Les Folies Françoises : 3 clavecins pour JS BACH

Rondeau Alard MartinParis, Orléans, les 23 et 24 mars 2016. Les Folies Françoises jouent JS Bach. Pour interpréter les Concertos pour deux et trois clavecins de JS Bach, d’une irrésistible motricité concertante, Les Folies Françoises (15 ans en 2015) réunissent 3 clavecinistes avérés, tempéraments étourdissants, tous Premiers Prix du Concours de Bruges – distinction combien prestigieuse pour les clavecinistes… : soit, Benjamin Alard, Béatrice Martin (continuiste habituelle des Folies) et Jean Rondeau. Une immersion enthousiasmante défendue par 3 solistes capables de cultiver l’art du partage et de l’écoute collective. Dans les années 1730 à Leipzig, Johann Sebastian Bach, à la tête du Collegium Musicum, donna au public plusieurs concerts au fameux Café Zimmerman, dont les concertos pour plusieurs clavecins. D’une instrumentation audacieuse voire inédites, les partitions placent au devant de la scène, le clavecin, nouveau souverain qui quitte son habituelle partie de basse continue. Nouveau soliste sollicité, le clavier ainsi réhabilité affirme son tempérament entre virtuosité, expressivité, exaltation rythmique… Les concertos pour 2 et 3 clavecins décuplent la vivacité propre à cette forme italienne si jubilatoire, donnent une gravité, une profondeur, une tendresse exceptionnelles au discours des mouvements lents; ils emportent le cÅ“ur et touchent l’âme par leur énergie enchanteresse : un défi pour chaque solistes appelés à jouer ensemble ; pour l’orchestre aussi, soumis désormais à un nouvel équilibre sonore.

 

 

 

Les Folies Françoises jouent JS BACH, de Paris à Orléans

Paris, Mercredi 23 mars 2016 à 20h30, Salle Gaveau

Orléans, Jeudi 24 mars 2016 à 20h30, Scène nationale

Concertos à 2 clavecins BWV 1060, BWV 1061a, BWV 1062
Concertos à 3 clavecins BWV 1063, BWV 1064.

Les Folies Françoises
Patrick Cohen-Akenine, direction
Avec Benjamin Allard, Béatrice Martin, Jean Rondeau, clavecins

 

 

 

Reportage. L’ensemble NEVERMIND en résidence à Saintes (février 2016)

logoSaintes_A3_noirReportage. L’ensemble NEVERMIND en résidence à Saintes (février 2016) — Le quatuor de solistes sur instruments d’époque  (formation originale à quatre voix égales : traverso, violo,, viole de gamme et clavecin) NEVERMIND est en résidence à l’Abbaye aux Dames, la cité musicale, à Saintes. Approche intensive du répertoire baroque, en particulier les Quatuors parisiens de Telemann, cycle emblématique dans la constitution du groupe, travail collectif à Saintes, relation aux publics, projets futurs et programmes pour le festival estival de Saintes… — réalisation : Philippe-Alexandre PHAM — © studio CLASSIQUENEWS.COM 2016

CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015)

vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opératique. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pérégrination intérieure et surtout personnelle donne la clé du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est à dire baroques, vers 1746… Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de décors d’opéra dont son clavecin (historique du Château d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des métamorphoses” (comme le précise Paul Valéry, cité dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rêve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisèle une série d’évocations, au relief dramatique multiple, contrasté, parfois violent, parfois murmuré qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rétablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sélectionnées, le profil des deux génies nés pour l’opéra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), à la carrière fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son Zaïde en 1739. Deux monstres absolus de la scène dont il concentre et synthèse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermée et le prétexte légitimé. Comment se comporte le clavier éprouvé lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathétique à l’opéra ? Comme il y aura grâce à Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opéra (contrasté et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nés avant l’Opéra ballet que l’on connaît, dès les Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin de 1728. Déjà Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilités que le programme exprime avec justesse.

