CRITIQUE, opéra. Baden-Baden, le 12 novembre 2021. Tchaikovski : Mazeppa. Kirill Petrenko (version de concert)

CRITIQUE, opĂ©ra. Baden-Baden, le 12 novembre 2021. Tchaikovski : Mazeppa. Kirill Petrenko (version de concert) – On aurait tort de ne pas succomber aux charmes de Baden-Baden, une des rares villes allemandes ayant Ă©chappĂ© aux bombardements de la fin de la 2Ăš guerre mondiale, puis aux mĂ©faits de l’urbanisation Ă  outrance : entourĂ©e du massif de la forĂȘt noire, la ville a fondĂ© sa rĂ©putation sur les bienfaits de ses sources naturelles, devenant la capitale d’Ă©tĂ© de toute l’aristocratie europĂ©enne au XIXĂš siĂšcle. De nos jours, le flot de touristes reprĂ©sente encore l’une des principales mannes financiĂšres, ce qui explique pourquoi la ville, avec seulement un peu plus de 55.000 habitants, a rĂ©ussi Ă  se doter de la plus grande salle de concert d’Allemagne (2.500 places). Le Palais des festivals – c’est son nom – a Ă©tĂ© bĂąti en 1998, attenant Ă  l’ancienne gare du centre-ville, parfaitement rĂ©habilitĂ©e et dĂ©sormais dĂ©diĂ©e Ă  la billetterie, aux vestiaires et au restaurant de la salle de concert. Les habitants des environs, dont de nombreux frontaliers Français, ne s’y sont pas trompĂ©s et viennent rĂ©guliĂšrement en nombre pour applaudir les manifestations : organisĂ©e autour de 4 festivals saisonniers, la saison a en effet pour habitude d’attirer les formations les plus prestigieuses, dont l’Orchestre Philharmonique de Berlin en rĂ©sidence depuis 2013.

 

 

Un Mazeppa mitigé

 

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On retrouve prĂ©cisĂ©ment son chef principal Kirill Petrenko pour dĂ©fendre l’un de ses compositeurs de prĂ©dilection, Piotr Ilitch Tchaikovski, et plus particuliĂšrement son rare Mazeppa (1884). Ces derniers mois, le 7Ăš opĂ©ra de Tchaikovski a jouĂ© de malchance avec la pandĂ©mie, voyant la prĂ©sente production repoussĂ©e plusieurs fois (et rĂ©duite Ă  une version de concert, en lieu et place de la mise en scĂšne de Dmitri Tcherniakov), Ă  l’instar de celle qui devait ĂȘtre prĂ©sentĂ©e Ă  Toulouse et Paris avec les forces du ThĂ©Ăątre du BolchoĂŻ, dirigĂ© par Tugan Sokhiev. En attendant, place au bouillonnant Kirill Petrenko, dĂ©jĂ  crĂ©ateur de l’ouvrage en France dans sa version scĂ©nique, Ă  l’OpĂ©ra de Lyon (2006).

DĂ©sormais plus connu, le chef russe aborde ce concert sans temps morts, engageant ses troupes par des attaques franches et cinglantes dans les parties enlevĂ©es, sans aucune respiration ou vibrato, avant de s’apaiser ensuite dans les parties lyriques. Ce geste sans concession se montre toutefois trop rĂ©pĂ©titif dans ses partis-pris, en dĂ©laissant les aspects narratifs et l’Ă©motion, avec des phrasĂ©s pour le moins prĂ©cipitĂ©s. Si l’on peut se dĂ©lecter de cette impressionnante cravache et des couleurs de l’un des plus beaux orchestres du monde, ce sont surtout les amateurs de musique pure et de prĂ©cision technique qui se retrouveront dans cette interprĂ©tation, Ă  mille lieux de l’exploration raffinĂ©e des dĂ©tails de l’orchestration, privilĂ©giĂ©e par l’ancien chef principal 
Simon Rattle.

