PÂQUES 2021 : Passion selon Saint-Mathieu sur ARTEconcert

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianARTE concert, ven 2 avril 2021, 19h30. JS BACH : Passion selon St-Mathieu. Pygmalion. Depuis le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence formaté en une édition 100% numérique, Arte célèbre la magie et l’espoir du temps de Pâques. Au programme : l’oratorio la Passion selon Saint-Matthieu (BWV 244) de Jean-Sébastien Bach, sommet du baroque sacré germanique luthérien avec la Passion selon Saint-Jean (plus courte et plus fulgurante) et la Messe en si (testament spirituel du compositeur). La partition fut probablement réalisée pour la première fois à Leipzig, le 7 avril 1727 (Vendredi Saint) à l’église Saint-Thomas ; au cours de sa fonction comme directeur musical à Leipzig, Bach remania son manuscrit 3 fois au moins pour créer la version définitive en 1736. Le drame de la Passion se déroule en combinant les épisodes du témoignage de Mathieu et les commentaires (en général en forme de chorals, entonnés alors par le chÅ“ur qui incarne la foule de croyants). Sans mise en scène comme à l’opéra, l’oratorio suscite néanmoins le chÅ“ur tragique et dramatique (la foule ou turba) aux côtés des protagonistes (Jésus, Pierre, Judas, Ponce Pilate, la femme de Pilate, témoins divers…) qui rendent vie et âme à l’action sacrée, celle du sacrifice et de la mort de Jésus. L’ampleur de la Passion selon Saint-Mathieu (a contrario de celle selon Saint-Jean) développe le sentiment de la compassion et de la douleur héroïque du Christ sauveur. Les derniers instants de la vie de Jésus sont ainsi narrés : (Partie 1:) la Cène, le veillée et la vision au mont des Oliviers (doute et espérance de jésus) ; l’arrestation (qui comprend avant le chÅ“ur final, le chÅ“ur de la foule en colère exprimant sa détestation de Jésus – (Partie 2:) l’interrogatoire, la condamnation, la crucifixion conclue par le grand chÅ“ur final.

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JS BACH : Passion selon Saint-Matthieu
ARTEConcert, vendredi 2 avril 2021, 19h30
A VOIR ET A ECOUTER sur arteconcert.com
En replay pendant trois mois
Enregistré en l’Église de la Madeleine d’Aix-en-Provence
VOIR ici :
https://www.arte.tv/fr/arte-concert/musiques-classiques/

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Pygmalion, orchestre et chœur
Maîtrise de Radio France *
Raphaël Pichon, direction

Julian Prégardien, Évangéliste
Stéphane Degout, Jésus
Sabine Devieilhe, soprano 1
Hana Blažíková, soprano 2
Lucile Richardot, alto 1
Tim Mead, alto 2
Reinoud van Mechelen, ténor 1
Emiliano Gonzalez Toro, ténor 2
Christian Immler, basse 2, Pilate

* Morgan Jourdain, directeur musical adjoint, chef de choeur

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A VOIR aussi sur ARTE Concert :
BACH johann-sebastian-bach-3La Passion selon Saint-Jean de Bach  -  Avec Benedikt Kristjánsson, Elina Albach und Philipp Lamprecht / Gotthold Schwarz- replay jusqu’au 25 avril 2021
Enregistré le 13 juin 2020, sans public, dans la vaste nef de l’église Saint-Thomas de Leipzig où Jean-Sébastien Bach fut directeur de la musique… Version originale pour marimba, clavecin et voix… le texte est particulièrement exposé dans cette version chambriste très expressive.
https://www.arte.tv/fr/videos/097176-000-A/la-passion-selon-saint-jean-de-bach/
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Pâques 2021 sur ARTE Concert :

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Vendredi 9 avril à 20.30
live stream sur arteconcert.com

JOHANNES BRAHMS : Concerto pour violon
Nikolaj Szeps-Znaider, violon
Orch Nat de France.

Depuis le Grand Théâtre de Provence d’Aix-en-Provence.

Au programme :

Antonín Dvořák (1841-1904)
Symphonie n°5 en fa majeur, op. 76
Johannes Brahms (1833-1897)
Concerto pour violon en ré majeur, op. 77

Orchestre national de France
Cristian Măcelaru, direction
Nikolaj Szeps-Znaider, violon

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Dimanche 4 avril à 18.15
à l’antenne d’ARTE
Kirill Petrenko dirige l’Orchestre philharmonique de Berlin

Premier concert de Pâques du maestro russe Kirill Petrenko en tant que chef d’orchestre de l’Orchestre philharmonique de Berlin.
Programme placé sous le signe de la Russie :
ouverture fantaisie de Romeo et Juliette de Peter Tchaïkovski
Symphonie n°2 en mi mineur de Sergei Rachmaninov
Depuis la salle de la Philharmonie de Berlin.

