PIERROT ET COLOMBINE, la vidéo du confinement

pierrot et colombine alexandre blochLA VIDEO du CONFINEMENT : Pierrot et Colombine   –   Le conte musical Pierrot et Colombine est ici recrĂ©Ă© par une fine Ă©quipe rĂ©unie en plein dĂ©confinement, depuis avril 2020, dont le chef et directeur musical de l’ON LILLE, Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch ; le rĂ©cit, superbement illustrĂ© s’adresse autant aux enfants qu’à leurs parents. Alors que toutes les salles d’opĂ©ras et de concerts sont encore silencieuses et mises Ă  l’arrĂŞt, voilĂ  un projet très plaisant qui nous fait patienter. Il associe Ă©troitement l’écriture du texte (celui du rĂ©citant et des personnages du conte), la complicitĂ© des instrumentistes qui rĂ©tablissent la place de la musique dans l’expression des sentiments et le sens des situations… Mais comment Pierrot qui n’ose dĂ©clarer sa flamme, parviendra-t-il Ă  retrouver l’oiselière Colombine, pĂ©tillante aventurière Ă  la chevelure rousse ? La tendresse des personnages, l’univers poĂ©tique du conte, le monde des trĂ©teaux et du théâtre sont rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s. PIERROT ET COLOMBINE, un conte musical en 6 Ă©pisodes Ă  dĂ©couvrir chaque mercredi – durĂ©e : autour de 7 mn chaque vidĂ©o.

 

 

 

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Pierrot et Colombine
Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL, direction artistique
Julien Joubert, musique
Eric Herbette, texte.
Antoine Veron et Audrey Andrianarivo, dessins
Les musiciens qui jouent la partition de chaque épisode, sont des solistes de différents orchestres français et solistes internationaux ayant chacun enregistré depuis leur lieu de confinement.

Le premier épisode a été publié sur la page Facebook de Pierrot et Colombine le mercredi 29 avril et depuis un épisode est publié chaque mercredi à 17h30 et se retrouve sur la page Youtube du projet.

 

 

 

 

 

 

https://www.facebook.com/PierrotetCo
https://twitter.com/PierrotetC

 

 

Et sur notre chaîne Youtube:
https://www.youtube.com/channel/UCxBvBHfSgzkegyFQ4l21y7w?fbclid=IwAR0gwrSl1CbOmoRTlIWA4O_eAKx57jW3P77fILhpghKcbJUP4RaLGi1AhGI

 
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VIDEOS

 

 

 

 

EPISODE 1
https://www.youtube.com/watch?v=G9cvhrTCfu0

Pierrot qui est tendre comme la mie est boulanger, fabrique les pains, pétrit la pâte… ; Colombine élève les oiseaux les plus variés et les plus heureux ; elle chante comme un oiseau… Colombine voudrait inviter Pierrot au spectacle car des comédiens sont annoncés…

 

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EPISODE 2

https://www.facebook.com/PierrotetCo/videos/685657988644586/

Au spectacle, Arlequin le bergamasque masqué séduit Colombine. Il lui présente les acteurs de la troupe… Pantalone (grand et maigre, le directeur de la troupe), le Capitaine et son épée, … Polichinelle (brigand ventru et glouton tout à fait indécent)… En l’absence de son cher Pierrot, Colombine va-t-elle accepter l’invitation des comédiens ?
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EPISODE 3

https://www.facebook.com/PierrotetCo/videos/847589608983503/

Les comédiens partis, Colombine s’ennuie… la place du village est vide et triste. La jeune femme pense aux acteurs qu’Arlequin lui a présenté : et si Colombine voulait finalement voyager et jouer sur les planches ? Que va faire Pierrot ? Le hautbois / cor anglais exprime la frustration et le désir du boulanger, soudainement éloigné de sa chère Colombine.