Dmitry-Ulyanov-basse-mazeppa-iolanta-tchaikvosky-critique-opera-classiquenewsL’autre dĂ©ception de la soirĂ©e, plus relative, vient de la prestation sous-dimensionnĂ©e d’Olga Peretyatko (Maria), dans l’un des principaux rĂŽles. Faute d’un instrument plus consĂ©quent en volume, la soprano joue davantage sur la sĂ©duction et le veloutĂ© de son Ă©mission, mais ne peut faire oublier le peu de caractĂšre de son interprĂ©tation. C’est particuliĂšrement audible dans la scĂšne finale de la folie, beaucoup trop lisse pour nous emporter pleinement. Fort heureusement, tout le reste du plateau vocal se montre Ă  un niveau superlatif, au premier rang desquels l’impressionnante basse de Dmitry Ulyanov (KotchoubeĂŻ, – notre photo ci-contre DR)) : l’aisance technique sur toute la tessiture n’a d’Ă©gal que son impact vocal, du fait d’une prĂ©sence vĂ©ritablement sonore (digne des plus grandes basses russes) et d’un tempĂ©rament dramatique percutant. A ses cĂŽtĂ©s, Vladislav Sulimsky n’est pas en reste dans le rĂŽle-titre, Ă  force de noblesse de ligne et de projection puissante et harmonieuse. On aime aussi grandement son concurrent malheureux, interprĂ©tĂ© avec beaucoup de prestance par Dmitry Golovnin. ClartĂ© de la ligne, beautĂ© du timbre ne sont pas pour rien dans la chaleureuse ovation qu’il reçoit en fin de spectacle, avec ses comparses. On notera encore les graves cuivrĂ©s et charnus d’Oksana Volkova (Lioubov), ainsi que le tempĂ©rament comique d’Alexander Kravets (Le cosaque ivre). Tous les seconds rĂŽles se montrent Ă  la hauteur, de mĂȘme que l’impeccable Choeur de la Radio de Berlin, dont on entend prĂ©cisĂ©ment chaque individualitĂ© – un rĂ©gal de grande classe.

VirtuositĂ© grisante pour les uns, sĂ©cheresse Ă©motionnelle creuse pour les autres : ce concert aura laissĂ© des avis mitigĂ©s, mĂȘme si le public en grande partie debout en fin de concert pour applaudir les artistes, semble avoir choisi son camp, celui de Petrenko.

CRITIQUE, opĂ©ra. Baden-Baden, Festspielhaus, le 12 novembre 2021. Tchaikovski : Mazeppa. Vladislav Sulimsky (Mazeppa), Olga Peretyatko (Maria), Dmitry Ulyanov (KotchoubeĂŻ), Oksana Volkova (Lioubov), Dmitry Golovnin (AndreĂŻ), Dimitry Ivashchenko (Orlik), Anton Rositskiy (Iskra), Alexander Kravets (Le cosaque ivre), Rundfunkchor Berlin, Berliner Philharmoniker, Kirill Petrenko (direction musicale). A l’affiche du Festspielhaus Baden Baden, les 10 et 12 novembre 2021. Photo : © Monika Rittershaus.

Salomé de STRAUSS par Kiril Petrenko

FRANCE MUSIQUE, dim 18 aoĂ»t 2019. STRAUSS : SalomĂ©. De toutes les femmes conçues sur la scĂšne lyrique par Richard Strauss, SalomĂ© serait le plus « monstrueuse », inspirĂ©e par la piĂšce envoĂ»tante et saisissante d’Oscar Wilde. Le poĂšte et dramaturge anglais y fusionne de façon trouble l’ingĂ©nuitĂ© et la voluptĂ©, une innocence perverse qui sĂ©duite par le prophĂšte rĂ©clame sa tĂȘte, avant de saisir HĂ©rode dans l’hypnose Ă©rotique puis l’horreur criminelle. La musique de Strauss exprime exactement la pulsion frĂ©nĂ©tique, entre amour, dĂ©sir et mort. Avant LULU de Berg, Strauss aborde la fĂ©minitĂ© sous l’angle de la sexualitĂ©, plus prĂ©cisĂ©ment d’un Ă©rotisme libĂ©rĂ© qui fascine autant qu’il terrifie. Quand HĂ©rode (un rien pĂ©dophile) ordonne Ă  ses gardes d’étouffer sous les boucliers l’ardente sirĂšne qui baise la bouche de Jokanaan dĂ©capitĂ©e, il s’agit de tuer le dĂ©sir de la femme qui fait peur
 La production diffusĂ©e par France Musique en ce mois d’aoĂ»t 2019 devrait marquĂ© les esprit car le chef Kirill Petrenko, directeur musical du Berliner Philharmoniker est un superbe maestro lyrique (il l’a entre autres dĂ©montrĂ© Ă  Bayreuth)


