CD, coffret événement, annonce. La Musique au temps de Louis XIV(Livre disque 8 cd Ricercar)

ricercar-jerome-lejeune-coffret-8-cd-musqiue-au-temps-de-louis-XIV-review-critique-annonce-cd-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. La Musique au temps de Louis XIV(Livre disque 8 cd Ricercar). C’est d’emblĂ©e une Ă©dition capitale qui fera un excellent cadeau de NoĂ«l : rĂ©servez donc dès Ă  prĂ©sent ce titre Ă©vĂ©nement parmi vos cadeaux potentiels pour les fĂŞtes de fin d’annĂ©e 2016 — on est jamais trop prĂ©voyant pour ne pas laisser passer une telle publication remarquable en tous points… JĂ©rĂ´me Lejeune directeur du label Ricercar s’intĂ©resse dans ce prometteur coffret, Ă©ditorialement exemplaire (iconographie et textes explicatifs particulièrement choisis), aux musiques du règne de Louis XIV. La recherche rĂ©cente s’est plongĂ©e plus que d’habitude dans les sources et archives autographes pour nuancer et affiner notre connaissance des musiques jouĂ©es Ă  Versailles et avant, sous l’autoritĂ© et la validation du Roi Soleil. Ainsi la musique de Louis XIV puise ses racines dans la Polyphonie hĂ©ritĂ©e de la Renaissance. Durant le règne le plus long de l’histoire de France (72 ans), la musique française se dĂ©finit, prend conscience d’elle-mĂŞme, prolongeant une ambition et une volontĂ© politique qui entendent occuper la suprĂ©matie en Europe.
De fait, alors que les souverains prĂ©cĂ©dant le Grand Siècle ont rivalisĂ© et rĂ©agi par rapport au raffinement italien (l’Italie, foyer de la Renaissance europĂ©enne), Louis XIV invente la musique de la France moderne, première force politique, et commande Ă  ses musiciens, une musique spĂ©cifiquement française : comment interprĂ©ter diffĂ©remment tout le chantier de Versailles, autrement que comme un manifeste du style gaulois le plus abouti ? La musique de la Cour Ă  Versailles impose partout dans le royaume et en Europe ses nouveaux standards bientĂ´t modèles du bon goĂ»t pendant l’âge baroque. Les nouvelles institutions, la Chapelle, la Chambre, l’Ecurie, les Vingt-Quatre Violons du Roi (premier orchestre de cour ainsi constituĂ©), de mĂŞme que l’AcadĂ©mie royale de musique comme celle de danse, organisent l’activitĂ© musicale en France, l’une des plus actives dĂ©sormais. La Suite, l’Ouverture, la TragĂ©die en musique inventĂ©e par Lully souhaitant rivaliser et dĂ©passer le modèle parlé de Corneille et de Racine, comme Ă  la Chapelle, Les Grands et les Petits Motets Ă  voix seules, sont les nouveaux genres et formes Ă  la mode. Ils s’imposent alors comme les nouveaux emblèmes du raffinement absolu. Avec Louis XIV, l’Europe se met Ă  la manière française ; l’art de vivre et le raffinement sont dĂ©sormais versaillais. Coffret Ă©vĂ©nement.

 
 

CD, coffret événement, annonce. Livre disque / 8 cd / Ricercar RIC 108 — prochaine grande critique du coffret La Musique au temps de Louis XIV dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 
 
 

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Extraits et ressources musicals des 8 cd :

 

cd1 — airs de cour et Ballets de Cour : Louis XIII, Gabriel Bataille, Jean Boyer, Etienne Moulinié, Pierre Guédron, Michel Lambert, Joseph Chambanceau… / Ballets des fous et des estropiés de la cervelle (Anthoine Boesset) / Bellet royal de la Nuit (Cambrefort) / Ballet d’Alcidiane et Polexandre, Ballet de Xerses (Lully).

 

cd2 — Comédies-Ballets, Tragédies en musique, Cantates : (Les Plaisirs de l’île enchantée, Cadmus et Hermione, Atys, … de Lully / Le Malade Imaginaire, Actéon, Médée de Charpentier / Le Sommeil d’Ulysse d’Elisabeth Jacquet de la Guerre.

 

cd3 — Musique sacrée 1 : Nicolas Formé, Guillaume Bouzignac, Etienne Moulinié, Henry Du Mont, Lully…

 

cd4 — Musique sacrée 2 : MA Charpentier, Jean Gilles, François Couperin (Troisième leçon des Ténèbres, du Mercredy Sainct).

