SAINTES: Chambrisme incandescent dans Brahms et Beethoven

Beethoven_Hornemann-500-carreSAINTES, Abbaye aux Dames, le 9 octobre 2016. Quintette de l’Orch des Champs -Elysées. Dimanche hautement chambriste à l’abbaye aux dames, la cité musicale, Saintes. Les habitués savent combien l’Abbaye aux Dames tout au long de l(année et pas seulement au moment du festival estival, accueille, cultive, respire l’esprit de création musicale. C’est aussi depuis les nombreuses sessions du Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA, anciennement Jeune Orchestre Atlantique), un foyer très actif dédié à la professionnalisation des meilleurs instrumentistes, passionnés par la pratique des instruments d’époque et tout autant animé par le désir de renouveler le jeu et approfondir la connaissance des sources. Inspirant cette riche expérience organologie et interprétative, les musiciens professionnels de l’Orchestre des Champs Elysées. Dimanche 9 octobre 2016, 15h30, plusieurs solistes de la phalange créée par Philippe Herreweghe, et de venue nous savons raison, l’orchestre modèle en France, sur instruments d’époque, joueront le Quintette de Brahms pour cordes n°1 opus 88, et une transcription d’époque de la Symphonie n°7 de Beethoven (photo ci dessus), hymne ardent, énergique, dansant pour un effectif réduit mais d’avant plus engagé. La réalisation promet d’être passionnante car l’effectif invité à Saintes regroupe les chefs de pupitres de l’Orchestre des Champs-Elysées, soit la crême des instrumentistes français, chacun dans leur spécialité. L’approche toute en finesse, où précision, écoute, complicité sont essentielles, montrera de toute évidence, combien même en effectif réduit, la puissance poétique des deux œuvres, sans l’ampleur de l’orchestre à son complet, peut toucher, frapper, convaincre et suggérer. Concert événement.

 

 

 

SAINTES, Auditorium de l’Abbaye aux Dames
Dimanche 9 octobre 2016, 15h30
Quintette des solistes de l’Orchestre des Champs-Elysées

J. Brahms
Quintette à cordes n°1 en fa majeur opus 88

L.V. Beethoven
Transcription d’époque de la symphonie n°7

Solistes de l’Orchestre des Champs-Élysées :
Alessandro Moccia, Ilaria Cusano, violons
Catherine Puig, Jean-Philippe Vasseur, altos
Ageet Zweistra, violoncelle

 

 

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Toutes les infos et les modalités de réservation sur le site de l’Abbaye aux Dames, la cité musicale, Saintes

 

 

 

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Saintes, abbaye aux dames

Votre séjour à Saintes

 

Séjour à Saintes, Abbaye aux Dames, la cité musicale

saintes_porte_abbayeTout au long de l’année, séjournez à Saintes à l’occasion d’un concert dans l’Abbaye. Les chambres sont aménagées dans les anciennes cellules des moniales. Petit déjeuner sur place possible. Pour toute location d’une chambre dans l’Abbaye, réduction de 5% à la boutique de l’Abbaye (l’Abboutique : cd, livres, produits régionaux…), réduction sur la visite du site, tarif adhérent pour l’achat d’une place de concert. Téléphone réservation chambres : 05 46 97 48 33 (classement établissement hôtelier : catégorie 1 étoile). Standard général de l’Abbaye aux Dames à Saintes : 05 46 97 48 48. Offre spéciale Saint-Valentin 2014 : le concert et la chambre à Saintes, les 14 ou 15 février 2014 : 100 euros (pour 2 personnes) : réservations au 05 46 97 48 48.

Consultez le site de l’Abbaye aux dames et découvrez les chambres de l’Abbaye aux dames

Se rendre à l’Abbaye
Abbaye aux Dames, 
la cité musicale, Saintes
11, place de l’Abbaye
CS 30125
17104 SAINTES CEDEX
- Accès par la rue Geoffroy Martel
(Parking gratuit)
- Coordonées GPS :
Lat : 45.743681
Long : -0.624375

Vous avez choisi de dormir à l’Abbaye aux Dames ? réussissez votre séjour à la cité musicale

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SAINTES, les solistes de l’Orchestre des Champs-Élysées jouent Brahms et Beethoven

