LIVRE événement, annonce. Hector Berlioz. 1869-2019. 150 ans de passions (Editions Aedam Musicae)

BERLIOZ 150 ans de passions livre evenement critique livre review livre par classiquenews compte rendu livre 215LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. HECTOR BERLIOZ 1869-2019 (150 ans de passions), Emmanuel Reibel, Alban Ramaut (Aedam Musicae, mai 2019). Berlioz, bouillonnant auteur de la Symphonie fantastique et de La Damnation de Faust, sommets si originaux du romantisme français, n’a cessĂ© de susciter les passions. Mort en 1869, peu de temps avant la chute du Second Empire, sans avoir rĂ©ussi Ă  imposer son art, laisse un sentiment d’insatisfaction profonde. Pourtant le Romantique sublime s’est toujours prĂ©sentĂ© comme un classique, fidĂšle aux principe de Gluck.

PrĂ©facĂ© par Gardiner, – digne successeur du Britannique Colin Davis, dans l’exhumation berliozienne, le texte analyse comment Berlioz l’incompris est devenu bon grĂ© mal grĂ© un incontournable du patrimoine musical français. Et ce dĂšs la IIIĂš RĂ©publique.
Les éditions Aedam Musicae apportent leur offrande aux célébrations BERLIOZ 2019, à travers ce livre anniversaire qui interroge la réception de Berlioz, son héritage parmi les compositeurs du XXÚ 


Voici donc une exploration libre et argumenté sur les diverses façons dont on a  interprété, entendu, enregistré, commenté, aimé ou détesté Berlioz, au cours du siÚcle et demi qui nous sépare de sa mort. Livre événement.

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LIVRE événement, annonce. HECTOR BERLIOZ 1869-2019 (150 ans de passions) / Coll. Musiques-XIX-XXe siÚcles par Emmanuel Reibel, Alban Ramaut / 356 pages
Format : 17.5 x 24 cm (Ă©p. 2.6 cm) (690 gr) – DĂ©pot lĂ©gal : Avril 2019 – Cotage : AEM-215 – ISBN : 978-2-919046-68-3 – CLIC de CLASSIQUENEWS 2019

La Fantastique de BERLIOZ Ă  l’OpĂ©ra de TOURS

150 ans de la mort de BERLIOZTOURS, OpĂ©ra. Les 4, 5 mai 2019. BERLIOZ : Symphonie Fantastique. Samuel Jean dirige les musiciens de l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire Berlioz en 2019, son gĂ©nie orchestral, sa stature d’architecte capable par les seuls instruments, de composer ainsi un drame passionnel, amour tragique et maudit (le hĂ©ros songe Ă  la belle inaccessible, qu’elle s’appelle dans la vraie vie d’Hector, Estelle, OphĂ©lie, Harriet
), et visions surnaturelles et orgiaques dont les grimaces et les soubresauts emportent toute la partition dans son dĂ©nouement spectaculaire et littĂ©ralement fantastique.

C’est le manifeste de tout un courant d’idĂ©es, un premier aboutissement de la rĂ©volution romantique en France: la Symphonie fantastique, composĂ©e et crĂ©e en 1830, rĂ©tablit sur le genre orchestral, la prĂ©Ă©minence de la France dans l’écriture musicale, majoritairement dominĂ©e par les compositeurs germaniques, dans le sillon des Viennois, Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert. Et si la Fantastique Ă©tait outre cet ovni symphonique inclassable dans l’histoire de la musique europĂ©enne, la preuve qu’il existe bien une tradition symphonique en France jamais Ă©teinte depuis
 Rameau?

Symphonie visionnaire

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsA 27 ans, Berlioz (nĂ© en 1803) s’impose par sa tĂ©nacitĂ© crĂ©ative (son pĂšre le voyait plutĂŽt mĂ©decin comme lui), un sens nouveau du rythme, des mĂ©lodies puissantes oĂč tout est chant (comme chez Chopin). Surtout, le compositeur porte trĂšs loin le relief caractĂ©risĂ© des instruments, la place du timbre, et les ressources des alliances entre pupitres. C’est un orchestrateur qui aprĂšs Rameau, incarne cette exigence française de l’écriture et des combinaisons d’instruments, variant jusqu’à l’infini le chromatisme du paysage sonore. CrĂ©ateur de l’orchestre moderne, Berlioz s’intĂ©resse aussi, en expĂ©rimentateur audacieux, Ă  la forme: il nous laisse 4 cycles symphoniques d’envergure, aussi libres et inventifs que les meilleurs symphonistes ultra-rhĂ©nans:
la Fantastique, Harold en Italie, Roméo et Juliette, la Symphonie funÚbre et triomphale, sans omettre Lelio ou le retour à la vie

Il faudra d’ailleurs restituer le contexte de l’écriture française pour orchestre dont Berlioz porte trĂšs haut la tradition qui ne s’est jamais Ă©teinte en rĂ©alitĂ©. Prenez par exemple l’oeuvre de George Onslow rĂ©cemment rĂ©habilitĂ© par le Centre de musique romantique française (Quatuors Ă©ditĂ© par NaĂŻve par les Diotima), Symphonies redĂ©couvertes lors du premier festival du Palazzetto Bru Zane Ă  Venise, “aux origines du romantisme français”… en octobre 2009, restituant l’écriture de Jadin, Onslow, HĂ©rold).

Episode symphonique
Berlioz en 1830 bouscule les habitudes. Le moins intĂ©grĂ© des compositeurs parisiens interroge, surprend, dĂ©range. Fortement autobiographique, la Fantastique devait Ă  l’origine s’inscrire dans un ensemble en diptyque plus vaste, constituant avec Lelio ou le retour Ă  la vie
 , Episode de la vie d’un artiste (crĂ©Ă© en 1832).
La Fantastique ne peut se comprendre sans la violente action dramatique que sous-tend son dĂ©veloppement. Le fantastique dont il s’agit est le fruit des visions, dĂ©lires, vertiges d’un homme amoureux malheureux, Ă©conduit, suicidaire, sous l’action des drogues hallucinogĂšnes. Si la Fantastique stigmatise l’asservissement de toute force psychique aux pulsions souterraines et noires, le second Ă©pisode (avec Lelio) s’élĂšve vers la lumiĂšre, un retour Ă  la vie oĂč l’ñme Ă©puisĂ©e
mais quasi intacte du jeune homme peut à nouveau espérer 


Le 5 dĂ©cembre 1830, la mĂȘme annĂ©e que la rĂ©volution thĂ©Ăątrale d’Hernani, le public parisien dĂ©couvre la Fantastique, saisi par la violence, la sauvagerie voire l’impudeur du propos; ‘audience parisienne s’insurge et crie au scandale.

PLAN de la Symphonie Fantastique
1. RĂȘveries et passions. EnivrĂ© par l’opium, le poĂšte-musicien rĂȘve de la femme idĂ©ale. A chaque Ă©vocation de l’élue, le hĂ©ros s’abandonne Ă  une vision extatique: c’est l’idĂ©e fixe, aussi irrĂ©sistible qu’obsessionnelle.

2. Au bal, la figure aimĂ©e, prĂ©sente mais inaccessible prend davantage d’importance.

3. ScĂšne aux champs: probablement inspirĂ© par la dĂ©couverte rĂ©cente de la Symphonie n°6 “Pastorale” de Beethoven, Berlioz dĂ©veloppe pour son mouvement lent, une Ă©vocation pastorale (chant et duo du cor anglais et du hautbois), pause bucolique dont le plein air colorĂ© et palpitant voire menaçant (grondements de l’orage sur les pas de la 6Ăš de Beethoven) coupe avec l’introspection des scĂšnes prĂ©alables;

4. Marche au supplice: le lugubre surgit dans une vision sanguinaire et fantastique oĂč le poĂšte pense avoir tuĂ© sa bien-aimĂ©e, comme proie angoissĂ©e et trop soumise aux drogues dont il
est la victime. L’évocation devient aigre et hideuse, objet d’un traitement orchestral d’une exceptionnelle orchestration (en syncopes, soubresauts, dĂ©flagrations.)
 DĂšs sa crĂ©ation, ce morceau fut bissĂ© par l’auditoire, effrayĂ© par tant de justes secousses.

5. Songe d’une nuit de Sabbat
Le poĂšte assiste Ă  ses propres funĂ©railles. L’idĂ©e fixe refait surface mais dĂ©naturĂ©e sous le
prisme d’une sensibilitĂ© grimaçante, tel un air trivial dĂ©sormais dissout dans une orgie satirique.

Atypique, porteuse d’avenir, la Symphonie Fantastique ouvre la musique vers son futur, dans l’audace et l’expĂ©rimentation: ce qu’a immĂ©diatement reconnu Robert Schumann. Tous les grands romantiques, de Wagner Ă  Liszt et jusqu’à Ricahrd Strauss ont une dette envers la
modernité sans égale de Berlioz.

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TOURS, Opéra.
BERLIOZ : Symphonie Fantastique
Samedi 4 mai 2019 – 20h
Dimanche 5 mai 2019 – 17h

Direction musicale : Samuel Jean
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/fantastique-4-5-mai

Olivier PENARD
Concerto pour Violoncelle et orchestre
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle

Co-commande Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours Orchestre Régional Avignon-Provence, Orchestre régional de Cannes PACA

Hector BERLIOZ
Symphonie fantastique Op. 14,
Épisode de la vie d’un artiste

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Conférences
Samedi 4 mai – 19h00
Dimanche 5 mai – 16h00
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Compte-Rendu, OPERA. Strasbourg, Palais de la Musique, le 25 avril 2019. Hector Berlioz : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato, Courjal, Duhamel / John Nelson.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. STRASBOURG, le 25 avril 2019. BERLIOZ : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato
 Orch Phil Strasbourg, J Nelson. On Ă©tait sorti Ă©bloui du Palais de la Musique de Strasbourg – il y a deux ans- aprĂšs l’exĂ©cution des Troyens de Berlioz donnĂ©s en version de concert dans le cadre d’un enregistrement effectuĂ© pour le label Erato. Deux ans plus tard, aprĂšs l’incroyable succĂšs de l’entreprise (le coffret a obtenu une avalanche de rĂ©compenses discographiques Ă  sa sortie), c’est au tour de La Damnation de Faust d’ĂȘtre gravĂ© en public, dans la mĂȘme salle, avec le mĂȘme chef (John Nelson), le mĂȘme orchestre (le Philharmonique de Strasbourg), et les deux hĂ©ros de la premiĂšre captation : Michael Spyres en Faust et Joyce Di Donato en Marguerite.

