COMPTE-RENDU, concert. MONT-ROYAL, le 11 juin 2019. Festival CLASSICA 2019, Les Larmes de Jacqueline / BERLIOZ, OFFENBACH, ROUSSEL, HÉTU. S TĂ©treault, JP Sylvestre, Orch MĂ©tropolitain. Alain Trudel

classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaCOMPTE-RENDU, concert. MONT-ROYAL, le 11 juin 2019. Festival CLASSICA 2019, Les Larmes de Jacqueline / BERLIOZ, OFFENBACH, ROUSSEL, HÉTU. S TĂ©treault, JP Sylvestre, Orch MĂ©tropolitain. Alain Trudel, direction. Programme plein d’audaces et voire ambitieux ne serait ce que par la prĂ©sence de deux Ɠuvres rares en concert : le Concertino pour violoncelle de Roussel et le Concerto n°2 pour piano de Jacques HĂ©tu. Pour ce 2Ăš Ă©vĂ©nement dans la ville de Mont-Royal, le Festival a souhaitĂ© profitĂ© de la prĂ©sence de l’Orchestre Metropolitain et prĂ©senter ainsi plusieurs Ɠuvres concertantes au souffle symphonique indĂ©niable.

 

 

VIBRATIONS ORCHESTRALES
Tout en vibration rythmique et suractivitĂ© instrumentale chez Roussel, mais un Roussel frappĂ© par les blessures, l’angoisse panique, la dĂ©sespĂ©rance intime, le grave, le tragique. En dĂ©monstration fiĂ©vreuse et nourrie Ă©galement, pour l’ouverture de La Belle HĂ©lĂšne d’Offenbach, qui fait un beau lever de rideau ; puis en conclusion, le marche hongroise pĂ©taradante Ă  souhaits, extraite de la Damnation de Faust de Berlioz. On se fĂ©licite que de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, grĂące Ă  CLASSICA 2019, les trois compositeurs français (Berlioz, Offenbach, Roussel) soient ainsi cĂ©lĂ©brĂ©s, anniversaires oblige.
Le chef Alain Trudel ne manque pas de volontĂ© ni d’autoritĂ© dans une mise en place indĂ©niable. D’autant que le contenu du programme sait ensuite dĂ©ployer des arguments dignes des meilleures salles de concert Ă  MontrĂ©al.
Ainsi l’école des couleurs et de la sidĂ©ration sentimentale chez Berlioz dont le chef dirige la grandiose scĂšne d’amour extraite de RomĂ©o et Juliette :… les musiciens du Metropolitain n’ont pas manquĂ© de prĂ©cision et d’équilibre dans le plans sonores ; quand on sait la passion de Berlioz pour Shakespeare, « oser » traiter par l’orchestre le miracle du dĂ©sir, la magie de la rencontre entre deux ĂȘtres que tout sĂ©pare
 relĂšve d’une vocation viscĂ©rale ; et les instrumentistes s’immergent avec beaucoup de finesse et de clartĂ© dans ce jeu miroitant des teintes et des timbres superposĂ©s pour que s’en dĂ©gage cet absolu de l’amour dont Berlioz, lui-mĂȘme Ăąme passionnĂ©e et fougueuse, a le secret avant tout autre. Son langage est d’une modernitĂ© absolue, neuve et franche Ă  la fois, surtout poĂ©tique. Dans la Paroisse Lady of The Annunciation, il est permis ainsi d’entrevoir l’extase de Berlioz qui vaut bien celle de Wagner.

 

 

PIANO VOLONTAIRE
Le Concert pour piano n°2 de Jacques HĂ©tu place d’emblĂ©e (dĂšs les premiers accords) le pianiste sur le devant de la scĂšne, dans un bain fougueux et impĂ©tueux, riche en contrastes et en confrontations. Cette activitĂ© impĂ©rieuse n’est pas sans repenser fondamentalement la relation soliste / orchestre. L’écriture nĂ©oromantique, puissante, souvent flamboyante et suave, alla Rachmaninov, ne manque ni de structure ni de cohĂ©rence dans le dĂ©veloppement en 3 parties. Une piĂšce taillĂ©e pour le tempĂ©rament entier, franc lui aussi du trĂšs efficace Jean-Philippe Sylvestre. Il semble que sous ses doigts se rĂ©vĂšle dans une Ă©vidence expressive l’écriture des compositeurs quĂ©bĂ©cois qui comptent : hier AndrĂ© Mathieu (l’an dernier avec le mĂȘme orchestre et le mĂȘme chef : LIRE ici notre compte rendu CLASSICA 2018) et donc cette annĂ©e, Jacques HĂ©tu.