 

 

 

Rameau, Royer, Rondeau…

Récital personnel et hommage aussi aux génies lyriques, Royer et Rameau

Jean Rondeau : “le clavecin opéra”

 

 

 

CLIC_macaron_2014Au final, la révélation de ce disque demeure la pièce Vertigo et en général, l’écriture ainsi révélée, investie du compositeur Pancrace Royer (génie disparu en 1755) superbe par sa verve, son panache, une élégance puissamment charpentée qui convoquant  l’opéra suscite des torrents de délires dramatiques avec des failles dans l’intime murmuré qui sculpte de sublime vertiges dramatiques, dignes des machineries spectaculaires sur la scène.
L’imaginaire de Royer se dévoile : course furieuse, ou tempête invraisemblable aux vagues et cascades et autres déferlantes d’une irrésistible ampleur … un tempérament inédit voire inouï, comme le Rameau d’Hippolyte en 1733.
D’abord lent puis comme endolori, le jeu de Rondeau s’évéille aux évocations convoquées ; puis le claviériste cisèle amoureusement son clavier ; et remodèle avec un tempérament expressif, la carrure originellement lyrique des séries de pièces choisies en un jeu allusif, plutôt réjouissant.
Massif par sa sûreté d’intonation et tout autant d’une belle finesse et d’une sobre écoute  intérieure, le talent de Royer subjugue à mesure qu’il s’écoule sous des doigts aussi enivrés;  l’approche se fait pudique ensuite pour La Zaide ; l’imagination du claveciniste séduit irrésistiblement par une sensibilité qui se fait mécanique de précision  (jeu simultané aux deux mains dans la même Zaide, plage 9 qui déroule ses guirlandes exaltées, intérieures… et tendres).

Ainsi, sujet du présent programme, comme il y aura grâce à Liszt à l’âge romantique le piano orchestre qui par le feu synthétique dramatique de son jeu conteur exprime le génie wagnérien par la transcription mais sans jamais le réduire, Jean rondeau dans Vertigo entend ouvrir notre conscience à la verve magicienne du “clavecin opéra” : de Royer à Rameau, c’est tout un univers poétique et une esthétique sonore qui se nourrit du seul jeu du clavier des cordes pincées. De la salle lyrique et des planches, au salon et à l’intimité des cordes sensibles, malgré le transfert et le passage d’un media à l’autre, d’une échelle à l’autre, le feu évocateur n’a pas été sacrifié.
Formidable conteur, le claveciniste parisien exprime au-delà de la technicité virtuose du toucher et l’agilité des mains d’une finesse que bien des pianistes pourraient reprendre pour mieux inspirer leur geste propre, toute l’admirable sensibilité des consciences musicales capables de dire sans forcer, la destinée humaine dans l’ambition du seul clavier : l’inoubliable repli ténu, secret, comme blotti, et le renoncement du dernier Royer (L’Aimable,  1er Livre de 1746) ne cesse de nous l’affirmer avec la grâce d’une inspiration juste et magicienne. En confrontant (immanquablement) les deux “R” du XVIIIè (Rameau / Royer), l’approche séduit par son originalité ; convainc par la sûreté du jeu, l’assise de ses convictions artistiques. C’est un très bon récital, l’acte et la déclaration d’amour d’un musicien volontaire à son propre instrument. On ne saurait y demeurer insensible. Donc CLIC de CLASSIQUENEWS en février et mars 2016.

 

 

 

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CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015)

 

 

 

Compte-rendu, concert. Saintes, Auditorium, le 10 février 2016. Rameau, Couperin, Telemann… Ensemble Nevermind

