CD Ă©vĂ©nement, critique. CECILIA BARTOLI : QUEEN OF BAROQUE (1 cd DECCA – 1991 – 2017)

baroque opera classiquenews review cd critique cd clic de classiquenews Cecilia-Bartoli-queen-of-baroque-critique-opera-decca-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. CECILIA BARTOLI : QUEEN OF BAROQUE (1 cd DECCA – 1991 – 2017) – L’impĂ©ratrice de la vocalitĂ  baroque s’expose en couverture, telle une vraie souveraine, Ă  Versailles ou Ă  Vienne, fardĂ©e, maquillĂ©e, perruquĂ©e : la diva des divas baroques confirme par cette collections de mĂ©lodies qu’elle est bien indĂ©trĂŽnable en matiĂšre de perles lyriques. Sur les terres des auteurs d’opĂ©ra du XVIIIĂš (moins du XVIIĂš), la signora Bartoli rayonne toujours. Le programme royal comprend 17 airs, tous investis, traversĂ©s par d’étonnants vertiges et contrastes Ă©motionnels. Soit une compilation d’arias dĂ©jĂ  connus et enregistrĂ©s, mais il a aussi le luxe de l’inĂ©dit : les 2 premiers extraits, jamais Ă©ditĂ©s sont ici rĂ©alisĂ©s en « premiĂšre mondiale » : (Trionfi del fato d’Agostino Steffani, puis Alessandro nell’ India de Leonardo Vinci).

 

 

 

Ardeur et gravité, véhémence et agilité

L’Alchimie BARTOLI Ă  son zĂ©nith

 

 

CLIC_macaron_2014Le chant ardent, vibratile, trĂšs incarnĂ© et volubile (agilitĂ  du Steffani d’ouverture de 2012) s’affirme nettement par sa plasticitĂ©, sa vĂ©hĂ©mence, son agilitĂ©. De fait tout rĂ©cital qui se respecte comporte un « sommet d’agilità » rĂ©vĂ©lant et dĂ©ployant la coloratoura et l’intensitĂ© dramatique de la prima donna : ainsi les deux arias les plus longs (enregistrĂ©s en 2009) soulignent la place de deux Napolitains dans cette arĂšne d’excellence : Carlo Broschi (Artaserse : festival de pyrotechnie vocale, roulades et mĂ©lismes coulant Ă  flot) et Niccolo Porpora : air dĂ©chirant d’Arminio « Parto, ti lascio, o cara » du Germanico, ample lamento d’expression tragique dont la couleur sombre sied particuliĂšrement bien au mezzo veloutĂ© et tendu Ă  la fois de « La Bartoli » : ses qualitĂ©s introspectives comme de dĂ©lire virtuose s’y accomplissent sans contraintes. Car le miracle opĂšre toujours, fusionnant deux qualitĂ©s ailleurs irrĂ©conciliables : le dĂ©lire virtuose et la gravitĂ© tragique. Le cas Bartoli est condensĂ© dans ses deux airs
 avec certainement l’accomplissement des Haendel et du dĂ©sormais Ă©gal, Steffani dont la cantatrice avait fait son compositeur fĂ©tiche dans un album demeurĂ© cĂ©lĂšbre (pour sa couverture aussi oĂč elle paraissait en homme chauve, pistolet en main !). Le clou de cette alchimie volubile reste Ă  notre avis, l’air de l’ange aux portes des enfers (« Disserratevi, o porte d’Averno », temps fort de l’oratorio la resurrezzione de Haendel) air de triomphe et d’imprĂ©cation spectaculaire d’une agilitĂ© sans pareille et d’une vĂ©hĂ©mence lĂ  encore
 hallucinĂ©e : aucun doute, Bartoli est Ă  son aise dans le thĂ©Ăątre des passions baroques. CD Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS NoĂ«l 2020. DurĂ©e : 1h18mn.

