CD, coffret événement, annonce. BERLIOZ : the complete works (27 cd Warner classics).

BERLIOZ hector the complete works integrale cd berlioz 2019 Warner classics critique annonce review par classiquenews 50583702_10156825611121181_2459893251214147584_nCD, coffret événement, annonce. BERLIOZ (27 cd Warner classics). Mort à Paris le 8 mars 1869, Hector Berlioz ressuscite en cette année 2019 pour le 150è anniversaire de sa mort. La France qui le boude toujours, en particulier à l’opéra et au concert, continue étrangement de jouer davantage Brahms, Mendelssohn, Schumann, et tous les auteurs romantiques germaniques, sans omettre Wagner… Il serait temps de rétablir en France, le génie des Romantiques français à l’opéra et dans les salles de concert, à commencer par le premier d’entre eux, Berlioz, auteur fabuleux et sublime qui en 1830, obtient le premier prix de Rome (après 3 tentatives soutenues par Lesueur) et aussi réinvente la symphonie après Beethoven, Mozart et Haydn, avec sa Fantastique, opus à la fois autobiographique, mais au vocabulaire neuf, et au souffle poétique inédit.

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsAprès le LSO, London Symphony Orchestra et l’intégrale des enregistrements réalisés par Colin Davis (coffret LSO Berlioz The Odyssey, édité en décembre 2018), le pionnier de la renaissance berliozienne (Berlioz Revival), voici un second coffret événement – édité par Warner classics ce 2 février 2019, qui démontre en 27 cd, toutes les facettes du génie Berliozien. Le livret de 164 pages réunit les dernières sources de réflexion de la recherche concernant aussi l’auteur des Nuits d’été et des premières mélodies dignes de ce nom : quand il ne recrée pas la magie des instruments seuls dans le vaste bouillon symphonique, Berlioz sait aussi réconcilier drame, chant, poésie : c’est un dramaturge né, virtuose des fresque épiques. Le Romantique épris de Beethoven, Weber, Spontini, fut aussi un fervent militant de Gluck et de Virgile comme de Shakespeare : moderne et visionnaire, Berlioz demeure un grand classique.
Voilà ce que nous dévoile la passionnante collection d’enregistrements de ce coffret de 27 cd. Incontournable. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

Points forts
du coffret HECTOR BERLIOZ, the complete works – 27 cd WARNER

Partitions clés :
Les Troyens par John Nelson
Symphonie Fantastique / Lélio par Jean Martinon
Les Nuits d’été par Janet Baker et John Barbirolli
L’Enfance du Christ par John Eliot Gardiner
La Damnation de Faust par Kent Nagano

Premières mondiales :
Fragments de La Nonne sanglante (version de 2018 avec Véronique Gens).
Le temple universel, 1861.
Le dépit de la bergère, circa 1819.
2 Fugues, 1826 et 1829 pour orgue.

Les premiers enregistrements BERLIOZ
dont La Damnation de Faust – Maurice Renaud, 1901 (« Voici des roses », sérénade de Méphistophélès : « devant la maison »…) ; Didon par Marie Delna et Félia Litvine : Symphonie fantastique par Rhené-Baton (1924)…

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

Martinon à Chicago : l'âge d'or !JALON MAJEUR : Le diptyque Symphonie Fantastique / Lelio par Jean Martinon (Paris, 1974 – dans le coffret BERLIOZ WARNER classics – cd2). Fleuron de la somme discographique WARNER classics, la Fantastique de l’insurpassable Jean Martinon, pilotant avec une acuité vive, d’une ivresse absolue et en une urgence extatique, l’Orchestre national de l’ORTF. La vision d’avril 1974 dépasse tout ce que l’on a écouté jusque là : clarté miraculeuse, phrasés d’une rare éloquence, brillant intérieur, sans démonstration ni pathos ; la précision et la profondeur sont jubilatoires. La sensibilité instrumentale du chef supermaestro se dévoile dans la conception esthétique même du Bal où rayonne le clairon au dessus de l’orchestre, soulignant ce goût du timbre et de la couleur propre au Français. Le chef sonde chaque phrase, cherche à exprimer son enjeu, son sens profond. La palette des émotions, l’implosion des affetti, et passions du Romantique Berlioz sont ciselées, exacerbées, articulées surtout avec une sincérité saisissante. Après le volet plus connu de la Fantastique, le chef joue enchaîné Lelio, le second volet, plus « bavard », chanté (Nicolai Gedda, assez distancié et comme peu engagé), mais avec le choeur funèbre des ombres (Froid de la mort) qui avant les Troyens, développe ce thème de la grande déploration collective, thème cher au cÅ“ur éprouvé d’Hector. Mais en créateur délivrant des messages autobiographiques d’importance, Berlioz dans Lélio réinvente le genre symphonique, assemble des séquences ailleurs sans lien : monologue parlé, ballade/mélodie d’Horatio (L’onde frémit), chanson de brigands (qui rappelle probablement ses années d’errance en Italie, les plus heureuses de sa jeune vie de pensionnaire et lauréat du Prix de Rome…). Homère, Ossian, Shakespeare sont ainsi proclamés, célébrés tels ses dieux et ses poètes mentors, les seuls qui inspirent son Å“uvre musicale. L’auditeur apprend donc beaucoup en (re)découvrant ses diptyque : Fantastique / Lelio (ou le retour à la vie). D’autant que cynique et ironique, Berlioz l’insoumis, fustige aussi le goût étroit des faux critiques et juges académiques. Martinon embrasse la pluralité d’un massif symphonique hors normes ; il lui injecte son acuité expressive, sa profondeur poétique. De sorte que nous avons là la lecture la plus convaincante du cycle berliozien. Magistral.

Approfondir : LIRE aussi notre présentation du coffret JEAN MARTINON / CD, coffret événement. Jean Martinon : the late years : 1968 – 1975. Roussel, Dukas, Lalo, Berlioz, Falla, Poulenc, Ibert, Honegger, Schumann, Tchaikovski, Brahms… 14 cd. CLIC de classiquenews de septembre 2015

 et aussi :

 

 

martinon-jean-complete-recordings-chicago-symphony-orchestra-1964---1969-10-cd-box-CLIC-de-classiquenews-mars-2015-compte-rendu-critiqueCD. Jean Martinon (1910-1976) : Chicago Symphony Orchestra. The complete recordings (10 cd RCA Sony classical. 1964-1969). Le coffret Sony classical regroupe quelques unes de perles inestimables du Martinon américain alors au sommet de sa vibrante sensibilité orchestrale, comprenant la fin de son engagement à la direction musicale du Chicago Symphony Orchestra soit 10 albums, édités dans leurs pochettes et présentations recto / verso d’origine, entre 1964 et 1969 (avec toutes les notices originelles). Le chef qui devait ensuite (1969 à 1973) se dédier au National de France, laisse ici une empreinte forte de son héritage symphonique. A ceux qui pensent que son activité à Chicago ne fut qu’un passage, l’écoute des bandes témoignent d’une finesse d’approche irrésistible, Martinon opérant par clarté, mesure, équilibre, transparence, réussissant dès le premier album (Ravel et Roussel, les piliers de son répertoire) une plénitude de son et une profondeur dans l’approche, idéales. La suite n°2 de Bacchus et Ariane saisit par sa langueur élégantissime, aux résonances de l’ombre, une lecture introspective d’une infinie poésie qui fouille jusqu’à la psychanalyse le dialogue du dieu et de son aimée enivrée….

