LILLE PIANOS FESTIVAL 2022. Le 11 juin 2022, Mozart, De Falla. Nguci, JĂĄuregui / Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, direction.

LILLE PIANOS FESTIVAL 2022. Le 11 juin 2022, Mozart, De Falla. Nguci, JĂĄuregui / Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, direction   -   AprĂšs le concert d’ouverture dirigĂ© par Alexandre Bloch, auquel nous n’avons pu hĂ©las assister, voici le second grand concert symphonique du Festival Lillois. D’emblĂ©e dans le n°21 de 1785, Marie-Ange Nguci s’empare de la grĂące mozartienne avec un investissement trĂšs personnel, sans maniĂ©risme aucun, en un geste droit, franc, caressant. Sa nature la porte vers l’intĂ©rioritĂ© et les chants indicibles. Ainsi, l’Allegro maestoso, son allure de marche Ă  pas feutrĂ©s expose le jeu pianistique tout en insouciance heureuse, d’autant plus souple et lumineuse que la fusion entre orchestre et soliste est totale. L’Andante dĂ©ploie son climat de plĂ©nitude suspendue, de chant tendre et enivrĂ©, celui d’un nocturne paradisiaque. Dans le Finale (allegro vivace assai), la soliste galvanisĂ©e par le cadre orchestral, prĂ©cis et clair sous la baguette de JC Casadesus, ajoute cette touche bien calibrĂ©e d’espiĂšglerie savoureuse.

 

LILLE-PIANOS-FESTIVAL-2022-UNE-casadesus-nguci

 

 

Avant de quitter la scĂšne, Marie-Ange Nguci offre un splendide bis qui dĂ©voile l’éloquence athlĂ©tique de sa main gauche, uniquement sollicitĂ©e. Impressionnante gageure technique. Le public lillois suit la maturation et l’essor d’un nouveau talent du clavier : ampleur et goĂ»t du risque animent la silhouette Ă©lĂ©gante de celle que Classiquenews avait dĂ©jĂ  distinguĂ©e lors du prĂ©cĂ©dent festival lillois intĂ©gralement diffusĂ© sur internet : c’était le 17 avril 2021. Et dĂ©jĂ  le 21Ăšme de Mozart (Lire notre critique ici : https://www.classiquenews.com/concert-live-streaming-critique-lille-sam-17-avril-2021-orchestre-national-de-lille-mozart-concerto-pour-piano-n21-marie-ange-nguci-piano-david-reiland-direction/ )

En seconde partie de programme, nouvelle interprĂšte, la pianiste catalane Judith JĂĄuregui dans les flamboiements crĂ©pusculaires d’une partition atypique de Manuel De Falla : « Nuits dans les jardins d’Espagne ».

 

 

 

jauregui-judith-piano-concert-critique-nuits-jardins-espagne-falla-jean-cluade-casadesus-lille-classiquenews-lille-pianos-festival

 

En dĂ©pĂźt de leur forme tripartite, les 3 « nocturnes » formant les Nuits d’Espagne (1915) n’ont rien Ă  voir avec la forme traditionnelle du concerto classique : comme une guitare amoureuse (riche en trilles et arpĂšges), les doigts de Judith JĂĄuregui caressent le clavier et dĂ©livrent les fameuses « impressions » amplifiĂ©es par le velours d’un orchestre somptueux (tissant de fait comme un cocon d’ondes capiteuses et Ă©vocatrices surtout dans les 2 premiers Ă©pisodes) ; Ă  Paris, De Falla se montre proche d’Iberia de Debussy et aussi des Variations d’aprĂšs Paganini de Rachmaninov, la forme libre, presque fantasque et l’univers de rĂȘverie imprĂ©visible rappelant pour beaucoup le dĂ©veloppement en rhapsodie. La pianiste Ă©voque l’imagerie exotique de cette contemplation envisagĂ©e ici comme une dĂ©ambulation fĂ©erique : le Generalife, ou rĂ©sidences d’étĂ© des rois maures, puis la Dansa lejana affirment leur caractĂšre enchantĂ©, avec dans le second mouvement, l’éclat particulier des bois (baguette fine, caressante et dĂ©taillĂ©e de Jean-Claude Casadesus). Les « jardins cordouans » conclusifs, (rondo Ă  refrain) accorde un relief spĂ©cifique Ă  l’orchestre, Ă  la fois onirique et rutilant, comme un Watteau de nuit, Ă  la façon d’une fĂȘte de nuit (versaillaise) dont cependant les effets de « zambras » gitanes rappellent la couleur ibĂ©rique, comme le chant du piano solo, introduit par les cors somptueux, cite un motif clairement andalou. Tout est Ă©vocation, suggestion, d’une voluptĂ© heureuse et dansante, puis murmure Ă©vanescent que referme un ultime spasme orchestral.