 

cd5 — Orgue et oratorios : Jean Titelouze, Louis Couperin, Nivers, Lebègue, Louis Marchand, de Grigny, MA Charpentier, Du Mont…

 

cd6 — Musique instrumentale 1 : MA Charpentier, Eustache du Caurroy, François Roberday, René Mésangeau, Denis Gaultier, jacques Champion, Louis Couperin, Jean-Henri d’Anglebert…

 

cd7 — Musique instrumental 2 : Nicolas Hotman, Monsieur Dubuisson, Sainte-Colombe, Monsieur Degrinis, Marin Mersenne, André-Danican Philidor, Robert de Visée, François Couperin, Jean-Philippe Rameau, Marin Marais…

 

cd8 — La Sonate française : Marain Marais, Delalande, MA Charpentier, François Duval, Jean-Fery Rebel, Jacques-Martin Hotteterre, Jacques Morel, Pierre-Danican Philidor, André Philidor…

 
 
 

CD, événement. Frederica von Stade, the complete Columbia recital albums (18 cd Sony classical)

von stade frederica the complete columbia recital albums coffret cd review  critique cd classiquenews 18 cd coffret box 51AiKLG6r5L._SY300_QL70_CD, Ă©vĂ©nement. Frederica von Stade, the complete Columbia recital albums (18 cd Sony classical). SOMBRE VELOURS D’UNE DISEUSE FRANCOPHILE. Mezzo irradiĂ©e – ce qui la destine aux emplois sombres et tragiques, la jeune musicienne fait son voyage Ă  Paris oĂą alors qu’elle Ă©chouait Ă  devenir pianiste, elle Ă©prouve comme une sidĂ©ration inexplicable, le choc du chant et de la voix en assistant Ă  un rĂ©cital de la soprano allemande Elisabeth Schwarzkopf alors diseuse hors paires dans les lieder de Hugo Wolf. Il y a chez Von Stade qui a beaucoup doutĂ© de ses capacitĂ©s artistiques rĂ©elles, une ardeur intĂ©rieure, une hypersensibilitĂ© jaillissante qui a rappelĂ© dès ses premiers grands rĂ´les, les brĂ»lures tragiques et graves d’une Janet Baker.

CLIC_macaron_2014AU DEBUT DES 70′S… Jeune tempĂ©rament Ă  affiner et Ă  ajuster aux contraintes et exigences de la scène, Frederica Von Stade est engagĂ©e dans la troupe du Met de New York par Rudolf Bing (1970) : elle n’est pas encore trentenaire ; très vite, elle prend son envol comme soliste, avec l’essor augural des opĂ©ras baroques  (elle chante Penelope de l’Ulysse monteverdien). Mais la diva est une diseuse qui se taille une très solide rĂ©putation chez Mozart  (Cherubino qui sera son rĂ´le fĂ©tiche, et Idamante) et Rossini dont elle maĂ®trise la virtuositĂ© Ă©lĂ©gante et racĂ©e grâce Ă  des vocalises prĂ©cises et des phrasĂ©s ciselĂ©s  (Tancredi, Rosina, la donna del lago: surtout le chant noble mais dĂ©sespĂ©rĂ© de Desdemona dans Otello…). La Von Stade est aussi une bel cantiste Ă  la sĂ»retĂ© musicale impressionnante.
Le timbre sombre, essentiellement tragique colore une suavitĂ© qui est aussi pudeur et articulation : la mezzo s’affirme de la mĂŞme façon chez Massenet  (Charlotte de Werther, ChĂ©rubin lĂ  encore et aussi Cendrillon. ..), et Marguerite embrasĂ©e par un Ă©ros  qui dĂ©borde (La Damnantion de Faust), et BĂ©atrice (Beatrice et Benedicte d’après Shakespeare) chez Berlioz dont elle chante aussi Ă©videmment les Nuits d’Ă©tĂ© (de surcroĂ®t dans ce coffret, sous la direction de Ozawa lire ci après).