 

 

ROUSSEL et OFFENBACH : les éclairs introspectifs de Stéphane Tétreault
Plus ambivalent et difficile dans une premiĂšre Ă©coute, le Concertino d’Albert Roussel est une oeuvre Ă  la fois Ăąpre (proche de Chostakovitch) et d’une dĂ©licatesse d’articulation nĂ©o « baroque » qui se souvient aussi de 
 Tchaikovsky (Variations rococo pour violoncelle, 1877). L’Opus 57 de Roussel ainsi lĂ©gitimement fĂȘtĂ© pour son anniversaire 2019, est crĂ©Ă© en 1937 et semble faire Ă©cho aux tensions politiques et sociĂ©tales de l’époque : il est parcouru par une urgence qui presse et emporte dans un tempo parfois prĂ©cipitĂ© et panique. Tout aussi mis en avant, l’orchestre n’accompagne pas : il commente, s’essouffle, transpire, scintille en une exacerbation poĂ©tique
 ravĂ©lienne. C’est dire les dĂ©fis pour les instrumentistes et le chef.
Au devant de la scĂšne, inspirĂ©, funambule, StĂ©phane TĂ©treault plonge dans les trĂ©fonds obscurs de la partition, en fait resurgir des accents dĂ©chirants, en plĂ©nitude intime, en blessures ourlĂ©es avec un tact, des respirations qui tĂ©moignent d’une somptueuse maturitĂ© musicale. On comprend pourquoi pour ses visuels 2019, Classica ait choisi d’afficher StĂ©phane TĂ©treault tel “un artiste de gĂ©nie” : de toute Ă©vidence, les festivaliers de CLASSICA ont pu depuis ses dĂ©buts il y a 9 annĂ©es dĂ©jĂ , suivre l’Ă©volution et la maturation artistique du violoncelliste. Une Ă©mergence et une confirmation qu’il a Ă©tĂ© ainsi passionnant de mesurer et de comprendre. L’artiste se rĂ©vĂšle de concert en concert par cette pudeur intense qui Ă©blouit dans la sonoritĂ© Ă  la fois chantante et allusive de son violoncelle si singulier (Stradivarius « Comtesse de Stainlein, ex-Paganini”, 1707). AprĂšs l’Allegro moderato fougueux mais intĂ©rieur, saisi par une urgence fauve, l’Adagio dĂ©ploie des pĂ©pites autrement plus troublantes, lunaires mais inquiĂštes voire tendues
 la virtuositĂ© du soliste en servant surtout la sincĂ©ritĂ© du geste, Ă©claire la profondeur de la partition.
Une mĂȘme gravitĂ© pudique affirme enfin cette introspection crĂ©pusculaire qui dĂ©finit aussi l’art d’Offenbach : en jouant aprĂšs Roussel, Les larmes de Jacqueline (transposition pour violoncelle d’un air prĂ©cĂ©dent, probablement l’harmonie des bois), l’opus 76/2 retrouve l’intensitĂ© Ă©lĂ©gantissime qui avait fait la rĂ©ussite de son rĂ©cital prĂ©cĂ©dent Ă  CLASSICA 2019, autre grand moment d’accomplissement musical : « Les chants du crĂ©puscule », Duos pour violoncelles d’Offenbach / LIRE notre compte rendu du concert Ă  Mirabel, le 6 juin 2019.

On reste saisi par l’incandescence du geste, sa sobriĂ©tĂ© continue, l’absence de tout artifice. C’est un Ă©cho Ă  l’Adagio si Ăąpre de Roussel : Offenbach y semble au sommet de la dĂ©ploration pathĂ©tique, mais ici sublimĂ©e par le renoncement maĂźtrisĂ©, la douleur acceptĂ©e. Les tempĂ©raments des deux solistes Jean-Philippe Sylvestre et StĂ©phane TĂ©treault assurent au programme Ă  Mont-Royal, son relief, ses crĂ©pitements, auprĂšs d’un public venu en masse. Un nouveau succĂšs populaire pour des partitions pourtant rares et complexes.

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. MONT-ROYAL, le 11 juin 2019. Festival CLASSICA 2019, Les Larmes de Jacqueline / BERLIOZ, OFFENBACH, ROUSSEL, HÉTU. S TĂ©treault, JP Sylvestre, Orch MĂ©tropolitain. Alain Trudel, direction.