Chef, instrumentistes, solistes sont unis en un mĂȘme Ă©lan, accordĂ©s au mĂȘme souffle ; l’orchestration Ă©blouissante et les harmonies dĂ©licates indiquent une parentĂ© ravĂ©lienne, hautement « impressionniste » Ă  laquelle le jeu de la soliste,tout en rondeur et crĂ©pitements, rĂ©tablit aussi la fluiditĂ© aĂ©rienne, Ă©noncĂ©e comme une improvisation naturellement accordĂ©e Ă  l’orchestre.
On savoure l’essor de cet enchantement impressionniste avec d’autant plus de plaisir que cohĂ©rence assumĂ©e de la programmation ou non, ce « premier impressionnisme » allait ĂȘtre davantage creusĂ© lors du concert de clĂŽture, dans la houle non moins enchanteresse des timbres d’époque de l’Orchestre Les SiĂšcles, le lendemain soir, mĂȘme lieu mĂȘme heure, dans les 3 volets symphoniques de La Mer de Debussy. Photos : Ugo Ponte / ON LILLE – Orchestre National de Lille

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022. Dim 12 juin 2022, 11h puis 16h : L’Apprenti (pas) sorcier / Marie-Ange Nguci, piano.

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022. Dim 12 juin 2022, 11h puis 16h : L’Apprenti (pas) sorcier / Marie-Ange Nguci, piano   –   FidĂšle Ă  son offre trĂšs grand public, l’Orchestre National de Lille soigne tous les publics, dont les familles et les jeunes oreilles. Le spectacle proposĂ© en famille auprĂšs des jeunes mĂ©lomanes est emblĂ©matique d’une formule qui fonctionne. Ce dimanche 12 juin, Ă  11h, dans le vaste Auditorium du Nouveau SiĂšcle, les enfants accompagnĂ©s de leurs gĂ©niteurs ne savent pas encore qu’ils vont participer, mains levĂ©es, chorĂ©graphies Ă  l’appui Ă  une « battle » les opposant Ă  leurs parents : de quoi prendre leur revanche contre l’ordinaire domestique.

 

maureen-dor-apprenti-sorcier-dukas-lille-pianos-festival-2022-critique-annonce-concert-classiquenews

 

« L’apprenti sorcier [le jeu pas sorcier] » permet une immersion interactive et participative dans la partition de Paul Dukas. On reste toujours Ă©tonnĂ© par la crĂ©ativitĂ© des auteurs pour concevoir des spectacles de sensibilisation Ă  destination du jeune public et de leur parents (ici Sybille Wilson, texte et mise en scĂšne). L’entrain de Maureen Dor (en animatrice, juge et guide), la vitalitĂ© des 6 instrumentistes (ensemble Kheops), pour certains dĂ©tachĂ©s de l’Orchestre National de Lille, 
 rĂ©alisent une performance qui est une excellente porte d’entrĂ©e pour dĂ©couvrir ou rĂ© estimer l’Ɠuvre de Dukas, sommet de la crĂ©ation française dan l’art de construire un drame en musique
Les jeunes oreilles sont invitĂ©es Ă  reconnaĂźtre et mimer (en tempo svp) les thĂšmes de l’Apprenti, du Sorcier, du balai, de l’eau… Chacun apprend Ă  identifier chaque timbre et aussi ce qui est exprimĂ© et qui fait sens dans les combinaisons des instruments : flĂ»te et violon, violoncelle et harpe, l’agile clarinettiste, le piano non moins complice…

Une chorĂ©graphie de bras et de jambes, impliquĂ©es, engagĂ©es dans le dĂ©roulĂ© de la joute, accompagne les temps forts de l’action musicale. On sort conquis par un spectacle de moins d’une heure ; format parfait pour sensibiliser les enfants Ă  la magie du classique, au difficile jeu de l’Ă©coute car il reste difficile de capter sur la durĂ©e la concentration et l’attention des jeunes. Pari rĂ©ussi, idĂ©alement rĂ©alisĂ© sur la scĂšne du Nouveau SiĂšcle. Photo Jeune public @Ugo Ponte / ON LILLE Lille Piano(s) Festival 2022.

