SIGURD de REYER à NANCY

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsNANCY, les 14 et 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Pour ses 100 ans, l’Opéra national de Lorraine met à l’affiche Sigurd d’Ernest Reyer, ouvrage choisi pour son inauguration le 14 octobre 1919. Ainsi s’est écrit l’histoire du Palais Hornecker – Créé d’abord au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1884, SIGURD fut une pépite lyrique totalisant 250 représentations à l’Opéra de Paris jusque dans les années 1930. Comme Wagner et sa Tétralogie, Reyer plonge dans la mythologie nordique – la saga des Nibelungen et les Eddas –, pour narrer les aventures de Sigurd et Brunehilde, entre souffle épique, passions éprouvées, surnaturel, et style du grand opéra français. Comme Debussy et Dukas, respectivement Pelléas et Mélisande, et Arianne, Reyer et Wagner traitant le même fonds légendaire, crosient les destinées d’un opéra à l’autre. Ainsi Sigurd et Le Ring mettent en scène Gunther conquérant de la Walkyrie devenue mortelle, Brunnhilde. Les deux ouvrages se recoupent dans la destinée de Bruhnnilde, figure centrale qui incarne le don, le sacrifice, l’absolue loyauté. Incarnée à la création par la sublime ROSE CARON, Brunnhilde suscita à l’époque de Reyer, l’admiration du peintre Edgar Degas qui vit l’ouvrage plus de 30 fois ! Bel indice d’une admiration sincère et constante pour un ouvrage et un personnage majeur en France, à l’époque du wagnérisme envahissant,… que ne goûtait guère le peintre des danseuses et des musiciens de l’opéra de Paris. A Nancy, une wagnérienne éblouissante, grave, souple, diseuse incarne ce profil de femme admirable, Catherine Hunold. Argument majeur de la version proposée par Nancy pour son centenaire.

 

 

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boutonreservationNANCY, Opéra national de Lorraine
Reyer : Sigurd, en version de concert
lundi 14 et jeudi 17 octobre 2019 à 19h
RESERVEZ ici :
https://www.nancy-tourisme.fr/offres/opera-sigurd-reyer-nancy-fr-2264277/

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CARON-ROSE-edgar-degas-sigurd-classiquenews-portraitOpéra en version de concert créé à Nancy le 14 octobre 1919 pour l’inauguration du nouveau théâtre (actuel opéra)
Opéra en quatre actes, 9 tableaux et 2 ballets
Livret de Camille du Locle et d’Alfred Blau
Créé le 7 janvier 1884 au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles

Durée : 3h30 + 2 entractes
Chanté en français, surtitré

Orchestre de l’Opéra national de Lorraine
Direction musicale : Frédéric Chaslin
Chœur de l’Opéra national de Lorraine
Chef de choeur : Merion Powell
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Chef de choeur : Xavier Ribes

Sigurd : Peter Wedd
Gunther : Jean-Sébastien Bou
Hagen : Jérôme Boutillier
Le Grand Prêtre d’Odin : Nicolas Cavallier
Brunehilde : Catherine Hunold
Hilda : Camille Schnoor
Uta : Marie-Ange Todorovitch
Le Barde : Eric Martin-Bonnet
Rudiger : Olivier Brunel

Illustration : ROSE CARON, créatrice du rôle de Brunnhilde dans SIGURD de Reyer (DR)

 

 

 

WAGNER / REYER … Comme Wagner dans La Tétralogie, il est question d’une manipulation honteuse qui provoque la mort du héros idéal (quoique trop naïf) et de la femme la plus loyale ; ici le roi Gunther manipule le chevalier Sigurd (chez Wagner Siegfried). Hagen son bras armé, tue le héros et épouse celle qui lui était pourtant promise par les dieux (Brunnhilde). Chez Wagner comme chez Reyer, la même clairvoyance quant à la barbarie humaine propre à tromper et à voler, à mentir et à assassiner. Mais même s’il arrive à ses fins, l’infect Gunther, souverain sans envergure, s’effondre, sa maison avec lui ; entre temps, les héros admirables, – Sigurd et Brunnhilde, sont sacrifiés sans ménagements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I
SIGURD tombe amoureux de Hilda ;
Gunther de Brunnhilde…