 

 

 

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A peine sorti des reprĂ©sentations du Postillon de Lonjumeau Ă  l’OpĂ©ra-Comique (nous y Ă©tions / 30 mars 2019) oĂč il vient de triompher dans le rĂŽle-titre, l’extraordinaire tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres subjugue Ă  nouveau ce soir, en dĂ©pit d’une fatigue perceptible en fin de soirĂ©e, qui l’empĂȘche de dĂ©livrer le redoutable air « Nature immense » avec le mĂȘme incroyable aplomb que tout le reste. On admire nĂ©anmoins chez lui l’homogĂ©nĂ©itĂ© de la tessiture, un timbre de toute beautĂ©, la perfection de la diction, la suavitĂ© des accents et sa capacitĂ© Ă  passer de la douceur Ă  l’Ă©clat. Il est et reste – Ă  n’en pas douter – LE tĂ©nor berliozien de sa gĂ©nĂ©ration. Apparaissant sur scĂšne dans une magnifique robe en soie bleue nuit, la grande Joyce Di Donato offre une Marguerite comme on l’attendait : sensuelle, ardente, d’une superbe ampleur, graduant avec soin son abandon dans sa romance du IV. Ses « hĂ©las ! » qui concluent le sublime « D’amour l’ardente flamme » donnent le frisson (et font mĂȘme monter les larmes de certains…), et c’est un triomphe aussi incroyable que mĂ©ritĂ© qu’elle rĂ©colte au moment des saluts. Quant Ă  la formidable basse française Nicolas Courjal, il se hisse au mĂȘme niveau que ses partenaires, en composant un magistral MĂ©phisto. Outre le fait de coller admirablement Ă  la vocalitĂ© grandiose requise par le rĂŽle, l’artiste ravit Ă©galement par sa voix somptueusement et puissamment timbrĂ©e, son phrasĂ© incisif et sa musicalitĂ© impeccable, Ă  la ligne scrupuleusement contrĂŽlĂ©e. Diable extraverti, insinuant, sardonique, inquiĂ©tant, menaçant, Nicolas Courjal possĂšde beaucoup de charisme, comme il vient Ă©galement de le prouver dans sa magnifique incarnation de Bertram dans Robert le Diable de Meyerbeer au Bozar de Bruxelles le mois dernier. Dans la partie de Brander, l’excellent baryton français Alexandre Duhamel n’est pas en reste qui, en vrai chanteur et vrai comĂ©dien qu’il est, renouvelle entiĂšrement ce rĂŽle bref, souvent saccagĂ©es par des voix Ă©puisĂ©es.

 

 

 

SPYRES, DI DONATO, COURJAL
Grand trio berliozien Ă  Strasbourg

 

 

 

BERLIOZ damnation de faust marguerite di donato joyce la diva berliozienne strasbourg nelson critique opera critique concert par classiquenews 362x536Grand chef berliozien devant l’Eternel, l’amĂ©ricain John Nelson dispose avec l’Orchestre Philharmonique se Strasbourg une phalange d’une ductilitĂ© parfaite, avec notamment des cordes d’un incroyable raffinement, des cuivres acĂ©rĂ©s et des harpes Ă©thĂ©rĂ©es, mais surtout un alto et un cor solo capables d’une infinie tendresse lors des interventions de Marguerite, devenant ainsi de vrais protagonistes du drame. De leur cĂŽtĂ©, le ChƓur Gulbenkian (dirigĂ© par Jorge Matta) ainsi que Les Petits chanteurs de Strasbourg et la MaĂźtrise de l’OpĂ©ra national du Rhin (dirigĂ©s par Luciano Bibiloni) mĂ©ritent eux aussi des Ă©loges sans rĂ©serves. On retiendra l’humour dont le premier fait preuve dans la fameuse fugue des Ă©tudiants, dĂ©livrant l’ « Amen » avec des sons nasillards et moqueurs, tandis que les seconds, spatialisĂ©s dans la salle pour les derniers accords, font preuve d’une douceur proprement angĂ©lique dans l’envolĂ©e finale.

Comme pour Les Troyens, le dĂ©lire gagne la salle aprĂšs de longues secondes d’un silence absolu qui est une plus belle rĂ©compense encore, et les rappels se multiplieront avant que l’audience ne se dĂ©cide Ă  enfin quitter les lieux
.

Compte-Rendu, OPERA. Strasbourg, Palais de la Musique, le 25 avril 2019. Hector Berlioz : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato, Courjal, Duhamel / John Nelson.

 

 

 

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APPROFONDIR

LIRE aussi :

CRITIQUE, CD : Les Troyens de Berlioz par John Nelson (ERATO) - enregistrement live avril 2017

Compte rendu, opĂ©ra. NANTES, le 23 septembre 2017. BERLIOZ : LA DAMNATION DE FAUST. Spyres, Hunold, Alvaro, Bontoux
 RochĂ© – une autre incarnation de Faust par Michale Spyres en sept 2017 Ă  NANTES

 

 

 

 

 

 

CD, coffret événement, annonce. BERLIOZ : the complete works (27 cd Warner classics).

BERLIOZ hector the complete works integrale cd berlioz 2019 Warner classics critique annonce review par classiquenews 50583702_10156825611121181_2459893251214147584_nCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. BERLIOZ (27 cd Warner classics). Mort Ă  Paris le 8 mars 1869, Hector Berlioz ressuscite en cette annĂ©e 2019 pour le 150Ăš anniversaire de sa mort. La France qui le boude toujours, en particulier Ă  l’opĂ©ra et au concert, continue Ă©trangement de jouer davantage Brahms, Mendelssohn, Schumann, et tous les auteurs romantiques germaniques, sans omettre Wagner
 Il serait temps de rĂ©tablir en France, le gĂ©nie des Romantiques français Ă  l’opĂ©ra et dans les salles de concert, Ă  commencer par le premier d’entre eux, Berlioz, auteur fabuleux et sublime qui en 1830, obtient le premier prix de Rome (aprĂšs 3 tentatives soutenues par Lesueur) et aussi rĂ©invente la symphonie aprĂšs Beethoven, Mozart et Haydn, avec sa Fantastique, opus Ă  la fois autobiographique, mais au vocabulaire neuf, et au souffle poĂ©tique inĂ©dit.

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsAprĂšs le LSO, London Symphony Orchestra et l’intĂ©grale des enregistrements rĂ©alisĂ©s par Colin Davis (coffret LSO Berlioz The Odyssey, Ă©ditĂ© en dĂ©cembre 2018), le pionnier de la renaissance berliozienne (Berlioz Revival), voici un second coffret Ă©vĂ©nement – Ă©ditĂ© par Warner classics ce 2 fĂ©vrier 2019, qui dĂ©montre en 27 cd, toutes les facettes du gĂ©nie Berliozien. Le livret de 164 pages rĂ©unit les derniĂšres sources de rĂ©flexion de la recherche concernant aussi l’auteur des Nuits d’étĂ© et des premiĂšres mĂ©lodies dignes de ce nom : quand il ne recrĂ©e pas la magie des instruments seuls dans le vaste bouillon symphonique, Berlioz sait aussi rĂ©concilier drame, chant, poĂ©sie : c’est un dramaturge nĂ©, virtuose des fresque Ă©piques. Le Romantique Ă©pris de Beethoven, Weber, Spontini, fut aussi un fervent militant de Gluck et de Virgile comme de Shakespeare : moderne et visionnaire, Berlioz demeure un grand classique.
VoilĂ  ce que nous dĂ©voile la passionnante collection d’enregistrements de ce coffret de 27 cd. Incontournable. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

Points forts
du coffret HECTOR BERLIOZ, the complete works – 27 cd WARNER

Partitions clés :
Les Troyens par John Nelson
Symphonie Fantastique / LĂ©lio par Jean Martinon
Les Nuits d’étĂ© par Janet Baker et John Barbirolli
L’Enfance du Christ par John Eliot Gardiner
La Damnation de Faust par Kent Nagano

PremiĂšres mondiales :
Fragments de La Nonne sanglante (version de 2018 avec VĂ©ronique Gens).
Le temple universel, 1861.
Le dépit de la bergÚre, circa 1819.
2 Fugues, 1826 et 1829 pour orgue.

Les premiers enregistrements BERLIOZ
dont La Damnation de Faust – Maurice Renaud, 1901 (« Voici des roses », sĂ©rĂ©nade de MĂ©phistophĂ©lĂšs : « devant la maison » ) ; Didon par Marie Delna et FĂ©lia Litvine : Symphonie fantastique par RhenĂ©-Baton (1924)


LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

Martinon Ă  Chicago : l'Ăąge d'or !JALON MAJEUR : Le diptyque Symphonie Fantastique / Lelio par Jean Martinon (Paris, 1974 – dans le coffret BERLIOZ WARNER classics – cd2). Fleuron de la somme discographique WARNER classics, la Fantastique de l’insurpassable Jean Martinon, pilotant avec une acuitĂ© vive, d’une ivresse absolue et en une urgence extatique, l’Orchestre national de l’ORTF. La vision d’avril 1974 dĂ©passe tout ce que l’on a Ă©coutĂ© jusque lĂ  : clartĂ© miraculeuse, phrasĂ©s d’une rare Ă©loquence, brillant intĂ©rieur, sans dĂ©monstration ni pathos ; la prĂ©cision et la profondeur sont jubilatoires. La sensibilitĂ© instrumentale du chef supermaestro se dĂ©voile dans la conception esthĂ©tique mĂȘme du Bal oĂč rayonne le clairon au dessus de l’orchestre, soulignant ce goĂ»t du timbre et de la couleur propre au Français. Le chef sonde chaque phrase, cherche Ă  exprimer son enjeu, son sens profond. La palette des Ă©motions, l’implosion des affetti, et passions du Romantique Berlioz sont ciselĂ©es, exacerbĂ©es, articulĂ©es surtout avec une sincĂ©ritĂ© saisissante. AprĂšs le volet plus connu de la Fantastique, le chef joue enchaĂźnĂ© Lelio, le second volet, plus « bavard », chantĂ© (Nicolai Gedda, assez distanciĂ© et comme peu engagĂ©), mais avec le choeur funĂšbre des ombres (Froid de la mort) qui avant les Troyens, dĂ©veloppe ce thĂšme de la grande dĂ©ploration collective, thĂšme cher au cƓur Ă©prouvĂ© d’Hector. Mais en crĂ©ateur dĂ©livrant des messages autobiographiques d’importance, Berlioz dans LĂ©lio rĂ©invente le genre symphonique, assemble des sĂ©quences ailleurs sans lien : monologue parlĂ©, ballade/mĂ©lodie d’Horatio (L’onde frĂ©mit), chanson de brigands (qui rappelle probablement ses annĂ©es d’errance en Italie, les plus heureuses de sa jeune vie de pensionnaire et laurĂ©at du Prix de Rome
). HomĂšre, Ossian, Shakespeare sont ainsi proclamĂ©s, cĂ©lĂ©brĂ©s tels ses dieux et ses poĂštes mentors, les seuls qui inspirent son Ɠuvre musicale. L’auditeur apprend donc beaucoup en (re)dĂ©couvrant ses diptyque : Fantastique / Lelio (ou le retour Ă  la vie). D’autant que cynique et ironique, Berlioz l’insoumis, fustige aussi le goĂ»t Ă©troit des faux critiques et juges acadĂ©miques. Martinon embrasse la pluralitĂ© d’un massif symphonique hors normes ; il lui injecte son acuitĂ© expressive, sa profondeur poĂ©tique. De sorte que nous avons lĂ  la lecture la plus convaincante du cycle berliozien. Magistral.