salome_titien_tiziano_salome_5-Salome-1512-Tiziano-TitianLIRE notre dossier Richard Strauss : portraits de femmes. De SalomĂ© Ă  Capriccio, soit au cours de la premiĂšre moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle, Richard Strauss, comme Massenet ou Puccini aura laissĂ© une exceptionnelle galerie de portraits fĂ©minins. Lente Ă©volution qui d’ouvrages en partitions, recueille les fruits d’ une Ă©criture musicale en mĂ©tamorphose, et prĂ©cise la place et le rĂŽle de la femme vis Ă  vis du hĂ©ros.  Alors que Wagner n’envisage pour ses hĂ©roĂŻnes qu’un aspect certes flamboyant mais unique (et qui le destine souvent Ă  mourir), celui d’un ange salvateur Ɠuvrant pour le salut du maudit (le hĂ©ros et le compositeur se fondent ici), Strauss, avec son librettiste Hofmannsthal fouillent l’ambivalence contradictoire de la psychĂ© fĂ©minine avec une subtilitĂ© rarement atteinte au thĂ©Ăątre. Selon les sources empruntĂ©es et le sujet central de l’opĂ©ra, l’hĂ©roĂŻne est ici solitaire Ă©goĂŻste comme emprisonnĂ©e dĂ©finitivement par ses propres obsessions, ou Ă  l’inverse, mobile et gĂ©nĂ©reuse, souvent sujet d’une mĂ©tamorphose imprĂ©vue, capable de sauver le hĂ©ros dont elle a croisĂ© le destin. L’itinĂ©raire de la femme au cours d’un seul ouvrage traverse bien des Ă©preuves : elle pose clairement le principe de la transformation, du changement qui du dĂ©but Ă  la fin de l’ouvrage, indique une progression souvent passionnante Ă  suivre.
http://www.classiquenews.com/les-femmes-selon-richard-strauss/ 

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logo_francemusiqueFrance Musique, dim 18 août 2019. 20h
Concert donnĂ© le 27 juin 2019 au Prinzregententheater (ThĂ©Ăątre du Prince-RĂ©gent) de Munich dans le cadre de l’Opernfestspiele (Festival de l’OpĂ©ra de Munich)

Richard Strauss : Salome op.54
Opéra en un acte sur un livret du compositeur
d’aprĂšs la piĂšce de thĂ©Ăątre “SalomĂ©” d’Oscar Wilde

Wolfgang Ablinger Sperrhacke, ténor, Herodes
Michaela Schuster, mezzo-soprano, Herodias
Marlis Petersen, soprano, Salome
Wolfgang Koch, baryton, Jochanaan, prophĂšte
Pavol Breslik, ténor, Narraboth, capitaine de la garde
Rachael Wilson, mezzo-soprano, Le page d’HĂ©rodias
Scott MacAllister, ténor, Premier Juif
Roman Payer, ténor, DeuxiÚme Juif
Kristofer Lundin, ténor, TroisiÚme Juif
Kevin Conners, ténor, QuatriÚme Juif
Peter Lobert, ténor, CinquiÚme Juif
Callum Thorpe, basse, Premier Nazaréen
Ulrich Ress, ténor, Second Nazaréen
Kristof Klorek, basse, Premier Soldat
Alexandre Milev, basse, Second Soldat
Milan Siljanov, basse, Un Cappadocien
Mirjam Mesak, soprano, Une esclave
Orchestre de l’Etat de BaviĂšre
Direction : Kirill Petrenko

KIRILL PETRENKO, chef Ă©lectrique

petrenko-kirill-wagner-bayreuthFRANCE MUSIQUE. KIRILL PETRENKO, les 10 et 11 fĂ©v 2019. Otello, Strauss. Le chef russe Kirill Petrenko vient de prendre la direction musicale du Berliner Philharmoniker : une prise de fonction qui devrait compter dans l’histoire de la phalange berlinoise tant le tempĂ©rament « électrique » du chef devrait rĂ©aliser de nouveaux accomplissements convaincants. Il est nĂ© Ă  Omsk le 11 fĂ©v 1972 (SibĂ©rie). A presque 50 ans, la maestro est devenue l’une des baguettes les plus passionnantes, en particulier Ă  Bayreuth oĂč il a assurĂ© rĂ©cemment dans un Ring magistral, l’attrait vacillant d’un festival qui se cherche encore une identitĂ© solide. Sa nomination suscite l’interrogation en France oĂč il est peu connu finalement. Le chef lyrique qui entend la musique dramatique comme peu, est aussi un symphoniste inspirĂ© et son travail avec le Berliner devrait confirmer cette orientation.