Gunther, roi des burgondes, accueille dans son château à Worms les émissaires d’Attila qui demande la main de la sœur de Gunther, Hilda. Celle-ci confie à sa nourrice Uta, le songe qui la tourmente : une rivale fera expirer son noble époux. Plutôt qu’Attila, Hidla aime en secret celui qui l’a sauvée de l’esclavage, le chevalier Sigurd. Uta, sorcière à ses heures, annonce l’arrivée de Sigurd à la cour du roi Gunther : elle lui fera boire un philtre qui le rendra amoureux de sa maîtresse Hilda.
Hagen chante à Gunther l’histoire de Brunnhilde, la Valkyrie audacieuse et courageuse qui désobéit à ODIN son père, préférant défendre l’amour des deux mortels, maudits et bouleversants, Siegmund et Sieglinde. Déchue de son statut, Brunnhilde devenue mortelle attend derrière un mur de flammes, le héros qui saura le protéger…
Gunther entend libérer Brunnhilde : il partira le lendemain.
Mais surgit Sigurd le chevalier attendu qui déclarant aussi son amour pour Brunhilde, défie Gunther. Mais celui ci se montre plus conciliant et même soumis : il accueille le chevalier comme son frère, lui proposant même de partager le trône Burgonde.
Alors Hilda tend la coupe préparée par Uta, à Sigurd pour prêter serment de loyauté à son frère Gunther.
De leurs côtés, les émissaires d’Attila, qui face au refus de Hilda, lui remet un bracelet : si elle le renvoie par messager, Attila accourra pour la défendre ou la venger.
Mais pour l’heure Sigurd foudroyé, tombe amoureux de Hilda. Il promet à Gunther de l’aider pour conquérir Brunnhilde. Ils partent dans ce but.

 

 

 

ACTE II

Sigurd combat en Islande et délivre Brunnhilde

pour le compte de Gunhter… 

 

Sigurd,  Gunther  et  Hagen débarquent en Islande : là, un grand-prêtre qui sacrifie sous le tilleul à l’épouse d’Odin, Freja, les alerte sur la cruauté des Kobolds et des Elfes qu’ils devront affronter. Seul un héros au cœur de diamant, « vierge de corps et d’âme et sonnant le cor sacré » pourra délivrer des flammes la vierge Brunnhilde. Sigurd propose de revêtir l’identité de son ami Gunther pour conquérir Brunnhilde ; seul lui importe d’épouser Hilda dont il est toujours épris (grâce au philtre d’Uta). Sigurd reçoit du grand-prêtre le cor sacré d’Odin (qui le protègera des elfes) : au 3è appel, le palais enflammé de la Walkyrie surgira. Au milieu des Dolmen, 3 nornes paraissent et montrent à Sigurd, le linceul qu’elles lui destinent.  Lutins, kobolds et walkyries haineuses l’assaillent. Au 2è appel, Sigurd découvre un lac où tentent de le séduire les lascives Nixes, sirènes dangereuses. Sigurd parvient à sonner le 3è appel, avant qu’un elfe ne lui dérobe le cor d’Odin.  Pensant combattre pour l’amour d’Hilda, Sigurd s’avance vers le palais qui se précise devant lui. Sigurd déguisé en Gunther délivre Brunnhilde qui le salue : une nacelle de cristal tiré par les 3 nornes devenues cygnes emmène le couple endormi.

 

 

 

 

 

ACTE III

La noce de Gunther et de Brunnhilde

 

Dans  les  jardins  du  château  de  Gunther  à  Worms,  Brunnhilde découvre le roi qui l’a sauvé, tandis que sous la vigilance d’Uta, Sigurd séduit Hilda, ravie d’avoir gagné l’amour du chevalier.

Hagen annonce les noces de Brunnhilde et de Gunther : un tournoi est organisé en l’honneur des mariés. Au moment où Brunnhilde bénit l’union simultanée entre Hilda et Sigurd, le tonnerre gronde et suscite un malaise partagé chez ces derniers. Uta pressent que le destin n’accepte pas la tromperie dont Sigurd et Brunnhilde sont victimes. La sorcière craint le pire sur la maison de Gunther et de sa sœur, Hilda.

 

 

 

 

 

 

 

ACTE IV

Le bûcher des Justes : Sigurd et Brunnhilde 

Sur  une  terrasse  du  château  de  Gunther,  les servantes s’inquiètent du mal mystérieux qui ronge le cœur de Brunnhilde ; celle ci paraît et exprime malgré son mariage avec Gunther, son amour irrépressible et coupable pour Sigurd. Hilda la rejoint et avoue le stratagème : c’est bien Sigurd qui l’a délivrée des flammes ; c’est lui le chevalier digne de son amour.