 

 

 

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COMPTE RENDU, CRITIQUE, concert prĂ©cĂ©dent : COMPTE-RENDU, critique, concert. QUÉBEC, Festival CLASSICA 2019. Saint-Benoit de Mirabel, le 6 juin 2019. “Les chants du crĂ©puscule” : StĂ©phane TĂ©treault, Kateryna Bragina, violoncelles. Duos de JACQUES OFFENBACH :

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-quebec-festival-classica-2019-saint-benoit-de-mirabel-le-6-juin-2019-les-chants-du-crepuscule-stephane-tetreault-katerina-bragina-violoncelles-duos-de-jac/

 

 

Tetreault stephane violoncelle duos offenbach concert critique classica festival CLASSICA 2019 juin saint benoit de MIRABEL quebec critique concert par classiquenews ETI_3578_LRDans ce portrait d’Offenbach, en orfĂšvre de la matiĂšre mĂ©lancolique et lunaire, quelle belle idĂ©e d’inscrire ici, le chant crĂ©pusculaire et quasi hypnotique Ă  deux voix, des Baroques français du dĂ©but du XVIIIĂš ; d’abord François Couperin, souple et soyeux (Concert pour deux violoncelles, arrangement de Paul Bazelaire), d’une pudeur infinie (Chaconne) ; ensuite le moins connu encore, Jean-Baptiste BarriĂšre (mort en 1747) Ă  la verve opĂ©ratique, quasi fantasque (Sonate pour deux violoncelles en sol majeur n°10), dramatiquement proche d’un 
 Rameau. C’est dire la qualitĂ© des choix dĂ©fendus, et aussi la pertinence de la filiation d’Offenbach aux Baroques. La sensibilitĂ© particuliĂšre de StĂ©phane TĂ©treault, la complicitĂ© de sa consƓur Kateryna Bragina font le miel de ce rĂ©cital Ă  deux voix qui vient fort opportunĂ©ment renouveler notre perception d’Offenbach.

 

FESTIVAL CLASSICA 2019 : CONCERT événement MARDI 11 JUIN 2019, Les Larmes de Jacqueline
 Stéphane Tétreault, Jean-Philippe Sylvestre

classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaFESTIVAL CLASSICA 2019 : CONCERT Ă©vĂ©nement MARDI 11 JUIN 2019, Les Larmes de Jacqueline
 Suite de la trĂšs riche programmation du Festival CLASSICA 2019 au QuĂ©bec. Fort de ses grands concerts symphoniques en plein air, – succĂšs jamais dĂ©mentis depuis la crĂ©ation du festival il y a 9 annĂ©es, le FESTIVAL CLASSICA sait aussi rĂ©unir de brillants interprĂštes pour des concerts intenses et originaux, de musique de chambre ou de musique concertante. Un Ă©clectisme rĂ©flĂ©chi dans le choix des rĂ©pertoires et des formes dont l’un des bĂ©nĂ©fices aujourd’hui est de rĂ©ussir parfaitement l’équation de la musique classique et du trĂšs grand public.
CLASSICA redonne ses lettres de noblesse aux grands festivals populaires. Jamais le classique n’a semblĂ© mieux fĂ©dĂ©rateur ni plus accessible au grand nombre. AprĂšs le concert « Les chants du CrĂ©puscule » (jeudi 6 juin Ă  Mirabel) prĂ©sentĂ© par le violoncelliste StĂ©phane TĂ©treault, artiste associĂ© de CLASSICA dĂšs ses dĂ©buts, (concert rĂ©vĂ©lant le violoncelle d’Offenbach en duos irrĂ©sistibles et profonds, lire ici notre critique), CLASSICA 2019 prĂ©sente un nouvel Ă©vĂ©nement musical, demain, MARDI 11 JUILLET 2019 Ă  MONT-ROYAL (Paroisse Our Lady of the Annonciation) : intitulĂ© « Les larmes de Jacqueline » (d’aprĂšs l’oeuvre Ă©ponyme d’Offenbach), le programme promet de nouveaux sommets d’interprĂ©tation. L’Orchestre MĂ©tropolitain sous la direction d’Alain TRUDEL joue les 3 compositeurs Ă  l’honneur en cette annĂ©e 2019 – anniversaires oblige- : BERLIOZ, OFFENBACH, ROUSSEL (dont le trĂšs rare et somptueux Concertino pour violoncelle de 1937, par StĂ©phane TĂ©treault), sans omettre le Concerto pour piano n°2 du compositeur quĂ©bĂ©cois Jacques HĂ©tu par le pianiste Jean-Philippe Sylvestre. Concert Ă©vĂ©nement. Incontournable.