 

 

 

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COFFRET MIRACULEUX… Qu’apporte le coffret de 18 cd rĂ©Ă©ditĂ©s par Sony classical ? Pas d’opĂ©ras intĂ©graux, mais plusieurs rĂ©citals thĂ©matiques oĂą scintille la voix ample, cuivrĂ©e, chaude d’un mezzo dramatique et suave, plus clair que celui de Janet Baker, aussi somptueux et soucieux d’articulation et de couleurs que Susan Graham (sa continuatrice en quelque sorte)… C’est dire l’immense talent interprĂ©tatif et la richesse vocale de la mezzo amĂ©ricaine Frederica von Stade nĂ©e un 1er juin 1945, qui donc va souffler en ce dĂ©but juin 2016, ses 81 ans. Le coffret Columbia (the complete Columbia recital albums) souligne la diversitĂ© des choix, l’ouverture d’un rĂ©pertoire qui a souvent favorisĂ© la musique romantique française, la fine caractĂ©risation dramatique pour chaque style, une facilitĂ© expressive, une Ă©lasticitĂ© vocale, – dotĂ©e d’un souffle qui semblait illimitĂ© car imperceptible, et toujours une pudeur presque Ă©vanescente qui fait le beautĂ© de ses rĂ´les graves et profonds. Les 18 cd couvrent de nombreuses annĂ©es, en particulier celles de toutes les promesses, et de la maturitĂ©, comme de l’approfondissement des partitions, soit de 1975 (CD oĂą règne la blessure et le poison saignant de la Chanson perpĂ©tuelle de Chausson, dĂ©jĂ  l’ivresse ahurissante de son Cherubino mozartien, ce goĂ»t pour la mĂ©lodie française : très rare Le bonheur est chose lĂ©gère de Saint-SaĂ«ns, ou la question sans rĂ©ponse de Liszt d’après Hugo : “Oh! quand je dors S 282, rĂ©cital de 1977, cd3) ; jusqu’aux songs de 1999 et mĂŞme 2000 (Elegies de Richard Danielpour, nĂ© en 1956, avec Thomas Hampson).

 

 

 

Dans les années 1970 et 1980, la mezzo Frederica von Stade chante Mozart, Massenet, Ravel avec une gravité enivrée

VELOURS TRAGIQUE

 

 

frederica von stade woolfe2-von_stade_frederica_eric_melear_0Salut Ă  la France… La mesure, le style, une certaine distanciation lui valurent des critiques sur sa neutralitĂ©, un manque d’engagement (certaines chansons de ses Canteloube)… Vision rĂ©ductrice tant la chanteuse sut dans l’opĂ©ra français exprimer l’extase Ă©chevelĂ©e par un timbre Ă  la fois intense, clair d’une intelligence rare, Ă  la couleur prĂ©cieuse, Ă  la fois blessĂ©e, Ă©perdue, brĂ»lĂ©e : un exemple ? Prenez le cd 2 : French opera arias (de 1976 sous la direction de John Pritchard) ; sa Cavatine du page des Huguenots de Meyerbeer ; sa Charlotte du Werther de Massenet (noblesse blessĂ©e de “Va, Laisse couler mes larmes”), l’ample lamento grave de sa Marguerite berlozienne (superbe D’amour l’ardente flamme, au souffle vertigineux), ne doivent pas diminuer l’Ă©clat particulier de la comĂ©dienne plus amusĂ©e, piquante, dĂ©lurĂ©e chez Offenbach (PĂ©richole grise ; Gerolstein en amoureuse dĂ©chirĂ©e : voyez le rĂ©cital totalement consacrĂ© Ă  la verve du Mozart des boulevards : Offenbach : arias and Overtures, 1994, cd14), d’un naturel insouciant et douĂ©e de couleurs exceptionnellement raffinĂ©es pour le Cendrillon de Massenet, surtout Mignon d’Ambroise Thomas, notre Verdi français. La pure et fine comĂ©die, la gravitĂ© romantique, le raffinement allusif : tout est lĂ  dans un rĂ©cital maĂ®trisĂ© d’une trentenaire amĂ©ricaine capable de chanter l’opĂ©ra français romantique avec un style mesurĂ©, particulièrement soucieuse du texte.

 

 