Mais Brunnhilde revendique la loi d’Odin selon laquelle c’est Sigurd qui lui est promis ; une terrible malédiction menace Gunther et Hilda les manipulateurs.

Paraissent Gunther et Hagen : Brunnhilde les menace et les maudit. Avant le jour, Gunther ou Sigurd périra.

Brunnhilde invite Sigurd à la fontaine ; en récitant un sortilège rituel qui défait les sorts, Sigurd découvre qu’il aime Brunnhilde et lui déclare son amour. Malgré les tentatives de Brunnhilde, Hagen, bras armé de Gunther, tue Sigurd. Avant d’expirer, Sigurd reçoit le serment de Brunnhilde qui jure de mourir à ses côtés : Hagen ordonne un grand bûcher qui embrase le corps des deux fiancés purs. Mais Hilda dépossédée et coupable, exige que Hagen la tue également auprès de Sigurd ; avant que l’homme noir ne la frappe, Hilda remet à Uta le bracelet des émissaires d’Attila ; le barbare viendra donc la « sauver » mais avant, exterminera le royaume de Gunther, l’usurpateur et le lâche. Alors que les flammes consume leur dépouille, le chœur final chante leur amour éternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SIGURD de REYER, l’opéra de Degas

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsNANCY, les 14 et 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Pour ses 100 ans, l’Opéra national de Lorraine met à l’affiche Sigurd d’Ernest Reyer, ouvrage choisi pour son inauguration le 14 octobre 1919. Ainsi s’est écrit l’histoire du Palais Hornecker – Créé d’abord au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1884, SIGURD fut une pépite lyrique totalisant 250 représentations à l’Opéra de Paris jusque dans les années 1930. Comme Wagner et sa Tétralogie, Reyer plonge dans la mythologie nordique – la saga des Nibelungen et les Eddas –, pour narrer les aventures de Sigurd et Brunehilde, entre souffle épique, passions éprouvées, surnaturel, et style du grand opéra français. Comme Debussy et Dukas, respectivement Pelléas et Mélisande, et Arianne, Reyer et Wagner traitant le même fonds légendaire, crosient les destinées d’un opéra à l’autre. Ainsi Sigurd et Le Ring mettent en scène Gunther conquérant de la Walkyrie devenue mortelle, Brunnhilde. Les deux ouvrages se recoupent dans la destinée de Bruhnnilde, figure centrale qui incarne le don, le sacrifice, l’absolue loyauté. Incarnée à la création par la sublime ROSE CARON, Brunnhilde suscita à l’époque de Reyer, l’admiration du peintre Edgar Degas qui vit l’ouvrage plus de 30 fois ! Bel indice d’une admiration sincère et constante pour un ouvrage et un personnage majeur en France, à l’époque du wagnérisme envahissant,… que ne goûtait guère le peintre des danseuses et des musiciens de l’opéra de Paris. A Nancy, une wagnérienne éblouissante, grave, souple, diseuse incarne ce profil de femme admirable, Catherine Hunold. Argument majeur de la version proposée par Nancy pour son centenaire.

 

 

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Reyer : Sigurd, en version de concert
lundi 14 et jeudi 17 octobre 2019 à 19h
RESERVEZ ici :
https://www.nancy-tourisme.fr/offres/opera-sigurd-reyer-nancy-fr-2264277/

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CARON-ROSE-edgar-degas-sigurd-classiquenews-portraitOpéra en version de concert créé à Nancy le 14 octobre 1919 pour l’inauguration du nouveau théâtre (actuel opéra)
Opéra en quatre actes, 9 tableaux et 2 ballets
Livret de Camille du Locle et d’Alfred Blau
Créé le 7 janvier 1884 au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles

Durée : 3h30 + 2 entractes
Chanté en français, surtitré

Orchestre de l’Opéra national de Lorraine
Direction musicale : Frédéric Chaslin
Chœur de l’Opéra national de Lorraine
Chef de choeur : Merion Powell
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Chef de choeur : Xavier Ribes

Sigurd : Peter Wedd
Gunther : Jean-Sébastien Bou
Hagen : Jérôme Boutillier
Le Grand Prêtre d’Odin : Nicolas Cavallier
Brunehilde : Catherine Hunold
Hilda : Camille Schnoor
Uta : Marie-Ange Todorovitch
Le Barde : Eric Martin-Bonnet
Rudiger : Olivier Brunel