 

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EPISODE 4
https://www.facebook.com/PierrotetCo/videos/645489899340033/

Comment Colombine l’oiselière a quitté Pierrot le boulanger. L’acteur Arlequin aimerait épouser Colombine qui a rejoint la troupe des comédiens. Ils jouent à Dijon, s’échangent des mots doux… et leur premier baiser. Colombine peut-elle avoir quitté pour toujours ses oiseaux et Pierrot ?

 

 

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Compte rendu, opéra. Paris, Opéra Comique, le 8 avril 2015. La Guerre des Théâtre, d’après La Matrone d’Ephèse de Fuzelier, 1714. La Clique des Lunaisiens. Arnaud Marzorati, direction. Jean-Pierre Desrousseaux, mise en scène.

Depuis  quelques temps croisant aussi l’anniversaire de la crĂ©ation de l’opĂ©ra comique (2015 marque le tricentenaire de sa crĂ©ation), le CMBV Centre de musique baroque de Versailles  s’engage Ă  restituer  les premiers ouvrages qui ont jalonnĂ© l’essor et la maturation du genre. En tĂ©moigne ce nouveau spectacle oĂą Ă©blouit l’esprit des Forains, “la guerre des théâtres”…

 

 

 

Résurrection de l’opéra comique à ses origines

Guerre des genres

 

watteau peinture_Harlequin_and_Columbine_fAprès les productions remarquĂ©es de La Belle mère amoureuse  (parodie d’Hippolyte et Aricie de Rameau rĂ©alisĂ©e  sous forme d’un formidable spectacle de marionnettes) et plus rĂ©cemment des FunĂ©railles de la Foire – autre superbe spectacle avec acteurs et sans marionnettes, crĂ©Ă© Ă  Nanterre  en mars dernier-, avril voit une nouvelle production illustrant l’histoire et la genèse du genre : la Guerre des théâtres qui s’inspire de la pièce de Fuzelier de 1714,  La matrone d’Ephèse. Le spectacle  conçu par Jean-Philippe Desrousseaux et Arnaud Marzorati reprend contrastes et oppositions d’origine : nourrissant l’intrigue principale, se distingue en particulier ce tragique larmoyant et dĂ©ploratif de la Veuve (Jean-François  Novelli) qui ne cesse de se rĂ©pandre, auquel rĂ©pond l’insolence des italiens dont Arlequin qui forcĂ© par Pierrot et Colombine  (Arnaud Marzorati et Sandrine Buenda : vraie  fourbe manipulatrice  sous ses airs angĂ©liques) ont convaincu la matrone de ne pas se suicider  (et accessoirement de ne pas entraĂ®ner avec elle, la mort de ses deux serviteurs les Pierrot et Colombine prĂ© citĂ©s).

C’est un peu propre au théâtre baroque, surtout Ă  l’esprit de Molière, l’alliance inespĂ©rĂ©e du tragique et du comique que Strauss et son librettiste Hofmannstal sauront si subtilement recycler dans Ariadne auf Naxos (d’ailleurs, la Veuve Ă©plorĂ©e rappelle ici la posture d’Ariane abandonnĂ©e par ThĂ©sĂ©e…).

Pour l’heure sur la scène de l’OpĂ©ra Comique, les joyeux lurons de la Clique des Lunaisiens portĂ©e par le baryton Arnaud Marzorati, s’engagent sans compter pour un spectacle qui accorde dĂ©lire et poĂ©sie tout en rappelant les diverses formes que les forains durent concevoir et assumer en rĂ©ponse aux multiples contraintes imposĂ©es par ses concurrents offensĂ©s dont surtout l’inĂ©vitable ComĂ©die Française : monologue, pantomime, Ă©criteaux Ă  l’adresse du public… (karaoke avant l’heure),  et marionnettes dont frère en insolence d’Arlequin, le petomane Pulcinella qui pousse loin les règles de l’impertinence barbare en particulier Ă  l’adresse des vieux hĂ©ros  tragiques de la ComĂ©die Française.