Approfondir : LIRE aussi notre prĂ©sentation du coffret JEAN MARTINON / CD, coffret Ă©vĂ©nement. Jean Martinon : the late years : 1968 – 1975. Roussel, Dukas, Lalo, Berlioz, Falla, Poulenc, Ibert, Honegger, Schumann, Tchaikovski, Brahms
 14 cd. CLIC de classiquenews de septembre 2015

 et aussi :

 

 

martinon-jean-complete-recordings-chicago-symphony-orchestra-1964---1969-10-cd-box-CLIC-de-classiquenews-mars-2015-compte-rendu-critiqueCD. Jean Martinon (1910-1976) : Chicago Symphony Orchestra. The complete recordings (10 cd RCA Sony classical. 1964-1969). Le coffret Sony classical regroupe quelques unes de perles inestimables du Martinon amĂ©ricain alors au sommet de sa vibrante sensibilitĂ© orchestrale, comprenant la fin de son engagement Ă  la direction musicale du Chicago Symphony Orchestra soit 10 albums, Ă©ditĂ©s dans leurs pochettes et prĂ©sentations recto / verso d’origine, entre 1964 et 1969 (avec toutes les notices originelles). Le chef qui devait ensuite (1969 Ă  1973) se dĂ©dier au National de France, laisse ici une empreinte forte de son hĂ©ritage symphonique. A ceux qui pensent que son activitĂ© Ă  Chicago ne fut qu’un passage, l’écoute des bandes tĂ©moignent d’une finesse d’approche irrĂ©sistible, Martinon opĂ©rant par clartĂ©, mesure, Ă©quilibre, transparence, rĂ©ussissant dĂšs le premier album (Ravel et Roussel, les piliers de son rĂ©pertoire) une plĂ©nitude de son et une profondeur dans l’approche, idĂ©ales. La suite n°2 de Bacchus et Ariane saisit par sa langueur Ă©lĂ©gantissime, aux rĂ©sonances de l’ombre, une lecture introspective d’une infinie poĂ©sie qui fouille jusqu’à la psychanalyse le dialogue du dieu et de son aimĂ©e enivrĂ©e
.

 

Livre événement, annonce. HECTOR BERLIOZ par Patrick F-TISSOT-BONVOISIN (Bleu Nuit éditeur, collection « horizons » : parution en janvier 2019)

berlioz-favre-tissot-B-bleu-nuit-editeur-biographie-livre-critique-annonce-par-classiquenews-classiquenews-critique-livreLivre Ă©vĂ©nement, annonce. HECTOR BERLIOZ par Patrick F-TISSOT-BONVOISIN (Bleu Nuit Ă©diteur, collection « horizons » : parution en janvier 2019). Enfant du Romantisme, Hector Berlioz en est devenu la figure la plus unanimement cĂ©lĂ©brĂ©e en France. Le contemporain de Stendhal, Balzac, Hugo,
 pour les Ă©crivains ; Delacroix ou GĂ©ricault (sans omettre Ingres) pour les peintres, a imposĂ© sa « dĂ©mesure » tout en ciselant sa propre intĂ©rioritĂ© ; c’est lĂ  l’apport majeur de cette nouvelle biographie Ă©ditĂ©e par BLEU NUIT, la rĂ©vĂ©lation d’un Berlioz intime, moins spectaculaire et impĂ©tueux, instinctif et Ă©pidermique, que secret, sensible, Ă©mu. N’a-t-il pas souffert ? Sa vulnĂ©rabilitĂ© s’y dĂ©voile mieux qu’ailleurs, osant parfois Ă©pingler sans maquillage ce grand malade d’amour, cet incompris qui a continĂ»ment cherchĂ© la reconnaissance et l’estime naturelle de ses pairs, en particulier de l’autoritĂ© politique.

Le texte biographique renverse la stature de ce colosse de l’art, ce « Michel-Ange de la musique » (selon nos propres mots dĂ©duits de la lecture du livre). MĂȘme si l’auteur indique clairement l’urgence de lire tous les textes de Berlioz, ses critiques musicales, ses MĂ©moires en particulier, il offre en petit format, une synthĂšse trĂšs accessible Ă  l’imaginaire berliozien, laquelle privilĂ©gie le repĂ©rage et le marquage des Ă©vĂ©nements majeurs d’une histoire personnelle Ă  rebondissements, plutĂŽt que les longues analyses techniques sur chaque partition ainsi distinguĂ©es ; derriĂšre les effets de thĂ©Ăątre, la surenchĂšre de lamentation personnelle (Berlioz est-il rĂ©ellement ce grand plaintif que d’autres ont rĂ©cemment Ă©pinglĂ© ?), il y a inscrite au sommet de la destinĂ©e, cette certitude chevillĂ©e d’un gĂ©nie conscient de sa valeur ; un Ă©gal de Wagner, Ă  la française.

CLIC D'OR macaron 200RĂ©inventeur de l’orchestre, de l’instrumentation, de l’esthĂ©tique mĂȘme de la musique, Berlioz est un sentimental insatisfait
 Sur les traces du biographe important David Cairns, que cite Patrick F-TISSOT-BONVOISIN, le portrait qui se prĂ©cise ici, est celui d’un homme hypersensible ; c’est d’abord une synthĂšse chronologique oĂč la conception de chaque Ɠuvre est reconnectĂ©e, en lĂ©gitimitĂ©, avec les Ă©pisodes de la vie du musicien Berlioz. Mais est ce si surprenant de la part d’un musicien qui comme Mahler, a Ă©laborĂ© un monde musical oĂč se lisent constamment et rĂ©guliĂšrement les Ă©pisodes de sa propre biographie ? Prochaine grande critique du livre BERLIOZ de Patrick F-TISSOT-BONVOISIN, Ă©ditĂ© par Bleu Nuit, dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

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Livre événement, annonce. HECTOR BERLIOZ par Patrick F-TISSOT-BONVOISIN (Bleu Nuit éditeur, collection « horizons » : parution en janvier 2019)

BERLIOZ 2019 : actualitĂ©s et infos des Ă©vĂ©nements BERLIOZ en 2019 (cd, spectacles…)

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsBERLIOZ 2019 : coffrets cd, spectacles
L’annĂ©e BERLIOZ 2019, – cĂ©lĂ©brant le 150Ăš anniversaire de la mort du grand Hector (dĂ©cĂ©dĂ© en mars 1869 Ă  66 ans), le plus « classique » des Romantiques français, plusieurs Ă©diteurs annoncent leurs coffrets discographiques qui sont dĂ©jĂ  des Ă©vĂ©nements en soit, grĂące entre autres Ă  la qualitĂ© de l’édition et au contenu, souvent des enregistrements de grande valeur. Le premier Ă©diteur sur les rangs est le LSO LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, pilotĂ© par Sir Colin Davis, premier berliozien en Europe, et qui laisse plusieurs pages symphoniques inoubliables, comme des lectures de Faust, RomĂ©o et Juliette ou BĂ©atrice de premiĂšre qualitĂ© (mĂȘme si les chanteurs ne sont pas français,
 mais subtilement francophiles). Le coffret LSO est paru dĂšs ce mois de novembre 2018 : LIRE ici notre critique et prĂ©sentation de cette somme incontournable (coffret LSO ” BERLIOZ Odyssey “).

CD coffret FANTASTIQUE BERLIOZ WARNER coffret Berlioz 2019 critique presentation cd par classiquenewsWarner classics annonce aussi un remarquable cycle, proposant l’intĂ©grale des Ɠuvres de Berlioz : lĂ  encore des versions de rĂ©fĂ©rence s’agissant des chefs, des orchestres, des chanteurs (entre autres, fleurons rĂ©Ă©ditĂ©s du coffret : la Fantastique et LĂ©lio par Jean Martinon (et Nicolai Gedda), Harold en Italie par Bernstein, RomĂ©o et Juliette par Muti et Jessye Norman ; Les Nuits d’étĂ© par Janet Baker et Sir J Barbirolli ; La Damnation par Nagano (Moser, Graham, van Dam), BĂ©atrice par John Nelson (Kunde, Ciofi, DiDonato
) ; le mĂȘme chef pour Les Troyens (Spyre, DiDonato,
), sans omettre toutes les cantates pour le prix de Rome et les mĂ©lodies (dont la Mort d’OphĂ©ie par Sabine Devielhe, comme des piĂšces pour orgue
 inĂ©dites, et bien sĂ»r La Messe solennelle dĂ©couverte et enregistrĂ©e par Gardiner, et les fragments de La nonne sanglante (1841/1847), lĂ  encore un joyau inconnu enfin rĂ©vĂ©lé  Parution en janvier 2019 (Coffret de 27 cd). Le must de l’annĂ©e 2019 en France. A suivre : prochaine critique complĂšte du coffret BERLIOZ 2019 ( « FANTASTIQUE BERLIOZ ! » ) chez Warner dans le mag cd dvd livres de classiquenews

AGENDA

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CÎté productions berliozienne pour les 150 ans, ne tardez pas pour réservez les spectacles suivants :