Beethoven_Hornemann-500-carreSAINTES, Abbaye aux Dames, le 9 octobre 2016. Quintette de l’Orch des Champs -Elysées. Dimanche hautement chambriste à l’abbaye aux dames, la cité musicale, Saintes. Les habitués savent combien l’Abbaye aux Dames tout au long de l(année et pas seulement au moment du festival estival, accueille, cultive, respire l’esprit de création musicale. C’est aussi depuis les nombreuses sessions du Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA, anciennement Jeune Orchestre Atlantique), un foyer très actif dédié à la professionnalisation des meilleurs instrumentistes, passionnés par la pratique des instruments d’époque et tout autant animé par le désir de renouveler le jeu et approfondir la connaissance des sources. Inspirant cette riche expérience organologie et interprétative, les musiciens professionnels de l’Orchestre des Champs Elysées. Dimanche 9 octobre 2016, 15h30, plusieurs solistes de la phalange créée par Philippe Herreweghe, et de venue nous savons raison, l’orchestre modèle en France, sur instruments d’époque, joueront le Quintette de Brahms pour cordes n°1 opus 88, et une transcription d’époque de la Symphonie n°7 de Beethoven (photo ci dessus), hymne ardent, énergique, dansant pour un effectif réduit mais d’avant plus engagé. La réalisation promet d’être passionnante car l’effectif invité à Saintes regroupe les chefs de pupitres de l’Orchestre des Champs-Elysées, soit la crême des instrumentistes français, chacun dans leur spécialité. L’approche toute en finesse, où précision, écoute, complicité sont essentielles, montrera de toute évidence, combien même en effectif réduit, la puissance poétique des deux œuvres, sans l’ampleur de l’orchestre à son complet, peut toucher, frapper, convaincre et suggérer. Concert événement.

 

 

 

SAINTES, Auditorium de l’Abbaye aux Dames
Dimanche 9 octobre 2016, 15h30
Quintette des solistes de l’Orchestre des Champs-Elysées

J. Brahms
Quintette à cordes n°1 en fa majeur opus 88

L.V. Beethoven
Transcription d’époque de la symphonie n°7

Solistes de l’Orchestre des Champs-Élysées :
Alessandro Moccia, Ilaria Cusano, violons
Catherine Puig, Jean-Philippe Vasseur, altos
Ageet Zweistra, violoncelle

 

 

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saintes_porte_abbayeTout au long de l’année, séjournez à Saintes à l’occasion d’un concert dans l’Abbaye. Les chambres sont aménagées dans les anciennes cellules des moniales. Petit déjeuner sur place possible. Pour toute location d’une chambre dans l’Abbaye, réduction de 5% à la boutique de l’Abbaye (l’Abboutique : cd, livres, produits régionaux…), réduction sur la visite du site, tarif adhérent pour l’achat d’une place de concert. Téléphone réservation chambres : 05 46 97 48 33 (classement établissement hôtelier : catégorie 1 étoile). Standard général de l’Abbaye aux Dames à Saintes : 05 46 97 48 48. Offre spéciale Saint-Valentin 2014 : le concert et la chambre à Saintes, les 14 ou 15 février 2014 : 100 euros (pour 2 personnes) : réservations au 05 46 97 48 48.

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Lat : 45.743681
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Compte-rendu, concert. Poitiers, Auditorium, le 4 février 2016. Chausson, Debussy… Orchestre des Champs Elysées. Louis Langrée

SOMPTUEUX CONCERT SYMPHONIQUE A POITIERS. Pour son premier concert de l’année 2016, l’Orchestre des Champs Elysées a invité le chef Louis Langrée à diriger un programme composé uniquement d’oeuvres françaises de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Pour cette soirée exceptionnelle, l’Orchestre des Champs Elysées a également invité la mezzo soprano saintaise Gaëlle Arquez.

En ouverture, Louis Langrée lance l’Hymne à la justice d’Albéric Magnard (1865-1914). Rapidement Magnard fut l’un des soutiens du capitaine Alfred Dreyfus ; choqué par l’évident déni de justice que constituait l’affaire Dreyfus, Magnard, après Emile Zola et son célèbre “J’accuse” (publié en 1898), compose une œuvre cinglante, forte, intense. A sa façon, il fait transparaitre nettement le dégoût que lui inspire la situation du capitaine Dreyfus. Dès les premières mesures, Louis Langrée dirige l’Orchestre des Champs Elysées avec une énergie et une maîtrise manifeste ; la battue du chef est claire, nette, précise, implacable ; avec les musiciens, il entraîne le public au cœur même de l’affaire Dreyfus : l’effrayant déni de justice qu’elle constitue. La violence de la première partie de l’oeuvre de Magnard décrit bien la détresse du malheureux capitaine et de ses soutiens. Si la suite de l’hymne est plus apaisée, elle n’en montre pas moins à quel point la notion même de justice a été malmenée, voire bafouée, niée sous un torrent de boue et de mensonges jamais reconnus par ailleurs. Langrée s’approprie le chef d’oeuvre de Magnard avec une virtuosité peu commune; en grand défenseur de la musique française, il impulse une vie et un dynamisme saisissants à cet hymne dense, plein de colère, de tristesse et, en même temps, d’espoir

langree1Après une brève pause, Louis Langrée revient avec la mezzo soprano Gaëlle Arquez pour la seconde œuvre du programme : Poème de l’amour et de la mer op.19 d’Ernest Chausson (1855-1899). Tout comme dans l’Hymne à la justice, Louis Langrée dirige d’une main ferme et souple une œuvre qui préfigure ce que sera La mer quelques années plus tard. Gaëlle Arquez, la régionale de l’étape, – elle est en effet née à Saintes-, est dotée d’une jolie voix de mezzo. Si la jeune femme connaît bien l’oeuvre, la diction est parfois aléatoire ; regrettable défaillance d’autant que les poèmes de Maurice Bouchor (1855-1929) sont superbes. Néanmoins la jeune femme s’implique totalement dans une œuvre qui, sous une apparente facilité, est complexe, pleine de pièges et très difficile à interpréter. Remarquablement dirigée par un chef qui connaît parfaitement ce répertoire, Gaëlle Arquez fait entendre une couleur vocale somptueuse et expressive même si la voix est parfois couverte par les musiciens; cependant l’orchestre accompagne la mezzo avec sensibilité et efficacité.