Performances d’acteurs

guerre des theatres fuzelier matrone d ephese opera comique francoise rubelin clic de classiquenewsMalgrĂ© la diversitĂ© des sĂ©quences qui se succèdent, l’unitĂ© dramatique est prĂ©servĂ©e grâce au jeu souple tout en finesse des acteurs-chanteurs. Les lazzi dArlequin fusent (Ă©poustouflante versatilité  imaginative du jeune Bruno Coulon dont on se dĂ©lecte de la facilitĂ© mordante dĂ©licieusement sĂ©dicieuse,  d’autant que lui aussi dans le tableau des marionnettes trouve un placement en voix de tĂŞte idĂ©alement strident pour incarner et actionner la figure d’une vieille chanteuse de l’OpĂ©ra qui fait les frais de l’ironie de Pulcinella. ..) ; Colombine  intrigue et caquète ; Pierrot fait son benĂŞt (impeccable et irrĂ©sistible Arnaud Marzorati) et la ComĂ©die Française s’invite Ă  la foire, pleine de haine jalouse  et d’interdits exorbitants. Tous semblent bien Ă©trangers par leur drĂ´lerie satirique et parodique aux larmes mĂ©diterranĂ©ennes – et gitanes-,  de la matrone (Jean-François Novelli) dont le spectateur note dès son entrĂ©e, la longueur du voile de pleureuse, Ă©gale Ă  la profondeur de son deuil, proportionnĂ©e Ă  la volontĂ© d’en finir.

Le spectacle joue habilement des situations, chacune ayant autant de vertus comiques que pĂ©dagogiques car il faut restituer  ce qui a fait l’essor de l’opĂ©ra comique Ă  ses dĂ©buts : sa nature expĂ©rimentale, sa fascinante qualitĂ© Ă  savoir rebondir malgré  les interdits de toutes sortes. La pertinence de la conception y est dĂ©fendue par la spĂ©cialiste du genre Françoise Rubellin, dont la coopĂ©ration est le gage de la justesse et de la qualitĂ© : son intervention au dĂ©but du spectacle a rappelĂ© les enjeux du spectacle dans son contexte.

La volubilitĂ© des chanteurs acteurs Ă©clatent dans une frĂ©nĂ©sie collective (pilotĂ©e tambour battant mais subtilement jusqu’au charivari final) ; une facilitĂ© aussi Ă  endosser et changer de rĂ´les pendant la soirĂ©e : Jean-Philippe  Desrousseaux qui signe aussi la mise en scène incarne une ComĂ©die Française Grand Siècle hurlant sa haine jalouse, son agacement colĂ©rique : diction, poses, gestuelle et intonation. … tout indique la maison mère figĂ©e  dans son jus dĂ©clamatoire et… poussiĂ©reux : l’acteur se dĂ©lecte Ă  articuler son texte et ciseler son personnage que contrepointe toujours très subtilement la facĂ©tie irrĂ©vĂ©rencieuse d’Arlequin. Leur duo fonctionne  Ă  merveille. Il est tout autant irrĂ©sistible en acteur marionnettiste incarnant simultanĂ©ment et changeant de registre vocal de l’un Ă  l’autre, et le malicieux et très inconvenant Pulcinella, et le pompeux acteur tragique, spĂ©cifiquement parodiĂ©.

On rit du dĂ©but Ă  la fin d’autant que les interprètes d’une finesse dĂ©lectable nous servent de copieux entremets, riches en effets et saillies les plus diverses : toujours c’est la foire qu’on enterre et toujours elle se rĂ©invente pour mieux renaĂ®tre. En voici une Ă©clatante et Ă©loquente illustration. L’OpĂ©ra Comique a Ă©tĂ© bien inspirĂ© de programmer ce spectacle idĂ©al pour illustrer son tricentenaire. Courrez applaudir ce spectacle haut en couleurs : on y rit sans mesure, en famille, pour petits et grands. Pour les enfants de tout âge. Sur le plan artistique et théâtral, le spectateur enchantĂ© y mesure pas Ă  pas la complicitĂ© d’une troupe en maturation, l’accomplissement de l’esprit forain directement venu des trĂ©teaux Ă  Saint-Germain ou Saint-Laurent.