Paris, Opéra Bastille
Les Troyens, 28 janv – 12 fev 2019. Nouvelle production

Heureusement Ă  notre avis, l’OpĂ©ra Bastille choisit deux excellentes donc prometteuses interprĂštes : StĂ©phanie d’Oustrac en Cassandre ; Ekaterina Semenchuk en Didon. Chacune a son aimĂ©, ChorĂšbe, mĂąle martial habitĂ© par la grĂące et la tendresse (StĂ©phane Degout) ; Didon aime sans retour EnĂ©e (Bryan Hymel).
Cette nouvelle mise en scĂšne attendue certes, devrait dĂ©cevoir Ă  cause du metteur en scĂšne choisi Dmitri Tcherniakov dont l’imaginaire souvent torturĂ© et trĂšs confus devrait obscurcir la lisibilitĂ© du drame, cherchant souvent une grille complexe, lĂ  oĂč la psychologie et les situations sont assez claires. Son Don Giovanni dont il faisait un thriller familial assez dĂ©routant ; sa Carmen plus rĂ©cente, qui connaissait une fin rĂ©Ă©crite
 ont quand mĂȘme dĂ©concertĂ©. De sorte que l’on voit davantage les ficelles (grosses) de la mise en scĂšne, plutĂŽt que l’on Ă©coute la beautĂ© de la musique. Le contresens est envisageable. A suivre


http://www.classiquenews.com/paris-berlioz-2019-nouveaux-troyens-a-bastille/

APPROFONDIR

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LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019 : ses voyages, ses Ă©pouses et muses, le romantisme de Berlioz, l’orchestre et les instruments de Berlioz


Dossier spécial HECTOR BERLIOZ 2019

L’Enfance du Christ de Berlioz

BERLIOZ 150 ans 2018 berlioz-hector-bruno-messina-150-ans-celebration-berlioz-2018-par-classiquenewsFrance Musique, vend 14 dĂ©c 2018, 20h. BERLIOZ : L’Enfance du Christ. Les Ă©critures sont muettes sur l’enfance de JĂ©sus, pourtant sa naissance eut le retentissement que l’on sait : une lĂ©gende sacrĂ©e devenue vĂ©ritable mythe fondateur du catholicisme, d’autant mieux porteur au moment de NoĂ«l. La partition finale comprend 3 volets : Le songe d’HĂ©rode (I) : rongĂ© par la terreur de s amort annoncĂ©e, HĂ©rode dĂ©crĂšte la mort de tous les nouveaux nĂ©s Ă  JĂ©rusalem, BethlĂ©em Nazareth
 : « Des riviĂšres de sang vont ĂȘtre rĂ©pandues. Je serai sourd Ă  ces douleurs. La beautĂ©, la grĂące, ni l’ñge / Ne feront faiblir mon courage / Il faut un terme Ă  mes terreurs.
La Fuite en Egypte (II) : trĂšs courte et finalement peu dĂ©veloppĂ©e : Marie et Joseph partent hors de Nazareth
 ; L’ArrivĂ©e Ă  SaĂŻs (III) : presque assoiffĂ©s et affamĂ©s, Marie et Joseph qui ont perdu leur Ăąne, arrivent dans la ville de SaĂŻs. Mais ni les romains, ni les Ă©gyptiens ne souhaitent accueillir ces hĂ©breux lĂ©preux et maudits
 A l’issue de leur errance, la mĂšre et le pĂšre sont accueillis par les IsmaĂ©lites. Ismael et ses fils prennent soin de du couple et de Jesus. RĂ©vĂ©lation des vertus des Ismaelites, le Trio pour deux flĂ»tes et harpe, exĂ©cutĂ© par les plus jeunes.

 
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Lire la présentation du programme sur le site de France Musique :
https://www.francemusique.fr/emissions/le-concert-du-soir/hector-berlioz-l-enfance-du-christ-par-l-orchestre-national-de-france-67172

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Hector Berlioz (1803-1869)
L’Enfance du Christ (1854)

StĂ©phanie d’ Oustrac, mezzo-soprano (Marie)
Bernard Richter, ténor (Un centurion, le narrateur)
Edwin Crossley, Mercer baryton (Joseph, Polydorus)
Nicolas Testé, baryton-basse (Hérode, le pÚre de famille)

ChƓur de Radio France prĂ©parĂ© par Maria Förström
Orchestre National de France dirigé par Emmanuel Krivine

  
 
  
 
 
 
 

 

LIRE aussi notre dossier BERLIOZ 2019 :

http://www.classiquenews.com/berlioz-2019-dossier-pour-les-150-ans-de-la-mort/

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Paris, Berlioz 2019 : Nouveaux Troyens Ă  Bastille

berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasPARIS, Bastille. BERLIOZ : LES TROYENS. 28 janv – 12 fev 2019. Nouvelle production attendue Ă  l’OpĂ©ra Bastille, temps fort de l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : 150Ăš anniversaire de sa mort (en 1869). L’ouvrage en 5 actes et 9 tableaux remonte Ă  1863. Il a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en morceaux et de façon incomplĂšte du vivant de son auteur, qui le considĂ©rait comme son grand Ɠuvre, et aussi l’objet de son amertume car non rĂ©connu Ă  sa juste mesure, celui qu’admirait Liszt et Wagner, ne connut jamais la gloire espĂ©rĂ©e. D’aprĂšs Virgile, Berlioz rĂ©gĂ©nĂšre la noblesse de la tragĂ©die inspirĂ©e par la Mythologie. Ses modĂšles sont Ă©videmment Gluck, – Ă©lĂ©gance et raffinement de la dĂ©clamation, expressivitĂ© dramatique infĂ©odant toute l’architecture musicale, – surtout Berlioz s’inspire de Rameau et de ses tragĂ©dies en musique, parmi les plus achevĂ©es : Hippolyte, Cator et Pollux, Les BorĂ©ades
 Berlioz prolonge le goĂ»t des timbres, le chant de l’orchestre, la souverainetĂ© de la musique, valeurs trĂšs affirmĂ©es chez le Dijonais baroque. En deux parties imposantes et expressives, oĂč c’est le texte et son intelligibilitĂ©, oĂč s’imposent les mouvements de l’orchestre, Les Troyens s’articulent d’abord par « La Prise de Troie » oĂč Cassandre se distingue par son humanitĂ© tragique ; puis dans « Les Troyens Ă  Carthage », volet final qui doit sa puissance poĂ©tique au portrait du couple maudit car impossible, Didon et ÉnĂ©e. Berlioz renouvelle aussi la leçon de Meyerbeer, ce grand opĂ©ra Ă  la française, comprenant divertissement, ballets, de grands tableaux collectifs qui contrastent avec l’intimitĂ© de duos, trios dĂ©chirants. Comme chez Meyerbeer, l’opĂ©ra de Berlioz est tragique et moral : rien ne rĂ©siste Ă  la marche de l’Histoire ; les grandes amoureuses (Didon) y sont sacrifiĂ©es, et laissĂ©es suicidaire face au hĂ©ros (EnĂ©e) qui suit son devoir, coĂ»te que coĂ»te. L’opĂ©ra s’achĂšve sur la mort de Didon, en un vaste incendie qui signifie la fin d’un monde, quand un autre se prĂ©cise : Rome car EnĂ©e quitte Didon pour fonder la nouvelle dominatrice de l’Europe

Il est des productions qui affirment dans les deux rĂŽles moteurs de Cassandre puis Didon, la mĂȘme interprĂšte, gageure pour la chanteuse, – dĂ©fi annoncĂ© qui s’est souvent rĂ©vĂ©lĂ© 
 suicidaire.

Heureusement Ă  notre avis, l’OpĂ©ra Bastille choisit deux excellentes donc prometteuses interprĂštes : StĂ©phanie d’Oustrac en Cassandre ; Elina Garanca d’abord programmĂ©e ayant dĂ©clarĂ©e forfait le 31 dĂ©c 2018, est remplacĂ©e par Ekaterina Semenchuk, pour le rĂŽle de Didon. Chacune a son aimĂ©, ChorĂšbe, mĂąle martial habitĂ© par la grĂące et la tendresse (StĂ©phane Degout) ; Didon aime sans retour EnĂ©e (Bryan Hymel).
Cette nouvelle mise en scĂšne attendue certes, devrait dĂ©cevoir Ă  cause du metteur en scĂšne choisi Dmitri Tcherniakov dont l’imaginaire souvent torturĂ© et trĂšs confus devrait obscurcir la lisibilitĂ© du drame, cherchant souvent une grille complexe, lĂ  oĂč la psychologie et les situations sont assez claires. Son Don Giovanni dont il faisait un thriller familial assez dĂ©routant ; sa Carmen plus rĂ©cente, qui connaissait une fin rĂ©Ă©crite
 ont quand mĂȘme dĂ©concertĂ©. De sorte que l’on voit davantage les ficelles (grosses) de la mise en scĂšne, plutĂŽt que l’on Ă©coute la beautĂ© de la musique. Le contresens est envisageable. A suivre


LIRE notre dossier BERLIOZ 2019, 150 ans de la mort de Berlioz
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/lestroyens

BERLIOZ 2019 : dossier pour les 150 ans de la mort

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsBERLIOZ 2019 : les 150 ans de la mort. 2019 marque les 150 ans de la mort du plus grand compositeur romantique français (avec l’écrivain Hugo et le peintre Delacroix) : Hector Berlioz. PrĂ©cisĂ©ment le 8 mars prochain (il est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Paris, le 8 mars 1869). Triste anniversaire qui comme ceux de 2018, pour Gounod ou Debussy, ne lĂšve pas le voile sur des incomprĂ©hensions ou des mĂ©connaissances mais les augmentent en rĂ©alitĂ© ; car les cĂ©lĂ©brations souvent autoproclamĂ©es et pompeuses, n’apportent que peu d’avancĂ©es pour une juste et meilleure connaissance des intĂ©ressĂ©s. Qu’ont prĂ©cisĂ©ment apportĂ© en 2018, les anniversaires Gounod et Debussy ? Peu de choses en vĂ©ritĂ©, sauf venant de la province, soit disant culturellement plus pauvre et moins active que Paris : voyez Le PhilĂ©mon et Baucis, joyau lyrique du jeune Gounod rĂ©vĂ©lĂ© par l’OpĂ©ra de Tours / fev 2018 ; et le PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy dĂ©sormais lĂ©gendaire du regettĂ© Jean-Claude Malgoire Ă  Tourcoing / mars 2018


 

  

 

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berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasS’agissant de Hector Berlioz, le dossier promet de nouvelles frustrations car les fausses idĂ©es et prĂ©jugĂ©s sont nombreux, sources d’une mĂ©sentente active entre l’auteur de la Symphonie Fantastique et de La Damnation de Faust, avec le public français.
Force et de constater l’oubli voire l’indiffĂ©rence que son Ɠuvre suscite en France (Ă  commencer par l’OpĂ©ra de Paris); et d’ailleurs qui s’intĂ©resse vĂ©ritablement aux Romantiques Français au sein de l’Hexagone ? Il n’est guĂšre que l’assiduitĂ© des Britanniques pour avoir compris, mesurĂ©, investi l’étendue des champs visionnaires du grand Hector pour leur consacrer une curiosité  et une fidĂ©litĂ©, indĂ©fectibles.