von stade frederica concert 1024x1024Italianisme. Bel cantiste par la longueur de son legato et un souffle naturellement soutenu, aux phrasĂ©s fins et finement ciselĂ©s, Von Stade fut aussi une interprète affichant son tempĂ©rament tragique et sombre, d’une activitĂ© mesurĂ©e toujours, chez PĂ©nĂ©lope de Monteverdi (Le Retour d’Ulysse dans sa patrie), chez Rossini oĂą sa distinction profonde fait miracle dans Tancredi et Semiramide (airs et aussi rĂ©citatifs merveilleusement articulĂ©s / dĂ©clamĂ©s, cd4, 1977)… Evidemment son mĂ©tal sombre et lugubre va parfaitement aux lieder bouleversants de Mahler (cd5, 1978 : Lieder eines Fahrenden gesellen, RĂĽckert lieder) ; mais la passion vocale et l’Ă©tendue de son velours maudit, comme blessĂ© mais si digne et d’une pudeur intacte ne se peuvent concevoir sans ses prodigieux accomplissements dans le rĂ©pertoire romantique et post romantiques français : Chants de Canteloube avec Antonio de Almeida (2 albums, de 1982 et 1985, oĂą l’ivresse mĂ©lodique s’accompagne d’une voluptĂ© comme empoisonnĂ©e Ă  la Chausson… le timbre enivrĂ© de la mezzo amĂ©ricaine s’impose par sa voluptĂ© claire et son intensitĂ© charnelle ; exprimant tout ce que cette expĂ©rience terrestre tend Ă  l’Ă©vanouissement spirituel,… une ThaĂŻs en somme : charnelle en quĂŞte d’extase purement divine). Ces deux recueils sont des must, indĂ©modables (mĂŞme si pour beaucoup sa partenaire et contemporaine Kiri te Kanawa a mieux chantĂ© Canteloube, sans “s’enliser”).

 

 

Berliozienne et RavĂ©lienne, Von Stade a exprimĂ© son amour Ă  la France. MĂŞme style irrĂ©prochable dans ses Nuits d’Ă©tĂ© de Berlioz d’après Gautier de 1983 sous la direction de Ozawa ; et aussi ShĂ©hĂ©razade, MĂ©lodies et Chansons de Ravel Ă  Boston avec Ozawa toujours en 1979…
Avec son complice au piano, Martin Katz, la divina s’expose sans fards, voix seule et clavier dans plusieurs rĂ©citals qui ne dĂ©forment pas son sens de la justesse et de la musicalitĂ© allusive d’une finesse toujours secrètement blessĂ©e : deux cycles sont ici des absolus eux aussi, le rĂ©cital de 1977 comprend Dowland, Purcell, Debussy Canteloube dont il faut Ă©couter Quand je dors S 282 de Liszt sur le poème d’Hugo : maĂ®trise totale du souffle et du legato avec une articulation souveraine : quel modèle pour les gĂ©nĂ©rations de mezzos Ă  venir. Plus aucune n’ose aujourd’hui s’exposer ainsi en concert. Puis le rĂ©cital de 1981 se dĂ©die aux Italiens, de Vivaldi, Marcello, Scarlatti Ă  Rossini sans omettre Ă©videmment Ravel et Canteloube

 

 

stade von stade frederica coffret complete columbia recital albums sony classical cd review 1024x1024Sur le tard, Stade, appelĂ©e affectueusement “Flicka“, sait aussi se rĂ©inventer et goĂ»te selon l’Ă©volution de sa voix, d’autres rĂ©pertoires, d’autres dĂ©fis dramatiques : comme le montrent les derniers recueils du coffret Columbia : après celui dĂ©diĂ© Ă  la comĂ©die encanaillĂ©e mais subtile d’Offenbach (Offenbach arias & Overtures, Antonio de Almeida,1994), les cd 15 (Elegies et Sonnets to Orpheus de Richard Danielpour), cd 18 (Paper Wings et Songs to the moon… de Jake Heggie) soulignent la justesse des rĂ©citals (de 1998 et 1999) : celle d’une voix mĂ»re qui a perdu son agilitĂ© mais pas sa profondeur ni sa justesse expressive… CONCLUSION. Pour nous, française de coeur, Frederica Von Stade laisse un souvenir impĂ©rissable dans deux rĂ´les chez Massenet qu’elle a incarnĂ© avec intensitĂ© et profondeur : Cendrillon (cd16, 1978) et Cherubin (cd17, 1991), sans omettre son Mignon de Thomas (Connais tu le Pays, cd2, 1976). Bel hommage. Coffret Ă©vĂ©nement CLIC de mai 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, coffret Ă©vĂ©nement. Frederica von Stade : the complete Columbia recital albums (18 cd, 19975-2000). Extraits d’opĂ©ras, mĂ©lodies, songs, lieder de Massenet, Thomas, Ravel, Mahler, Schuebrt, Berlioz, Bernstein… CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2016.