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CD Ă©vĂ©nement, critique. CECILIA BARTOLI : QUEEN OF BAROQUE (1 cd DECCA – 1991 – 2017)

COMPTE-RENDU, critique. PARIS, le 15 déc 2019. Récital Cecilia Bartoli : FARINELLI (Musiciens du Prince / G Capuano).

farinelli cecilia bartoli fall septembre 2019 annonce cd review critique classiquenews DECCA cd critiqueCOMPTE-RENDU, critique. PARIS, le 15 dĂ©c 2019. RĂ©cital Cecilia Bartoli : FARINELLI (Musiciens du Prince / G Capuano). A Paris, la mezzo romaine Cecilia Bartoli incarne le lĂ©gendaire Farinelli, accompagnĂ©e de ses « Musiciens du Prince » sous la baguette du chef baroque, Gianluca Capuano (lequel avait rĂ©alisĂ© avec le duo Caurier / Leiser, un Couronnement de PoppĂ©e / Incoronazione du Poppea de Monteverdi, mĂ©morable Ă  l’OpĂ©ra de Nantes oct 2019).

La diva ne paraĂźt pas grimĂ©e en homme barbu, – testostĂ©ronĂ©e telle qu’elle pose en couverture de son cd FARINELLI Ă©ditĂ© dĂ©but novembre 2019 chez Decca
 Dommage. Mais pour mieux exprimer la charge hautement dramatique de chaque rĂŽle, la diva comĂ©dienne, sait changer de costumes selon les airs sĂ©lectionnĂ©s, profitant des « pauses » purement instrumentales, qui rythment aussi le rĂ©cital parisien.

La majoritĂ© des Ă©pisodes lyriques sont extraits du cd Farinelli : ils ont tous Ă©tĂ© chantĂ© par le divo au XVIIIĂš signĂ©s des compositeurs les plus importants dans l’histoire des castrats : Haendel, Porpora, Caldara Vinci, Hasse, les moins connus Caldara et Giacomelli. Castrat oblige, la maniĂšre napolitaine triomphe : toujours plus haut, toujours plus rapide ; la virtuositĂ© bataille avec l’agilitĂ© ; la versatilitĂ© des sentiments, avec la souplesse parfois contorsionnĂ©e de la ligne vocale.

 

 

 

PARIS, BARTOLI, FARINELLI

 

 

 

Bartoli engage un rĂ©cital passionnant avec ses moyens actuels : moins agiles, moins naturellement brillants, mais plus rauques parfois, avec une couleur sombre gĂ©nĂ©rale qui enrichit son mĂ©dium et rend ses aigus d’autant plus intenses, voire tendus, toujours d’une fragilitĂ© maĂźtrisĂ©e, comme sont ses phrasĂ©s, et sa comprĂ©hension du legato, souverains. Travestie (Imeneo de Porpora), la chanteuse trouble par ce grain vocal d’une mĂąle et souple expressivitĂ© qui exprime l’enivrement amoureux.
Elle joue avec sa voix, mais jamais ne perd le fil dramatique ni le sens et le caractĂšre de chaque personnage comme de chaque situation ; elle est, tragique et noble, ClĂ©opĂątre (Hasse et Haendel) ; tendre et d’une douceur caressante et pastorale (« Augeletti », Rinaldo de Haendel) ; saisissante et frissonnante dans l’ample priĂšre sombre de « Sposa, non mi conosci » (Merope de Giacomelli, vraie rĂ©vĂ©lation entre autres).‹La future directrice de l’OpĂ©ra de Monaco (Ă  partir de 2023) dĂ©montre l’intelligence vocale et dramatique, l’attention au texte, le souci de la cohĂ©rence et du sens de l’intonation que peu de divas actuelles maĂźtrisent avec autant de nuances. Aujourd’hui, l’évolution de la voix de la diva correspond au choix des airs de ce programme : Farinelli castrat soprano Ă©tait connu pour sa couleur Ă©tonnamment sombre, riche et percutante dans les airs de langueurs funĂšbres, les priĂšres tragiques et intĂ©rieures, supposant souffle et perfection de la ligne. MĂȘme constat et diagnostic pour Cecilia Bartoli dont l’intelligence du chant subjugue toujours. Jusqu’au jeu des instrumentistes dont la tenue (Concertos et Sinfonie) est impeccable, en fluiditĂ© comme en rebonds.
La caresse enveloppante « vivaldienne » de Merope de Broschi (Riccardo, frĂšre de Farinelli qui s’appelait aussi Carlo Broschi) s’avĂšre ici des plus bouleversantes, Ă  la fois implorante et d’une tendresse dĂ©terminĂ©e.
Les interprĂštes sont riches en bis, Ă  la mesure de leur complicitĂ© et de leur talent vers le public : tous communient enfin avec Haendel (Ode for St. Cecilia’s Day et surtout,  « Dopo notte » de l’opĂ©ra Ariodante), et l’époustouflante et trĂ©pidante aria de Porpora (Adelaide). Avec ses consƓurs Vivica Genaux et rĂ©cemment Ann Hallenberg, Cecilia Bartoli s’impose comme l’une des meilleures voix farinelliennes de l’heure. Un nouveau succĂšs pour son dernier disque.