Michel-Ange, la musique du doute

michel-ange-sixtine-classiquenews-fresques-vatican-prophetes-juifs-classiquenewsARTE, sam 12 déc 2020, 20h50. Michel-Ange, la musique rebelle. Dans un documentaire phare d’1h30, réalisé par Marc Jampolsky, les fresques de la Chapelle Sixtine sont analysées sous un nouvel angle ; alors que le sujet central du film est l’essor artistique du Vatican à la Renaissance puis à l’âge baroque, Michel-Ange y occupe une place essentielle car outre la beauté de sa création, le sens des figures représentées révèle une relation difficile de l’artiste à la religion. Michel-Ange semble récapituler l’histoire du christianisme, de la genèse au jugement dernier. Y percent les silhouettes des ancêtres de Jésus (lunettes, cintres des voûtes…) ; tous sont juifs, mis à l’écart car ils ne se sont pas immédiatement convertis après l’incarnation. Marqués par le doute, comme prostrés, tous semblent hébétés après la révélation de la nature divine du Christ. Certains portent brassards et cercles jaunes qui sont la marque de l’humiliation sur le juif. Chacun illustre le « temps domestique » contrastant au temps « héroïque » lié au geste du Messie. Ainsi la figure de Joseph, converti tard au christianisme, serait un autoportrait de Michel-Ange lui-même, dont les poèmes expriment sa difficulté et ses doutes comme chrétien. Mélancolique, rebelle, séditieux, Michel-Ange « il terribile » (le terrible et le rebelle) qui aime aussi les corps musculeux et sculpturaux, entend exprimer le combat, l’incertitude, l’intranquillité. Les restaurations récentes de la Sixtine ont révélé la science chromatique de l’art michelangelesque ; une palette des nuances et des couleurs qui est égale à la subtilité de la musique.

 

 

ARTE, samedi 12 décembre 2020, 20h50. Documentaire : VATICAN, la cité qui voulait devenir éternelle. Sur ARTE.TV, dès le 5 déc. En REPLAY jusqu’au 9 février 2021.

 

 

 

 

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Le prophète Ezéchiel (Chapelle Sixtine DR)

 

 
 

 

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Le prophète Jérémie (Chapelle Sixtine DR)

 
 
 

 

POITIERS, TAP. BERLIOZ, L’Enfance du Christ : 10 déc 2019.

fuite en egypte bourdon berlioz enfance du christ annonce critique concert classiquenews opera berlioz 2019 concertPOITIERS, TAP. BERLIOZ : 10 déc 2019. Pour mieux faire accepter sa proposition sacrée, d’un « classicisme » assumé, Hector Berlioz (1803-1869) toujours en mal de reconnaissance, mais véhément militant pour le romantisme musical, depuis la création triomphale de sa Symphonie Fantastique en 1830, « ose » un subterfuge : son oratorio L’Enfance du Christ, véritable opéra biblique miniature, est présenté selon son vœu comme l’oeuvre d’un compositeur baroque français oublié : soit « Pierre Ducré, maître de musique à la Sainte-Chapelle de Paris en 1679 ». Créé en 1850, et présenté sous cette fausse identité, l’Enfance du Christ suscite immédiatement l’intérêt du public et des critiques. Berlioz a composé un pastiche de musique chorale sacrée dont la pureté du style néoclassique enchante les audiences. En particulier le choeur « L’Adieu des bergers à la Sainte Famille », créé le 12 novembre 1850 : sitôt le succès avéré, Berlioz avoue être le véritable auteur et encouragé par l’accueil des parisiens, s’attèle à parachever son drame sacré. En 1854, le pastiche presque sans ambition, devient un solide triptyque pour solistes, chœurs, orchestre et orgue, créé le 10 décembre 1854 à Paris.

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsLa première partie, « Le Songe d’Hérode », évoque l’épisode sanguinaire où le roi de Judée redoutant la prophétie, ordonne la mise à mort tous les nouveaux-nés, contraignant Marie et Joseph à s’enfuir après la naissance de Jésus dans une étable, à Bethléem. Dans la deuxième partie de l’œuvre, « La Fuite en Égypte », culmine le temps d’adoration et de compassion pour la fuite tragique et dangereuse du couple saint, protecteurs dérisoire de l’Enfant qui sauvera l’humnaité : ainsi le chœur de l’Adieu des bergers, devient le pilier dramatique et psychologique de la trilogie sacrée. La troisième et dernière partie, « L’Arrivée à Saïs », narre comment la Sainte Famille est recueillie par un ismaélite ; ses enfants jouent de la flûte et de la harpe pour distraire un temps Mari Joseph et l’Enfant. Simple, naïve même par sa sobriété lumineuse, l’oratorio se termine dans l’apaisement de la Nativité, mais en ne gommant rien de l’annonce tragique du Sacrifice futur ; quand est suggéré alors la Crucifixion à venir par lequel le Fils sauvera l’humanité… L’archaïsme que maîtrise Berlioz accuse en réalité l’efficacité dramatique de l’action. Argument de la production à Poitiers (créée l’an passé au Festival Berlioz de la Côte Saint-André), Laurent Alvaro en Hérode (tempérament puissant et halluciné pour la scène de folie crépusculaire où le roi de Judée exige le massacre des nouveaux nés). Avec les chœurs de l’Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine. Poitiers célèbre ainsi en fin d’année l’anniversaire BERLIOZ 2019, en soulignant l’inspiration du Romantique français dans une partition trop rarement représentée, mais idéale pour le temps de Noël.