Illustration : ROSE CARON, créatrice du rôle de Brunnhilde dans SIGURD de Reyer (DR)

 

 

 

WAGNER / REYER … Comme Wagner dans La Tétralogie, il est question d’une manipulation honteuse qui provoque la mort du héros idéal (quoique trop naïf) et de la femme la plus loyale ; ici le roi Gunther manipule le chevalier Sigurd (chez Wagner Siegfried). Hagen son bras armé, tue le héros et épouse celle qui lui était pourtant promise par les dieux (Brunnhilde). Chez Wagner comme chez Reyer, la même clairvoyance quant à la barbarie humaine propre à tromper et à voler, à mentir et à assassiner. Mais même s’il arrive à ses fins, l’infect Gunther, souverain sans envergure, s’effondre, sa maison avec lui ; entre temps, les héros admirables, – Sigurd et Brunnhilde, sont sacrifiés sans ménagements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I
SIGURD tombe amoureux de Hilda ;
Gunther de Brunnhilde…

Gunther, roi des burgondes, accueille dans son château à Worms les émissaires d’Attila qui demande la main de la sœur de Gunther, Hilda. Celle-ci confie à sa nourrice Uta, le songe qui la tourmente : une rivale fera expirer son noble époux. Plutôt qu’Attila, Hidla aime en secret celui qui l’a sauvée de l’esclavage, le chevalier Sigurd. Uta, sorcière à ses heures, annonce l’arrivée de Sigurd à la cour du roi Gunther : elle lui fera boire un philtre qui le rendra amoureux de sa maîtresse Hilda.
Hagen chante à Gunther l’histoire de Brunnhilde, la Valkyrie audacieuse et courageuse qui désobéit à ODIN son père, préférant défendre l’amour des deux mortels, maudits et bouleversants, Siegmund et Sieglinde. Déchue de son statut, Brunnhilde devenue mortelle attend derrière un mur de flammes, le héros qui saura le protéger…
Gunther entend libérer Brunnhilde : il partira le lendemain.
Mais surgit Sigurd le chevalier attendu qui déclarant aussi son amour pour Brunhilde, défie Gunther. Mais celui ci se montre plus conciliant et même soumis : il accueille le chevalier comme son frère, lui proposant même de partager le trône Burgonde.
Alors Hilda tend la coupe préparée par Uta, à Sigurd pour prêter serment de loyauté à son frère Gunther.
De leurs côtés, les émissaires d’Attila, qui face au refus de Hilda, lui remet un bracelet : si elle le renvoie par messager, Attila accourra pour la défendre ou la venger.
Mais pour l’heure Sigurd foudroyé, tombe amoureux de Hilda. Il promet à Gunther de l’aider pour conquérir Brunnhilde. Ils partent dans ce but.

 

 

 

ACTE II

Sigurd combat en Islande et délivre Brunnhilde

pour le compte de Gunhter… 

 

Sigurd,  Gunther  et  Hagen débarquent en Islande : là, un grand-prêtre qui sacrifie sous le tilleul à l’épouse d’Odin, Freja, les alerte sur la cruauté des Kobolds et des Elfes qu’ils devront affronter. Seul un héros au cœur de diamant, « vierge de corps et d’âme et sonnant le cor sacré » pourra délivrer des flammes la vierge Brunnhilde. Sigurd propose de revêtir l’identité de son ami Gunther pour conquérir Brunnhilde ; seul lui importe d’épouser Hilda dont il est toujours épris (grâce au philtre d’Uta). Sigurd reçoit du grand-prêtre le cor sacré d’Odin (qui le protègera des elfes) : au 3è appel, le palais enflammé de la Walkyrie surgira. Au milieu des Dolmen, 3 nornes paraissent et montrent à Sigurd, le linceul qu’elles lui destinent.  Lutins, kobolds et walkyries haineuses l’assaillent. Au 2è appel, Sigurd découvre un lac où tentent de le séduire les lascives Nixes, sirènes dangereuses. Sigurd parvient à sonner le 3è appel, avant qu’un elfe ne lui dérobe le cor d’Odin.  Pensant combattre pour l’amour d’Hilda, Sigurd s’avance vers le palais qui se précise devant lui. Sigurd déguisé en Gunther délivre Brunnhilde qui le salue : une nacelle de cristal tiré par les 3 nornes devenues cygnes emmène le couple endormi.