Après l’entracte, Louis Langrée et l’Orchestre des Champs Elysées attaquent la seconde partie du programme consacrée à Claude Debussy (1862-1918). Avec La mer, nous retrouvons un peu de l’esprit du Poème de l’amour et de la mer de Chausson créé une dizaine d’années auparavant. Le chef, debussyste avéré, dirige La mer conciliant fermeté et souplesse ; il cisèle la partition sans jamais l’alourdir. L’Orchestre des Champs Elysées aborde le cycle purement orchestral avec une maîtrise quasi parfaite ; et la direction précise et dynamique de Louis Langrée galvanise les musiciens. Après des applaudissements très nourris saluant une performance remarquable, le chef annonce le bis; et c’est une autre pièce de Debussy : Prélude à l’après midi d’un faune. Après la violence des vents marins de La mer, sa houle océane impétueuse, scintillante,  chef et musiciens, soudés et complices, réalisent une lecture alerte et enjouée du Prélude ; les interventions solos sont excellentes et l’orchestre joue avec un plaisir évident sous la direction d’un chef survolté par une ambiance très chaleureuse.

C’est un concert de très haute volée que l’Orchestre des Champs Elysées a proposé à un public venu nombreux. D’autant que le programme, exclusivement français, était dirigé par Louis Langrée, grand défenseur de ce répertoire. La présence de Gaëlle Arquez pour interpréter Le poème de l’amour et de la mer a apporté une touche lumineuse à la soirée. Plénitude et cohérence du son de ce concert symphonique et lyrique ont convaincu, apportant à Saintes, un nouveau jalon mémorable de sa saison symphonique. On regrette qu’un disque n’en perpétue pas le souvenir ni la totale réussite.

Compte-rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 4 février 2016. Albéric Magnard (1865-1914) : Hymne à la justice op.14, Ernest Chausson (1855-1899) : Poème de l’amour et de la mer op.19, Claude Debussy (1862-1918) : La mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre, Prélude à l’après midi d’un faune (bis). Gaëlle Arquez, mezzo soprano, Orchestre des Champs Elysées. Louis Langrée, direction.

Concert de l’Orchestre des Champs Elysées à Poitiers

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Jeudi 4 février 2016. Orchestre des Champs Elysées : Debussy, Chausson, Magnard.... Somptueuse soirée symphonique au TAP de Poitiers ce soir avec l’éclat poétique des instruments d’époque dans un programme de musique romantique française (et post romantique avec le sommet liquide et impressonniste, La mer de Debussy). Sous la conduite du chef Louis Langrée (applaudi la saison dernière pour Pelléas et Mélisande, les instrumentistes si passionnément engagés dans le jeu historiquement informé et toujours soucieux du timbre et du format sonore originel de chaque instrument, s’engagent pour une trilogie de compositeurs dont l’écriture devrait ce soir gagner en mordant expressif, raffinement poétique, justesse caractérisée, subtil équilibre entre lecture analytique et formidable texture sensuelle. Si le propre des auteurs français est souvent présenté comme ce scrupule particulier pour la transparence, la couleur, la clarté, l’apport de l’Orchestre des Champs Elysées devrait le démontrer dans ce programme qui associe : Debussy, Chausson et Magnard, particulièrement convaincant. C’est de Chausson à Debussy, une leçon d’équilibre entre détails et souffle dramatique qui attend les spectateurs auditeurs du TAP de Poitiers lors de cette grande soirée de vertiges symphoniques.

chaussonSi la pièce maîtresse sur le plan symphonique et orchestral demeure évidemment La Mer de Debussy – sublime triptyque climatique pour grand orchestre, le concert offre un aperçu significatif du wagnérisme personnel d’Ernest Chausson, l’un des symphoniste et poète musicien les plus doués de sa génération (il est né en 1855, et s’éteint fauché trop tôt avant la fin du siècle en 1899). Composé entre 1882 et 1890, le cycle est créé lors de ses 38 ans en 1893 ; Le Poème de l’amour et de la mer opus 19 d’après le texte de son exact contemporain et ami, le poète Maurice Bouchor (1855-1929), le Poème comprend deux volets :
I. La Fleur des eaux : « L’air est plein d’une odeur exquise de lilas » – « Et mon cœur s’est levé par ce matin d’été » – « Quel son lamentable et sauvage »
Interlude
II. La Mort de l’amour : « Bientôt l’île bleue et joyeuse » – « Le vent roulait les feuilles mortes » –  « Le temps des lilas »