 

 

 

 

 

 

16h : RĂ©cital de Marie-Ange Nguci, piano
L’évĂ©nement suivant (16h) est le rĂ©cital de la pianiste Marie-Ange Ngucci (24 ans), sur la mĂȘme scĂšne du Nouveau SiĂšcle, jeune et belle sensibilitĂ© dĂ©jĂ  suivie et Ă©coutĂ©e en avril 2021, entre autres, Ă  l’occasion d’un concert en live streaming, sous la direction de David Reiland (LIRE ici notre critique du concert MOZART, Live streaming, ON LILLE / MA Nguci, sam 17 avril 2021 :
http://www.classiquenews.com/concert-live-streaming-critique-lille-sam-17-avril-2021-orchestre-national-de-lille-mozart-concerto-pour-piano-n21-marie-ange-nguci-piano-david-reiland-direction/.

NGUCI marie angeSon Chopin (Rondo en Mi bĂ©mol Majeur op.16) entre rĂȘve et fureur, souligne la capacitĂ© d’écoute intĂ©rieure de l’interprĂšte ; une constante sensibilitĂ© Ă  rĂ©vĂ©ler les champs sous-jacents de la partition, en une extase coloratoure souvent Ă©perdue, toujours caressĂ©e, d’une grande Ă©lĂ©gance pudique   -   A contrario, le Prokofiev (Sonate n°6 en La Majeur) cultive les saillies et contrastes, Ăąpres et syncopĂ©s dont le climat d’inquiĂ©tude Ă©trange, sur le fil, inspire un jeu interrogatif, droit, tendu, parfois grave. La digitalitĂ© versatile rĂ©sonne alors comme une machine au bord du dĂ©rĂšglement, avant que le 3Ăšme mouvement (nocturne plus apaisĂ©) questionne mais tout en tendresse, la tension accumulĂ©e depuis le dĂ©but. Comme une rĂȘverie fragile, suspendue dont l’enchantement est d’une volubilite dĂ©lirante. Le feu pianistique assume l’épanchement parfois virulent, comme un sortilĂšge qui s’accomplit. Le dernier mouvement, pur scherzo, affirme une suractivitĂ© rythmique faussement insouciante, rien que nerveuse et intranquille. Ses 3 notes rĂ©pĂ©tĂ©es, furtives, ciselĂ©es comme un Ă©noncĂ© sec ouvrent sur l’une des courses poursuites dont Prokofiev a seul le secret, entre angoisse, terreur, sidĂ©ration, et ce que n’oublie pas d’ajouter Marie Ange Nguci : hallucination cauchemardesque
 La vision et la technique fusionnent pour exprimer la richesse d’une kalĂ©idoscope sonore passionnant.

Enfin, Les Cloches de Las Palmas et la Toccata de Saint-SaĂ«ns ((extraits des 6 Études op.111) rappellent l’acuitĂ© et l’originalitĂ© du gĂ©nie de celui qui fut aussi un immense pianiste et un voyageur insatiable. Le Globe-trotteur brosse en traits lyriques, plein de panache, un paysage lumineux. Le jeu de la pianiste convainc par sa virtuositĂ© scintillante et picturale ; sa vision aĂ©rĂ©e, puissamment architecturĂ©e qui soigne aussi crescendos passionnĂ©s et pianissimi suggestifs. L’approche se libĂšre davantage encore dans le 2Ăšme mouvement, qui ne manque ni de swing ni de caractĂšre ; il se rĂ©alise dans une virtuositĂ© brillante et souple, Ă  l’éloquence ductile et chantante auquel l’énergie de la pianiste apporte aussi une Ă©tonnante tension Ă©chevelĂ©e presque parodique
 double, triple nuance qui rĂ©vĂšle peu Ă  peu une maturitĂ© qui se prĂ©cise. La prĂ©sence, le charisme sans chichi sont d’autant mieux apprĂ©ciĂ©s que Marie-Ange Nguci remplace ainsi le rĂ©cital « Echoes of Life » par Alica Sara Ott, initialement annoncĂ©e mais qui a dĂ» renoncer car souffrante. Portrait de Marie-Ange Nguci de face © Caroline Doutre.

