CD. Diana Baroni chante La Macorina

CD. La Macorina. Diana Baroni (1 cd Papilio)


CLIC_macaron_2014La Macorina (Diana Baroni, 2012).
Sur les traces de l’Ă©crivain D.H. Lawrence, le programme de ce disque Ă©blouissant parcourt les paysages du Nouveau Monde comme autant d’Ă©tapes d’une renaissance intĂ©rieure. Diana Baroni, flĂ»tiste virtuose et membre fondatrice de CafĂ© Zimmermmann, fleuron des ensembles baroques sur instruments d’Ă©poque poursuit une Ă©tonnante carrière soliste comme … chanteuse. Grain de velours, timbre ardent Ă  l’imaginaire mĂ©tissĂ©, l’Argentine ressuscite le chant embrasĂ© et nostalgique des grandes divas du siècle dernier, la mexicaine Chavela Vargas ou l’immense compositrice et poĂ©tesse pĂ©ruvienne, Chabuca Grande. Chez Diana, le mĂŞme engagement radical, la mĂŞme musicalitĂ© fervente, une passion intacte pour le verbe musical, Ă  la fois fier et suggestif, surtout les mĂ©tissages colorĂ©s d’un imaginaire personnel dont on ne cesse d’apprĂ©cier les options instrumentales: elle ne vient pas du baroque pour rien; associer un Quintette de cordes et les musiciens traditionnels de la culture populaire sud amĂ©ricaine (vihuela, quena, kora, cajon…) rĂ©alise l’un des tapis instrumentaux les plus raffinĂ©s qui soient aujourd’hui. sans omettre la douceur enivrante du traverso qui est son instrument emblĂ©matique (si proche de la voix lĂ  encore).


La voix de Diana


la_macorina_diana_baroni_cdDans La Macorina, Diana Baroni nous conduit en terres hispaniques sudaméricaines
, Bolivie, Argentine (son pays), Mexique, PĂ©rou, VĂ©nĂ©zuela… Cheminement et traversĂ©e, l’idĂ©e du voyage s’inscrit allusivement comme une invitation introspective oĂą se glissent et se prĂ©cisent aussi hommages, filiations, souvenirs… tout un monde oĂą l’Ă©vocation tissĂ©e dans des textes Ă  la poĂ©sie enivrante cultive finesse et pudeur.
AouhMmknoR_2013214VBCI1CZW9NEcoutez ainsi La Macorina qui donne son titre Ă  l’album: la courtisane cubaine qui vĂ©cut au dĂ©but du siècle Ă  La Havane, aimait passionnĂ©ment les voitures de sport et obtint avant toute autre, son permis de conduire ; une figure sensuelle et fatale devenue mythe que la Mexicaine Chevala Vargas s’est appropriĂ©e (Ă  travers le refrain entĂŞtant ” Ponme la mano aqui…“) et que Diana Baroni inscrit logiquement Ă  son rĂ©pertoire. MĂŞme Ă©vidence, mĂŞme hommage pour l’immense Chabuca Grande, poĂ©tesse et compositrice dont Diana en Argentine Ă©couta tous les disques: Fière allure et JosĂ© Antonio (Fina estampa, JosĂ© Antonio) ressuscitent ce verbe Ă©vocatoire qui fait surgir toute la culture populaire du PĂ©rou, oĂą l’on croise la silhouette d’un Monsieur de fière allure, ou celle tout aussi avenante d’un cavalier sur son cheval de Paso… Et quand la chanteuse explore les chansons argentines, le chant convoque immĂ©diatement l’ivresse des navigations qui font dĂ©filer les paysages les plus enchanteurs (El Cosechero et surtout l’irrĂ©sistible Cancion del Jangadero, chantĂ© en duo avec Alfonso Pacin. Avouons notre prĂ©fĂ©rence outre la théâtralitĂ© toute en sĂ©duction feutrĂ©e de La Macorina, pour la chanson Aymara de Bolivie, d’une tendresse bouleversante, chantĂ©e Ă  deux voix et rĂ©alisĂ©e (flĂ»tes et guitare entre autres) avec une finesse de ton ciselĂ©e… Superbe album, orfĂŞvrĂ©, incarnĂ©, d’une sincĂ©ritĂ© qui Ă©blouit.

La Macorina (Carnet de voyages du Nouveau Monde). Diana Baroni, chant, traverso. Diana Baroni Trio. Alter Quintet. 1 cd Papilio collection 3 775000 055233 (distribution: Harmonia Mundi).

Prochains concerts de Diana Baroni

mercredi 24 avril 2013. Festival Metis de Saint-Denis. Programme Canterurias
mardi 21 mai 2013. Paris, Zèbre de Belleville. La Macorina
mercredi 22 mai 2013. Roanne Villerest, Satellit Café. La Macorina