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsAinsi Colin Davis (disparu en 2013) laisse aujourd’hui une intĂ©grale qui reste pionniĂšre. D’ailleurs le coffret rĂ©alisĂ© par le LSO London Symphony Orchestra est dĂ©jĂ  publiĂ©, disponible dĂšs novembre 2018. Ainsi est fixĂ© un hĂ©ritage dĂ©cisif rĂ©alisĂ© entre 2000 et 2013… Les Londoniens ont toujours eu un temps d’avance. Comme les Russes d’ailleurs, qui du vivant du compositeur lui auront tĂ©moignĂ© une ferveur que les Français lui ont minutieusement refusĂ©e.

 
 

 
 

PLAINTIF CHRONIQUE… De lĂ  Ă  penser que l’auteur des Troyens (fresque wagnĂ©rienne sur l’AntiquitĂ© jamais reprĂ©sentĂ© dans son intĂ©gralitĂ© de son vivant) reste un Ă©ternel insatisfait, marquĂ© par la frustration et le dĂ©shonneur, voire la trahison
 c’est une ligne que certains biographes rĂ©cents franchissent sans rĂ©serves : Berlioz fut un plaintif chronique, un frustrĂ©, un incompris magnifique que son art a cependant hissĂ© au sommet grĂące Ă  cet Ă©lan ou ce dĂ©sir, jamais satisfait : l’éternelle aimĂ©e inaccessible (qu’elle s’appelle Estelle ou Juliette
 ou Harriet / OphĂ©lie) – l’équivalent français, berliozien, de l’immortelle bienaimĂ©e chez Beethoven, porte, nourrit, embrase
 une exaltation toujours prĂȘte Ă  s’enflammer pour le pire comme le meilleur. De fait, le Prix de Rome obtenu en 1830 (avec la cantate La mort de Sardanapale, un sujet que Delacroix avait traitĂ© avec le mĂȘme tempĂ©rament rĂ©volutionnaire au Salon de 1824) reste une Ă©preuve douloureuse mais rĂ©vĂšle l’obstination de Berlioz qui en composant mĂšne un combat, celui d’une modernitĂ© insolente, affirmĂ©e haut et fort contre le conservatisme ambiant. Finalement s’il se disait surtout classique (en admirateur de Gluck), Berlioz demeure dans le tempĂ©rament et la posture de solitaire impuissant, isolĂ©, tenu Ă  l’écart des fastes de la gloire officielle française, un romantique, lion impĂ©tueux, cerveau dĂ©miurgique Ă  la mesure de ses grands modĂšles
 Shakespeare et Goethe. Voici en chapitre thĂ©matisĂ© notre BERLIOZ 2019, – gĂ©nie aux facettes multiples qui a rĂ©volutionnĂ© la musique au XIXĂš, comme Rameau au XVIIIĂš, comme Debussy et Ravel au dĂ©but du XXĂš. Car Berlioz est un rĂ©volutionnaire.

 
 

 
 

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BERLIOZ-dossier-annee-2019-dossier-portrait-sur-classiquenews-vignetteDEFRICHEUR ORCHESTRAL
 L’IsĂ©rois (nĂ© Ă  la CĂŽte-Saint-AndrĂ©, le 11 dĂ©cembre 1803), n’a guĂšre la passion de NapolĂ©on ; d’ailleurs ses idĂ©es politiques sont assez fumeuses. Il s’intĂ©resse comme un Faust français Ă  explorer de nouveaux horizons, Ă©largir surtout la palette expressive de l’orchestre, « osant » de nouvelles formes, toujours Ă  partir de l’orchestre : dĂ©veloppement avec programme (et donc livret rĂ©digĂ© car Berlioz amateur de poĂ©sie et de littĂ©rature, apprĂ©cie Ă©crire ses propres livrets avant Wagner : Symphonie Fantastique de 1830, premier opus rĂ©volutionnaire), symphonie concertante (Harold en Italie, 1834), symphonie dramatique (RomĂ©o et Juliette, 1839), puis fusionnant l’orchestre et le thĂ©Ăątre : lĂ©gende dramatique (La Damnation de Faust, 1846). Toujours Berlioz repousse les possibilitĂ©s poĂ©tiques de l’orchestre, s’intĂ©ressant Ă  l’évocation spatiale, l’association des timbres, la capacitĂ© de l’orchestre Ă  dĂ©ployer un nouveau souffle, poĂ©tique donc, spirituel certainement, en tout cas, surnaturel.

shakespeare portrait de son vivant classiquenews portrait biographie vie de shakespeare 2016 400 ans classiquenewsBERLIOZ et SHAKESPEARE. S’il se passionne pour Beethoven (rĂ©vĂ©lĂ© par les concerts dirigĂ©s alors par le chef Habeneck au Conservatoire de Paris), Berlioz s’enflamme tout autant pour Hamlet de Shakespeare dont l’OphĂ©lie de l’actrice irlandaise Harriet Smithson le marque profondĂ©ment. Il Ă©pousera d’ailleurs l’actrice en 1833, mais leur union sera malheureuse. Leur fils Louis nĂ© en 1834, mourra Ă  Cuba en 1867 (32 ans). InspirĂ© par Shakespeare, Berlioz laisse une mĂ©lodie toujours peu jouĂ©e mais sommet du genre : La Mort d’OphĂ©lie (qu’en son temps, Cecilia Bartoli grava pour Decca avec une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante).

 

 
 

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LE ROMANTISME D’HECTOR


Dossier spécial BERLIOZ 2019 Illustration dans les articles

 

 

Pensionnaire Ă  Rome, grĂące Ă  l’obtention de son Prix en 1830, qui lui permet de loger Ă  la Villa Medicis, Berlioz ne pense qu’à s’échapper de cette prison dorĂ©e (comme plus tard, un autre pensionnaire cĂ©lĂšbre, Debussy) ; c’est que sa fiancĂ©e (Camille Mocke) vient de lui signifier leur rupture (elle lui prĂ©fĂšre Camille Pleyel). Berlioz ne rĂȘve que de fuite et de vengeance. Âme passionnĂ©e, Hector n’envisage l’amour que sous l’angle passionnel… AprĂšs avoir pensĂ© Ă  tuer celle qui l’a trahi, il renonce et finalement passe Ă  Nice, les heures les plus propices Ă  son Ă©quilibre recouvrĂ©. Le romantisme de Berlioz se tourne plutĂŽt du cĂŽtĂ© des germaniques : Schumann, Weber, surtout Beethoven
 et bien sĂ»r la littĂ©rature, Faust (d’aprĂšs Goethe, pour sa Damnation de Faust). GĂ©rard de Nerval aurait souhaitĂ© l’assister et lui fournir des textes et des poĂšmes
 mais Hector restera toujours impermĂ©able aux propositions du poĂšte. En rĂ©alitĂ©, mĂȘme s’il demeure le plus grand inventeur pour l’orchestre, son romantisme est « classique » (« je suis un classique » ne cessera-t-il de clamer et de dĂ©montrer). Dans les faits, ce disciple inconditionnel de Gluck, qui admire surtout la dignitĂ© lumineuse de ce dernier en particulier dans ses tragĂ©dies composĂ©es pour Paris dans les annĂ©es 1770 (dont OrphĂ©e et Euryidice dont Berlioz adaptera une version pour alto, destinĂ©e Ă  la chanteuse Pauline Viardot), se rapproche de Rameau : libertĂ© poĂ©tique de l’orchestre qui dit partout la prĂ©Ă©minence de la musique, et la souveraine Ă©loquence des timbres instrumentaux dans l’explicitation et la rĂ©alisation du drame. Les Troyens, en leur deux actes nĂ©o antiques sont en rĂ©alitĂ© trĂšs proches de la conception de la tragĂ©die baroque d’un Rameau dĂ©jĂ  Ă©pris des LumiĂšres. L’éloquence de la dĂ©clamation et surtout les dĂ©veloppements consentis Ă  l’orchestre, en particulier dans les « divertissements », rĂ©miniscences empruntĂ©es aux tragĂ©dies en musique du XVIIIĂš, attestent cette filiation plus directe qu’il n’y paraĂźt. D’ailleurs, Berlioz prolonge ce goĂ»t du timbre et de la poĂ©sie instrumentale lĂ©guĂ©e par son prĂ©dĂ©cesseur, au siĂšcle qui le prĂ©cĂšde. Rameau, Berlioz, sont des coloristes qui prĂ©parent les plus grands Ă  venir : Debussy et Ravel au dĂ©but du XXĂš.

 

 

 

 

VOYAGES & TOURNÉES


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BERLIOZ vignette HectorBerlioz9Trop peu estimĂ© Ă  sa juste valeur, aprĂšs de cuisants (et amers) Ă©checs dont son opĂ©ra Benvenuto Cellini (1838), puis surtout La Damnation de Faust (dĂ©c 1846), Berlioz, ruinĂ©, dĂ©pressif, se refait une santĂ© et un peu de fortune en voyageant loin de Paris, alors qu’il n’est presque plus trentenaire (38 ans, en 1841 pour son premier voyage Ă  l’étranger : Ă  Bruxelles) ; il traverse pays et dĂ©couvre paysages et villes, dans toute l’Europe, ce malgrĂ© une santĂ© fragile mais qui dĂ©montre une rĂ©elle soliditĂ© : Ă  Londres, en Allemagne (oĂč Lelio et sa Fantastique sont trĂšs apprĂ©ciĂ©s) ; surtout en Russie oĂč il rencontre une public totalement admis Ă  son esthĂ©tique et Ă  la dĂ©mesure de son orchestre
 Les voyages de Berlioz sont liĂ©s Ă  la prĂ©sence rĂ©confortante de trĂšs raisonnable de sa nouvelle Ă©pouse (aprĂšs Harriet), Marie Recio, elle aussi chanteuse, brune attachante qui plus jeune qui lui (de 10 ans), voue une indĂ©fectible admiration pour son compositeur de mari.