 
 

 
 

MONT-ROYAL, MARDI 11 JUIN 2019classica-festival-quebec-2019-annonce-critique-presentation-sur-classiquenews-festival-CLASSICA-2019
Paroisse Our Lady of the Annonciation, 19h
LES LARMES DE JACQUELINE

Billets, information : www.festivalclassica.com/programme ou au 450 912-0868. RESERVEZ

 

 

 
 

Programme détaillé

HETU : , Concerto piano n°2 op64

BERLIOZ : RomĂ©o et Juliette, scĂšne d’amour
ROUSSEL : Concerto pour violoncelle
OFFENBACH : Harmonies des bois, Op. 76: No. 2 (les Larmes de Jacqueline) pour violoncelle et cordes
BERLIOZ : Marche hongroise

 

 
 

 
 
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APPROFONDIR
LIRE notre critique du concert Les chants du crĂ©puscule / DUOS de Jacques Offenbach. Festival CLASSICA 2019. Saint-Benoit de Mirabel, le 6 juin 2019. “Les chants du crĂ©puscule” : StĂ©phane TĂ©treault, Kateryna Bragina, violoncelles

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-quebec-festival-classica-2019-saint-benoit-de-mirabel-le-6-juin-2019-les-chants-du-crepuscule-stephane-tetreault-katerina-bragina-violoncelles-duos-de-jac/

 
 

 

 

 

 

 

 

Festival CLASSICA 2019 (Québec) : les 2 prochains concerts des 7 et 8 juin 2019

QUEBEC, Festival CLASSICA 2019. Ce soir et demain, vendredi 7 et samedi 8 juin, deux programmes Ă  ne pas manquer et qui chacun indique l’éclectisme du festival le plus fĂ©dĂ©rateur de la rive sud du Saint-Laurent, en MontĂ©rĂ©gie (sud de MontrĂ©al)

 

 

 

DEUX PROCHAINS CONCERTS au Festival CLASSICA 2019

 

 

Vendredi 7 juin, Saint-Lambert, 20h, ce soir :

concert-mĂŽmes clementine decoutureMĂŽmes de Paris (ClĂ©mentine Decouture). Dans le centre multiculturel de Saint-Lambert, Ă©picentre du festival quĂ©bĂ©cois, la soprano lyrique ClĂ©mentine Decouture, accompagnĂ©e du violoncelliste Paul Colomb, de l’accordĂ©oniste David Bros et du percussionniste CĂ©dric Barbier, prĂ©sente le spectacle MĂŽmes de Paris sur des chansons de Barbara, Piaf et JosĂ©phine Baker. Elle a le cƓur gĂ©nĂ©reux, le sentiment expressif et la verve en joie. Les festivaliers retrouveront ClĂ©mentine Decouture lors de la DEMI FINALE du RĂ©cital-Concours de mĂ©lodies françaises, ce vendredi 14 juin 2019. A coup sĂ»r, un tempĂ©rament Ă  suivre tant l’interprĂšte a le souci du texte et du verbe suggestif.

RESERVEZ ici VOTRE PLACE pour ce soir Ă  Saint-Lambert

 

 

 

Samedi 8 juin, Par Gerry-Boulet, St-Jean sur Richelieu :

Hommage aux Rolling-Stones / Rock Symphonique, 21h

entete-rolling-stonesCet hommage unique au lĂ©gendaire groupe britannique regroupe prĂšs de 90 musiciens sur scĂšne, outre le chanteur soliste SĂ©bastien PLANTE, , du groupe Les Respectables : l’Orchestre symphonique du Conservatoire de la MontĂ©rĂ©gie, le ChƓur de l’OpĂ©ra bouffe du QuĂ©bec , sous la direction du chef Marc Ouellette. Grand moment Ă  vivre Ă  Saint-Jean-sur-Richelieu, samedi prochain 8 juin dĂšs 21h. Pique nique dans le parc Gerry-Boulet Ă  partir de 17h.

Concert extérieur GRATUIT. Programme idéal pour profitez du temps printanier ce week end. Apportez votre chaise !

