L’Orchestre Idomeneo Ă  Sully sur Loire et Auvers sur Oise

waldman-debora-chef-maestro-concert-mozart-concert-idomeneo-582-390SULLY-SUR-LOIRE, le 20 mai, 20h. Orchestre Idomeneo : Concert Pur Mozart. Etonnante approche et trĂšs pertinente, dĂ©fendue par le nouvel orchestre crĂ©Ă© en 2013 par la chef d’orchestre, Debora Waldman. ElĂšve du regrettĂ© Kurt Masur entre autres, la jeune femme, nĂ©e au BrĂ©sil, manie la baguette avec finesse et articulation, en particulier chez Mozart dont elle ne cesse de dĂ©fendre la langue, flexible, ciselĂ©e, naturelle et si profonde. Mais plus encore, car portant en une Ă©nergie collective souvent exceptionnelle, l’ensemble des instrumentistes de son orchestre Idomeneo, Debora Waldman, en architecte du sens et de la forme, rĂ©vĂšle chez Wolfgang, la force irrĂ©sistible des Ă©motions. Sa lecture de la symphonie mozartienne dialogue ici avec plusieurs airs d’opĂ©ras oĂč perce le diamant aigu, affĂ»tĂ©, percutant et tendre aussi de la jeune soprano Julia Knecht (ci dessous): qu’elle soit Elvira et mĂȘme la Reine de la nuit, la voix s’alanguit, murmure, dĂ©clame, rugit sans faiblir… le dĂ©licat dosage du chant orchestral combinĂ© avec la voix soliste offre une spectaculaire palette de sentiments contrastĂ©s. Et dans un regard transversal et synthĂ©tique, Debora Waldman nous montre combien la Symphonie est un vrai opĂ©ra sans paroles, et chaque air lyrique, un jeu enivrĂ©, envoĂ»tant entre voix et instruments.

 

 

 

julia-Knecht-mozart-recital-idomeneo-debora-waldman-concert-clic-de-classiquenews-582-diva-face

 

 

 

Pour Sully sur Loire puis Ă  l’Eglise Notre-Dame d’Auvers sur Oise, voici deux femmes, deux tempĂ©raments, irrĂ©sistiblement complices, dont la langue mozartienne affirme la justesse expressive. L’orchestre Idomeneo rĂ©cemment fondĂ©, regroupe nombre de jeunes instrumentistes pour lesquels l’approche et la pratique historiquement informĂ©es ne posent aucun mystĂšre : accents, nuances, jeu et coups d’archet, ornementation, dynamique, phrasĂ©s… tout cela s’intĂšgre dans une vision flexible et expressive dont la respiration fait corps avec le chant de la soprano. RĂ©cital Ă©vĂ©nement.

 

 

 

 

Concert PUR MOZART
Airs d’opĂ©ras, Symphonie…
Orchestre Idomeneo
Julia Knecht, soprano
Debora Waldman, direction

Idomeneo logo fond blanc classiquenews mai 2016Festival de Sully sur Loire
Vendredi 20 mai 2016, 20h
réservez

Idomeneo logo fond blanc classiquenews mai 2016Eglise Notre-Dame d’Auvers sur Oise
Samedi 21 mai 2016, 21h
Concert organisĂ© pour la rĂ©fection de la toiture de l’Ă©glise ND
réservez

Programme
Ouverture de La Finta Giardiniera
Symphonie en La majeur n°29
Airs de concerts : A se in ciel benigne stelle, Vorrei spiegarvi O Dio
Messe du couronnement : Agnus Dei
Divertimento K136 Allegro / andante
Air d’Elvira : Or sai chi l’onore (Don Giovanni)
Air de la Reine de la nuit : “O zittre nicht, mein lieber Son” (La FlĂ»te enchantĂ©e)
Air de la Reine de la nuit : “Der Hölle rache kocht in meinem herzen”… (La FlĂ»te enchantĂ©e)