 

Livre événement, annonce. HECTOR BERLIOZ par Patrick F-TISSOT-BONVOISIN (Bleu Nuit éditeur, collection « horizons » : parution en janvier 2019)

berlioz-favre-tissot-B-bleu-nuit-editeur-biographie-livre-critique-annonce-par-classiquenews-classiquenews-critique-livreLivre événement, annonce. HECTOR BERLIOZ par Patrick F-TISSOT-BONVOISIN (Bleu Nuit éditeur, collection « horizons » : parution en janvier 2019). Enfant du Romantisme, Hector Berlioz en est devenu la figure la plus unanimement célébrée en France. Le contemporain de Stendhal, Balzac, Hugo,… pour les écrivains ; Delacroix ou Géricault (sans omettre Ingres) pour les peintres, a imposé sa « démesure » tout en ciselant sa propre intériorité ; c’est là l’apport majeur de cette nouvelle biographie éditée par BLEU NUIT, la révélation d’un Berlioz intime, moins spectaculaire et impétueux, instinctif et épidermique, que secret, sensible, ému. N’a-t-il pas souffert ? Sa vulnérabilité s’y dévoile mieux qu’ailleurs, osant parfois épingler sans maquillage ce grand malade d’amour, cet incompris qui a continûment cherché la reconnaissance et l’estime naturelle de ses pairs, en particulier de l’autorité politique.

Le texte biographique renverse la stature de ce colosse de l’art, ce « Michel-Ange de la musique » (selon nos propres mots déduits de la lecture du livre). Même si l’auteur indique clairement l’urgence de lire tous les textes de Berlioz, ses critiques musicales, ses Mémoires en particulier, il offre en petit format, une synthèse très accessible à l’imaginaire berliozien, laquelle privilégie le repérage et le marquage des événements majeurs d’une histoire personnelle à rebondissements, plutôt que les longues analyses techniques sur chaque partition ainsi distinguées ; derrière les effets de théâtre, la surenchère de lamentation personnelle (Berlioz est-il réellement ce grand plaintif que d’autres ont récemment épinglé ?), il y a inscrite au sommet de la destinée, cette certitude chevillée d’un génie conscient de sa valeur ; un égal de Wagner, à la française.

CLIC D'OR macaron 200Réinventeur de l’orchestre, de l’instrumentation, de l’esthétique même de la musique, Berlioz est un sentimental insatisfait… Sur les traces du biographe important David Cairns, que cite Patrick F-TISSOT-BONVOISIN, le portrait qui se précise ici, est celui d’un homme hypersensible ; c’est d’abord une synthèse chronologique où la conception de chaque œuvre est reconnectée, en légitimité, avec les épisodes de la vie du musicien Berlioz. Mais est ce si surprenant de la part d’un musicien qui comme Mahler, a élaboré un monde musical où se lisent constamment et régulièrement les épisodes de sa propre biographie ? Prochaine grande critique du livre BERLIOZ de Patrick F-TISSOT-BONVOISIN, édité par Bleu Nuit, dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

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Livre événement, annonce. HECTOR BERLIOZ par Patrick F-TISSOT-BONVOISIN (Bleu Nuit éditeur, collection « horizons » : parution en janvier 2019)

BERLIOZ 2019 : actualités et infos des événements BERLIOZ en 2019 (cd, spectacles…)

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsBERLIOZ 2019 : coffrets cd, spectacles…L’année BERLIOZ 2019, – célébrant le 150è anniversaire de la mort du grand Hector (décédé en mars 1869 à 66 ans), le plus « classique » des Romantiques français, plusieurs éditeurs annoncent leurs coffrets discographiques qui sont déjà des événements en soit, grâce entre autres à la qualité de l’édition et au contenu, souvent des enregistrements de grande valeur. Le premier éditeur sur les rangs est le LSO LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, piloté par Sir Colin Davis, premier berliozien en Europe, et qui laisse plusieurs pages symphoniques inoubliables, comme des lectures de Faust, Roméo et Juliette ou Béatrice de première qualité (même si les chanteurs ne sont pas français,… mais subtilement francophiles). Le coffret LSO est paru dès ce mois de novembre 2018 : LIRE ici notre critique et présentation de cette somme incontournable (coffret LSO ” BERLIOZ Odyssey “).

CD coffret FANTASTIQUE BERLIOZ WARNER coffret Berlioz 2019 critique presentation cd par classiquenewsWarner classics annonce aussi un remarquable cycle, proposant l’intégrale des œuvres de Berlioz : là encore des versions de référence s’agissant des chefs, des orchestres, des chanteurs (entre autres, fleurons réédités du coffret : la Fantastique et Lélio par Jean Martinon (et Nicolai Gedda), Harold en Italie par Bernstein, Roméo et Juliette par Muti et Jessye Norman ; Les Nuits d’été par Janet Baker et Sir J Barbirolli ; La Damnation par Nagano (Moser, Graham, van Dam), Béatrice par John Nelson (Kunde, Ciofi, DiDonato…) ; le même chef pour Les Troyens (Spyre, DiDonato,…), sans omettre toutes les cantates pour le prix de Rome et les mélodies (dont la Mort d’Ophéie par Sabine Devielhe, comme des pièces pour orgue… inédites, et bien sûr La Messe solennelle découverte et enregistrée par Gardiner, et les fragments de La nonne sanglante (1841/1847), là encore un joyau inconnu enfin révélé… Parution en janvier 2019 (Coffret de 27 cd). Le must de l’année 2019 en France. A suivre : prochaine critique complète du coffret BERLIOZ 2019 ( « FANTASTIQUE BERLIOZ ! » ) chez Warner dans le mag cd dvd livres de classiquenews

AGENDA

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Côté productions berliozienne pour les 150 ans, ne tardez pas pour réservez les spectacles suivants :

Paris, Opéra Bastille
Les Troyens, 28 janv – 12 fev 2019. Nouvelle production

Heureusement à notre avis, l’Opéra Bastille choisit deux excellentes donc prometteuses interprètes : Stéphanie d’Oustrac en Cassandre ; Ekaterina Semenchuk en Didon. Chacune a son aimé, Chorèbe, mâle martial habité par la grâce et la tendresse (Stéphane Degout) ; Didon aime sans retour Enée (Bryan Hymel).
Cette nouvelle mise en scène attendue certes, devrait décevoir à cause du metteur en scène choisi Dmitri Tcherniakov dont l’imaginaire souvent torturé et très confus devrait obscurcir la lisibilité du drame, cherchant souvent une grille complexe, là où la psychologie et les situations sont assez claires. Son Don Giovanni dont il faisait un thriller familial assez déroutant ; sa Carmen plus récente, qui connaissait une fin réécrite… ont quand même déconcerté. De sorte que l’on voit davantage les ficelles (grosses) de la mise en scène, plutôt que l’on écoute la beauté de la musique. Le contresens est envisageable. A suivre…

http://www.classiquenews.com/paris-berlioz-2019-nouveaux-troyens-a-bastille/

APPROFONDIR

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LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019 : ses voyages, ses épouses et muses, le romantisme de Berlioz, l’orchestre et les instruments de Berlioz…