 

 

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon)

deutsche grammophon mono era coffret box announce compte rendu critique review classiquenews the mono era 1948 - 1957CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). MONO LEGENDAIRE. Il fut un temps (premier, pionnier) oĂą l’illustre label jaune enregistrait alors en… mono. Mais ce que l’on perd en prouesse technologique et sonore est compensĂ© ici en justesse et raffinement de l’interprĂ©tation car nous voici propulsĂ©s dans les annĂ©es d’après guerre (dès 1948) et jusqu’en 1957, soit les annĂ©es fastes artistiquement oĂą Deutsche Grammophon (alors DGG pour Deutsche Grammophon Gesellschaft) construit alors son catalogue avec le concours de tempĂ©raments dont les noms aujourd’hui citĂ©s, donnent le vertige. Une Ă©poque oĂą l’esthĂ©tique exigeante de la rĂ©alisation discographique signifiait d’abord, un aboutissement ou un accomplissement, le fruit de travail et de rĂ©flexion patiemment mĂ»ri (Ă  mille lieues des coups marketing actuels oĂą martelant un jeunisme aigu, on souhaite toujours nous imposer un talent inĂ©dit, nouveau, ignorĂ©, sorti d’on ne sait oĂą !!!, effet d’annonce qui retombe bien souvent comme un mauvais soufflĂ©). Le coffret qui n’aurait pu ĂŞtre qu’une compilation de dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©/publiĂ©, rassemble ici près de 17 enregistrements inĂ©dits exhumĂ©s pour la première fois (insondable richesse des archives Deutsche Grammophon).

Magie intemporelle des premiers microsillons

deutsche grammophon coffret box the mono era 51 cd review announce compte rendu critique classiquenewsQuand les disques vinyles DGG (Deutsche Grammophon Gesellschaft) Ă©taient mono… Tous les programmes sont Ă©ditĂ©s avec leur pochette d’origine (visuel de couverture uniquement ; le dos souvent gĂ©nĂ©reusement documentĂ©/renseignĂ© mais illisible, n’est pas concernĂ©). C’est l’Ă©poque primitive des premiers microsillons 33 tours classiques, contraints Ă  la durĂ©e rĂ©glementaire par face concernĂ©e. Le livret richement illustrĂ© sur papier de qualitĂ©, prĂ©cise le contexte historique, esthĂ©tique, technologique d’alors, grâce Ă  la publication d’un texte Ă©ditĂ© par DG, pour sa communication interne, juste après la Foire de DĂĽsseldorf en septembre 1951.

CLIC_macaron_2014Parmi les musiciens, chanteurs, instrumentistes et chefs prĂ©sents dans le coffret : Ferenc Fricsay, Wilhelm Furtwängler, Wilhelm Kempff, David Oistrakh, Sviatoslav Richter, Cherkassky, Karel Ancerl, Fricsay, Furtwängler, Kempff, Oistrakh, Richter, Cherkassky, Ancerl, Fischer-Dieskau (his debut recording), Haskil, Hindemith, Jochum, van Kempen, Markevitch, Martzy, Wolfgang Windgassen and Astrid Varnay, Clara Haskil, Paul Hindemith, Eugen Jochum, van Kempen, Ferdinand Leitner (intĂ©gral de l’opĂ©ra Le Tsar et le charpentier de Lortzing de 1952),  Lorin Maazel, Igor Markevitch, Martzy, Hans Rosbaud, les chanteurs Maria Stader,  Wolfgang Windgassen, Astrid Varnay, Dietrich Fischer-Dieskau (ses premiers enregistrements : lieder de Brahms, WOlf, Schumann)…  Tous les programmes et enregistrements sont prĂ©sentĂ©s de façon alphabĂ©tique au nom des interprètes dont ils tĂ©moignent de la sensibilitĂ© comme de l’engagement artistique… Prochaine critique, compte rendu complet et dĂ©veloppĂ© du coffret THE MONO ERA, 51 cd Deutsche Grammophon / 1948 – 1957, dans la mag CD DVD LIVRES de classiquenews.com

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016. Parution annoncée : le 19 février 2016. En lire + sur le site du Club Deutsche Grammophon / page dédiée : The Mono Era by Deutsche Grammophon

CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon).

