COMPTE RENDU, concert. WEIßENFELS, Bachfest, Schlosskapelle in Neu Augustusburg, le 22 juin 2019. J-S Bach : Cantates de Weimar (II). Pierlot.

BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachCompte-rendu, concert. Bachfest, Schlosskapelle in Neu Augustusburg, WEIßENFELS, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (II) / Philippe PIERLOT.C’est un concert de la chaussure ?” commente malicieusement un touriste anglais en visitant le musĂ©e de la chaussure de Weißenfels, quelques minutes avant d’assister au concert donnĂ© dans la chapelle du ChĂąteau. Un trait d’humour Ă  mĂȘme d’animer la visite d’un musĂ©e aux murs dĂ©crĂ©pis, dont la richesse et la diversitĂ© des collections, tournĂ©es vers le monde, doivent toutefois inciter Ă  dĂ©passer ce premier regard dĂ©favorable. Cette collection passionnante rappelle les grandes heures industrielles de la ville de Weißenfels, situĂ©e Ă  mi chemin entre Weimar et Leipzig (Ă  environ trente minutes en car de cette derniĂšre).

La visite de la citĂ© nichĂ©e en contrebas du ChĂąteau nous rappelle combien l’ex-Allemagne de l’Est, au-delĂ  des grandes villes d’ores et dĂ©jĂ  en grande partie rĂ©novĂ©es, n’a pas encore effacĂ© tous les stigmates de la dĂ©sindustrialisation : la fuite de nombreux habitants explique pourquoi autant de maisons dĂ©labrĂ©es et de commerces fermĂ©s donnent une triste mine au centre-ville. En grande partie Ă©pargnĂ©e par les bombardements de la DeuxiĂšme guerre mondiale, Weißenfels possĂšde pourtant un potentiel touristique qui devrait l’aider Ă  accĂ©lĂ©rer sa rĂ©novation : le prĂ©sent concert contribue Ă  cette revitalisation, ce dont on ne peut que se fĂ©liciter.

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Le concert se situe dans le cadre du cycle des seize “cantates de Weimar”, donnĂ© en quatre concerts par la Bachfest avec des formations variĂ©es, qui permet de s’intĂ©resser Ă  Jean-SĂ©bastien Bach (1685-1750) en tant que compositeur de cour. Bach fut notamment organiste et premier violon pour le duc de Saxe-Weimar de 1708 Ă  1717, tout en gardant ensuite de bonnes relations avec lui. L’Allemagne, alors Ă©miettĂ©e en une multitude de royaumes, duchĂ©s ou principautĂ©s, voit en effet ces diffĂ©rentes cours se disputer les faveurs des plus grands compositeurs : le rayonnement artistique de cette riche pĂ©riode n’a de cesse de fasciner encore aujourd’hui.
Les cantates prĂ©sentĂ©es par Philippe Pierlot Ă  Weißenfels (qui faisait partie du fief de Weimar et non de Leipzig) ont toutes Ă©tĂ© composĂ©es entre 1714 et 1716, mais offrent toutefois une variĂ©tĂ© digne de l’inspiration du maitre allemand. Elles trouvent Ă  s’Ă©panouir dans la chapelle du chĂąteau, bĂ©nĂ©ficiant d’une acoustique Ă©tonnamment prĂ©cise, obtenue en faisant jouer les interprĂštes au niveau de la tribune de l’orgue : on gagne en confort sonore ce que l’on perd en proximitĂ© avec les artistes.

Les interprĂštes mettent un peu de temps Ă  se chauffer, d’autant que le tempo un peu trop vif de Philippe Pierlot ne les aide guĂšre au dĂ©but. Peu Ă  peu, la direction gagne cependant en respiration, en une lecture chambriste sĂ©rieuse et de bonne tenue, mais qui ne soulĂšve pas l’enthousiasme pour autant – du fait notamment d’un violoncelle solo assez prosaĂŻque. Les solistes montrent un bon niveau gĂ©nĂ©ral, dominĂ© par le superbe Leandro Marziotte, un contre-tĂ©nor aux phrasĂ©s naturels et aĂ©riens, sans parler de son timbre dĂ©licieusement veloutĂ©. Hannah Morrison a quant Ă  elle un aigu un peu dur dans les parties difficiles et des passages de registres arrachĂ©s dans la virtuositĂ©. Lorsqu’elle quitte les passages pĂ©rilleux, elle remplit parfaitement sa partie, de mĂȘme que le tĂ©nor correct d’Hans Jörg Mammel, en dehors des accĂ©lĂ©rations qui mettent Ă  mal la justesse. Enfin, on aime la puissance et l’expressivitĂ© de la basse Matthias Vieweg, mĂȘme s’il a parfois tendance Ă  se laisser emporter par son tempĂ©rament, occasionnant un placement de voix approximatif. A suivre.

 

 

 

 

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Schlosskapelle in Neu Augustusburg, Weißenfels, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (II). Cantates «O heilges Geist- und Wasserbad», BWV 165 – Mein Herze schwimmt im Blut, BWV 199, «Barmherziges Herze der ewigen Liebe», BWV 185, «Ach! ich sehe, itzt, da ich zur Hochzeit gehe», BWV 162, «Mein Gott, wie lang, ach lange», BWV 155. Hannah Morrison (soprano), Leandro Marziotte (alto), Hans Jörg Mammel (tĂ©nor), Matthias Vieweg (basse), Ricercar Consort, Philippe Pierlot (direction). Illustrations : © Bachfest Leipzig / Gert Mothes