CHERE ALLEMAGNE
 EuropĂ©en dans l’ñme, Berlioz n’hĂ©site pas Ă  voyager pour conquĂ©rir la gloire que la France lui refuse. En dĂ©c 1842, il part Ă  Bruxelles; Francfort, Stuttgart (pour NoĂ«l) : lĂ , il dirige ses propres oeuvres (Francs Juges, des extraits de la Fantastique et d’Harold
) mais l’accueil est encore poli. A Leipzig (oĂč l’aide Mendelssohn et oĂč retrouve il Schumann qui l’admire), Berlin (oĂč il est prĂ©sentĂ© au Roi de Prusse, et rencontre Meyerbeer qu’il estime
), Ă  Dresde (oĂč Wagner sera son assistant!), 
 Berlioz gagne une nouvelle cĂ©lĂ©britĂ©. Les choses avancent concrĂštement pour Hector : Liszt n’hĂ©sitera pas Ă  faire jouer Cellini Ă  Weimar
 un soutien inimaginable Ă  Paris, car mĂȘme en 1861, – quand Berlioz n’est plus inconnu des parisiens, c’est Wagner qui sera prĂ©fĂ©rĂ© Ă  Berlioz pour Tannhauser, au dĂ©triment des Troyens du Français. L’OpĂ©ra de Paris a dĂ©cidĂ©ment bien des problĂšmes avec son propre patrimoine.

En 1845, c’est la seconde tournĂ©e en territoire germanique ; il part en Autriche (octobre 1845 – mai 1846), sĂ©journe Ă  Vienne, et jusqu’en BohĂšme (Prague, Pest, Breslau
), autant d’escales bĂ©nĂ©fiques qui stimulent l’achĂšvement de Faust. De retour Ă  Paris, et aprĂšs l’échec de La Damnation (OpĂ©ra Comique, dĂ©c 1846), Balzac conseille Ă  un Berlioz dĂ©primĂ© de partir en
 Russie.

TRIOMPHES RUSSES. Parti de Paris Ă  l’hiver 1847, Berlioz et son Ă©pouse Marie Recio rejoignent Saint-PĂ©tersbourg, capitale culturelle de l’empire de Nicolas Ier dont l’épouse la tsarine Alexandra Feodorovna les accueille car son frĂšre le roi de Prusse lui a remis une lettre de recommandation. Dirigeant l’orchestre de Saint-Petersbourg, l’auteur du TraitĂ© d’instrumentation fait fureur ; son Faust est acclamĂ©, davantage qu’à Paris (il est vrai que cela n’était pas difficile) ; Ă  Moscou, triomphe pour un Carnaval romain, RomĂ©o et Juliette, la Symphonie funĂšbre et triomphale
 Berlioz rencontre Glinka et pĂšse comme ce dernier, de tout son poids dans l’émergence de la jeune Ă©cole musicale russe. C’est au retour de Russie, que passant par Berlin, il prĂ©sente sa Damnation, laquelle ne plait pas aux compatriotes de Goethe.
En 1854, il voyage en Allemagne (aprĂšs le dĂ©cĂšs de sa premiĂšre femme l’actrice irlandaise Harriet Smithson, survenu le 3 mars); avec Marie, Berlioz dĂ©couvre l’excellence des orchestres germaniques, Ă  Hanovre (oĂč il dirige Beethoven), Ă  Dresde (succĂšs de son Faust)


berlioz Hector Berlioz_0LONDRES EN COMPLICITÉ... Juste avant les Ă©vĂ©nements rĂ©volutionnaires de 1848, Berlioz part Ă  Londres (nov 1847), dĂ©fend plusieurs concerts Ă  Drury Lane, principalement comme chef d’orchestre. Sa baguette subjugue immĂ©diatement le public anglais. Sa nature fiĂšvreuse et communicative saisit les londoniens qui ont toujours eu un goĂ»t pour les maestros Ă  tempĂ©rament. Berlioz dirige Weber, Haendel et Mozart (Les noces de Figaro). Il est devenu ce hĂ©ros national pour les anglais, admirateurs de son imagination puissante et novatrice. Pour ne pas dire expĂ©rimentale. Au retour de Londres, Berlioz rejoint Paris au bord du chaos. Son esprit classique se recompose : il crĂ©era L’Adieu des bergers Ă  la Sainte Famille, prĂ©sentĂ© avec complĂ©ments (Le Songe d’HĂ©rode, L’arrivĂ©e Ă  SaĂŻs) sous forme de trilogie sous le titre de L’Enfance du Christ (dĂ©c 1854), oratorio ancien (prĂ©sentĂ© comme datant de 1677, et dĂ» Ă  un certain Pierre DucrĂ© : immense succĂšs parisien).
Chaque sĂ©jour Ă  Londres est formateur et aussi salutaire, source devenue nĂ©cessaire pour nourrir sa confiance en lui-mĂȘme. De fait les Londoniens ont compris mieux que les français, le gĂ©nie de Berlioz : ai total, aprĂšs le sĂ©jour de 1847-1848, ce sont quatre autres Ă©pisodes outre-Manche qui permettent Ă  Hector de renouer avec l’inspiration et la santĂ© artistique : 1851, 1852, 1853, 1855. Celui qui admire Shakespeare s’en rĂ©jouit car il retrouve chez les londoniens, l’ñme de l’écrivain baroque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HECTOR & LES FEMMES

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berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasDE CLEOPATRE Ă  ESTELLE
 Pour Berlioz, les femmes sont le grand mystĂšre. Celui qui l’inspire toute sa vie, mais tant qu’il est inaccessible et fantasmĂ©. A l’époque de ses premiĂšres vacances isĂ©roises, Estelle est cette jeune fille, pourtant plus ĂągĂ©e que lui dont il s’éprend au delĂ  de la raison alors qu’il n’a que
 11 ans. Passion juvĂ©nile irraisonnĂ©e, mais les amours de jeunesse sont les plus tenaces, indĂ©lĂ©biles. Dans la rĂ©alitĂ© les choses se dĂ©litent et gĂ©nĂšrent le chaos (cf. sa liaison embrasĂ©e puis son mariage dĂ©sastreux avec Harriet, lire ci aprĂšs).

Ainsi dans la Symphonie Fantastique de 1830, quelques mois aprĂšs l’écriture de sa cantate ClĂ©opĂątre qui avait failli lui faire obtenir le premier prix de Rome en 1829 (il l’obtiendra finalement Ă  la 4Ăš tentative en
 1830 justement, l’annĂ©e de tous les succĂšs avec la Mort de Sardanapale), le compositeur se souvient de l’ĂȘtre aimĂ©e, cette Estelle sublimĂ©e qui ne cesse de nourrir son dĂ©sir et sa quĂȘte de l’ĂȘtre idĂ©al. Dans ce premier volet d’un cycle plus vaste en deux parties intitulĂ© Episodes de la vie d’un artiste (la seconde partie s’appelle Lelio ou le retour Ă  la vie), Berlioz rĂ©forme le langage orchestral (comme le fit Beethoven Ă  son Ă©poque) tout en dĂ©livrant un message autobiographique. Qu’il s’agisse ou pas du dĂ©lire poĂ©tique d’un auteur en proie aux visions positives puis cauchemardesques suscitĂ©es par l’opium (cf. le tableau de GĂ©ricault), les deux premiers mouvements, qui suivent un schĂ©ma poĂ©tique prĂ©cisĂ©ment rĂ©digĂ© par le compositeur (RĂȘveries – passions, puis Un bal), cristallisent la quĂȘte de la femme idĂ©ale. Ils expriment surtout le conflit que cet amour provoque dans l’esprit fĂ©brile du jeune amoureux.

 

 

 

harriet smithson ophelie baerlioz 2019 classiquenewsHARRIET, drame et passion
 En 1827, comme nombre d’artistes parisiens, Berlioz dĂ©couvre sur la scĂšne de l’OdĂ©on, la force dramatique du thĂ©Ăątre de Shakespeare, surtout le charme « exotique » d’une actrice irrĂ©sistible, l’écossaise Harriet Smithson dans le rĂŽle d’OphĂ©lie. Puisqu’elle ne rĂ©pond pas Ă  ses lettres, – or on sait que la plume du compositeur Ă©galait au moins son inspiration musicale), Berlioz ambitionne de la sĂ©duire par la musique : ce sera l’enjeu de sa Symphonie Fantastique. Le motif mĂ©lodique de l’idĂ©e fixe, qui provient de sa cantate Herminie et qui structure les deux mouvements, renvoie directement Ă  l’extase amoureuse que Hector aime cultiver lorsqu’il songe Ă  celle dont il est tombĂ© amoureux. Amoureux, Berlioz est surtout frustrĂ©, car la belle investie, rĂ©siste, paraĂźt indiffĂ©rente, ne rĂ©pond pas Ă  son dĂ©sir
Harriet lui rappelle Estelle : comme elle, Harriet est plus ĂągĂ©e que lui. S’il y a de la passion dans son dĂ©sir, Berlioz est aussi dĂ©vorĂ© par l’amertume et le sentiment de l’abandon. VoilĂ  posĂ©s les mouvements Ă©motionnels de son Ăąme romantique. L’idĂ©e fixe est ainsi Ă©noncĂ©e dĂšs le dĂ©but, Ă  la fois priĂšre et mĂ©lancolie. MĂȘme dans le 3Ăš Ă©pisode de la Fantastique, l’évocation pastorale du ranz des vaches / ou scĂšne aux champs, avec dialogue de deux bergers (cor anglais et hautbois), l’idĂ©e fixe refait surface mais cette fois, avec un sentiment de panique larvĂ©e, d’abandon, associant faibles espoirs et rĂ©elles craintes.

 

Un Ă©vĂ©nement prĂ©cĂ©dent en Italie reste mĂ©morable
 Cet Ă©lan solitaire, impuissant puis frustrĂ© voire rĂ©voltĂ© s’était dĂ©jĂ  produit Ă  Rome, aprĂšs avoir obtenu le Premier Prix de Rome, Berlioz, pensionnaire Ă  la Villa Medicis, apprend que sa fiancĂ©e, petite pianiste mais grande manipulatrice, Marie Moke, lui prĂ©fĂšre Camille Pleyel.

 

PrĂ©sente lors de la reprise de la Fantastique en 1832, Harriet lui accorde enfin de l’intĂ©rĂȘt. En 1833, Berlioz la presse de ses assiduitĂ©s, enfin obtient sa main
 pour un mariage (Liszt est leur tĂ©moin) qui sera marquĂ© par la dĂ©pression, l’incomprĂ©hension, la jalousie et enfin la sĂ©paration. De faible constitution, Harriet lui donnera cependant un fils, Louis nĂ© en 1834. Harriet est alitĂ©e, malade et probablement dĂ©pressive, depuis qu’elle ne joue plus sur les planches des thĂ©Ăątres, quand Berlioz conçoit son chef d’Ɠuvre entre opĂ©ra et symphonie, RomĂ©o et Juliette (1838). L’ivresse sensuelle de l’air de Juliette, le premier air chantĂ© de la « symphonie dramatique avec choeur et solistes », exprime dĂ©sormais la passion intacte mais frustrĂ©e d’un cƓur entier Ă  (re)prendre (celui de Berlioz). Harriet s’éteindra en 1854 (53 ans) : le couple s’était dĂ©jĂ  sĂ©parĂ© depuis 10 ans.