 
 

Waldman-debora-chef-concert-pur-mozart-clic-de-classiquenews-582-face-pupitre

 

 

Programme initialement présenté dans une premiÚre version, à Maisons-Alfort, Théùtre Claude Debussy, le 27 novembre 2015. LIRE notre compte rendu critique complet PUR MOZART par Idomeneo et Debora Waldman

VOIR notre sujet video court : l’Orchestre IDOMENEO et Debora Waldman jouent des extraits de la Symphonie n°41 “Jupiter” de Mozart (Maisons-Alfort, novembre 2015 © classiquenews.tv)

idomeneo-orchestre-musiciennes-violons-orchestre-classiquenews

 

 

Compte rendu, concert. Maisons Alfort, ThĂ©Ăątre Debussy. Vendredi 27 novembre 2015. Mozart: airs d’opĂ©ras, Symphonie n41 “Jupiter”. Julia Knecht, soprano. Orchestre Idomeneo. Debora Waldman, direction.

knecht-julia-concert-mozart-classiquenews-jupiter-symphonie-debora-walmdmann-idomeneo-concertPendant toute la premiĂšre partie du programme  gĂ©nĂ©reusement double (associant non sans pertinence le Mozart lyrique et symphonique), la jeune diva coloratoure Julia Knecht affirme non seulement un tempĂ©rament ardent et continu mais aussi une tĂ©nacitĂ© digne des plus grandes cantatrices car la succession des airs enchaĂźnĂ©s est en soi un premier dĂ©fi vocal et dramatique : il faut saisir et projeter enjeu Ă©motionnel et dramatique de chaque air, passer d’un caractĂšre Ă  l’autre avec cette finesse et cette intensitĂ© respectueuse du souci de caractĂ©risation dĂ©fendue par le chef et les instrumentistes du formidable orchestre Idomeneo. L’autre vedette du concert.

 

FondĂ© en 2013 par Debora Waldman (qui fut l’assistante entre autres de Kurt Masur en 2006),  le nouveau collectif rassemble des instrumentistes dĂ©jĂ  aguerris jouant dans d’autres formations parmi les plus actives, dont le noyau dur a une parfaite connaissance des instruments d’Ă©poque et des traitĂ©s permettant un jeu historiquement informĂ©. D’ailleurs certains musiciens de l’orchestre Idomeneo jouent Ă©galement sur instruments anciens;  c’est le cas du premier violon Simone Milone, instrumentiste familier de l’orchestre (sur instruments anciens)  de François-Xavier Roth : Les SiĂšcles.

Il en découle une écoute collective rare, un sens des nuances, le souci de la juste intonation pour chaque timbre parfaitement et intensément caractérisé. Autant de qualités que la jeune chef Debora Waldman sait exploiter avec une finesse engageante, une onctuosité expressive et claire qui confirme ses affinités chez Mozart.

waldman-debora-concert-mozart-julia-knecht-concert-pur-mozart-CLIC-classiquenews-review-critique-comte-rendu-account-of

 

 

 

L’orchestre Idomeneo fondĂ© par Debora Waldman jubile et convainc dans un programme 100% Mozart

Mozart lyrique et symphonique

 

Au mĂ©rite de sa direction revient une subtilitĂ© indiscutable du geste, surtout le souci de la fusion organique entre les parties : ici un collectif idĂ©al de format Mannheim oĂč le chant vif-argent de l’harmonie  (superbe vitalitĂ© et beau relief dialoguĂ© des flĂ»te, hautbois, basson) sait rĂ©pondre en subtilitĂ© et intensitĂ© aux cordes vives, Ă©nergiques, bondissantes. Avant la  Symphonie Jupiter qui Ă©blouit par un feu lumineux et un entrain de plus en plus affirmĂ©, tout le cheminement qui prĂ©pare Ă  la Symphonie est jalonnĂ© d’airs d’opĂ©ras de Wolfgang, une galerie de portraits fĂ©minins parmi les plus captivants : espiĂšglerie du premier qui rappelle la figure vive de Despina; sensualitĂ© amoureuse de Susanna;  ardeur noble et foudroyĂ©e  (en quĂȘte de rĂ©demption) de Donna Anna (ici campĂ©e en vraie et noble victime de l’amour. ..), . … avant l’accomplissement des deux airs de la reine de la nuit dont Julia Knecht offre une fabuleuse prĂ©sence, entre imprĂ©cations colĂ©rique et profonde blessure intime.