sibelius-jean-portrait-classiquenews-eero-jarnefelt-582-594-sibelius-edition-2015CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Le 8 décembre 2015 marque les 150 ans de la naissance du plus grand compositeur finlandais post romantique Jean Sibelius (1865-1957). C’est aussi après Malher, l’artisan de la plus stimulante épopée symphonique du XXème siècle, aux côtés des Français Debussy et Ravel. Auteur d’un catalogue resserré porté par une exigence formelle de plus en plus radicale, le symphoniste fait évoluer le langage musical à l’époque de Mahler et après lui : Deutsche Grammophon édite en un coffret événement, l’héritage musical détenu dans ses archives sonore. Une somme incontournable qui souligne l’accomplissement de l’écriture orchestrale pure (7 Symphonies par Bernstein, Okko Kamu et surtout Karajan qui dirige ici les Symphonies 4,5,6 et 7). C’est aussi l’occasion de mesurer l’ampleur poétique de son cycle pour orchestre, choeur et solistes (soprano et baryton) :  Kullervo opus 7 (version originale par Jorma Panula, Turku Philharmonic orch), tous les poèmes symphoniques (En saga, Rakastava, Finlandia, l’excellente Chevauchée nocturne et aurore opus 55…), évidement le Concerto pour violon par Anne Sophie Mutter et André Prévin, sans omettre les subtiles mélodies pour basse et bartyon (solistes : Kim Borg et Tom Krause) ; le coffret comprend également la musique de chambre (Quatuor Voix intimes / Voces intime opus 56 (Emerson Quartet) et bien sûr les musiques de scène dont la Suite Christian II par Neeme Järvi (Gothenburg Symphony Orch), Pelléas et Mélisande opus 46 par Horst Stein et l’Orchestre de la Suisse romande ; les Scènes historiques I et II (opus 25 et 66), Scaramouche et Le Cygne blanc opus 54, surtout les deux Suites de La Tempête (Jussi Jalas, Hungarian State Symphony Orch). Un festival orchestral varié et affûté au service d’un maître de l’écriture symphonique dans la première moitié du XXème siècle. Les amateurs seront comblés, les curieux non encore convaincus, très intéressés et mis en appétit. Coffret «  Sibelius édition » , 14 cd Deutsche Grammophon, CLIC de classiquenews.com (livret notice en anglais et allemand).

Contenu du coffret. Aux cĂ´tĂ©s de l’intĂ©grale des 7 Symphonies dominĂ©es par Karajan et son sens du dĂ©tail et du scintillement orchestral, chacun des 14 cd recèle de nombreuses pĂ©pites. Nous mentionnons ici les interprĂ©tations qui nous paraissent les plus mĂ©ritantes, dans un coffret globalement incontournable. Kellervo (cd 6) de plus d’1h de durĂ©e, enregistrĂ© en 1996 jaillit tel un gemme au souffle Ă©pique qui est aussi portĂ© par des ondulations psychiques souterraines, ce que la lecture en provenance du fonds Naxos manifeste clairement, affirme la pensĂ©e narrative et dramatique de Sibelius. D’autant que la baguette de Jorma  Panula ne manque ni de prĂ©cision et d’une saine vitalitĂ© jamais creuse. L’approche tout en soignant l’illustration d’une geste national – ancrĂ©e par son sujet et la langue des solistes et du choeur dans les brumes nordiques finnoises sait aussi dĂ©ployer une formidable tonalitĂ© poĂ©tique qui outrepasse le propos historique et narratif : le dernier tableau  (la mort de Kellervo) est d’abord un superbe poème symphonique aux Ă©clairs choraux d’une profondeur dĂ©lectable.

CLIC D'OR macaron 200Cd 7. En saga  (Marriner 1972) fait retentir ce grand souffle naturaliste qui fait de Sibelius le grand chantre de la nature, un poète symphoniste d’une trempe  exceptionnelle, orchestrateur millimĂ©trĂ© au diapason de son extraordinaire sensibilitĂ© instrumentale. MĂŞme ciselure  et justesse de ton dans le triptyque Rakastava opus 14 (mĂŞme chef, mĂŞme annĂ©e). L’ultra cĂ©lèbre FINLANDIA par Neeme Järvi (1995) rĂ©tablit sous le sujet patriote, l’intention et la sensibilitĂ© panthĂ©iste du compositeur dont la science instrumentale et le souffle Ă©vitent fort heureusement tout acadĂ©misme : le style houleux et ocĂ©anique du grand Sibelius s’y dĂ©verse avec une sensualitĂ© gĂ©nĂ©reuse.

La chevauchĂ©e nocturne opus 55 fait toute la valeur du cd 8 (Järvi, 1995) : le chef toujours inspirĂ© explore Ă  l’envi l’imaginaire sans limite du formidable conteur Sibelius menant tambour battant et avec un souffle haletant sa narration si singulière. L’ouverture Les OcĂ©anides dĂ©ploie un mĂŞme sens Ă©perdu et lyrique, entre extase et illuminations en sĂ©rie : le feu millimĂ©trĂ© de Neeme Järvi dĂ©cidĂ©ment très inspirĂ© se montre très convaincant.

Cd 9. Autre argument du coffret le Concerto pour violon par le violon cristallin vif argent d’Anne-Sophie Mutter  (1995) portĂ©e par le geste amoureux de PrĂ©vin, lui-mĂŞme pilote de la Staatskapelle  de Dresde : du très grand Mutter.

