Le Rosenkavalier de Wernicke, de retour Ă  Bastille

PARIS, OpĂ©ra Bastille. Strauss : Le Chevalier Ă  la rose par Wernicke, 9-31 mai 2016, reprise Ă©vĂ©nement Ă  Paris. Cette production de Rosenkavalier, Le Chevalier Ă  la rose, sommet lyrique de 1911, conçu par le duo lĂ©gendaire Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal est deloin l’une des rĂ©alisations les plus convaincantes Ă  l’opĂ©ra : par sa justesse poĂ©tique, ses visuels oniriques, son jeu dramatique cohĂ©rent.

Richard Strauss, un "gĂ©nie contestĂ©"« La MarĂ©chale, Ochs, Octavian, le riche Faninal et sa fille, tous les liens vitaux qui se sont tissĂ©s entre eux, ces personnages, on dirait que tout cela s’est trouvĂ© lĂ  ainsi, il y a trĂšs longtemps”, ainsi s’exprime le metteur en scĂšne Herbert Wernicke, soucieux de rendre vie Ă  chacun des protagonistes d’un opĂ©ra dont le vrai sujet est le temps, l’oeuvre de la durĂ©e et donc l’empreinte qu’elle impose aux ĂȘtres et aux esprits, la mĂ©tamorphose, le renoncement et l’amour… CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra Bastille en 1997 en coproduction avec Salzbourg (avec La MarĂ©chale de RenĂ©e Fleming et le Quiquin/Oktavian de Susan Graham), le spectacle aujourdh’ui repris devrait encore marquer les esprits.
Wernicke (dĂ©cĂ©dĂ© en 2002), tout en mettant Ă  nu mais sur le mode d’un suprĂȘme intimiste Ă©lĂ©gant auatnt que pudique, la vĂ©ritĂ© de chacun, rĂ©alise dans cette production historique, devenue Ă  juste titre lĂ©gendaire, de somptueux tableaux spectaculaires ; restituant Ă  l’opĂ©ra, sa vocation Ă  crĂ©er de l’inouĂŻ et de l’onirique, comme une machinerie fantastique. Pour traduire le jeu miroitant du temps, et la labyrinthe oĂč se perdent les protagonistes, le metteur en scĂšne imagine un thĂ©Ăątre des illusions oĂč de grandioses miroirs, d’une Ă©chelle colossale jamais vue auparavant, absorbent l’action, la transfigurent mĂȘme en intĂ©grant acteurs, orchestre, scĂšne et public. Ce grand thĂ©Ăątre du monde submerge la scĂšne et touche directement le spectateur en une fĂ©erie collective vivante d’un souffle et d’une poĂ©sie irrĂ©sistible.
La distribution regroupe plusieurs voix Ă  tempĂ©raments : la soprano Anja Harteros fait son retour Ă  l’OpĂ©ra de Paris dans l’un des plus beaux
rĂŽles du rĂ©pertoire, aprĂšs 11 ans d’absence parisienne, sous la baguette, fine et suggestive de Philippe Jordan.

Paris, Opéra Bastille
Richard Strauss : Le Chevalier Ă  la rose / Der Rosenkavalier
8 représentations, du 9 au 31 mai 2016
lundi 9 mai 2016  - 19h00
jeudi 12 mai 2016  - 19h00
dimanche 15 mai 2016 – 14h30
mercredi 18 mai 2016 – 19h00
dimanche 22 mai 2016 – 14h30
mercredi 25 mai 2016 – 19h00
samedi 28 mai 2016 – 19h00
mardi 31 mai 2016 – 19h00

Le Chevalier Ă  la rose / Der Rosenkavalier
Comédie en musique en 3 actes, 1911
Livret de Hugo von Hofmannsthal
Musique de Richard Strauss (1864-1949) / durée : 4h avec entracte

avec :
La Maréchale : Anja Harteros
DER BARON OCHS:   Peter Rose
OCTAVIAN:   Daniela Sindram
HERR VON FANINAL:   Martin Gantner
SOPHIE:   Erin Morley
MARIANNE LEITMETZERIN:   Irmgard Vilsmaier
VALZACCHI:   Dietmar Kerschbaum
ANNINA:   Eve-Maud Hubeaux
EIN SÄNGER:   Francesco Demuro
EIN POLIZEIKOMMISSAR:   Jan Ơtåva

Un opĂ©ra contemplatif onirique sur l’oeuvre du temps…
« Le temps est une étrange chose.
Il est tout autour de nous, il est aussi en nous.
Il ruisselle dans nos miroirs, il coule sur mes
tempes. Et entre moi et toi,
Il coule Ă  nouveau ; sans bruit, comme un
sablier. »