 

 

 

 

 

ACTE III

La noce de Gunther et de Brunnhilde

 

Dans  les  jardins  du  château  de  Gunther  à  Worms,  Brunnhilde découvre le roi qui l’a sauvé, tandis que sous la vigilance d’Uta, Sigurd séduit Hilda, ravie d’avoir gagné l’amour du chevalier.

Hagen annonce les noces de Brunnhilde et de Gunther : un tournoi est organisé en l’honneur des mariés. Au moment où Brunnhilde bénit l’union simultanée entre Hilda et Sigurd, le tonnerre gronde et suscite un malaise partagé chez ces derniers. Uta pressent que le destin n’accepte pas la tromperie dont Sigurd et Brunnhilde sont victimes. La sorcière craint le pire sur la maison de Gunther et de sa sœur, Hilda.

 

 

 

 

 

 

 

ACTE IV

Le bûcher des Justes : Sigurd et Brunnhilde 

Sur  une  terrasse  du  château  de  Gunther,  les servantes s’inquiètent du mal mystérieux qui ronge le cœur de Brunnhilde ; celle ci paraît et exprime malgré son mariage avec Gunther, son amour irrépressible et coupable pour Sigurd. Hilda la rejoint et avoue le stratagème : c’est bien Sigurd qui l’a délivrée des flammes ; c’est lui le chevalier digne de son amour.

Mais Brunnhilde revendique la loi d’Odin selon laquelle c’est Sigurd qui lui est promis ; une terrible malédiction menace Gunther et Hilda les manipulateurs.

Paraissent Gunther et Hagen : Brunnhilde les menace et les maudit. Avant le jour, Gunther ou Sigurd périra.

Brunnhilde invite Sigurd à la fontaine ; en récitant un sortilège rituel qui défait les sorts, Sigurd découvre qu’il aime Brunnhilde et lui déclare son amour. Malgré les tentatives de Brunnhilde, Hagen, bras armé de Gunther, tue Sigurd. Avant d’expirer, Sigurd reçoit le serment de Brunnhilde qui jure de mourir à ses côtés : Hagen ordonne un grand bûcher qui embrase le corps des deux fiancés purs. Mais Hilda dépossédée et coupable, exige que Hagen la tue également auprès de Sigurd ; avant que l’homme noir ne la frappe, Hilda remet à Uta le bracelet des émissaires d’Attila ; le barbare viendra donc la « sauver » mais avant, exterminera le royaume de Gunther, l’usurpateur et le lâche. Alors que les flammes consume leur dépouille, le chœur final chante leur amour éternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Ring de Wagner à Munich

wagner-ring-tetralogie-582-612Munich. Wagner : Le Ring. Du 20 février au 29 mars 2015. Le Bayerisches Staatsoper de Munich, dans la capitale bavaroise affiche l’intégralité de la Tétralogie wagnérienne dans la réalisation du duo Kirill Petrenko chef d’orchestre) et Andreas Kriegenburg (régie, mise en scène). Dans l’ordre, L’or du Rhin pour le prélude, puis les 3 journées : La Walkyrie, Siegfried enfin Le Crépuscule des dieux.  Soit 13 soirées wagnériennes. le cycle peut être écouté dans la quasi continuité les 22,23,26 et 29 mars 2015. Production déjà présentée en 2012.