Comprenant l’intervention d’une soliste (aujourd’hui soprano ou mezzo, bien que la version de création ait été réaisée par un ténor Désiré Desmet), la partition est à la fois cantate, monologue, ample mélodie pour voix et orchestre où les couleurs et le formidable chant de l’orchestre rivalise d’éclats et de vie intérieure avec la voix humaine. Le cycle des 6 poèmes était probablement quasi achevé quand Chausson commence son opéra Le Roi Arthus, puis après la composition de ce dernier, il révise en 1893 Le Poème pour lui apporter une parure définitive et le faire créer dans une version piano / chant par le ténor Désiré Desmet (Bruxelles, le 21 février 1893). La version orchestrale est assurée ensuite en avril suivant par la cantatrice Eléonore Blanc.
Musique empoisonnée, langoureuse et très fortement mélancolique, le chant de Chausson qu’il s’agisse à la voix ou dans l’orchestre exprime une extase mortifère et nostalgique d’une incurable torpeur qui semble s’insinuer jusqu’à l’intimité la plus secrête, développant une écriture scintillante et suspendue…. wagnérienne. Chausson a évidemment écouté Tristan et Yseult ; il ne cesse de déclarer son allégeance à l’esprit du maître de Bayreuth, en particulier dans un motif mélodique, obsessionnel, qui traverse toutes les mélodies et surtout se développe explicitement dans l’interlude qui relie les deux volets du cycle : La Fleur des eaux et La Mort de l’amour.
Musique “proustienne”, d’un éclectisme rentré, (typique en cela de la IIIè République), d’un parfum wagnérien évident mais si original et personnel (en cela digne des recommandations de son professeur César Franck, lui aussi partisan d’un wagnérisme original et renouvelé), douée d’une forte vie intérieure, l’écriture de Chausson est réitération, connotations, intentions masquées, plénitude des souvenirs et des songes enivrés et embrumés, l’expression d’une langueur presque dépressive qui ne cesse de dire son impuissante solitude. C’est en plus de Tristan, le modèle de Parsifal de Wagner (écouté à sa création en 1882 à Bayreuth) qui est réinterprété, “recyclé” sous le filtre de la puissante sensibilité d’un compositeur esthète et poète. Encore scintillante et claire, La Mort de l’amour, cède la place à l’ombre inquiète et l’anéantissement graduel (La Fleur des eaux); les images automnales, crépusculaires, souvent livides et léthales décrivent un monde à l’agonie, perdu, sans rémission (“le vent roulait les feuilles mortes”… est une marche grave et prenante). Et pour finir, tel une prophétie terrifiante, la dernière mélodie, Le temps des Lilas (écrite dès 1886, et souvent chanté comme une mélodie séparée, autonome) confirme qu’après cette agonie il n’y aura plus de printemps. Le Poème de l’amour et de la mer est la prédiction d’une apocalypse inévitable. Il appartient aux interprètes d’en restituer et la langueur hynoptique et la magie des couleurs orchestrales d’un scintillement dont le raffinement annonce La Mer de Debussy… Le chef quant à lui doit veiller aux équilibres, au format orchestre / voix, pour servir l’une des plus belles musique de chambre au souffle symphonique. L’ampleur et la profondeur mais aussi l’exquise lisibilité mortifère du texte, de ses images d’une sourde et maladive mélancolie.
Même s’il fut fils de famille, et d’un train de vie supérieur à celui de ses confrère compositeur, Chausson, mort stupidement après une mauvaise chute de vélo, savit entretenir autour de lui, l’ambiance d’un foyer artistique et intellectuel ouvert aux tendances les plus avancées de son temps : son salon de la rue de Courcelles à Paris reçoit ses amis Fauré, Duparc et Debussy, mais aussi Mallarmé, Puvis de Chavannes et Monet… A l’écoute de son Poème opus 19, l’auditeur convaincu tirera bénéfice en poursuivant son exploration de l’univers de Chausson avec Le Roi Arthus (offrande personnelle sur l’autel wagnérien), Viviane, Symphonie en si bémol et bien sur, toute sa musique de chambre…

boutonreservationL’Orchestre des Champs-Elysées au TAP, Poitiers
Jeudi 4 février 2016, 19h30

Albéric Magnard : Hymne à la justice op.14
Ernest Chausson : Poème de l’amour et de la mer op.19
Claude Debussy : La Mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre
Durée du concert : 1h20mn (entracte compris)
Louis Langrée, direction
Gaëlle Arquez, mezzo-soprano

Louis Langrée, premier chef invité de l’Orchestre des Champs-Élysées, défend la musique française partout dans le monde. La saison passée à l’Opéra Comique, ils ont créé ensemble l’un des plus beaux Pelléas et Mélisande qu’on ait entendu depuis longtemps, encensé par le public et la critique. C’est justement Debussy qui constitue la pièce maîtresse de ce concert avec le poème symphonique La Mer, fresque impressionniste où le chatoiement des couleurs devrait être magnifié par les instruments d’époque. Le Poème de l’amour et de la mer fut composé seulement 20 ans avant mais illustre une esthétique fort différente, empreinte de l’influence wagnérienne qui dominait encore en France en cette fin du 19e siècle.