Dossier spécial HECTOR BERLIOZ 2019

L’Enfance du Christ de Berlioz

BERLIOZ 150 ans 2018 berlioz-hector-bruno-messina-150-ans-celebration-berlioz-2018-par-classiquenewsFrance Musique, vend 14 déc 2018, 20h. BERLIOZ : L’Enfance du Christ. Les écritures sont muettes sur l’enfance de Jésus, pourtant sa naissance eut le retentissement que l’on sait : une légende sacrée devenue véritable mythe fondateur du catholicisme, d’autant mieux porteur au moment de Noël. La partition finale comprend 3 volets : Le songe d’Hérode (I) : rongé par la terreur de s amort annoncée, Hérode décrète la mort de tous les nouveaux nés à Jérusalem, Bethléem Nazareth… : « Des rivières de sang vont être répandues. Je serai sourd à ces douleurs. La beauté, la grâce, ni l’âge / Ne feront faiblir mon courage / Il faut un terme à mes terreurs.
La Fuite en Egypte (II) : très courte et finalement peu développée : Marie et Joseph partent hors de Nazareth… ; L’Arrivée à Saïs (III) : presque assoiffés et affamés, Marie et Joseph qui ont perdu leur âne, arrivent dans la ville de Saïs. Mais ni les romains, ni les égyptiens ne souhaitent accueillir ces hébreux lépreux et maudits… A l’issue de leur errance, la mère et le père sont accueillis par les Ismaélites. Ismael et ses fils prennent soin de du couple et de Jesus. Révélation des vertus des Ismaelites, le Trio pour deux flûtes et harpe, exécuté par les plus jeunes.

 
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Lire la présentation du programme sur le site de France Musique :
https://www.francemusique.fr/emissions/le-concert-du-soir/hector-berlioz-l-enfance-du-christ-par-l-orchestre-national-de-france-67172

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Hector Berlioz (1803-1869)
L’Enfance du Christ (1854)

Stéphanie d’ Oustrac, mezzo-soprano (Marie)
Bernard Richter, ténor (Un centurion, le narrateur)
Edwin Crossley, Mercer baryton (Joseph, Polydorus)
Nicolas Testé, baryton-basse (Hérode, le père de famille)

Chœur de Radio France préparé par Maria Förström
Orchestre National de France dirigé par Emmanuel Krivine

  
 
  
 
 
 
 

 

LIRE aussi notre dossier BERLIOZ 2019 :

http://www.classiquenews.com/berlioz-2019-dossier-pour-les-150-ans-de-la-mort/

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Paris, Berlioz 2019 : Nouveaux Troyens à Bastille

berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasPARIS, Bastille. BERLIOZ : LES TROYENS. 28 janv – 12 fev 2019. Nouvelle production attendue à l’Opéra Bastille, temps fort de l’année BERLIOZ 2019 : 150è anniversaire de sa mort (en 1869). L’ouvrage en 5 actes et 9 tableaux remonte à 1863. Il a été créé en morceaux et de façon incomplète du vivant de son auteur, qui le considérait comme son grand Å“uvre, et aussi l’objet de son amertume car non réconnu à sa juste mesure, celui qu’admirait Liszt et Wagner, ne connut jamais la gloire espérée. D’après Virgile, Berlioz régénère la noblesse de la tragédie inspirée par la Mythologie. Ses modèles sont évidemment Gluck, – élégance et raffinement de la déclamation, expressivité dramatique inféodant toute l’architecture musicale, – surtout Berlioz s’inspire de Rameau et de ses tragédies en musique, parmi les plus achevées : Hippolyte, Cator et Pollux, Les Boréades… Berlioz prolonge le goût des timbres, le chant de l’orchestre, la souveraineté de la musique, valeurs très affirmées chez le Dijonais baroque. En deux parties imposantes et expressives, où c’est le texte et son intelligibilité, où s’imposent les mouvements de l’orchestre, Les Troyens s’articulent d’abord par « La Prise de Troie » où Cassandre se distingue par son humanité tragique ; puis dans « Les Troyens à Carthage », volet final qui doit sa puissance poétique au portrait du couple maudit car impossible, Didon et Énée. Berlioz renouvelle aussi la leçon de Meyerbeer, ce grand opéra à la française, comprenant divertissement, ballets, de grands tableaux collectifs qui contrastent avec l’intimité de duos, trios déchirants. Comme chez Meyerbeer, l’opéra de Berlioz est tragique et moral : rien ne résiste à la marche de l’Histoire ; les grandes amoureuses (Didon) y sont sacrifiées, et laissées suicidaire face au héros (Enée) qui suit son devoir, coûte que coûte. L’opéra s’achève sur la mort de Didon, en un vaste incendie qui signifie la fin d’un monde, quand un autre se précise : Rome car Enée quitte Didon pour fonder la nouvelle dominatrice de l’Europe…
Il est des productions qui affirment dans les deux rôles moteurs de Cassandre puis Didon, la même interprète, gageure pour la chanteuse, – défi annoncé qui s’est souvent révélé … suicidaire.

Heureusement à notre avis, l’Opéra Bastille choisit deux excellentes donc prometteuses interprètes : Stéphanie d’Oustrac en Cassandre ; Elina Garanca d’abord programmée ayant déclarée forfait le 31 déc 2018, est remplacée par Ekaterina Semenchuk, pour le rôle de Didon. Chacune a son aimé, Chorèbe, mâle martial habité par la grâce et la tendresse (Stéphane Degout) ; Didon aime sans retour Enée (Bryan Hymel).
Cette nouvelle mise en scène attendue certes, devrait décevoir à cause du metteur en scène choisi Dmitri Tcherniakov dont l’imaginaire souvent torturé et très confus devrait obscurcir la lisibilité du drame, cherchant souvent une grille complexe, là où la psychologie et les situations sont assez claires. Son Don Giovanni dont il faisait un thriller familial assez déroutant ; sa Carmen plus récente, qui connaissait une fin réécrite… ont quand même déconcerté. De sorte que l’on voit davantage les ficelles (grosses) de la mise en scène, plutôt que l’on écoute la beauté de la musique. Le contresens est envisageable. A suivre…

LIRE notre dossier BERLIOZ 2019, 150 ans de la mort de Berlioz
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/lestroyens