 

 

RECIO marie soprano berlioz 2019 dossier berlioz 2019 classiquenews MarieMARIE RECIO
 nouvelle Ă©toile Ă©mergeant au dĂ©but des annĂ©es 1840, la nouvelle aimĂ©e s’appelle Marie Recio, plus jeune de 10 ans que lui : admirative et aimante, elle a la santĂ© pour le suivre partout dans ses voyages (Ă  la diffĂ©rence d’Harriet). Berlioz forme mĂ©nage avec Marie Ă  partir de 1844. De fait, Marie saura l’aider, le rassurer et mĂȘme gĂ©rer avec un sens des affaires, les contrats et les modalitĂ©s des engagements. PlutĂŽt Ă©lancĂ©e et brune, Marie est chanteuse, et expĂ©rimentĂ©e. Elle chante les Nuits d’étĂ© (1841, dĂ©diĂ©es Ă  Louise Bertin) sous le pilotage de Berlioz lui-mĂȘme, preuve de la qualitĂ© de cette voix de soprano, probablement ciselĂ©e pour la mĂ©lodie et l’extase poĂ©tique. Elle sera prĂ©sente surtout pour le grand voyage de reconstruction, en Russie, Ă  partir de l’hiver 1847, quand Berlioz est dĂ©truit aprĂšs l’insuccĂšs de son opĂ©ra, prĂ©cisĂ©ment sa lĂ©gende dramatique, La Damnation de Faust (crĂ©Ă©e Ă  l’OpĂ©ra-Comique en dĂ©c 1845).

 

 

  

 

 

A suivre : Berlioz critique musical / les goûts de Berlioz

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DISCOGRAPHIE

Retrouvez ici les meilleures rĂ©alisations discographiques, les dvd Hector Berlioz Ă©ditĂ©s Ă  l’occasion de l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : 

 

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. BERLIOZ ODYSSEY : LSO / The complete Sir COlin Davis recordings (15 cd LSO, 2000-2013). Berliozien, Sir Colin Davis l’est avant tout autre. Et bien avant les français, tant le chef britannique a dĂ©montrĂ© non sans argument sa passion pour la musique romantique française, exploitant toutes les ressources du LSO LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, orchestre chatoyant et dramatique, d’une rare efficacitĂ© et plus encore, Ă  la fois Ă©lĂ©gant et nerveux, dans les pages les plus mĂ©ritantes de notre Hector national
 si peu compris, et Ă©valuĂ© Ă  sa juste mesure par ses compatriotes qui encore en 2019, continueront de le bouder : un musicien humainement dĂ©testable et jamais content, Ă  l’aune du compositeur, plus spectaculaire que poĂšte. Le dĂ©saccord entre notre pays et Berlioz ne date pas d’hier et se poursuit. On veillera Ă  suivre les cĂ©lĂ©brations de l’annĂ©e BERLIOZ 2019. Or Ă  BERLIOZ revient le mĂ©rite aprĂšs Rameau, avant Debussy et Ravel, de rĂ©inventer l’orchestre français, douĂ© d’une sensibilitĂ© inouĂŻe pour la couleur, le timbre, l’orchestration. DAVIS nous indique tout cela, grĂące Ă  une baguette infiniment ardente, articulĂ©e, dĂ©taillĂ©e
 amoureuse de la couleur berliozienne. VoilĂ  qui avant l’annĂ©e 2019, nous comble dĂ©jĂ . Le disque satisfait notre attente, car avouons le, nous n’attendons rien de l’annĂ©e Berlioz Ă  venir. EN LIRE +

  

 

BERLIOZ FAURE CLAIRS DE LUNE CD PARATY critique annonce cd paraty critique review cd classiquenews mai juin 2019CD Ă©vĂ©nement, annonce. CLAIRS DE LUNE : QUATUOR MANFRED. Nuits d’étĂ© de Berlioz, MĂ©lodies de FaurĂ© : transcriptions. Quatuor de FaurĂ© (1 cd PARATY) – Le Quatuor Manfred « ose » transcrire Ă  4 cordes seules (auxquelles rĂ©pond le chanteur soliste Jean-Paul FauchĂ©court), les mĂ©lodies de Berlioz : Les Nuits d’étĂ© en sortent sublimĂ©es. Le rĂ©sultat est un miracle de musicalitĂ© concertante et textuelle. La fine texture instrumentale restitue les couleurs de l’imaginaire berliozien, tout en prĂ©servant l’acuitĂ© et le relief du verbe poĂ©tique.Franchise de l’émission, sincĂ©ritĂ© de l’intonation, le tĂ©nor ne calcule rien, Ă©vite toute affectation comme toute posture pour nĂ©gocier la trĂšs juste dĂ©clamation berliozienne. Les Nuits d’étĂ© forment le modĂšle absolu de la mĂ©lodie française accompagnĂ©e, et sans le concours de l’orchestre au complet, mais dans l’intimitĂ© Ă©loquente du quatuor Ă  cordes, en son Ă©conomie Ă©purĂ©e, essentielle, chaque sĂ©quence gagne une profondeur, une vĂ©ritĂ© accrue. Les Manfred rĂ©alisent ici l’un de leur meilleur album : derriĂšre la couleur berliozienne, s’écoute aussi ce qui fait leur parcours identitaire, comme un arriĂšre plan chantant : leur intĂ©grale des Quatuors de Haydn, de Schubert
 La couleur, le son, l’écoute et cet Ă©quilibre des timbres forment le plus pur halo rĂ©sonant autour de la voix soliste, riche en connotations et perspectives oniriques (pleurs et amertume sans minauderie du lamento endeuillĂ© « Sur les lagunes » ) : la mĂ©lodie atteint un sommet de la souffrance assumĂ©e… EN LIRE +

 
 

 
 

BERLIOZ hector the complete works integrale cd berlioz 2019 Warner classics critique annonce review par classiquenews 50583702_10156825611121181_2459893251214147584_nCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. BERLIOZ (27 cd Warner classics). Mort Ă  Paris le 8 mars 1869, Hector Berlioz ressuscite en cette annĂ©e 2019 pour le 150Ăš anniversaire de sa mort. La France qui le boude toujours, en particulier Ă  l’opĂ©ra et au concert, continue Ă©trangement de jouer davantage Brahms, Mendelssohn, Schumann, et tous les auteurs romantiques germaniques, sans omettre Wagner
 Il serait temps de rĂ©tablir en France, le gĂ©nie des Romantiques français Ă  l’opĂ©ra et dans les salles de concert, Ă  commencer par le premier d’entre eux, Berlioz, auteur fabuleux et sublime qui en 1830, obtient le premier prix de Rome (aprĂšs 3 tentatives soutenues par Lesueur) et aussi rĂ©invente la symphonie aprĂšs Beethoven, Mozart et Haydn, avec sa Fantastique, opus Ă  la fois autobiographique, mais au vocabulaire neuf, et au souffle poĂ©tique inĂ©dit. EN LIRE PLUS

 

 

 

 

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigĂ© l’Orchestre de Paris de 1975 Ă  1989, presque 15 ans d’une complicitĂ© et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du gĂ©nie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd rĂ©unissant l’intĂ©grale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dĂ©diĂ© Ă  Hector Berlioz. AgĂ© de 33 ans, le maestro cĂ©lĂ©brĂ© internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur…

 

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LIRE :

berlioz-hector-bruno-messina-150-ans-celebration-berlioz-2018-par-classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Bruno Messina : BERLIOZ (Actes Sud). VoilĂ  une biographie heureuse qui est le fruit d’un travail personnel et d’un compagnonage avec l’un des compositeurs les plus essentiels et les plus ambivalents aussi de l’histoire de la musique romantique française. Hector Berlioz (mort le 8 mars 1869) fut autant cĂ©lĂ©brĂ© que critiquĂ© ; Ă©cartĂ© qu’adulĂ© ; fascinant autant qu’exaspĂ©rant
 D’ailleurs, le texte de l’auteur commence non sans raison par souligner le portrait d’un homme qui se plaint en permanence, de tout, de son Ă©poque, de son Ă©tat, de lui-mĂȘme
 Berlioz en maladif, dĂ©pressif, neurasthĂ©nique ? L’angle est original et trĂšs bien senti. Le reste de ce texte biographique de premiĂšre importance pour qui veut comprendre le crĂ©ateur de la Symphonie fantastique, de la Damnation de Faust, du Requiem, des Troyens, se rĂ©vĂšle passionnant voire essentiel. VoilĂ  donc un apport majeur pour les cĂ©lĂ©brations BERLIOZ 2019 (150 Ăš anniversaire de la mort)qui promettent mieux que les actuels anniversaires 2018 Debussy, Gounod et Bernstein.
Parution annoncé le 14 nov 2018. EN LIRE PLUS

 

 

 

 

 

 

berlioz-favre-tissot-B-bleu-nuit-editeur-biographie-livre-critique-annonce-par-classiquenews-classiquenews-critique-livreLivre Ă©vĂ©nement, annonce. HECTOR BERLIOZ par Patrick F-TISSOT-BONVOISIN (Bleu Nuit Ă©diteur, collection « horizons » : parution en janvier 2019). Enfant du Romantisme, Hector Berlioz en est devenu la figure la plus unanimement cĂ©lĂ©brĂ©e en France. Le contemporain de Stendhal, Balzac, Hugo,
 pour les Ă©crivains ; Delacroix ou GĂ©ricault (sans omettre Ingres) pour les peintres, a imposĂ© sa « dĂ©mesure » tout en ciselant sa propre intĂ©rioritĂ© ; c’est lĂ  l’apport majeur de cette nouvelle biographie Ă©ditĂ©e par BLEU NUIT, la rĂ©vĂ©lation d’un Berlioz intime, moins spectaculaire et impĂ©tueux, instinctif et Ă©pidermique, que secret, sensible, Ă©mu. N’a-t-il pas souffert ? Sa vulnĂ©rabilitĂ© s’y dĂ©voile mieux qu’ailleurs, osant parfois Ă©pingler sans maquillage ce grand malade d’amour, cet incompris qui a continĂ»ment cherchĂ© la reconnaissance et l’estime naturelle de ses pairs, en particulier de l’autoritĂ© politique. EN LIRE PLUS