La Maréchale, ACTE I

Duo mythique
Avec son librettiste Hugo von Hoffmannsthal, rencontrĂ© dĂšs 1900, Richard Strauss rĂ©alise un duo lĂ©gendaire Ă  l’opĂ©ra, l’Ă©quivalent au dĂ©but du XXĂš du binome mythique lui aussi Mozart / Da Ponte. Ainsi naissent sous leurs plumes associĂ©es, plusieurs sommets lyriques avant la premiĂšre guerre : Elektra, Der Rosenkavalier, Ariadne auf Naxos, Die Frau ohne Schatten, Die Ă€gyptische Helena, Arabella.

hofmannsthal Hugo_von_Hofmannsthal richard straussIls ont choisi pour Rosenkavalier, le cadre de la Vienne impĂ©riale baroque, celle des premiĂšres annĂ©es de rĂšgne de Marie-ThĂ©rĂšse d’Autriche, dans la seconde moitiĂ© du XVIIIĂš, Ăšre de raffinement extrĂȘme influencĂ© par le style versaillais français. Dans l’esprit du compositeur, il s’agit de crĂ©er un nouvel opĂ©ra mozartien, dans la suite des Noces de Figaro, aprĂšs les dĂ©flagrations de SalomĂ© (1905, d’aprĂšs Wilde), d’Elektra (1909) qui lui valent une rĂ©putation d’auteur moderne scandaleux mais irrĂ©sistible… Strauss et Hoffmannsthal pour crĂ©er de la vĂ©ritĂ©, inventent et jouent avec l’histoire : bien que non historiquement avĂ©rĂ©e Ă  l’Ă©poque de l’impĂ©ratrice, la valse est omniprĂ©sente ici, propre Ă  la sensibilitĂ© des deux auteurs. Tous les personnages ont leur valse emblĂ©matique de Ochs Ă  Quiquin ou Octavian… La crĂ©ation en fĂ©vrier 1911 – Ă  l’OpĂ©ra
Royal de Dresde (dans la mise en scĂšne de Max Reinhardt avec lequel Strauss et Hoffmannsthal fonderont le Festival de Salzbourg en 1922), est un choc et un triomphe : depuis Elektra, toutes les grandes villes d’Europe se mettent Ă  la page Straussienne. New York affiche trĂšs vite l’ouvrage mais Paris, Ă  cause de la guerre, ne pourra Ă©couter l’opĂ©ra qu’en 1927. En 1925, sans Ă©puiser la riche matiĂšre poĂ©tique de l’ouvrage, Robert Wiene, prĂ©curseur du cinĂ©ma expressionniste allemand, adapte l’opĂ©ra de Strauss et Hoffmannsthal au cinĂ©ma.

On oublie que Richard Strauss fut parallĂšlement Ă  sa carriĂšre de compositeur flamboyant, un chef d’orchestre prĂ©coce (il conduit l’orchestre dĂšs ses 9 ans) avisĂ© et pertinent (mozartien, il est l’un des premiers Ă  faire rĂ©habiliter Cosi fan tutte, jusque lĂ  mĂ©sestimĂ© en raison de la faiblesse de livret) ;le jeune Strauss rĂ©pond Ă  l’invitation de Hans von Bulow et dirige l’orchestre de l’opĂ©ra de Meiningen, de l’opĂ©ra de Munich et succĂšde Ă  Bulow comme directeur musical du Philharmonique de Berlin… Il dirige TannhaĂŒser Ă  Bayreuth (1894). Il est nommĂ© directeur artistique de l’OpĂ©ra de Vienne (aprĂšs Gustav Mahler), soit de 1919 Ă  1925, et y dirige entre autres, les opĂ©ras de Mozart et de Wagner.

Rappel des personnages :

LA MARÉCHALE
Princesse von Werdenberg, femme dans la
trentaine qui a pour amant le jeune Octavian

OCTAVIAN
Jeune homme de la noblesse viennoise, ùgé
de dix-sept ans, amant de la Maréchale

LE BARON OCHS VON LERCHENAU
Cousin de la Maréchale, fiancé à Sophie de
Faninal – la plupart des mises en scĂšnes et des productions grossissent les traits du personnages au point d’en faire un Falstaff mal dĂ©grossi aux maniĂšres brusques ; or Strauss et Hoffmannsthal l’avaient conçu en vrai contemporain de La MarĂ©chale, trentenaire, Ă©lĂ©gant et fin. Bien peu de baryton offrent une juste caractĂ©risation du personnage.

MONSIEUR DE FANINAL
Riche commerçant récemment anobli

SOPHIE
Fille de Monsieur de Faninal

MARIANNE LEITMETZERIN
DuĂšgne de Sophie

VALZACCHI
Valet intrigant

ANNINA
NiĂšce et complice de Valzacchi

INFORMATIONS / RÉSERVATIONS :
par Internet : www.operadeparis.fr
par tĂ©lĂ©phone : 08 92 89 90 90 (0,34€ la minute)
tĂ©lĂ©phone depuis l’étranger : +33 1 72 29 35 35
aux guichets : au Palais Garnier et Ă  l’OpĂ©ra
Bastille tous les jours de 11h30 Ă  18h30 sauf
dimanches et jours fériés