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_PackshotLe cd 11 a une toute autre pertinence : il rĂ©vèle l’acuitĂ© sibĂ©lienne dans le registre chambriste avec point d’orgue l’excellente lecture par les Emerson du Quatuor opus 56 “Voces intimae” / voix intimes (opus majeur de la maturitĂ©, commencĂ© Ă  Londres, achevĂ© Ă  Paris en avril 1909),  fleuron des Quatuor du XXè avec l’apport d’un Janacek (Lettres intimes) : l’art de la quintessence, de la litote, si prĂ©sent chez Sibelius fait merveille, dans une langue Ă©conome, sobre, prĂ©cise, affĂ»tĂ©e que le Quatuor Emerson (2004) sait articuler avec une vivacitĂ© jamais tranchante : vive, sincère, juste (Ă©clairs introspectifs, Ă  la fois mordants et flexibles de l’Adagio ; sauvagerie aĂ©rienne du Scherzo).

jarvi neeme maestro sibelius clic de classiquenews edition sibeliusL’expĂ©rience symphonique, l’une des plus excitantes du XXème, vĂ©cue Ă  l’Ă©coute des oeuvres de Sibelius, se poursuit avec les derniers cd de cette intĂ©grale DG oĂą Ă  la diversitĂ© des partitions, formellement de mieux en mieux dessinĂ©es et structurĂ©es, rĂ©pond le geste de plusieurs sibĂ©liens, chefs dĂ©sormais reconnus depuis les Bernstein, Karajan Ă  juste titre lĂ©gendaires. Cd 12 : la Suite Roi Christian II opus 27 culmine par son lyrisme radieux d’une opulence instrumentale irrĂ©sistible grâce Ă  la direction vive et dĂ©taillĂ©e, structurĂ©e et dramatique, très oxygĂ©nĂ©e de Neeme Järvi (lequel confirme ainsi ses affinitĂ©s sibĂ©liennes tout au long du coffret : Gothenburg symphony orch., Ă©tĂ© 1995). De mĂŞme, le souffle rĂ©gĂ©nĂ©rateur et la force tellurique mesurĂ©e, toujours dans le sens d’un scintillement instrumental intimiste et panthĂ©iste de Horst Stein demeure anthologique pour les 9 sĂ©quences de l’Ă©blouissante fresque pour PellĂ©as et MĂ©lisande, offrande de Sibelius Ă  l’onirisme de Maeterlinck. Ouverture incandescente, portrait fĂ©erique de MĂ©lisande puis sa mort d’un renoncement maĂ®trisĂ©, entre abandon et accomplissement, sont l’insigne d’un immense sibĂ©lien (Orchestre de la Suisse Romande, juin et juillet 1978).

jussi_jalasLe cd13 dĂ©voile l’ardente fièvre communicative qui anime l’excellent maestro Jussi Jalas (1908-1985) et l’Orchestre d’Ă©tat Hongrois (ses archives viennent du fonds Decca ici intĂ©grĂ© aux bandes DG pour l’exhaustivitĂ© de l’intĂ©grale Sibelius 2015 : les Scènes Historiques (2 Suites) opus 25 et 66 ; surtout la musique de scène pour la pièce de Strindberg : Le Cygne blanc (Suite opus 54 – Budapest juin 1975) : que le chef fait palpiter d’une nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure Ă  la fois lumineuse et impĂ©rieuse. Rayonne dans le cd 14, ultime composante de l’intĂ©grale Sibelius Deutsche Grammophon, les visions Ă  prĂ©sent bien identifiĂ©es et Ă©lectrisantes des deux chefs parmi les plus sibĂ©liens de ces dernières annĂ©es, deux tempĂ©raments qui demeurent les piliers de cette intĂ©grale : Neeme Järvi et Jussi Jalas. Le premier sait exprimer toute l’ivresse suspendue des deux Valses triste (opus 44) et romantique (opus 62b) quand le second marque les esprits par un sens prodigieux de l’intensitĂ© et de l’incandescence pour les deux Suites de La TempĂŞte opus 109, musique de scène pour la pièce de Shakespeare dont Sibelius fait surgir ce fantastique enchantĂ© d’une totale sĂ©duction (dont l’enchantement inquiĂ©tant de la chanson d’Ariel entre autres…,  enregistrement de 1971). Coffret Ă©vĂ©nement, Ă©lu CLIC de classiquenews d’octobre 2015.