 

 

 

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RÉSERVEZ VOTRE PLACEboutonreservation
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/berlioz/
Mardi 10 décembre 2019
TAP Auditorium, 20h35
durée 1h35

Berlioz : L’Enfance du Christ
Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine
Chœur Les Pierres Lyriques

 

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Oratorio de Pâques de Jean Sébastien Bach (BWV 249)

bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Jean-Sébastien Bach : Oratorio de Pâques BWV 249. Comme à l’accoutumée, s’agissant de Bach, l’Oratorio de Pâques tel que nous le connaissons actuellement, et tel qu’il est joué par les ensembles les plus informés, regroupe plusieurs partitions sur le thème pascal qui remonte à plusieurs époques, certains opus étant réécrits, modifiés selon l’idéal esthétique du compositeur, selon aussi les effectifs à sa disposition au moment de la commande. La première version remonte à 1725 pour les célébrations pascales, en particulier pour le Dimanche de Pâques. Bach recycle une cantate de voeux (donc originellement profane) de février 1725 dédié à l’anniversaire de son patron, le Duc Christian de Saxe-Weissenfels (Entfliet verschwindet, entweichet ihr Sorgen, BWV 249a). Puis il en déduit une nouvelle célébration, d’essence sacrée: Kommt, eilet und laufet, ihr flüchtigen Füsse … (BWV 249), cantate célébrant la dévotion de la feria I de Pâques au 1er avril 1725.

Christ est ressuscité !Puis dans un nouveau texte de Picander, la même cantate sert une nouvelle célébration profane en août 1726 pour l’anniversaire de son autre mécène le Comte Joachim Freidrich von Flemming (BWV 249b). Pour livrer une nouvelle musique pascale, Bach recycle entre 1732 et 1735, les partitions déjà écrites et intitule le nouveau cycle “oratorium”. Comme pour la Messe en si mineur, il s’agit grâce au génie synthétique dont il est capable, de combiner des éléments épars en une totalité dont la cohérence et l’architecture nous stupéfient. Soucieux d’unité, le compositeur reprend encore son ouvrage après 1740, et fixe désormais ce que nous connaissons sous le nom d’Oratorio de Pâques.

Oratorio en 11 numéros

Plan en 10 numéros/épisodes
Véritable opéra sacré, l’Oratorio de Pâques de JS Bach saisit par la maîtrise des contrastes, l’absolu génie des réemplois et aussi, le raffinement d’une grande culture musicale qui utilise selon un plan dramaturgique éblouissant, les styles italiens et français.

N°1 à 3. Au début, les 3 premiers numéros (Sinfonia avec flûtes et hautbois d’amour, Adagio, Chorus) composent un triptyque d’ouverture selon le schéma d’un concerto italien (vif, lent, vif), avec une même tonalité de ré majeur) pour unifier le cycle pour les volets 1 et 3. Dans ce dernier épisode, le texte convoque les fidèles qui pressent le pas vers la sépulture de Jésus.
Le n°4 fait paraître les 4 solistes, sombres et graves, qui se retrouvent près du tombeau : Maria Jacobi (soprano), Maria Magdalena (alto), Petrus (ténor), Johannes (basse). Se détache surtout l’aria adagio en si mineur (avec traverso) de Maria Magdalena dans laquelle la chanteuse invite à renoncer aux parfums et onguents de l’embaumement pour choisir les lauriers, annonciateurs de la victoire du Christ ressuscité (n°5).
CHRIST-endormi-programmes-brava-hd-noel-2015-582-390N°6-7 : surviennent Petrus et Johannes qui découvrent la tombe vide et la pierre déplacée. Maria Magdalena précise alors qu’un ange est venu annoncer la Résurrection du Sauveur. Ainsi Petrus (ténor, en sol majeur) adopte le calme serein d’une bourrée pour exprimer avec les flûtes à bec, la profonde certitude de la paix intérieure, après la proclamation du Miracle christique. N°8 à 10 : les airs des deux Marie basculent dans l’arioso, portés par l’impatience de revoir Jésus : tendre et compatissante, Maria Magadalena se demande où le Christ lui apparaîtra (air en la majeur, avec hautbois d’amour sur rythme de gavotte). Tandis que Johannes invite chacun à se réjouir. Jean-Sébastien Bach conclut par un chÅ“ur de réjouissance (n°11) où l’éclat des trompettes dit la réalisation de la transfiguration finale. Le dernier épisode suit un plan en deux parties : format et esprit français et d’une élégance haendélienne tout d’abord ; puis gigue fuguée d’une ivresse collective irrésistible.