Salzbourg 2020 : la nouvelle ELEKTRA de TA Baumgartner

richard-strauss-102~_v-image360h_-ec2d8b4e42b653689c14a85ba776647dd3c70c56FRANCE MUSIQUE, 12 aoĂ»t 2020, 20h. STRAUSS : ELEKTRA. Pour son Ă©dition des 100 ans, le Festival de Salzbourg maintient ses productions cet Ă©tĂ© malgrĂ© la pandĂ©mie de la civid 19. Le Festival autrichien affiche l’un des sommets lyriques du dĂ©but du siècle, portĂ© par le gĂ©nie orchestral de Richard Strauss. Elektra (1909) incarne la manière expressionniste nĂ©oclassique d’un Strauss maĂ®tre de l’écriture lyrique et orchestrale. RĂ´le incandescent, voix hurlante embrasĂ©e proche de la rupture et du cri primal, Electre est animĂ©e par une fureur vengeresse … la fille ne peut accepter que sa mère ait assassiner le gĂ©niteur pour accueillir dans sa couche son nouvel amant. A quel titre Electre s’érige en juge de sa propre mère ? Certes le meurtre du père doit ĂŞtre vengĂ©. Seul son frère Oreste saura apaiser son insondable douleur (en prenant sa dĂ©fense et en l’aidant Ă  rĂ©aliser son projet).
Elektra est l’un des rôles pour soprano les plus ambitieux, du fait de l’écriture du chant, du fait surtout de la présence scénique du personnage quasiment toujours en scène. Il n’y a guère que lorsque sa mère paraît, criminelle irresponsable, Klytemnestre, que sa fille éreintée, possédée, rentre dans le silence (pour mieux rugir ensuite).
Pas d’équivalent à ce profil de jeune femme détruite et impuissante dont la fureur humiliée se déverse dans un chant éruptif et animal jamais écouté, écrit, déployé auparavant… dans le rôle titre, la soprano doit s’emparer du personnage avec une intensité féline, organique, animale, faire face à l’horreur : voir sa mère triomphante avec son amant meurtrier ; hurler son désespoir solitaire ; puis exulter quand elle retrouve Oreste, le seul qui pourra l’aider à vaincre son impuissance, venger le père et retrouver un semblant d’équilibre psychique… Car Electre exprime les tourments d’une âme entière, incandescente et intranquille qui contraste de fait avec l’insouciance désimpliquée de sa soeur, la légère Chrysotemis…
On se souvient de la production aixoise miraculeuse dans la mise en scène de Patrice Chéreau, où aux côtés de la wagnérienne Nina Stemme, l’immense Waltraud Meier reprend le rôle de la mère fauve, hallucinée (Klytemnestre), cependant que Adrianne Pieczonka et le baryton basse Eric Owen, incarnent les personnages non sans profondeur et d’une humanité bouleversante, de Crysotémis et d’Oreste).

« …Ainsi la terrible légende des Atrides peut se déployer en un théâtre de sang et de terreur sublime sur la scène du Metropolitan. La vision essentiellement théâtrale de Chéreau, son travail sur le profil de chaque silhouette, en restituant la place du théâtre sur la scène lyrique, bascule l’opéra de Strauss vers une arène haletante, à la tension irrésistible. Au centre de cette furieuse imprécation féminine, les retrouvailles de la soeur et du frère : Elektra / Oreste, sont un sommet de vérité, un rencontre bouleversante…. » LIRE aussi notre focus sur l’ELEKTRA mémorable version Chéreau : http://www.classiquenews.com/cinema-lelektra-de-chereau-en-direct-du-met/

FRANCE MUSIQUE, 12 aoĂ»t 2020, 20h. STRAUSS : ELEKTRA, Festival de Salzbourg 2020, captation du 1er aoĂ»t 2020 – Felsenreitschule.
Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Franz Welser-Möst
Richard STRAUSS : Elektra
Tragedy in one act, Op. 58 (1909)
Libretto by Hugo von Hofmannsthal after Sophocles’ tragedy

Conductor / direction musicale : Franz Welser-Möst
Director / Mise en scène : Krzysztof Warlikowski

Avec / Cast: Tanja Ariane Baumgartner, Ausrine Stundyte, Asmik Grigorian, Michael Laurenz, Derek Welton, Tilmann Rönnebeck, Verity Wingate, Valeriia Savinskaia, Matthäus Schmidlechner, Jens Larsen, Sonja Ĺ arić, Bonita Hyman, Katie Coventry, Deniz Uzun, SinĂ©ad Campbell-Wallace, Natalia Tanasii – Opera Chorus, Vienna Philharmonic – + d’infos sur le site du Festival de Salzbourg 2020 :
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/tickets/programme?season=134