Compte rendu, concert. Saintes, Auditorium. Le 10 février 2016. Ensemble Nevermind : Couperin, Rameau, Telemann… Acteurs d’une résidence à l’Abbaye aux Dames de Saintes, le jeune ensemble Nevermind (sur instruments d’époque) affirme l’entente musicale de quatre instrumentistes dont la complicité et le plaisir partagé scellent une nouvelle sonorité concertante. Après tout, les quatuors baroque ne sont pas légions et les quatre tempéraments ainsi accordés (flûte, violon, clavecin, viole de gambe) méritent bien une scène spécifique, qui résidence oblige, présente en ce soir du 10 février, dans l’Auditorium de Saintes, les fruits de leur travail réalisé sur quatre journées. Un travail de précision comme une mécanique subtile engage chaque instrumentiste pour la réalisation de cette conversation musicale où le jeu concertant est l’expression d’un équilibre collectif qui recherche l’éloquence harmonieuse des partis associés. Les instruments se chauffent et s’accordent dans le Marais d’ouverture (qui est certes sur le canevas d’un trio: en l’occurrence, un extrait du Trio n°5 des Pièces pour le coucher du Roi ; puis c’est surtout les 3 Pièces de clavecin en concert, celles sublimes du Concert V de Rameau, où le tissu si subtile cette fois à quatre voix égales, permet concrètement de réaliser ce jeu collectif où la somme des parties séparées engendre cet enchantement d’une ineffable poésie : La Cupis fait entendre pour la voix de dessus, le très beau son du violon de Louis Crea’ch, ex élève de l’orchestre maison, Jeune Orchestre de l’Abbaye (à l’époque de sa formation et de son apprentissage : “Jeune Orchestre Atlantique”) : la maîtrise des intentions, l’intelligence des phrasés, le style d’une pudeur fine et tendre à la fois, affirment nettement la sensibilité de l’instrumentiste ; un artiste d’une rare compréhension et d’une plénitude  stylistique manifeste dont l’Abbaye aux Dames peut être fière d’avoir ainsi favorisé l’éclosion et la maturation. D’une même sûreté de ton, carrure preste et technicité coulante, le clavecin de Jean Rondeau (que l’on ne présente plus car l’intéressé mène parallèlement une carrière de claveciniste remarqué – son dernier cd dédié à Rameau et surtout Royer affirme comme un nouveau jalon, cohérence et maturité de ses convictions artistiques).

 

 

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C’est surtout après le Couperin d’une grande finesse (superbes passages harmoniques, extraits de La Piémontaise des Nations), l’intensité dramatique et les somptueuses couleurs du Telemann moins connu (extraits du 6ème opus des Quatuors Parisiens : idéalement destinés pour la formation instrumentale en quatuor, les partitions de Telemann frappent par leur grand raffinement, leur caractère noble et évidemment italien, quand leur architecture puissante cultive aussi de superbes atmosphères déjà presque néoclassiques (or nous ne sommes que dans les années 1730…). A l’époque où Rameau fait sa révolution lyrique, le chant instrumental, cosmopolite et raffiné de Telemann n’a rien à lui envier. Et les solistes de Nevermind lui dédient leur travail d’horlogerie, précision et souffle expressif combinés. Un réel accomplissement qui confère au groupe sa légitimité instrumentale ; c’est d’ailleurs autour des Quatuors parisiens de Telemann que les quatre solistes se sont reconnus, accordés, combinés avec la réussite qui ce soir se révèle souvent irrésistible.

Fruit de la résidence à Saintes, ce Telemann prometteur laisse entrevoir un prochain enregistrement de la totalité des Quatuors parisiens ; mais il a su aussi nourrir un tout autre travail sur le jeu quasi improvisé (au prix de quelle maîtrise, en particulier sur le souffle et l’exactitude rythmique) d’un traditionnel irlandais (Port na bPúcaí), “un air de très ancienne mémoire” précise la flûtiste Anna Besson visiblement très inspiré par ce défi : le traverso emporte l’enthousiasme par ses sonorités intérieures et méditatives, en total accord avec le clavecin énigmatique de Jean Rondeau. On en redemande.

 

SAINTES, PEPINIERE DES JEUNES TEMPERAMENTS. Saintes jalonne ainsi sa saison musicale dans l’année par des rendez vous désormais incontournables : cette résidence Nevermind et l’offrande de ce concert du 10 février, composent les éléments d’un tremplin offert aux jeunes tempéraments, prometteurs et défricheurs. Les spectateurs peuvent retrouver les interprètes au moment du festival estival, dont le programme prolonge un cheminement artistique élaboré sur la durée. Cet été, en juillet 2016, les festivaliers pourront découvrir comme l’étape suivante de leur parcours musical à Saintes, ce travail spécifique sur le jeu concertant, fruit de l’écoute, de la complicité et du plaisir, composantes toujours irrésistible d’une nouvelle fraternité musicale qui s’écrit désormais de concert en concert. Jeune ensemble à suivre.

