Reportage vidéo Présences 2016 : Oggi l’Italia ! Du 5 au 14 février 2016

oggi l italia presences 2016 festival musique contemporaine VIGNETTEReportage vidéo Présences 2016 : Oggi l’Italia ! Du 5 au 14 février 2016, la Maison de la Radio à Paris propose son nouveau festival Présences (26ème édition en 2016), entièrement dédié à l’écriture contemporaine et à la création. Cette année pleins feux sur les compositeurs italiens : Francesconi, Fedele, Romitelli, Morciano… mais aussi les français Dutilleux, Pécou, Canat de Chizy, Lenot et Grisey. Jean-Pierre Derrien, conseiller artistique, présente l’édition 2016, avec les compositeurs Luca Francesconi et Lara Morciano, ainsi que Sofie Jeannin (chef de chœur)… présentation générale ; concerts Francesconi et Mociano à l’affiche ; à 9mn45 : existe-t-il une « école italienne » ; à 13mn54 : singularité du festival Présences de Radio France… reportage vidéo exclusif © studio CLASSIQUENEWS.COM / réalisation : Philippe-Alexandre Pham (février 2016)

 

Paris, ce soir : concert inaugural Présences 2016

Festival Présences 2016 à ParisParis, ce soir, Concert inaugural Festival Présences 2016, Maison de la Radio, 20h. Concert événement en ouverture du festival Présence 2016, le festival de la création contemporaine de Radio France : ce vendredi 2015, à l’Auditorium de la Maison de la Radio à 20h promet d’être un grand moment de musique vocal et symphonique. Sollicitant toutes les ressources maison : – Maîtrise, Choeur de Radio France (Sofi Jeannin, direction), Orchestre Philharmonique de Radio France, sous la direction de l’excellent Mikko Franck, le programme d’ouverture de la 26ème édition du Festival, affiche la création française de Luca Francesconi; inspirée des discours de Nelson Mandela : “Bread, Water and Salt”, pièce majeure de l’événement, d’autant mieux défendue qu’elle engage à Paris, la soprano sud-africaine Pumeza Matchikiza, qui maîtrise totalement la langue Xhosa, sa langue maternelle qui fut aussi le premier langage de Mandela. L’Å“uvre mi parlé mi chanté, en Xhosa et en anglais, exprime toute l’odyssée du prisonnier devenu président, un hymne de fraternité où les souffrances et les blessures s’inscrivent dans le corps même de la chanteuse soliste et du chÅ“ur, voix collective, douloureuse mais aussi portée par un indéfectible espoir. Le programme comprend aussi : The Poppy in the cloud de Fausto Romatelli (avec la Maîtrise de Radio France, d’après les poèmes d’Emily Dickinson), Timbres, Espace, Mouvement ou la Nuit étoilée de Dutilleux, sans omettre Soleil rouge de Thierry Pécou. En direct sur France Musique, à partir de 20h.

oggi l italia presences 2016 festival musique contemporaine VIGNETTEVOIR aussi notre reportage exclusif Festival Présence 2016, “Oggi l’Italia !”, avec Jean-Pierre Derrien, Luca Francesconi, Lara Morciano, Sofi Jeannin… Festival Présence 2016, Oggi l’italia, du 15 au 14 février 2016. Informations et réservation sur le site de la Maison de la Radio / Festival Présence 2016. 

Luca Francesconi à Présences 2016

Francesconi luca festival presences luca-francesconi1Luca Francesconi (né en 1956). Le compositeur libre. C’est en écoutant Richter lors d’un récital à Milan que le jeune Luca se prend de passion pour la musique ; il fera comme le pianiste. Formé au Conservatoire milanais (classe de composition de Azio Corghi), Francesconi conserve une liberté et un appétit intact en admirant après Richter, Pollini qui joue comme s’il improvisait, et Berio dont Laborintus le marque profondément. Ainsi ni post Nono, ni post Sciarrino, Francesconi sera d’abord lui-même. Auprès de Berio dont il est l’assistant au moment de la création de La Vera storia à La Scala, Francesconi apprend un métier, une discipline. Proche de Donatoni, pourtant moins connu, le jeune compositeur s’affirme avec sa première partition d’ampleur en 1982, Passacaglia pour grand orchestre. Son projet est de rétablir le lien entre intellect et corps, pensée et sensualité. L’homme aime transmettre, cultiver le temps long avec peu de personne pour approfondir toute relation ; il prend très au sérieux son activité de professeur. Comme directeur de la Biennale de Venise (pendant quatre années : 2008-2011) il s’inscrit dans un terreau d’initiatives qui repensent le geste créateur hors de toutes contraintes et de tout compromis.

Lors du premier concert (inaugural, le 5 février 2016), Mikko Franck dirige Bread, water and salt (création française), composé sur les poèmes de Nelson Mandela (d’après une proposition initiale du chef Antonio Pappano). L’écriture très poétique tire profit de la langue xhosa très riche en consonnes. Le chant, donc l’opéra et le relecture de l’héritage montéverdien inspire aussi Francesconi qui après Quartet d’après Heiner Müller, prépare un nouvel opéra, dédié au personnage de Vautrin, conçu par Balzac (son titre : “Trompe la mort”). Commande de Stéphane Lissner pour l’Opéra national de Paris, l’ouvrage sera créé en 2017 au Palais Garnier. Et son livret est rédigé en français par le compositeur lui-même, dans la tradition de Berlioz et Wagner. Aujourd’hui, Francesconi cultive une distance critique sur les chapelles et coteries bien pensantes par lesquelles il aura fallu passer pour se faire un nom (ou un réseau). Rejoindre l’Ircam, cultiver une posture post boulézienne n’a plus de sens actuellement. Et c’est tant mieux. Et puis contre toute tentation commerciale, l’indépendant assure qu’il faut retrouver le chemin de la liberté audacieuse et inventive à une époque où le rapp est servi comme un plat nouveau quand il était déjà génial à New York dans les années 1970… Comme Berio qui pensait juste à voulant retrouver l’esprit d’innovation d’un Monteverdi, Francesconi nous indique le chemin de la création à défendre et atteindre coûte que coûte.

Consulter le site du compositeur Luca Francesconi :

https://frescoanbima.wordpress.com/francesconi/ 

(en italien)