BERLIOZ 2019 : dossier pour les 150 ans de la mort

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsBERLIOZ 2019 : les 150 ans de la mort. 2019 marque les 150 ans de la mort du plus grand compositeur romantique français (avec l’écrivain Hugo et le peintre Delacroix) : Hector Berlioz. Précisément le 8 mars prochain (il est décédé à Paris, le 8 mars 1869). Triste anniversaire qui comme ceux de 2018, pour Gounod ou Debussy, ne lève pas le voile sur des incompréhensions ou des méconnaissances mais les augmentent en réalité ; car les célébrations souvent autoproclamées et pompeuses, n’apportent que peu d’avancées pour une juste et meilleure connaissance des intéressés. Qu’ont précisément apporté en 2018, les anniversaires Gounod et Debussy ? Peu de choses en vérité, sauf venant de la province, soit disant culturellement plus pauvre et moins active que Paris : voyez Le Philémon et Baucis, joyau lyrique du jeune Gounod révélé par l’Opéra de Tours / fev 2018 ; et le Pelléas et Mélisande de Debussy désormais légendaire du regetté Jean-Claude Malgoire à Tourcoing / mars 2018…

 

 

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berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasS’agissant de Hector Berlioz, le dossier promet de nouvelles frustrations car les fausses idées et préjugés sont nombreux, sources d’une mésentente active entre l’auteur de la Symphonie Fantastique et de La Damnation de Faust, avec le public français.
Force et de constater l’oubli voire l’indifférence que son œuvre suscite en France (à commencer par l’Opéra de Paris); et d’ailleurs qui s’intéresse véritablement aux Romantiques Français au sein de l’Hexagone ? Il n’est guère que l’assiduité des Britanniques pour avoir compris, mesuré, investi l’étendue des champs visionnaires du grand Hector pour leur consacrer une curiosité… et une fidélité, indéfectibles.

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsAinsi Colin Davis (disparu en 2013) laisse aujourd’hui une intégrale qui reste pionnière. D’ailleurs le coffret réalisé par le LSO London Symphony Orchestra est déjà publié, disponible dès novembre 2018. Ainsi est fixé un héritage décisif réalisé entre 2000 et 2013… Les Londoniens ont toujours eu un temps d’avance. Comme les Russes d’ailleurs, qui du vivant du compositeur lui auront témoigné une ferveur que les Français lui ont minutieusement refusée.

 

 

PLAINTIF CHRONIQUE… De là à penser que l’auteur des Troyens (fresque wagnérienne sur l’Antiquité jamais représenté dans son intégralité de son vivant) reste un éternel insatisfait, marqué par la frustration et le déshonneur, voire la trahison… c’est une ligne que certains biographes récents franchissent sans réserves : Berlioz fut un plaintif chronique, un frustré, un incompris magnifique que son art a cependant hissé au sommet grâce à cet élan ou ce désir, jamais satisfait : l’éternelle aimée inaccessible (qu’elle s’appelle Estelle ou Juliette… ou Harriet / Ophélie) – l’équivalent français, berliozien, de l’immortelle bienaimée chez Beethoven, porte, nourrit, embrase… une exaltation toujours prête à s’enflammer pour le pire comme le meilleur. De fait, le Prix de Rome obtenu en 1830 (avec la cantate La mort de Sardanapale, un sujet que Delacroix avait traité avec le même tempérament révolutionnaire au Salon de 1824) reste une épreuve douloureuse mais révèle l’obstination de Berlioz qui en composant mène un combat, celui d’une modernité insolente, affirmée haut et fort contre le conservatisme ambiant. Finalement s’il se disait surtout classique (en admirateur de Gluck), Berlioz demeure dans le tempérament et la posture de solitaire impuissant, isolé, tenu à l’écart des fastes de la gloire officielle française, un romantique, lion impétueux, cerveau démiurgique à la mesure de ses grands modèles… Shakespeare et Goethe. Voici en chapitre thématisé notre BERLIOZ 2019, – génie aux facettes multiples qui a révolutionné la musique au XIXè, comme Rameau au XVIIIè, comme Debussy et Ravel au début du XXè. Car Berlioz est un révolutionnaire.

 

 

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BERLIOZ-dossier-annee-2019-dossier-portrait-sur-classiquenews-vignetteDEFRICHEUR ORCHESTRAL… L’Isérois (né à la Côte-Saint-André, le 11 décembre 1803), n’a guère la passion de Napoléon ; d’ailleurs ses idées politiques sont assez fumeuses. Il s’intéresse comme un Faust français à explorer de nouveaux horizons, élargir surtout la palette expressive de l’orchestre, « osant » de nouvelles formes, toujours à partir de l’orchestre : développement avec programme (et donc livret rédigé car Berlioz amateur de poésie et de littérature, apprécie écrire ses propres livrets avant Wagner : Symphonie Fantastique de 1830, premier opus révolutionnaire), symphonie concertante (Harold en Italie, 1834), symphonie dramatique (Roméo et Juliette, 1839), puis fusionnant l’orchestre et le théâtre : légende dramatique (La Damnation de Faust, 1846). Toujours Berlioz repousse les possibilités poétiques de l’orchestre, s’intéressant à l’évocation spatiale, l’association des timbres, la capacité de l’orchestre à déployer un nouveau souffle, poétique donc, spirituel certainement, en tout cas, surnaturel.

shakespeare portrait de son vivant classiquenews portrait biographie vie de shakespeare 2016 400 ans classiquenewsBERLIOZ et SHAKESPEARE. S’il se passionne pour Beethoven (révélé par les concerts dirigés alors par le chef Habeneck au Conservatoire de Paris), Berlioz s’enflamme tout autant pour Hamlet de Shakespeare dont l’Ophélie de l’actrice irlandaise Harriet Smithson le marque profondément. Il épousera d’ailleurs l’actrice en 1833, mais leur union sera malheureuse. Leur fils Louis né en 1834, mourra à Cuba en 1867 (32 ans). Inspiré par Shakespeare, Berlioz laisse une mélodie toujours peu jouée mais sommet du genre : La Mort d’Ophélie (qu’en son temps, Cecilia Bartoli grava pour Decca avec une sincérité désarmante).