KIRILL PETRENKO sous tension
un chef Ă©lectrique

Petrenko Kirill maestro chef orchestreL’adolescent Petrenko (18 ans) a suivi sa famille exilĂ©e en Autriche : Ă  Vienne, il approfondit ses Ă©tudes de piano. Ce musicien affĂ»tĂ©, sut plaire aux instrumentistes du Berliner qui en 2015, au moment de dĂ©signer un successeur Ă  Rattle, furent sĂ©duit par l’allure modeste, en rien dĂ©monstratif et autocratique de Christian Thielemann, l’autre candidat officiel. En juin 2015, la dĂ©cision tomba comme un Ă©clair, soulignant le choix de la probitĂ©, du travail, de l’humilitĂ© aussi, plutĂŽt que l’autocĂ©lĂ©bration parfois pompeuse du talent (fut-il rĂ©el et Ă©gal). Reste que Petrenko a depuis 2015 particuliĂšrement sĂ©duit et captivĂ© par son sens de l’intĂ©rioritĂ© et du dĂ©tail : un laborieux discret – qui rappelle d’ailleurs Ă  maints titres Carlos Kleiber, le lĂ©gendaire chef germano-argentin-, que les prochaines sessions en concerts, diffusĂ©es et enregistrĂ©es sous label du Philharmoniker devraient encore Ă©clairer et expliciter.
RĂ©pĂ©titions assidues, d’une rare intensitĂ©, Ă©coute, exigence, tĂ©nacitĂ© et absence de compromis
 sont les qualitĂ©s entre autres d’un chef Ă  suivre dĂ©sormais. Il a commencĂ© Ă  diriger les Berliner en 2006 ; sa saison officielle d’ouverture, officialisant sa prise de fonction, se rĂ©alisera Ă  l’étĂ© 2019. D’ici lĂ  chaque concert tĂ©moigne d’une rĂ©elle complicitĂ© entre le chef et les instrumentistes.

Pour se familiariser avec une direction Ă  la fois puissante et ciselĂ©e, – vraie gageure, que l’hĂ©doniste Karajan a longtemps incarnĂ©, avant Claudio Abbado, France Musique diffuse les 10 et 11 fĂ©vrier en premiĂšre partie de soirĂ©e, deux programmes phares, reprĂ©sentatifs de la sensibilitĂ© du maestro : soirĂ©e opĂ©ra d’abord avec Verdi (l’Otello de Jonas Kaufmann) puis Strauss et Beethoven (7Ăš) dans un volet purement orchestral. Sens de la tension, soucieux du relief et de l’acuitĂ© des accents, Petrenko est aussi un architecte qui soigne l’écoulement et le sens de la lecture (ce qui a fait de ses Wagner, d’authentiques rĂ©alisations dramatiques, d’une rare efficacitĂ©). La fermetĂ© et la poigne supportent la vitalitĂ© de l’orchestre qui paraĂźt souvent comme Ă©lectrisĂ© et chauffĂ© Ă  blanc.

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Dim 10 février 2019, 19h50.
VERDI : Jonas Kaufmann chante OTELLO. Munich, nov 2018.
ReprĂ©sentation donnĂ©e le 23 novembre 2018 Ă  19h au ThĂ©Ăątre National de Munich – OpĂ©ra en quatre actes sur un livret d’Arrigo Boito d’aprĂšs “Othello ou le Maure de Venise” de William Shakespeare
Jonas Kaufmann, ténor, Otello
Gerald Finley, baryton, Iago
Evan LeRoy Johnson, ténor, Cassio
Gaelano Salas, ténor, Roderigo
Balint Szabo, basse, Lodovico
Milan Siljanov, baryton-basse, Montano
Markus Suihkonen, basse, un héraut
Anja Harteros, soprano, Desdemona
Rachael Wilson, mezzo-soprano, Emilia
Choeur de l’OpĂ©ra d’Etat de BaviĂšre
Orchestre de l’OpĂ©ra d’État de BaviĂšre
Kirill Petrenko, direction

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Lundi 11 février 2019, 20h
R STRAUSS, BEETHOVEN : 7Ăšme Symphonie
Concert donné le 24 août 2018 à la Philharmonie de Berlin

Richard Strauss
Don Juan, poĂšme symphonique op. 20 TrV 156
Tod und VerklÀrung (Mort et transfiguration), poÚme symphonique op. 24