Wagner 2014 : Le Ring nouveau de BayreuthLa Tétralogie raconte sur le registre épique et universel l’accomplissement de la barbarie et de l’indignité humaine sur le monde et les hommes. L’être intelligent et faux bâtisseur (Wotan) construit sa propre perte en imposant ses règles : manipulation, vol, tyrannie, impérialisme. Avide et vénal, le Dieu des dieux se montre parfaitement indigne de son prestige. Pour dérober l’autorité qu’il prétend détenir, il a perdu un oeil et s’est taillé une lance dans le bois du hêtre primordial… Ici le pouvoir rend fou et l’amour de l’or, totalement inhumain. Dans L’or du Rhin, l’or pur du fleuve garant de l’équilibre naturel est dérobé par Alberich, à son tour dépossédé par… Wotan lequel pour édifier son palais du Walhalla, trompe abusivement les Géants. A la fin du Prologue, Wotan et sa clique divine monte au sommet : image de l’orgueil démesuré, leur ascension annonce déjà leur chute.
Dans La Walkyrie paraît l’amour, celui du couple Siegmund et Sieglinde, les parents du héros à venir : Siegfried. Ils sont tous les deux sacrifiés sur l’autel du cynisme de Wotan : mais sa propre fillle, la Walkyrie Brünnhilde ose braver l’ordre du père. Sieglinde pourra enfanter le héros à naître, mais elle perdra son statut et deviendra simple mortelle, protégée par un rideau de feu.
Siegfried raconte l’enfance du héros attendu. Comment Alberich son tuteur lui cache sa nature exceptionnelle et mourra sous la lame de son épée. Le héros qui ne connaît pas la peur, assassine le dragon : il peut rejoindre la Walkyrie sur son rocher pour l’épouser…
Dans le Crépuscule des dieux, la prophétie s’accomplit et Wotan doit céder la place à Siegfried. Pourtant, ce dernier trop naïf et manipulable se laisse berner par le clan de Gibishungen : il trahit Brünnhilde, et meurt honteusement à la suite d’un complot : sa mort puis l’ample monologue de Brünnhilde annonçant une ère nouvelle sont les deux temps forts d’une partition parmi les plus réussies de tout le cycle.

La Tétralogie wagnérienne à Munich
Der Ring des Nibelungen

agenda
L’or du Rhin,  Das Rheingold
Les 20,27 février puis 11 et 22 mars 2015

La Walkyrie, Die Walküre
Les 28 février puis 6,14,23 mars 2015

Siegfried
Les 8,16,26 mars 2015

Götterdämmerung
Les 20 et 29 mars 2015

Illustrations : Odin par Arthur Rackham, Richard Wagner (DR)

Wagner : le Crépuscule des Dieux

Wagner : Le Crépuscule des dieux. Paris, Opéra Bastille, du 21 mai au 16 juin 2013   …  Jamais la musique de Wagner n’est aussi vénéneuse que dans le Crépuscule des Dieux. Les 3 actes, précédés du prologue (où les Nornes disparaissent après n’avoir pas pu éviter que se rompe le fil des destinées… préfiguration de la chute des Dieux annoncée), expriment les puissantes forces psychiques qui affrontent le destin du couple magnifique : Siegfried et Brünnhilde, au clan recomposé des Gibishungen…

L’orchestre suit en particulier tout ce qu’éprouve Brünnhilde, tout au long de l’ouvrage, tour à tour, ivre d’amour, puis écartée, trahie, humiliée par celui qu’elle aime : Siegfried trop crédule est la proie des machinations et du filtre d’oubli … une faiblesse trop humaine qui la mènera à la mort. Le héros se laissera convaincre de répudier Brünnhilde pour épouser Gutrune …

Musique de l’inéluctable

wagner_brunnhilde_gotterdammerung_operarthur_rackhamMais Brünnhilde est elle aussi manipulée par l’infâme Hagen. Le fils d’Albérich (qui surgit tel un spectre au début du II), intrigue et complote… forçant l’amoureuse à dévoiler le seul point faible du héros : son dos. Siegfried périra donc d’un coup de lance sous la nuque. Wagner compose alors l’une des pages les plus saisissantes du Ring pour exprimer la mort de Siegfried. C’est que la malédiction qui menace l’édifice, porté tant bien que mal par Wotan jusqu’à l’opéra Siegfried, se réalise finalement et l’anneau ira irrésistiblement aux filles du Rhin, ses véritables propriétaires. Entre temps, les hommes ont révélé leur vraie nature : dissimulation, fourberie, complots, coups bas, hypocrisie, manipulation, barbarie criminelle… Si dans l’Or du Rhin, Wagner avait représenter l’esclavage des opprimés sous le pouvoir d’Albérich le Nibelung, – portrait visionnaire des masses asservies par l’ultracapitalisme -, le Crépuscule des Dieux cultive un tension tout aussi âpre et mordante mais moins explicite. La musique et tout l’orchestre cisèle en un chambrisme subtil, l’océan des complots tissés dans l’ombre, l’impuissante solitude des justes dont évidemment Brünnhilde. Car c’est bien la Walkyrie déchue, la véritable protagoniste de ce dernier volet qui voit la fin des dieux et  … de la civilisation.  Face aux agissements de Hagen et son clan matérialiste, Brünnhilde prône la vertu de l’amour, seule source tangible pour l’avenir de l’humanité.
Rien n’est comparable dans sa continuité à l’ivresse hypnotique de la partition du Crépuscule des dieux. Le Voyage de Siegfried sur le Rhin, les retrouvailles avec Brünnhilde, le sublime prélude orchestral qui précède l’arrivée de Waltraute venue visiter sa soeur Walkyrie, le trio des conspirateurs à la fin du II, la mort du héros puis le grand monologue de la Brünnhilde sur le bûcher final sont quelques uns des jalons de l’épopée wagnérienne, l’une des plus incroyables fresques lyriques de tous les temps.