 

 

Vitalité concertante : Nevermind à Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 février 2016. C’est un nouvel ensemble à quatre voix égales qui sait déployer une pétulante vitalité sur instruments d’époque : flûte ou plutôt traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 février est le prolongement finalisé et abouti d’une résidence de près de 4 jours, dans l’écrin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en résidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en création dédié à Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidéo sur le travail de De Caelis à Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent à Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifié au diapason de l’énergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempéraments innovent, surprennent, osent par un jeu concerté, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clarté expressive qui rend chaque interprétation captivante, par la précision rythmique et le souci de l’écoute partagée. De la fougue, une sensibilité ciselée, partagée par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si délicat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand Siècle (Marais) et du XVIIIè (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrés du XVIIIè germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

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Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’écriture instrumentale à l’âge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilités expressives du cadre concertant où 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumière la partie éclatante et continue de la basse continue (continuo), assurée par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumière les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La Piémontoise, tirée du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo déploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus déconcertant encore, la place que Rameau sait dédier au clavecin dès lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses Pièces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hésite pas à défier la virtuosité du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre défend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un défi pour l’interprète.
Jean-Sébastien Bach innove encore en associant deux flûtes, ou en dédiant sa partition uniquement à la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands génies européens de l’époque baroque, Telemann – plus célèbre encore de son vivant que Bach, publie à Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et là encore, sujet de défis concertants permanents : flûte, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.

Les 4 Nevermind : jubilation instrumentale à Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 février 2016. C’est un nouvel ensemble à quatre voix égales qui sait déployer une pétulante vitalité sur instruments d’époque : flûte ou plutôt traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 février est le prolongement finalisé et abouti d’une résidence de près de 4 jours, dans l’écrin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en résidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en création dédié à Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidéo sur le travail de De Caelis à Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent à Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifié au diapason de l’énergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempéraments innovent, surprennent, osent par un jeu concerté, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clarté expressive qui rend chaque interprétation captivante, par la précision rythmique et le souci de l’écoute partagée. De la fougue, une sensibilité ciselée, partagée par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si délicat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand Siècle (Marais) et du XVIIIè (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrés du XVIIIè germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

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Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’écriture instrumentale à l’âge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilités expressives du cadre concertant où 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumière la partie éclatante et continue de la basse continue (continuo), assurée par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumière les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La Piémontoise, tirée du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo déploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus déconcertant encore, la place que Rameau sait dédier au clavecin dès lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses Pièces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hésite pas à défier la virtuosité du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre défend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un défi pour l’interprète.
Jean-Sébastien Bach innove encore en associant deux flûtes, ou en dédiant sa partition uniquement à la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands génies européens de l’époque baroque, Telemann – plus célèbre encore de son vivant que Bach, publie à Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et là encore, sujet de défis concertants permanents : flûte, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.

L’ensemble Nevermind à Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 février 2016. C’est un nouvel ensemble à quatre voix égales qui sait déployer une pétulante vitalité sur instruments d’époque : flûte ou plutôt traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 février est le prolongement finalisé et abouti d’une résidence de près de 4 jours, dans l’écrin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en résidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en création dédié à Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidéo sur le travail de De Caelis à Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent à Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifié au diapason de l’énergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempéraments innovent, surprennent, osent par un jeu concerté, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clarté expressive qui rend chaque interprétation captivante, par la précision rythmique et le souci de l’écoute partagée. De la fougue, une sensibilité ciselée, partagée par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si délicat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand Siècle (Marais) et du XVIIIè (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrés du XVIIIè germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

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Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’écriture instrumentale à l’âge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilités expressives du cadre concertant où 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumière la partie éclatante et continue de la basse continue (continuo), assurée par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumière les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La Piémontoise, tirée du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo déploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus déconcertant encore, la place que Rameau sait dédier au clavecin dès lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses Pièces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hésite pas à défier la virtuosité du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre défend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un défi pour l’interprète.
Jean-Sébastien Bach innove encore en associant deux flûtes, ou en dédiant sa partition uniquement à la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands génies européens de l’époque baroque, Telemann – plus célèbre encore de son vivant que Bach, publie à Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et là encore, sujet de défis concertants permanents : flûte, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2015. Bach, Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin.