 

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LE ROMANTISME D’HECTOR…

Dossier spécial BERLIOZ 2019 Illustration dans les articles

 

 

Pensionnaire à Rome, grâce à l’obtention de son Prix en 1830, qui lui permet de loger à la Villa Medicis, Berlioz ne pense qu’à s’échapper de cette prison dorée (comme plus tard, un autre pensionnaire célèbre, Debussy) ; c’est que sa fiancée (Camille Mocke) vient de lui signifier leur rupture (elle lui préfère Camille Pleyel). Berlioz ne rêve que de fuite et de vengeance. Âme passionnée, Hector n’envisage l’amour que sous l’angle passionnel… Après avoir pensé à tuer celle qui l’a trahi, il renonce et finalement passe à Nice, les heures les plus propices à son équilibre recouvré. Le romantisme de Berlioz se tourne plutôt du côté des germaniques : Schumann, Weber, surtout Beethoven… et bien sûr la littérature, Faust (d’après Goethe, pour sa Damnation de Faust). Gérard de Nerval aurait souhaité l’assister et lui fournir des textes et des poèmes… mais Hector restera toujours imperméable aux propositions du poète. En réalité, même s’il demeure le plus grand inventeur pour l’orchestre, son romantisme est « classique » (« je suis un classique » ne cessera-t-il de clamer et de démontrer). Dans les faits, ce disciple inconditionnel de Gluck, qui admire surtout la dignité lumineuse de ce dernier en particulier dans ses tragédies composées pour Paris dans les années 1770 (dont Orphée et Euryidice dont Berlioz adaptera une version pour alto, destinée à la chanteuse Pauline Viardot), se rapproche de Rameau : liberté poétique de l’orchestre qui dit partout la prééminence de la musique, et la souveraine éloquence des timbres instrumentaux dans l’explicitation et la réalisation du drame. Les Troyens, en leur deux actes néo antiques sont en réalité très proches de la conception de la tragédie baroque d’un Rameau déjà épris des Lumières. L’éloquence de la déclamation et surtout les développements consentis à l’orchestre, en particulier dans les « divertissements », réminiscences empruntées aux tragédies en musique du XVIIIè, attestent cette filiation plus directe qu’il n’y paraît. D’ailleurs, Berlioz prolonge ce goût du timbre et de la poésie instrumentale léguée par son prédécesseur, au siècle qui le précède. Rameau, Berlioz, sont des coloristes qui préparent les plus grands à venir : Debussy et Ravel au début du XXè.

 

 

 

 

VOYAGES & TOURNÉES…

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BERLIOZ vignette HectorBerlioz9Trop peu estimé à sa juste valeur, après de cuisants (et amers) échecs dont son opéra Benvenuto Cellini (1838), puis surtout La Damnation de Faust (déc 1846), Berlioz, ruiné, dépressif, se refait une santé et un peu de fortune en voyageant loin de Paris, alors qu’il n’est presque plus trentenaire (38 ans, en 1841 pour son premier voyage à l’étranger : à Bruxelles) ; il traverse pays et découvre paysages et villes, dans toute l’Europe, ce malgré une santé fragile mais qui démontre une réelle solidité : à Londres, en Allemagne (où Lelio et sa Fantastique sont très appréciés) ; surtout en Russie où il rencontre une public totalement admis à son esthétique et à la démesure de son orchestre… Les voyages de Berlioz sont liés à la présence réconfortante de très raisonnable de sa nouvelle épouse (après Harriet), Marie Recio, elle aussi chanteuse, brune attachante qui plus jeune qui lui (de 10 ans), voue une indéfectible admiration pour son compositeur de mari.

CHERE ALLEMAGNE… Européen dans l’âme, Berlioz n’hésite pas à voyager pour conquérir la gloire que la France lui refuse. En déc 1842, il part à Bruxelles; Francfort, Stuttgart (pour Noël) : là, il dirige ses propres oeuvres (Francs Juges, des extraits de la Fantastique et d’Harold…) mais l’accueil est encore poli. A Leipzig (où l’aide Mendelssohn et où retrouve il Schumann qui l’admire), Berlin (où il est présenté au Roi de Prusse, et rencontre Meyerbeer qu’il estime…), à Dresde (où Wagner sera son assistant!), … Berlioz gagne une nouvelle célébrité. Les choses avancent concrètement pour Hector : Liszt n’hésitera pas à faire jouer Cellini à Weimar… un soutien inimaginable à Paris, car même en 1861, – quand Berlioz n’est plus inconnu des parisiens, c’est Wagner qui sera préféré à Berlioz pour Tannhauser, au détriment des Troyens du Français. L’Opéra de Paris a décidément bien des problèmes avec son propre patrimoine.

En 1845, c’est la seconde tournée en territoire germanique ; il part en Autriche (octobre 1845 – mai 1846), séjourne à Vienne, et jusqu’en Bohème (Prague, Pest, Breslau…), autant d’escales bénéfiques qui stimulent l’achèvement de Faust. De retour à Paris, et après l’échec de La Damnation (Opéra Comique, déc 1846), Balzac conseille à un Berlioz déprimé de partir en… Russie.

TRIOMPHES RUSSES. Parti de Paris à l’hiver 1847, Berlioz et son épouse Marie Recio rejoignent Saint-Pétersbourg, capitale culturelle de l’empire de Nicolas Ier dont l’épouse la tsarine Alexandra Feodorovna les accueille car son frère le roi de Prusse lui a remis une lettre de recommandation. Dirigeant l’orchestre de Saint-Petersbourg, l’auteur du Traité d’instrumentation fait fureur ; son Faust est acclamé, davantage qu’à Paris (il est vrai que cela n’était pas difficile) ; à Moscou, triomphe pour un Carnaval romain, Roméo et Juliette, la Symphonie funèbre et triomphale… Berlioz rencontre Glinka et pèse comme ce dernier, de tout son poids dans l’émergence de la jeune école musicale russe. C’est au retour de Russie, que passant par Berlin, il présente sa Damnation, laquelle ne plait pas aux compatriotes de Goethe.
En 1854, il voyage en Allemagne (après le décès de sa première femme l’actrice irlandaise Harriet Smithson, survenu le 3 mars); avec Marie, Berlioz découvre l’excellence des orchestres germaniques, à Hanovre (où il dirige Beethoven), à Dresde (succès de son Faust)…

berlioz Hector Berlioz_0LONDRES EN COMPLICITÉ... Juste avant les événements révolutionnaires de 1848, Berlioz part à Londres (nov 1847), défend plusieurs concerts à Drury Lane, principalement comme chef d’orchestre. Sa baguette subjugue immédiatement le public anglais. Sa nature fièvreuse et communicative saisit les londoniens qui ont toujours eu un goût pour les maestros à tempérament. Berlioz dirige Weber, Haendel et Mozart (Les noces de Figaro). Il est devenu ce héros national pour les anglais, admirateurs de son imagination puissante et novatrice. Pour ne pas dire expérimentale. Au retour de Londres, Berlioz rejoint Paris au bord du chaos. Son esprit classique se recompose : il créera L’Adieu des bergers à la Sainte Famille, présenté avec compléments (Le Songe d’Hérode, L’arrivée à Saïs) sous forme de trilogie sous le titre de L’Enfance du Christ (déc 1854), oratorio ancien (présenté comme datant de 1677, et dû à un certain Pierre Ducré : immense succès parisien).
Chaque séjour à Londres est formateur et aussi salutaire, source devenue nécessaire pour nourrir sa confiance en lui-même. De fait les Londoniens ont compris mieux que les français, le génie de Berlioz : ai total, après le séjour de 1847-1848, ce sont quatre autres épisodes outre-Manche qui permettent à Hector de renouer avec l’inspiration et la santé artistique : 1851, 1852, 1853, 1855. Celui qui admire Shakespeare s’en réjouit car il retrouve chez les londoniens, l’âme de l’écrivain baroque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HECTOR & LES FEMMES

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berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasDE CLEOPATRE à ESTELLE… Pour Berlioz, les femmes sont le grand mystère. Celui qui l’inspire toute sa vie, mais tant qu’il est inaccessible et fantasmé. A l’époque de ses premières vacances iséroises, Estelle est cette jeune fille, pourtant plus âgée que lui dont il s’éprend au delà de la raison alors qu’il n’a que… 11 ans. Passion juvénile irraisonnée, mais les amours de jeunesse sont les plus tenaces, indélébiles. Dans la réalité les choses se délitent et génèrent le chaos (cf. sa liaison embrasée puis son mariage désastreux avec Harriet, lire ci après).