CRITIQUE. LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 – les 11 et 12 juin 2022, prĂ©sentation, Ă©dito

lille-pianos-festival-2022-classiquenews-concerts-VIGNETTECRITIQUE. LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 – les 11 et 12 juin 2022. C’est une Ă©dition Ă  la fois diverse et flamboyante qui s’est dĂ©roulĂ©e le week end dernier (au soir du vendredi 10, puis les samedi 11 et dimanche 12 juin 2022). DĂ©sormais inscrit chaque annĂ©e, dans l’agenda lillois de juin, LILLE PIANO(S) FESTIVAL porte bien son nom : cĂ©lĂ©brer la magie du piano tout en Ă©largissant au maximum ses champs artistiques ; ce sont tous les claviers qui sont sollicitĂ©s et proposĂ©s au grand public (clavecin, orgue, accordĂ©on
) et dans tous les genres y compris l’électro, le rap, le jazz ; mĂȘme la danse Ă©tait conviĂ©e Ă  La Convention Publique, nouveau partenaire, Ă©toffant une palette de lieux ainsi investis, partout dans Lille : Conservatoire, CathĂ©drale Notre-Dame de la Treille, Gare saint-Sauveur, Temple, et Ă©videmment l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle, centre nĂ©vralgique de toutes les initiatives et rĂ©sidence de l’Orchestre National de Lille, concepteur de l’évĂ©nement : en son sein, se sont dĂ©ployĂ©s les tempĂ©raments les plus divers et affirmĂ© des sĂ©quences Ă  prĂ©sent mĂ©morables.
Le Festival lillois cultive ainsi l’ouverture, l’accessibilitĂ©, la curiositĂ© ; c’est un laboratoire de la sensibilitĂ© oĂč le festivalier peut ĂȘtre surpris, enrichit son rapport Ă  la musique grĂące Ă  la diversitĂ© des formats et des dispositifs artistiques qui lui sont accessibles ; c’est une ruche foisonnante qui propose de multiples Ă©vĂ©nements ; un rĂ©gal pour les amateurs et les connaisseurs. Une plateforme ouverte, certainement visionnaire dans sa capacitĂ© Ă  se renouveler et Ă  surprendre. Chacun y explore ou retrouve des interprĂštes et des rĂ©pertoires habilement croisĂ©es, dont la richesse Ă©tonne Ă  chaque Ă©dition.

 

 

grosvenor-lille-pianos-festival-2022-critique-concerts-comptes-rendus-classiquenews-critique-concert-opera-classiquenews-lille

 

 

Éclectisme et excellence

 

 

TEMPS FORTS 2022 : Benjamin Grosvenor, Bertrand Chamayou et Les SiĂšcles. Parmi les temps forts de cette Ă©dition 2022, distinguons parmi une offre plĂ©thorique de tempĂ©raments et de caractĂšres
 le rĂ©cital du britannique Benjamin Grosvenor (samedi 12 juin) : presque trentenaire, le formidable acrobate a confirmĂ© sa gĂ©niale spĂ©cificitĂ© ; haute technicitĂ©, intelligence dramatique, hypersensibilitĂ© expressive. Un nouvelle Ă©toile du clavier Ă  n’en pas douter. Et dans un programme aussi remarquablement contrastĂ©, redoutable qu’équilibrĂ©.
Belle prestation Ă©galement du 1er Prix au Concours Reine Elisabeth 2021, Jonathan Fournel (Brahms : Sonate n°3) ; puis Marie-Ange Nguci et Judith Jauregui jouant avec les instrumentistes du National de Lille sous la direction de leur fondateur Jean-Claude Casadesus. Ajoutons, enfin deux autres programmes plus que convaincants (dim 12 juin): le rĂ©cital d’Olivier Latry sur l’orgue de ND de la Treille, grand moment de lĂ©vitation mystique (JS Bach, Franck, Vierne, Messiaen,
) et apothĂ©ose annoncĂ©e ayant tenu ses promesses, le concert de clĂŽture dĂ©fendu par Bertrand Chamayou jouant un Pleyel historique dĂ©but XXĂš et l’Orchestre Les SiĂšcles, invitĂ© cette annĂ©e dont les couleurs et les associations de timbres, ciselĂ©es, Ă©lectrisĂ©es par leur chef, François-Xavier Roth, ont dĂ©poussiĂ©rĂ© et rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© Franck puis Debussy (La Mer) : un miracle symphonique comme on en vit rarement au cours d’une saison musicale. Ce concert reste notre coup de coeur (avec le rĂ©cital du dĂ©sormais incontournable Benjamin Grosvenor).