Après une édition 2014 exceptionnelle, tant par la qualité des concerts proposés que par la fréquentation, le festival de Saintes revient en force pour son édition 2015 avec des artistes à fort tempérament, dans un style bien différent de l’année précédente. Parmi ces artistes, le jeune claveciniste Jean Rondeau récemment primé aux Victoires de la musique 2015 (révélation instrumentale). Le style du jeune homme démontre qu’il maitrise son instrument avec une maestria digne des plus grands clavecinistes actuellement en activité.


Jean Rondeau : génie du clavier au festival de Saintes

Le double jeu de Jean Rondeau, entre Bach et jazz

rondeau jean clavecin siantes 2015Pour ce concert, Jean Rondeau reprend le programme de son premier CD consacré à Johann Sebastian Bach (1685-1750) : « Imagine ». Si plusieurs des oeuvres du concert ont été composées pour clavier, tels les deux préludes et fugue en la mineur BWV 894 et BWV 895 ou le concerto dans le goût italien BWV 971, remarquable marathon pour clavecin, interprétés avec goût et sensibilité, d’autres ont été transcrites pour clavier. Ainsi, Jean Rondeau s’attaque avec brio à la Suite en do mineur BWV 997; d’abord composée pour luth, cette suite a ensuite été transcrite pour clavier. Également transcrite pour clavecin, la chaconne tirée de la partita pour violon seul n°2 en ré mineur BWV 1004; là encore, le jeune claveciniste comprend le caractère dansant de la pièce, il en dévoile l’énergie rythmique avec une flexibilité digitale enivrante. Pendant tout le concert, son professionnalisme (concentration et détente), sa maîtrise séduisent le public venu nombreux : l’attrait du phénomène actuel du clavier produit ses effets. Le public est ravi et lui réserve un accueil chaleureux. Jean Rondeau concède d’ailleurs deux bis ; le premier est tiré de l’oeuvre de Jean Philippe Rameau (1683-1764) : Tendres plaisirs ; le second est une oeuvre de Pancrace Royer (vers 1705-1755) : Marche des scythes.

Si Jean Rondeau est un claveciniste hors pair, il est également excellent pianiste. Convié à donner un concert de jazz avec son groupe Note Forget, composé du saxo Virgile Lefebvre, du batteur Sébastien Grenat et du contrebassiste Erwan Ricordeau, le claviériste joue pendant plus d’une heure après le concert de 19h30, également consacré à Bach et dont nous rendons compte dans un autre article. Après avoir rendu hommage à deux des plus grands jazzmen du XXe siècle, Thélonious Monk et Herbie Hancock, le quatuor se lance dans un show jazzy en jouant les compositions de ses membres devant un public toujours aussi nombreux et séduit par l’éclectisme du claviériste, hors norme, polyvalent, d’une facilité étonnante d’un répertoire l’autre. Et d’ailleurs de nombreuses personnes sont allées saluer Jean Rondeau et ses musiciens pour le féliciter et le remercier de leur avoir donné un si bel échantillon de son talent.

Dans deux styles très différents, voire radicalement opposés, Jean Rondeau a séduit un public nombreux qui s’est littéralement arraché son CD Bach “Imagine”. Saluons l’Abbaye aux Dames d’avoir eu l’excellente idée d’accueillir le jeune claveciniste qui sera en résidence à compter de la saison 2015/2016. Souhaitons à l’artiste et à ses deux ensembles, Note forget (de tendance jazzy) et NeverMind (ensemble de musique baroque) la plus belle des carrières ; carrière qui s’annonce d’ailleurs sous les meilleurs auspices.

Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2015. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Prélude et fugue en la mineur BWV 895, Prélude et fugue en la mineur BWV 894, Fantaisie et fugue inachevée en do mineur BWV 906, Suite en do mineur BWV 997, Chaconne de la partita pour violon seul N°2 en ré mineur BWV 1004, concerto dans le goût italien BWV 971; Jean Philippe Rameau (1683-1764) : Tendres Plaisirs (bis N°1); Pancrace Royer (vers 1705-1755) : Marche des scythes (bis N°2) . Jean Rondeau, clavecin.