Ludwig Van Beethoven
Symphonie n°7 en la Majeur op. 92
Poco sostenuto-Vivace
Allegretto
Presto – Assai meno presto (Trio)
Allegro con brio
Orchestre Philharmonique de Berlin
Kirill Petrenko, direction

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EN DIRECT SUR LE NET : Kirill Petrenko dirige le German National Youth Orchestra (gratuit)

EN DIRECT SUR LE NET : Kirill Petrenko dirige le German National Youth Orchestra. En direct et en accĂšs libre, suivez ce concert Ă©vĂ©nement avec KIRILL PETRENKO et l’Orchestre des jeunes national allemand / German National Youth Orchestra / BundesJugendOrchester, une phalange avec laquelle le nouveau directeur musical du Philharmoniker Berliner aime travailler. Outre la complicitĂ© engageante du maestro et des instrumentistes, ce concert cĂ©lĂšbre aussi le jubilĂ©, soit les 50 ans de l’orchestre germanique. Au programme : les classiques du XXĂš, Bernstein et Stravinsky, mais aussi une Ɠuvre contemporaine signĂ©e William Kraft : Concerto n°1 pour timbales avec en soliste, le timbalier principal du Berliner Philharmoniker, Wieland Welzel

 

 

 

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Mercredi 9 janvier 2019 Ă  20h

CONCERT EN DIRECT,gratuit
Live streaming sur le site du BERLINER PHILHARMONIKER

VOIR LE CONCERT
www.digitalconcerthall.com / BERLINER PHILHARMONIKER

 

  

 
 

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Programme :

Leonard Bernstein
West Side Story, Symphonic Dances

William Kraft
Concerto No. 1 for Timpani and Orchestra ‹/ Soliste : Wieland Welzel, timpani / timbales
‹Igor Stravinsky
Le Sacre du printemps

 

 

  

 

 

BERLIN. Kirill Petrenko succĂšde Ă  Simon Rattle

Petrenko Kirill maestro chef orchestreChefs. Kirill Petrenko, nouveau chef du Berliner Philharmoniker. Berlin, Philharmonie. Un chef lyrique russe comme successeur de Simon Rattle. Rien ne laissait prĂ©sager un tel dĂ©nouement et aussi rapidement. Finalement, heureuse moisson du 21 juin pour l’étĂ© et aussi la FĂȘte de la musique, les instrumentistes du Philharmonique de Berlin ont Ă©lu le successeur de Simon Rattle, le chef russe Kirill Petrenko (43 ans), ainsi adoubĂ© comme leur nouveau directeur musical Ă  partir de 2018.  Mariss Jansons, Andris Nelsons Ă©taient en lice
 NĂ© en 1972 (Omsk, Russie), de parents musiciens et musicologues,  Petrenko chef surtout lyrique (il dirige actuellement -et depuis 3 Ă©ditions, depuis 2013 dĂ©jĂ -, la TĂ©tralogie Ă  Bayreuth), a finalement remportĂ© les suffrages des instrumentistes berlinois. Le maestro russe a fait ses armes en Autriche puis Ă  Meiningen (directeur de la musique de 1999 Ă  2002) : il a surtout dirigĂ© des opĂ©ras (Lady Macbeth de Mtsensk, Der Rosenkavalier, Rigoletto, La FiancĂ©e vendue, Peter Grimes, Cosi fan tutte, La Traviata, et donc sa premiĂšre TĂ©tralogie en 2000, saluĂ©e par un large public).
De 2002 Ă  2007, Kirill Petrenko a perfectionnĂ© encore sa direction lyrique comme directeur artistique du Komische Oper Ă  Berlin accomplissant plusieurs rĂ©alisations qui ont nettement marquĂ© le goĂ»t du public berlinois : La FiancĂ©e vendue, Don Giovanni (mise en scĂšne par Peter Konwitschny), L’EnlĂšvement au sĂ©rail (Calisto Bleito), Jenufa (Willy Decker), Der Rosenkavalier / EugĂšne OnĂ©guine / Grandeur et dĂ©cadence de la ville de Mahagony (Andreas Homoki), Peter Grimes, 
 Par la suite et comme chef invitĂ©, le chef russe a dirigĂ© au Met, Ă  Vienne, Munich, se forgeant partout une trĂšs solide expĂ©rience de chef dramatique.
AffĂ»tĂ©e, intense, parfois manquant de dĂ©tail comme de clartĂ©, la direction de Kirill Petrenko devrait s’affiner Ă  la tĂȘte d’une phalange aussi prĂ©cise et puissante que le Berliner Philharmoniker. Le choix d’un chef lyrique pour diriger l’un des orchestres les plus prestigieux en Europe mais qui dĂ©veloppait jusque lĂ  surtout un rĂ©pertoire symphonique n’est pas sans poser des questions ou plutĂŽt indiquer une nouvelle orientation dans l’histoire de l’Orchestre 