PLUS D’INFOS sur le site du FESTIVAL CLASSICA 2019

 

 

 

 

 

 

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Prochain CONCERT MAJEUR :

Mardi 11 juin 2019
Paroisse Our Lady of the Annunciation
1020, boul. Laird
Ville de Mont-Royal
Durée : 90 min

LES LARMES DE JACQUELINE

Orchestre MĂ©tropolitain,
Jean-Philippe Sylvestre (piano)
et Stéphane Tétreault (violoncelle)

classica-festival-quebec-2019-annonce-critique-presentation-sur-classiquenews-festival-CLASSICA-2019L’Orchestre MĂ©tropolitain, sous la direction d’Alain Trudel, le pianiste Jean-Philippe Sylvestre et le violoncelliste StĂ©phane TĂ©treault jouent les compositeurs cĂ©lĂ©brĂ©s par cette 9e Ă©dition du Festival Classico : parmi les plus dĂ©cisifs dans l’histoire de la musique romantique française : BERLIOZ, OFFENBACH, ROUSSEL
 trĂšs attendu, le Concerto pour piano no 2 du compositeur quĂ©bĂ©cois Jacques HĂ©tu. Voici assurĂ©ment l’un des concerts majeurs du Festival CLASSICA 2019. Jusqu’au 16 juin 2019.

RESERVEZ ici VOTRE PLACE pour le concert LES LARMES DE JACQUELINE

 

 

 

 

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FESTIVAL CLASSICA, à ne pas manquer : 

VENDREDI 14 JUIN 2019, 19h : Demi finale du RECITAL-CONCOURS de mĂ©lodies françaises – Plus d’infos sur le RĂ©cital-Concours international de MĂ©lodies françaises prĂ©sentĂ© par le festival CLASSICA

JOURNEE du samedi 15 juin 2019 : FRANCOPHONIE, Grand concert symphonique en plein air et gratuit – 17h, pique-nique – 21h : concert sous les Ă©toiles

DIMANCHE 16 JUIN 2019, 16h : FINALE du RECITAL-CONCOURS de mélodies françaises

TOUTES LES INFOS sur le site du FESTIVAL CLASSICA 2019

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CD, Ă©vĂ©nement, critique. Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43 – Jean-Philippe Sylvestre, piano (1 cd ATMA)

SYLVESTRE-JEAN-PHILIPPE-ATMA-classique-cd-annonce-critique-cd-classiquenews-mathieu-rachmaninovCD, Ă©vĂ©nement, critique. Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43 – Jean-Philippe Sylvestre, piano / Orchestre MĂ©tropolitain / Alain Trudel, direction – 1 cd ATMA classiques / ACD22768 – novembre, 2018. AprĂšs la rĂ©ussite qui fut aussi rĂ©vĂ©lation du Concerto de QuĂ©bec (Concerto n°3) d’AndrĂ© Mathieu l’an dernier, le pianiste Jean-Philippe Sylvestre marque Ă  nouveau le dĂ©voilement du gĂ©nie de Mathieu, compositeur majeur au QuĂ©bec. Le couplage rĂ©alisĂ© avec la  Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini de Rachmaninov rappelle l’Ă©vidente filiation entre les deux compositeurs, Mathieu se nourrissant de la texture riche, des harmonies si sensuelles de son prĂ©dĂ©cesseur russe Ă  la fois postromantique et nĂ©o classique. Encore aujourd’hui il n’est pas de pianisme aussi Ă©voluĂ© et raffinĂ© que celui de Rachmaninov.

Mathieu / Rachmaninov : filiation flamboyante et superlative

Le programme de ce disque important  a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du Festival Classica, Ă©vĂ©nement fĂ©dĂ©rateur et essentiel de la vie musicale quĂ©bĂ©coise au dĂ©but de la pĂ©riode des festivals estivaux, avec la complicitĂ© de l’Orchestre MĂ©tropolitain sous la direction attentive d’Alain Trudel.

