées. CD événement, critique. XIII : Crumb, Schubert. Quatuor Ardeo (1 cd Klarthe records). Lire aussi notre annonce du cd événement XIII / Ardeo / Klarthe records.

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CD événement, annonce. Quatuor ARDEO : XIII (Schubert, Crumb) 1 cd Klarthe records

quatuor-ARDEO-XIII-cd-sept-2020-klarthe-annonce-critique-cd-Klarthe-recordsCD événement, annonce. Quatuor ARDEO : XIII (Schubert, Crumb) 1 cd Klarthe records (à paraître le 4 septembre 2020). L’auditeur est conduit dans l’errance de terres grises, lugubres, aux résonances d’anéantissement, de territoires oubliés et propices en éblouissements : Aux origines, de Monteverdi, le court madrigal « Hor che’l ciel e la terra » étend sa désespérance totale et définitive. C’est une entrée en matière viscéralement inscrite dans la mémoire, et qui confère à ce qui suit, une coloration plus profonde encore, en pleine conscience… Ainsi Schubert explore les mêmes couleurs mais avec une éloquence ciselée, une articulation détachée et sereine qui foudroie, nette et précise : l’emblème des Ardeo aujourd’hui. Ce Rosamunde ou Quatuor à cordes n°13 donne le titre de l’album édité cet automne par Klarthe records ; il exprime toutes les nuances de la désespérance profonde et comme déduite de sa chair douloureuse, tous les éclats d’une énergie transcendante. Tranchante, murmurée, hallucinée surtout, la lecture s’affirme dans la maîtrise d’une mélancolie à la fois rayonnante, lugubre et attendrie. Etonnant balancement, enivré et suspendu, du formidable « Minuetto », d’une CLIC D'OR macaron 200tristesse grise, pourtant lumineuse. Les quatre instrumentistes font dialoguer Schubert et Crumb dont ils émaillent les scintillements introspectifs de résonances baroques (Purcell), de transcriptions de lieder schubertiens qui soulignent la formidable vocalité ombrée, surnaturelle des instruments. Voici une traversée instrumentale qui décrypte l’agitation sourde de la nuit et ouvre les failles infinies d’un imaginaire inexploré… Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS  -  parution le 4 septembre 2020. CLIC de septembre 2020.

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