L’Orchestre des Champs-Elysées joue Debussy et Chausson à Poitiers

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Jeudi 4 février 2016. Orchestre des Champs Elysées : Debussy, Chausson, Magnard.... Somptueuse soirée symphonique au TAP de Poitiers ce soir avec l’éclat poétique des instruments d’époque dans un programme de musique romantique française (et post romantique avec le sommet liquide et impressonniste, La mer de Debussy). Sous la conduite du chef Louis Langrée (applaudi la saison dernière pour Pelléas et Mélisande, les instrumentistes si passionnément engagés dans le jeu historiquement informé et toujours soucieux du timbre et du format sonore originel de chaque instrument, s’engagent pour une trilogie de compositeurs dont l’écriture devrait ce soir gagner en mordant expressif, raffinement poétique, justesse caractérisée, subtil équilibre entre lecture analytique et formidable texture sensuelle. Si le propre des auteurs français est souvent présenté comme ce scrupule particulier pour la transparence, la couleur, la clarté, l’apport de l’Orchestre des Champs Elysées devrait le démontrer dans ce programme qui associe : Debussy, Chausson et Magnard, particulièrement convaincant. C’est de Chausson à Debussy, une leçon d’équilibre entre détails et souffle dramatique qui attend les spectateurs auditeurs du TAP de Poitiers lors de cette grande soirée de vertiges symphoniques.

chaussonSi la pièce maîtresse sur le plan symphonique et orchestral demeure évidemment La Mer de Debussy – sublime triptyque climatique pour grand orchestre, le concert offre un aperçu significatif du wagnérisme personnel d’Ernest Chausson, l’un des symphoniste et poète musicien les plus doués de sa génération (il est né en 1855, et s’éteint fauché trop tôt avant la fin du siècle en 1899). Composé entre 1882 et 1890, le cycle est créé lors de ses 38 ans en 1893 ; Le Poème de l’amour et de la mer opus 19 d’après le texte de son exact contemporain et ami, le poète Maurice Bouchor (1855-1929), le Poème comprend deux volets :
I. La Fleur des eaux : « L’air est plein d’une odeur exquise de lilas » – « Et mon cœur s’est levé par ce matin d’été » – « Quel son lamentable et sauvage »
Interlude
II. La Mort de l’amour : « Bientôt l’île bleue et joyeuse » – « Le vent roulait les feuilles mortes » –  « Le temps des lilas »

Comprenant l’intervention d’une soliste (aujourd’hui soprano ou mezzo, bien que la version de création ait été réaisée par un ténor Désiré Desmet), la partition est à la fois cantate, monologue, ample mélodie pour voix et orchestre où les couleurs et le formidable chant de l’orchestre rivalise d’éclats et de vie intérieure avec la voix humaine. Le cycle des 6 poèmes était probablement quasi achevé quand Chausson commence son opéra Le Roi Arthus, puis après la composition de ce dernier, il révise en 1893 Le Poème pour lui apporter une parure définitive et le faire créer dans une version piano / chant par le ténor Désiré Desmet (Bruxelles, le 21 février 1893). La version orchestrale est assurée ensuite en avril suivant par la cantatrice Eléonore Blanc.
Musique empoisonnée, langoureuse et très fortement mélancolique, le chant de Chausson qu’il s’agisse à la voix ou dans l’orchestre exprime une extase mortifère et nostalgique d’une incurable torpeur qui semble s’insinuer jusqu’à l’intimité la plus secrête, développant une écriture scintillante et suspendue…. wagnérienne. Chausson a évidemment écouté Tristan et Yseult ; il ne cesse de déclarer son allégeance à l’esprit du maître de Bayreuth, en particulier dans un motif mélodique, obsessionnel, qui traverse toutes les mélodies et surtout se développe explicitement dans l’interlude qui relie les deux volets du cycle : La Fleur des eaux et La Mort de l’amour.
Musique “proustienne”, d’un éclectisme rentré, (typique en cela de la IIIè République), d’un parfum wagnérien évident mais si original et personnel (en cela digne des recommandations de son professeur César Franck, lui aussi partisan d’un wagnérisme original et renouvelé), douée d’une forte vie intérieure, l’écriture de Chausson est réitération, connotations, intentions masquées, plénitude des souvenirs et des songes enivrés et embrumés, l’expression d’une langueur presque dépressive qui ne cesse de dire son impuissante solitude. C’est en plus de Tristan, le modèle de Parsifal de Wagner (écouté à sa création en 1882 à Bayreuth) qui est réinterprété, “recyclé” sous le filtre de la puissante sensibilité d’un compositeur esthète et poète. Encore scintillante et claire, La Mort de l’amour, cède la place à l’ombre inquiète et l’anéantissement graduel (La Fleur des eaux); les images automnales, crépusculaires, souvent livides et léthales décrivent un monde à l’agonie, perdu, sans rémission (“le vent roulait les feuilles mortes”… est une marche grave et prenante). Et pour finir, tel une prophétie terrifiante, la dernière mélodie, Le temps des Lilas (écrite dès 1886, et souvent chanté comme une mélodie séparée, autonome) confirme qu’après cette agonie il n’y aura plus de printemps. Le Poème de l’amour et de la mer est la prédiction d’une apocalypse inévitable. Il appartient aux interprètes d’en restituer et la langueur hynoptique et la magie des couleurs orchestrales d’un scintillement dont le raffinement annonce La Mer de Debussy… Le chef quant à lui doit veiller aux équilibres, au format orchestre / voix, pour servir l’une des plus belles musique de chambre au souffle symphonique. L’ampleur et la profondeur mais aussi l’exquise lisibilité mortifère du texte, de ses images d’une sourde et maladive mélancolie.
Même s’il fut fils de famille, et d’un train de vie supérieur à celui de ses confrère compositeur, Chausson, mort stupidement après une mauvaise chute de vélo, savit entretenir autour de lui, l’ambiance d’un foyer artistique et intellectuel ouvert aux tendances les plus avancées de son temps : son salon de la rue de Courcelles à Paris reçoit ses amis Fauré, Duparc et Debussy, mais aussi Mallarmé, Puvis de Chavannes et Monet… A l’écoute de son Poème opus 19, l’auditeur convaincu tirera bénéfice en poursuivant son exploration de l’univers de Chausson avec Le Roi Arthus (offrande personnelle sur l’autel wagnérien), Viviane, Symphonie en si bémol et bien sur, toute sa musique de chambre…