julia-Knecht-mozart-recital-idomeneo-debora-waldman-concert-clic-de-classiquenews-582-diva-face
Tout l’art de la diva, jeune actrice au tempĂ©rament dĂ©jĂ  mĂ»r captive par la finesse de son jeu qui sans costumes et mise en scĂšne convoque pourtant immĂ©diatement chaque personnage avec une vĂ©ritĂ© habitĂ©e: son intĂ©rioritĂ© nous touche et la sincĂ©ritĂ© nuancĂ©e de son chant en fait une admirable soprano coloratoure prĂ©cisĂ©ment lyrique qui ne manque ni de puissance ni d’extrĂȘme sĂ©duction humaine.

Lui répond un orchestre souple et nuancé, somptueusement articulé et lui aussi séducteur selon le climat émotionnel et la situation dramatique : un équilibre et une complicité immédiatement palpable entre la chef et la soprano qui se sont rencontrées sur la production de Don Giovanni que Deborah Waldman a dirigé pour Opéra en plein air (été 2014).

 

La caresse de Mozart, sa violence et sa justesse humaines saisissent lors de ce programme dont la premiÚre partie est donc conçu comme un saisissant récital Mozartien.

Le propos de Debora  Waldman met en lumiĂšre l’activitĂ© dramatique voire opĂ©ratique qui insuffle Ă  la Symphonie Jupiter sa formidable vivacitĂ© intĂ©rieure. Il y a bien une secrĂšte relation entre l’Ă©criture opĂ©ratique et l’inspiration comme la conception symphonique de Mozart… Ă©couter tous les airs lyriques avant la Jupiter dans son Ă©loquence souveraine, permet d’en mieux dĂ©tacher l’activitĂ© Ă©motionnelle qui sous tend chacun des quatre mouvements : sous l’Ă©quilibre parfaitement classique prolongeant le modĂšle viennois fixĂ© par Haydn, Mozart transmet une expĂ©rience unique de l’Ăąme humaine, son propre tĂ©moignage humaniste qui Ă©videmment dĂ©passe le simple jeu instrumental et fait du chant orchestral une exceptionnelle peinture des dĂ©sirs, des contradictions de l’espĂ©rance humaine. Autant d’enjeux que le jeune orchestre de Deborah Waldman relĂšve avec Ă©nergie et finesse. A suivre. Le programme est Ă  l’affiche de l’Auditorium de Vincennes ce 11 dĂ©cembre 2015, 20h.

LIRE notre compte rendu de Don Giovanni par Debora Waldman, chĂąteau de Sceaux, OpĂ©ra en plein air, juin 2014 oĂč la direction Ă©lĂ©gante, affĂ»tĂ©e de la chef d’orchestre avait assurĂ© la cohĂ©rence de la production (en particulier le finale du I : la scĂšne fameuse du Bal et son tourbillon contrapuntique qui virtuositĂ© et dĂ©fi, combine 3 rythmes de danses diffĂ©rents : pourtant rĂ©alisĂ©s en une architecture claire et limpide par Debora Waldman).