 

 

 

 

NOS CRITIQUES. Retrouvez ci aprÚs, les compte rendus spécifiques à chaque programme auquel nous avons assisté. Critiques à venir ici 
 :

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 :

 

 

CONCERTS du samedi 11 juin 2022
_____________________________

Lille, Nouveau SiÚcle / Récital de Benjamin GROSVENOR : Franck, Albéniz, Ravel.

Lille, Nouveau SiĂšcle / Concert symphonique : MOZART (Concerto n°21), De FALLA (Nuits dans les jardins d’Espagne) – Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, Marie Ange NguciJudith JĂĄuregui.

Lille, Nouveau SiĂšcle / RĂ©cital de Vanessa Wagner : Debussy, crĂ©ation des 7 PrĂ©ludes / Preludios d’Alex Nante, compositeur en rĂ©sidence Ă  l’Orchestre National de Lille

 

 

CONCERTS du dimanche 12 juin 2022
_____________________________

Lille, Nouveau SiĂšcle / Spectacle Jeune Public, d’aprĂšs L’Apprenti Sorcier de Paul Dukas / RĂ©cital de Marie-Ange Nguci : Chopin, Prokofiev, Saint-SaĂ«ns

Notre-Dame de la Treille : rĂ©cital d’Olivier Latry, orgue. JS BACH, Franck, Vierne, Messiaen

Lille, Nouveau SiĂšcle / concert de clĂŽture : Franck (Les Djinns, Variations Symphoniques), Debussy (La Mer) – Bertrand Chamayou, Les SiĂšcles, FX Roth.

 

 

 

 

__________________

DIFFUSION

Ce 21 juin 2022 en soirĂ©e la chaĂźne de radio locale France Bleu Nord diffuse le concert d’ouverture du Lille Piano(s) Festival 2022 : Orchestre national de Lille et Alexandre Bloch avec Francesco Piemontesi (Concert pour piano de Robert Schumann).
.

Rentrée 2022 :
L’audito 2.0, la chaüne youtube de l’ON LILLE, Orchestre national de Lille diffuse cet automne le concert du jazzman Isfar Arabski et Judith Jauregui avec le quatuor Gerhardt. Dates et annonces à venir sur classiquenews

Mezzo diffuse cet automne Ă©galement les 2 concerts prĂ©cĂ©demment citĂ©s et aussi le concert d’ouverture du Lille Piano(s) Festival 2022 : Orchestre national de Lille et Alexandre Bloch avec Francesco Piemontesi (Concert pour piano de Robert Schumann, The messenger de Silvestrov).

 

 

_____________________

Crédits photos : ON LILLE Orchestre national de Lille / © Ugo Ponte

 

Lille-pianos-festival-2022-critique-concert-piano-orchestre-les-siecles-chamayou-grosvenor-nguci-alex-nante-classiquenews

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. Concert en live streaming au format raisonnable, un seul Concerto pour piano
 mais quelle Ɠuvre : du pur Mozart ; grave et tendre, c’est Ă  dire bouleversant, capable de faire imploser l’esthĂ©tique galante par une intelligence versatile qui multiplie les champs de vision et les climats Ă©motionnels les plus contrastĂ©s. Ce n°21 est certainement le moins conforme des Concertos de Wolfgang. Relevant les dĂ©fis multiples d’une Ɠuvre inclassable et complexe, dĂ©jĂ  pleinement romantique (pourtant datĂ©e de fĂ©vrier 1785), l’Orchestre National de Lille invite deux tempĂ©raments accomplis, ambassadeurs inspirĂ©s de la psychĂ© mozartienne : le chef David Reiland et la jeune soliste Marie-Ange Nguci, dĂ©jĂ  sollicitĂ©e en juin dernier au Lille Piano(s) Festival 2020. Cette seconde prĂ©sence, en dialogue avec les instrumentistes lillois sonnent comme la confirmation de la rĂ©vĂ©lation Ă©prouvĂ©e en 2020.