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Jeudi 4 février 2016, 19h30

Albéric Magnard : Hymne à la justice op.14
Ernest Chausson : Poème de l’amour et de la mer op.19
Claude Debussy : La Mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre
Durée du concert : 1h20mn (entracte compris)
Louis Langrée, direction
Gaëlle Arquez, mezzo-soprano

Louis Langrée, premier chef invité de l’Orchestre des Champs-Élysées, défend la musique française partout dans le monde. La saison passée à l’Opéra Comique, ils ont créé ensemble l’un des plus beaux Pelléas et Mélisande qu’on ait entendu depuis longtemps, encensé par le public et la critique. C’est justement Debussy qui constitue la pièce maîtresse de ce concert avec le poème symphonique La Mer, fresque impressionniste où le chatoiement des couleurs devrait être magnifié par les instruments d’époque. Le Poème de l’amour et de la mer fut composé seulement 20 ans avant mais illustre une esthétique fort différente, empreinte de l’influence wagnérienne qui dominait encore en France en cette fin du 19e siècle.

Poitiers, TAP. Philippe Herreweghe joue Mendelssohn et Brahms

kopatchinskaja patricia violon mendelssohnPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30. Philippe Herreweghe, Patricia Kopatchinskaia. Nouveau jalon finement ciselé sur le plan instrumental, de la saison symphonique à Poitiers.  Après les concertos de Schumann et Tchaïkovski, la saison symphonique au TAP de Poitiers se poursuit avec deux autres perles romantiques : le 21 avril, Philippe Herreweghe et les instrumentistes de l’Orchestre des Champs Elysées s’associent au feu ardent de la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaia qui, il y a huit ans à Poitiers avait déjà marqué les esprits dans le Concerto de Beethoven. Celle qui joue pieds nus, pour mieux sentir les vibrations du plateau transmises par les respirations et pulsions de l’orchestre, affirme depuis plusieurs années, une sensibilité féline d’une intensité rare. En seconde partie, l’Orchestre des Champs-Élysées interprète sur instruments d’époque la Symphonie n°2 de Brahms(composée plus de 30 ans après le Concerto de Mendelssohn), dans une configuration proche de la création par l’Orchestre de Meiningen.

 

 

 

Tendresse et lumière de Mendelssohn
Mendelssohn Felix-MendelssohnParadoxe de l’art: l’apparente virtuosité masque la simplicité lumineuse de la partition. Souvent, dans le Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn, les interprètes ont l’habitude de forcer ou de souligner le brio. Or l’esprit de l’oeuvre ne le commande pas forcément. Les multiples acrobaties de l’archet, font oublier la vraie nature d’une partition tissée de sobriété, d’insouciance voire d’innocence rêveuse et lumineuse, de mesure. Composé de 1838 à 1844, le concerto fut créé par le violoniste Ferdinand David au Gewandhaus de Leipzig, le 13 mars 1845… Mendelssohn, alité, ne put assister à la création de son chef-d’oeuvre. Quand le compositeur fut rétabli, découvrant l’arche ardente et rayonnante de son oeuvre, sous les doigts de Josef Joachim, le 3 octobre 1847, il était presque trop tard… il devait s’éteindre le mois suivant, le 4 novembre 1847, à 38 ans.