 Waldman-debora-chef-concert-pur-mozart-clic-de-classiquenews-582-face-pupitre

Maisons Alfort, ThĂ©Ăątre Debussy. Vendredi 27 novembre 2015. Programme « Pure Mozart ». Mozart: airs d’opĂ©ras (Aria K.217, Susanna, Donna Anna, La Reine de la Nuit), Symphonie n41 “Jupiter”. Julia Knecht, soprano. Orchestre Idomeneo. Debora Waldman, direction. Suivre l’actualitĂ© de l’orchestre Idomeneo – Debora Waldman, direction, sur le site de l’orchestre Idomeneo. A venir en 2016 : Milo et Maya, opĂ©ra de Matteo Franceschini : Ă  l’OpĂ©ra de Rouen, du 15 au 22 janvier 2016.

Illustration : Debora Waldman et Julia Knecht (soprano) dans le programme Ă©lectrisant “Pure Mozart” qui dĂ©voile la relation lyrique et symphonique dans l’Ă©criture mozartienne (© studio CLASSIQUENEWS.TV 2015)

 

Mozart sublimé par Debora Waldman et son orchestre Idomeneo

debora waldman portraitVincennes (94), vendredi 11 dĂ©cembre 2015. Debora Waldman, Idomeneo. Concert Mozart par l’orchestre Idomeneo, rĂ©cente phalange fondĂ©e par Debora Waldman, musicienne passionnĂ©e par le divin Wolfgang et plutĂŽt trĂšs convaincante quand il s’agit d’en dĂ©fendre l’étoffe expressive et poĂ©tique. En tĂ©moigne le programme lyrique et symphonique prĂ©sentĂ© Ă  l’auditorium de Vincennes. Les premiers morceaux regroupent ouvertures et airs d’opĂ©ras (Cosi, Don Giovanni, Les Noces, La FlĂ»te enchantĂ©e) grĂące Ă  la collaboration de la soprano Julia Knecht, autant de “prĂ©ludes” ou d’élĂ©ments prĂ©alables qui prĂ©parent l’écoute de la derniĂšre Symphonie du compositeur, le fameuse n°41 dite “Jupiter (en ut majeur K551 composĂ© aoĂ»t 1788) volet final de la trilogie des n°39,40 et 41, et vaste portique symphonique qui ouvre de façon lumineuse vers l’ùre romantique, tout en portant les valeurs du siĂšcle des LumiĂšres. Formellement, la Symphonie incarne par sa perfection contrapuntique et l’intelligence de son architecture Ă  quatre parties (plan en sonate), le plus haut degrĂ© de l’écriture symphonique viennoise Ă  la fin des annĂ©es 1780.

La soprano incarne les aspirations et les tiraillements intĂ©rieurs des hĂ©roĂŻnes de Mozart que le concert fait ainsi surgir : l’amoureuse Donna Anna, le cƓur ardent et fidĂšle de Susanna, les aigus spectaculaires de la Reine de la Nuit, mĂšre inflexible et manipulatrice, 


idomeneo-debora-waldman-concert-mozart-annonce-review-critique-classiquenews

 

L’intĂ©rĂȘt du programme conçu par Debora Waldman vient de cette mise en perspective, opĂ©ras et symphonie : fine mozartienne, la chef d’orchestre propose un regard diffĂ©rent sur l’oeuvre symphonique en appliquant une nouvelle lecture qui suit son dĂ©roulement comme un vĂ©ritable opĂ©ra : l’expression par la langage instrumental d’une vĂ©ritable dramaturgie tout au long de ses 4 mouvements, 4 Ă©pisodes fourmillant d’une vie Ă©motionnelle insoupçonnĂ©e : Allegro vivace, Andante cantabile (con sordini), Menuetto : Allegretto, Finale : Molto vivace. Passionnant.

Julia Knecht, soprano
Orchestre Idomeneo
Debora Waldman, direction

boutonreservationVincennes, Auditorium
Vendredi 11 décembre 2015, 20h30

Tarif plein : 39€
Tarif rĂ©duit : 27€
Moins de 14 ans : 14€