Entre grĂące et majestĂ©, profondeur et brio, Mozart conçoit une tragĂ©die inscrite au cƓur, tempĂȘte intĂ©rieure dans laquelle le chant tĂ©nu, cristallin, prĂ©cis et intense de la pianiste tente de se reconstruire au diapason d’une rĂ©sistance maintenue malgrĂ© la passion Ă©ruptive de ce mouvement panique initial. Toute la finesse de la pianiste Ă©claire ce mariage ineffable entre luciditĂ©, tendresse, mĂ©lancolie et gouffre d’angoisse. Autant d’exaltation et de peine Ă©perdue prĂ©figure les Ă©clairs des 3 derniĂšres symphonies (Ă  partir de 1788).
Entre sensibilitĂ© voire abandon, Ă©lĂ©gance et profonde voire grave tendresse, Marie-Ange Nguci masquĂ©e, Ă©blouit par un jeu vif argent, viscĂ©ralement ancrĂ© dans la langueur, la conscience, un legato qui rĂ©pare et console. La vibration intĂ©rieure se dĂ©ploie ici dans les variations du premier mouvement dont la jeune pianiste fait un aria riche en crĂ©pitements et nuances, alliant passion et pudeur. Aucun doute, l’interprĂšte Ă©claire ce romantisme Ă  l’Ɠuvre chez Mozart, d’autant que le chef David Reiland redouble de prĂ©cision et de souplesse, en fin mozartien qu’il est (cf compte rendu du concert Mozart / Ravel, Arsenal de Metz, nov 2019).

 

 

 

La magie mozartienne par l’Orchestre national de Lille

Entre juvénilité et tendresse, gravité et fureur,
Marie-Ange Nguci éblouit dans le Concerto n°20 de Mozart

 

 

nguci-marie-ange-piano-mozart-concerto-poiano-20-orchestre-national-de-lille-david-Reiland-critique-concert-live-streaming-critique-classiquenews

Le mouvement central (notĂ© « ROMANCE »), l’un des plus bouleversants de la littĂ©rature mozartienne (usĂ© jusqu’à l’abus par les cinĂ©astes de tout poil) dĂ©ploie l’ivresse d’un clavier qui s’adoucit en dialogue avec les bois, mais sait mordre et rugir portĂ© par l’accent des cordes ; sur le tapis des cordes bondissantes, murmurĂ©es, la pianiste s’accorde des instants suspendus, magiciens ; sa gravitas sobre, son sens de l’urgence (en sol mineur comme l’agitation de la symph 40 de juillet 1788), sa gestion des silences indiquent une maturitĂ© dĂ©jĂ  entiĂšre.
Le FINALE (Rondo) irradie d’éclairs dramatiques et de fureur romantique grĂące Ă  l’acuitĂ© et la vivacitĂ© prĂ©cise que sait susciter la direction du chef dont on soupçonne une attention particuliĂšre au raffinement des timbres, Ă  leur Ă©quilibre, Ă  la vivacitĂ© de leur subtil mĂ©lange, conçu par un Mozart, aussi gourmet que gourmand (jeu de la flĂ»te, des hautbois, des bassons, en dialogue avec le piano enivrĂ©, extatique, comme en Ă©tat de transe Ă©merveillĂ©e et toujours attendrie)

Le fini sonore et cette Ă©loquence Ă©lectrique rapprochent soudainement le Concerto n°21 du Mozart des planches lyriques, celui de Don Giovanni Ă  venir (1787) comme de Cosi.‹La derniĂšre variation affirme l’absolu de la plĂ©nitude comme de la solitude d’un piano tendre et crĂ©pitant au jeu naturel et coulant, qui au contact des bois complices galope enfin dans les champs Ă©lysĂ©ens ; magie de la suprĂȘme lĂ©gĂšretĂ©, virtuose et prĂ©cise, mesurĂ©e et souple, celle d’un enfance qui a jailli, lumineuse insouciance, sans entraves ni contraintes, aprĂšs de sombres pressentiments, de terribles effondrements.