Richard Wagner
Le Crépuscule des Dieux

Philippe Jordan, direction
Günter Krämer, mise en scène
Paris, Opéra Bastille. Du 21 mai au 16 juin 2013
Puis du 18 au 26 juin 2013 : le festival Ring 2013

clé pour comprendre Wagner,
à propos du Crépuscule des dieux
 
Au moment où Philippe Jordan poursuit son travail (admirable) sur l’orchestre de Wagner en dirigeant en mai et juin 2013, le dernier volet du Ring, Le Crépuscule des dieux, classiquenews partage sa passion de la musique de l’auteur de Tristan et souligne la réussite du compositeur dramaturge, en particulier dans la réalisation de son écriture orchestrale. C’est peu dire que le musicien fut un immense symphoniste, peut-être le plus grand de l’ère romantique …
On ne dira jamais assez le génie de Wagner quand hors de l’action proprement dite, par exemple concrètement : l’enchaînement et la réalisation des tractations infâmes de l’abject Hagen contre le couple Siegfried et Brünnhilde, le compositeur sait s’immiscer dans la psyché de son héroïne pour exprimer tout ce qui la rend grande et admirable : prenez par exemple l’intermède orchestral du I, assurant la transition entre la scène 2 et la scène 3 : alors que le spectateur découvre le gouffre démoniaque qui habite le noir Hagen digne fils d’Albérich – le rancunier vengeur et amer, Wagner nous transporte vers son opposé, lumineux, clairvoyant, loyal et capable de toute abnégation au nom de l’amour : Brünnhilde.

éclat des interludes symphoniques

Il n’est pas de contraste plus saisissant alors que ce passage orchestral qui étire le temps et l’espace, passant des abîmes ténébreux où le mal règne sans partage vers le roc où se tient la Walkyrie déchue : le chant des instruments (clairon, puis hautbois, enfin clarinette) dit tout ce que cette femme sublime a sacrifié, trahissant la loi du père (Wotan), accomplissant l’idéal terrestre de l’amour pur et désintéressé (pour Siegfried) … Wagner précise les didascalies : la jeune femme assume sa condition de mortelle et contemple l’anneau par la faute duquel tout est consommé et qui dans son esprit pur incarne a contrario de la malédiction qui s’accomplit, le serment amoureux qui la relie à son aimé … Bientôt paraît Waltraute sa soeur, Walkyrie venue du Walhalla de leur père pour récupérer l’anneau (car toujours toute action tourne autour de la bague magique et maudite : Wotan sait que s’il récupère l’anneau, son rêve politique et l’enfer qu’il a suscité, disparaîtra) …
Wagner excelle dans la combinaison des thèmes ; tous tissent cet écheveau de pensée et de sentiments mêlés qui dans l’esprit de Brünnhilde fonde son destin d’amoureuse entière et passionnée, de femme et d’épouse bientôt bafouée, sans omettre l’immense source de compassion qui anime cet être miraculeux touché par la grâce … car bientôt, son vaste monologue final permettra de conclure tout le cycle, en une scène d’ultime sacrifice (comme dans Isolde).  Il faut mesurer dans l’accomplissement de cet interlude de près de 6mn (selon les versions selon les chefs) tout le génie de Wagner, dramaturge psychologique, dont l’écriture sait étirer le temps musical, abolir espace et nécessité de l’écoulement dramatique, atteignant ce vertige et cette effusion dont il reste le seul à détenir la clé sur la scène lyrique … Cet interlude est un miracle musical. La clé qui appréciée pour elle-même pourrait faire aimer Wagner absolument.

IIlustration : Brünnhilde et son cheval Grane … La Walkyrie par compassion pour les Wälsungen (Siegmund et Sieglinde) recueille leur fils Siegfried, l’épouse bravant la loi du père Wotan. La fière amoureuse allume le grand feu purificateur au dernier tableau du Crépuscule des dieux (Götterdämmerung) pour rejoindre dans la mort son époux honteusement assassiné par Hagen …