ANDRÉ MATHIEU : Concerto n°4 - Au lendemain de la seconde guerre (1946), la France octroie plusieurs bourses Ă  de jeunes compositeurs canadiens pour remercier le pays d’AmĂ©rique du Nord de s’ĂȘtre engagĂ© militairement Ă  ses cĂŽtĂ©s pour vaincre les nazis. Ainsi laurĂ©at de cette manne, le jeune Mathieu retrouve Ă  Paris le cĂ©lĂšbre Arthur Honegger (1892-1955), pour des cours de perfectionnement en composition. Le Trio et le QuatriĂšme Concerto qu’il entreprend sous son influence, attestent des influences françaises nourrissant alors son Ă©criture. Mais le quĂ©bĂ©cois quitte rapidement l’Europe dĂšs l’automne 1947.
L’auteur plutĂŽt convaincu par son oeuvre, joue partout son opus l’inscrivant dans chaque rĂ©cital de MontrĂ©al Ă  Washington, ce jusqu’Ă  sa mort.
Mais le seul manuscrit valable concerne le dĂ©but du troisiĂšme mouvement, de surcroĂźt partition incomplĂšte de dix-neuf pages dans une version pour deux pianos. Il a fallu donc ressusciter l’opus dans son entier selon le plan original de l’auteur.
Heureusement l’enregistrement live du concert du 7 dĂ©cembre 1950 au Ritz-Carlton de MontrĂ©al oĂč AndrĂ© joue l’Ɠuvre du dĂ©but Ă  la fin rĂ©cupĂ©rĂ© en sept 2005, a permis de reconstruire le cycle intĂ©gral. A la demande du pianiste Alain Lefevre (prĂ©dĂ©cesseur zĂ©lĂ© de Sylvestre dans la dĂ©fense et la diffusion de l’oeuvre de Mathieu aujourd’hui), Gilles Bellemare dĂ©duit la partie pour piano seul, rĂ©orchestre toute la partition Ă  partir des nouveaux Ă©lĂ©ments. La version ainsi restaurĂ©e est crĂ©Ă©e le 8 mai 2008 Ă  Tucson en Arizona avec Alain LefĂšvre et George Hanson.
Dix ans aprĂšs sa crĂ©ation, c’est Ă  Saint-Constant que Jean-Philippe Sylvestre avec l’Orchestre MĂ©tropolitain et Alain Trudel reprennent l’Ɠuvre dans la version Gilles Bellemare, Ă  quelques pas de la maison du docteur Joseph-Arthur Gagnon, grand-pĂšre d’AndrĂ© Mathieu, oĂč son petit-fils passait ses vacances.

AprĂšs le succĂšs de son Concerto n°3 dit Concerto de QuĂ©bec dont le plan inspire le scĂ©nario du film La forteresse, Mathieu affirme alors un tout autre climat dĂšs le dĂ©but de son nouveau Concerto n°4: l’angoisse ou Ă  dĂ©faut, un sentiment nouveau d’inquiĂ©tude sourde, portĂ© par une verticalitĂ© affirmĂ©e. LiĂ© Ă  son destin personnel la musique bascule dans l’aspiration d’une tragĂ©die personnelle.
Ainsi, le troisiĂšme mouvement qui pointe, tendu, inexorable vers le vide et le nĂ©ant ; il atteint un sentiment d’incandescence quasi angoissĂ©, mĂȘme de terreur intĂ©rieure, Ă  peine maĂźtrisĂ©e. Il n’est que le deuxiĂšme mouvement pour affirmer un Ă©quilibre recouvrĂ©, serein, enfin apaisant. Le jeu entier, clair et puissant aussi de Jean-Philippe Sylvestre rend justice Ă  une oeuvre Ă  la fois foisonnante et trĂšs construite.

Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini opus 43 de Rachmaninov. Il est d’autant plus lĂ©gitime de rapprocher les deux Ă©critures Mathieu / Rachmaninov, sur le plan du style et de l’intensitĂ© mĂ©lodique, mais aussi parce que Mathieu Ă©crit lui-mĂȘme une Rhapsodie en 1958, cĂ©lĂ©brant Ă  nouveau le gĂ©nie de celui qui semble constamment l’inspirer.
De la révolution bolchévique de 1917 à sa mort en 1943, Rachmaninov ne crée que six partitions dont la Rhapsodie sur un thÚme de Paganini, créée le 7 novembre 1934 à Baltimore, avec Stokowski pilotant Philadelphia Orchestra.
Libre et inventive dans son Ă©coulement formel, la partition de Rachmaninov affiche une tranquille modernitĂ© surtout un geste fluide et sans contrainte qui repousse les limites de l’exercice rhapsodique trouvant un Ă©quilibre idĂ©al entre plan architectural qui prĂ©serve le dĂ©roulement dramaturgique, et la souple expression d’un flux musical quasi abstrait ou brillent les qualitĂ©s de timbre, couleurs, espace d’un clavier 
symphonique. Pour noyau et prĂ©texte de ce dĂ©lire poĂ©tique, le dernier des vingt-quatre Caprices pour violon seul de Paganini (1782-1840).
Le pianiste Jean-Philippe Sylvestre s’engage avec un zĂšle idĂ©al dans la dĂ©fense et le rayonnement des Ɠuvres de Mathieu ; tout coule de source et avec un naturel manifeste sous ses doigts, qu’il s’agisse des Ă©lans parfois angoissĂ©s du concerto n°4, ou de l’éblouissante confession nostalgique que constitue la Rhapsodie de Rachmaninov.
Le jeu sinueux trĂšs sensuel et brillant du clavier danse avec l’orchestre dans le l’énoncĂ© superposĂ© au motif de Paganini, du thĂšme du Dies irae (fa-mi fa-rĂ©-mi-do rĂ©-rĂ©) dans la 6Ăšme variation puis la 10Ăšme. L’Ă©nergie de feu se dĂ©ploie grĂące au pianiste qui sait articuler en maints endroits, son approche trĂšs directe et aussi ciselĂ©e, mĂȘlant avec finesse et lyrisme, dĂ©tail et puissance, le gĂ©nie mĂ©lodique de Rachma, Ă  son panache Ă©tourdissant ; telle approche emporte toute la rhapsodie dans un bain organiquement continu, chaque sĂ©quence/variation se succĂ©dant Ă  l’autre avec une Ă©vidente souplesse lĂ  encore.

