CD, événement. Alexandre DENÉREAZ : TOUTANKHAMON… Volgograd Symph Orchestra / Siffert (1 cd GALLO, 2006).

denereaz alexandre tombe toutankhamon le tombeau de toutankhamon cd critique glallo critique review cd critique cd opera concert critique classiquenewsCD, événement. Alexandre DENÉREAZ : TOUTANKHAMON… Volgograd Symph Orchestra / Siffert (1 cd GALLO, 2006). Compositeur contemporain de Ravel, le suisse né à Lausanne Alexandre Denéréaz (1875 – 1947) « ose » mettre en musique le choc retentissant que fut la découverte de la tombe du souverain d’Egypte Toutankhamon, le 4 novembre 1922. Il allait créer sa nouvelle partition 4 ans après la découverte phénoménale… Curieusement trop peu de compositeurs ont relayé l’actualité de l’égyptologie, contrairement aux arts décoratifs ou à la peinture, miroirs de cette passion française et européenne pour l’Egypte ancienne. Certes Philip Glass a bien composé sur l’hérésiarque mystique Akhetaton… mais il reste un cas isolé.
Le Suisse Alexandre Denéréaz vient opportunément enrichir le tableau. Pas facile de trouver les équivalences musicales (timbres et rythmes), au raffinement inouï des pièces d’or et de gemmes précieuses, retrouvées par Howard Carter dans la Vallée des Rois. Créé par Ernest Ansermet à Lausanne en 1926, l’ample poème symphonique de plus de 15 mn rend cependant hommage à l’événement archéologique le plus bouleversant de l’égyptologie (après la résolution des hiéroglyphes par Champollion en 1824) ; certes dans l’interprétation que nous en offre Emmanuel Siffert et l’orchestre de Volgograd (enregistrement de 2006), on regrette la dureté du geste et les contrastes dynamiques trop appuyés (cors faillibles en ouverture), creusant les écarts dynamiques… pourtant le compositeur ne manque pas de vertiges allusifs comme Le Rêve (la pièce qui suit Toutankhamon) le démontre aisément. Datée de 1908, l’intermède symphonique témoigne d’une sensibilité souple et rêveuse, au chant mesuré pourtant d’une couleur straussienne, manifeste.

La TOMBE de TOUTANKHAMON

Connaissez-vous le poème symphonique du compositeur suisse Alexandre Denéréaz (1926) ?

Ce qui semble avoir marqué  Denéréaz, c’est moins le contenu même de la tombe, – les nuances infinies d’or, d’une statue à l’autre, de bijoux en coffrets… que la nouvelle fracassante et son retentissement mondial, dès la proclamation en novembre 1922. Soit presque 3000 objets exhumés, classés, analysés, identifiés au terme de 10 années de soin  et de méthode scientifique… Presque cent ans après l’événement, la force de la pièce exprime et le mystère et la gloire de cette découverte ahurissante en un orchestre rutilant parfois véhément, au final percutant et vif. La majesté et la violence aussi marquent l’évocation de la civilisation égyptienne par Denéréaz, visiblement touché par la signification de cette découverte.
Soulignant la capacité narrative du compositeur, l’éditeur suisse Gallo complète astucieusement l’édition de Toutankhamon par la Suite « Scènes de la vie du cirque » de 1911, qu’il faut estimer comme une démonstration d’imagination néo wagnérienne, mais aussi telle une autre offrande à la quête d’exotisme : l’homme-serpent, les Africains et la danse africaine (d’une belle ivresse non dénuée d’humour) avant l’épilogue soulignant la recherche des couleurs extra-européennes que cultive le compositeur de Lausanne.
Au final, la verve imaginative de Denéréaz est évidente ; son langage symphonique étant prêt à relever tous les défis de l’évocation moins de l’illustration littérale. C’est un témoignage précieux de l’écho ressenti par un contemporain en 1922 : Toutankhamon n’a rien perdu de son aura, et en 2019, ce n’est pas l’exposition actuellement présentée à la Grande Halle de la Villette qui le démentira : le visiteur y éprouve chaque étape et suit le voyage de Pharaon divinisé, au royaume des morts, du parcours nocturne à sa résurrection finale au matin, en une scénographie plus que convaincante, s’il n’était le monde devant chaque vitrine…
Denéréaz dès 1926 semble avoir bien compris et mesuré les enjeux de cette découverte d’un apport encore pas totalement évalué presque 100 ans après sa réalisation… Le poème de Denéréaz ajoute à la réflexion sur le pourquoi de la tombe retrouvée intacte, son apport véritable sur le plan artistique comme spirituel…

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CLIC D'OR macaron 200CD, événement. Alexandre DENÉRÉAZ : 1. Au tombeau du Tut-Ankh-Amon – At Tutankhamen’s tomb – Am Grad vont Tu-ench-Amun. 2. Le rêve -– dream – Der Traum. 3. Scènes de la vie du cirque – Scenes from circus life – Szenen aus der Zirkuswelt. Orchestre symphonique de Volgograd, Emmanuel Siffert, Direction (enregistrement de 2006) — 1 cd GALLO. CLIC découverte de CLASSIQUENEWS du mois d’avril 2019

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Tancredi de Rossini à Lausanne

ANGERS NANTES OPERA affiche le Turc en Italie de RossiniLausanne, Opéra. Rossini : Tancredi. Les 20,22,25, 27, 29 mars 2015. Ottavio Dantone, fin baroqueux, pilote en Suisse, le seria le plus virtuose de Rossini dans la mise en scène d’Emilio Sagi. Avec Bonitatibus, Pratt, Golossov, Y. Shi, Camille Merckx…
Avant de briller dans la veine comique avec Le Barbier de Séville de 1816, Rossini éblouit tout autant dans le genre seria comme l’atteste en 1813, son melodramma eroico, Tancredi, Tancrède inspiré de Voltaire. A Syracuse, Tancredi – héros normand conquérant de la Sicile, réhabilite l’honneur bafouée d’Aménaide, accusée d’intelligence avec l’ennemi sarrasin. Selon les versions, Tancredi succombe à ses blessures de guerre ou épouse sa bien aimée enfin lavée de tout soupçon. En 1813,  l’écriture de Rossini incarne ce bel canto délicat et virtuose où le raffinement de la ligne vocale exprime la vertu morale du héros. Le rôle titre est traditionnellement réservé à un mezzo travesti (hier l’éblouissante Maryline Horne). Pour la création parisienne de 1822, Rossini réécrivit le rôle de Tancredi pour la Pasta.

Tancredi, 1813 de Rossini à l’Opéra de Lausanne
Les 20,22,25, 27, 29 mars 2015.
Ottavio Dantone, direction
Emilio Sagi, mise en scène