Compte-Rendu, CONCERT. Monaco, Salle Garnier, le 26 avril 2019. RĂ©cital Rachmaninov par MikhaĂŻl Pletnev.

PletnevCompte-Rendu, CONCERT. Monaco, Salle Garnier, le 26 avril 2019. RĂ©cital Rachmaninov par MikhaĂŻl Pletnev. La saison de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, ce n’est pas seulement des concerts assurĂ©s par la prestigieuse phalange monĂ©gasque, c’est aussi de la musique de chambre ou des rĂ©citals assurĂ©s par les plus grands solistes instrumentaux, comme Grigori Sokolov en mars, ou encore le grand chef et pianiste russe MikhaĂŻl Pletnev (cf illustration ci-contre DR). Le vendredi 26 avril, il se livrait Ă  un rĂ©cital solo entiĂšrement consacrĂ© Ă  l’Ɠuvre de SergueĂŻ Rachmaninov, Ă  la Salle Garnier de Monte-Carlo, autrement intime et belle que l’Auditorium Rainier III oĂč se produit majoritairement l’orchestre.

Dernier des grands compositeurs romantiques, encore liĂ© au systĂšme tonal et Ă  un style pianistique alla Chopin (pour son aspect incandescent et passionnĂ©), Rachmaninov peint des impressions fugitives et passagĂšres avec une grĂące et un sens de la plaisanterie assez inĂ©dits. Son Ɠuvre fait preuve d’un grand esthĂ©tisme, associĂ© Ă  une inspiration profondĂ©ment spirituelle, parfois mĂȘme dramatique. En hommage Ă  ce mĂȘme Chopin, et dans un genre oĂč s’illustrĂšrent bien sĂ»r Jean-SĂ©bastien Bach ou encore Mendelssohn, Rachmaninov Ă©crivit vingt-quatre prĂ©ludes pour piano dont la composition s’étale entre 1892 et 1910, le style d’écriture diffĂ©rant beaucoup selon les piĂšces, mĂȘme si le climat reste souvent sombre et mĂ©lancolique. Pletnev a retenu huit d’entre eux, en commençant par le cĂ©lĂšbre opus 3 n°2. On ne peut que louer ici l’aisance technique et le contrĂŽle dans ces PrĂ©ludes – notamment dans ceux particuliĂšrement virtuoses comme ceux de l’opus 23 n°2, 7 ou 8 ou ceux de l’opus 32 n°8 ou 12 – qui ne s’exĂ©cutent jamais au dĂ©triment de la musique. Avec des tempi plutĂŽt amples, un savant dosage dans l’utilisation de la pĂ©dale, et une variĂ©tĂ© de couleurs dans le touchĂ©, le pianiste fait magnifiquement ressortir les mĂ©lodies sans tomber dans la sentimentalitĂ© ou le mauvais goĂ»t. Il entrecoupe les PrĂ©ludes citĂ©s avec d’autres Ɠuvres telles que l’Etude-Tableau opus 39 n°7, dont la section centrale se rĂ©vĂšle ĂȘtre une sorte de marche funĂšbre lugubre avec effets de pluie (selon les volontĂ©s de l’auteur), et qui progresse du gris le plus morne au son chatoyant d’immatĂ©rielles cloches. On citera Ă©galement la Barcarolle et l’Humoresque extraits de ses Morceaux de Salon opus 10, la premiĂšre piĂšce Ă©tant connue pour son dĂ©licat accompagnement arpĂ©gĂ©, et la seconde pour son caractĂšre entraĂźnant et plein d’allant. Notons que les diffĂ©rents morceaux sont jouĂ©s sans que l’artiste ne fasse la moindre pause entre eux, et qu’aprĂšs de brefs saluts, il entonne un seul et unique bis : le cĂ©lĂ©brissime RĂȘve d’amour (Liebestraum) de Franz Liszt, dĂ©livrĂ© avec une incroyable sensualité 

La saison de l’OPMC se poursuit, mais avec du rĂ©pertoire symphonique, et des chefs de la trempe de Kazuki Yamada le 3 mai, Leonard Slatkin le 31 mai ou encore Domingo Hindoyan le 7 juin !

Compte-Rendu, CONCERT. Monaco, Salle Garnier, le 26 avril 2019. RĂ©cital Rachmaninov par MikhaĂŻl Pletnev.