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_PackshotCd coffret. Compte rendu critique, Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Symphonies 1 Ă  7, Kullervo, En saga, Karelia Suite, Rakastava, Finlandia, ChevauchĂ©e nocturne, Luonnotar, Les OcĂ©anides, Tapiola, Concerto pour violon, mĂ©lodies, Quatuor Voces Intimae, Talvikuva, Suite Roi Christian II, PallĂ©as et MĂ©lisande, Scènes Historiques, La TempĂŞte… Anne-Sophie Mutter, Neeme Järvi, Jussi Jalas, Okko Kamu, Leonard Bernstein, Herbert von Karajan. 14 cd deutsche Grammophon 00289 479 5102. CLIC de classiquenews octobre 2015.

DVD. Coffret Verdi (BelAir classiques)

Verdi 2013 : La Traviata, Aida, Macbeth (Coffret 3 opĂ©ra, 5 dvd BelAir classiques) …   Pour cĂ©lĂ©brer le bicentenaire verdi 2013, l’Ă©diteur BelAir classiques sort de son dĂ©jĂ  (riche) catalogue lyrique, 3 opĂ©ras dans 3 productions, toutes, d’une Ă©gale cohĂ©rence dramatique et visuelle. Trois tempĂ©raments scĂ©nographiques d’une forte tenue et qui viennent opportunĂ©ment fĂŞter Verdi en soulignant son exigence théâtrale, et rappeler que toutes les productions d’opĂ©ras, fussent-elles dĂ©calĂ©es/actualisĂ©es, ne sont pas forcĂ©ment indigestes.

 

 

boîte magique : La Traviata, Aida, Macbeth

3 Verdi pour 1 centenaire

 

coffret_DVD_Verdi_belairclassiques.coffretPrenez cette Aida (Zurich 2006) aux dĂ©cors grandiloquents volontairement pompeux voire pompiers (très Second Empire selon la vision de Nicolas Joel) : l’intimisme de la fresque Ă©gyptianisante (huit clos psychologique comme La Traviata) y est pourtant idĂ©alement prĂ©servĂ© avec des solistes convaincants (la wagnĂ©rienne Nina Stemme dans le rĂ´le-titre et la somptueuse alto Luciana d’Intino qui fait une rivale redoutable (AmnĂ©ris)… : deux âmes fĂ©minines parfaitement opposĂ©es et contrastĂ©es qui se disputent Ă  raisons l’hĂ©roĂŻque Radamès.

Voyez ensuite ce Macbeth de 2009 Ă  l’OpĂ©ra de Paris : la vision moderne et très cinĂ©matographique de Dmitri Tcherniakov insuffle au mythe des Ă©poux criminels, un parfum d’inhumanitĂ© parfaitement atroce, un drame noir et glaçant aux effluves contemporaines … qui laisse toute sa place au théâtre. Magnifique spectacle.

Quant Ă  La Traviata devenue lĂ©gendaire et Ă  juste titre, en provenance d’Aix en Provence 2003 (il y a donc 10 ans dĂ©jĂ ), le spectacle dĂ©montre qu’une bonne actualisation poĂ©tique rĂ©gĂ©nère notre perception du conte amoral mais si touchant de Violetta ValĂ©ry ; selon la vision, – rĂŞve ou cauchemar-, de l’excellent Peter Mussbach, la dĂ©voyĂ©e courtisane parisienne erre en Maryline au bord d’une autoroute quand le fil de l’action se dĂ©roule Ă  la façon d’un road-movie. Voir Mireille Delunsch, diva radicale prĂŞte Ă  se mettre en danger, scĂ©niquement et vocalement, en blonde platine, inondĂ©e de lumière sous le feu des projecteurs qui semblent la brĂ»ler sur place, reste un autre grand moment visuel et lyrique. Des instants que tout liricophile, passionnĂ© ou dĂ©butant, se doit de possĂ©der. Beau choix pour un coffret cĂ©lĂ©bratif hautement recommandable.

 

Coffret Verdi 2013 : La Traviata, Aida, Macbeth (Coffret 3 opéra, 5 dvd BelAir classiques)

 

descriptif du coffret Verdi BelAir classiques

LA TRAVIATA : 
Mireille Delunsch • Matthew Polenzani
Mise en scène : Peter Mussbach
Festival d’Aix-en-Provence (2003)

AIDA : 
Nina Stemme • Salvatore Licitra
Mise en scène : Nicolas Joel
Opernhaus ZĂĽrich (2006)

MACBETH
Dimitris Tiliakos • Violeta Urmana
Mise en scène : Dmitri Tcherniakov
Opéra national de Paris (2009)