Jean Rondeau, clavecin à Saintes

Rondeau jeanSaintes. Récital Jean Rondeau, clavecin. D. Scarlatti. Le 15 juillet 2014, 13h. Clavecin méridional. Récital de  clavecin méridional avec son ambassadeur le plus rayonnant et virtuose: Domenico Scarlatti (1685-1757). A la fougue de son tempérament hautement napolitain déjà riche en audacieuse créativité (héritage du père Alessandro), Domenico sait assimiler le délire picaresque,  la flamboyante caractérisation propres aux caractères de son pays d’adoption: l’Espagne. Son oeuvre et son style sont si impressionnant (550 Sonates) que les virtuoses antérieurs sont tous minimisés sauf peut être le père pour tous S’agissant du clavecin ibérique : Antonio Soler (1729-1783).
Telles les jalons d’une pensée musicale qui recherche et expérimente sans se fixer de limites, les Sonates de Domenico outrepassent les règles dévolues au clavier faisant de l’instrument avant les compositeurs romantiques,  le vecteur privilégié de sa quête intarissable : un instrument expérimental de premier ordre qui suit les humeurs et les audaces de l’auteur.  De fait il nous laisse une littérature inédite dont l’esprit dynamique renouvelle totalement la forme musicale,  jusqu’au rapport à l’instrument. Ce Scriabine du  clavecin aura subjugué bien des interprètes excités par les défis multiples d’oeuvres atypiques. Au premier rang desquels Scott Ross. Ralf Kirkpatrick musicologue que la question de Scarlatti n’a cessé d’interroger, a tenté de rétablir la chronologie d’un catalogue qui porte encore son nom et classe ainsi de façon critique une centaine de Sonates scarlatiennes.
Esprit nerveux,  Domenico affirme une écriture vive qui se joue des modulations passant sans annonce ni préambule du mineur au majeur. Les sonates baroques sont parfois très courtes en un seul mouvement,  développant un seul thème ou combinant plusieurs. Toujours le style est flamboyant,  imprévisible,  d’une libéré et d’un feu déjà mozartiens. Un vrai défi pour un jeune claveciniste prêt à relever tous les paris pour dévoiler son propre tempérament : c’est assurément le cas de Jean Rondeau, élève de l’ineffable et subtile Blandine Verlet-, dont l’engagement pour le clavecin égale son art de l’improvisation qu’il cultive au piano au sein d’un ensemble de jazz. Volubile, curieux, mais aussi discipliné, Jean Rondeau crée l’événement à Saintes ce 15 juillet sous la voûte de l’Abbatiale.

Mardi 15 juillet 2014
Abbaye aux dames, 13h

Jean Rondeau, clavecin

Domenico Scarlatti (1685-1757)

Sonate k.215 en Mi Majeur, andante
Sonate k.175 en la Mineur, allegro
Sonate k.208 en la Majeur, adagio e cantabile
Sonate k.119 en do Majeur, allegro
Sonate k.213 en ré Mineur, andante
Sonate k.141 en ré Mineur, allegro
Sonate k.30 en Sol Mineur « la Fugue du Chat », moderato
Sonate k.132 en do Majeur, cantabile
Sonata k.84 en do Mineur, allegro
Sonata k.481 en do Mineur, andante cantabile

Padre Antonio Soler (1729-1783)

Fandango r.143 en ré Mineur

Illustration : Jean Rondeau (DR)

Approfondir : consultez notre présentation complète du festival de Saintes 2014

 

Saintes abbayeLe festival de Saintes c’est aussi de nombreux jeunes talents déjà remarqués à Saintes ou nouveaux tempéraments à suivre désormais et révélés dans le cadre de l’Abbaye aux Dames : entre autres, Quatuor Hermès (Haydn, Beethoven, Schubert, le 13 juillet, 22h), Jean Rondeau, clavecin (le 15 juillet, 13h), Récital de l’excellente soprano Céline Scheen (L’Amante segreto, le 16 juillet, 13h), Quatuor Hip4tet (Quatuors de Félicien David et Mendelssohn, les 17 et 19 juillet, 17h), …

 

 

 

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