Ainsi dans la Symphonie Fantastique de 1830, quelques mois après l’écriture de sa cantate Cléopâtre qui avait failli lui faire obtenir le premier prix de Rome en 1829 (il l’obtiendra finalement à la 4è tentative en… 1830 justement, l’année de tous les succès avec la Mort de Sardanapale), le compositeur se souvient de l’être aimée, cette Estelle sublimée qui ne cesse de nourrir son désir et sa quête de l’être idéal. Dans ce premier volet d’un cycle plus vaste en deux parties intitulé Episodes de la vie d’un artiste (la seconde partie s’appelle Lelio ou le retour à la vie), Berlioz réforme le langage orchestral (comme le fit Beethoven à son époque) tout en délivrant un message autobiographique. Qu’il s’agisse ou pas du délire poétique d’un auteur en proie aux visions positives puis cauchemardesques suscitées par l’opium (cf. le tableau de Géricault), les deux premiers mouvements, qui suivent un schéma poétique précisément rédigé par le compositeur (Rêveries – passions, puis Un bal), cristallisent la quête de la femme idéale. Ils expriment surtout le conflit que cet amour provoque dans l’esprit fébrile du jeune amoureux.

 

 

 

harriet smithson ophelie baerlioz 2019 classiquenewsHARRIET, drame et passion… En 1827, comme nombre d’artistes parisiens, Berlioz découvre sur la scène de l’Odéon, la force dramatique du théâtre de Shakespeare, surtout le charme « exotique » d’une actrice irrésistible, l’écossaise Harriet Smithson dans le rôle d’Ophélie. Puisqu’elle ne répond pas à ses lettres, – or on sait que la plume du compositeur égalait au moins son inspiration musicale), Berlioz ambitionne de la séduire par la musique : ce sera l’enjeu de sa Symphonie Fantastique. Le motif mélodique de l’idée fixe, qui provient de sa cantate Herminie et qui structure les deux mouvements, renvoie directement à l’extase amoureuse que Hector aime cultiver lorsqu’il songe à celle dont il est tombé amoureux. Amoureux, Berlioz est surtout frustré, car la belle investie, résiste, paraît indifférente, ne répond pas à son désir…Harriet lui rappelle Estelle : comme elle, Harriet est plus âgée que lui. S’il y a de la passion dans son désir, Berlioz est aussi dévoré par l’amertume et le sentiment de l’abandon. Voilà posés les mouvements émotionnels de son âme romantique. L’idée fixe est ainsi énoncée dès le début, à la fois prière et mélancolie. Même dans le 3è épisode de la Fantastique, l’évocation pastorale du ranz des vaches / ou scène aux champs, avec dialogue de deux bergers (cor anglais et hautbois), l’idée fixe refait surface mais cette fois, avec un sentiment de panique larvée, d’abandon, associant faibles espoirs et réelles craintes.

 

Un événement précédent en Italie reste mémorable… Cet élan solitaire, impuissant puis frustré voire révolté s’était déjà produit à Rome, après avoir obtenu le Premier Prix de Rome, Berlioz, pensionnaire à la Villa Medicis, apprend que sa fiancée, petite pianiste mais grande manipulatrice, Marie Moke, lui préfère Camille Pleyel.

 

Présente lors de la reprise de la Fantastique en 1832, Harriet lui accorde enfin de l’intérêt. En 1833, Berlioz la presse de ses assiduités, enfin obtient sa main… pour un mariage (Liszt est leur témoin) qui sera marqué par la dépression, l’incompréhension, la jalousie et enfin la séparation. De faible constitution, Harriet lui donnera cependant un fils, Louis né en 1834. Harriet est alitée, malade et probablement dépressive, depuis qu’elle ne joue plus sur les planches des théâtres, quand Berlioz conçoit son chef d’œuvre entre opéra et symphonie, Roméo et Juliette (1838). L’ivresse sensuelle de l’air de Juliette, le premier air chanté de la « symphonie dramatique avec choeur et solistes », exprime désormais la passion intacte mais frustrée d’un cœur entier à (re)prendre (celui de Berlioz). Harriet s’éteindra en 1854 (53 ans) : le couple s’était déjà séparé depuis 10 ans.

 

 

RECIO marie soprano berlioz 2019 dossier berlioz 2019 classiquenews MarieMARIE RECIO… nouvelle étoile émergeant au début des années 1840, la nouvelle aimée s’appelle Marie Recio, plus jeune de 10 ans que lui : admirative et aimante, elle a la santé pour le suivre partout dans ses voyages (à la différence d’Harriet). Berlioz forme ménage avec Marie à partir de 1844. De fait, Marie saura l’aider, le rassurer et même gérer avec un sens des affaires, les contrats et les modalités des engagements. Plutôt élancée et brune, Marie est chanteuse, et expérimentée. Elle chante les Nuits d’été (1841, dédiées à Louise Bertin) sous le pilotage de Berlioz lui-même, preuve de la qualité de cette voix de soprano, probablement ciselée pour la mélodie et l’extase poétique. Elle sera présente surtout pour le grand voyage de reconstruction, en Russie, à partir de l’hiver 1847, quand Berlioz est détruit après l’insuccès de son opéra, précisément sa légende dramatique, La Damnation de Faust (créée à l’Opéra-Comique en déc 1845).