 

 

 

 

  

 

 

COMPTE RENDUS

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bastille-troyens-histoire-de-famille-tcherniakov-critique-opera-troyens-berlioz-par-classiquenews-compte-rendu-critique-opera-paris-musqiue-classique-concerts-festivalsPARIS, OpĂ©ra Bastille, jusqu’au 12 fĂ©vrier 2019. Les Troyens, nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  Bastille suscitent de vives rĂ©actions aux sein de la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS… Dmitri Tcherniakov n’hĂ©site ni Ă  rĂ©Ă©crire, couper le livret de Berlioz, redessinant la carte psychologique de Cassandre, Priam, EnĂ©e (dont il fait un traĂźtre Ă  sa nation…) Qu’en penser ? LIRE notre compte rendu de la reprĂ©sentation du 30 janvier 2019. Par Lukas Irom

 

troyens-berlioz-opera-bastille-critique-opera-actualite-musique-classique-opera-festivals-concerts-critique-opera-classiquenews

 

Les Troyens de Tcherniakov d’aprĂšs Berlioz… Les troyens Ă  Carthage (© V Pontet / ONP OpĂ©ra National de Paris – fĂ©vrier 2019)

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CONCERTS & SPECTACLES

 

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5 CONCERTS BERLIOZ Ă  RADIO FRANCE, jusqu’au 6 juin 2019

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PARIS : Radio France fĂȘte les 150 ans de la mort de BERLIOZ.

5 CONCERTS BERLIOZ Ă  RADIO FRANCE pour l’anniversaire 2019. Hector Berlioz est mort le 8 mars 1869, il y a 150 ans. Pour cĂ©lĂ©brer cet anniversaire, Radio France a imaginĂ© une sĂ©rie de concerts mettant Ă  contribution ses quatre formations musicales (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique de Radio France, Choeur de Radio France, MaĂźtrise de Radio France). Outre de grandes oeuvres sacrĂ©es (Te Deum) et symphoniques (Symphonie fantastique, Harold en Italie), sont annoncĂ©s un concert d’orgue sur le thĂšme de la transcription et un concert rĂ©unissant de nombreux collĂ©giens et lycĂ©ens.

 

 

 

 

27 MARS – BERLIOZ 150 ANS APRÈS
Concert d’orgue – Auditorium de Radio France à 20h
LĂ©a Desandre, mezzo soprano – Lise Berthaud, alto – Yves Lafargue, orgue

 

 

 

2 MAI – « SYMPHONIE FANTASTIQUE »
Auditorium de Radio France Ă  20h
Orchestre Philharmonique de Radio France – Mikko Franck, direction

 

 

 

17 MAI – CENT CINQUANTENAIRE BERLIOZ

Concert de musique chorale – Auditorium de Radio France
à 14h30, gratuit sur réservation
Orchestre Philharmonique de Radio France – MaĂźtrise de Radio France – Choeur de collĂ©giens de Paris – Musiciens des lycĂ©es Racine et Brassens de Paris – Marie-NoĂ«lle Maerten, chef des choeurs – Julien Leroy, direction

 

 

 

 

25 MAI – « TE DEUM »
Philharmonie de Paris Ă  20h30
Orchestre Philharmonique de Radio France – Kazuki Yamada, direction / Maütrise de Radio France – Sofi Jeannin, chef de choeur
Choeur de Radio France – Choeur de l’ArmĂ©e Française – Michael Alber, chef de choeur / Choeur d’enfants de l’Orchestre de Paris – MaĂźtrise Notre Dame de Paris
Henri Chalet, directeur musical

 

 

6 JUIN – « HAROLD EN ITALIE »
Auditorium de Radio France – 20h
(dernier concert de l’intĂ©grale des symphonies de Brahms menĂ©e par Emmanuel Krivine avec l’ONF) – Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, direction / Nicolas BĂŽne, alto

 

Informations complémentaires sur le site www.maisondelaradio.fr

 

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STRASBOURG,
Jeudi 25 avril, vendredi 26 avril 2019

Orchestre Philharmonique de Strasbourg
BERLIOZ-DAMNATION-de-faust-orchestre-Philharmonique-Strasbourg-nelson-diDonato-25-26-avril-2019Forts d’une victoire de la musique classique 2019 pour leur enregistrement fameux des Troyens en 2018, le chef John Nelson et l’Orch Philh de Strasbourg rĂ©cidivent Ă  l’endroit de Berlioz et proposent les 25 et 26 avril 2019, la Damnation de Faust avec Ă©galement Joyce DiDonato, au timbre crĂ©meux et tragique, dans le rĂŽle de Marguerite (Michael Spyres chante Faust). Les deux chanteurs assuraient les personnages de Didon et EnĂ©e dans Les Troyens : c’est dire leur affinitĂ©s avec la langue berliozienne. Damnation Ă  se damner ! En version de concert. Strasbourg, PMC Salle Erasme.

PrĂ©sentation du programme par l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg : « Parmi l’abondante production musicale inspirĂ©e du personnage popularisĂ© par Goethe (Spohr, Liszt, Boito, Gounod, Schumann, etc.), la partition de Berlioz est sans doute la plus fascinante. Populaire – ce n’est pas pour rien que sa Marche hongroise dirigĂ©e par Louis de FunĂšs ouvre le film La Grande Vadrouille –, fantastique, onirique et romantique, elle ressemble Ă  un extraordinaire voyage sonore au coeur du mythe. AprĂšs le succĂšs public et critique des Troyens, le grand spĂ©cialiste berliozien John Nelson est de retour Ă  Strasbourg pour un autre chef-d’oeuvre du compositeur français. » INFOS ici : http://www.philharmonique-strasbourg.com/affiche_concerts.php?mois=201904

 

 

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PARIS, les concerts BERLIOZ Ă  la Philharmonieheader-we_1170x510_berlioz2_0
Vue d’ensemble des concerts Berlioz pour les 150 ans

sur le site de la Philharmonie de Paris :
CLIQUEZ ici :
https://philharmoniedeparis.fr/fr/agenda?search=berlioz&activite[0]=218

Quelques exemples de concerts Ă  la Philharmonie :
Requiem le 20 février 2019 / Orch de Paris
Roméo et Juliette le 12 mars 2019 / Orch National de Lyon
Grand Week end BERLIOZ : les 24-26 mai 2019 : Te Deum, LĂ©lio, Euphonia

https://philharmoniedeparis.fr/fr/programmation/les-week-ends-thematiques/week-end-berlioz-2

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D’autres contenus au fur et Ă  mesure de l’annĂ©e Berlioz 2019, Ă  suivre…

CD, coffret événement, annonce. BERLIOZ ODYSSEY : LSO / The complete Sir COlin Davis recordings (15 cd LSO, 2000-2013)

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. BERLIOZ ODYSSEY : LSO / The complete Sir COlin Davis recordings (15 cd LSO, 2000-2013). Berliozien, Sir Colin Davis l’est avant tout autre. Et bien avant les français, tant le chef britannique a dĂ©montrĂ© non sans argument sa passion pour la musique romantique française, exploitant toutes les ressources du LSO LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, orchestre chatoyant et dramatique, d’une rare efficacitĂ© et plus encore, Ă  la fois Ă©lĂ©gant et nerveux, dans les pages les plus mĂ©ritantes de notre Hector national
 si peu compris, et Ă©valuĂ© Ă  sa juste mesure par ses compatriotes qui encore en 2019, continueront de le bouder : un musicien humainement dĂ©testable et jamais content, Ă  l’aune du compositeur, plus spectaculaire que poĂšte. Le dĂ©saccord entre notre pays et Berlioz ne date pas d’hier et se poursuit. On veillera Ă  suivre les cĂ©lĂ©brations de l’annĂ©e BERLIOZ 2019.

Or Ă  BERLIOZ revient le mĂ©rite aprĂšs Rameau, avant Debussy et Ravel, de rĂ©inventer l’orchestre français, douĂ© d’une sensibilitĂ© inouĂŻe pour la couleur, le timbre, l’orchestration. DAVIS nous indique tout cela, grĂące Ă  une baguette infiniment ardente, articulĂ©e, dĂ©taillĂ©e
 amoureuse de la couleur berliozienne. VoilĂ  qui avant l’annĂ©e 2019, nous comble dĂ©jĂ . Le disque satisfait notre attente, car avouons le, nous n’attendons rien de l’annĂ©e Berlioz Ă  venir. A voir.
Le coffret BERLIOZ 2019 Ă©ditĂ© par le LSO dĂšs ce mois de dĂ©cembre, ouvre officiellement l’annĂ©e BERLIOZ 2019, celle des 150 ans de la mort (1869), composant Ă  partir des enregistrements de Colin Davis et du LSO, une somme discographique incontestable. Certes, les chanteurs maĂźtrisent diversement l’éloquence et l’articulation française
 mias souvent la justesse du style, de l’intonation, le caractĂšre
 sont majoritairement respectĂ©s, voire sublimĂ©s.
Le coffret de 15 cd comprend les enregistrements live rĂ©alisĂ©s au Barbican Center par le LSO et Colin Davis, bon nombre en 2000 (Symphonie Fantastique, La Damnation de Faust, Les Troyens, BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte, 
) puis 2003 (Harold en Italie), 2006 (L’Enfance du Christ), 2007 (Benvenuto Cellini), 2012 (Requiem)
jusqu’à novembre 2013 (RomĂ©o et Juliette).

CLIC D'OR macaron 200Parmi les rĂ©ussites (nombreuses) de ce coffret Ă©vĂ©nement, distinguons netre autres, la Juliette d’Olga Borodina (pour son timbre veloutĂ©, sensuel si soyeux – mais au français bien perfectible) ; L’enfance du Christ pour le trio vocal rĂ©uni en dĂ©cembre 2006 (Yann Beuron / Le Narrateur ; Kenneth Tarver / Joseph – Susan Gritton / Marie) ; le sublime Requiem de 2012 (enregistrĂ© en la CathĂ©drale Saint-Paul, avec Barry Banks, en tĂ©nor illuminĂ© pour le Sanctus)

Pour le reste, toutes les rĂ©alisations ont en partage cette Ă©lĂ©gance racĂ©e, nerveuse qui fait la spĂ©cificitĂ© anglaise de l’approche Davis. Coffret Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2018, donc cadeau idĂ©al pour NOËL 2018.