 

 

 

Rage et passion de Brahms
brahms 280En Carinthie, Brahms (44 ans) achève sa lumineuse et tendre Symphonie n°2, créée par Hans Richter à Vienne en décembre 1877: le calme majestueux, d’une éloquence discrète, tendre, presque amoureuse du premier mouvement est un préambule très accessible: le raffinement de l’orchestration (bois, cuivres) renvoie à Beethoven tandis que l’écoulement narratif n’empêche pas une certaine grandeur musclée et carrée propre à la solidité finalement très nordique de Johannes; grave et tendre à la fois, là encore, le sub lime second mouvement est une confession amoureuse, pudique et sensible, d’une intensité rare (adagio ma non troppo : est ce l’hymne amoureux à l’aimée, Clara Schumann ?). Puis, le compositeur revient à la clarté rythmique beethovénienne dans l’Allegretto grazioso quasi andantino où l’esprit enjoué, innocent d’un ländler semble jaillir, premier, vif argent, souvenir aussi de la trépidation mendelssohnienne. C’est peu dire que l’éclat et le rire triomphal du dernier et quatrième mouvement (Allegro con spirito) rappellent le finale de la Jupiter de Mozart (jusqu’à la clarinette noble et élégante prise dans le flux d’une lumineuse envolée). Là aussi, cet amour pour le classicisme distingue l’écriture de Brahms: une vitalité qui traverse tous les pupitres que les chefs gagnent à ne jamais jouer ni tendu ni épais.

 

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30.
Brahms, Mendelssohn
Orchestre des Champs-Élysées

Philippe Herreweghe, direction
Patricia Kopatchinskaia, violon

Felix Mendelssohn : Concerto pour violon en mi mineur op. 64
Johannes Brahms : Symphonie n°2 en ré majeur op. 73

Illustration : Patricia Kopatchinskaja (© Marco Borggreve)

 

 

 

 

CD. Haydn : Les Saisons (Herreweghe, 2013)

haydn saisons herreweghe cd alphaCD. Haydn : Les Saisons (Herreweghe, 2013). Vitalité, feu, panache et expressivité rustique (ivresse des chasseurs et des paysans qui se souviennent des Babyloniens pervertis dans Belshazzar de Haendel…) : cette nouvelle version des Saisons de Haydn a tout pour séduire et convaincre. Œuvre de maturité (dernier oratorio), Les Saisons créé en 1801, après La Création, frappent ici par leur juvénilité rayonnante : une frénésie optimiste coûte que coûte qui regarde déjà du côté de Beethoven…

Philippe Herrreweghe poursuit avec ses fidèles instrumentistes de l’Orchestre des Champs Elysées, un travail millimétré sur les sonorités et l’esthétique des Lumières, encore colorées par la tendance Empfindsamkeit (air de Lukas dans l’Hiver), et ce préromantisme qui regarde directement du côté de Mozart et même de Weber. Tout au long de ses saisons, l’Orchestre seul ou immergé dans l’accompagnement pédagogique des jeunes instrumentistes eux aussi sur instruments anciens du JOA (Jeune orchestre de l’Abbaye… de Saintes) a dans ses gênes, l’interrogation critique des plus grandes œuvres orchestrales, classiques et romantiques. Il s’écoule dans les veines des interprètes, ce sang viennois frappé d’élégance et d’éclairs souriants. La transparence et cette agilité presque facétieuse transparaîssent surtout dans les ensembles comme l’atteste l’allant très solennel mais aussi festif et lumineux de développement du Printemps et de l’Été, du final choral de l’Automne. Il y règne ce dramatisme mordant et bondissant à la fois qui se rapproche de La Flûte mozartienne, une évocation collective qui exprime dans sa noblesse miraculeuse la puissante et impénétrable Nature, l’irrésistible oeuvre du Créateur.

L’idéal musical de Haydn s’accomplit ici, peut-être avec moins de tendresse que son oratorio précédent La Création -plus angélique et d’une inspiration céleste-, mais l’effusion émerveillée face au Paradis terrestre, vivace à travers le cycle des Saisons se réalise – par la seule voix -il est vrai très privilégiée de Simon (baryton)-, sans fausse pudeur, dans ce sentiment de franchise immédiate permise par le format originel des instruments d’époque dont on ne louera jamais assez le profit instrumental, musical, esthétique… La lecture apporte un gain de vérité et de sincérité qui écarte toute épaisseur trop majestueuse que beaucoup de versions précédentes hélas affichent, accréditant davantage la réputation d’une œuvre longue, si exigeante pour les solistes du fait de son endurante activité. Le plateau vocal allie tendresse, humanité, flexibilité, souvent grâce lumineuse, tout à fait respectueuse de l’esprit des Lumières.