En attendant 2018, allez Ă  Bayreuth (il reste encore des places car le festival ne fait plus le plein depuis l’étĂ© dernier surtout face Ă  des mises en scĂšne aussi dĂ©calĂ©es dĂ©concertantes que celle de Frank Castorf, vrai festival d’idĂ©es gadgets
) pour Ă©couter le Ring selon Petrenko (musicalement trĂšs investi) : Das Reingold (27 juillet, 9 et 21 aoĂ»t 2015), Die WalkĂŒre (28 juillet, 10 et 22 aoĂ»t 2015), Siegfried (30 juillet, 5,12 et 24 aoĂ»t 2015), enfin GötterdĂ€mmerung (1er, 14 et 26 aoĂ»t 2015)
VOIR la page du Ring Ă  Bayreuth 2015 par Kirill Petrenko

Bayreuth 2014. Histoire d’un dĂ©sastre annoncĂ© ? Rien ne va plus Ă  Bayreuth.

Festspielhaus BayreuthBayreuth 2014 : rien ne va plus ! Les prochaines semaines seraient-elles dĂ©cisives pour Bayreuth ? Tout semble aller de plus en plus mal sur la colline verte lĂ©guĂ©e par Wagner qui y souhaitait dĂ©ployer un festival populaire et gĂ©nĂ©reux, accessible et magicien, totalement dĂ©volu Ă  son Ɠuvre lyrique 
 Rien de tel en vĂ©ritĂ© depuis plusieurs annĂ©es.  La ChanceliĂšre Angela Merkel, prĂ©sente depuis 9 ans (2005) Ă  chaque ouverture de festival a fait savoir qu’elle reportait sa prĂ©sence en cours de Festival. Du jamais vu. Un camouflet pour Bayreuth dont la premiĂšre soirĂ©e ne fait plus la une des mĂ©dias, sauf peut-ĂȘtre pour le scandale qu’elle suscite ou l’agacement qu’elle engendre.

Crise sur le festival créé par Wagner en 1876

TempĂȘte et dĂ©saffection sur Bayreuth

Wagner Katharina Bayreuth Eva WagnerDe fait, le TannhaĂŒser programmĂ© ce 25 juillet, celui de l’Allemand Sebastian Baumgarten (crĂ©Ă© in situ en 2011, et passablement laid Ă  force de dĂ©calages Ă  tout va) reprĂ©sente les choix contestĂ©s de la direction du Festival : provocation et relecture. Objectivement, Bayreuth en dĂ©pit de son prestige (de sa salle Ă©laborĂ© par Wagner, de son orchestre dans sa fosse semi-couverte
) ne fait plus rĂȘver. Les productions agacent mĂȘme d’annĂ©e en annĂ©e. Voix dĂ©sĂ©quilibrĂ©es (Ă  part quelques tĂȘtes d’affiches dont le tĂ©nor Jonas Kaufmann), mises en scĂšne absurdes, incohĂ©rentes, chefs inĂ©gaux
 Bayreuth est de toute Ă©vidence un festival en perte d’aura : Ă  trop vouloir Ă©largir son audience, faire jeune et punk, rajeunir les lectures et oser de nouveaux dispositifs scĂ©niques, la direction actuelle, partagĂ©e par les deux hĂ©ritiĂšres et arriĂšres-petites-filles du fondateur Richard, Katharina Wagner et Eva Wagner-Pasquier, a fini par sacrifier la qualitĂ© et la magie du lieu et de son offre musicale. Qu’en sera-t-il en 2015, quand Katharina prendra seule la direction du l’auguste maison familiale ? On peut craindre le pire de la part d’une femme de thĂ©Ăątre qui s’entĂȘte dans une ligne radicale. En LIRE +

 

Le Ring de Bayreuth 2014 : Ce soir le 3 août 2014 dÚs 20h, puis les 10,17 et 24 août sur France Musique (direction musicale : Kirill Petrenko)