LILLE PIANOS fESTIVAL 2020 : l'Ă©vĂ©nement digital en direct sur YOUTUBESuperbe rĂ©cital qui confirme le talent volubile, profond, de Marie-Ange Nguci : ce 2Ăš concert avec l’Orchestre National de Lille confirme le premier (en solo), lors du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020) : la jeune artiste Ă©loignĂ©e des montreurs d’agilitĂ© creuse, a pour elle, un feu intĂ©rieur qu’elle tirera bĂ©nĂ©fice Ă  cultiver dans cette tension et cette simplicitĂ© ; un tempĂ©rament musicien qu’il faut dĂ©sormais suivre absolument.

_____________________________________________________________________________________

 

 

 

 

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. REVOIR le concert en REPLAY sur le chaĂźne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, ICI

_____________________________________________________________________________________

 

 

 

LIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND

NGUCI-Marie-ange-piano-concert-critique-classiquenews-orchestre-national-de-lille-streaming-liveLIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND. Programme Ă©vĂ©nement ce samedi grĂące Ă  la complicitĂ© de l’Orchestre National de Lille et du chef (actuel directeur musical de l’Orchestre national de Metz), David Reiland : l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle affiche en direct samedi Ă  partir de 20h, l’un des concertos les plus Ă©blouissants de Mozart, son n°20 : frappĂ© du sceau de l’urgence, de la gravitĂ©, de la profondeur et de l’élĂ©gance
 mozartienne. Il faut un toucher de velours qui sait aussi mordre pour exprimer l’écriture Ă  la fois tendre et tragique du compositeur. En fĂ©vrier 1785, Wolfgang est l’auteur le plus en vue de Vienne, capable d’un prodige alliant tendresse ineffable et grandeur sombre ; Haydn s’inclinera alors devant la partition et dĂ©clare Ă  Leopold, le pĂšre de Mozart : « votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse ». Le raffinement de l’orchestration, la partie jamais « bavarde » ou strictement virtuose du piano, la volubilitĂ© des atmosphĂšres, contrastĂ©es qui se succĂšdent avec naturel et mĂȘme vertige, indiquent la maturitĂ© de Wolfgang qui choisit la mĂȘme tonalitĂ© que l’ouverture du futur opĂ©ra « Don Giovanni » dĂšs le dĂ©but du Concerto. Un souffle intensĂ©ment dramatique saisit immĂ©diatement l’auditeur (Allegro). Le point d’accomplissement de la partition demeure le mouvement central ou « Romance » , ample priĂšre suspendue, touchĂ©e par la grĂące d’une inspiration qui regarde au delĂ  du rĂ©el, qui exprime au delĂ  de tout sentiment terrestre. Le Rondo final laisse se libĂ©rer l’invention parfois tumultueuse d’un esprit Ă  vif : Mozart exprime tous les sentiments humains en un drame aussi intĂ©rieur que dĂ©monstratif. Il s’émancipe de la frivolitĂ© du style galant pour atteindre une profondeur nouvelle, prĂ©-romantique. La fin semble d’une allĂ©gresse insouciante jusqu’au dernier accord, singulier qui interroge (rĂ©/do diĂšse) : ainsi est la facĂ©tie mozartienne, trouble, ambivalente, multiple voire insondable Ă  l’égal du choix du rĂ© mineur pour ce rondo Ă©tourdissant, bouleversant. Une richesse allusive qui suscite l’interrogation. Est ce la raison pour laquelle le n°20 fut apprĂ©ciĂ© et jouĂ© par Beethoven (qui Ă©crivit mĂȘme sa propre cadence), inaugurant une passion que partageront (Ă  juste titre) Brahms, Clara Schumann, Busoni
 ?