Joseph Haydn : Die Jahreszeiten ( Les Saisons, 1801). Collegium Vocale Gent, Maximilian Schmitt, Christina Landshamer, Philippe Herreweghe, Orchestre des Champs Elysées, Florian Boesch… 2 cd Phi. Durée : 2h09mn. Enregistrement réalisé en Autriche (Innsbruck, avril 2013).

Les Créatures de Prométhée de Beethoven au TAP de Poitiers

9 concerts événements au TAP de Poitiers !Poitiers, TAP. Les créatures de Promothée de Beethoven. Orchestre des Champs Elysées, le 6 mai 2014 (auditorium, 20h30). L’Orchestre des Champs Elysées sous la direction de son fondateur et chef historique Philippe Herreweghe s’engagent sur instruments anciens à révéler les couleurs trépidantes d’un ballet méconnu de Beethoven,  une partition peu jouée  (à torts)  : Les Créatures de Prométhée, ballet en une ouverture et trois actes composé pour le chorégraphe italien Salvatore Vigano.

Dans cette oeuvre oubliée créée à Vienne le 28 mars 1801 (quand Haydn a livré son chef d’oeuvre testamentaire, La Création), Beethoven compose plusieurs thèmes qu’il recyclera dans sa fameuse Symphonie Héroïque. De fait, pour souligner la générosité complice de Prométhée envers les hommes enfin réhabilités grâce au don du génial protecteur, Beethoven dans la dernière section (Danza festiva) développe le thème que le compositeur emploiera pour le finale de sa Symphonie Héroïque. La musique énergique, palpitante, pleine d’une triomphante espérance exprime cette gaieté dansante d’une exaltation irrésistible. La trame du ballet de Beethoven dont il existe une version pour piano que l’auteur chérissait particulièrement collectionne les tableaux contrastés : affection du titan Prométhée pour ses deux figures de terre ; présentation devant Apollon et les muses au Parnasse pour qu’elles prennent vie et s’électrisent grâce au feu de la danse. Melpomène assassine le titan mais celui ci renaît grâce à la frénésie chorégraphique de Pan et de ses faunes… tout se conclut dans l’ivresse d’un temps de liesse collective. Concert événement.

Philippe Herreweghe portraitLe sujet permet à Beethoven de développer l’écriture orchestrale selon les contingences exigées par la trépidation dansante. Le feu naturel de son style s’accorde ici parfaitement à la nécessité du drame chorégraphique. Avec Haydn, Mozart et le jeune Schubert, Vienne à l’aube du XIXème siècle bientôt napoléonien, s’affirme comme un foyer musical de premier plan : où prennent leur essor les formes purement instrumentales, Concerto pour piano, symphonies et dans le genre chambriste, le quatuor à cordes.
Sur instruments anciens, l’Orchestre des Champs Elysées poursuit un travail spécifique sur l’éloquence ciselée, alliant puissance et couleurs dans les vastes champs d’expérimentations du répertoire classique et romantique. En abordant le premier Beethoven, sa lecture du ballet Les créatures de Promothée devrait saisir par ses détails, l’énergie rythmique, le sens de la continuité, révélant sous le masque du compositeur l’immense architecte aspiré par l’avenir.

L’Orchestre des Champs Elysées au TAP : Debussy, Fauré, Chausson

9 concerts événements au TAP de Poitiers !Poitiers, TAP: concert Debussy, Fauré, Chausson. Le 20 février  2014 (auditorium, 19h30), l’Orchestre des Champs Elysées sous la direction de Louis Langrée joue un programme de musique française : Debussy, Fauré et Chausson...  En marge des représentations de Pelléas et Mélisande de Debussy qu’il donne à l’Opéra Comique, l’Orchestre des Champs-Élysées présente un programme  aux esthétiques très différentes. Le Prélude à l’après-midi d’un Faune, premier feu d’un impressionnisme sonore magique, peut s’entendre comme un antidote hypnotique aux vénéneuses résonances wagnériennes de la symphonie de Chausson, immense chef-d’œuvre d’un compositeur qui a très peu produit, mais à quel niveau ! La pièce de Maeterlinck Pelléas et Melisande a été une source d’inspiration notamment pour Schönberg et Sibelius. Peu avant que Debussy n’en tire à son tour son célèbre drame lyrique (créé en 1902), Fauré lui consacra une très belle musique de scène pour une représentation… en anglais, à Londres! L’orchestre plus habitué à travailler les classiques Viennois (Mozart et Haydn) ou Beethoven, sort de son habituel répertoire germanique, guidé par Louis Langrée,  fervent amateur de romantisme français.

programme :

Debussy : Prélude à l’après-midi d’un faune
Fauré : Pelléas et Mélisande, suite opus 80
Chausson : Symphonie en si bémol majeur opus 20

Poitiers, TAP: concert Debussy, Fauré, Chausson. Le 20 février 2014 (auditorium, 19h30). Programme de musique française : Debussy, Fauré et Chausson... Orchestre des Champs Elysées. Louis Langrée, direction.