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COMPTE-RENDU, critique. PARIS, Philharmonie (Salle Boulez), le 15 déc 2019. Récital Cecilia Bartoli : FARINELLI (Musiciens du Prince / G Capuano)

LIRE aussi nos premiĂšres impressions critiques du cd FARINELLI / Cecilia BARTOLI (Decca)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-premieres-impressions-farinelli-cecilia-bartoli-1-cd-decca/

 

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VIDEO Farinelli Cecilia Bartoli

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CD. Rivals : David Hansen, contre ténor(1 cd DHM)

Rivals. David Hansen, contre-ténor
1 cd DHM (De Marchi, 2013)

Le titre renvoie Ă  cette rivalitĂ© historiquement documentĂ©, opposant les divos Ă  l’heure baroque, quand Farinelli et d’autres n’hĂ©sitaient pas Ă  se mesurer pour les Ă©craser Ă  leurs confrĂšres tout aussi arrogants et dĂ©terminĂ©s. CohĂ©rent avec le titre de cet album dĂ©coiffant, l’australien David Hansen faisant son entrĂ©e tonitruante dans l’arĂšne discographique surprend ici et convainc totalement ; il rivalise donc, cd interposĂ©, avec son contemporain Philippe Jaroussky, lui-aussi rĂ©cent acteur d’un programme dĂ©diĂ© au castrat italien lĂ©gendaire (quand Fabio Fagioli prĂ©fĂšre lui rendre hommage au divo handĂ©lien par excellence, Cafarelli).
David Hansen a une voix bien accrochĂ©e,plutĂŽt intense et puissante avec une intensitĂ© Ă  la Bartoli, un Ă©clat mĂȘme supĂ©rieur et une agilitĂ© toute aussi pĂ©taradante. C’est dire le tempĂ©rament du jeune homme, l’Ă©gal dans ce rĂ©pertoire d’un autre admirateur de la diva romaine, le dĂ©jĂ  nommĂ© “FF” ou Fabio Fagioli (surnommĂ© depuis non sans raison, ” il Bartolo “).

David HansenInspiré par les Cafarelli, Farinelli, Bernacchi et Manzuoli, Hansen ose tout, se risque souvent, et relÚve les défis multiples de ce récital hors normes.
En outre, audacieux dĂ©fricheur, Hansen nous gratifie gĂ©nĂ©reusement de plusieurs inĂ©dits dont quelques airs que le frĂšre de Farinelli, Carlo Broschi, composa pour son parent prodigieux… (Son qual Nave… restituĂ© avec les notations du crĂ©ateur de l’air).
Plein de santĂ© juvĂ©nile et osons dire de testostĂ©rone prĂȘte Ă  dĂ©gainer vocalement, le divo au look ravageur a dĂ©cidĂ©ment tout pour rĂ©ussir et affirmer une trĂšs plaisante carriĂšre. Les Cencic ou Scholl connaissent Ă  prĂ©sent leur successeur. Ce gars lĂ  a apparemment une prĂ©sence, bientĂŽt scĂ©nique, Ă  revendre : voilĂ  qui changera des voix Ă©troites au physique maladroit. Pour ses prises de risques, son sens de l’Ă©quilibre sur le fil, ce disque est exemplaire et si le talent se confirme ici, voici Ă  n’en pas douter l’un des meilleurs reprĂ©sentants de la jeune gĂ©nĂ©ration de haute contre rĂ©ellement sensationnels.