_____________________________________________________________________________________

 

 

 

La jeune pianiste française Marie-Ange Nguci retrouve ainsi LILLE dont elle Ă©tait la rĂ©vĂ©lation du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL (juin 2020) : on se souvient qu’en plein confinement de la culture, dans la stricte observation des mesures sanitaires, l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE proposait alors un festival 100% digital dont CLASSIQUENEWS a rendu compte des programmes principaux :
https://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020/

Aux cĂŽtĂ©s de Jonathan Biss (direct depuis Philadelphie), Jean-François Zygel (improvisant d’aprĂšs Beethoven), David Kadouch dans un formidable concert de clĂŽture, Marie-Ange Nguci affirmait son tempĂ©rament lunaire et cristallin dans un programme personnel (Bach / Busoni), Beethoven, Ravel, Scriabine.

NGUCI-marie-ange-piano-concert-critique-lille-pianos-digital-classiquenews-juin-2020« Fulgurant, mordant et d’une Ă©tonnante intelligence des contrastes, le jeu de Marie-Ange Nguci Ă©coute la matiĂšre, fait surgir des Ă©lans murmurĂ©s d’une poĂ©tique Ă©trange, liquide, suspendue, auxquels rĂ©pondent des dĂ©flagrations tranchantes ; mais il y aussi un impressionnisme sonore qui s’écoule, et des rythmes qui s’entrecroisent et se chevauchent dans un festival Ă©motionnel permanent, contrĂŽlĂ©, scintillant  », Ă©crivions-nous lors du LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020. LIRE ici nos comptes rendus du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 :
http://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020-ledition-100-digitale/

Ambassadrice des la profondeur mozartienne, l’interprĂšte devrait dĂ©voiler toute la palette de sa dĂ©jĂ  riche sensibilitĂ©, d’autant plus sous la baguette d’un chef lui aussi mozartien jusqu’au bout des ongles, l’excellent David Reiland.

_____________________________________________________________________________________

 

 

 

VOIR le concert MOZART : Concerto pour piano n°20ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-AUDITO-2.00-concert-digital-en-direct-depuis-l-auditorium-du-nouveau-siecle-lille-annonce-critique-concert-classiquenews
Marie Ange NGUCI, piano
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
David Reiland, direction
https://www.youtube.com/watch?v=WPvxff5nKEg&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=1

LIRE le programme de salle ici :
https://bit.ly/MozartConcertoONL​

_____________________________________________________________________________________

 

 

 

 

 

 

RETROUVER les concerts digitaux de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / «  AUDITO 2.0 », la salle de concert numĂ©rique de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille :
https://bit.ly/2INlAIg

RETROUVER LA PROCHAINE PROGRAMMATION du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2021
ici : www.lillepianosfestival.fr

 

 

 

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : l’Ă©dition digitale pionniĂšre sur YOUTUBE

lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : l’Ă©vĂ©nement tout digital du mois de juin 2020 (12, 13, 14 juin 2020). L’Orchestre National de Lille offre en accĂšs direct sur youtube tous les concerts de l’Ă©dition 2020 ; une Ă©dition placĂ©e sous le signe du talent et de Beethoven. Suivez ici en direct, les concerts du LILLE PIANO(S) FESTIVAL : Alexandre Kantorox, Marie-Ange Nguci, David Kadouch, … l’improvisateur et pĂ©dagogue Jean-François Zygel qui nous parle de Ludwig Beethoven, dont le Festival joue, 250 Ăšme anniversaire de la naissance oblige en 2020, l’intĂ©grale des Sonates pour violoncelle et piano(Jonas Vitaud, Victor Julien-LaferriĂšre), le 3Ăš Concerto pour piano et orchestre, avec l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre BLOCH (version inĂ©dite pour orchestre de cordes)… DIRECT Ă©vĂ©nement sur YOUTUBE ici / chaine Youtube de l’ON LILLE Orchestre National de Lille

________________________________________________________________________________________________

RETROUVEZ ICI
TOUS LES CONCERTS
DU LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020
sur la chaĂźne youtube de l’ON LILLE
Orchestre National de Lille

 

lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenews

Et tous les replays de l’Orchestre National de Lille : FĂȘte de la musique (21 juin 2020), programmes pour les petits et les familles, Que se passe-t-il dans la tĂȘte du chef d’orchestre ?, les feuilletons pĂ©dagogiques, la tournĂ©e de l’ONL en Angleterre…

 

________________________________________________________________________________________________