CLIC D'OR macaron 200Le scintillement debussyste et ravĂ©lien de la 11Ăšme redouble d’Ă©clats millimĂ©trĂ©s, comme la frivolitĂ© ancien rĂ©gime de la 12Ăšme (menuet), avant le trait virtuose et percutant du piano rĂ©pondant aux saillies sarcastiques de l’orchestre dans la 13Ăšme, 
 façonne un jeu contrastĂ© et tout en souplesse ; De mĂȘme la parodie du Concerto de Tchaikovski (2Ăšme mouvement) dans la 15Ăšme y est subtilement Ă©noncĂ©e elle aussi. Autre filiation qui enrichit encore ce jeu des styles qui se rĂ©pondent de siĂšcle en siĂšcle. Mais rien n’Ă©gale la sĂ©duction dansante de la 18Ăšme (faite par Rachma pour plaire Ă  son impressario et lui donner le moyen de mieux « vendre » le style du compositeur pianiste qu’il dĂ©fendait alors
). Jean-Philippe Sylvestre sait dĂ©ployer une sĂ©duction manifeste tout en soignant les Ă©clats intĂ©rieurs. Le pianiste n’en oublie pas pour autant l’humeur fantasque, l’idĂ©e du caprice et de la libre fantaisie liĂ©s au genre rhapsodique
 ainsi cette conclusion imprĂ©visible qui s’efface, fugitivement, dans une ultime mesure jouĂ©e piano. La libertĂ© et la force Ă©vocatoire du jeu pianistique sont trĂšs convaincants.

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Track listing – Programme dĂ©taillĂ© du cd :

André MATHIEU (1929-1968)

Concerto no 4 en mi mineur

(arr. pour piano et orchestre par Gilles Bellemare) Concerto No. 4 in E Minor

(arr. for piano and orchestra by Gilles Bellemare)

1 ‱ I. Allegro

2 ‱ II. Andante

3 ‱ III. Allegro con fuoco

SergueĂŻ RACHMANINOV(1873-1943)

Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini, op. 43

Rhapsody on a Theme of Paganini, Op. 43

4‱ Introduction: Allegro vivace

5‱ Variation 1: (Precedente)

6‱ Theme: L’istesso tempo

7‱ Variation 2: L’istesso tempo

8‱ Variation 3: L’istesso tempo

9‱ Variation 4: PiĂč vivo

10‱ Variation 5: Tempo precedente

11‱ Variation 6: L’istesso tempo

12‱ Variation 7: Meno messo, a tempo moderato 13‱ Variation 8: Tempo I

14‱ Variation 9: L’istesso tempo

15‱ Variation 10: [Poco marcato]

16‱ Variation 11: Moderato

17‱ Variation 12: Tempo di minuetto

18‱ Variation 13: Allegro

19‱ Variation 14: L’istesso tempo

20‱ Variation 15: PiĂč vivo: Scherzando 21‱ Variation 16: Allegretto

22‱ Variation 17: [Allegretto]

23‱ Variation 18: Andante cantabile 24‱ Variation 19: L’istesso tempo

25‱ Variation 20: Un poco piĂč vivo

26‱ Variation 21: Un poco piĂč vivo

27‱ Variation 22: Un poco piĂč vivo (alla breve) [0:19] 28‱ Variation 23: L’istesso tempo

29‱ Variation 24: A tempo un poco meno messo [0:32]

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1 cd ATMA classiques / ACD22768 – novembre, 2018

Jean-Philippe Sylvestre, piano
Orchestre MĂ©tropolitain
Alain Trudel, direction

Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43

https://www.atmaclassique.com/Fr/Albums/AlbumInfo.aspx?AlbumID=1614

PARIS, 5 et 15 nov. RĂ©citals de JEAN-PHILIPPE SYLVESTRE, piano.