 

 

 

 

A suivre : Berlioz critique musical / les goûts de Berlioz

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DISCOGRAPHIE

Retrouvez ici les meilleures réalisations discographiques, les dvd Hector Berlioz édités à l’occasion de l’année BERLIOZ 2019 :

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsCD, coffret événement, annonce. BERLIOZ ODYSSEY : LSO / The complete Sir COlin Davis recordings (15 cd LSO, 2000-2013). Berliozien, Sir Colin Davis l’est avant tout autre. Et bien avant les français, tant le chef britannique a démontré non sans argument sa passion pour la musique romantique française, exploitant toutes les ressources du LSO LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, orchestre chatoyant et dramatique, d’une rare efficacité et plus encore, à la fois élégant et nerveux, dans les pages les plus méritantes de notre Hector national… si peu compris, et évalué à sa juste mesure par ses compatriotes qui encore en 2019, continueront de le bouder : un musicien humainement détestable et jamais content, à l’aune du compositeur, plus spectaculaire que poète. Le désaccord entre notre pays et Berlioz ne date pas d’hier et se poursuit. On veillera à suivre les célébrations de l’année BERLIOZ 2019. Or à BERLIOZ revient le mérite après Rameau, avant Debussy et Ravel, de réinventer l’orchestre français, doué d’une sensibilité inouïe pour la couleur, le timbre, l’orchestration. DAVIS nous indique tout cela, grâce à une baguette infiniment ardente, articulée, détaillée… amoureuse de la couleur berliozienne. Voilà qui avant l’année 2019, nous comble déjà. Le disque satisfait notre attente, car avouons le, nous n’attendons rien de l’année Berlioz à venir. EN LIRE +

 

 

 

 

BERLIOZ hector the complete works integrale cd berlioz 2019 Warner classics critique annonce review par classiquenews 50583702_10156825611121181_2459893251214147584_nCD, coffret événement, annonce. BERLIOZ (27 cd Warner classics). Mort à Paris le 8 mars 1869, Hector Berlioz ressuscite en cette année 2019 pour le 150è anniversaire de sa mort. La France qui le boude toujours, en particulier à l’opéra et au concert, continue étrangement de jouer davantage Brahms, Mendelssohn, Schumann, et tous les auteurs romantiques germaniques, sans omettre Wagner… Il serait temps de rétablir en France, le génie des Romantiques français à l’opéra et dans les salles de concert, à commencer par le premier d’entre eux, Berlioz, auteur fabuleux et sublime qui en 1830, obtient le premier prix de Rome (après 3 tentatives soutenues par Lesueur) et aussi réinvente la symphonie après Beethoven, Mozart et Haydn, avec sa Fantastique, opus à la fois autobiographique, mais au vocabulaire neuf, et au souffle poétique inédit. EN LIRE PLUS

 

 

 

 

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigé l’Orchestre de Paris de 1975 à 1989, presque 15 ans d’une complicité et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du génie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd réunissant l’intégrale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dédié à Hector Berlioz. Agé de 33 ans, le maestro célébré internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur…

 

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LIRE :

berlioz-hector-bruno-messina-150-ans-celebration-berlioz-2018-par-classiquenewsLIVRE événement, annonce. Bruno Messina : BERLIOZ (Actes Sud). Voilà une biographie heureuse qui est le fruit d’un travail personnel et d’un compagnonage avec l’un des compositeurs les plus essentiels et les plus ambivalents aussi de l’histoire de la musique romantique française. Hector Berlioz (mort le 8 mars 1869) fut autant célébré que critiqué ; écarté qu’adulé ; fascinant autant qu’exaspérant… D’ailleurs, le texte de l’auteur commence non sans raison par souligner le portrait d’un homme qui se plaint en permanence, de tout, de son époque, de son état, de lui-même… Berlioz en maladif, dépressif, neurasthénique ? L’angle est original et très bien senti. Le reste de ce texte biographique de première importance pour qui veut comprendre le créateur de la Symphonie fantastique, de la Damnation de Faust, du Requiem, des Troyens, se révèle passionnant voire essentiel. Voilà donc un apport majeur pour les célébrations BERLIOZ 2019 (150 è anniversaire de la mort)qui promettent mieux que les actuels anniversaires 2018 Debussy, Gounod et Bernstein.
Parution annoncé le 14 nov 2018. EN LIRE PLUS

 

 

 

 

 

 

berlioz-favre-tissot-B-bleu-nuit-editeur-biographie-livre-critique-annonce-par-classiquenews-classiquenews-critique-livreLivre événement, annonce. HECTOR BERLIOZ par Patrick F-TISSOT-BONVOISIN (Bleu Nuit éditeur, collection « horizons » : parution en janvier 2019). Enfant du Romantisme, Hector Berlioz en est devenu la figure la plus unanimement célébrée en France. Le contemporain de Stendhal, Balzac, Hugo,… pour les écrivains ; Delacroix ou Géricault (sans omettre Ingres) pour les peintres, a imposé sa « démesure » tout en ciselant sa propre intériorité ; c’est là l’apport majeur de cette nouvelle biographie éditée par BLEU NUIT, la révélation d’un Berlioz intime, moins spectaculaire et impétueux, instinctif et épidermique, que secret, sensible, ému. N’a-t-il pas souffert ? Sa vulnérabilité s’y dévoile mieux qu’ailleurs, osant parfois épingler sans maquillage ce grand malade d’amour, cet incompris qui a continûment cherché la reconnaissance et l’estime naturelle de ses pairs, en particulier de l’autorité politique. EN LIRE PLUS

 

 

 

 

 

 

COMPTE RENDUS

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bastille-troyens-histoire-de-famille-tcherniakov-critique-opera-troyens-berlioz-par-classiquenews-compte-rendu-critique-opera-paris-musqiue-classique-concerts-festivalsPARIS, Opéra Bastille, jusqu’au 12 février 2019. Les Troyens, nouvelle production présentée à Bastille suscitent de vives réactions aux sein de la Rédaction de CLASSIQUENEWS… Dmitri Tcherniakov n’hésite ni à réécrire, couper le livret de Berlioz, redessinant la carte psychologique de Cassandre, Priam, Enée (dont il fait un traître à sa nation…) Qu’en penser ? LIRE notre compte rendu de la représentation du 30 janvier 2019. Par Lukas Irom

 

troyens-berlioz-opera-bastille-critique-opera-actualite-musique-classique-opera-festivals-concerts-critique-opera-classiquenews

 

Les Troyens de Tcherniakov d’après Berlioz… Les troyens à Carthage (© V Pontet / ONP Opéra National de Paris – février 2019)

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CONCERTS & SPECTACLES

 

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5 CONCERTS BERLIOZ à RADIO FRANCE, jusqu’au 6 juin 2019

RADIO-FRANCE-concerts-2019-saison-BERLIOZ-classiquenews-concerts-annonce-critique

 

 

 

PARIS : Radio France fête les 150 ans de la mort de BERLIOZ.

5 CONCERTS BERLIOZ à RADIO FRANCE pour l’anniversaire 2019. Hector Berlioz est mort le 8 mars 1869, il y a 150 ans. Pour célébrer cet anniversaire, Radio France a imaginé une série de concerts mettant à contribution ses quatre formations musicales (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique de Radio France, Choeur de Radio France, Maîtrise de Radio France). Outre de grandes oeuvres sacrées (Te Deum) et symphoniques (Symphonie fantastique, Harold en Italie), sont annoncés un concert d’orgue sur le thème de la transcription et un concert réunissant de nombreux collégiens et lycéens.

