Compte-rendu, concert. Bachfest, Michaeliskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (IV). VOX LUMINIS

Compte-rendu, concert. Bachfest, Michaeliskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (IV), VOX LUMINIS. On ne remerciera pas assez la Bachfest de nous inciter Ă  quitter le centre-ville de Leipzig pour dĂ©couvrir l’Eglise Saint-Michel, situĂ©e Ă  proximitĂ© du zoo, au nord. Miraculeusement Ă©pargnĂ© par les bombardements de la DeuxiĂšme guerre mondiale, l’Ă©difice trĂŽne au devant d’un square qui le met admirablement en valeur. Mais c’est surtout son intĂ©rieur qui surprend par sa variĂ©tĂ© de style virtuosement entremĂȘlĂ©s, relevant essentiellement du nĂ©ogothique et de l’Art nouveau, tous deux encore en vogue en 1904. L’observation des Ă©lĂ©gants et nombreux dĂ©tails, tout particuliĂšrement les boiseries vĂ©gĂ©tales enchevĂȘtrĂ©es autour de l’orgue, constitue un motif de curiositĂ© pendant tout le concert – Ă  mĂȘme de faire oublier la chaleur Ă©touffante en ce milieu d’aprĂšs-midi estival.

Le concert ne passionne malheureusement pas outre mesure, et ce en dĂ©pit de l’excellente acoustique et des incontestables qualitĂ©s individuelles des huit chanteurs de Vox Luminis. DĂšs lors que l’ensemble est dans son coeur de rĂ©pertoire, la musique chorale, on atteint les sommets : la prĂ©cision et la ferveur lumineuses obtenues sont Ă  la hauteur de sa rĂ©putation. Pour autant, la sollicitation des mĂȘmes interprĂštes en rĂŽle soliste laisse entrevoir tout ce qui les sĂ©pare de ce graal, tandis que l’accompagnement chambriste atteint un niveau moyen – quelques verdeurs notamment. On ne fera pas ici le dĂ©tail des imperfections de chacun, mais il n’en reste pas moins que la qualitĂ© globale de ce dernier concert de l’intĂ©grale des cantates de Weimar s’en ressent. Dommage.

 

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Michaeliskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (IV). Johann Sebastian Bach : Cantates «Himmelskönig, sei willkommen», BWV 182, «Gleichwie der Regen und Schnee vom Himmel fĂ€llt», BWV 18, «Komm, du sĂŒĂŸe Todesstunde», BWV 161, «Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen», BWV 12. Pasteur Ralf GĂŒnther (rĂ©citant), Vox Luminis, Lionel Meunier (direction). CrĂ©dit photo : © Bachfest Leipzig : Gert Mothes.

 

 

Compte-rendu, concert. Bachfest, Nikolaikirche, Leipzig, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (III) Akademie fĂŒr Alte Musik Berlin/ R Alessandrini.

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianCompte-rendu, concert. Bachfest, Nikolaikirche, Leipzig, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (III). A l’instar de sa voisine Dresde, Leipzig ne cesse de retrouver sa splendeur d’antan, d’annĂ©e en annĂ©e, effaçant les erreurs architecturales de l’aprĂšs-guerre par d’opportuns rehabillages ou reconstructions dans un style ancien. Pratiquement dĂ©diĂ© aux piĂ©tons, le centre-ville est d’ores et dĂ©jĂ  envahi par les touristes en cette saison estivale, tous sĂ©duits par les nombreuses terrasses Ă  chaque coin de rue. Outre l’attrait Ă©vident que reprĂ©sentent les gloires musicales locales (Bach et Mendelssohn bien sĂ»r, mais aussi… Wagner, natif de la CitĂ©), il faudra se perdre dans les nombreux et splendides passages couverts dont l’Ă©tat de conservation ne manquera pas d’impressionner les amateurs.

Pendant dix jours, la Bachfest donne Ă  entendre des accents venus des quatre coins du monde – les Français reprĂ©sentant les deuxiĂšmes visiteurs europĂ©ens en nombre (hors Allemagne) aprĂšs les NĂ©erlandais. On ne s’en Ă©tonnera pas, tant la manifestation fait figure d’Ă©vĂ©nement avec pas moins de 150 manifestations organisĂ©es pendant cette courte pĂ©riode, permettant de faire vivre un rĂ©pertoire centrĂ© sur la famille Bach et ses contemporains, sans oublier Mendelssohn, et ce Ă  travers toute la ville et les environs. On pourra aussi opportunĂ©ment coupler sa visite avec le festival Haendel, qui se tient dans la ville voisine de Halle la semaine prĂ©cĂ©dent la Bachfest.

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Parmi les joyaux de la citĂ©, l’Eglise Saint-Nicolas et ses surprenantes colonnes vĂ©gĂ©tales aux tons pastels “girly”, alternant vert et vieux rose, tient une place prĂ©pondĂ©rante (elle a notamment accueilli la crĂ©ation de la Passion selon Saint-Jean de Bach), et ce d’autant plus que son excellente acoustique en fait un lieu prisĂ© pour les concerts. C’est ici que se dĂ©roule l’un des plus attendus de cette Ă©dition 2019, sous la direction de Rinaldo Alessandrini. Son geste Ă©nergique met d’emblĂ©e en valeur les qualitĂ©s individuelles superlatives de l’Akademie fĂŒr Alte Musik Berlin, trĂšs engagĂ©e pour rendre leur Ă©clat Ă  ces cantates d’apparat, toutes composĂ©es pour Weimar. On soulignera notamment le trompette solo impressionnant de suretĂ© et de justesse ou le violoncelle solo gorgĂ© de couleurs, tandis que les chanteurs atteignent aussi un trĂšs haut niveau.

Si Katharina Konradi impressionne par son aisance technique au service d’un timbre superbe, on est plus encore sĂ©duit par la noblesse des phrasĂ©s d’Ingeborg Danz, tout simplement bouleversante d’Ă©vidence dans son premier air. Les quelques limites rencontrĂ©es dans les accĂ©lĂ©rations restent cependant parfaitement maitrisĂ©es par cette chanteuse qui sait la limite de ses moyens. A ses cotĂ©s, Patrick Grahl donne tout l’Ă©clat de sa jeunesse Ă  son incarnation, portĂ©e par une diction impeccable et une voix claire. Enfin, Roderick Williams passionne tout du long par l’intensitĂ© de ses phrasĂ©s et l’attention accordĂ©e au texte, mĂȘme s’il se laisse parfois couvrir par l’orchestre. Que dire, aussi, du parfait choeur de chambre de la RIAS, aux interventions aussi millimĂ©trĂ©es qu’irradiantes de ferveur ? Sans doute pas le moindre des atouts de ce concert en tout point splendide.

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Nikolaikirche, Leipzig, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (III). Cantates «Herz und Mund und Tat und Leben», BWV 147a, «Nun komm, der Heiden Heiland», BWV 61, «Wachet! betet! betet! wachet!», BWV 70a, «Christen, Ă€tzet diesen Tag», BWV 63. Martin Henker (rĂ©citant), Katharina Konradi (soprano), Ingeborg Danz (alto), Patrick Grahl (tĂ©nor), Roderick Williams (basse), RIAS Kammerchor, Akademie fĂŒr Alte Musik Berlin, Rinaldo Alessandrini (direction). CrĂ©dit photo : © Bachfest Leipzig : Gert Mothes.