sylvestre-jean-philippe-piano-majeur-portrait-annonce-concerts-par-classiquenewsPARIS, 5 et 15 nov. JEAN-PHILIPPE SYLVESTRE, piano. “PoĂšte du piano” (selon les propres mots du chef Yannick NĂ©zet-SĂ©guin), jeu incarnĂ© et pourtant clair et dĂ©taillĂ©, engagĂ© et lumineux, le pianiste quĂ©bĂ©cois Jean-Philippe Sylvestre est l’honneur de l’art musical de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique. En 2008, il se voyait remettre le prestigieux prix Virginia Parker, la plus haute distinction dĂ©cernĂ©e par le Conseil des Arts du Canada. C’est assurĂ©ment la grande technicitĂ© associĂ©e Ă  une imagination nuancĂ©e qui font la diffĂ©rence : l’artiste Ă  l’écoute de la nature se rĂ©vĂšle ainsi, dans un chatoiement de couleurs personnelles d’une rare justesse. En plus d’ĂȘtre expressif, Jean-Philippe Sylvestre sait exprimer le feu singulier de chaque partition, tout en apportant son propre Ă©clairage. La pensĂ©e se joint Ă  la digitalitĂ©. VoilĂ  l’alchimie qui se rĂ©alise sous ses doigts magiciens. Solitaire Ă  l’écoute de la Nature matricielle (cf. les forĂȘts canadiennes et la cĂŽte maritime quĂ©bĂ©coise), l’interprĂšte rĂ©vise chaque jour sa propre acuitĂ© artistique en se ressourçant dans l’écoute des « grands » qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©, ou de ceux qui jouent encore aujourd’hui et qui ne cessent de l’inspirer par leur propre imaginaire sonore et poĂ©tique : Vladimir Horowitz, Glenn Gould, Samson François, György Cziffra, Grigory Sokolov, Martha Argerich et Andras Schiff
 gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments Ă©loquents auxquels le pianiste sait apporter sa contribution contemporaine.

mathieu andre piano j p sylvestre concerto de quebec annonce par classiquenewsRĂ©cemment, on a pu juger sur piĂšce, dans le Concerto pour piano de son compatriote AndrĂ© Mathieu – lors du dernier Festival Classica (mai et juin 2018), oĂč l’interprĂšte rapprochait non sans pertinence le style de Mathieu (Concerto n°4) de sa source originelle, 
Rachmaninov Ă  travers Variations sur un thĂšme de Paganini (LIRE notre compte rendu du concert Mathieu / Rachmaninov par Jean-Philippe Sylvestre au Festival Classica 2018 / 31 mai 2018). Le feu direct, la franchise et la sincĂ©ritĂ© du jeu avaient convaincu, rĂ©vĂ©lant tout ce que les deux compositeurs avaient en partage comme en spĂ©cificitĂ©. Puissance, finesse, intĂ©rioritĂ© et projection
 le jeu du pianiste est complet. Ses prochains concerts en Europe, Ă  PARIS, les 5 et 15 nov, le 19 Ă  Barcelone, puis – consĂ©cration auprĂšs des mĂ©lomanes les plus affĂ»tĂ©s, Ă  Vienne (Musikverein, le 21 nov), sont des Ă©vĂ©nements Ă  ne pas manquer.

 

 

 A PARIS

A Paris, Jean-Philippe Sylvestre joue d’abord Ă  GAVEAU (le 5 nov, 20h) : JS BACH, SCHUBERT, MOZART, BEETHOVEN, Ă©videmment CONCERTO DE QUEBEC de MATHIEU, enfin Islamey de BALAKIREV
http://www.sallegaveau.com/spectacles/jean-philippe-sylvestre-piano

puis,

le 15 nov, 20h (Centre Culturel Canadien : Festival Jazzycolors 2018 / 130 rue du Fbg St-HonorĂ©) : GERSHWIN, …
https://canada-culture.org/event/jean-philippe-sylvestre-3/

 

 

A BARCELONE
19 novembre 2018, Sala 2 Oriol Martorell, 20h
JS BACH, MOZART, SCHUBERT, BEETHOVEN
https://www.auditori.cat/es/jean-philippe-sylvestre

 

 

A VIENNE
21 novembre 2018, Musikverein, Brahms Saal, 19h30
JS BACH, SCHUBERT, MOZART, BEETHOVEN, MATHIEU, BALAKIREV

 

 

 

 

Plus d’infos sur le site de JEAN-PHILIPPE SYLVESTRE, page concerts / agenda 2018
https://jeanphilippesylvestre.com/fr/concerts