 

 

 

 

27 MARS – BERLIOZ 150 ANS APRÈS
Concert d’orgue – Auditorium de Radio France à 20h
Léa Desandre, mezzo soprano – Lise Berthaud, alto – Yves Lafargue, orgue

 

 

 

2 MAI – « SYMPHONIE FANTASTIQUE »
Auditorium de Radio France à 20h
Orchestre Philharmonique de Radio France – Mikko Franck, direction

 

 

 

17 MAI – CENT CINQUANTENAIRE BERLIOZ

Concert de musique chorale – Auditorium de Radio France
à 14h30, gratuit sur réservation
Orchestre Philharmonique de Radio France – Maîtrise de Radio France – Choeur de collégiens de Paris – Musiciens des lycées Racine et Brassens de Paris – Marie-Noëlle Maerten, chef des choeurs – Julien Leroy, direction

 

 

 

 

25 MAI – « TE DEUM »
Philharmonie de Paris à 20h30
Orchestre Philharmonique de Radio France – Kazuki Yamada, direction / Maîtrise de Radio France – Sofi Jeannin, chef de choeur
Choeur de Radio France – Choeur de l’Armée Française – Michael Alber, chef de choeur / Choeur d’enfants de l’Orchestre de Paris – Maîtrise Notre Dame de Paris
Henri Chalet, directeur musical

 

 

6 JUIN – « HAROLD EN ITALIE »
Auditorium de Radio France – 20h
(dernier concert de l’intégrale des symphonies de Brahms menée par Emmanuel Krivine avec l’ONF) – Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, direction / Nicolas Bône, alto

 

Informations complémentaires sur le site www.maisondelaradio.fr

 

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STRASBOURG,
Jeudi 25 avril, vendredi 26 avril 2019

Orchestre Philharmonique de Strasbourg
BERLIOZ-DAMNATION-de-faust-orchestre-Philharmonique-Strasbourg-nelson-diDonato-25-26-avril-2019Forts d’une victoire de la musique classique 2019 pour leur enregistrement fameux des Troyens en 2018, le chef John Nelson et l’Orch Philh de Strasbourg récidivent à l’endroit de Berlioz et proposent les 25 et 26 avril 2019, la Damnation de Faust avec également Joyce DiDonato, au timbre crémeux et tragique, dans le rôle de Marguerite (Michael Spyres chante Faust). Les deux chanteurs assuraient les personnages de Didon et Enée dans Les Troyens : c’est dire leur affinités avec la langue berliozienne. Damnation à se damner ! En version de concert. Strasbourg, PMC Salle Erasme.

Présentation du programme par l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg : « Parmi l’abondante production musicale inspirée du personnage popularisé par Goethe (Spohr, Liszt, Boito, Gounod, Schumann, etc.), la partition de Berlioz est sans doute la plus fascinante. Populaire – ce n’est pas pour rien que sa Marche hongroise dirigée par Louis de Funès ouvre le film La Grande Vadrouille –, fantastique, onirique et romantique, elle ressemble à un extraordinaire voyage sonore au coeur du mythe. Après le succès public et critique des Troyens, le grand spécialiste berliozien John Nelson est de retour à Strasbourg pour un autre chef-d’oeuvre du compositeur français. » INFOS ici : http://www.philharmonique-strasbourg.com/affiche_concerts.php?mois=201904

 

 

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PARIS, les concerts BERLIOZ à la Philharmonieheader-we_1170x510_berlioz2_0
Vue d’ensemble des concerts Berlioz pour les 150 ans

sur le site de la Philharmonie de Paris :
CLIQUEZ ici :
https://philharmoniedeparis.fr/fr/agenda?search=berlioz&activite[0]=218

Quelques exemples de concerts à la Philharmonie :
Requiem le 20 février 2019 / Orch de Paris
Roméo et Juliette le 12 mars 2019 / Orch National de Lyon
Grand Week end BERLIOZ : les 24-26 mai 2019 : Te Deum, Lélio, Euphonia…
https://philharmoniedeparis.fr/fr/programmation/les-week-ends-thematiques/week-end-berlioz-2

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D’autres contenus au fur et à mesure de l’année Berlioz 2019, à suivre…

CD, coffret événement, annonce. BERLIOZ ODYSSEY : LSO / The complete Sir COlin Davis recordings (15 cd LSO, 2000-2013)

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsCD, coffret événement, annonce. BERLIOZ ODYSSEY : LSO / The complete Sir COlin Davis recordings (15 cd LSO, 2000-2013). Berliozien, Sir Colin Davis l’est avant tout autre. Et bien avant les français, tant le chef britannique a démontré non sans argument sa passion pour la musique romantique française, exploitant toutes les ressources du LSO LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, orchestre chatoyant et dramatique, d’une rare efficacité et plus encore, à la fois élégant et nerveux, dans les pages les plus méritantes de notre Hector national… si peu compris, et évalué à sa juste mesure par ses compatriotes qui encore en 2019, continueront de le bouder : un musicien humainement détestable et jamais content, à l’aune du compositeur, plus spectaculaire que poète. Le désaccord entre notre pays et Berlioz ne date pas d’hier et se poursuit. On veillera à suivre les célébrations de l’année BERLIOZ 2019.

Or à BERLIOZ revient le mérite après Rameau, avant Debussy et Ravel, de réinventer l’orchestre français, doué d’une sensibilité inouïe pour la couleur, le timbre, l’orchestration. DAVIS nous indique tout cela, grâce à une baguette infiniment ardente, articulée, détaillée… amoureuse de la couleur berliozienne. Voilà qui avant l’année 2019, nous comble déjà. Le disque satisfait notre attente, car avouons le, nous n’attendons rien de l’année Berlioz à venir. A voir.
Le coffret BERLIOZ 2019 édité par le LSO dès ce mois de décembre, ouvre officiellement l’année BERLIOZ 2019, celle des 150 ans de la mort (1869), composant à partir des enregistrements de Colin Davis et du LSO, une somme discographique incontestable. Certes, les chanteurs maîtrisent diversement l’éloquence et l’articulation française… mias souvent la justesse du style, de l’intonation, le caractère… sont majoritairement respectés, voire sublimés.
Le coffret de 15 cd comprend les enregistrements live réalisés au Barbican Center par le LSO et Colin Davis, bon nombre en 2000 (Symphonie Fantastique, La Damnation de Faust, Les Troyens, Béatrice et Bénédicte, …) puis 2003 (Harold en Italie), 2006 (L’Enfance du Christ), 2007 (Benvenuto Cellini), 2012 (Requiem)…jusqu’à novembre 2013 (Roméo et Juliette).

CLIC D'OR macaron 200Parmi les réussites (nombreuses) de ce coffret événement, distinguons netre autres, la Juliette d’Olga Borodina (pour son timbre velouté, sensuel si soyeux – mais au français bien perfectible) ; L’enfance du Christ pour le trio vocal réuni en décembre 2006 (Yann Beuron / Le Narrateur ; Kenneth Tarver / Joseph – Susan Gritton / Marie) ; le sublime Requiem de 2012 (enregistré en la Cathédrale Saint-Paul, avec Barry Banks, en ténor illuminé pour le Sanctus)…
Pour le reste, toutes les réalisations ont en partage cette élégance racée, nerveuse qui fait la spécificité anglaise de l’approche Davis. Coffret événement. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2018, donc cadeau idéal pour NOËL 2018.